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Un figuier pleureur qui ne perd pas ses feuilles!

Ficus benjamina in pot

Par Larry Hodgson

Peu d’arbres d’intérieur créent un aussi bel effet que le figuier pleureur (Ficus benjamina), appelé aussi ficus benjamina.

Cette populaire plante d’intérieur se présente habituellement sous la forme d’un arbre à tronc parfois tressé ou en spirale et portant de longues branches arquées qui, à leur extrémité, pendent un peu, d’où le sobriquet «figuier pleureur». Il porte d’innombrables feuilles ovales vert foncé munies chacune d’une pointe très nette.

Ficus benjamina ‘Starlight’ est une sélection au feuillage fortement panaché de blanc. Photo: Krzysztof Ziarnek, Kenraiz, Wikimedia

On trouve aussi des variétés à feuillage plus coloré, panaché de blanc ou de jaune. Et parfois, il produit quelques petits fruits ronds verts devenant orange.

Dans ses pays d’origine en Asie tropicale et en Océanie, c’est un grand arbre de jusqu’à 30 m de hauteur. Dans les centres commerciaux, on voit aussi des spécimens de bonne taille, peut-être 5 ou 6 m, mais dans nos maisons, il est plus petit : rarement plus de 3 m, mais une certaine taille sera éventuellement nécessaire pour le contrôler, car autrement, il atteindra un jour le plafond.

Un problème

Quand on déplace un figuier pleureur, il perd des feuilles, beaucoup de feuilles. Photo: SomeOne247, National Gardening Association

Cet arbre aurait tout pour plaire : une belle forme, une capacité phénoménale de filtrer l’air de ses impuretés et une bonne adaptabilité aux conditions d’intérieur typiques, si ce n’était pour un détail: il perd souvent des feuilles, beaucoup de feuilles, à la suite de tout déplacement. Assez pour éventuellement en mourir. Et cela, toujours dans les semaines qui suivent l’achat. C’est décourageant… et pourtant facile à éviter. Il faut juste connaître son secret.

C’est que le figuier pleureur tolère mal les changements dans son régime. Quand vous le voyez en jardinerie, il est habituellement fraîchement arrivé des tropiques où il poussait en plein air. Le temps qu’il reste dans la serre du magasin, il ne réagit pas trop, car il y fait très clair et l’humidité est excellente. Mais quand on le transfère dans un salon typique, où l’air est sec (rares sont les maisons où l’humidité atmosphérique dépasse 40% alors qu’il préférerait au moins 70%) et la lumière très rare (curieusement, les gens semblent toujours penser que leur habitation est très bien éclairée, alors qu’un luxmètre indique presque toujours «sombre» à «très sombre»), le voilà alors qui entre rapidement en état de choc et que la chute des feuilles commence. 

Facile à régler

Pour acclimater un figuier pleureur, placez-le dans un sac de plastique transparent pendant quelques semaines. Ill.: Claire Tourigny, image tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Pour acclimater un figuier pleureur, arrosez-le légèrement, puis donnez-lui une culture à l’étouffée. Autrement dit, serrez-le dans un grand sac transparent (un sac de nettoyage à sec ou un grand sac de poubelle transparent sera nécessaire pour les grands spécimens) dès que vous l’apporterez à la maison. Puis fermez bien le sac. 

Oui, scellez-le. Non, la plante «ne manquera pas d’air» dans un sac scellé. Les végétaux produisent leur propre dioxyde de carbone et leur propre oxygène et alors, tout l’air dont ils ont besoin. D’ailleurs, tant que la plante est enfermée dans un sac scellé, elle n’aura pas besoin d’arrosage non plus.

 À l’intérieur de cette «serre temporaire» régnera une forte humidité, comme un baume sur une plaie, juste ce qu’il faut pour que la plante récupère. Placez le figuier dans un emplacement très bien éclairé, mais sans soleil direct (sinon il cuira à l’intérieur de son grand sac scellé). C’est le début de l’acclimatation sous une forte humidité et un bon éclairage. Après deux semaines, déplacez la plante vers son lieu de séjour final (un figuier bien acclimaté peut tolérer presque tout éclairage, même un emplacement passablement sombre).

Attendez encore deux semaines, durant lesquelles, grâce à la forte humidité, le figuier s’acclimatera à la nouvelle luminosité… et toujours sans perdre des feuilles. Il est maintenant temps de commencer à l’habituer à l’air libre. 

Comme l’air de votre maison est plus sec que l’air très humide auquel le figuier s’est habitué pendant son séjour dans le sac, il faut l’y acclimater graduellement. Chaque matin, percez un trou ou deux dans le sac avec un crayon. Avec le temps, le sac sera de plus en plus troué, et la plante sera de plus en plus acclimatée à l’air sec. Quand le sac sera en lambeaux, votre figuier sera bien acclimaté et vous pourrez enlever ce qui reste du sac.

Entretien de base

Par la suite, son entretien est facile : arrosage quand son terreau est sec au toucher, température d’intérieur normale et deux fertilisations par année avec l’engrais de votre choix (le figuier s’adapte parfaitement à tous les engrais), au printemps et au milieu de l’été. C’est tout! 

Ainsi traité, un figuier pleureur peut vivre 40 ans ou plus en parfaite santé… mais si vous changez ses conditions, même si c’est seulement pour le transférer dans une autre pièce de la même maison, replacez-le dans un sac et recommencez l’acclimatation. Que voulez-vous? Le figuier pleureur s’adapte à presque tout… mais ne tolère pas les changements abrupts.

Le croton aussi

Le croton aussi réussira mieux si on l’acclimate au moyen d’un séjour à l’étouffée. Photo: pxfuel.com

Une autre plante d’intérieur qui réagit de la même façon après l’achat, soit avec une perte massive de feuilles suivie, souvent, de la mort, le croton (Codiaeum variegatum), aux feuilles multicolores, a besoin exactement du même traitement: un «séjour à l’étouffée» d’environ un mois pour lui permettre de s’acclimater. 


Acclimater un figuier pleureur n’est pas plus compliqué que cela!

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