Vous arrosez votre plante d’intérieur et vous remarquez un petit être blanchâtre ou gris qui s’élance vers le haut à partir du terreau pour y retomber aussitôt? Il est à peine visible (il mesure rarement plus de 6 mm, généralement plutôt entre 2 à 3 mm) et vous ne pouvez pas en distinguer les détails sans l’aide d’une loupe?
Un insecte dans mes plantes! Vite, cherchons un pesticide!
Mais pas si vite. C’est peut-être un ami des végétaux!
Collembole
L’être en question est un collembole, un petit arthropode sauteur. Il n’est même plus considéré comme un insecte, mais il appartient à sa propre classe, les Collembola, se situant quelque part entre un insecte et un crustacé. Sans ailes et presque aveugle, il est un des êtres vivants les plus nombreux de la planète, différentes espèces (il y en a plus de 8000!) étant trouvées dans tous les sols, de l’Arctique à l’équateur. Il y en a même qui vivent dans la neige!
Son attrait le plus remarquable (et sans lequel vous ne l’auriez sans doute jamais remarqué) est qu’il saute quand il est dérangé. Typiquement, il saute pour éviter l’inondation quand vous versez de l’eau sur le terreau, et ce, grâce à la furca, un appendice replié sous son abdomen et tendu comme un ressort. Quand il se sent menacé, il s’élance dans l’air… et c’est seulement alors que vous le remarquez.
Les dommages
Il n’y en a pas.
Il est essentiellement un détritivore et mycophage: il consomme des déchets, des champignons, des algues, etc., aidant à la décomposition de la matière organique et ainsi libérant des minéraux, au grand bénéfice de vos plantes d’intérieur. Il lui arrive même de supprimer certains champignons nuisibles, aidant alors à prévenir la pourriture. C’est vrai que certaines espèces de collemboles croquent à l’occasion les extrémités des radicelles de certaines plantes, mais dans l’ensemble on considère le collembole comme étant bénéfique aux plantes.
Comment éliminer les collemboles
La meilleure méthode pour contrôler les collemboles dans vos plantes d’intérieur est d’enlever vos lunettes quand vous arrosez, ou, si vous n’êtes pas presbyte, de mettre des lunettes de soleil très foncées. Comme ça, vous ne les verrez pas. Vous n’avez pas à les contrôler, puisqu’ils ne sont pas nuisibles.
Sérieusement, cependant, si vous voulez réduire leur nombre, arrosez moins, tout simplement. Les espèces trouvées dans nos plantes d’intérieur préfèrent un sol qui reste humide en surface en tout temps. Si vous laissez le terreau s’assécher avant d’arroser, elles disparaîtront. Et la vaste majorité des plantes d’intérieur préfèrent aussi que leur terreau s’assèche au moins un peu avant que vous ne les arrosiez de nouveau. Aucun insecticide n’est donc nécessaire.
Il est aussi possible de contrôler les collemboles en arrosant le terreau avec un savon insecticide ou du Neem ou encore avec un insecticide à base de pyrèthre… mais là, vous risquez de détruire encore davantage d’organismes bénéfiques, la plupart microscopiques. Est-ce que c’est ce que vous voulez vraiment faire?
Surmontez votre dédain
À un moment donné, tout jardinier doit accepter le fait que le sol, que ce soit dans un pot ou en pleine nature, grouille de petits êtres vivants, la plupart d’ailleurs invisibles à l’œil nu. D’accord, vous pouvez juger ça dégueux… mais le jardinage n’est pas toujours propret. Vivre et laisser vivre, c’est l’attitude que tout jardinier paresseux devrait éventuellement adopter.

