Il n’est pas rare de découvrir une section de bois pourri dans un tronc, voire de trouver le tronc complètement creux.
Autrefois on croyait que, dans un tel cas, on pouvait sauver l’arbre en enlevant le bois pourri et en «nettoyant» les parois autour en grugeant dans le bois sain pour «éliminer la pourriture». Or, l’arbre essaie de combattre lui-même la pourriture en formant, autour de la blessure, des cellules plus solides et résistantes (on appelle cela la compartimentation). En taillant dans le bois sain, vous risquez d’enlever la protection que l’arbre lui-même avait développée et ainsi d’étendre la pourriture!
Et il n’est pas nécessaire de remplir le vide avec du béton, des briques, etc., encore une vieille technique dépassée.
Sachez que le bois au cœur d’un grand arbre (le duramen ou «bois de cœur») est mort de toute façon. Il n’y a que l’écorce et une mince couche sous l’écorce (l’aubier) qui est en vie. Le duramen peut, dans certains cas, aider l’arbre à mieux résister au vent, mais pas toujours. En général, c’est plutôt l’écorce, qui agit comme squelette de l’arbre, l’élément structurant qui maintient l’arbre dressé, pas son «remplissage» (le bois mort).
On voit souvent des arbres creux qui sont structuralement très solides. Et un arbre creux n’est pas nécessairement moribond non plus. Il peut survivre encore 20, 40 ou 60 ans, même un siècle et plus, selon l’espèce, tant qu’il est structuralement solide.
Il reste quand même que, pour vérifier cela, il faudrait l’avis d’un arboriculteur expérimenté. Si on estime l’arbre peu solide et qu’il peut faire des dégâts en tombant, il faudrait l’enlever. Sinon, laissez-le continuer sa vie. Les trous vides dans les arbres sont souvent hôtes d’animaux et d’oiseaux intéressants et leur présence fait partie d’un environnement normal et sain.
En deux mots, dans la forêt comme dans le jardin, vivre et laisser vivre!
Commentaire
Paul Emploi
Quel que soit le matériau, un tube est toujours plus solide qu’un cylindre plein… C’est comme ça dans beaucoup de domaines, et dans la nature aussi. C’est le cas des os, des piquants, des défenses, des cornes… et la plupart des végétaux en sont aussi une illustration, comme le roseau par exemple.
La cavité en elle-même n’est pas un problème pour la solidité. Cela étant dit, il ne faut pas que l’ouverture elle-même soit trop grande ou se prolonge trop en haut et en bas comme une fente. L’arbre s’est chargé de renforcer la circonférence du trou avec des tissus cicatriciels qui commencent d’ailleurs à apparaître dès que la branche manquante responsable du trou est morte, ou cassée, ou coupée, et ce avant même que cela devienne un trou…

