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Par Larry Hodgson
Oui, c’est le Nouvel An, et mon petit projet de faire un blogue quotidien sur le jardinage en douceur tient maintenant la route depuis 7 ans. C’est quand même remarquable qu’un petit billet quotidien d’un jardinier québécois amateur mais passionné attire autant d’intérêt, mais le blogue est désormais lu à travers le monde. Il y avait plus de 8 millions de visiteurs (oui, millions!) en 2021 et 15 millions de visites. C’est énorme! Presque deux fois plus que l’an dernier.
Et il y a eu quelques changements au cours de l’année. Grâce à mon fils, Mathieu Hodgson, le blogue a complètement changé d’allure l’hiver dernier, avec un nouveau format. Le blogue est maintenant plus moderne, plus lumineux et plus convivial; du moins, je l’espère. Il y a aussi maintenant la possibilité de faire un don pour soutenir le blogue, ce qui n’était pas possible auparavant.
Aussi, le 24 mars dernier, j’ai annoncé que je ne pouvais désormais plus répondre aux questions, que c’était trop pour moi. (Imaginez: le nombre de questions aussi double ou presque tous les ans!) Mais j’ai eu beaucoup de difficulté à respecter cette consigne. Finalement, j’ai probablement répondu à 9 questions sur 10. Je trouvais que laisser les gens sans réponse était trop difficile.
Mais… il va falloir que je le fasse.
Une santé fragile
Car ma santé est défaillante. Je n’en ai pas vraiment parlé dans le blogue, car la santé est une chose très personnelle, mais je pense que je dois une explication à mes lecteurs fidèles (et combien de personnes me disent qu’elles lisent le blogue tous les jours).
C’est que je souffre de fibrose pulmonaire, une maladie pulmonaire dégénérative, depuis déjà plusieurs années. J’ai «seulement» 67 ans, mais il y a peu de chances que je me rende à 70. Aussi, j’ai subi une bonne baisse de mes capacités depuis les 18 derniers mois. Je suis maintenant sous oxygène 24 heures par jour et je ne compte plus les choses que je ne peux plus faire. Sortir de ma maison, même pour faire le tour de mon jardin, est maintenant un fardeau. Aller en public est presque impossible. Je ne donne plus de conférences en présentiel et même les vidéoconférences prendront bientôt fin, car je ne peux plus faire confiance à ma voix.
Je continue toutefois de faire une session questions et réponses Facebook Live, associée à la radio CKIAfm, tous les mercredis à 10 h heure de l’Est (4 h en France), mais déjà une fois j’ai dû couper court, n’ayant plus assez de souffle pour continuer. Un de ces jours, ce rendez-vous aussi prendra fin.
J’ai heureusement pu trouver une très gentille dame, Hélène Mathieu, pour entrenir mon terrain. Je continue d’en profiter, même si je ne peux plus y travailler beaucoup. Juste regarder dehors et apprécier la beauté de la nature qui m’entoure me ravive.
L’écriture, un baume
L’une des rares choses que je peux encore faire, c’est écrire. Donc, c’est ce que je fais. D’ailleurs, je travaille toujours à temps plein (et demi), car je ne fais jamais moins de 60 heures par semaine. J’écris non seulement pour le blogue, mais aussi des articles de journal, de revue, de site web, etc. Des livres aussi. Et je continue donc de gagner ma vie en tant que journaliste à la pige, comme toujours depuis 35 ans. Mon infirmier n’en revient pas (oui, j’ai maintenant droit à des visites médicales à domicile), car la plupart des gens dans mon état ne travaillent plus depuis longtemps et passent le gros de leur temps dans un fauteuil, sinon au lit, à lire ou à regarder la télé. J’aimerais bien lire et regarder davantage la télé, mais je n’ai pas le temps de le faire.
Afin que le blogue jardinier paresseux puisse continuer
Ce blogue est ma passion. J’adore partager les informations horticoles (correctes, j’espère!) avec les amateurs du jardinage et il est devenu ma principale façon de le faire. Et j’aimerais voir le blogue continuer après ma mort.
D’où l’augmentation des annonces qui accompagnent le blogue, l’apparition de la possibilité de faire des dons, etc. Et j’ai même maintenant une «équipe de marketing» (Kathia Gailer et Karine Gagnon du magazine web Les Radieuses) qui essaie de trouver d’autres façons financières de faire vivre le blogue.
Mon fils, Mathieu, a accepté d’essayer de le maintenir, peut-être pas à raison d’un billet tous les jours, mais d’un ou deux par semaine. Par contre, je ne peux pas lui demander de le faire à perte, car il doit lui aussi gagner sa vie. Nous travaillons alors à rendre le blogue rentable… et sa rentabilité s’améliore.
Plus de réponses aux questions… cette fois, c’est vrai!
Une chose que je promets de faire est de cesser de répondre aux questions horticoles. Il y a en a beaucoup trop, essayer de le faire sape mon énergie et je n’en ai plus autant qu’auparavant. D’ailleurs, je peux dire«conformément à l’ordonnance de mon médecin», car elle trouve que cela me stresse trop. Donc, à partir d’aujourd’hui, je promets de tenir ferme. Je vais sûrement lire les questions et peut-être choisir quelques-unes comme sujets futurs de billets, mais je ne répondrai plus à vos questions directement.
Heureusement, il y a une réponse à la plupart des questions dans les quelque 2 500 billets publiés sur le blogue. Vous pouvez facilement vérifier en entrant des mots clés dans la case Rechercher qui paraît sur le blogue.
Nouveauté: le forum du jardinier paresseux
Ou vous pouvez publier vos questions dans le forum du jardinier paresseux. Oui, ce forum est une nouvelle section du blogue du jardinier paresseux, une section où les lecteurs peuvent poser leurs questions, présenter leurs photos et échanger sur tous les aspects du jardinage. Mon espoir est que le forum en vienne à combler le vide laissé par mon incapacité à répondre aux questions.
Autre nouveauté: les Amis du jardinier paresseux
Aux lecteurs plus assidus: vous pouvez aider d’une autre façon. Vous pouvez répondre à ma place. Et devenir un Ami du jardinier paresseux.
Quand vous voyez une question dans les commentaires qui suivent le blogue ou dans les forums et que vous connaissez la réponse, vous pouvez l’y écrire. Ou si vous voyez un lecteur y glisser une fausse information (un problème courant, car l’horticulture est dominée par tellement de mythes et la plupart paraissent si logiques!), vous pouvez, gentiment, mettre la personne sur la bonne piste, peut-être avec une référence à un article du blogue ou à une source extérieure fiable. Plusieurs d’entre vous le font d’ailleurs déjà et je vous en remercie! J’ai pensé vous donner un nom officiel, toutefois: vous êtes désormais les Amis du jardinier paresseux, Amis avec un grand A!
D’ailleurs, toute personne qui aide à promouvoir le blogue en la partageant avec des amis ou en faisant un don pour le soutenir est aussi un Ami du jardinier paresseux. Je vous remercie de votre contribution!
J’aurais aimé pouvoir offrir quelque chose en retour, mais je ne vois pas quoi proposer. J’aurais pu donner des livres aux Amis… mais je dois les acheter (oui, l’auteur a peut-être un rabais, mais il doit payer pour les livres qu’il offre) et les expédier, ce qui coûte habituellement autant que la valeur du livre. Le blogue n’est déjà pas encore rentable; il ne faut pas que je mine ses ressources. Donc, mon «paiement» sera tout simplement de continuer à vous écrire sur le jardinage, quotidiennement, tant que je pourrai le faire.
Mon but, c’est de continuer ce blogue où je partage ma passion pour l’horticulture jusqu’à la journée de ma mort. Elle n’est pas nécessairement imminente, mais elle est inéluctable.
Merci de votre compréhension… et sachez que je ne suis pas déprimé (je ne semble pas avoir hérité de ce gène). Il est incroyable de penser que je vois encore la vie avec tant d’optimisme, mais c’est bien le cas.
Longue vie au blogue Jardinier paresseux!

