Site icon Jardinier paresseux

Réaménager son jardin existant : Comment transformer votre espace sans tout recommencer

Herboriste et passionnée de plantes, je partage mon expérience de réaménagement avec les conseils du Jardinier paresseux

Mon contexte

Étant herboriste, amoureuse et collectionneuse de plantes, il y a déjà un bon moment que je réfléchis à mon aménagement. Je me considère déjà comme une jardinière paresseuse; je sais nourrir la terre et encourager la biodiversité, afin d’avoir des plantes plus autonomes et résilientes.

Connaître les plantes et leurs soins me donnait une longueur d’avance, mais je sous-estimais l’importance des notions d’aménagement impliquées dans la création d’un environnement cohérent, qui est bien plus que la somme de ses éléments.

Ma rencontre et mon partenariat avec Mathieu Hodgson, le Jardinier paresseux, m’a permis d’identifier plusieurs points d’amélioration que je mets petit à petit en application. 

Vous aimeriez vous aussi profiter de l’expérience de Mathieu pour améliorer votre cour extérieure?

Moi, j’ai fait tout le parcours du programme « Aménagement facile et presque sans entretien », mais on peut commencer beaucoup plus simplement avec le guide de Mathieu : 

5 choix simples pour un beau jardin…sans y passer vos week-ends, qui propose des idées simples qui font toute une différence! Pour obtenir votre guide gratuit, cliquez sur ce lien.

Ensuite, si vous avez besoin d’un outil informatique performant et simple pour vous aider à dessiner vos idées, je vous recommande tisanji, que j’ai développé pour vous aider de la conception à la dégustation. tisanji, c’est beaucoup plus qu’un logiciel de dessin de plan de jardin. Ici, on conjugue, dans une interface simple, des outils qui vous aident à mettre la bonne plante à la bonne place et simplifient la gestion des implantations, avec des rappels des diverses récoltes. 

C’est une application web, c’est-à-dire que vous y accédez directement du site web, simplement en cliquant sur ce lien : tisanji.com.

Terrain non aménagé vs terrain rempli de plantes

Les avantages de partir de zéro

J’envie ceux qui commencent d’une page vierge, avec tout l’espace pour ajouter des plantes, penser les terrasses et les sentiers sans devoir faire des choix difficiles. 

Les avantages d’un aménagement préalablement existant

Par contre, moi, je connais déjà toutes les particularités de mon terrain :

Pour moi, dans le programme d’accompagnement, les modules d’inventaire (Mesure-moi ça!) et d’analyse (Fais-le comme un pro) ont été rapides, car j’avais déjà plusieurs réponses, parfois de façon inconsciente ou non structurée; mais avec l’instruction détaillée, c’était vraiment rapide pour créer une vision claire.

Définir ses objectifs prioritaires

J’adhère totalement au concept de Mathieu qu’un aménagement réussi n’est pas seulement une question d’esthétique: c’est surtout un aménagement qui nous donne envie de passer plus de temps dans notre cour. Pour y arriver, il faut se demander ce qu’on veut y faire. 

Comme j’ai beaucoup de besoins et que je veux avoir le temps de développer ce qui est, à mon sens, le plus intéressant, c’est-à-dire comment on part de ceux-ci pour inspirer la solution, j’ai opté pour vous en présenter la moitié dans cet article et garder le reste pour une prochaine rencontre. 

Mon laboratoire de plantes médicinales

Je suis une herboriste qui, en plus de connaître les composés actifs des plantes médicinales, considère le jardinage, la beauté et la nature comme également très thérapeutiques. J’aime avoir plusieurs cultivars, plusieurs espèces d’un même genre pour mieux admirer, goûter, sentir les variations subtiles.

Mon terrain, c’est mon laboratoire pour développer ma relation avec les plantes médicinales. Je veux les connaître intimement, connaître leur comportement dans les conditions idéales, mais aussi leurs réactions lorsqu’on teste leurs limites. 

Figure 1- Parfois, les plantes les plus utiles sont bien humbles, comme ici le plantain dont je fais un sirop contre la toux, des pommades contre les piqûres et un supplément de mucilage contre la constipation.

Les défis : 

Le manque d’espace : je n’ai qu’un petit terrain de ville pour plus de 250 espèces. Dans ce contexte, c’est difficile de créer la répétition. J’ai besoin de la répétition pour essayer la même plante dans différentes conditions et pour créer (ici, je cite Mathieu) «  du rythme et de la cohérence non seulement dans une plate-bande, mais aussi entre les plates-bandes ».

Le manque de temps : l’année dernière, je n’ai eu le temps que d’observer en détail et récolter une cinquantaine d’espèces médicinales. J’ai souvent le sentiment coupable de ne pas avoir assez de temps pour bien étudier plusieurs plantes. En effet, quel est l’intérêt d’avoir la charge mentale de produire et prendre soin d’une centaine de variétés, si on n’a le temps d’étudier et de récolter que quelques dizaines d’entre elles?

Ma solution : 

La qualité, plutôt que l’extrême diversité. Pour avoir plus de temps à accorder à chacune, je vais réduire intelligemment, en choisissant les plantes qui demandent le plus de soin et qui ont jusqu’à présent moins stimulé mon élan naturel à les étudier. 

Réduction drastique des semis intérieurs d’annuelles. Dans le doute, je n’ai pas semé. Même certains classiques, comme la camomille allemande, ont été délaissés. Par contre, j’avais déjà la camomille romaine qui est vivace et qui lui ressemble au niveau des usages, en plus de bien réussir chez moi!

Figure 2- On voit à gauche, en avant-plan, le thym serpolet et la ciboulette, puis la livèche, et à l’arrière, un pan des plantes comestibles, ici une ancolie et une ronce (encore bébé). Puis, à gauche, un généreux plant de plantain lancéolé, avec tout au fond la piquante, mais très utile ortie.

3 astuces zen qui m’ont aidée à laisser partir certaines plantes

Sélectionner les plantes qui devront faire de la place est toute une commande. Ce n’est pas que ce soit si difficile physiquement, c’est que cela demande un lâcher-prise qui, dans mon cas, est parfois difficile.

Nos rituels de partage

Mathieu, dans le module 1 du programme, nous demande de définir nos habitudes pour recevoir le monde.

Les visites de jardin : j’offre parfois des visites de mon jardin. J’ai ainsi le plaisir de rencontrer mon lectorat en personne, de transmettre mes connaissances sur les plantes médicinales et aussi de réaliser qu’il est assez rare de trouver une aussi grande variété de plantes médicinales en un seul endroit. 

Si j’avais bien identifié ce besoin lorsque j’ai créé le jardin, il est clair que j’aurais planifié les sentiers principaux beaucoup plus larges. C’est pour moi une erreur très coûteuse, et pratiquement irrécupérable! Aveuglée par mon désir d’avoir la plus grande superficie de culture possible, j’ai simplement considéré le passage d’une brouette, mais pas la possibilité de se promener à 2 personnes côte à côte dans les sentiers. Aujourd’hui, refaire toutes les plates-bandes pour élargir les sentiers n’est pas envisageable. Je préfère limiter mes groupes de visiteurs à 10 personnes ! 

Je vous reparle des stratégies pour libérer les sentiers dans le 2e article.

Figure 3- Comme il y a beaucoup d’infos sur les plantes, c’est difficile de s’arranger pour que tout le monde entende et voie bien.

Le classique: inviter mes amis (max 3 personnes à la fois) en fin d’après-midi, faire le tour du jardin un panier à la main et récolter tout ce que la visite aime – fleurs, feuilles, petits fruits, légumes. Après, on fait une salade unique, une explosion de saveurs et de couleurs qu’on partage tous ensemble sur la terrasse. 

Figure 4 – Entrée décorée de fleurs de mauve, de monarde et d’hosta.
Figure 5 Mathieu a aussi eu droit à cet honneur: ici on a pétales de rose, fleurs d’ail de Bulgarie et fleurs d’ancolie.

Optimiser l’espace pour recevoir

Chez nous, c’est petit; notre terrasse l’est également. Et comme vous vous en doutez, avant, elle était en plus chargée de plantes en pots. Quand on est juste nous deux, ça va: on peut tasser la table et passer. Mais quand on a de la visite… Inutile de vous préciser que je suis très loin des espaces ergonomiques de passage que Mathieu suggère. Je me connais: agrandir la terrasse n’est pas la solution, car :

  1. cela va directement impacter mes surfaces cultivables;
  2. la terrasse ne sera pas terminée que, déjà, j’ajouterai des pots. 

Je n’y échapperai pas: je dois réduire mon nombre de pots sur la terrasse. J’ai donc divisé leur nombre par deux. J’ai gardé les fleurs et feuilles comestibles, j’ai privilégié les jardinières qui sont sur les rampes et j’ai remisé tous les autres pots!

L’année prochaine, j’aimerais changer la table pour une table plus petite, peut-être un matériel plus durable. La mienne, qui est en céramique, est très lourde et le scellant entre les joints ne tient pas bien et a tendance à noircir, ce qui implique des nettoyages difficiles.

Mais déjà, ne plus avoir à déplacer le mobilier chaque fois qu’un veut utiliser la porte-patio pour se rendre dans la cour arrière, ça ajoute de la fluidité. Ça rend mon jardin plus invitant!

FAQ : Réaménagement de jardin existant

Q : Peut-on réaménager un jardin déjà existant sans tout recommencer ? 

R : Oui, tout à fait ! Avoir un jardin existant, c’est avoir plein de ressources en place et probablement beaucoup de connaissances qui vous permettront d’identifier ce que vous voulez changer plus rapidement.

Q : Comment accueillir et partager son jardin avec les autres ? 

R : Plusieurs pratiques conviviales : récoltes partagées avec les invités, décorations comestibles lors de repas, fêtes familiales autour des fleurs. La nature, c’est l’abondance; jardiner devrait être une relation respectueuse gagnante-gagnante.

Q : Comment gérer un grand nombre de variétés ? 

R : Avec tisanji, la gestion de nombreuses variétés se fait toute seule. Par contre, il faut tout de même donner les soins et plusieurs variétés demandent plus de temps, plus d’observation, des récoltes séparées, etc. 

Accepter de réduire pour mieux répéter ses plantes favorites, cela permet de plus grosses récoltes et de mieux observer les comportements des espèces dans différentes situations.


Dans le prochain article, découvrez comment attirer naturellement son conjoint à jardiner avec vous et créer des espaces fonctionnels pour le travail et la détente.

Quitter la version mobile