Larry Hodgson a publié des milliers d’articles et 65 livres au cours de sa carrière, en français et en anglais. Son fils, Mathieu, s’est donné pour mission de rendre les écrits de son père accessibles au public. Ce texte a été publié à l’origine dans le journal Le soleil, le 8 mars 2003.
Vous pensez que c’est encore l’hiver? Pourtant, regardez les arbres et arbustes dans votre cour : dès que les températures s’élèvent, les bourgeons commencent à gonfler. Les saules à chatons commencent déjà à fleurir, malgré la neige ! Eh oui, que ce soit le début mars, la mi-mars ou la fin mars, tout dépend de l’année et de vos conditions particulières, quand la montée de la sève débute, voilà le moment idéal pour faire un peu de taille.
Des cas où la taille est utile
Évidemment, je ne tiens pas à vous pousser à tailler pour le simple plaisir de le faire. Car la taille peut être néfaste pour les plantes ligneuses (arbres, arbustes, conifères, etc.). Cela provoque des blessures qui peuvent mal se cicatriser et qui pourraient alors laisser pénétrer des insectes ou des maladies.
Cependant, il existe bien des cas où la taille est utile. Ainsi, un pommetier trop ramifié aura un problème de manque de circulation d’air et deviendra susceptible aux maladies : on peut « ouvrir sa cime » en supprimant les rameaux excédentaires. Un autre cas est celui des branches inférieures des arbres qui sont utiles quand ils sont jeunes, mais qui deviennent gênantes quand ils grandissent. Si vous vous cognez constamment la tête sur des branches en tondant le gazon, voilà, une bonne raison pour les supprimer! Finalement, les branches mortes, cassées ou qui se frottent ensemble ou contre votre maison sont plus nuisibles qu’utiles, tout comme les gourmands (branches poussant tout droit vers le haut sur les fruitiers et les lilas). On peut se permettre de les supprimer sans nuire à la santé de l’arbre ou de l’arbuste.
Pourquoi maintenant?
Pour la plupart des arbres, le meilleur moment pour la taille est tôt au printemps, avant le débourrement. C’est que leur croissance de l’année débute ou débutera bientôt et alors la cicatrisation se fera plus rapidement. Plus encore, la présence d’une neige abondante fait en sorte que, muni de raquettes, vous pouvez tailler la plupart des arbres de hauteur moyenne vous-mêmes, sans recourir à des spécialistes, car vous êtes au niveau de la cime. En avril, quand presque toute la neige a fondu, l’accès aux branches est plus limité.
Des exceptions
Il y a cependant des exceptions. Ne taillez pas les érables et les bouleaux au printemps, mais plutôt à la mi-été: leur sève coule trop abondamment en mars et avril et une blessure importante peut donc leur faire perdre trop d’énergie. Quant aux conifères, mieux vaut attendre que leur croissance de l’année soit enclenchée (en juin habituellement) avant de commencer à les tailler ; et pour les arbustes, la taille est moins urgente (nul besoin de raquettes pour les atteindre!), mais on peut toutefois tailler à la fonte des neiges les arbustes à feuillage décoratif et ceux qui sont à floraison estivale. Attendez après la floraison pour tailler les arbustes à floraison printanière.
Et une dernière note: ne laissez jamais personne toper (écimer ou étêter en bon français) un grand arbre, même pas un soi-disant spécialiste qui offre de le faire contre rémunération. Cette «taille en boule» des grands arbres, où l’on raccourcit toutes les branches, laissant de multiples chicots, est laide, néfaste à leur santé et inutilement coûteuse. Pourquoi payer pour tuer un arbre en santé… surtout en sachant qu’un bel arbre de forme naturelle peut rajouter des milliers de dollars à la valeur de votre demeure? Un arbre mal taillé et mourant fera baisser sa valeur.
