Que savez-vous du sapin de Noël?

Par défaut

Le sapin décoré est devenu un classique du temps de Noël. Source: pxhere.com

La tradition du sapin de Noël est fortement répandue, même presque mondialement. Même dans les pays non chrétiens (Chine, Japon, Singapour, etc.), on fête un Noël, plutôt commercial, avec de beaux sapins… artificiels. Mais que savons-nous de cet arbre qui décore notre maison pendant plusieurs semaines à la fin de l’année? Voici un petit jeu-questionnaire qui mettra à l’épreuve vos connaissances sur cette tradition populaire.

Faites l’addition de vos points pour voir si vous vous y connaissez aussi bien que vous le pensiez en sapins de Noël.

1. De quelle origine est la tradition du sapin de Noël?

a) juive

b) romaine

c) allemande

2. En quelle année le premier sapin de Noël de la France fut-il installé à Versailles?

a) 1623

b) 1738

c) 1789

3. Le premier sapin de Noël utilisé au Canada date de :

a) 1920

b) 1781

c) 1873

4. La tradition veut qu’on installe le sapin de Noël à une date spécifique. Laquelle?

a) La veille de Noël

b) Le troisième dimanche de l’Avent

c) L’Immaculée Conception

5. À travers le monde, différentes essences servent d’arbre de Noël. En Argentine, l’espèce la plus populaire est :

a) L’araucaria, un arbre indigène

b) Le sapin de Fraser, produit en montagne

c) Le sapin artificiel

20181224C cvc.ca.jpg

Ferme d’arbres de Noël. Source: cvc.ca

6. Le plus gros producteur mondial de sapins de Noël vivant est :

a) Canada

b) États-Unis

c) Allemagne

7. Quel État américain a la plus grosse production d’arbres de Noël cultivés?

a) Alaska

b) Oregon

c) Hawaï

8. Quelle affirmation est vraie?

a) La plupart des sapins de Noël produits au Québec sont vendus au Québec.

b) La plupart des sapins de Noël produits au Québec sont vendus en Ontario.

c) La plupart des sapins de Noël produits au Québec sont vendus aux États-Unis.

20181224B oldchristmastreelights.com.jpg

Le premier sapin illuminé artificiellement date de 1882. Source: oldchristmastreelights.com

9. Qui fut le premier à avoir l’idée d’utiliser des guirlandes d’ampoules électriques pour décorer les sapins de Noël?

a) Thomas Edison

b) Guglielmo Marconi

c) Edward Johnson

10. Combien d’années faut-il, en moyen, pour produire un sapin de culture?

a) 4 à 5

b) 6 à 10

c) 11 à 14

20181224D wayfair.ca.jpg

Support classique pour arbre de Noël. Son réservoir contient si peu d’eau qu’il est presque certain que l’arbre s’assèchera. Source: wayfair.ca

11. D’après l’Association canadienne de l’arbre de Noël, quelle quantité de liquide le réservoir d’un support d’arbre de Noël coupé doit-il pouvoir contenir?

a) 1 litre

b) 2 litres

c) 6 litres

12. Quel arbre est le plus utilisé comme arbre de Noël coupé?

a) Sapin

b) Pin

c) Épinette/épicéa

Réponses:

  1. c) allemande.

Le sapin avait une signification de renouveau pour les tribus allemandes païennes, car il restait vert durant la période «morte» de l’année. On faisait des cérémonies autour du sapin pour le Nouvel An, date de la «renaissance» de la terre. Les Allemands gardèrent cette tradition même après s’être convertis au christianisme, plaçant souvent un sapin décoré dans leur crèche de Noël. C’est vers les années 1500 qu’on a vu pour la première fois les sapins de Noël utilisés à l’intérieur.

  1. b) 1783.

C’est sous l’initiative de Marie Leszczynska, épouse du roi Louis XV et originaire de la Pologne, où la tradition du sapin de Noël était bien établie, que le premier sapin décora le château de Versailles. C’est n’est que vers 1871 que des immigrés d’Alsace-Lorraine introduisirent la coutume un peu partout au pays.

  1. b) 1781.

Des mercenaires allemands apportèrent la tradition du sapin de Noël au Québec. On dit que le tout premier sapin de Noël en sol canadien a été installé à Sorel en 1781 par le major général von Riedesel et sa femme. La tradition se répandit à travers le pays à l’époque victorienne pour gagner tous les niveaux de la société urbaine vers 1920. Il a fallu compter encore 10 ans pour que la tradition s’établisse aussi à la campagne.

  1. a) La veille de Noël.

En fait, les puristes maintiennent que le sapin de Noël doit être installé la veille de Noël, pas une journée plus tôt. Et de plus, il doit être enlevé précisément 12 nuits plus tard, à l’Épiphanie.

  1. c) Le sapin artificiel.

En Argentine, comme dans bien des pays hispanophones d’Amérique du Sud et centrale, la tradition du sapin de Noël est d’introduction récente, venant des États-Unis. Il n’y a pas de véritables producteurs de sapins de Noël dans le pays, alors le sapin vient généralement en boîte.

  1. b) États-Unis.

Avec une production d’environ 20 000 000 d’arbres coupés annuellement, les États-Unis dépassent de peu l’Allemagne (19 000 000 d’arbres) comme pays producteur de sapins de Noël. Le Canada n’en produit qu’environ 6 000 000.

  1. b) Oregon.

En 2002 (dernière année pour laquelle des statistiques sont disponibles), l’Oregon avait produit 6 466 551 arbres, devant la Caroline du Nord (2 915 507 arbres) et le Michigan (2 380 179). Hawaï est à la 42e place sur 50 États, avec une production de 4 233 arbres. L’Alaska ne produit aucun arbre de Noël cultivé. Ses arbres de Noël sont pris à l’état sauvage.

  1. c) La plupart des sapins de Noël produits au Québec sont vendus aux États-Unis.

Le Québec produit environ 1 800 000 arbres de Noël par année dont 70% (environ 1 260 000 arbres) prendront le chemin des États-Unis. 400 000 seront écoulés au Québec et le gros des autres ira en Ontario.

  1. c) Edward Johnson

Edward Johnson, assistant de Thomas Edison, fut la première personne à proposer l’idée de guirlandes électriques en 1882. Auparavant, on utilisait des bougies qui étaient une source fréquente d’incendies. La production commerciale de guirlandes électriques débuta en 1890.

  1. b) 6 à 10.

Il faut environ 6 à 10 ans pour produire un sapin à partir de semences : 6 à 8 ans dans les régions au climat doux, 8 à 10 dans les régions au climat froid. Quand l’arbre atteint environ 2 m, il est prêt à être récolté.

  1. c) 6 litres.

Un sapin coupé peut «boire» jusqu’à 4 litres d’eau dans les premières 24 heures suivant son entrée dans la maison. Par la suite, il absorbe environ 1 litre d’eau par jour. Pour des raisons de sécurité, donc, un réservoir de 6 litres est recommandé… ce qui ne vous épargne pas la tâche de le vérifier quotidiennement et de le remplir au besoin.

  1. a) Sapin.

Le sapin (Abies spp.) — surtout le sapin blanc (A. alba), le sapin de Nordmann (A. nordmanniana) et le sapin baumier (A. balsamea) — est l’arbre le plus souvent utilisé comme arbre de Noël coupé, mais il dépasse à peine son concurrent, car en Europe, qui est le plus gros marché mondial des sapins coupés, on préfère encore l’épicéa commun (Picea abies, appelée épinette de Norvège au Canada) même si ses aiguilles tombent assez rapidement. Dans l’hémisphère Sud, ce sont les pins (Pinus spp.) qui sont les «sapins» coupés les plus populaires.

Votre classement

10 à 12 bonnes réponses : Félicitations! Vous êtes un sapinophile éprouvé.

7 à 9 bonnes réponses : Vous vous y connaissez assez bien en sapins, mais pourriez toujours en apprendre plus.

0 à 6 bonnes réponses : Vous êtes un peu déconnecté des réalités du sapin de Noël. Probablement que vous avez un sapin artificiel ou n’avez pas du sapin du tout.

Publicités

Les plantes de Noël autour du monde

Par défaut
20171224A HC.jpg

Il y a différentes plantes associées à Noël à travers le monde. Source: jardinierparesseux.com

Je pense que je peux dire sans me tromper que la plante de Noël la plus populaire en Amérique du Nord est le poinsettia (Euphorbia pulcherrima): les magasins en regorgent à cette saison! Mais d’autres plantes aussi sont populaires: le cactus de Noël (Schlumbergera spp.), le kalanchoé de Noël (Kalanchoe blossfeldiana), l’amaryllis (Hippeastrum spp.), le piment de Noël (Capsicum annuum), le cerisier de Jérusalem (Solanum pseudocapsicum), la fougère givrée (Selaginella martensii ‘Frosty’), le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla) et, bien sûr, le sapin de Noël (Abies balsamea et autres). Depuis quelques années, le thé des bois, aussi appelé gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens), s’est ajouté à la liste.

Mais les plantes de Noël diffèrent autour du monde. Jetons un coup d’œil sur ce qu’il se passe ailleurs.

Nouvelle-Angleterre

20171214B Polystichum_acrostichoides. Krzysztof Ziarnek, Kenraiz.jpg

Polystichum acrostichoides. Source: Krzysztof Ziarnek, Kenraiz

En plus des plantes précitées, j’ajouterais à la liste des plantes de Noël le polystic faux-acrostic (Polystichum acrostichoides), qu’on appelle aux États-Unis «Christmas fern» (fougère de Noël), car ses frondes sont persistantes et peuvent servir dans la fabrication de guirlandes et de couronnes. La même fougère pousse aussi au Québec, mais nous ne semblons pas l’utiliser comme décoration de Noël.

20171224 Berry Poppins Proven Winners

Ilex verticillata Berry Poppins®. Source: Proven Winners.

Les branches de houx verticillé (Ilex verticillata), à feuilles caduques, donc sans feuilles à Noël mais chargées de baies rouges, sont fort appréciées dans les arrangements de Noël dans cette région. Encore une fois, cette plante pousse également chez nous et les branches sont parfois vendues dans les boutiques des fleuristes, mais elles ne semblent pas spécialement associées au temps des Fêtes au Québec.

En Europe

En général, les plantes présentées dans le premier paragraphe (poinsettias, cactus de Noël, kalanchoé de Noël, etc.)  sont populaires en Europe aussi, bien que le poinsettia, qu’on appelle étoile de Noël en France, ne domine pas le paysage à Noël comme il le fait de l’autre côté de l’Atlantique. Mais il y a d’autres plantes associées avec Noël (et le jour de l’An) qui sont plus propres à l’Europe.

20171224D Ilex aquifolium AnemoneProjectors.jpg

Ilex aquifolium. Source: AnemoneProjectors, Wikimedia Commons

Par exemple, le houx (Ilex aquifolium), un symbole de Noël très important, est un arbuste ou même un grand arbre aux feuilles persistantes dentées et aux fruits rouges qu’on cultive dans bien des jardins de l’Ancien Monde.

Nous le connaissons au Québec, mais surtout sous la forme de cartes de Noël et de guirlandes de plastique, car les houx à feuillage persistant sont rarement assez rustiques pour notre climat et ceux qui le sont sont de petits arbustes frileux généralement emballés de géotextile à Noël et donc inaccessibles.

En Europe, par contre, les branches de houx sont utilisées abondamment à Noël. On les fixe aux portes et aux fenêtres des maisons. Aujourd’hui, on prétend que c’est en guise d’invitation, mais en fait, cette tradition relève d’une vieille croyance selon laquelle ces branches empêchaient les mauvais esprits d’entrer.

20171224E mistletoematters.wordpress.com.jpg

Bouquet de gui suspendu. Source: mistletoematters.wordpress.com

La tradition d’utiliser du gui (Viscum album) — avec ses petits fruits ronds blancs translucides — comme décoration du jour de l’An est encore très répandue sur le Vieux Continent et date d’ailleurs de l’époque des druides, mais peine à survivre en Amérique. C’est que le gui, une plante parasite qui vit aux dépens de son arbre hôte, ne pousse pas dans le nord-est du continent nord-américain, et qu’on ne peut même plus obtenir des branches de gui fraîches. Il y a quand même des guis nord-américains similaires, notamment dans le genre Phoradendron, qui sont présents dans le sud et l’ouest de l’Amérique du Nord, mais la tradition de s’embrasser sous le gui se perd néanmoins en Amérique alors qu’elle est plus tenace en Europe.

20171224F Hedera helix bcinvasives.ca:.png.png

Couronne d’Hedera helix. Source: bcinvasives.ca

Le lierre européen ou lierre anglais (Hedera hélix) est la guirlande traditionnelle des Fêtes en Europe. On en décore copieusement les maisons à Noël… et pourquoi pas, puisque cette grimpante à feuillage persistant pousse abondamment partout! Cette tradition ne semble jamais s’être établie en Amérique du Nord, sans doute parce que le lierre n’y est pas indigène, mais qu’il y existe surtout comme plante d’intérieur, plus rarement comme grimpante ou couvre-sol en plein air, et est donc de distribution beaucoup plus limitée.

20171214G Helleborus niger 4028mdk09, WCJPG.JPG

Rose de Noël (Helleborus niger). Source: 4028mdk09, Wikimedia Commons

La rose de Noël (Helleborus niger), qui n’est pas du tout un rosier (Rosa sp.), mais plutôt une plante vivace, est la plante de Noël dans le sud-est de l’Europe, là où l’Église orthodoxe domine. Leur Noël a lieu au milieu de janvier quand cette vivace est en fleurs: c’est la première fleur de l’année, d’ailleurs. On l’utilise surtout en plate-bande, mais il s’en vend aussi des potées fleuries dans les jardineries. Ailleurs, cette plante fleurit trop tard pour être une plante de Noël: à Pâques ou même en mai au Québec!

En Europe, le «sapin de Noël» est souvent un épicéa (épinette) ou un pin, voire un genévrier ou un autre conifère, selon ce qui est disponible localement.

201712124H maeclair.net.jpg

Bûche de Noël. Source: maeclair.net

Dans beaucoup de régions d’Europe, la tradition de la bûche de Noël demeure profondément ancrée. Les Québécois seront surpris d’apprendre qu’il s’agit d’une véritable bûche, une grosse, qu’on allume en soirée la veille de Noël et qui brûle pendant tout la nuit et jusqu’au soir de Noël le lendemain. Au Québec — on ne sait pas trop comment —, la bûche est devenue un… gâteau!

Dans les Balkans, on appelle la bûche de Noël «badnjak» (ou «budnik», selon la langue locale) et c’est toujours un chêne (Quercus), symbole de longévité. Ceux qui n’ont pas de foyer où brûler une bûche vont souvent décorer leur appartement avec des brindilles de chêne.

Grèce et Moyen-Orient

20171224I www.clubbotanic.com.jpg

Couronne décorée de grenades (Punica granatum). Source: http://www.clubbotanic.com

La principale plante de Noël dans cette région est la grenade (Punica granatum), qui mûrit justement à cette saison. On en décore portes, foyers, tables, etc., autant avec le vrai fruit rouge qu’avec des grenades artificielles.

20171224X Ruscus aculeatus Dominicus Johannes Bergsma,.jpg

Fragon faux houx (Ruscus aculeatus). Source: Dominicus Johannes Bergsma, Wikimedia Commons

D’autres plantes souvent utilisées dans les décorations sont le fragon faux houx (Ruscus aculeatus) et le buisson ardent (Pyracantha spp.), les deux au feuillage persistant vert et aux baies rouges. D’ailleurs, ces deux plantes sont utilisées de cette façon un peu partout dans le sud de l’Europe.

En Israël, on offre des branches d’olivier (Olea europaea) à Noël aux amis en symbole de paix.

Mexique

20171224 casita-colibri.blog.jpg

Poinsettias en vente au Mexique dans un marché à Noël. Source: casita-colibri.blog

Le poinsettia (Euphorbia pulcherrima) est originaire du Mexique et est populaire dans ce pays, où on l’appelle «flor de Nochebuena» (fleur de la nuit sainte). On décore aussi avec le fragon faux houx et le buisson ardent, comme dans le sud de l’Europe, ainsi qu’avec des plantes locales qui sont attrayantes à Noël.

20171224K www.goya.com.jpg

Punch de Noël mexicain avec fruits de manzanita (Crataegus mexicana). Source: www.goya.com

La manzanita, aussi appelée tejocote ou manzanilla (Crataegus mexicana), une aubépine à gros fruits, est autre plante traditionnellement utilisée comme décoration de Noël dans bien des régions d’Amérique centrale. On enfile les fruits orange sur un fil comme guirlande et l’on s’en sert aussi pour produire le punch de Noël.

20171224L AlejandroLinaresGarcia, WC.JPG

Noche de Los Rábanos. Source: AlejandroLinaresGarcia, Wikimedia Commons

L’une des traditions les plus curieuses est cependant la Nuit des radis (Noche de Los Rábanos), fêtée dans la région d’Oaxaca, où l’on sculpte des radis et prépare des montages de radis pour le 23 décembre.

Amérique du Sud

De l’autre côté de l’Équateur, il y a une complication: les plantes fleurissent à la saison opposée à celle de l’hémisphère Nord, donc nos plantes de Noël fleurissent en général… six mois trop tard! Ainsi, le poinsettia est appelé «fleur de Pâques» (flor de pascua) dans bien des pays d’Amérique du Sud, car il fleurit à cette saison alors que notre cactus de Noël (Schlumbergera) est appelé «flor de Maio» (fleur de mai) dans son pays d’origine, le Brésil. En contrepartie, c’est notre cactus de Pâques (Hatiora gaertneri, anc. Rhipsalidopsis gaertneri) qui devient le «cactus de Navidad» (cactus de Noël) en Amérique du Sud. C’est littéralement le monde à l’envers!

20171224M  Schinus terebinthifolius Javier Alejandro, flickr.jpg

Faux-poivrier (Schinus terebinthifolius). Source:Javier Alejandro, flickr

À la place de «nos» fleurs de Noël, les Sud-Américains ont tendance à utiliser comme plantes des Fêtes des plantes indigènes qui fleurissent ou qui fructifient à la fin de décembre. Des branches de faux-poivrier (Schinus terebinthifolius et S. molle), connu dans le nord pour le poivre rose qu’il produit, sont par exemple utilisés pour décorer les églises et les maisons dans le temps des Fêtes, car elles sont remplies de petites baies rouges à cette saison.

20171224N Cattleya percivaliana, QuazDelaCruz, WC.jpg

Orchidée de Noël vénézuélienne (Cattleya percivaliana), QuazDelaCruz,

Au Venezuela, c’est une orchidée qui annonce Noël: Cattleya perciviliana. Ailleurs en Amérique du Sud, c’est plutôt Angraecum sesquipedale, originaire de Madagascar, mais populaire dans plusieurs pays, qu’on appelle «orquídea de navidad» (orchidée de Noël) ou «estrella de Belén» (étoile de Bethléem) pour ses grosses fleurs étoilées blanches qui s’épanouissent à cette saison. Dans certaines régions d’Amérique du Sud, d’autres plantes à fleurs étoilées blanches qui fleurissent à la bonne saison portent le nom «estrella de Bélen», par exemple un bulbe appelé Ornithogalum umbellatum.

Au Paraguay, on décore la maison et les crèches de «flores de coco», soit les longues inflorescences parfumées d’un palmier, le coyol (Acrocomia aculeata), une tradition préchrétienne qui vient du peuple guarani indigène.

Asie

En général, le concept de Noël est relativement récent sur ce continent et c’est surtout une fête commerciale d’inspiration américaine. Il n’y a pas de plantes vraiment traditionnelles associées avec cette célébration, du moins, pas de longue date. La plupart des plantes de Noël sont donc des introductions récentes, généralement les mêmes plantes de Noël qu’on voit en Amérique du Nord (poinsettias, cactus de Noël, etc.). On voit, par exemple, des sapins de Noël dans les centres commerciaux, rarement chez les gens, et habituellement ils sont artificiels.

20171224O Nandina-domestica www.mailordertrees.co.uk.jpg

Bambou céleste (Nandina domestica). Source: http://www.mailordertrees.co.uk

La population chrétienne au Japon est plus solidement établie que dans la plupart des pays asiatiques et a adopté la tradition du sapin de Noël, habituellement un véritable sapin ou un épicéa (épinette). Le bambou céleste, Nandina domestica, qui n’est pas un bambou du tout, mais un arbuste, décore les jardins à cette saison avec ses fruits écarlates et ses feuilles rouges. Le chrysanthème (Chrysanthemum morifolium), populaire en toute saison au Japon, l’est particulièrement à Noël aussi.

20171224P gbtimes.com.jpg

Pomme imprimée portant un souhait de paix. Source: gbtimes.com

En Chine, on donne souvent une pomme emballée de papier de couleur ou avec une image imprimée sur son épiderme la veille de Noël, car le mot mandarin pour «veille de Noël», soit «nuit de paix» (Ping’an Ye), ressemble au mot pomme (píngguǒ).

20171224Y Adonidia merrillii, palmpedia.net.jpg

Palmier de Noël (Adonidia merrillii). Source: palmpedia.net

Dans les régions tropicales d’Asie, il y a le palmier de Noël (Adonidia merrillii), mieux connu sous son ancien nom, Veitchia merrillii, qui fait office de symbole de Noël. Avec son tronc trapu et ses frondes relativement courtes, il ressemble à un palmier royal nain… et il se décore de fruits rouges à Noël. Originaire des Philippines et de la Malaisie, ce palmier est maintenant cultivé un peu partout dans les tropiques, pas seulement en Asie.

Enfin, en Inde, le cyprès de Monterey doré (Cupressus macrocarpa ‘Goldcrest’) commence à se populariser comme sapin de Noël, mais autrement, cette fête est peu célébrée dans ce pays.

Afrique

Les traditions des plantes de Noël sont davantage établies dans le sud de l’Afrique que dans le centre et le nord, apportées dans cette région par les Européens qui s’y sont établis (notamment les Néerlandais et les Anglais).

20171224Q Hydrangea macrophylla pxhere.jpeg

La « fleur de Noël » en Afrique du Sud est l’hortensia (Hydrangea macrophylla). Source: pxhere

Encore, les saisons étant inversées, leur choix de plantes de Noël est fort différent de celui des Européens et des Nord-Américains. Notamment, l’hortensia (Hydrangea macrophylla), bien connu dans l’hémisphère Nord pour sa floraison estivale, s’y appelle «Christmas flower» (fleur de Noël) et est probablement la plante de Noël la plus populaire! Par contre, on y trouvera quand même aussi des potées de poinsettias, les pépiniéristes locaux ayant réussi à les faire fleurir pour Noël en couvrant les serres de production de toiles noires à partir de 18 h pour assurer les jours courts nécessaires à l’initiation de leur floraison.

20171224R Sandersonia aurantiaca www.alanjolliffe.com.jpg

Christmas bells (Sandersonia aurantiaca), une plante à bulbe. Source: http://www.alanjolliffe.com

Différentes plantes indigènes servent aussi de fleurs de Noël, notamment le «Christmas bush» (Pavetta spp.), les «Christmas bells» (Sandersonia aurantiaca) et le «Christmas berry» (Chironia baccifera) et aussi plusieurs plantes australiennes, car le climat des deux régions est similaire (lisez plus loin pour quelques exemples). Les Africains fêtent aussi Noël avec beaucoup de plantes qui sont pour nous des fleurs estivales, comme les marguerites, les roses et les zinnias.

Le sapin de Noël est bien populaire en Afrique du Sud, mais on utilise plutôt à cette fin des conifères adaptés aux conditions locales, comme le cyprès (Cupressus spp., notamment C. macrocarpa), le cryptoméria du Japon (Cryptomeria japonica) et divers pins (Pinus spp.).

Australie

20171224P Araucaria heterophylla, AlfredSin, flickr.jpg

Sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Source: AlfredSin, flickr

En Australie, le «sapin» de Noël traditionnel est le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Si, dans l’hémisphère Nord, on l’utilise surtout comme plante d’intérieur et qu’il y dépasse rarement 1,5 m de hauteur, dans son Australie natale, il peut éventuellement atteindre jusqu’à 65 m de hauteur, soit l’équivalant de 20 étages! On utilise aussi d’autres conifères venant d’autres parties du monde comme arbres de Noël, notamment différents pins.

20171224T Nuytsia floribunda, JarrahTree, WC.jpg

Australian Christmas tree (Nuytsia floribunda). Source: JarrahTree, Wikimedia Commons

Et les Australiens ont leur propre «Australian Christmas tree» (arbre de Noël australien), Nuytsia floribunda, mais il ne s’agit pas d’un conifère, mais plutôt d’un feuillu. D’ailleurs, c’est un arbre parasite (ou plutôt hémiparasite, puisqu’il fait de la photosynthèse) qui soutire la majeure partie de son eau et de ses minéraux des plantes avoisinantes! Il produit des épis mousseux de fleurs jaune orange dans le temps des Fêtes.

20171224U Ceratopetalum gummiferumgdaymateowyagoin, flickr.jpg

L’un des arbustes de Noël australiens (Ceratopetalum gummiferum). Source: gdaymateowyagoin, flickr

Aussi, chaque État australien semble avoir son propre «Christmas bush» (arbuste de Noël), toujours un arbuste indigène qui produit des masses de fleurs ou de fruits colorés à la bonne saison, dont Correa spp., Chromolaena odorata, Ceratopetalum gummiferum et Prosanthera laisanthos. Et plusieurs bulbes qui fleurissent à Noël sont populaires, notamment divers Blandfordia, qui portent le nom de «Christmas bells». Et l’Australie a aussi sa propre orchidée de Noël: Calanthe triplicata, une espèce indigène.

Nouvelle-Zélande

20171224V Meterosideros excelsa Ed323, Wikimedia Commons.jpg

Le New Zealand Christmas tree (Meterosideros excelsa). Source: Ed323, Wikimedia Commons

Parlez d’arbre de Noël à un Néozélandais et il pensera non pas à un conifère, mais au Meterosideros excelsa, un arbre feuillu au port arrondi, qui se couvre de fleurs plumeuses rouges à Noël. On l’appelle «New Zealand Christmas Tree» ou «pōhutukawa». Et l’alstroemère perroquet (Alstroemeria psittacina), un bulbe introduit qui produit des fleurs tubulaires rouges à pointe verte, est couramment cultivé sous le nom de «New Zealand Christmas Bells» (cloches de Noël néozélandaises).


Donc, où que vous voyagiez à travers le monde, il y a toujours des fleurs et des plantes associées à Noël. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à m’en faire part à jardinierparesseux@gmail.com.20171224A HC

7 trucs pour profiter de votre sapin de Noël

Par défaut
20171215A pxhere.com.jpeg

Un beau sapin d’intérieur: le symbole même de Noël. Source: pxhere.com

Voici sept trucs pour profiter davantage de votre sapin de Noël.

1. Un sapin plus durable

Rien n’égale l’eau du robinet pour entretenir le sapin de Noël… du moins, selon une étude réalisée pour le compte de la revue Pacific Horticulture. En effet, il n’y aurait essentiellement aucune différence dans la durée de vie d’un sapin de Noël traité avec des produits maison (aspirine, Seven-Up, eau de Javel, sucre, eau distillée) ou des préservatifs commerciaux comparativement à la seule utilisation de l’eau du robinet. Pour faire durer les sapins de Noël plus longtemps, il suffit de maintenir la base du tronc toujours immergée dans de l’eau venant du robinet… et de baisser le thermostat la nuit!

2. Avant de partir chercher votre arbre de Noël

20171215B Clipart Library.jpg

Prenez des mesures avant d’acheter. Source: Clipart Library

Pour obtenir un sapin de Noël d’une taille correspondant à vos besoins, mesurez la hauteur de la pièce dans laquelle vous l’installerez et soustrayez au moins 45 cm. Au grand air, tous les sapins paraissent petits… mais une fois dans votre demeure, le petit sapin si mignon prendra les allures d’un monstre qui essaie de percer un trou dans le plafond. Et pourquoi payer plus cher pour un sapin de grande taille pour ensuite être obligé de le couper une fois rendu à la maison?

3. Pas de rabais pour les retardataires

Pour maintenir la valeur marchande, les vendeurs d’arbres de Noël se soutiennent solidement. Ils ne font pas de soldes de dernière minute et aiment mieux déchiqueter les arbres restants plutôt que de les vendre au rabais aux acheteurs de dernière minute à la recherche d’une occasion. Les vraies aubaines s’acquièrent en achetant l’arbre tôt dans la saison: vous avez ainsi la chance de pouvoir choisir le plus beau spécimen.

4. Avant de rapporter un sapin à domicile…

20171215C 3.bp.blogspot.com.gif

Enlevez une tranche de tronc avant d’installer l’arbre dans son support. Source: 3.bp.blogspot.com

Pour vous assurer que le tronc du sapin que vous avez choisi absorbera bien l’eau une fois placé dans son support, faites couper une mince tranche de la base de l’arbre par le vendeur avant de l’apporter à la maison. Ou faites-le vous-même en arrivant à la maison. Cela libérera les vaisseaux de conduite d’eau qui ont peut-être été bouchés par de la sève séchée depuis que votre arbre a été coupé au mois de novembre… et plus il y a d’eau qui monte dans votre arbre, plus les aiguilles durent.

5. Que faire avec les branches de sapin

20171215d thebishopfarm.com.jpg

On peut fabriquer une jolie couronne avec quelques branches de sapin. Source: thebishopfarm.com

Lorsque vous entrez votre sapin dans la maison, il vous faut presque inévitablement en couper quelques branches. Et, si vous le demandez gentiment, la plupart des marchands vous donneront des branches encore couvertes d’aiguilles que d’autres clients ont fait couper. Gardez ces branches précieusement, car elles vous permettront de réaliser une foule d’objets décoratifs. Par exemple:

  • On peut les attacher autour d’une forme ronde fabriquée à partir d’un cintre métallique et ajouter quelques boules ou rubans et ainsi faire une très jolie couronne pour la porte d’entrée;
  • On peut les enfiler sur une corde les unes après les autres pour faire une guirlande;
  • Insérés dans un peu de mousse de fleuriste (oasis), de petits rameaux forment une bonne base pour un centre de table;
  • Piquez des branches dans vos balconnières laissées à l’extérieur sous la neige pour un très bel effet durant tout l’hiver.

6. Décorez vos plantes vertes



ficus-christmas.jpg

Vous pouvez facilement décorer une plante d’intérieur pour Noël. Source: mattlaw.co

Pourquoi acheter un arbre de Noël quand vous avez déjà de beaux «arbres» dans votre demeure? En effet, toute plante verte d’intérieur de bonne taille (pin de Norfolk, figuier benjamin, même un palmier!) peut s’orner de guirlandes, de boules et même de mini-ampoules pour faire un très bel — et original — arbre de Noël.

7. Que faire avec le sapin après Noël?

  • Sectionnez ses branches et posez-les sur les plantes fragiles de la plate-bande. Ces «sapinages» (oui, c’est bien le terme horticole pour cette sorte de paillis hivernal) aideront la neige à s’accumuler… et plus il y a de neige, moins les plantes souffrent du froid.
  • Piquez l’arbre dans la neige et parez-le de «boules» de suif et de graines: il servira non seulement de mangeoire, mais aussi de lieu où les oiseaux pourront s’abriter durant les périodes de froid intense.
  • Même lorsque vous avez étiré l’utilisation de votre sapin de Noël au maximum, ne le jetez jamais à la poubelle: il existe de nombreux lieux de dépôt où vous pouvez apporter votre arbre pour qu’il soit recyclé en paillis ou en compost nutritif.

Joyeux Noël!20171215A pxhere.com