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Des cochenilles farineuses dans les bananes

C’est la panique ces derniers temps… La panique totale! Les gens trouvent des cochenilles farineuses sur leurs bananes!!!

Pourquoi? Comment? Et surtout, est-ce dangereux?

D’abord, il faut savoir qu’il y a près de 10,000 espèces de cochenilles. Ouais, je sais…

Ensuite, elles vivent dans toutes sortes d’habitats: de la toundra à l’équateur. Inutile de dire que votre maison ne risque pas de leur être trop hostile, peu importe la température ou l’humidité du terreau de vos délicieuses plantes. En plus, elles ne sont pas difficiles à satisfaire; elles sont généralistes dans leur alimentation. Ça veut dire que si c’est vert, c’est comestible… à peu près.

Heureusement, cet insecte n’est pas dangereux pour vous. Pour vos plantes par contre, c’est une autre histoire…!

Femelle Ferrisia virgata, une espèce parmi tant d’autres! Photo: Chamaiporn Buamas.

Les hauts et les bas de monsieur Hodgson

Voyant les messages de panique se succéder sur Facebook, suivi de l’infinie liste de commentaires conseillant x, y et z, j’ai été voir dans les anciens articles de notre Jardinier paresseux pour en avoir le cœur net. Je vous invite d’ailleurs à fouiller aussi! C’est à la fois hilarant et… décourageant!

Voyez-vous, Larry avait une sainte horreur des cochenilles farineuses et, malgré tout son savoir-faire, il a aussi été victime de ces bestioles… sans réussir à vraiment s’en débarrasser. Je ne vais pas répéter ici tous ces arguments (je vous laisse le plaisir d’aller les découvrir dans ses publications passées!), mais en résumé, si on trouve des cochenilles, on est cuit. Jetez tout et repartez de zéro!

Mais… est-ce que ça veut dire qu’il faut bannir les bananes?

Je sais que vous aimez probablement beaucoup votre collection de plantes, mais ne tombez pas en carence alimentaire non plus! Plusieurs autres fruits et légumes pourraient arriver chez vous avec un indésirable à l’allure poudreux (les cochenilles farineuses sont généralistes…) alors mieux vaut être conscient du problème, le comprendre, et le prévenir.

Tout d’abord, sachez que si le mâle vole, la femelle, elle n’a pas d’aile. Comment contamine-t-elle toutes vos plantes alors? À cause de vous!

Avez-vous lavé vos ciseaux? Vos gants de jardinage? Le bout de votre arrosoir? Ouais, moi non plus… Et pourtant, ce sont sur ces objets que les cochenilles s’accrochent et passent d’une plante à l’autre. Soyez donc averti: si vous avez une plante en quarantaine, prévoyez une vraie quarantaine. (Depuis 2020, on est rendu bon là-dedans!)

Nettoyez bien vos outils! Photo:  Kate Cox.

Le meilleur moyen d’éviter la contagion de nos plantes à partir de nos bananes, c’est de prévenir. Personnellement, je n’ai pas de plantes dans ma cuisine. J’imagine que ça aide à ne pas avoir eu d’apparition spontanée. (En écrivant cette phrase, je touche du bois tellement fort que je risque de me faire une écharde…) 

Observer les bananes en les achetant, les mettre loin des plantes à la maison, se laver les mains souvent (ben oui, pas juste pour prévenir les virus le lavage de mains), ne pas laisser traîner de pelure une fois votre banane mangée, avoir un composteur avec un couvercle… Ce sont tous de bons moyens de prévenir la dispersion de possibles cochenilles dans votre demeure.

Pourquoi y en a-t-il soudainement autant?

En langage de biologiste, on résume ça comme ça: perte de la biodiversité. Ça veut dire que certaines espèces ont de moins en moins d’individus, ou disparaissent tout simplement, créant un débalancement de l’équilibre naturel. 

Les prédateurs ont souvent besoin d’un territoire plus grand que les proies, ce qui explique qu’ils soient les premiers affectés par la disparition des milieux naturels. Photo: Deane Bayas.

Parmi ces espèces affectées, plusieurs prédateurs des cochenilles ne trouvent plus à s’établir, notamment à cause de l’étalement urbain rapide. Coccinelles, larves de mouches ou de papillons, et petites guêpes sont du nombre. Les cochenilles, bien moins affectées par les prédateurs, sont donc libres de proliférer. Elles envahissent les bananiers et se retrouvent dans les épiceries, à quelques milliers de kilomètres de leur pays d’origine. Pour elles, pas de problème, car on se souvient qu’elles s’adaptent bien à pleins de climats. 

De plus, leur «carapace» ainsi que la cire qu’elles produisent représentent une protection supplémentaire résistant à l’eau et à plusieurs pesticides. Autant dire que sans prédateur, c’est pratiquement impossible de se sauver de ces cochenilles farineuses!

Point positif: les cochenilles servent à fabriquer du colorant rouge. Regardez les ingrédients de vos yogourts ou boissons à la maison. En quoi c’est positif? C’est un colorant 100% naturel, qui existe en grande quantité (haha!), et qui n’est pas dommageable pour la nature! 

Bon appétit! Photo: Marc Péola.
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