15 plantes d’intérieur pas si passe-partout

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Ce pauvre lis de la paix (Spathiphyllum) montre des signes d’un manque d’eau chronique… un bon exemple d’une plante pas si passe-partout. Source: www.gardeningknowhow.com

En préparant l’article d’hier, 15 plantes d’intérieur passe-partout, j’ai bien sûr jeté un coup d’œil sur d’autres sites Web pour voir leurs suggestions. (Non, ce n’est pas du plagiat! C’est ce qu’on appelle «faire de la recherche»!) Mais j’étais étonné par certaines de leurs suggestions.

Après tout, le but était de montrer des plantes d’intérieur particulièrement faciles à cultiver, des plantes qu’on pourrait notamment recommander aux jardiniers novices. Mais j’ai vu sur leurs listes plusieurs plantes que je n’aurais jamais pensé inclure parmi les plantes faciles à cultiver, des plantes qui ont des défauts qui font que leur durée de vie est plutôt limitée à moins de prendre des précautions spéciales. Vraiment pas des plantes passe-partout!

Pourquoi ces plantes dépérissent-elles?

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Aloès médicinal (Aloe vera) sérieusement étiolé par un éclairage insuffisant. Source: jardinierparesseux.com

Parfois, le problème est tout simplement que la plante nécessite un éclairage intense. Je ne pourrais jamais recommander un tel végétal comme plante d’intérieur facile à cultiver, car mon expérience est que les humains sous-estiment presque toujours les besoins en lumière des plantes d’intérieur. Nous semblons toujours penser que notre demeure est superbement éclairée, alors que c’est rarement le cas.

L’habitation moyenne est plutôt l’équivalent d’une caverne: pas plus que moyennement éclairée près de l’entrée (la fenêtre) et très peu éclairée en retrait de cette ouverture. (Faites le test du journal pour avoir une meilleure idée de l’éclairage chez vous… et préparez-vous à être découragé!)

Dans d’autres cas, les plantes recommandées sont trop sujettes aux dommages causés par l’air sec, trop susceptibles aux insectes ou maladies, naturellement de courte vie ou ont des exigences particulières qui vont au-delà d’un arrosage régulier et qui compliquent alors leur entretien.

Plantes d’intérieur pas passe-partout

Voici alors 15 plantes d’intérieur qui ne sont pas nécessairement difficiles à cultiver pour un jardinier qui a de l’expérience, mais que, pour les raisons expliquées, je n’aurais jamais mises sur une liste de plantes d’intérieur de culture facile.

  1. Broméliacées (Aechmea, Guzmania, Tillandsia, Vriesea, etc.)
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Ces broméliacées sont superbes, mais leur dépérissement après la floraison peut être traumatisant pour le jardinier! Source: www.orchardnursery.com

Ces plantes sont tout à fait charmantes et peuvent durer des mois dans une maison typique. Mais habituellement, elles sont vendues en fleurs… et elles meurent après la floraison! D’accord, avant de mourir, la plante produit, à de rares exceptions près, au moins un «bébé» qui fleurira à son tour — dans quelques années —, mais comprendre ce détail est beaucoup demander à un jardinier novice. Il risque plutôt de se décourager quand il verra la plante mère se dégrader peu à peu.

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Fille de l’air (Tillandsia): un entretien unique à apprendre. Source: cdn.shopify.com

Quant aux filles de l’air ou Tillandsia, qui sont rarement vendus en fleurs, le fait qu’il faille les arroser en les plongeant dans l’eau ou en les vaporisant les met dans une catégorie à part, pas dans le groupe des «plantes pour débutants».

  1. Cactées et succulentes
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Les cactées et succulentes ne sont de culture facile que si vous disposez d’un emplacement abondamment éclairé. Source: thesucculentsource.com

Il y a des centaines de plantes d’intérieur dans cette catégorie et elles ne sont pas difficiles à cultiver… si vous avez beaucoup de lumière. En effet, la plupart préfèrent même le plein soleil! Tristement, nos demeures sont beaucoup plus ombragées que la plupart des gens ne se l’imaginent. Le résultat est que je vois dans les demeures beaucoup de cactées et succulentes étiolées, affaiblies et mourantes, peut-être encore en vie, mais à peine.

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Cactus (Opuntia) sérieusement étolié à cause d’un manque de lumière. Source: pistilsnursery.com

Parmi les succulentes qui tolèrent un peu d’ombre et qui conviennent alors mieux aux débutants, il y a les aloès (Aloe spp. dont A. vera), les haworthias (Haworthia spp.), les gastérias (Gasteria spp.), la plupart des euphorbes (Euphorbia spp.) et la plante jade (Crassula ovata)… mais il leur faut quand même un emplacement qui reçoive au moins 5 heures de lumière indirecte par jour, donc un emplacement très près d’une fenêtre.

Aussi, beaucoup de jardiniers débutants perdent leurs succulentes l’hiver à la suite d’un arrosage trop généreux, n’ayant pas encore compris que, quand vous cultivez des succulentes, il est très important de bien laisser le terreau s’assécher avant d’arroser de nouveau. Doublement quand la lumière manque, comme c’est le cas l’hiver. Souvent, à cause des jours courts et des températures plus fraîches, ces plantes ont seulement besoin d’un arrosage par mois en plein hiver, alors que la tendance des jardiniers novices est de vouloir arroser leurs plantes régulièrement. Oups!

  1. Calathéa (Calathea spp.)
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Les calathéas (ici Calathea zebrina) ne réussissent bien à long terme que dans les emplacements où l’air est toujours humide. Source: http://www.planten-kopen.com

Un bel exemple d’une plante qui «tient bien» pendant plusieurs mois, surtout quand on l’achète au printemps ou à l’été, mais qui finit par dépérir l’hiver. Il ne tolère pas l’air sec et le manque de lumière communs à cette saison.

  1. Caoutchouc (Ficus elastica)
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Il faut au caoutchouc (Ficus elastica ‘Burgundy’) un emplacement bien éclairé. Source: www.homedepot.com

Je ne comprends pas pourquoi les jardineries continuent d’insister pour dire que le caoutchouc tolère l’ombre alors qu’il exige, bien au contraire, beaucoup de lumière et même, dans le Nord, le plein soleil, mais c’est bien le cas. D’accord, il peut sembler tenir le coup pendant six mois ou plus, mais alors il vit sur ses réserves d’énergie. Une fois qu’il les a épuisées, c’est la dégringolade et ses feuilles commencent à chuter l’une après l’autre jusqu’à ce que mort s’ensuive.

  1. Croton (Codiaeum variegatum)
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L’état typique d’un croton (Codiaeum variegatum) après deux ou trois mois dans une maison. Source: garden.org

C’est presque scandaleux de recommander le croton aux débutants alors que cette plante a une réputation terrible chez les jardiniers pour sa capacité à mourir rapidement dans la maison. Le problème est qu’il tolère mal les changements, perdant prestement ses feuilles quand l’intensité lumineuse change. Il y a moyen de l’acclimater si vous avez de la patience, mais ce n’est guère une plante à conseiller aux débutants! Honte à ceux qui le font!

  1. Figuier pleureur (Ficus benjamina)
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Figuier pleureur (Ficus benjamina) en état de choc. Il faut bien acclimater cette plante si vous voulez la dompter. Source: goodtogrow.files.wordpress.com

D’accord, cette plante peut tolérer l’ombre et l’air sec de nos demeures et peut même vivre des décennies sous ces conditions, mais, comme pour le croton, seulement si vous l’acclimatez bien auparavant. Sinon, ses feuilles commencent à chuter presque aussitôt que vous le rapportez à la maison. Lisez Pourquoi un figuier pleureur perd ses feuilles pour savoir comment réussir son acclimatation.

  1. Fougère de Boston (Nephrolepis exaltata cvs)
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Il faut plus de lumière que vous ne le pensez pour maintenir une fougère de Boston (Nephrolepis exaltata) en bon état. Source: www.amazon.com

Cette fougère tolère mieux l’air sec que la plupart des autres fougères, ce qui est bien, mais est moins tolérante de l’ombre. Il faut un emplacement assez ensoleillé pour bien la réussir. Aussi, elle préfère un hiver au frais alors que, de nos jours, nous chauffons aux températures estivales toute l’année. Le résultat est qu’elle dépérit peu à peu dans la plupart des demeures.

  1. Lierre anglais (Hedera helix)
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Le lierre anglais (Hedera helix) n’est pas difficile à cultiver… si vous pouvez éloigner les araignées rouges! Source: www.amazon.com

D’accord, sa culture est facile… jusqu’à ce que l’automne arrive. Lorsque l’air devient plus sec, les tétranyques (araignées rouges) s’y installent et il dépérit alors rapidement.

  1. Lis de la paix (Spathiphyllum)
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Quand on achète un lis de la paix (Spathiphyllum), il est typiquement cultivé dans un pot si petit qu’il faut l’arroser au moins deux fois par semaine. Le rempoter dans un pot plus grand vous donnera du répit. Source: amazon.com

Assez facile en général, mais il fane très rapidement quand il manque d’eau et diminue en beauté à chaque fois qu’il s’assèche. Souvent, il faut l’arroser plus d’une fois par semaine! Si vous avez tendance à oublier d’arroser, ce n’est assurément pas un bon choix!

  1. Palmier d’Arec (Dypsis lutescens, syn. Chrysalidocarpus lutescens)
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Si vous voulez inviter des araignées rouges dans votre demeure, procurez-vous un palmier d’Arec (Dypsis lutescens)! Source: http://www.ikea.com

Comme dans le cas du lierre anglais, sa susceptibilité aux araignées rouges rend sa culture difficile et même décourageante. On ne semble jamais être capable de s’en débarrasser! D’ailleurs, la plupart des palmiers ont un problème avec des infestations réputées d’araignées rouges et sont rarement de bons choix pour les débutants.

  1. Pépéromia (Peperomia spp.)
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Plusieurs pépéromias (ici Peperomia caperata ‘Emerald Ripple’) sont sujets à la pourriture à moins que vous ne les arrosiez avec beaucoup de précaution. Source: Lazaregagnidze, Wikimedia Commons

Il y a trop d’espèces (plus de 1500!) pour faire plus qu’un commentaire généralisé, mais plusieurs des variétés disponibles dans le commerce sont sujettes à la pourriture si on les arrose trop. Typiquement, ils poussent bien au début et l’on est très content des résultats, puis ils meurent subitement. Quel choc alors!

  1. Plante prieuse (Maranta leuconeura)
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La plante prieuse (Maranta leuconeura erythroneura) tend à dépérir l’hiver sous l’effet de l’air sec de nos maisons. Source: carlosbato-arte.blogspot.com

Encore une plante qui donne des résultats encourageants au début, mais qui tolère mal l’air sec l’hiver. Inévitablement, c’est le dépérissement et la déception qui s’ensuivent.

  1. Sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla)
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Quand on entasse autant de plantes dans un même pot, comme on fait typiquement avec le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla), cela cause un stress souvent fatal  Source: amazon.com

Rares sont les sapins de Norfolk qui survivent plus de quelques mois dans une maison normale. Leur besoin d’air frais et humide, alors que nos maisons sont chaudes et sèches l’hiver, finit par en avoir raison. Aussi, les producteurs entassent généralement trop de jeunes plants dans le même pot pour que l’effet soit plus attrayant, mais cette promiscuité nuit à leur survie. Sous de bonnes conditions, un sapin de Norfolk peut vivre des décennies (voici comment faire), mais je ne pourrais pas l’offrir légitimement à un jardinier sans expérience.

  1. Schefflera (Schefflera actinophylla, syn. Brassaia actinophylla)
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Le schefflera (Schefflera actinophylla) est attrayant, mais sujet aux araignées rouges. www.homedepot.com

Il s’agit du grand schefflera, celui aux imposantes feuilles luisantes, pas du schefflera miniature (S. arboricola), beaucoup plus commode. Encore une plante dont la susceptibilité aux araignées rouges fait qu’elle est difficile à garder en bon état très longtemps.

  1. Yucca géant (Yucca gigantea, syn. Y. elephantipes et Y. guatemalensis)
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Le yucca géant (Yucca gigantea) peut vivre plusieurs années, mais sans un éclairage intense, il le fait en dépérissant peu à peu. Source: http://www.waitrosegarden.com

Généralement vendu sous la forme d’un petit arbre au tronc brun dont l’extrémité a été coupée et qui porte de deux à quatre touffes de feuilles lancéolées, c’est une plante superbe… qui ne cesse de se dégrader avec le temps, faute de lumière intense. Il peut parfois vivre deux ou trois ans dans une demeure typique, mais il devient de plus en plus étiolé et de moins en moins beau avec le temps, et le nombre de feuilles diminue plutôt que d’augmenter, de quoi décourager son propriétaire. Pour les emplacements très ensoleillés seulement!


Et voilà! 15 plantes peut-être intéressantes pour les jardiniers qui ont de l’expérience, mais à ne pas offrir à un débutant… et qui ne sont assurément pas, malgré les prétentions de certains, des «plantes d’intérieur passe-partout»!20180127A Spathiphylium www.gardeningknowhow.com.jpg

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Les plantes nid d’oiseau

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Fougère nid d’oiseau (Asplenium nidus). Source: Pedro García, flickr

Cela fait longtemps que les fougères nid d’oiseau (Asplenium nidus et plusieurs espèces similaires, comme A. antiquum et A. australasicum) me fascinent. Leur nom vient du fait que leurs frondes simples en forme de langue (très différentes des frondes très découpées de la majorité des fougères) forment une rosette en forme de corbeille, semblable à un nid d’oiseau. De plus, pour pousser l’analogie avec les oiseaux encore plus loin, leurs jeunes feuilles, encore vert pâle, sont enroulées comme une balle et l’on peut dire qu’elles ressemblent à des œufs au centre du nid… mais cela n’est pas toujours si évident!

Curieusement, il arrive que de véritables oiseaux construisent leurs nids dans des fougères nid d’oiseau. Par exemple, le serpentaire de Madagascar (Eutriochis astur), un rapace, renonce souvent à construire son propre nid et s’installe simplement dans le nid prêt à l’emploi d’une grande fougère nid d’oiseau.

Fait pour faire face à un style de vie aérien difficile

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Dans la nature, Asplenium ndus pousse en épiphyte, fixé sur un arbre. Source: http://www.fazfacil.com.br

Aussi mignon que le port d’une fougère nid d’oiseau puisse sembler aux humains, ce type de fougère n’a pas évolué de cette façon pour plaire à nos yeux, mais plutôt dans un but très pratique. En effet, les fougères nid d’oiseau sont normalement épiphytes (des plantes qui poussent sur des branches d’arbres), bien qu’elles se fixent également aux parois rocheuses et tombent parfois sur le sol pour continuer à croître en tant que plantes terrestres.

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Le centre du nid se remplit de feuilles mortes et d’autres déchets. Source: LaboratorTEBA, YouTube

Or, le mode de vie des épiphytes est assez rude. Notamment, l’écorce nue sur laquelle les racines s’accrochent offre peu d’humidité et de minéraux… et c’est là où le port particulier des fougères nid d’oiseau les aide à compenser. Leur «nid» attrape et retient des feuilles et des fleurs mortes, des fientes d’oiseaux et d’autres détritus qui peuvent ensuite se décomposer lentement, nourrissant la fougère. Aussi, les détritus deviennent spongieux en se dégradant, retenant l’eau de pluie et aidant ainsi la fougère à faire face aux périodes de sécheresse.

Les botanistes anglophones appellent les plantes avec ce type de croissance «trash-basket plants» (plantes panier à déchets), un nom plutôt malheureux, ne pensez-vous pas? Parfois, on voit aussi le terme détritophile. Je préfère «plantes nid d’oiseau», une description beaucoup plus sympa.

Autres fougères nid d’oiseau

Mais Asplenium nidus et ses cousins ne sont pas les seules plantes nid d’oiseau. De nombreuses plantes épiphytes ont développé un port similaire, c’est-à-dire qu’elles utilisent leur feuillage ou d’autres organes pour attraper les feuilles mortes et s’en nourrir, ainsi que pour stocker de l’eau. C’est notamment le cas de la longue fougère (Campyloneurum phyllitidis) et de la fougère crocodile (Microsorum musifolium), les deux formant des rosettes un peu moins symétriques que les Asplenium.

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Les frondes vertes des drynaires (ici, Drynaria quercifolia) font de la photosynthèse; les frondes basales brunes attrapent les déchets et l’eau de pluie. Source: avrotor.blogspot.ca

D’autres fougères ont développé une autre technique pour attraper la litière.

Les drynaires (Drynaria spp.), par exemple, des fougères épiphytes qui poussent fixées aux branches d’arbres ou aux roches, produisent deux types de frondes. Ces fougères produisent à la fois de longues frondes vertes profondément découpées qui recueillent l’énergie du soleil, comme le font la plupart des feuilles, et qui produisent aussi des spores pour assurer les futures générations de la plante, et aussi des frondes basales très différentes: elles sont courtes, entières, stériles (ne produisent jamais de spores) et généralement brunes. Elles forment un genre de panier qui recueille la litière et les débris organiques, fournissant ainsi à la fougère des éléments nutritifs. Même mortes, les frondes basales continuent de servir les drynaires!

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Fougère corne d’élan (Platycerium bifurcatum) dans la nature, avec ses frondes fertiles vertes et ses frondes basales brunes qui se collent sur l’arbre-hôte et qui attrapent aussi les feuilles mortes et l’eau de pluie. Source: D. Gordon E. Robertson, Wikimedia Commons

Il y a beaucoup d’autres fougères avec un port similaire, dont une qui est couramment cultivée comme plante d’intérieur: la fougère corne d’élan (Platycerium spp.). Les fougères corne d’élan ont aussi des frondes fertiles vertes qui s’étendent vers l’extérieur pour attraper le soleil et des frondes basales courtes, en forme de bouclier, qui brunissent rapidement. Appuyées contre un tronc ou une surface rocheuse, ces frondes basales protègent les racines de leur fougère de la dessiccation, mais aussi, la marge supérieure s’ouvre vers l’extérieur pour attraper les feuilles mortes et l’eau. La plupart des propriétaires de fougères corne d’élan n’ont aucune idée de la curieuse raison d’être de ces frondes bizarres en forme de bouclier.

Au-delà des fougères

Pourquoi les fougères auraient-elles l’exclusivité d’une bonne idée? Des plantes épiphytes dans plusieurs autres familles ont adopté une stratégie similaire.

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Le nid d’oiseau géant (Anthurium salvinii) n’est pas une fougère, mais une plante à fleurs aux feuilles beaucoup plus coriaces. La ressemblance est toutefois remarquable. Source: http://www.htbg.com

Le vaste genre Anthurium contient plus de 1000 espèces de plantes terrestres, grimpantes et épiphytes, dont certaines, comme A. andreanum, A. scherzerianum et leurs hybrides, sont populairement cultivées comme plantes d’intérieur pour leurs belles fleurs, mais n’ont pas du tout un port de type nid d’oiseau. Par contre, un groupe d’environ 100 espèces, y compris A. hookeri, A. plowmanii et A. salvinii, a développé ce port en forme de panier. À cause de la taille exceptionnelle de plusieurs de ces anthuriums (certains sont aussi gross qu’une auto Smart), on les appelle parfois nid d’oiseau géant.

Les feuilles gigantesques, épaisses, coriaces et en forme de pagaie peuvent mesurer un mètre de longueur et forment une rosette inévitablement remplie de feuilles mortes, du moins, dans la nature. Les anthuriums nid d’oiseau poussent typiquement comme épiphytes au début, jusqu’à ce que leur poids énorme les fasse s’écraser au sol où ils continuent leur vie comme plantes terrestres.

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Les racines d’Anthurium salvinii sont dressées et se mélangent aux feuilles mortes en son centre. Source: myjunglegarden.com

Curieusement, leurs racines épaisses ressemblant à celles des orchidées poussent vers le haut et non vers le bas, et ce, afin de se faufiler à travers la litière.

Les anthuriums nid d’oiseau font d’excellentes plantes d’intérieur et sont faciles à cultiver… si vous avez l’espace nécessaire pour ces géants!

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Bulbophyllum beccarii. Source: Scott Zona, Wikimedia Commons

Et il y a aussi des orchidées nid d’oiseau. Bulbophyllum beccarii, par exemple, une orchidée épiphyte, qui produit des feuilles spatulées similaires à celles des Asplenium et des Anthuriums et qui attrape la litière forestière de la même manière.

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Ansellia africana dans la nature, poussant en épiphyte, avec ses racines dressées formant un nid d’oiseau qui attrape les feuilles mortes. Source: http://www.orchidboard.com

D’autres orchidées, notamment dans les genres Ansellia, Cyrtopodium et Grammatophyllum, ont adopté une autre technique.

Dans leur cas, ce ne sont pas les feuilles qui forment le nid, mais leurs racines. En effet, elles produisent deux sortes de racines: des racines normales, qui poussent vers le bas et qui les fixent sur le tronc ou la branche, mais aussi de longues racines aériennes orientées vers le haut qui forment un nid ou panier tout autour de la plante et qui attrapent les feuilles mortes et autres débris. Plusieurs de ces orchidées nid d’oiseau sont gigantesques, parmi les plus grandes orchidées au monde… et comme chez les fougères nid d’oiseau, parfois des oiseaux viennent y faire leur nid. On a déjà vu le hibou grand duc (Bubo bubo), l’un des plus grands rapaces nocturnes au monde, s’y installer.

Curieusement, en pot, les orchidées nid d’oiseau ne produisent pas de racines aériennes dressées, sauf lorsqu’elles sont stressées par un manque d’azote.

Les ultimes plantes nid d’oiseau

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Les ultimes plantes nid d’oiseau: les broméliacées (ici des Neoregelia hybrides) avec leur citerne qui se remplit d’eau. Source: pxhere.com

Toute recherche au sujet des plantes nid d’oiseau conduit inévitablement au groupe le plus efficace d’entre tous pour attraper l’eau et les déchets, soit les broméliacées-citernes. Ces plantes, trouvées dans plusieurs genres de la famille des Broméliacées, y compris Aechmea, Billbergia, Guzmania, Neoregelia et Vriesea (mêmes certaines espèces de Tillandsia y appartiennent) sont épiphytes ou lithophytes (elles poussent sur des rochers) et forment une rosette de feuilles si bien scellée qu’elle retient parfaitement l’eau de pluie qui s’y accumule en permanence. En conséquence, le point de croissance de ces plantes est constamment sous l’eau, ce qui a fait dire à un botaniste que les broméliacées-citernes sont les seules plantes aquatiques qui poussent dans les arbres! Ces plantes ont, pour la plupart, des racines qui se fixent sur des objets, mais n’absorbent pas l’eau. Elles «boivent» à travers les trichomes (écailles) qui recouvrent leurs feuilles plutôt que par leurs racines.

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Une grenouille mâle (Ranitomeya variabilis, anc. Dendrobates variabilis) qui vient déposer les têtards fixés sur son dos dans la citerne d’une broméliacée. Source: sbl.royalsocietypublishing.org

Il est intéressant de savoir que cette citerne ne fait pas que capter l’eau de pluie, les feuilles et les fleurs mortes, les excréments d’oiseaux et d’animaux, etc., mais aussi, qu’elle accueille toutes sortes de petits animaux, des microbes aux larves de moustiques et même aux têtards… dont les excréments aident à nourrir la plante. Autrement dit, chaque broméliacée-citerne est en fait son propre petit biome!

Les broméliacées-citernes font d’excellentes plantes d’intérieur et vous en trouverez différents types dans toutes les jardineries.


Que vous les appeliez «plantes panier à déchets» ou plantes nid d’oiseau, ces plantes sont absolument fascinantes et il vaut la peine non seulement d’en apprendre davantage à leur sujet, mais aussi d’en cultiver. Essayez-en une aujourd’hui!20180114B Asplenium ndus www.fazfacil.com.br

Succès avec les filles de l’air

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Filles de l’air (Tillandsia spp.). Notez comment ils sont fixés sur leur support avec du fil métallique.

Non, je ne fais pas référence aux hôtesses à bord d’un avion, mais aux petites plantes à feuilles étroites argentées, les tillandsias (Tillandsia spp.) qui semblent tellement populaires de nos jours. On les appelle filles de l’air (air plants en anglais) car dans la nature, elles vivent suspendues des branches ou même des fils électriques, sans terre. Elles sont bien mignonnes, mais pourquoi meurent-elles presque toujours après seulement quelques mois?

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Tillandsia mourant: rares sont ceux qui survivent plus de 6 mois.

Pourtant les vendeurs de tillandsias continuent d’insister qu’ils sont «faciles à cultiver», même si 99% des tillandsia vendus ne survivent pas un an. Pourquoi? Parce que leur définition de «survivre» n’est pas la même que la vôtre.

Dans l’industrie des plantes d’intérieur, on considère que si une plante survit 8 semaines, vous en avez eu pour votre argent et qu’il est temps de la remplacer. (Lisez La durée de vie d’une plante d’intérieur.) Après 8 semaines, les vendeurs présument que votre plante sera tellement dégradée que vous retournerez en magasin en acheter une remplaçante. Ainsi les renseignements qu’ils vous donnent visent uniquement une survie à moyen terme. Ils ne vous expliquent pas — mais pas du tout! — comment vraiment cultiver les tillandsias de façon à ce qu’ils vivent pleinement leur vie et même qu’ils arrivent à fleurir. Je vais essayer de le faire dans cet article.

Culture unique

La culture des tillandsias est très différente des autres plantes d’intérieur (note: cet article concerne uniquement la culture des tillandsias à l’intérieur sous un climat tempéré, pas leur culture en plein air sous les tropiques, car les deux sont très, très différentes). Si vous traitez un tillandsia comme une plante d’intérieur typique, vous allez sûrement la tuer. Avant de vous donner plus d’information à ce sujet, cependant, regardons ce que sont ces «filles de l’air».

Définir notre sujet

Le genre Tillandsia est vaste – plus de 730 espèces! – et présent presque partout en Amérique du Sud et centrale ainsi qu’aux États-Unis jusqu’en Virginie.

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Tillandsias sur une branche d’arbre.

La vaste majorité des espèces sont épiphytes: elles poussent sur d’autres plantes, notamment fixées sur une branche ou tronc d’arbre. Même si les hispanophones les appellent souvent «parasitos», ce ne sont pas des parasites et ne nuisent pas à leur hôte. Elles y vivent accrochées, tout simplement. Certaines espèces sont toutefois terrestres ou se fixent sur des roches ou des falaises.

On divise souvent les tillandsias en deux groupes, mésiques et xériques.

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Tillandsia cyanea est un tillandsia mésique typique. Il peut se cultiver en pot et produira alors des racines absorbantes.

Les tillandsias mésiques (de milieu humide) poussent dans des forêts pluviales ou à l’ombre, là où l’humidité ambiante est importante. Ils sont entièrement verts et ont des feuilles minces et plutôt molles. Certains sont des plantes-citernes: elles ont une coupe centrale qui capte l’eau, la forme la plus typique de leur famille, les Broméliacées, et s’abreuvent en grande partie de cette coupe. D’autres sont sans coupe et absorbent surtout l’eau par leur feuillage. Toutefois, la plupart des tillandsias mésiques ont la capacité de produire des racines «normales» — longues, abondantes et qui absorbent l’eau — si on les plante en pot. Ainsi ils diffèrent des tillandsias xériques qui ont perdu cette capacité.

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Tillandsia tectorum est un tillandsia sérique si couvert d’écailles qu’il paraît blanc.

Ce sont les tillandsias xériques (de milieu sec) qu’on nomme habituellement filles de l’air. Il s’agit d’épiphytes extrêmes, habitués à un milieu souvent très exposé et très sec. Ils n’ont pas de coupe centrale. Leurs feuilles sont habituellement épaisses et plutôt rigides. Certains poussent dans le désert, parfois en épiphyte sur les cactées, mais plus typiquement dans des forêts tropicales sèches. Ils absorbent plutôt l’eau nécessaire à leur survie par leurs feuilles, à partir de la pluie, de la rosée ou même de l’humidité atmosphérique. Ainsi on les appelle tillandsias aériens. Curieusement, ces plantes peuvent généralement pousser la tête en bas sans le moindre problème.

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Tillandsia caput-medusae: un tillandsia aérien. Notez le feuillage argenté et les feuilles épaisses et rigides.Les tillandsia aériens sont typiquement vendus en vrac, sans racines.

Les tillandsias aériens ont typiquement un feuillage au moins légèrement grisâtre, sinon carrément argenté, car il est couvert de trichomes, soit des écailles blanchâtres. Ces trichomes ont la capacité d’absorber l’eau et les minéraux, ce qu’ils font à la place des racines. Un tillandsia aérien fraîchement arrosé paraîtra presque vert, car les trichomes deviennent translucides quand ils sont chargés d’eau, mais reprendra sa couleur gris-vert lorsque l’eau est absorbée par les cellules sous-jacentes.

Et les racines dans tout cela? Tel que mentionné, chez les tillandsias aériens, elles n’absorbent pas l’eau et les minéraux comme le feraient celles d’une plante ordinaire, mais servent surtout à fixer la plante à son support. Elles sont petites et peu nombreuses, même absentes chez une espèce, la mousse espagnol (T. usneoides).

Fixer ou non les tillandsias

Il n’est pas absolument nécessaire de fixer les tillandsias à quelque support que ce soit. Vous pouvez tout simplement les placer sur une tablette ou sur une assiette décorative, les arroser et ils pousseront.

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Comment fixer  un tillandsia sur un support, ici avec de la colle chaude.

Vous pouvez aussi les fixer sur un morceau de bois, une pierre ou tout autre objet décoratif au moyen d’une colle comme Liquid Nails ou Goop, une colle chaude (non, elle ne chauffe pas assez pour les brûler) ou même un scellant à base de silicone. Pour cacher la colle, appliquez un peu de sphaigne ou de mousse sèche sur la colle, mais pas trop, car vous ne voulez pas que la base de la plante reste humide longtemps et les mousses retiennent l’eau. On peut aussi les fixer avec du fil à pèche transparent ou du fil métallique. Notez que c’est par la base de la plante, là où il y a généralement quelques racines, qu’il faut la fixer à son support, non pas par les feuilles.

De nos jours, les stylistes les insèrent souvent dans des globes de verre, à travers des pierres et des lichens séchés colorés, sans les y fixer. Ainsi on peut les sortir pour l’arrosage.

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Tillandsia ionantha dans des coquillages aimantés fixés sur une porte de réfrigérateur. Espérons que le frigo soit près d’une fenêtre!

D’autres vendeurs insèrent les tillandsias dans des coquillages, des petits pots en céramique, des objets trouvés et j’en passe. Si vous voulez imiter ce style, prenez le pot de votre choix et remplissez-le de terreau à orchidées, très aéré, ou même de gravier, mais jamais de terreau pour plantes d’intérieur, beaucoup trop dense et humide.

Culture

Éclairage

Les vendeurs de tillandsias aériens suggèrent souvent un emplacement «bien éclairé, mais sans soleil direct»… ce qui en général tue peu à peu les plantes. Ils ont appris cette information des producteurs qui vivent presque uniquement sous les tropiques où le plein soleil est très intense. Dans les régions septentrionales, cependant, il faut du soleil direct, au moins quelques heures par jour, pour maintenir ces plantes à long terme. Une fenêtre orienté est, sud ou ouest peut convenir. Pendant l’hiver, placez-les même au plein soleil si possible.

On peut aussi les cultiver sous une lampe fluorescente ou DEL intense, à environ 30 cm sous la lampe. C’est la situation idéale pour les plantes en terrarium, car ses lampes chauffent peu.

Arrosage

Comme les tillandsias aériens n’absorbent pas d’eau par leurs racines, il faut les arroser par leur feuillage… et cela pose un problème pour le jardinier, car le feuillage doit aussi servir pour la respiration de la plante. S’il est toujours couvert d’eau, la plante ne pourrait pas respirer. Donc, il faut bien humidifier le feuillage, mais aussi, bien le laisser s’assécher si vous voulez voir votre tillandsia profiter. Idéalement vous les arroserez le matin de façon à ce que la plante soit bien au sec le soir. Le feuillage doit être sec la nuit, car les tillandsias font de la photosynthèse CAM et respirent alors uniquement la nuit.

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Pour bien arroser des tillandsias, faites-les tremper dans l’eau.

La technique la plus efficace pour arroser un tillandsia est de le plonger dans l’eau. Enlevez la plante de son support et tenez-la sous l’eau quelques minutes, même une heure ou deux. S’il est sur un support, plongez-le dans l’eau aussi. Après, inversez et secouez le tillandsia pour enlever tout surplus d’eau. Normalement, un «trempage» par semaine suffira pour les espèces à feuillage très argenté ou grisâtre sous les conditions normales, mais pour ceux à feuillage vert, ou si l’air de votre demeure est très sec, deux ou trois trempages hebdomadaires peuvent être nécessaires.

Si vous voyez la marge des feuilles s’enrouler un peu vers le centre, c’est signe que la plante est déshydratée et alors un trempage de seulement quelques minutes ne suffira plus. Plongez alors la plante sous l’eau et laissez-la tremper pendant 4 à 8 heures avant de la sortir et la secouer. Il n’est pas bon de laisser la plante se déshydrater trop souvent, par contre!

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Vaporisez un tillandsia plus d’une fois pour vous assurez qu’il a reçu assez d’eau.

Évidemment, si votre tillandsia est fixé à un support de grande taille, vous ne pouvez pas le tremper dans l’eau. Il faudrait alors la vaporiser d’eau tiède… et cela est beaucoup plus délicat.

Je suggère de vaporiser jusqu’à saturation, puis de répéter une à deux heures plus tard, car une seule vaporisation ne réussit pas toujours à réhydrater la plante correctement. Aussi, il faudrait sans doute une deuxième vaporisation au cours de la même semaine, même une troisième si l’air de votre demeure est sec. Mais il ne faut pas non plus que la plante soit toujours humide; elle doit s’assécher avant que vous la vaporisiez de nouveau, sinon la pourriture peut s’installer.

Il faut être très attentif et surveiller le moindre signe d’assèchement chez votre plante si vous voulez réussir la culture d’un tillandsia uniquement par vaporisation! Le trempage est beaucoup plus facile.

Pour les tillandsias mésiques ou à coupe centrale cultivés dans un terreau à orchidées, vaporisez le feuillage, mais arrosez aussi le terreau, car ces variétés ont habituellement des racines absorbantes.

Attention! Les tillandsias réagissent souvent mal à l’eau du robinet, trop alcaline et minéralisée à leur goût, surtout si vous les arrosez toujours ainsi. Mieux vaut utiliser de l’eau de pluie ou de l’eau de source (en bouteille) au moins une fois par mois. Si vous arrosez par trempage, utilisez un contenant avec un couvercle et scellez-le après utilisation pour conserver le surplus d’eau. Ainsi vous pouvez utiliser la même eau encore et encore.

Engrais

Ces plantes ont peu besoin d’engrais. J’ai lu que le Jardin botanique de Montréal, qui maintient une bonne collection de tillandsias, ne les fertilise pas du tout, par exemple. Si vous tenez à le faire, attendez un an (pour être certain que vous avez appris les rudiments de leur culture), puis ajoutez un peu (pas plus qu’à un quart de la dose recommandée) d’engrais à leur eau avant de les tremper ou de les vaporiser.

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Engrais conçu pour les épiphytes, à base d’azote nitrique et ammoniacal.

Les tillandsias n’ont pas la capacité de d’utiliser l’azote à base d’urée, pourtant le type d’azote le plus utilisé dans les engrais conventionnels. Il faut rechercher un engrais qui comprend de l’azote nitrique ou ammoniacal, comme un engrais pour orchidées.

Humidité

Tous les tillandsias aiment l’air humidifié, surtout pendant les mois d’hiver, car chauffer une maison fait baisser l’humidité relative. Voici des suggestions pour maintenir une bonne humidité ambiante.

Circulation d’air

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La mousse espagnole (Tillandsia usneoides) dépend tellement d’une bonne circulation d’air qu’elle n’est pas facile à cultiver à l’intérieur.

Les tillandsias adorent une bonne ventilation et comptent d’ailleurs dessus pour s’assécher après un arrosage. C’est en partie pour cette raison qu’ils aiment tant passer l’été à l’extérieur (lisez plus loin). Du printemps à l’automne, les placer près d’une fenêtre qui est souvent ouverte aide beaucoup, mais il est difficile d’assurer une bonne aération pendant l’hiver quand les fenêtres sont fermées. Laissez-leur au moins un peu d’espace vital (i.e. ne tassez pas d’autres plantes autour des tillandsias) pour permettre un certain échange d’air.

Température

C’est le moindre des soucis des propriétaires de tillandsia. Toute température entre 10˚C et 30˚C conviendra.

Été à l’extérieur

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Les tillandsias qui passent l’été en plein air sont les plus heureux.

Les tillandsias profitent beaucoup d’un été en plein air. C’est souvent à cette saison qu’ils font toute leur croissance de l’année. On peut les placer à l’ombre au début et les acclimater graduellement à quelques heures de soleil, même le plein soleil pour les variétés à feuillage très argenté. Évidemment, un emplacement où il y a une bonne circulation d’air leur fera le plus grand bien et ils apprécient aussi la pluie qui apporte généralement le peu d’engrais dont ils ont besoin. Le seul entretien serait de les arroser une ou deux fois par semaine (plus dans les régions où l’air est sec) si la pluie manque. Un jet d’eau du tuyau d’arrosage suffira alors amplement.

Culture en terrarium

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Tant qu’à placer un tillandsia dans un globe vitré, trouvez-un un avec deux ouvertures, ce qui permettra au moins un peu d’aération.

La grande popularité actuelle des tillandsias en terrarium (notamment les petits globes vitrés qu’on voit dans toutes les jardineries) est preuve de la grande ténacité des tillandsias à résister aux conditions effroyables, car ils détestent les conditions de terrarium, notamment quand on suit les recommandations du vendeur et qu’on les arrose en les vaporisant sur place.

C’est que, d’un côté, il est difficile de trouver un éclairage adéquat quand on les cultive sous vitre. Si vous les placez près d’une fenêtre, où ils aiment pousser, la chaleur augmente trop dans le contenant et ils cuisent; si vous les en éloigner, la lumière est insuffisante. Idéalement donc vous placerez le terrarium sous un éclairage artificiel (les lampes fluorescentes et DEL conviennent mieux, car ils dégagent peu de chaleur), sinon, une fenêtre à l’est, où du moins le problème de chaleur est moindre.

Aussi, les tillandsias, qui aiment avant tout une bonne circulation d’air, n’en trouvent presque pas dans un globe avec une seule ouverture ou un terrarium avec seulement le haut découvert. Préférez un globe avec deux ouvertures, face à face: à moins l’air y circule! Si votre terrarium est fermé… limitez-vous aux tillandsias mésiques (verts), davantage capables de supporter la forte humidité et la faible circulation d’air qui y règne.

La meilleure façon pour arroser un tillandsia en terrarium est de le sortir de sa niche et de la plonger dans l’eau pendant quelques secondes. Secouez-la… et ne la replacez pas dans le contenant tant que le feuillage n’est pas complètement sec, ce qui prend 3 à 4 heures.

Floraison

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Tillandsia ionantha rougit quand la floraison approche.

Beaucoup de tillandsias changent de couleur quand la floraison approche. Les feuilles centrales rougissent quand ce n’est pas toute la plante. Dans la nature, cette coloration sert à attirer leurs pollinisateurs principaux, les colibris. Certaines espèces produisent une tige florale allongée couverte de bractées roses, jaune ou rouges, à partir du centre de leur rosette, mais les fleurs peuvent sortir directement du centre de la rosette chez d’autres espèces. Les fleurs tubulaires éphémères à trois pétales sont habituellement violettes.

Chaque plante ne fleurit qu’une seule fois, puis meurt. (Elle est monocarpique). Mais avant de mourir, elle produit un à plusieurs rejets (bébés). La «maman» restera en vie assez longtemps, plusieurs mois ou même plus d’une année, nourrissant ses petits, jusqu’à ce que ces derniers soient assez matures pour vivre seuls.

Cela dit, les conditions dans beaucoup de maisons ne sont pas toujours propices à la floraison. La plante peut alors vivre pendant des années, changeant peu, sans qu’aucune floraison ne survienne. Si vous jugez que votre plante est mature et en bonne forme, vous pouvez «forcer» la floraison en la plaçant dans un sac de plastique avec une pomme mûre (source d’éthylène, un gaz toxique) pendant une semaine. (Évitez le plein soleil pendant ce traitement, car la température dans le sac risque de trop monter.) La plante, se sentant menacée par l’air toxique, fleurira un ou deux mois plus tard dans un effort pour se reproduire.

Tillandsia peints

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Si on vous vend un tillandsia peint, demandez un remboursement.

Souvent les vendeurs de tillandsias les vaporisent avec une peinture rouge (ou d’autres couleurs) pour stimuler la vente. Ils prétendent que cela ne nuit pas à la plante. Sous des conditions idéales, c’est peut-être vrai, mais peu de tillandsias vivent sous des conditions idéales dans nos maisons et cette peinture, qui réduit l’absorption de l’eau et du soleil, hâte leur mort.

Multiplication

On multiplie surtout les tillandsias par division des rejets, donc après la floraison (certaines espèces produisent des rejets avant de fleurir, mais alors les rejets grossissent peu tant que la plante n’a pas fleuri). Quand les rejets atteignent environ environ 2/3 de la taille de la plante-mère, vous pouvez les séparer et les utiliser comme si c’étaient des plantes adultes.

Après la floraison, la plante peut produire des graines munies d’un parachute soyeux qui, dans la nature, partent au vent à la manière des semences de pissenlit. Si vous semez ces graines, elles vous donneront de très petits plants… qui auront besoin de beaucoup de dorlotement pour arriver à maturité.


En somme

Est-ce qu’on peut dire que les tillandsias conviennent même à un jardinier paresseux? Bien sûr… si vous avez les bonnes conditions. Après tout, tremper une plante une fois par semaine n’est pas plus difficile que de l’arroser de façon conventionnelle, avec un arrsoir. Mais ce qu’il ne faut pas faire avec un tillandsia aérien, cultivé sans terreau, est de le traiter «comme les autres plantes d’intérieur». Il lui faut toujours des soins très particuliers!20170125a