Site icon Jardinier paresseux

Branches mortes sur un arbre à perruque

Arbre à perruque qui repousse inégalement après un hiver froid. Les branches les plus hautes sont mortes.

Par Larry Hodgson

Question : Je ne sais pas comment m’occuper de mon arbre à perruque. Ce que je trouve sur Internet est contradictoire. Chaque printemps, il y a plein de tiges qui ne font pas de feuilles. Je les taille au début de l’été, puis le plant se regarnit durant l’été, mais ne fait pas de fleurs ou très peu. Puis, au printemps suivant, le scénario se répète. Que dois-je faire? J’aimerais qu’il soit plus garni et qu’il fasse plus de fleurs.

Véronique 
Cantons de l’Est, Québec

Réponse : L’arbre à perruque (Cotinus coggyria), aussi appelé par une bonne dizaine d’autres noms, dont arbre à boucane, fustet, sumac des teinturiers, sumac fustet et barbe-de-Jupiter, ne fleurit pas très bien en région froide, tout simplement. 

C’est qu’il produit ses boutons floraux sur le bois de l’année précédente (autrement dit, au cours de l’été précédent) et ceux-ci, minuscules, doivent hiverner sur la branche. Or, si l’hiver est le moindrement froid, les branches les plus exposées au froid meurent et, bien sûr, les fleurs à venir aussi. Typiquement, la plante survit à ce traumatisme et repousse de la base au début de l’été, mais seulement les branches les plus basses, protégées du froid par la neige, restent intactes et arrivent à fleurir. Si l’hiver est très froid, il n’y aura aucune floraison du tout.

Sous un climat suffisamment doux, l’arbre à perruque ne gèle pas et fleurit alors également de haut en bas.

Cette affirmation surprendra sans doute mes lecteurs européens, car cet arbuste est très fiable presque partout sur leur continent, sauf en Scandinavie, dans le nord de la Russie et en haute montagne, mais c’est la situation normale au Canada francophone. 

L’arbuste survit aux hivers aussi froids que ceux de la zone de rusticité 4 (température minimale, environ -35°C), mais peut alors mourir jusqu’au sol chaque année. (Pourtant, les jardineries ne se gênent pas pour vendre l’arbre à perruque comme arbuste adapté à la zone 4!)

En zone 5, les dommages sont moindres et, si l’hiver est doux, parfois l’arbuste ne subit que de faibles dommages.

Mais pour un comportement parfait, sans aucun dommage, il faut le planter en zone 6 (température minimale -23°C*) ou dans une zone au chiffre supérieur. C’est la zone qui devrait figurer sur les étiquettes des pépiniéristes. Toute culture au nord de la zone 6 devrait être considérée «à vos risques et périls».

*À titre de comparaison, peu de régions de la France subissent des températures hivernales inférieures à -12°C, l’équivalent de la zone de rusticité 7 au Canada.

Que faire?

Pour rajeunir l’arbuste chaque printemps, rabattez toutes les branches très courtes. Ill.: landscapemanagement.net

Beaucoup de jardiniers en région froide cultivent cet arbuste uniquement comme plante à feuillage attrayant. En effet, beaucoup de cultivars, comme ‘Royal Purple’, produisent de belles feuilles pourpres, d’autres, comme Golden Spirit™ (‘Ancot’), des feuilles jaune vert. Ainsi, ils coupent la plante à 15 à 25 cm du sol tous les ans et elle produit alors une belle boule de feuilles… mais sans fleurs. 

Rabattu très court au printemps, l’arbre à perruque (ici le cultivar ‘Royal Purple’) repousse rapidement, formant un bel arbuste arrondi et densément feuillu l’été. Photo: landscapeplants.oregonstate.edu

En zone 5, où une certaine floraison annuelle est possible, on peut le laisser pousser, se contentant de rabattre uniquement les branches qui meurent au cours de l’hiver. Cela donne souvent un effet très inégal, mais au moins on profite alors de l’attrayante floraison mousseuse de l’arbuste.

Dans les régions plus douces, la taille en sera surtout une de contrôle, car l’arbuste peut atteindre jusqu’à 3 m de hauteur et 3 m de diamètre avec le temps, trop pour beaucoup d’emplacements. Souvent, on le taille pour maintenir environ 1,5 m sur 1,5 m de dimension.

Une plantation dans un emplacement ensoleillé, mais à l’abri du vent froid, où la neige s’accumule, peut offrir une certaine protection contre les dommages. Emballer ce grand arbuste comme une momie avec une «protection hivernale» (géotextile), méthode populaire auprès des jardiniers plus forcenés que moi, a peu d’effet. Cela protège un peu la base de l’arbuste, mais le froid pénètre de part en part dans les parties supérieures et alors les tiges gèlent quand même.

Aussi, évitez les sols mal drainés et les applications trop assidues d’engrais, qui tendent à augmenter les dommages. L’arbre à perruque réussit mieux dans un sol pauvre et plutôt sec.

Information sur Internet

Vous comprenez que si l’information que vous trouvez sur Internet est contradictoire, c’est parce que cet arbuste se comporte très différemment d’une région à une autre. Ainsi, il faut consulter un site offrant des informations pour votre région. Et de préférence, le site d’un expert qui entretient la plante dans des jardins, pas le site Web d’une pépinière qui ne fait que revendre des plantes importées de régions au climat doux et qui semble complètement ignorer le problème des dommages hivernaux. 




Information tirée du lire Les Arbustes de Larry Hodgson.

Quitter la version mobile