15 plantes d’intérieur pas si passe-partout

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Ce pauvre lis de la paix (Spathiphyllum) montre des signes d’un manque d’eau chronique… un bon exemple d’une plante pas si passe-partout. Source: www.gardeningknowhow.com

En préparant l’article d’hier, 15 plantes d’intérieur passe-partout, j’ai bien sûr jeté un coup d’œil sur d’autres sites Web pour voir leurs suggestions. (Non, ce n’est pas du plagiat! C’est ce qu’on appelle «faire de la recherche»!) Mais j’étais étonné par certaines de leurs suggestions.

Après tout, le but était de montrer des plantes d’intérieur particulièrement faciles à cultiver, des plantes qu’on pourrait notamment recommander aux jardiniers novices. Mais j’ai vu sur leurs listes plusieurs plantes que je n’aurais jamais pensé inclure parmi les plantes faciles à cultiver, des plantes qui ont des défauts qui font que leur durée de vie est plutôt limitée à moins de prendre des précautions spéciales. Vraiment pas des plantes passe-partout!

Pourquoi ces plantes dépérissent-elles?

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Aloès médicinal (Aloe vera) sérieusement étiolé par un éclairage insuffisant. Source: jardinierparesseux.com

Parfois, le problème est tout simplement que la plante nécessite un éclairage intense. Je ne pourrais jamais recommander un tel végétal comme plante d’intérieur facile à cultiver, car mon expérience est que les humains sous-estiment presque toujours les besoins en lumière des plantes d’intérieur. Nous semblons toujours penser que notre demeure est superbement éclairée, alors que c’est rarement le cas.

L’habitation moyenne est plutôt l’équivalent d’une caverne: pas plus que moyennement éclairée près de l’entrée (la fenêtre) et très peu éclairée en retrait de cette ouverture. (Faites le test du journal pour avoir une meilleure idée de l’éclairage chez vous… et préparez-vous à être découragé!)

Dans d’autres cas, les plantes recommandées sont trop sujettes aux dommages causés par l’air sec, trop susceptibles aux insectes ou maladies, naturellement de courte vie ou ont des exigences particulières qui vont au-delà d’un arrosage régulier et qui compliquent alors leur entretien.

Plantes d’intérieur pas passe-partout

Voici alors 15 plantes d’intérieur qui ne sont pas nécessairement difficiles à cultiver pour un jardinier qui a de l’expérience, mais que, pour les raisons expliquées, je n’aurais jamais mises sur une liste de plantes d’intérieur de culture facile.

  1. Broméliacées (Aechmea, Guzmania, Tillandsia, Vriesea, etc.)
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Ces broméliacées sont superbes, mais leur dépérissement après la floraison peut être traumatisant pour le jardinier! Source: www.orchardnursery.com

Ces plantes sont tout à fait charmantes et peuvent durer des mois dans une maison typique. Mais habituellement, elles sont vendues en fleurs… et elles meurent après la floraison! D’accord, avant de mourir, la plante produit, à de rares exceptions près, au moins un «bébé» qui fleurira à son tour — dans quelques années —, mais comprendre ce détail est beaucoup demander à un jardinier novice. Il risque plutôt de se décourager quand il verra la plante mère se dégrader peu à peu.

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Fille de l’air (Tillandsia): un entretien unique à apprendre. Source: cdn.shopify.com

Quant aux filles de l’air ou Tillandsia, qui sont rarement vendus en fleurs, le fait qu’il faille les arroser en les plongeant dans l’eau ou en les vaporisant les met dans une catégorie à part, pas dans le groupe des «plantes pour débutants».

  1. Cactées et succulentes
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Les cactées et succulentes ne sont de culture facile que si vous disposez d’un emplacement abondamment éclairé. Source: thesucculentsource.com

Il y a des centaines de plantes d’intérieur dans cette catégorie et elles ne sont pas difficiles à cultiver… si vous avez beaucoup de lumière. En effet, la plupart préfèrent même le plein soleil! Tristement, nos demeures sont beaucoup plus ombragées que la plupart des gens ne se l’imaginent. Le résultat est que je vois dans les demeures beaucoup de cactées et succulentes étiolées, affaiblies et mourantes, peut-être encore en vie, mais à peine.

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Cactus (Opuntia) sérieusement étolié à cause d’un manque de lumière. Source: pistilsnursery.com

Parmi les succulentes qui tolèrent un peu d’ombre et qui conviennent alors mieux aux débutants, il y a les aloès (Aloe spp. dont A. vera), les haworthias (Haworthia spp.), les gastérias (Gasteria spp.), la plupart des euphorbes (Euphorbia spp.) et la plante jade (Crassula ovata)… mais il leur faut quand même un emplacement qui reçoive au moins 5 heures de lumière indirecte par jour, donc un emplacement très près d’une fenêtre.

Aussi, beaucoup de jardiniers débutants perdent leurs succulentes l’hiver à la suite d’un arrosage trop généreux, n’ayant pas encore compris que, quand vous cultivez des succulentes, il est très important de bien laisser le terreau s’assécher avant d’arroser de nouveau. Doublement quand la lumière manque, comme c’est le cas l’hiver. Souvent, à cause des jours courts et des températures plus fraîches, ces plantes ont seulement besoin d’un arrosage par mois en plein hiver, alors que la tendance des jardiniers novices est de vouloir arroser leurs plantes régulièrement. Oups!

  1. Calathéa (Calathea spp.)
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Les calathéas (ici Calathea zebrina) ne réussissent bien à long terme que dans les emplacements où l’air est toujours humide. Source: http://www.planten-kopen.com

Un bel exemple d’une plante qui «tient bien» pendant plusieurs mois, surtout quand on l’achète au printemps ou à l’été, mais qui finit par dépérir l’hiver. Il ne tolère pas l’air sec et le manque de lumière communs à cette saison.

  1. Caoutchouc (Ficus elastica)
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Il faut au caoutchouc (Ficus elastica ‘Burgundy’) un emplacement bien éclairé. Source: www.homedepot.com

Je ne comprends pas pourquoi les jardineries continuent d’insister pour dire que le caoutchouc tolère l’ombre alors qu’il exige, bien au contraire, beaucoup de lumière et même, dans le Nord, le plein soleil, mais c’est bien le cas. D’accord, il peut sembler tenir le coup pendant six mois ou plus, mais alors il vit sur ses réserves d’énergie. Une fois qu’il les a épuisées, c’est la dégringolade et ses feuilles commencent à chuter l’une après l’autre jusqu’à ce que mort s’ensuive.

  1. Croton (Codiaeum variegatum)
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L’état typique d’un croton (Codiaeum variegatum) après deux ou trois mois dans une maison. Source: garden.org

C’est presque scandaleux de recommander le croton aux débutants alors que cette plante a une réputation terrible chez les jardiniers pour sa capacité à mourir rapidement dans la maison. Le problème est qu’il tolère mal les changements, perdant prestement ses feuilles quand l’intensité lumineuse change. Il y a moyen de l’acclimater si vous avez de la patience, mais ce n’est guère une plante à conseiller aux débutants! Honte à ceux qui le font!

  1. Figuier pleureur (Ficus benjamina)
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Figuier pleureur (Ficus benjamina) en état de choc. Il faut bien acclimater cette plante si vous voulez la dompter. Source: goodtogrow.files.wordpress.com

D’accord, cette plante peut tolérer l’ombre et l’air sec de nos demeures et peut même vivre des décennies sous ces conditions, mais, comme pour le croton, seulement si vous l’acclimatez bien auparavant. Sinon, ses feuilles commencent à chuter presque aussitôt que vous le rapportez à la maison. Lisez Pourquoi un figuier pleureur perd ses feuilles pour savoir comment réussir son acclimatation.

  1. Fougère de Boston (Nephrolepis exaltata cvs)
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Il faut plus de lumière que vous ne le pensez pour maintenir une fougère de Boston (Nephrolepis exaltata) en bon état. Source: www.amazon.com

Cette fougère tolère mieux l’air sec que la plupart des autres fougères, ce qui est bien, mais est moins tolérante de l’ombre. Il faut un emplacement assez ensoleillé pour bien la réussir. Aussi, elle préfère un hiver au frais alors que, de nos jours, nous chauffons aux températures estivales toute l’année. Le résultat est qu’elle dépérit peu à peu dans la plupart des demeures.

  1. Lierre anglais (Hedera helix)
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Le lierre anglais (Hedera helix) n’est pas difficile à cultiver… si vous pouvez éloigner les araignées rouges! Source: www.amazon.com

D’accord, sa culture est facile… jusqu’à ce que l’automne arrive. Lorsque l’air devient plus sec, les tétranyques (araignées rouges) s’y installent et il dépérit alors rapidement.

  1. Lis de la paix (Spathiphyllum)
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Quand on achète un lis de la paix (Spathiphyllum), il est typiquement cultivé dans un pot si petit qu’il faut l’arroser au moins deux fois par semaine. Le rempoter dans un pot plus grand vous donnera du répit. Source: amazon.com

Assez facile en général, mais il fane très rapidement quand il manque d’eau et diminue en beauté à chaque fois qu’il s’assèche. Souvent, il faut l’arroser plus d’une fois par semaine! Si vous avez tendance à oublier d’arroser, ce n’est assurément pas un bon choix!

  1. Palmier d’Arec (Dypsis lutescens, syn. Chrysalidocarpus lutescens)
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Si vous voulez inviter des araignées rouges dans votre demeure, procurez-vous un palmier d’Arec (Dypsis lutescens)! Source: http://www.ikea.com

Comme dans le cas du lierre anglais, sa susceptibilité aux araignées rouges rend sa culture difficile et même décourageante. On ne semble jamais être capable de s’en débarrasser! D’ailleurs, la plupart des palmiers ont un problème avec des infestations réputées d’araignées rouges et sont rarement de bons choix pour les débutants.

  1. Pépéromia (Peperomia spp.)
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Plusieurs pépéromias (ici Peperomia caperata ‘Emerald Ripple’) sont sujets à la pourriture à moins que vous ne les arrosiez avec beaucoup de précaution. Source: Lazaregagnidze, Wikimedia Commons

Il y a trop d’espèces (plus de 1500!) pour faire plus qu’un commentaire généralisé, mais plusieurs des variétés disponibles dans le commerce sont sujettes à la pourriture si on les arrose trop. Typiquement, ils poussent bien au début et l’on est très content des résultats, puis ils meurent subitement. Quel choc alors!

  1. Plante prieuse (Maranta leuconeura)
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La plante prieuse (Maranta leuconeura erythroneura) tend à dépérir l’hiver sous l’effet de l’air sec de nos maisons. Source: carlosbato-arte.blogspot.com

Encore une plante qui donne des résultats encourageants au début, mais qui tolère mal l’air sec l’hiver. Inévitablement, c’est le dépérissement et la déception qui s’ensuivent.

  1. Sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla)
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Quand on entasse autant de plantes dans un même pot, comme on fait typiquement avec le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla), cela cause un stress souvent fatal  Source: amazon.com

Rares sont les sapins de Norfolk qui survivent plus de quelques mois dans une maison normale. Leur besoin d’air frais et humide, alors que nos maisons sont chaudes et sèches l’hiver, finit par en avoir raison. Aussi, les producteurs entassent généralement trop de jeunes plants dans le même pot pour que l’effet soit plus attrayant, mais cette promiscuité nuit à leur survie. Sous de bonnes conditions, un sapin de Norfolk peut vivre des décennies (voici comment faire), mais je ne pourrais pas l’offrir légitimement à un jardinier sans expérience.

  1. Schefflera (Schefflera actinophylla, syn. Brassaia actinophylla)
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Le schefflera (Schefflera actinophylla) est attrayant, mais sujet aux araignées rouges. www.homedepot.com

Il s’agit du grand schefflera, celui aux imposantes feuilles luisantes, pas du schefflera miniature (S. arboricola), beaucoup plus commode. Encore une plante dont la susceptibilité aux araignées rouges fait qu’elle est difficile à garder en bon état très longtemps.

  1. Yucca géant (Yucca gigantea, syn. Y. elephantipes et Y. guatemalensis)
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Le yucca géant (Yucca gigantea) peut vivre plusieurs années, mais sans un éclairage intense, il le fait en dépérissant peu à peu. Source: http://www.waitrosegarden.com

Généralement vendu sous la forme d’un petit arbre au tronc brun dont l’extrémité a été coupée et qui porte de deux à quatre touffes de feuilles lancéolées, c’est une plante superbe… qui ne cesse de se dégrader avec le temps, faute de lumière intense. Il peut parfois vivre deux ou trois ans dans une demeure typique, mais il devient de plus en plus étiolé et de moins en moins beau avec le temps, et le nombre de feuilles diminue plutôt que d’augmenter, de quoi décourager son propriétaire. Pour les emplacements très ensoleillés seulement!


Et voilà! 15 plantes peut-être intéressantes pour les jardiniers qui ont de l’expérience, mais à ne pas offrir à un débutant… et qui ne sont assurément pas, malgré les prétentions de certains, des «plantes d’intérieur passe-partout»!20180127A Spathiphylium www.gardeningknowhow.com.jpg

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Les plantes de Noël autour du monde

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Il y a différentes plantes associées à Noël à travers le monde. Source: jardinierparesseux.com

Je pense que je peux dire sans me tromper que la plante de Noël la plus populaire en Amérique du Nord est le poinsettia (Euphorbia pulcherrima): les magasins en regorgent à cette saison! Mais d’autres plantes aussi sont populaires: le cactus de Noël (Schlumbergera spp.), le kalanchoé de Noël (Kalanchoe blossfeldiana), l’amaryllis (Hippeastrum spp.), le piment de Noël (Capsicum annuum), le cerisier de Jérusalem (Solanum pseudocapsicum), la fougère givrée (Selaginella martensii ‘Frosty’), le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla) et, bien sûr, le sapin de Noël (Abies balsamea et autres). Depuis quelques années, le thé des bois, aussi appelé gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens), s’est ajouté à la liste.

Mais les plantes de Noël diffèrent autour du monde. Jetons un coup d’œil sur ce qu’il se passe ailleurs.

Nouvelle-Angleterre

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Polystichum acrostichoides. Source: Krzysztof Ziarnek, Kenraiz

En plus des plantes précitées, j’ajouterais à la liste des plantes de Noël le polystic faux-acrostic (Polystichum acrostichoides), qu’on appelle aux États-Unis «Christmas fern» (fougère de Noël), car ses frondes sont persistantes et peuvent servir dans la fabrication de guirlandes et de couronnes. La même fougère pousse aussi au Québec, mais nous ne semblons pas l’utiliser comme décoration de Noël.

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Ilex verticillata Berry Poppins®. Source: Proven Winners.

Les branches de houx verticillé (Ilex verticillata), à feuilles caduques, donc sans feuilles à Noël mais chargées de baies rouges, sont fort appréciées dans les arrangements de Noël dans cette région. Encore une fois, cette plante pousse également chez nous et les branches sont parfois vendues dans les boutiques des fleuristes, mais elles ne semblent pas spécialement associées au temps des Fêtes au Québec.

En Europe

En général, les plantes présentées dans le premier paragraphe (poinsettias, cactus de Noël, kalanchoé de Noël, etc.)  sont populaires en Europe aussi, bien que le poinsettia, qu’on appelle étoile de Noël en France, ne domine pas le paysage à Noël comme il le fait de l’autre côté de l’Atlantique. Mais il y a d’autres plantes associées avec Noël (et le jour de l’An) qui sont plus propres à l’Europe.

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Ilex aquifolium. Source: AnemoneProjectors, Wikimedia Commons

Par exemple, le houx (Ilex aquifolium), un symbole de Noël très important, est un arbuste ou même un grand arbre aux feuilles persistantes dentées et aux fruits rouges qu’on cultive dans bien des jardins de l’Ancien Monde.

Nous le connaissons au Québec, mais surtout sous la forme de cartes de Noël et de guirlandes de plastique, car les houx à feuillage persistant sont rarement assez rustiques pour notre climat et ceux qui le sont sont de petits arbustes frileux généralement emballés de géotextile à Noël et donc inaccessibles.

En Europe, par contre, les branches de houx sont utilisées abondamment à Noël. On les fixe aux portes et aux fenêtres des maisons. Aujourd’hui, on prétend que c’est en guise d’invitation, mais en fait, cette tradition relève d’une vieille croyance selon laquelle ces branches empêchaient les mauvais esprits d’entrer.

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Bouquet de gui suspendu. Source: mistletoematters.wordpress.com

La tradition d’utiliser du gui (Viscum album) — avec ses petits fruits ronds blancs translucides — comme décoration du jour de l’An est encore très répandue sur le Vieux Continent et date d’ailleurs de l’époque des druides, mais peine à survivre en Amérique. C’est que le gui, une plante parasite qui vit aux dépens de son arbre hôte, ne pousse pas dans le nord-est du continent nord-américain, et qu’on ne peut même plus obtenir des branches de gui fraîches. Il y a quand même des guis nord-américains similaires, notamment dans le genre Phoradendron, qui sont présents dans le sud et l’ouest de l’Amérique du Nord, mais la tradition de s’embrasser sous le gui se perd néanmoins en Amérique alors qu’elle est plus tenace en Europe.

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Couronne d’Hedera helix. Source: bcinvasives.ca

Le lierre européen ou lierre anglais (Hedera hélix) est la guirlande traditionnelle des Fêtes en Europe. On en décore copieusement les maisons à Noël… et pourquoi pas, puisque cette grimpante à feuillage persistant pousse abondamment partout! Cette tradition ne semble jamais s’être établie en Amérique du Nord, sans doute parce que le lierre n’y est pas indigène, mais qu’il y existe surtout comme plante d’intérieur, plus rarement comme grimpante ou couvre-sol en plein air, et est donc de distribution beaucoup plus limitée.

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Rose de Noël (Helleborus niger). Source: 4028mdk09, Wikimedia Commons

La rose de Noël (Helleborus niger), qui n’est pas du tout un rosier (Rosa sp.), mais plutôt une plante vivace, est la plante de Noël dans le sud-est de l’Europe, là où l’Église orthodoxe domine. Leur Noël a lieu au milieu de janvier quand cette vivace est en fleurs: c’est la première fleur de l’année, d’ailleurs. On l’utilise surtout en plate-bande, mais il s’en vend aussi des potées fleuries dans les jardineries. Ailleurs, cette plante fleurit trop tard pour être une plante de Noël: à Pâques ou même en mai au Québec!

En Europe, le «sapin de Noël» est souvent un épicéa (épinette) ou un pin, voire un genévrier ou un autre conifère, selon ce qui est disponible localement.

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Bûche de Noël. Source: maeclair.net

Dans beaucoup de régions d’Europe, la tradition de la bûche de Noël demeure profondément ancrée. Les Québécois seront surpris d’apprendre qu’il s’agit d’une véritable bûche, une grosse, qu’on allume en soirée la veille de Noël et qui brûle pendant tout la nuit et jusqu’au soir de Noël le lendemain. Au Québec — on ne sait pas trop comment —, la bûche est devenue un… gâteau!

Dans les Balkans, on appelle la bûche de Noël «badnjak» (ou «budnik», selon la langue locale) et c’est toujours un chêne (Quercus), symbole de longévité. Ceux qui n’ont pas de foyer où brûler une bûche vont souvent décorer leur appartement avec des brindilles de chêne.

Grèce et Moyen-Orient

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Couronne décorée de grenades (Punica granatum). Source: http://www.clubbotanic.com

La principale plante de Noël dans cette région est la grenade (Punica granatum), qui mûrit justement à cette saison. On en décore portes, foyers, tables, etc., autant avec le vrai fruit rouge qu’avec des grenades artificielles.

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Fragon faux houx (Ruscus aculeatus). Source: Dominicus Johannes Bergsma, Wikimedia Commons

D’autres plantes souvent utilisées dans les décorations sont le fragon faux houx (Ruscus aculeatus) et le buisson ardent (Pyracantha spp.), les deux au feuillage persistant vert et aux baies rouges. D’ailleurs, ces deux plantes sont utilisées de cette façon un peu partout dans le sud de l’Europe.

En Israël, on offre des branches d’olivier (Olea europaea) à Noël aux amis en symbole de paix.

Mexique

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Poinsettias en vente au Mexique dans un marché à Noël. Source: casita-colibri.blog

Le poinsettia (Euphorbia pulcherrima) est originaire du Mexique et est populaire dans ce pays, où on l’appelle «flor de Nochebuena» (fleur de la nuit sainte). On décore aussi avec le fragon faux houx et le buisson ardent, comme dans le sud de l’Europe, ainsi qu’avec des plantes locales qui sont attrayantes à Noël.

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Punch de Noël mexicain avec fruits de manzanita (Crataegus mexicana). Source: www.goya.com

La manzanita, aussi appelée tejocote ou manzanilla (Crataegus mexicana), une aubépine à gros fruits, est autre plante traditionnellement utilisée comme décoration de Noël dans bien des régions d’Amérique centrale. On enfile les fruits orange sur un fil comme guirlande et l’on s’en sert aussi pour produire le punch de Noël.

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Noche de Los Rábanos. Source: AlejandroLinaresGarcia, Wikimedia Commons

L’une des traditions les plus curieuses est cependant la Nuit des radis (Noche de Los Rábanos), fêtée dans la région d’Oaxaca, où l’on sculpte des radis et prépare des montages de radis pour le 23 décembre.

Amérique du Sud

De l’autre côté de l’Équateur, il y a une complication: les plantes fleurissent à la saison opposée à celle de l’hémisphère Nord, donc nos plantes de Noël fleurissent en général… six mois trop tard! Ainsi, le poinsettia est appelé «fleur de Pâques» (flor de pascua) dans bien des pays d’Amérique du Sud, car il fleurit à cette saison alors que notre cactus de Noël (Schlumbergera) est appelé «flor de Maio» (fleur de mai) dans son pays d’origine, le Brésil. En contrepartie, c’est notre cactus de Pâques (Hatiora gaertneri, anc. Rhipsalidopsis gaertneri) qui devient le «cactus de Navidad» (cactus de Noël) en Amérique du Sud. C’est littéralement le monde à l’envers!

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Faux-poivrier (Schinus terebinthifolius). Source:Javier Alejandro, flickr

À la place de «nos» fleurs de Noël, les Sud-Américains ont tendance à utiliser comme plantes des Fêtes des plantes indigènes qui fleurissent ou qui fructifient à la fin de décembre. Des branches de faux-poivrier (Schinus terebinthifolius et S. molle), connu dans le nord pour le poivre rose qu’il produit, sont par exemple utilisés pour décorer les églises et les maisons dans le temps des Fêtes, car elles sont remplies de petites baies rouges à cette saison.

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Orchidée de Noël vénézuélienne (Cattleya percivaliana), QuazDelaCruz,

Au Venezuela, c’est une orchidée qui annonce Noël: Cattleya perciviliana. Ailleurs en Amérique du Sud, c’est plutôt Angraecum sesquipedale, originaire de Madagascar, mais populaire dans plusieurs pays, qu’on appelle «orquídea de navidad» (orchidée de Noël) ou «estrella de Belén» (étoile de Bethléem) pour ses grosses fleurs étoilées blanches qui s’épanouissent à cette saison. Dans certaines régions d’Amérique du Sud, d’autres plantes à fleurs étoilées blanches qui fleurissent à la bonne saison portent le nom «estrella de Bélen», par exemple un bulbe appelé Ornithogalum umbellatum.

Au Paraguay, on décore la maison et les crèches de «flores de coco», soit les longues inflorescences parfumées d’un palmier, le coyol (Acrocomia aculeata), une tradition préchrétienne qui vient du peuple guarani indigène.

Asie

En général, le concept de Noël est relativement récent sur ce continent et c’est surtout une fête commerciale d’inspiration américaine. Il n’y a pas de plantes vraiment traditionnelles associées avec cette célébration, du moins, pas de longue date. La plupart des plantes de Noël sont donc des introductions récentes, généralement les mêmes plantes de Noël qu’on voit en Amérique du Nord (poinsettias, cactus de Noël, etc.). On voit, par exemple, des sapins de Noël dans les centres commerciaux, rarement chez les gens, et habituellement ils sont artificiels.

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Bambou céleste (Nandina domestica). Source: http://www.mailordertrees.co.uk

La population chrétienne au Japon est plus solidement établie que dans la plupart des pays asiatiques et a adopté la tradition du sapin de Noël, habituellement un véritable sapin ou un épicéa (épinette). Le bambou céleste, Nandina domestica, qui n’est pas un bambou du tout, mais un arbuste, décore les jardins à cette saison avec ses fruits écarlates et ses feuilles rouges. Le chrysanthème (Chrysanthemum morifolium), populaire en toute saison au Japon, l’est particulièrement à Noël aussi.

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Pomme imprimée portant un souhait de paix. Source: gbtimes.com

En Chine, on donne souvent une pomme emballée de papier de couleur ou avec une image imprimée sur son épiderme la veille de Noël, car le mot mandarin pour «veille de Noël», soit «nuit de paix» (Ping’an Ye), ressemble au mot pomme (píngguǒ).

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Palmier de Noël (Adonidia merrillii). Source: palmpedia.net

Dans les régions tropicales d’Asie, il y a le palmier de Noël (Adonidia merrillii), mieux connu sous son ancien nom, Veitchia merrillii, qui fait office de symbole de Noël. Avec son tronc trapu et ses frondes relativement courtes, il ressemble à un palmier royal nain… et il se décore de fruits rouges à Noël. Originaire des Philippines et de la Malaisie, ce palmier est maintenant cultivé un peu partout dans les tropiques, pas seulement en Asie.

Enfin, en Inde, le cyprès de Monterey doré (Cupressus macrocarpa ‘Goldcrest’) commence à se populariser comme sapin de Noël, mais autrement, cette fête est peu célébrée dans ce pays.

Afrique

Les traditions des plantes de Noël sont davantage établies dans le sud de l’Afrique que dans le centre et le nord, apportées dans cette région par les Européens qui s’y sont établis (notamment les Néerlandais et les Anglais).

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La « fleur de Noël » en Afrique du Sud est l’hortensia (Hydrangea macrophylla). Source: pxhere

Encore, les saisons étant inversées, leur choix de plantes de Noël est fort différent de celui des Européens et des Nord-Américains. Notamment, l’hortensia (Hydrangea macrophylla), bien connu dans l’hémisphère Nord pour sa floraison estivale, s’y appelle «Christmas flower» (fleur de Noël) et est probablement la plante de Noël la plus populaire! Par contre, on y trouvera quand même aussi des potées de poinsettias, les pépiniéristes locaux ayant réussi à les faire fleurir pour Noël en couvrant les serres de production de toiles noires à partir de 18 h pour assurer les jours courts nécessaires à l’initiation de leur floraison.

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Christmas bells (Sandersonia aurantiaca), une plante à bulbe. Source: http://www.alanjolliffe.com

Différentes plantes indigènes servent aussi de fleurs de Noël, notamment le «Christmas bush» (Pavetta spp.), les «Christmas bells» (Sandersonia aurantiaca) et le «Christmas berry» (Chironia baccifera) et aussi plusieurs plantes australiennes, car le climat des deux régions est similaire (lisez plus loin pour quelques exemples). Les Africains fêtent aussi Noël avec beaucoup de plantes qui sont pour nous des fleurs estivales, comme les marguerites, les roses et les zinnias.

Le sapin de Noël est bien populaire en Afrique du Sud, mais on utilise plutôt à cette fin des conifères adaptés aux conditions locales, comme le cyprès (Cupressus spp., notamment C. macrocarpa), le cryptoméria du Japon (Cryptomeria japonica) et divers pins (Pinus spp.).

Australie

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Sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Source: AlfredSin, flickr

En Australie, le «sapin» de Noël traditionnel est le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Si, dans l’hémisphère Nord, on l’utilise surtout comme plante d’intérieur et qu’il y dépasse rarement 1,5 m de hauteur, dans son Australie natale, il peut éventuellement atteindre jusqu’à 65 m de hauteur, soit l’équivalant de 20 étages! On utilise aussi d’autres conifères venant d’autres parties du monde comme arbres de Noël, notamment différents pins.

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Australian Christmas tree (Nuytsia floribunda). Source: JarrahTree, Wikimedia Commons

Et les Australiens ont leur propre «Australian Christmas tree» (arbre de Noël australien), Nuytsia floribunda, mais il ne s’agit pas d’un conifère, mais plutôt d’un feuillu. D’ailleurs, c’est un arbre parasite (ou plutôt hémiparasite, puisqu’il fait de la photosynthèse) qui soutire la majeure partie de son eau et de ses minéraux des plantes avoisinantes! Il produit des épis mousseux de fleurs jaune orange dans le temps des Fêtes.

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L’un des arbustes de Noël australiens (Ceratopetalum gummiferum). Source: gdaymateowyagoin, flickr

Aussi, chaque État australien semble avoir son propre «Christmas bush» (arbuste de Noël), toujours un arbuste indigène qui produit des masses de fleurs ou de fruits colorés à la bonne saison, dont Correa spp., Chromolaena odorata, Ceratopetalum gummiferum et Prosanthera laisanthos. Et plusieurs bulbes qui fleurissent à Noël sont populaires, notamment divers Blandfordia, qui portent le nom de «Christmas bells». Et l’Australie a aussi sa propre orchidée de Noël: Calanthe triplicata, une espèce indigène.

Nouvelle-Zélande

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Le New Zealand Christmas tree (Meterosideros excelsa). Source: Ed323, Wikimedia Commons

Parlez d’arbre de Noël à un Néozélandais et il pensera non pas à un conifère, mais au Meterosideros excelsa, un arbre feuillu au port arrondi, qui se couvre de fleurs plumeuses rouges à Noël. On l’appelle «New Zealand Christmas Tree» ou «pōhutukawa». Et l’alstroemère perroquet (Alstroemeria psittacina), un bulbe introduit qui produit des fleurs tubulaires rouges à pointe verte, est couramment cultivé sous le nom de «New Zealand Christmas Bells» (cloches de Noël néozélandaises).


Donc, où que vous voyagiez à travers le monde, il y a toujours des fleurs et des plantes associées à Noël. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à m’en faire part à jardinierparesseux@gmail.com.20171224A HC

Un (sa)pin de Noël qui pousse bien dans la maison

Par défaut
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Le pin de Norfolk: un des rares conifères qui fait une bonne plante d’intérieur.

La plupart des «sapins de Noël vivants» offerts sur le marché ne donnent pas de bons résultats. À cet effet, lisez l’article Attention aux «plantes de Noël truquées». Mais il y au moins a une exception: le pin de Norfolk, aussi appelé sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Contrairement au véritable sapin, il peut très bien vivre dans nos maisons. Ainsi, votre petit sapin ou pin de Norfolk peut décorer votre maison pendant une décennie ou plus, tant que vous lui offrez des soins de base.

Confusion sur le nom

Vous aurez compris que, si on appelle cette plante indifféremment pin ou sapin de Norfolk, elle n’est en fait ni l’un ni l’autre, mais appartient à un genre différent, Araucaria. Avec son port très symétrique, ses branches portées toutes au même niveau comme les rayons d’une roue, et ses aiguilles très courtes, elle a toutefois un port plus proche de celui d’un sapin que d’un pin.

Son origine

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Le pin de Norfolk devient un grand arbre lorsque cultivé à l’extérieur sous un climat subtropical.

Le genre Araucaria a déjà été fort répandu sur la planète au Jurassique et au Crétacé, soit à l’époque des dinosaures, mais est disparu de l’hémisphère Nord depuis environ il y a 65 millions d’années, soit justement en même temps que les dinosaures. À l’état naturel, le genre survit uniquement dans l’hémisphère Sud où les 19 espèces restantes sont trouvées, soit en Amérique du Sud, en Australie et, surtout, dans les îles du Pacifique Sud.

Notre espèce, A. heterophylla, n’est indigène que sur l’île de Norfolk, au large de l’Australie, et deux petites îles du même archipel. L’une des industries principales de cette île est justement… la récolte de graines du pin de Norfolk pour exportation! La vaste majorité des plants de ce conifère sont maintenant produits en Floride pour être, par la suite, expédiés au monde entier, car c’est une plante d’intérieur fort populaire dans le Nord et un conifère ornemental de pleine terre très prisé sous les climats tropicaux et subtropicaux où peu d’autres conifères réussissent.

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Le pin de Norfolk ne produit des cônes que lorsqu’il croît à l’extérieur.

Votre petit pin de Norfolk est en fait un géant à croissance lente. Dans la nature, il peut attendre 65 mètres de haut, soit l’équivalent de 20 étages. De port droit et symétrique pendant toute sa vie, on a déjà pensé l’utiliser comme mât pour les bateaux avant de se rendre compte que son bois n’est pas assez résistant pour cette utilisation. À maturité, il produit aussi des grands cônes dressés qui rappellent un ananas par leur forme, mais jamais dans la maison.

Culture

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Plantation trop dense: ces plantes commencent à se nuire!

Le pin de Norfolk est, pour son plus grand malheur, souvent cultivé à raison de 4 à 10 plants par pot, ce qui donne un effet dense plus susceptible de plaire aux acheteurs potentiels. Tristement, cette densité excessive nuit à sa croissance, car toutes ces plantes font compétition pour les mêmes ressources, notamment l’eau et les minéraux, et ainsi les potées aux plants multiples finissent par dépérir. Mieux vaut diviser la potée ou couper les plants supplémentaires pour ne laisser qu’une seule plante si vous voulez avoir de bons résultats à long terme. À moyen terme, vous pouvez toutefois i laisser 2 ou 3 plantes pousser ensemble au début, mais après 7 à 8 ans, la compétition risque de devenir trop intense et il faudrait songer enlever les surplus.

Autrement, le pin de Norfolk est facile à cultiver, du moins, si vous pouvez lui assurer une atmosphère humide pendant l’hiver. À cette fin, un humidificateur n’est pas à dédaigner. Aussi, si vous multipliez le nombre de plantes d’intérieur cultivées dans la même pièce, chacune dégagera de l’humidité, créant un milieu bénéfique pour toutes. (Lisez Air humide, plantes heureuses pour en savoir plus sur comment augmenter l’humidité atmosphérique des plantes d’intérieur.) Un pin de Norfolk qui manque d’humidité atmosphérique perdra graduellement ses branches inférieures, qui s’assécheront, mourront et tomberont, ce qui dégarnira la plante.

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Une bonne humidité, un éclairage moyen, des arrosages au besoin et une certaine fraîcheur l’hiver, voici les clés de succès avec le pin de Norfolk.

Une fois le problème d’humidité réglé, vous trouverez votre petit conifère bien avenant, s’adaptant à un éclairage moyen à intense (même faible pendant de courtes périodes) et à un arrosage «normal», soit en humidifiant toute la motte de racines quand le terreau est sec au toucher. (Pour en savoir plus, lisez La règle d’or de l’arrosage des plantes d’intérieur.) La fréquence de l’arrosage variera, comme pour toutes les plantes, selon la saison et la taille de la plante; on ne peut la prévoir.

On peut fertiliser avec l’engrais de votre choix quand la plante est en croissance, soit au printemps et en été, mais seulement au quart ou au huitième de la dose recommandée, car ce n’est pas une plante très gourmande.

Quant à la température, le pin de Norfolk préfère un été relativement chaud et un hiver plus frais, donc apprécierait que vous baissiez le thermostat la nuit pendant l’hiver. Il aime bien passer l’été en plein air dans un emplacement protégé des grands vents.

Votre petit conifère grandira lentement mais sûrement et demandera des rempotages aux deux ou trois ans utilisant, à cette fin, un terreau pour plantes d’intérieur. Quand votre pin de Norfolk deviendra trop grand, ce qui prendra probablement 10 à 20 ans, vous lui couperez la tête et une autre repoussera rapidement. Par une taille sélective, donc, vous pouvez le maintenir indéfiniment à environ la même hauteur.

Quant à la multiplication, oubliez ça. Les plantes vendues en magasin sont produites par semences, mais elles doivent être fraîches pour bien germer et sont alors rarement offertes sur le marché. Il est possible de bouturer ou de marcotter les branches secondaires… mais alors, elles ne formeront pas de flèche, mais continueront de pousser à l’horizontale, comme un arbuste. Seules les boutures de tête sont efficaces et elles sont difficiles à réussir.

Enfin, sous de bonnes conditions, le pin de Norfolk est peu sujet aux insectes et aux maladies. Quand l’air est sec, les araignées rouges sont toutefois à craindre. Elles font jaunir les aiguilles et peuvent tuer la plante. On les traite en rinçant la plante à l’eau claire.

Décorer sans nuire

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Oui, on peut décorer son pin de Norfolk pour le temps des Fêtes.

Les petites ampoules modernes, DEL ou incandescentes, ne dégagent pas assez de chaleur pour endommager le pin de Norfolk et on peut donc l’illuminer pour Noël. Évitez toutefois les ampoules plus anciennes, car elles chauffent trop. Si vous trouvez l’ampoule trop chaude à toucher, le petit arbre en souffrira aussi. On peut y placer tant de guirlandes et de boules qu’on veut tant que ses branches ne plient pas de façon exagérée. Faites tout simplement attention de ne pas briser les tiges ou les aiguilles en y fixant les décorations, car ce «sapin», contrairement au sapin traditionnel, est vivant.

Et voilà: tout ce qu’il vous faut savoir sur l’un des rares conifères qui fait vraiment une bonne plante d’intérieur. Que votre pin de Norfolk égaie votre demeure ce Noël et pendant de nombreuses Fêtes à venir!