Ces plantes d’intérieur qui aiment tremper dans l’eau

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Une petite minorité des plantes d’intérieur aime toujours tremper dans l’eau.

Habituellement, il ne faut jamais laisser une plante d’intérieur tremper longtemps dans une soucoupe pleine d’eau. Il faut la vider dans les 15 à 20 minutes qui suivent l’arrosage, sinon les racines de la plante risquent de commencer à pourrir. C’est un conseil qui est généralement des plus valables.

Mais il y a des exceptions, des plantes qui aiment que leur terreau soit toujours non seulement humide, mais détrempé. Et ces plantes préfèreront que leur pot trempe toujours dans une soucoupe d’eau.

Des plantes à tremper

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Larmes de bébé (Soleirolia soleirolii)

La plante appelée larmes de bébé ou larmes d’ange (Soleirolia soleirolii, syn. Helxine soleirolii) est de ce groupe. Beaucoup de jardiniers considèrent cette petite plante rampante aux mini-feuilles rondes difficile à cultiver, car elle meurt habituellement assez rapidement après l’achat. Mais c’est parce que vous l’avez laissée sécher. Changez de tactique et vous aurez beaucoup plus de succès. Arrosez-la abondamment et laissez le pot tremper dans l’eau… toujours! Quand vous voyez que la soucoupe est vide, rajoutez de l’eau. Si vous ajoutez à cet entretien un éclairage moyen ou même assez faible, vos larmes de bébé vivront des années!

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Herbe fibre optique (Isolepis cernua)

C’est la même situation pour l’herbe fibre optique ou scirpe incliné (Isolepis cernua, syn. Scirpus cernuus). Cette petite plante rappelle une graminée et porte, à l’extrémité de ses tiges graminiformes fortement arquées, de petites inflorescences argentées, ce qui lui donne une allure d’un bouquet dense de fibres optiques. Cette plante est, dans la nature, une plante semi-aquatique. Il est impossible de trop l’arroser. Laissez-la dans une soucoupe qui contient toujours de l’eau et offrez-lui un éclairage intense à moyen et elle vivra heureuse et très longtemps!

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Sélaginelle des jardiniers (Selaginella kraussiana)

Contrairement à l’herbe fibre optique, les diverses sélaginelles (Selaginella spp.), comme la sélaginelle des jardiniers (S. kraussiana), souvent utilisées comme «mousses vivantes» dans les terrariums, ne sont pas semi-aquatiques, mais aiment quand même que leur terreau soit toujours humide. Comme leurs racines sont très courtes, souvent elles commencent à souffrir même quand le terreau dans le pot est encore un peu humide, car la strate supérieure, où leurs racines sont concentrées, sèche avant le terreau au fond du pot. Le truc, donc, est de toujours laisser de l’eau dans leur soucoupe, ainsi cette eau montera à leurs racines par capillarité. Offrez-leur un éclairage modeste, une forte humidité (elles détestent l’air sec!) et cet arrosage constant et vous verrez vos sélaginelles vraiment profiter!

Encore plus d’eau

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Papyrus d’appartement (Cyperus alternifolius)

Une soucoupe pleine d’eau ne suffit pas toujours au papyrus d’appartement ou plante ombrelle (Cyperus alternifolius).

Cette plante semi-aquatique est un humidificateur naturel, buvant de l’eau comme un trou, puis libérant la majorité de cette eau à l’air, au grand bénéfice des autres plantes dans les environs. Malheureusement pour le papyrus, cette grande générosité avec l’eau fait vider rapidement sa soucoupe et ainsi la plante se trouve dans un état de détresse. Pour la contenter, utilisez soit une très large soucoupe et remplissez-la d’eau jusqu’au bord ou, plus facilement encore, un gros cache-pot, au moins 10 cm plus large que le pot de culture.

Remplissez le cache-pot d’eau jusqu’au niveau de la motte de racines ou même inondez la motte d’eau sur jusqu’à 5 cm. Oui, les racines peuvent rester sous l’eau en permanence sans que cela nuise le moindrement à la santé du papyrus. Chaque fois que le niveau d’eau baisse de façon importante, rajoutez-en.

Ajoutez à cette inondation constante un bon éclairage et vous n’aurez jamais vu un papyrus d’intérieur aussi heureux!


Et voilà! Quelques plantes qui préfèrent toujours tremper dans l’eau: le choix parfait pour les «arroseux», ces gens qui ne peuvent pas s’empêcher d’arroser encore et encore.023.K

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La fougère givrée: mystérieuse plante du temps des Fêtes

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La sélaginelle ‘Frosty’ est souvent vendue avec des décorations des Fêtes pour stimuler la vente.

Parmi les plantes vendues pendant le temps des Fêtes, la soi-disant «fougère givrée» est certainement la plus mystérieuse, car on trouve si peu d’information à son sujet. D’ailleurs, la plupart des marchands ne savent même pas comment l’appeler!

En fait, cette plante n’est pas une fougère du tout, mais une sélaginelle, spécifiquement Selaginella martensii ‘Frosty’. Souvent on le vend sous le nom de S. kraussiana ‘Frosty Fern’, mais en fait S. kraussiana est une plante nettement rampante, rarement plus de 5 cm de haut, et forme un tapis rampant, alors que notre espèce, S. martensii, est plus dressée (il peut même atteindre jusqu’à 30 cm de hauteur sous de très bonnes conditions, mais une hauteur de 15 à 20 cm est plus courante) et pousse plutôt en touffe.

Une famille très ancienne

Les sélaginelles sont des «plantes primitives»: sans fleur, elles produisent des spores plutôt que graines. Leur famille, les Sélaginellacées, a évolué il y a plus de 400 millions d’années et est considérée plus étroitement apparentée aux lycopodes qu’aux fougères. On remarque aussi une nette ressemblance avec les mousses (bryophytes), leurs ancêtres.

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Notez les racines aériennes en forme d’échasse.

Les tiges de la sélaginelle ‘Frosty’, d’abord dressées, puis arquées à l’extrémité, se ramifient pour former un éventail aplati et sont couvertes de petites feuilles rappelant des écailles, ce qui donne une nette ressemblance avec une branche de thuya (Thuja). Curieusement, elle produit à l’occasion de longues racines aériennes qui descendent des tiges comme autant d’échasses.

Le nom « Frosty » (givré) vient de la coloration des feuilles à l’extrémité des tiges. Blanches au début, elles contrastent avec la coloration vert foncé des feuilles plus matures, ce qui donne effectivement une allure givrée à la plante.

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S. martensii ‘Variegata’ offre une panachure mois égale et qui n’est pas limitée à l’extrémité des tiges.

S. martensii ‘Frosty’ diffère d’une autre sélaginelle panachée, S. martensii ‘Variegata’ (‘Albomarginata’), en ce qui sa panachure se limite à l’extrémité des tiges. La panachure de ‘Variegata’ est plus irrégulière (seulement certaines tiges sont touchées), mais couvre une plus grande surface des tiges atteintes. Quant à S. martensii ‘Jori’, il est très similaire à ‘Frosty’, mais les feuilles à l’extrémité de ses tiges sont jaunes plutôt que blanches.

Une forte humidité en tout temps

Même si on voit couramment la sélaginelle ‘Frosty’ en jardinerie, elle n’est pas nécessairement de culture très facile. Elle réussit bien dans la serre de vente à cause de la forte humidité qui y règne, mais à la maison, la plante tend à dépérir assez rapidement. Sans une très forte humidité, de l’ordre de 70%, la sélaginelle ‘Frosty’ meurt peu à peu, s’asséchant à partir des extrémités.

Il faut donc toujours cultiver cette plante au-dessus d’un plateau humidifiant ou dans un terrarium ouvert ou fermé. Ou la serrer dans un sac de plastique transparent l’hiver. Elle réussit aussi très bien en serre humide. Et non, la brumiser quotidiennement n’aidera pas, pas plus que faire fonctionner un humidificateur domestique, car plupart des humidificateurs ne produisent pas assez d’humidité pour la contenter cette plante fort avide d’air presque saturé en eau, originaire des jungles moites du Mexique.

Une fois que le problème d’humidité est réglé…

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Selaginella martensii ‘Frosty’. Photo: Pick Ontario

Quand vous rencontrez ses exigences pour une forte humidité atmosphérique, la sélaginelle ‘Frosty’ est beaucoup plus accommodante.

Côté éclairage, par exemple, elle se contente d’un éclairage moyen ou même faible. Aucun soleil direct n’est nécessaire ni même souhaitable, bien que les jardiniers des régions nordiques ne doivent pas craindre de l’exposer au soleil direct l’hiver, tellement le soleil est faible à cette saison dans leur région.

Le terreau doit demeurer humide en tout temps. Il peut alors être nécessaire d’arroser plus d’une fois par semaine si la plante est exposée à l’air libre, soit dès que le terreau paraît le moindrement sec au toucher. Les plantes cultivées à l’étouffé (en terrarium fermé ou dans un sac de plastique) peuvent par contre passer des mois sans arrosage.

Il ne faut pas vous inquiéter si votre sélaginelle ‘Frosty’ perd sa coloration givrée l’été. Il le fait quand les températures diurnes sont trop chaudes (plus de 21˚C). Son givrage reviendra quand les températures baissent à l’automne.

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Les tiges rappellent celles d’un thuya.

Attention lors de la fertilisation: les engrais trop riches en azote (le 1er chiffre) peuvent aussi la faire verdir. La solution la plus facile est alors de la fertiliser très rarement. D’ailleurs, la plante a besoin de très peu d’engrais: une ou deux applications annuelles d’un engrais très dilué lui suffiront amplement.

Une petite mise en garde supplémentaire: il y a risque que cette sélaginelle devienne envahissante si vous la plantez à l’extérieur dans un climat tropical humide (zone de rusticité 10 et plus).

Enfin, la sélaginelle souffre rarement de problèmes d’insecte ou de maladie. Et ne craignez pas pour vos enfants, votre  cabot ou votre minou: la sélaginelle ‘Frosty’ n’est pas toxique.

Multiplication

La multiplication de la sélaginelle ‘Frosty’ par bouture de tige est facile et rapide: il suffit de presser une section de tige contre un terreau humide et de maintenir une forte humidité ambiante en couvrant le contenant d’un dôme ou d’un sac transparent (culture à l’étouffée).


Voilà: un portrait plus complet d’une plante de Noël largement disponible, mais si peu connue. J’espère maintenant que vous saurez bien la réussir!20161214c.jpeg