La rose: l’emblème floral des États-Unis

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Source: crazykens.com, montage: jardinierparesseux.com

En ce jour de l’Indépendance des États-Unis (le célèbre «4th of July» tant acclamé à la télévision et dans les films), jour qui commémore l’adoption de la Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776 et donc l’indépendance envers le royaume de Grande-Bretagne des Treize colonies, prenant dès lors le nom d’États-Unis d’Amérique, j’ai pensé vous présenter l’emblème floral de ce pays: la rose. Une seule fleur qui représente un si vaste pays!

Histoire

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La rose d’Inde (Tagetes erecta) a failli devenir l’emblème floral des États-Unis. Source: www.homedesigndirectory.com.au

La rose (Rosa spp.) n’était pas la première plante suggérée comme emblème floral pour les États-Unis. Un sénateur américain, Everett Dirksen, de l’Illinois, a présenté à deux occasions — en 1965 et en 1967 — une résolution prônant l’adoption de la rose d’Inde (Tagetes erecta) comme fleur nationale, mais n’a pas connu de succès… peut-être parce que (mais c’est seulement mon opinion) la rose d’Inde sent si mauvais et qui veut d’un emblème floral qui pue?

La rose vraie a eu plus de veine… et est nettement plus délicieusement parfumée! Le 20 novembre 1986, la résolution 5574 désignant la rose comme l’emblème floral national américain a été signée par le président Ronald Reagan.

Les raisons citées pour ce choix comprennent:

  • La rose est un symbole de la vie, de l’amour et de la dévotion, de la beauté et de l’éternité;
  • Les rosiers sont cultivés dans les 50 États américains;
  • On peut voir le rosier comme étant une plante solidement américaine, car on a trouvé des fossiles de rosiers aux États-Unis qui datent de plusieurs millions d’années;

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    Plusieurs prétendent que le rosier ‘Mary Washington’ aurait été hybridé par George Washington et nommé en l’honneur de sa mère. En fait, cependant, la véritable origine de ce rosier est inconnue. Source: www.areverenceforroses

  • Le premier président, George Washington, cultivait et hybridait des rosiers;
  • La Maison-Blanche possède une magnifique roseraie;
  • On trouve des roses partout dans l’art, la musique et la littérature.

Comment cultiver l’emblème floral américain

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Rosa banksiae ‘Lutea’ est peu rustique (zones 8 à 11), mais peut pousser sous les tropiques où, curieusement, son feuillage est persistant. Source: jardinecofriendly.wordpress.com

Il y a plus de 150 espèces de rosiers trouvées un peu partout dans l’hémisphère Nord et aussi quelque 35 000 cultivars, soit des variétés développées par les humains. Avec un aussi vaste choix, il est possible pour presque n’importe quel jardinier de trouver une variété qu’il peut cultiver, car il existe des variétés subtropicales capables de supporter un climat chaud à l’année et aussi des variétés très rustiques capables de pousser dans les climats les plus froids. Il y a, bien sûr, des rosiers grimpants, des rosiers arbustifs, des rosiers miniatures et plus encore, des rosiers de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel (sauf le bleu véritable), des rosiers qu’on peut cultiver en pot et des rosiers qu’on peut cultiver en pleine terre, etc.

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Le rosier de Woods (Rosa woodsii) est l’un des rosiers les plus rustiques, poussant sans difficulté en Alaska et au Yukon en zone 1. Source: dougwaylett, Flickr

Ma suggestion, en tant que jardinier paresseux, est de trouver et de cultiver un ou des rosiers adaptés à votre climat et à vos conditions plutôt que d’essayer de garder vivants des rosiers mal adaptés. Oubliez, par exemple, les rosiers hybrides de thé (zone de rusticité 7 ou 8) dans les régions aux hivers froids — les protéger du froid nécessite trop d’efforts! — et utilisez plutôt des rosiers arbustifs adaptés à votre zone de rusticité (certains rosiers arbustifs sont rustiques en zone 1!). Pensez aussi à choisir des rosiers naturellement résistants aux maladies (tache noire, rouille, blanc et autres maladies communes du rosier).

Et pour ce qui est de la beauté, chaque jardinier a ses propres goûts, mais considérez les rosiers à tiges longues si vous aimez faire des bouquets de fleurs coupées… et si vous aimez les parfums, préférez un rosier bien parfumé, car certains sont inodores.

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La plupart des rosiers se plaisent au plein soleil dans un sol riche et bien drainé. Source: www.plansdsgn.com

La plupart des rosiers préfèrent le plein soleil et un sol profond, riche et bien drainé de pH moyen (entre 5,5 et 7). Les roses aiment un bon paillis épais (5 à 7,5 cm), car cela aide à garder leurs racines fraîches et légèrement humides. Arrosez bien quand la pluie manque, mais laissez ensuite le sol sécher un peu avant d’arroser de nouveau: peu de rosiers peuvent tolérer un sol constamment détrempé!

Cependant, s’il existe aujourd’hui de nombreux rosiers résistants aux maladies, les insectes demeurent un problème. Anneleurs, chenilles, pucerons, scarabées du rosier, scarabées japonais, etc.: les prédateurs ne manquent pas! La meilleure chose à faire est de garder les yeux ouverts et de réagir promptement lorsqu’ils se présentent.

Quant à la multiplication des rosiers, le bouturage est la méthode la plus logique dans la plupart des cas… ou encore, prélevez des rejets des variétés qui sont portées à drageonner. Les rosiéristes professionnels greffent souvent des rosiers de variétés désirables sur des semis de rosiers ordinaires, mais c’est un peu trop compliqué pour le jardinier amateur moyen. Et le semis, qui n’est pas en soi difficile, est compliqué par le fait que la plupart des rosiers sont des hybrides et ne sont pas fidèles au type à partir de semences.


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Fêtez le jour de l’Indépendance en plantant un rosier. Source: bayarea_girl, houzz

Pourquoi ne pas célébrer le jour de l’Indépendance des États-Unis non pas avec des feux d’artifice, mais en plantant un beau rosier? L’effet sera beaucoup plus durable!20180704A crazykens.com

 

Déjà des semis à faire en janvier?

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Source: worldartsme.com, rdkate.blogspot.ca & mzayat.com

La nouvelle année vient à peine de commencer, mais il est déjà temps de semer certaines graines à l’intérieur.

On ne sème si tôt qu’un groupe très limité de plantes particulièrement lentes à arriver à une taille de repiquage raisonnable, car autrement en janvier il est beaucoup trop tôt pour faire des semences. On les fera plutôt en mars ou en avril, même en mai. Il faut toutefois environ quatre à cinq mois de culture à l’intérieur pour les sept plantes suivantes, donc il est temps de sérieusement penser à les semer en janvier ou, au plus tard, au début de février.

  1. Agastache (Agastache foeniculum)
  2. Bégonia tubéreux (Begonia × tuberhybrida)
  3. Datura (Datura metel)
  4. Linaire à feuilles d’origan (Chaenorrhinum origanifolium, syn. glaerosum)
  5. Lisianthus (Eustoma grandiflora)
  6. Dracéna des jardins (Cordyline australis, syn. indivisa)
  7. Kniphofia ou tritome (Kniphofia )

Semis hâtifs: tout un défi!

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Les semis faits en janvier auront besoin d’un éclairage supplémentaire. Source: Les Idées du jardinier paresseux: Semis

Démarrer des semences en janvier dans les régions septentrionales de l’hémisphère Nord n’est pas si simple. Les jours sont courts, le soleil est faible et, dans de nombreuses régions, le temps est plus souvent gris qu’ensoleillé, ce qui signifie que les semis souffriront d’un sérieux manque de lumière. De plus, les températures devant le rebord de la fenêtre, où la plupart des jardiniers placent leurs plateaux de semences, sont souvent froides et variables alors que presque toutes les semences ont besoin de chaleur et de températures assez uniformes pour bien germer. En conséquence, vous n’avez pas vraiment d’autre choix que de démarrer les semences de janvier (et de février) sous un éclairage artificiel, tel que les lampes de culture fluorescentes ou DEL, et ce, de plus, dans l’emplacement le plus chaud de votre demeure.

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Cultivez les semis à l’étouffée, avec un tapis chauffant si nécessaire. Source: www.amazon.fr

Commencez toujours les semences d’hiver «à l’étouffée» (en les couvrant d’un dôme ou d’un sac de plastique transparent) pour maintenir une humidité élevée et des températures stables et placez-les dans une pièce qui est au moins modérément chaude (21 à 24 °C). Une autre option pour les réchauffer est de les placer sur un tapis chauffant (un modèle spécialement conçu pour les plantes). Utilisez une minuterie pour régler la durée d’éclairage de la lampe à 14 heures par jour afin de simuler les longues journées d’été et placez les contenants de semences fraîchement semées sous la lampe à environ 15 à 30 cm de la source de lumière. Maintenant, attendez patiemment la germination. (Une raison pour laquelle certaines semences ont besoin d’un semis hivernal est qu’elles sont lentes à germer.)

Semis qui nécessitent un traitement au froid

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Pour faire germer les semences de plusieurs végétaux, il faut leur donner un traitement au froid de plusieurs semaines. Source: Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Janvier est également, avec d’ailleurs les mois de décembre et de février, un bon moment pour semer les graines qui ont besoin d’un prétraitement au froid (stratification froide) afin de bien germer. Ce groupe comprend la plupart des arbres et arbustes de climats froids et tempérés, ainsi que de nombreuses vivaces et même quelques annuelles.

Ces semences ne germeront pas tant qu’elles n’auront pas reçu un nombre donné de jours de fraîcheur combinés avec de l’humidité. Il peut s’agir d’aussi peu qu’une ou deux semaines ou de quatre mois ou plus. Cette information vitale paraît normalement sur le sachet de semences. Si vous avez récolté les semences vous-même et ne connaissez pas la durée du traitement au froid nécessaire, je vous suggère de calculer, pour les vivaces, de six à huit semaines: c’est suffisant pour la plupart des espèces. Pour les arbres et arbustes, offrez plutôt 12 semaines.

Notez que le nombre de semaines de froid cité pour une espèce quelconque est toujours le minimum qu’il faut pour assurer la germination, mais qu’il n’y a pas de risque à prolonger le séjour au froid. Donc, si vous démarrez plusieurs semences différentes, chacune avec une durée de traitement différente, vous pouvez toutes les laisser au froid jusqu’à ce que les dernières aient terminé leur plein traitement, puis les faire germer toutes en même temps.

Pour donner une stratification froide, il suffit de semer les graines dans un récipient, exactement comme vous le feriez pour toute autre semence, puis de sceller le contenant dans un sac en plastique transparent et de le placer au réfrigérateur ou dans un caveau à légumes pendant au moins le nombre minimum de semaines. Ensuite, déplacez-le dans un endroit chaud et bien éclairé, comme sur le rebord d’une fenêtre ou sous une lampe de culture, pour que la germination commence.

100 semences qui ont besoin d’un traitement par le froid

Voici 100 plantes qui germent mieux avec un prétraitement au froid, mais il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg: il en existe des milliers d’autres. Consultez l’enveloppe des semences ou le site Web du fournisseur de semences pour plus d’informations.

  1. Abies (sapin)
  2. Acer (érable à sucre et plusieurs autres espèces)
  3. Aconitum (aconit)
  4. Alchemilla (alchémille)
  5. Allium (allium ornemental)
  6. Amelanchier (amélanchier)
  7. Aquilegia (ancolie)
  8. Asclepias (asclépiade)
  9. Astrantia (astrance)
  10. Baptisia (faux lupin)
  11. Buddleia (buddleia)
  12. Caltha (populage des marais)
  13. Caryopteris (caryoptère)
  14. Cercis canadensis (gainier du Canada)
  15. Chelone (galane)
  16. Cimicifuga (cierge d’argent)
  17. Clematis (clématite)
  18. Cornus (cornouiller)
  19. Corydalis (fumeterre)
  20. Delphinium (delphinium, pied d’alouette)
  21. Dicentra spectabilis, maintenant Lamprocapnos spectabilis (cœur saignant)
  22. Dictamnus (fraxinelle)
  23. Dodecatheon (gyroselle)
  24. Echinacea (échinacée)
  25. Eremurus (lis à queue de renard)
  26. Eryngium (érynge, panicaut)
  27. Eupatorium (eupatoire)
  28. Filipendula (reine-des-prés)
  29. Forsythia (forsythia)
  30. Fragaria (fraisier)
  31. Fuchsia (fuchsia)
  32. Gentiana (gentiane)
  33. Geranium (géranium)
  34. Goniolimon (statice)
  35. Helianthemum (hélianthème)
  36. Helianthus (tournesol vivace)
  37. Heliopsis (héliopside)
  38. Helleborus (hellébore, rose de Noël)
  39. Hemerocallis (hémérocalle)
  40. Heuchera (heuchère)
  41. Hibiscus moscheutos (hibiscus vivace)
  42. Hypericum (millepertuis)
  43. Iberis (corbeille d’argent)
  44. Ilex* (houx)
  45. Iris (iris, la plupart des espèces)
  46. Incarvillea (incarvillée)
  47. Kirengeshoma (kirengeshoma)
  48. Knautia (knautie)
  49. Lathyrus (pois vivace)
  50. Lavandula (lavande)
  51. Leontopodium (edelweiss)
  52. Lobelia (lobélie, espèces rustiques)
  53. Lonicera (chèvrefeuille)
  54. Macleaya (macleaya)
  55. Magnolia* (magnolia)
  56. Malus (pommier, pommetier)
  57. Mazus (mazus rampant)
  58. Mertensia (mertensia)
  59. Muscari (jacinthe à grappe)
  60. Myrrhis odorata (cerfeuil musqué)
  61. Nepeta (népéta)
  62. Oenothera (onagre)
  63. Opuntia* (opuntia rustique)
  64. Paeonia* (pivoine)
  65. Penstemon (penstemon)
  66. Persicaria (renouée)
  67. Phlox (phlox)
  68. Persicaria orientalis, syn.Polygonum orientale (renouée orientale)
  69. Physalis (coqueret, lanterne chinoise)
  70. Picea(épinette, épicéa)
  71. Platycodon (playcodon)
  72. Primula (primevère)
  73. Pulsatilla (pulsatille)
  74. Quercus (chênes rouges et noirs)
  75. Ranunculus (bouton d’or)
  76. Ratibida (sombrero mexicain)
  77. Rosa (rosier)
  78. Rudbeckia (rudbeckie)
  79. Sambucus (sureau)
  80. Sanguinaria (sanguinaire)
  81. Sanguisorba (sanguisorbe)
  82. Saponaria (saponaire)
  83. Saxifraga (saxifrage)
  84. Scabiosa (scabieuse)
  85. Sedum (sédum, orpin)
  86. Sempervivum (joubarbe)
  87. Sidalcea (sidalcée)
  88. Stokesia (stokésie)
  89. Syringa (lilas)
  90. Thalictrum (pigamon)
  91. Tiarella (tirarelle)
  92. Tricyrtis (lis des crapauds)
  93. Trillium* (trille)
  94. Trollius (trolle)
  95. Tsuga (pruche)
  96. Vernonia (vernonie)
  97. Veronica (véronique)
  98. Viburnum* (viorne)
  99. Viola (violette)
  100. Vitis (vigne, certaines espèces)
*Ces espèces ont besoin d’une double stratification froide, c’est-à-dire de deux traitements au froid séparés par un traitement au chaud, pour stimuler leur germination. Essayez deux à trois mois de froid suivis de deux mois de chaleur, puis d’encore deux à trois mois de froid. Lorsque vous exposerez ces semences assez uniques à la chaleur après ces traitements répétés, la plupart germeront assez prestement.

Bon succès avec tous vos semis!20180103 worldartsme.com, rdkate.blogspot.ca & mzayat.com

Éloge des grands arbres

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Rue résidentielle d’environ 70 ans: les grands arbres dominent, créant un effet superbe et chaleureux! Photo: Fgrammen, Wikimedia Cmmons

Il manque un élément important aux aménagements paysagers résidentiels modernes: on n’y retrouve presque plus de grands arbres.

Pourquoi l’arbre a disparu de nos terrains urbains est un mystère. Dans les quartiers de soixante ans et plus, on en trouve facilement: d’énormes érables et des épinettes majestueuses créent une ambiance de solidité, de tranquillité et de bien-être. Faites un tour dans un quartier de 40 ans et moins, cependant: vous y verrez beaucoup de pelouses vertes, de plates-bandes de fleurs, de massifs d’arbustes… mais n’y manque-t-il pas quelque chose? Un paysage un peu dénudé peut être beau, mais c’est aussi froid et impersonnel. On ne se sent pas invité dans ces quartiers. On a l’impression que les résidents quittent massivement ces secteurs sans âme les fins de semaine pour se prélasser au chalet… entourés de grands arbres, naturellement!

Il faut en planter

L’arbre mérite-t-il toujours une place sur les terrains de ville?

Oui! D’abord pour l’ombre qu’il projette. On a beau pester que rien ne se cultive sous un arbre dense (ce qui n’est pas vrai, d’ailleurs), mais, en réalité, l’ombre nous attire. Lors des journées de canicule, un quartier bien meublé d’arbres est convivial; celui dénudé de végétation en hauteur ne l’est pas.

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N’est-ce pas qu’une maison encadrée d’arbres de bonne taille a l’air sympathique! Photo: Brian Stansberry, Wikimedia Commons

L’être humain, par sa nature même, semble avoir besoin d’arbres dans son entourage. Est-ce un rappel de nos origines (nos ancêtres prenaient refuge dans les arbres quand ils étaient attaqués par des prédateurs)? Nul ne le sait. Toujours est-il que le sentiment de paix et de sécurité qui se dégage d’un grand arbre semble bien réel… on le trouve d’ailleurs par tout le monde, dans toutes les cultures.

«Un instant, dites-vous, j’ai bel et bien un arbre dans ma cour!» Mais est-ce qu’on peut appeler un petit arbre pleureur d’à peine 1 1/2 m de hauteur un arbre? Et un pommetier décoratif, un lilas japonais ou l’un des autres «petits arbres» tellement populaires par les temps qui courent? Ce sont peut-être des arbres par définition, mais ils ne créent pas l’ambiance de permanence et de sécurité que seul un grand arbre peut prodiguer.

Comment utiliser les arbres

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Ce jeune arbre grandira et gagnera de prestance, augmentant le charme de la résidence… mais il faudrait vraiment au moins un autre grand arbre dans l’arrière-cour pour vraiment parfaire son attrait.

Idéalement, pour recréer le sentiment de paix et de permanence recherché, il faudrait au minimum un grand arbre par terrain… et, de préférence, un en avant et un en arrière. Évidemment, plus un terrain est grand, plus il a besoin d’arbres. En plus de l’ambiance qu’ils créent, les arbres offrent d’autres avantages:

  • Réduction des coûts de climatisation l’été;
  • Réduction des coûts de chauffage l’hiver;
  • Entretien minimal;
  • Augmentation de la valeur du terrain;
  • Création d’un environnement plus sain;
  • Milieu de vie pour les oiseaux;
  • Et beaucoup plus encore.

Les arbres apportent certains désavantages aussi, mais ces derniers sont généralement faciles à surmonter.

Leur plantation, par exemple, est ardue… mais au moins on ne la fait qu’une fois!

L’ombre qu’ils projettent réduit les possibilités d’utilisation des espaces situés tout près, mais il existe un bon choix de plantes qui poussent bien dans les coins sombres.

Certains arbres produisent des graines ou fruits qui peuvent être gênants lorsqu’ils tombent. Recherchez des cultivars stériles ou mâles (les arbres mâles ne font pas de fruits).

Enfin, il y a toujours le fameux problème du ramassage des feuilles à l’automne… heureusement que cela n’arrive qu’une fois par année (et pas à toutes les semaines comme la tonte du gazon).

Bien les placer

Lorsque vous planifiez l’achat d’un arbre, informez-vous quant à sa hauteur et son étalement maximal afin de lui trouver un emplacement convenable. Il faut éviter, par exemple, de le planter là où il pourrait toucher à des fils suspendus, ou trop près de la maison, ou encore, directement devant une fenêtre. Il ne faut pas qu’il déborde trop chez un voisin, non plus, sinon il y a risque de conflit.

Tout un choix!

Voici quelques suggestions d’arbres de bonne taille qui pourront décorer votre terrain. Ce sont tous des arbres exigeant peu ou pas d’entretien et qui rehausseront la valeur de votre propriété.

Notez que les arbres présentés ici ont été choisis pour une région au climat froid. Dans les zones au climat tempéré ou même chaud, le choix est encore plus vaste.

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Rangée de ginkgos qui commencent à prendre leur coloration automnale. Photo: Crusier, Wikimedia Commons

Arbre aux 40 écus (Gingko biloba): À croissance très lente, cet arbre est parfaitement résistant aux maladies et aux insectes. Feuillage jaune à l’automne. Demandez toujours un arbre mâle. Hauteur: 14 m. Étalement: éventuellement 12 m, mais beaucoup plus étroit que haut dans sa jeunesse. Rusticité: zone 4.

Chênes (Quercus spp.): Grand groupe d’arbres, pour la plupart assez grands et aux feuilles généralement découpées. Leur port est majestueux, mais leur croissance est lente. Hauteur: 20 m. Étalement: 15 m. Rusticité: zone 4 pour la plupart. Le chêne rouge (Q. rubra) et le chêne écarlate (Q. coccinea) sont particulièrement intéressants pour leur port et leur coloration automnale. Pour un espace limité, pensez au chêne anglais colonnaire (Quercus robur ‘Fastigiata’) qui atteint la même hauteur que les autres chênes, mais qui dépasse rarement 4 m de largeur. Si vous vivez en région froide, le chêne à gros glands (Q. macrocarpa) est le plus rustique : zone 3. Enfin, véritable bijou (difficile à trouver sur le marché), le chêne imbriqué (Q. imbricaria) a des feuilles lancéolées qui ne ressemblent pas du tout à celles des autres chênes.

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Érable à sucre à l’automne. Photo: James St. John, Flickr

Érable à sucre (Acer saccharum): Plusieurs générations d’horticulteurs ont boudé cet érable, le symbole du Canada, en pensant qu’il était peu adapté aux milieux urbains, lui préférant l’érable de Norvège (A. platanoides), un arbre européen. De nos jours, on se rend de plus en plus compte que c’est presque le contraire et qu’il existe peu de situations où l’érable à sucre ne l’emporte pas sur son confrère importé. Planté en isolé, il prend un port plus beau, il est aussi beaucoup plus joli à l’automne et moins sujet aux dommages hivernaux et ses feuilles, plus petites, ont moins tendance à étouffer le gazon. Et il n’est pas sujet à la tache goudronneuse, cette maladie qui enlaidit le feuillage des érables de Norvège. Tous deux ont cependant des racines denses et peu profondes: il est difficile de maintenir du beau gazon à leur base. Hauteur: 30 m. Étalement: 25 m. Rusticité: zone 4. Il existe plusieurs sélections horticoles, dont ‘Green Mountain’ et ‘Legacy’, qui offrent un port plus régulier, mais plus petit que l’érable de semis.

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La coloration automnale flamboyante de l’érable rouge. Photo: Famartin, Wikimedia Commons

Érable rouge (A. rubrum): Longtemps négligé par les horticulteurs, on commence maintenant à découvrir les avantages de cet arbre nord-américain bien adapté aux climats froids. Son écorce (et les jeunes branches), lisse et gris pâle dans sa jeunesse, devient rugueuse avec le temps. Ses feuilles trilobées virent au rouge vif à l’automne. Préfère les endroits humides. Hauteur: 18 m. Étalement: 15 m. Rusticité: zone 3b. Il existe aussi des sélections de taille plus petite et de forme plus symétrique, comme ‘Morgan’ (15 m x 15 m) et ‘Red Sunset’ (9 m X 6 m). ‘Autumn Flame’ (11 m x 9 m) est le meilleur choix pour les sites de climat froid (zone 3).

L’érable de Freeman (A. x freemanii), un hybride entre l’érable rouge et l’érable argenté (A. saccharinum) est peut-être encore supérieur à l’érable rouge comme arbre de ville et est tout aussi rustique (zone 3). Il en existe plusieurs cultivars, dont Autumn Blaze (‘Jeffersred »), 15 m x 9 m, très rouge à l’automne.

Févier sans épine (Gleditsia triacanthos inermis): Arbre à cime ouverte et irrégulière. Écorce rugueuse. Les feuilles sont composées de folioles si petites et qui se décomposent si rapidement qu’il n’est même pas nécessaire de les ramasser à l’automne. Les extrémités des branches gèlent souvent au cours de l’hiver, mais cela ne porte pas vraiment atteinte à son apparence. Recherchez l’espèce ou les cultivars ‘Moraine’ et ‘Skyline’, car plusieurs autres féviers sont trop petits pour faire de bons arbres d’ombrage. Hauteur: 20 m. Étalement: 17 m. Rusticité: zone 4b. ‘Northern Acclaim’ est une variété plus rustique que les autres: zone 3.

Micocoulier occidental (Celtis occidentalis): Arbre nord-américain rappelant un peu l’orme, mais à cime arrondie. Écorce liégeuse. Coloration jaune à l’automne. Hauteur: 20 m. Étalement: 15 m. Rusticité: zone 4.

Phellodendron de l’Amour (Phellodendron amurense): Peu connu, mais très joli et virtuellement sans problèmes culturaux. Écorce liégeuse. Hauteur: 12 m. Étalement: 12 m. Rusticité: zone 3.

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Le poirier de Sibérie se couvre de fleurs blanches au printemps. Photo Sten Porse

Poirier de Sibérie (Pyrus ussuriensis): Un assez grand arbre qui n’a rien en commun avec ses cousins plus petits: pommetier, prunier, cerisier, etc. Il est également essentiellement immun à la plupart des maladies et insectes affligeant les fruitiers. Fleurs blanches abondantes au printemps, mais ses fruits minuscules, seulement présents quand il y a 2 clones différents dans le secteur (une pollinisation croisée est obligatoire pour les obtenir), ne sont pas intéressants pour les humains, bien qu’ils nourrissent les oiseaux et les petits animaux. Belle coloration automnale aussi. Hauteur: 12 m. Étalement: 10 m. Rusticité: zone 3.

Les arbres douteux

Les arbres suivants peuvent être utiles dans certains cas… mais présentent aussi des problèmes. Cela ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas être utiles… mais à vous de décider si le jeu en vaut la chandelle.

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Belle écorce du bouleau noir Heritage.

Bouleaux: La plupart sont très jolis, mais de courte durée de vie (surtout le bouleau européen [Betula pendula] et ses variétés). De plus, ils sont susceptibles à une vaste gamme de maladies et d’insectes, donc, à moins de vouloir faire un entretien constant…! Le bouleau noir (B. nigra), et surtout le cultivar Heritage (‘Cully’), à l’écorce qui s’exfolie si gracieusement, fait exception à la règle: il vit longtemps et est peu sujet aux insectes et aux maladies. (12-18 m x 10-15 m), zone 3.

Caryers, noyers, marronniers (Carya spp., Juglans spp. et Aesculus spp.): Ils font de très beaux arbres, mais leurs gros fruits peuvent être encombrants. De plus, les noyers sont allélopathiques (toxiques aux plantes qui poussent à leur pied).

Catalpa (Catalpa spp.): Cet arbre survit en région froide, assez parfois pour que certains pépiniéristes lui accordent une zone 4, mais souffre périodiquement d’engelures importantes et, de ce fait, pousse souvent de façon désordonnée. C’est un excellent choix dans les zones 6 et plus, toutefois.

Frêne (Fraxinus spp.): L’arrivée de l’agrile du frêne (Agrilus planipennis), insecte perceur asiatique en pleine expansion en Europe et en Amérique du Nord, a «freiné», avec raison, l’intérêt pour ce bel arbre.

 

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Ulmus x Accolade (‘Morton’): un exemple d’un orme résistant à la maladie hollandaise qui offre quand même un très joli port. Photo: Bruce Marlin, Wikimedia Commons

Orme (Ulmus spp.): L’orme d’Amérique (U. americana) est régulièrement victime de la maladie hollandaise de l’orme, difficile et coûteuse à combattre. Il existe toutefois plusieurs ormes, notamment des hybrides, qui ont un peu le port majestueux que l’orme d’Amérique tout en montrant une bonne résistance à cette maladie. Avant d’acheter un orme, demandez toujours si c’est une variété résistante à cette maladie. L’orme de Sibérie (U. pumila) est résistant à la maladie hollandaise de l’orme, mais est fragile et souvent affligé de brûlures hivernales et d’une maladie, le nectria, qui provoque la mort de branches entières. Sa plantation est carrément déconseillée.

Tilleul (Tilia spp.): Arbre au tronc robuste et à feuilles en forme de cœur. Le tilleul à petites feuilles (T. cordata) offre plusieurs cultivars intéressants. Pour beaucoup de jardiniers, c’est un bon choix, le tilleul n’est pas un bon choix si vous avez des scarabées japonais dans votre secteur, car c’est un de leurs mets préférés! Hauteur: 30 m. Étalement: 25 m. Rusticité: zone 3.

Grands arbres à éviter à tout prix

Peupliers, saules, érable argenté: Les racines de ces arbres à croissance rapide sont extrêmement envahissantes et provoquent souvent des dommages aux tuyaux domestiques et municipaux. Leurs rejets ou semis sont aussi très envahissants. La plupart des municipalités défendent d’ailleurs la plantation de ces arbres sur leur territoire.


Et voilà une belle brochette d’arbres à planter dès maintenant. Car après tout, il faudra quelques années avant que vous puissiez en savourer la présence dans votre cour!20170528B Fgrammen, WC

Rosiers: des étiquettes qui mentent

Par défaut

20150609BAttention lorsque vous achetez un rosier buisson, soit un rosier hybride de thé, grandiflora ou floribunda: la zone de rusticité indiquée sur l’étiquette n’est pas la bonne! On y marque généralement zone 5, mais ces plantes sont, pour la plupart, de zone 7 ou même de zone 8 (l’équivalent de la Virginie ou de la Caroline du Nord). Pourquoi alors ce mensonge flagrant?

20150409MCe qu’il est sous-entendu dans l’industrie horticole canadienne que ces rosiers ont besoin de protection hivernale partout dans le pays et que cette information est bien connue. Ainsi, il serait «acceptable» de mettre une étiquette zone 5 sur ces rosiers. Après tout, ils peuvent généralement (mais pas toujours) survivre à l’hiver en zone 5 avec une protection adéquate, notamment un cône à rosier bien rembourré.

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Rosier tué par le froid.

Mais qui explique cela au jardinier novice? Il voit un rosier «de zone 5», s’imagine alors que, puisqu’il réside en zone 5, aucune protection hivernale ne sera nécessaire. Alors la plante meurt au cours de l’hiver et il pense que c’est de sa faute. Plutôt décourageant, non?

Quant à moi, je préférerais que l’étiquette indique la zone véritable de la plante, mais c’est vrai qu’indiquer «zone 8» pourrait (et même devrait) faire peur aux jardiniers des régions froides. Ainsi je concède qu’il serait acceptable d’indiquer «zone 5 avec protection»: ainsi au moins le consommateur sera averti qu’il y a anguille sous roche. Mais «zone 5» tout court pour une plante de zone 7 ou 8? Je trouve ça malhonnête!

Les étiquettes des rosiers arbustifs disent la vérité

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Rosier arbustif ‘Winnipeg Parks: zone 2.

Mais pas de panique en ce qui concerne les rosiers arbustifs! Ces rosiers, un groupe qui comprend les célèbres séries des Explorateurs canadiens et des Artistes canadiens, sont naturellement plus rustiques que les rosiers buissons et, dans leur cas, on indique habituellement la bonne zone de rusticité sur l’étiquette: 2, 3, 4 ou 5, selon le cultivar. Aucune protection hivernale n’est nécessaire pour ces rosiers rustiques tant que vous les plantez dans la zone indiquée (ou une zone plus chaude). Ainsi, un rosier arbustif «de zone 2» peut se cultiver en zone 2, mais aussi dans les zones 3, 4, 5, 6, 7 et plus, alors qu’un rosier  arbustif «de zone 5» peut seulement se cultiver, sans protection, dans les zones 5, 6, 7 et plus.

20150406PD’ailleurs, je vous encourage fortement à préférer les rosiers arbustifs rustiques aux rosiers buissons gélifs. Après tout, l’un des principes de base du jardinier paresseux est de cultiver uniquement des plantes de sa zone ou des zones moindres. Ainsi, aucune protection hivernale ne sera nécessaire! La sainte paix!