Quand on parle de plantes d’intérieur faciles de culture, celles qu’on appelle aussi les plantes pour débutants, on parle souvent des plantes-araignées (Chlorophytum spp.), des langues de belle-mère (Sansevieria spp.) ou des pothos (Scindapsus spp.). Rarement on parle de l’iris marcheur (Trimezia northiana, anciennement Neomarica northiana), et pourtant…
L’iris marcheur appartient à la famille des Iridaceae. Eh oui, c’est un proche cousin des iris de jardin. Il est originaire d’Amérique du Sud, du Brésil, plus précisément. C’est une plante qui peut atteindre jusqu’à 30 cm de haut et son principal charme, ce sont ses feuilles élancées, disposées en éventail. Simplement en feuilles, la plante a fière allure. On pourrait la qualifier de plante de taille moyenne, qui pourrait reposer sur une table, mais qui pourrait aussi être déposée au sol.
Mais le vrai charme de cette plante, c’est sa floraison. Celle-ci se manifeste assez naturellement, sans rien faire, entre la fin de l’hiver et le début du printemps. C’est une belle fleur d’iris, blanche et bleue, avec des mouchetures brun rouille et une touche de jaune! Une hampe florale portera deux ou trois fleurs qui s’épanouiront une après l’autre. Chaque fleur a une courte durée: un jour ou deux. Il faut donc rester vigilant quand elles sont sur le point d’ouvrir! Et que dire du parfum! Tellement suave! C’est d’ailleurs un des grands mystères de cette plante: comment se fait-il qu’avec une floraison aussi sublime, elle ne soit pas davantage cultivée?
Une culture intérieure des plus simples
Il existe plusieurs espèces d’iris marcheurs, mais le plus populaire est Trimezia northiana, qui est l’espèce cultivée comme plante d’intérieur. Cette plante préfère un emplacement qui reçoit de la lumière indirecte. Elle préfère un sol humide, mais bien drainé, et a besoin d’être arrosée régulièrement pour maintenir l’humidité. Si le drainage est bon, c’est une plante qu’on peut vraiment arroser souvent, un peu comme un hibiscus. Il est également important de maintenir une température ambiante située entre 16 et 21°C (60 à 70 degrés Fahrenheit). Si voulu, on peut la fertiliser aux deux semaines, avec un engrais naturel. Elle aime être tassée dans son pot et ce n’est que lorsque nécessaire qu’on la rempotera dans un contenant plus grand.
Dans ma belle maison où tout doit survivre sans beaucoup de soins, j’ai cultivé cette plante pendant une dizaine d’années. C’est une invasion de cochenilles qui m’a contraint à m’en débarrasser. Mais la plante a retrouvé sa place dans mon cocon de verdure depuis deux ans. Car le grand (et pratiquement le seul) défi de cette plante, c’est de la trouver sur les tablettes des commerçants!
En fait, elle est si peu reconnue pour ses talents de plantes d’intérieur qu’elle est souvent absente des livres de plantes d’intérieur.
La marche de l’iris
Une des choses les plus intéressantes à propos de cette plante est sa capacité à se propager rapidement. Il produit de nombreux rhizomes, qui se divisent et se propagent facilement. Mais il se multiplie aussi grâce à la hampe florale. En effet, la longue tige qui porte les fleurs finit par se laisser tomber au sol, parfois un mètre plus loin que le plant d’origine. Le sommet de la hampe florale s’enracine au contact du sol, ce qui donne naissance à un nouveau plant. On peut donc constater que cette plante porte bien son nom!
Quand arrive le printemps, on peut sortir l’iris marcheur à l’extérieur pour l’été, en le plaçant dans un endroit à l’abri du soleil direct. Le mien s’en va au fond du jardin, avec la plupart de mes plantes d’intérieur, sous un grand vinaigrier. Il survit très bien à cet endroit avec la pluie comme seul apport d’eau. Puis, à l’automne, avant l’arrivée des premiers gels, la plante est soigneusement inspectée (pour les cochenilles) et rentrée dans la maison pour l’hiver.
C’est donc une merveilleuse plante à découvrir et à ajouter à sa collection. Son extrême facilité de culture et sa floraison unique vous combleront assurément!
