Pucerons sur orchidées

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Les orchidées ont les mêmes problèmes d’insectes que les autres plantes. Photo: Ron Parsons, youplants.com

Question: Je viens de découvrir des pucerons sur 2 de mes 6 orchidées. Je les possède depuis près de 2 ans et je les inspecte régulièrement. D’où viennent ces insectes? Est-ce que mes autres orchidées seront aussi infestées?

Yen Doan

Réponse: Les pucerons peuvent arriver sur les plantes d’intérieur en volant quand on ouvre une porte ou une fenêtre l’été mais, en général, ils voyagent plutôt sur nos mains et nos vêtements. En travaillant sur le terrain, nous frôlons par accident une plante contaminée et des insectes indésirables se collent sur une chemise, un pantalon ou la peau.

Comme les pucerons entrent en diapause (un état proche de la dormance) à l’automne, on ne les voit pas nécessairement au début, mais quand les jours commencent à rallonger, les voilà qui se réveillent et qui commencent à se reproduire, ce qui explique le fait surprenant de voir des insectes «surgir de nulle part» en plein hiver, ce qui a fait croire à plus d’un jardinier qu’il agissait d’un cas de génération spontanée!

Oui, vos autres orchidées peuvent en être infestées. Idéalement, vous mettrez les plantes atteintes en isolation dans une autre pièce tant que le problème ne sera par réglé. Et attention! En passant avec un arrosoir des plantes infestées aux plantes saines, on peut transporter les pucerons par accident.

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Différents savons insecticides. Montage: jardinierparesseux.com

Pour contrôler les pucerons, des traitements hebdomadaires avec une solution de savon insecticide — un produit biologique — seront efficaces à condition de bien atteindre tous les insectes, même ceux qui sont cachés dans les interstices des feuilles. Vaporisez donc attentivement le produit sur toutes les surfaces des plantes, même sur le dessous des feuilles.

Attention: il faut souvent traiter 4 ou 5 fois avant d’arriver à un contrôle complet.

Contrôler les pucerons sur les plantes d’intérieur

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Hibiscus infesté de pucerons. Photo: Éric Trepanier

Vous avez rentré vos plantes d’intérieur dans la maison il y a quelques semaines et tout va assez bien, sauf que… une plante semble couverte de petites peaux mortes blanches. En l’examinant de plus près, vous découvrez que certaines tiges et feuilles sont couvertes de minuscules insectes dodus: des pucerons! Que faire?

Connaître son ennemi

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Pucerons verts, probablement des pucerons du pêcher.

Il y existe des milliers d’espèces de pucerons qui peuvent être de presque toute couleur: noir, pourpre, orange, rouge, jaune, blanc, etc. Cependant, le puceron qui entre le plus souvent dans nos demeures est le puceron vert du pêcher (Myzus persicae), un insecte qui n’est pas limité, malgré son nom, aux pêchers et qui est plutôt un généraliste, affectant beaucoup de plantes de jardin. Ce puceron est de couleur vert clair. L’insecte pénètre habituellement dans nos demeures sur une plante qui a été mal nettoyée avant son entrée à l’automne, mais parfois aussi sur nos vêtements quand on jardine. Si, par la suite, on touche à une plante d’intérieur, l’insecte peut y élire domicile.

Ce puceron produit souvent à l’automne quelques individus ailés qui pourraient théoriquement entrer dans la maison en volant, mais cela est moins courant qu’un «transport assisté».

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La présence de petites peaux mortes (exosquelettes) blanches indique souvent la présence de pucerons.

Il ne faut qu’un seul puceron femelle pour produire des milliers de bébés, et ce, en seulement quelques semaines. Aucun mâle n’est nécessaire: la femelle produit des répliques d’elle-même par parthénogenèse (reproduction sans fécondation), puis ses bébés commencent à produire des bébés seulement quelques jours après leur naissance. Imaginez la prolifération!

Les dégâts

Le puceron perce une cellule végétale et sirote la sève qui s’en écoule. Quand la population de pucerons augmente, cela affaiblit la plante, menant au jaunissement des feuilles atteintes et leur chute éventuelle. Les boutons floraux atteints tombent aussi. Éventuellement la plante peut en mourir.

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La fumagine se forme souvent sur les feuilles couvertes de miellat.

Vous verrez également un produit collant qui coule sur les feuilles inférieures ou même sur les meubles, le miellat: c’est la déjection sucrée transparente du puceron. Une moisissure noire – la fumagine – peut se former sur le miellat et couvrir les feuilles, coupant la lumière dont la plante a besoin pour sa survie.

Le puceron peut être porteur de virus et d’autres maladies végétales qu’il transmettra à votre plante.

Enfin, l’insecte peut aussi infester d’autres plantes des environs. Il ne semble pas avoir de préférence: presque toute plante peut lui convenir.

Le contrôle

Dans le jardin, très souvent des prédateurs, comme les coccinelles, les chrysopes et les syrphes, viennent à la rescousse du jardinier et réduisent l’infestation. À l’intérieur, cependant, ces prédateurs sont absents. Donc, il faut être prêt à réagir rapidement pour limiter les dégâts.

Premièrement, il faut isoler la plante atteinte pour ne pas que le problème s’étende.

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Un rinçage en profondeur peut supprimer les pucerons.

Le traitement le plus facile et souvent le plus efficace est d’apporter la plante à l’évier et de la rincer avec un fort jet d’eau. Si la plante est trop grosse pour l’évier, essayez la douche. Il faut atteindre toutes les parties de la plante, incluant le dessous des feuilles. Il peut être nécessaire de traiter à répétition, car si un seul puceron survit, l’infestation se poursuivra.

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Le savon insecticide est un excellent produit… mais par souci d’économie, préférez le concentré.

Le neem est un excellent pesticide pour contrôler les pucerons. Le savon insecticide, un produit biologique facilement disponible dans les jardineries, aussi. Le savon noir peut aussi servir pour traiter les pucerons, mais il n’est pas plus efficace que le savon insecticide et coûte beaucoup plus cher. Les huiles horticoles et les insecticides à base de pyrèthre peuvent aussi être efficaces.

Diluez le produit choisi selon les recommandations du fabricant et appliquez-le sur les parties atteintes avec un petit vaporisateur manuel, faisant très attention d’atteindre aussi les parties moins visibles, comme le dessus des feuilles. Répétez au besoin aux 4 à 5 jours.

L’utilisation des soi-disants «savons à vaisselle» pour traiter les pucerons, pourtant populaires auprès de plusieurs jardiniers, ne peut plus être recommandée. Les liquides à vaisselle modernes ne contiennent généralement plus de savon, mais plutôt un détersif: or, les détersifs ne sont pas plus efficaces à contrôler les insectes qu’un simple rinçage à l’eau. (Les vrais savons, par contre, étouffent les insectes.) De plus, les liquides à vaisselle contiennent souvent des additifs (colorants, parfums, stabilisateurs, etc.) qui peuvent être toxiques aux plantes. Si vous voulez traiter une plante contre les pucerons avec un produit-maison, utilisez un savon pur, comme le savon Ivory, pas un détersif!

Les pucerons sont difficiles à contrôler: il faut souvent répéter le traitement plusieurs fois avant de vraiment réussir. Mais si vous êtes persistant dans vos applications, vous finirez pas les avoir!

Le réveil des ennemis des plantes d’intérieur

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Les aleurodes seront bientôt de retour!

Vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais certains insectes qui infestent les plantes d’intérieur ont été plus tranquilles depuis quelque temps. En effet, quand les jours sont courts, donc à partir du milieu de l’automne, ils entrent en diapause, un genre de semi-dormance, et peuvent même semble être disparus. D’autres insectes continuent de rester actifs même quand les jours sont courts, mais à un niveau bien inférieur que l’été. Mais quand les jours rallongent, les deux groupes se réactivent et commencent à se reproduire abondamment.

Or, même aussi tôt que la fin de janvier, les jours rallongent perceptiblement et, peu à peu, selon l’espèce, les ennemis de nos plantes se remettront à l’œuvre. À partir du début de mars, ils seront tous bien réveillés… et affamés.

Il s’agit d’insectes comme :

Les pucerons, les sciarides (mouches de terreau) et les thrips, par contre, ne semblent pas ralentir l’hiver. Ils sont aussi actifs en janvier qu’en juillet! Il faut donc garder l’œil ouvert pour ces insectes toute l’année.

Que faire?

  • 20160128C.jpgD’abord, inspectez vos plantes dès la fin de janvier, regardant surtout à l’envers des feuilles et à leur aisselle (là où le pétiole est fixé à la tige). Une loupe peut être nécessaire pour voir les araignées rouges (qui ne sont pas, en passant, des araignées, mais des mites). Par la suite, une inspection aux deux semaines n’est jamais une mauvaise idée.
  • Posez des pièges collants jaunes: souvent les insectes volants comme les aleurodes, les sciarides et les pucerons ailés s’y collent même avant que l’infestation commence véritablement.
  • Isolez les plantes infestées… avant que le prédateur ne s’en prend à d’autres plantes;
  • Traitez les plantes infestées.

20160129B.jpgLes savons insecticides et huiles horticoles sont des traitements presque universels contre ces créatures. Il faut suivre bien sûr le mode d’emploi indiqué. On peut aussi traiter les plantes au savon à vaisselle ou au savon noir, mais faites un test auparavant: ces savons sont toxiques au feuillage de plusieurs plantes.

On peut aussi vaporiser une solution de 250 ml d’alcool à friction dans 1 litre d’eau pour contrôler les cochenilles, les pucerons et les aleurodes. Attention: pour votre propre protection, il faut bien aérer la pièce pendant l’application.

Bon succès à tous les inspecteurs des plantes!