Un petit mot de votre poinsettia

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Source: terryweaver.com, http://www.uihere.com & http://www.wallquotes.com, montage: jardinierparesseux.com

Bonjour!

Je suis votre poinsettia. Je décore votre salon depuis quelques jours déjà et j’aimerais bien le faire longtemps, mais pour que je puisse durer, j’ai besoin de votre aide.

Emballage

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Le couvre-pot peut nuire à ma floraison: il faut l’enlever ou le percer. Source: Karen McCourt, in.pinterest.com

D’abord, quelques mots sur mon emballage. Le couvre-pot métallique ou en plastique qui m’entoure est assurément joli, mais il me cause des ennuis. En effet, il recouvre complètement les trous de drainage de mon pot, donc, quand vous m’arrosez, le surplus d’eau ne se draine pas, il s’accumule plutôt et alors mes racines, qui ont besoin d’air, commencent à se noyer. Donc, pourriez-vous l’enlever, s’il vous plaît, ou du moins percer des trous dans le fond pour que l’eau puisse s’en échapper? Merci!

Arrosage

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Tenez mon terreau légèrement humide en tout temps, mais sans excès. Source: http://www.ftd.com

Deuxièmement, les arrosages. Je viens de sortir d’une grande serre où mon arrosage était automatisé : jamais je n’ai manqué d’eau de ma vie. Si vous me laissez sécher, quelques-unes de mes racines vont mourir et quand j’ai moins de racines, je ne peux supporter autant de feuilles. Donc, mes feuilles inférieures vont jaunir et tomber et je serai moins beau. Si vous le faites une deuxième fois, je perdrai d’autres feuilles, puis d’autres encore, et bientôt je vais paraître bien maigrichon, perdant même de mes bractées colorées.

Prenez l’habitude de toucher à mon terreau aux trois ou quatre jours. Allez-y : enfoncez un doigt dedans, ça ne me fait aucun mal. Si le terreau paraît humide, tout est beau, mais vérifiez de nouveau dans trois ou quatre jours. Si le terreau paraît sec, arrosez-moi. Lentement, mais abondamment, avec de l’eau tiède (je déteste l’eau froide!), jusqu’à ce que le surplus d’eau sorte des trous de drainage de mon pot. Après 15 minutes, jetez toute eau qui reste dans ma soucoupe. Vous verrez comme je serai content : si vous faites toujours ça, je promets de rester en fleurs durant tout le temps des Fêtes!

Éclairage

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J’ai besoin d’un bon éclairage. Source: http://www.ikea.com

Maintenant, l’éclairage. D’accord, je peux tolérer quelques jours, voire deux ou trois semaines sans trop de lumière, mais je suis, au fond, une plante de plein soleil. Vous pouvez me placer sur une table ou un cabinet loin de toute fenêtre pendant la période des festivités. Après tout, mon rôle est de décorer votre demeure. Mais après, placez-moi près d’une fenêtre ensoleillée. Si je reçois beaucoup de soleil en plus d’arrosages réguliers, je peux bien rester en fleurs jusqu’au mois de mai!

Autres soins

Quelques détails encore, mineurs : je tolère la chaleur le jour, mais je préfère des nuits plus fraîches. Donc, si vous pouviez baisser le thermostat juste un peu avant de vous coucher, à 18 °C peut-être, j’apprécierais. Je dormirais mieux.

Aussi, gardez-moi à l’abri des courants d’air froids et des radiateurs. Aimez-vous les coups d’air froid ou chaud? Non? Eh bien, moi non plus!

Et ne me nourrissez pas encore. Avant de m’envoyer au magasin, on m’a tellement fertilisé que je n’ai plus faim et n’aurai pas faim avant un mois ou deux. Au mois de mars, quand les jours rallongeront sérieusement, je vais commencer à chercher quelques minéraux supplémentaires : donnez-moi alors un peu d’engrais tout usage à chaque arrosage; juste quelques gouttes! Je ne suis pas gourmand, mais il ne faut pas m’affamer, tout de même.

À l’an prochain

Écoutez, si je fleuris jusqu’au mois de mai, je considère que j’ai fait mon travail. J’espère que vous apprécierez mes efforts! Après, il me semble que j’aurai le droit de me reposer un peu. Maintenir des bractées colorées, c’est si fatigant! Aussi, ne vous plaignez pas si je les laisse tomber : vous en aurez eu pour votre argent.

Mais quoi, vous voulez que je refleurisse? Hmm. Laissez-moi y penser. Le pépiniériste qui m’a produit ne l’avait pas prévu, il me voyait comme une décoration temporaire seulement. Mais il est vrai que vous avez été gentil avec moi, donc, c’est d’accord, je fleu­rirai de nouveau. Mais ça va demander quelques efforts supplémentaires.

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Taillez-moi sévèrement quand mes bractées tombent. Source: UKGardening, http://www.youtube.com

D’abord, quand mes bractées tomberont, taillez-moi sévèrement, à 5 à 10 cm du sol. Allez-y : ça ne me fait pas mal! Et ça me stimule à pousser plus densément, ainsi je serai plus beau l’an prochain. Continuez à m’éclairer, à m’arroser (ne me laissez jamais sécher!) et à me fertiliser. Vous pouvez même me mettre à l’extérieur l’été. J’adore ça! Mais rentrez-moi en septembre, avant le premier gel.

20181211E LH.jpgEt là, je vais vous livrer mon plus grand secret! Je ne fleuris que si j’ai des nuits longues ou, si vous préférez, des jours courts, soit de moins de 12 heures. Donc, à partir du 22 septembre, il ne faut plus me conserver dans une pièce qui est éclairée artificiellement le soir. Placez-moi dans une chambre d’invités où je reçois un éclairage intense le jour, mais enlevez toutes les ampoules pour que personne ne puisse allumer une lumière par accident le soir et abracadabra! les nouvelles feuilles qui sortiront au sommet de mes tiges vont toutes être colorées! D’ailleurs, dès que je commencerai à changer de couleur, il ne sera plus nécessaire de réduire la durée de l’éclairage. C’est juste pour amorcer le changement de couleur que j’ai besoin de jours courts.

Savez-vous quoi? Vous avez été si bon avec moi que je vais vous faire un cadeau : je vais fleurir pour la fête de Noël l’an prochain, juste pour vous!

Bonnes bises!

Votre poinsettia

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Ne tardez pas à déballer votre poinsettia

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Il faut bien faire emballer un poinsettia pour le rapporter chez soi, bien sûr, mais ne le laissez pas trop longtemps dans son emballage! Source: http://www.alphapackaging.co.uk

S’il n’y a normalement pas de problème à laisser des plantes achetées pour Noël emballées pendant 4 ou 5 jours, ce n’est pas le cas du poinsettia (Euphorbia pulcherrima). Cette plante produit de l’éthylène, un gaz toxique, et commence donc à s’empoisonner elle-même en aussi peu que 16 heures, surtout à des températures supérieures à 60 °F (16 °C).

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La plante peut être en mauvais état quand on la déballe. Source: http://www.hydro-orchids.com

Dans ce cas, la plante paraît fanée quand vous la déballez, même si le terreau est humide, et elle ne récupèrera pas. Souvent, plusieurs bractées (feuilles colorées) et feuilles jaunissent et tombent, soit immédiatement ou au cours des jours suivants. La plante n’est pas nécessairement morte, mais n’est plus très présentable.

Donc, déballez votre poinsettia dès que vous arrivez chez vous. Et si vous voulez offrir un poinsettia en cadeau, achetez-le dans les heures précédant le don… ou, si vous devez l’acheter à l’avance, au moins déballez-le à votre arrivée chez vous pour le remballer juste avant de faire le trajet.

Les plantes de Noël autour du monde

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Il y a différentes plantes associées à Noël à travers le monde. Source: jardinierparesseux.com

Je pense que je peux dire sans me tromper que la plante de Noël la plus populaire en Amérique du Nord est le poinsettia (Euphorbia pulcherrima): les magasins en regorgent à cette saison! Mais d’autres plantes aussi sont populaires: le cactus de Noël (Schlumbergera spp.), le kalanchoé de Noël (Kalanchoe blossfeldiana), l’amaryllis (Hippeastrum spp.), le piment de Noël (Capsicum annuum), le cerisier de Jérusalem (Solanum pseudocapsicum), la fougère givrée (Selaginella martensii ‘Frosty’), le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla) et, bien sûr, le sapin de Noël (Abies balsamea et autres). Depuis quelques années, le thé des bois, aussi appelé gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens), s’est ajouté à la liste.

Mais les plantes de Noël diffèrent autour du monde. Jetons un coup d’œil sur ce qu’il se passe ailleurs.

Nouvelle-Angleterre

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Polystichum acrostichoides. Source: Krzysztof Ziarnek, Kenraiz

En plus des plantes précitées, j’ajouterais à la liste des plantes de Noël le polystic faux-acrostic (Polystichum acrostichoides), qu’on appelle aux États-Unis «Christmas fern» (fougère de Noël), car ses frondes sont persistantes et peuvent servir dans la fabrication de guirlandes et de couronnes. La même fougère pousse aussi au Québec, mais nous ne semblons pas l’utiliser comme décoration de Noël.

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Ilex verticillata Berry Poppins®. Source: Proven Winners.

Les branches de houx verticillé (Ilex verticillata), à feuilles caduques, donc sans feuilles à Noël mais chargées de baies rouges, sont fort appréciées dans les arrangements de Noël dans cette région. Encore une fois, cette plante pousse également chez nous et les branches sont parfois vendues dans les boutiques des fleuristes, mais elles ne semblent pas spécialement associées au temps des Fêtes au Québec.

En Europe

En général, les plantes présentées dans le premier paragraphe (poinsettias, cactus de Noël, kalanchoé de Noël, etc.)  sont populaires en Europe aussi, bien que le poinsettia, qu’on appelle étoile de Noël en France, ne domine pas le paysage à Noël comme il le fait de l’autre côté de l’Atlantique. Mais il y a d’autres plantes associées avec Noël (et le jour de l’An) qui sont plus propres à l’Europe.

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Ilex aquifolium. Source: AnemoneProjectors, Wikimedia Commons

Par exemple, le houx (Ilex aquifolium), un symbole de Noël très important, est un arbuste ou même un grand arbre aux feuilles persistantes dentées et aux fruits rouges qu’on cultive dans bien des jardins de l’Ancien Monde.

Nous le connaissons au Québec, mais surtout sous la forme de cartes de Noël et de guirlandes de plastique, car les houx à feuillage persistant sont rarement assez rustiques pour notre climat et ceux qui le sont sont de petits arbustes frileux généralement emballés de géotextile à Noël et donc inaccessibles.

En Europe, par contre, les branches de houx sont utilisées abondamment à Noël. On les fixe aux portes et aux fenêtres des maisons. Aujourd’hui, on prétend que c’est en guise d’invitation, mais en fait, cette tradition relève d’une vieille croyance selon laquelle ces branches empêchaient les mauvais esprits d’entrer.

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Bouquet de gui suspendu. Source: mistletoematters.wordpress.com

La tradition d’utiliser du gui (Viscum album) — avec ses petits fruits ronds blancs translucides — comme décoration du jour de l’An est encore très répandue sur le Vieux Continent et date d’ailleurs de l’époque des druides, mais peine à survivre en Amérique. C’est que le gui, une plante parasite qui vit aux dépens de son arbre hôte, ne pousse pas dans le nord-est du continent nord-américain, et qu’on ne peut même plus obtenir des branches de gui fraîches. Il y a quand même des guis nord-américains similaires, notamment dans le genre Phoradendron, qui sont présents dans le sud et l’ouest de l’Amérique du Nord, mais la tradition de s’embrasser sous le gui se perd néanmoins en Amérique alors qu’elle est plus tenace en Europe.

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Couronne d’Hedera helix. Source: bcinvasives.ca

Le lierre européen ou lierre anglais (Hedera hélix) est la guirlande traditionnelle des Fêtes en Europe. On en décore copieusement les maisons à Noël… et pourquoi pas, puisque cette grimpante à feuillage persistant pousse abondamment partout! Cette tradition ne semble jamais s’être établie en Amérique du Nord, sans doute parce que le lierre n’y est pas indigène, mais qu’il y existe surtout comme plante d’intérieur, plus rarement comme grimpante ou couvre-sol en plein air, et est donc de distribution beaucoup plus limitée.

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Rose de Noël (Helleborus niger). Source: 4028mdk09, Wikimedia Commons

La rose de Noël (Helleborus niger), qui n’est pas du tout un rosier (Rosa sp.), mais plutôt une plante vivace, est la plante de Noël dans le sud-est de l’Europe, là où l’Église orthodoxe domine. Leur Noël a lieu au milieu de janvier quand cette vivace est en fleurs: c’est la première fleur de l’année, d’ailleurs. On l’utilise surtout en plate-bande, mais il s’en vend aussi des potées fleuries dans les jardineries. Ailleurs, cette plante fleurit trop tard pour être une plante de Noël: à Pâques ou même en mai au Québec!

En Europe, le «sapin de Noël» est souvent un épicéa (épinette) ou un pin, voire un genévrier ou un autre conifère, selon ce qui est disponible localement.

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Bûche de Noël. Source: maeclair.net

Dans beaucoup de régions d’Europe, la tradition de la bûche de Noël demeure profondément ancrée. Les Québécois seront surpris d’apprendre qu’il s’agit d’une véritable bûche, une grosse, qu’on allume en soirée la veille de Noël et qui brûle pendant tout la nuit et jusqu’au soir de Noël le lendemain. Au Québec — on ne sait pas trop comment —, la bûche est devenue un… gâteau!

Dans les Balkans, on appelle la bûche de Noël «badnjak» (ou «budnik», selon la langue locale) et c’est toujours un chêne (Quercus), symbole de longévité. Ceux qui n’ont pas de foyer où brûler une bûche vont souvent décorer leur appartement avec des brindilles de chêne.

Grèce et Moyen-Orient

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Couronne décorée de grenades (Punica granatum). Source: http://www.clubbotanic.com

La principale plante de Noël dans cette région est la grenade (Punica granatum), qui mûrit justement à cette saison. On en décore portes, foyers, tables, etc., autant avec le vrai fruit rouge qu’avec des grenades artificielles.

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Fragon faux houx (Ruscus aculeatus). Source: Dominicus Johannes Bergsma, Wikimedia Commons

D’autres plantes souvent utilisées dans les décorations sont le fragon faux houx (Ruscus aculeatus) et le buisson ardent (Pyracantha spp.), les deux au feuillage persistant vert et aux baies rouges. D’ailleurs, ces deux plantes sont utilisées de cette façon un peu partout dans le sud de l’Europe.

En Israël, on offre des branches d’olivier (Olea europaea) à Noël aux amis en symbole de paix.

Mexique

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Poinsettias en vente au Mexique dans un marché à Noël. Source: casita-colibri.blog

Le poinsettia (Euphorbia pulcherrima) est originaire du Mexique et est populaire dans ce pays, où on l’appelle «flor de Nochebuena» (fleur de la nuit sainte). On décore aussi avec le fragon faux houx et le buisson ardent, comme dans le sud de l’Europe, ainsi qu’avec des plantes locales qui sont attrayantes à Noël.

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Punch de Noël mexicain avec fruits de manzanita (Crataegus mexicana). Source: www.goya.com

La manzanita, aussi appelée tejocote ou manzanilla (Crataegus mexicana), une aubépine à gros fruits, est autre plante traditionnellement utilisée comme décoration de Noël dans bien des régions d’Amérique centrale. On enfile les fruits orange sur un fil comme guirlande et l’on s’en sert aussi pour produire le punch de Noël.

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Noche de Los Rábanos. Source: AlejandroLinaresGarcia, Wikimedia Commons

L’une des traditions les plus curieuses est cependant la Nuit des radis (Noche de Los Rábanos), fêtée dans la région d’Oaxaca, où l’on sculpte des radis et prépare des montages de radis pour le 23 décembre.

Amérique du Sud

De l’autre côté de l’Équateur, il y a une complication: les plantes fleurissent à la saison opposée à celle de l’hémisphère Nord, donc nos plantes de Noël fleurissent en général… six mois trop tard! Ainsi, le poinsettia est appelé «fleur de Pâques» (flor de pascua) dans bien des pays d’Amérique du Sud, car il fleurit à cette saison alors que notre cactus de Noël (Schlumbergera) est appelé «flor de Maio» (fleur de mai) dans son pays d’origine, le Brésil. En contrepartie, c’est notre cactus de Pâques (Hatiora gaertneri, anc. Rhipsalidopsis gaertneri) qui devient le «cactus de Navidad» (cactus de Noël) en Amérique du Sud. C’est littéralement le monde à l’envers!

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Faux-poivrier (Schinus terebinthifolius). Source:Javier Alejandro, flickr

À la place de «nos» fleurs de Noël, les Sud-Américains ont tendance à utiliser comme plantes des Fêtes des plantes indigènes qui fleurissent ou qui fructifient à la fin de décembre. Des branches de faux-poivrier (Schinus terebinthifolius et S. molle), connu dans le nord pour le poivre rose qu’il produit, sont par exemple utilisés pour décorer les églises et les maisons dans le temps des Fêtes, car elles sont remplies de petites baies rouges à cette saison.

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Orchidée de Noël vénézuélienne (Cattleya percivaliana), QuazDelaCruz,

Au Venezuela, c’est une orchidée qui annonce Noël: Cattleya perciviliana. Ailleurs en Amérique du Sud, c’est plutôt Angraecum sesquipedale, originaire de Madagascar, mais populaire dans plusieurs pays, qu’on appelle «orquídea de navidad» (orchidée de Noël) ou «estrella de Belén» (étoile de Bethléem) pour ses grosses fleurs étoilées blanches qui s’épanouissent à cette saison. Dans certaines régions d’Amérique du Sud, d’autres plantes à fleurs étoilées blanches qui fleurissent à la bonne saison portent le nom «estrella de Bélen», par exemple un bulbe appelé Ornithogalum umbellatum.

Au Paraguay, on décore la maison et les crèches de «flores de coco», soit les longues inflorescences parfumées d’un palmier, le coyol (Acrocomia aculeata), une tradition préchrétienne qui vient du peuple guarani indigène.

Asie

En général, le concept de Noël est relativement récent sur ce continent et c’est surtout une fête commerciale d’inspiration américaine. Il n’y a pas de plantes vraiment traditionnelles associées avec cette célébration, du moins, pas de longue date. La plupart des plantes de Noël sont donc des introductions récentes, généralement les mêmes plantes de Noël qu’on voit en Amérique du Nord (poinsettias, cactus de Noël, etc.). On voit, par exemple, des sapins de Noël dans les centres commerciaux, rarement chez les gens, et habituellement ils sont artificiels.

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Bambou céleste (Nandina domestica). Source: http://www.mailordertrees.co.uk

La population chrétienne au Japon est plus solidement établie que dans la plupart des pays asiatiques et a adopté la tradition du sapin de Noël, habituellement un véritable sapin ou un épicéa (épinette). Le bambou céleste, Nandina domestica, qui n’est pas un bambou du tout, mais un arbuste, décore les jardins à cette saison avec ses fruits écarlates et ses feuilles rouges. Le chrysanthème (Chrysanthemum morifolium), populaire en toute saison au Japon, l’est particulièrement à Noël aussi.

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Pomme imprimée portant un souhait de paix. Source: gbtimes.com

En Chine, on donne souvent une pomme emballée de papier de couleur ou avec une image imprimée sur son épiderme la veille de Noël, car le mot mandarin pour «veille de Noël», soit «nuit de paix» (Ping’an Ye), ressemble au mot pomme (píngguǒ).

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Palmier de Noël (Adonidia merrillii). Source: palmpedia.net

Dans les régions tropicales d’Asie, il y a le palmier de Noël (Adonidia merrillii), mieux connu sous son ancien nom, Veitchia merrillii, qui fait office de symbole de Noël. Avec son tronc trapu et ses frondes relativement courtes, il ressemble à un palmier royal nain… et il se décore de fruits rouges à Noël. Originaire des Philippines et de la Malaisie, ce palmier est maintenant cultivé un peu partout dans les tropiques, pas seulement en Asie.

Enfin, en Inde, le cyprès de Monterey doré (Cupressus macrocarpa ‘Goldcrest’) commence à se populariser comme sapin de Noël, mais autrement, cette fête est peu célébrée dans ce pays.

Afrique

Les traditions des plantes de Noël sont davantage établies dans le sud de l’Afrique que dans le centre et le nord, apportées dans cette région par les Européens qui s’y sont établis (notamment les Néerlandais et les Anglais).

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La « fleur de Noël » en Afrique du Sud est l’hortensia (Hydrangea macrophylla). Source: pxhere

Encore, les saisons étant inversées, leur choix de plantes de Noël est fort différent de celui des Européens et des Nord-Américains. Notamment, l’hortensia (Hydrangea macrophylla), bien connu dans l’hémisphère Nord pour sa floraison estivale, s’y appelle «Christmas flower» (fleur de Noël) et est probablement la plante de Noël la plus populaire! Par contre, on y trouvera quand même aussi des potées de poinsettias, les pépiniéristes locaux ayant réussi à les faire fleurir pour Noël en couvrant les serres de production de toiles noires à partir de 18 h pour assurer les jours courts nécessaires à l’initiation de leur floraison.

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Christmas bells (Sandersonia aurantiaca), une plante à bulbe. Source: http://www.alanjolliffe.com

Différentes plantes indigènes servent aussi de fleurs de Noël, notamment le «Christmas bush» (Pavetta spp.), les «Christmas bells» (Sandersonia aurantiaca) et le «Christmas berry» (Chironia baccifera) et aussi plusieurs plantes australiennes, car le climat des deux régions est similaire (lisez plus loin pour quelques exemples). Les Africains fêtent aussi Noël avec beaucoup de plantes qui sont pour nous des fleurs estivales, comme les marguerites, les roses et les zinnias.

Le sapin de Noël est bien populaire en Afrique du Sud, mais on utilise plutôt à cette fin des conifères adaptés aux conditions locales, comme le cyprès (Cupressus spp., notamment C. macrocarpa), le cryptoméria du Japon (Cryptomeria japonica) et divers pins (Pinus spp.).

Australie

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Sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Source: AlfredSin, flickr

En Australie, le «sapin» de Noël traditionnel est le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Si, dans l’hémisphère Nord, on l’utilise surtout comme plante d’intérieur et qu’il y dépasse rarement 1,5 m de hauteur, dans son Australie natale, il peut éventuellement atteindre jusqu’à 65 m de hauteur, soit l’équivalant de 20 étages! On utilise aussi d’autres conifères venant d’autres parties du monde comme arbres de Noël, notamment différents pins.

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Australian Christmas tree (Nuytsia floribunda). Source: JarrahTree, Wikimedia Commons

Et les Australiens ont leur propre «Australian Christmas tree» (arbre de Noël australien), Nuytsia floribunda, mais il ne s’agit pas d’un conifère, mais plutôt d’un feuillu. D’ailleurs, c’est un arbre parasite (ou plutôt hémiparasite, puisqu’il fait de la photosynthèse) qui soutire la majeure partie de son eau et de ses minéraux des plantes avoisinantes! Il produit des épis mousseux de fleurs jaune orange dans le temps des Fêtes.

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L’un des arbustes de Noël australiens (Ceratopetalum gummiferum). Source: gdaymateowyagoin, flickr

Aussi, chaque État australien semble avoir son propre «Christmas bush» (arbuste de Noël), toujours un arbuste indigène qui produit des masses de fleurs ou de fruits colorés à la bonne saison, dont Correa spp., Chromolaena odorata, Ceratopetalum gummiferum et Prosanthera laisanthos. Et plusieurs bulbes qui fleurissent à Noël sont populaires, notamment divers Blandfordia, qui portent le nom de «Christmas bells». Et l’Australie a aussi sa propre orchidée de Noël: Calanthe triplicata, une espèce indigène.

Nouvelle-Zélande

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Le New Zealand Christmas tree (Meterosideros excelsa). Source: Ed323, Wikimedia Commons

Parlez d’arbre de Noël à un Néozélandais et il pensera non pas à un conifère, mais au Meterosideros excelsa, un arbre feuillu au port arrondi, qui se couvre de fleurs plumeuses rouges à Noël. On l’appelle «New Zealand Christmas Tree» ou «pōhutukawa». Et l’alstroemère perroquet (Alstroemeria psittacina), un bulbe introduit qui produit des fleurs tubulaires rouges à pointe verte, est couramment cultivé sous le nom de «New Zealand Christmas Bells» (cloches de Noël néozélandaises).


Donc, où que vous voyagiez à travers le monde, il y a toujours des fleurs et des plantes associées à Noël. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à m’en faire part à jardinierparesseux@gmail.com.20171224A HC

La Journée nationale du poinsettia

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Le 12 décembre est la Journée nationale du poinsettia. Source: jardinierparesesseux.com

Saviez-vous que le 12 décembre est la Journée nationale du poinsettia?

La date a été choisie en l’honneur de Joel Robert Poinsett, homme politique, médecin et botaniste amateur qui fut ministre plénipotentiaire (ambassadeur) des États-Unis au Mexique de 1825 à 1830. Lors de son séjour, il tomba sous le charme d’un joli arbuste à «fleurs» rouges, déjà connu des botanistes sous le nom d’Euphorbia pulcherrima, et fit envoyer quelques boutures chez lui en Caroline du Nord. Par la suite, il partagea des boutures avec des jardiniers du secteur qui donnèrent le nom «poinsettia» à la plante. Ainsi, il lança, sans trop le savoir, une industrie globale qui vaut aujourd’hui plus de 250 millions de dollars par année.

C’est en commémoration de la mort de Joël Poinsett le 12 décembre 1851 que le Congrès des États-Unis décida d’instaurer la Journée nationale du poinsettia en 2002, suivi peu après par les Pays-Bas, l’Espagne, le Canada, la France et plusieurs autres pays.

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Fête du Dia de la Virgen à Mexico. Source: faytur.com

Par pure coïncidence, le 12 décembre est aussi le Dia de la Virgen, l’une des fêtes catholiques les plus importantes du Mexique, le pays d’origine de la plante. La date rappelle l’apparition de la Vierge Marie à Guadalupe, maintenant au cœur de la ville de Mexico, le 12 décembre 1531. Et devinez quelle plante est utilisée pour célébrer le Dia de la Virgen?

Détails fascinants

Voici quelques «détails fascinants» à propos du poinsettia:

  1. Le poinsettia est de loin la plante d’intérieur la plus populaire au monde, avec quelque 65 millions de plantes vendues chaque année.
  2. Il s’agit d’une plante de jours courts qui fleurit tout naturellement vers Noël dans l’hémisphère Nord.
  3. Non, le poinsettia n’est pas toxique aux êtres humains en dépit d’une légende urbaine de longue date qui prétend le contraire. Il faudrait qu’un enfant de 23 kg mange 500 feuilles de poinsettia pour que cela puisse avoir un effet nocif… et la feuille a un goût si amer qu’il serait difficile d’en faire avaler même une seule à un enfant! Certaines personnes allergiques au latex peuvent toutefois aussi être allergiques à la sève du poinsettia. Et le poinsettia est légèrement toxique aux chats et aux chiens: s’ils mâchouillent des feuilles, cela peut provoquer des nausées ou même des vomissements ou de la diarrhée. Il est donc sage de toujours placer un poinsettia hors de portée des animaux domestiques.

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    Les petites «boules» au centre de l’inflorescence du poinsettia sont ses véritables fleurs. Photo: pxhere

  4. Les véritables fleurs du poinsettia sont les petites «boules» de couleur jaune et vert au centre de l’inflorescence. Les grands «pétales» si vivement colorés sont en fait des bractées, soit des feuilles modifiées. Ces bractées servent à attirer les pollinisateurs vers les vraies fleurs, assez insignifiantes.
  5. L’Église catholique bannit la culture du poinsettia au moment de la Conquête espagnole du Mexique, le considérant comme une plante païenne parce que les Aztèques le vénéraient. Ces derniers voyaient les bractées rouge sang comme un symbole de pureté et l’utilisaient pour décorer leurs temples. Cependant, l’Église s’est réconciliée avec le poinsettia au cours des siècles suivants et d’ailleurs, le poinsettia est maintenant bien intégré aux traditions de Noël au Mexique et dans d’autres pays hispanophones où on l’appelle «flor de Nochebuena» (fleur de la nuit sainte).
  6. Le rouge est la couleur originale du poinsettia, mais il y a maintenant plus de 125 cultivars dans toutes les nuances de rouge, blanc, crème, rose, pourpre, jaune, saumon et certains sont même bicolores. Par contre, si vous voyez des poinsettias en bleu, violet foncé, vert fluorescent ou orange criarde, sachez que ces couleurs viennent de teintures pulvérisées sur un poinsettia blanc.

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    Le poinsettia sauvage est un grand arbuste ou petit arbre. Source: Frank Vincentz, Wikimedia Commons

  7. À l’état sauvage, le poinsettia est un grand arbuste ou petit arbre et peut atteindre jusqu’à 4 m de hauteur. Les poinsettias courts et compacts que nous connaissons sont le résultat d’une infection phytoplasmique qui nanifie la plante et la stimule à se ramifier abondamment.
  8. Si la plante est bien entretenue (températures chaudes, bonne humidité atmosphérique, arrosages réguliers, etc.), les bractées du poinsettia peuvent tenir pendant six mois ou plus. En Martinique, on l’appelle d’ailleurs «six mois beau».
  1. Oui, on peut faire refleurir un poinsettia sous les conditions typiques d’une maison ou d’un appartement, même avec une facilité relative… mais pour ce faire, et en plus à temps pour Noël, vous devrez lui offrir des jours courts (12 heures ou moins d’éclairage) à partir de la fin septembre. Le plus facile, c’est de placer la plante dans une pièce abondamment éclairée le jour, mais qui ne reçoit aucune lumière artificielle la nuit. Comme les jours sont naturellement courts à cette saison, du moins dans l’hémisphère Nord, la plante fleurira sans peine à temps pour Noël.
  2. Le poinsettia appartient au genre Euphorbia, le quatrième plus vaste du monde végétal, avec quelque 2 000 espèces distribuées un peu partout dans le monde. Son nom spécifique signifie «très beau», une épithète qu’il mérite bien.

Avec Noël qui arrive dans deux semaines, il me semble que la Journée nationale du poinsettia est un excellent moment pour installer un poinsettia de Noël chez vous!20171212A Pixabay FR

Ces plantes qui aiment les jours courts

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Les cactus d’automne fleurit à la fin de novembre, presque un mois avant le véritable cactus de Noël.

La vaste majorité des plantes que nous cultivons dans nos maisons sont plus ou moins indifférentes à la longueur du jour (elles sont aphotopériodiques) et peuvent fleurir en toute saison. Il y a toutefois un petit groupe de plantes d’intérieur qui a besoin de jours courts pour fleurir. Ces végétaux ne fleuriront pas sous les journées longues de l’été, mais se mettront plutôt à fleurir l’automne ou l’hiver.

Dans la nature, ces plantes viennent non pas de la zone équatoriale, où les jours durent toujours 12 heures, mais de régions au nord ou au sud de l’équateur, là où il y a au moins une petite différence de longueur de jour selon la saison. Le raccourcissement des jours leur signale qu’il est temps de fleurir.

La liste des plantes d’intérieur de jours courts est relativement courte. Il y a le poinsettia (Euphorbia pulcherrima), les cactus d’automne (Schlumbergera truncata) et de Noël (S. x buckleyi), le kalanchoé de Noël, incluant les populaires cultivars doubles Calandiva (Kalanchoe blossfeldiana et ses hybrides), la plupart des bégonias rhizomateux, la billbergie penchée (Billbergia nutans) et quelques orchidées (certains cultivars de Phalaenopsis et de Cattleya notamment, mais pas tous).

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Le chrysanthème n’est pas une véritable plante d’intérieur, mais peut décorer l’intérieur de nos demeures pendant une courte période.

Le chrysanthème (Chrysanthemum x morifolium) est souvent inclus dans cette liste et est bel et bien une plante de jours courts, mais on ne peut guère dire que c’est une plante d’intérieur! Il s’agit plutôt une plante d’extérieur ou de serre froide qu’on achète déjà en fleurs pour décorer nos maisons. Elle meurt assez rapidement dans la plupart des demeures, incapable de tolérer la chaleur et l’air sec qu’on y trouve. Si vous voulez faire fleurir un chrysanthème afin de décorer temporairement votre demeure, empotez-la à l’automne et laissez-le à l’extérieur jusqu’à ce que les premières fleurs soient ouvertes avant de le rentrer dans votre demeure. N’ayez pas crainte: il tolère bien les nuits froides d’octobre et novembre.

Comment faire fleurir une plante de jours courts

Pour faire fleurir une plante d’intérieur de jours courts, placez-la devant une fenêtre ensoleillée dans un endroit qui ne reçoit pas de lumière artificielle le soir, et ce, à partir du début de l’automne (la durée du jour commence à décroître à partir de l’équinoxe de l’automne, soit le 21 ou 22 septembre). Vous pouvez aussi la cultiver dans une pièce éclairée le soir à condition que son emplacement ne reçoive pas trop d’éclairage artificiel. Vous pouvez par exemple placer un panneau entre la plante et la source de lumière artificielle ou la placer derrière une autre plante qui coupera les rayons nocturnes.

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Le poinsettia est extrêmement sensible à la lumière externe: même des phares d’auto qui l’atteignent la nuit peuvent faire avorter la floraison!

Le degré de sensibilité à la lumière artificielle varie toutefois d’une plante à une autre. Le poinsettia est très sensible à la lumière artificielle et juste quelques secondes de lumière artificielle la nuit au mauvais moment peuvent faire rater sa floraison. Les cactus d’automne et de Noël et les différents bégonias rhizomateux sont plus accommodants et fleurissent souvent très bien dans une pièce éclairée le soir, du moins, tant que l’éclairage artificiel qu’ils reçoivent n’est pas trop intense.

Une deuxième floraison?

Parfois les plantes de jours courts fleurissent une deuxième fois au cours de l’hiver, du moins dans les régions septentrionales. C’est que les jours demeurent courts pendant des mois et la plante, habituée à seulement une courte période de jours courts dans la nature, peut parfois réagir à ces jours courts prolongés par une deuxième vague de fleurs.

Fausse information

On entend parfois la recommandation qu’il faut enfermer les plantes de jours courts dans une garde-robe pendant 2 ou 3 mois à l’automne pour les faire fleurir. Certes, cela assure des jours courts (0 heures d’éclairage par jour!), mais en général un traitement aussi radical finit par tuer la plante ou du moins par l’affaiblir terriblement.

Le temps d’agir

Au début de chaque automne, placez vos plantes à jours courts dans un endroit bien éclairé mais uniquement par le soleil pour assurer une belle floraison quelques mois plus tard, souvent à temps pour Noël.20160924a

Pas de traitement au froid pour le poinsettia

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C’est à partir du début de l’automne qu’il faut préparer un poinsettia à fleurir à Noël.

Dès que l’automne commence officiellement, il est temps de commencer à préparer votre poinsettia (Euphorbia pulcherrima) pour sa floraison annuelle à Noël. Ce sont les jours courts (moins de 12 heures par jour) qui stimulent la plante à fleurir. (En fait, ce sont les nuits de plus de 12 heures qui stimulent la floraison, mais les résultats sont les mêmes.) Donc, tout ce qui réduit la durée du jour à l’automne, tout en permettant de maintenir des conditions viables (bonne intensité lumineuse le jour, températures chaudes, arrosages au besoin, etc.), donnera de bons résultats. Votre poinsettia refleurira fidèlement à Noël, année après année, si vous lui en donnez la moindre chance.

 

Cependant, tout ce qui prolonge artificiellement la durée du jour, comme un emplacement dans une pièce où vous allumez une lampe en soirée, l’empêchera de fleurir.

La méthode «poinsettia à l’extérieur»

Certains sites Internet suggèrent que la meilleure façon pour encourager un poinsettia à refleurir est de le placer à l’extérieur à l’automne (ou de le laisser dehors si vous l’y avez déjà placé pendant l’été) et de l’y maintenir là jusqu’à ce que les bractées commencent à changer de couleur. Et cela paraît à la fois logique et facile à faire.

Après tout, il recevra automatiquement des jours courts si vous le cultivez en plein air après l’équinoxe d’automne (le 22 septembre en 2016). Donc, à moins que vous ne le placiez près d’une fenêtre éclairée, d’une lampadaire illuminée la nuit ou de toute autre source d’éclairage nocturne, ce qui prolongera artificiellement la durée du jour, votre poinsettia devrait commencer à changer la couleur en novembre… et une fois que les bractées ont commencé à prendre leur coloration de Noël, le changement se poursuivra même quand les jours ne sont plus courts. Ainsi, vous pourriez rentrer votre intérieur poinsettia juste départ à la floraison, même dans une pièce éclairée le soir, et il arrivera à fleurir pleinement à Noël.

Il y a toutefois un défaut majeur avec cette technique. C’est que même si le poinsettia tolère des températures relativement fraîches, il déteste le froid véritable (moins de 45°F/7°C) et le gel peut le tuer. Donc, si vous habitez dans une région où les températures peuvent tomber en dessous de 50°F (10°C) en octobre ou novembre, ce qui est le cas de la plupart des lecteurs de ce blogue, laisser votre poinsettia l’extérieur à l’automne est intrinsèquement risqué.

D’ailleurs, il n’y a pas que le risque de froid et de gel que vous devriez considérer.

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Quand vous rentrez un poinsettia du froid, il commence à perdre ses feuilles.

Quand un poinsettia s’acclimate peu à peu aux températures automnales fraîches qu’il subira s’il est cultivé en plein air, il aura tendance à perdre massivement ses feuilles quand vous le rentrez à l’intérieur. Il trouve la transition entre un environnement frais et humide et un environnement chaud à l’air plutôt sec tout simplement trop à supporter et montre sa détresse en laissant choir une bonne partie de ses feuilles. Donc, oui la plante fleurit, mais est alors complètement dégarnie à la base. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus chic!

La méthode facile pour faire refleurir un poinsettia

Pour que votre poinsettia fleurisse avec une quantité impressionnante de feuilles, rentrez la plante à l’intérieur tôt, au début de l’automne, alors que les températures nocturnes à l’intérieur et à l’extérieur sont à peu près égales. De cette façon, la plante s’acclimatera facilement et rapidement et ne perdra pas ses feuilles. Ensuite, tout ce que vous avez à faire (à part de l’arroser quand le terreau est sec, bien sûr!) est de lui donner des jours courts à l’intérieur… et ça, c’est facile. Lisez Comment faire refleurir un poinsettia pour en savoir plus.

Essayez cette technique: elle fonctionne vraiment!20160922ajpg

Votre poinsettia est malade… et tant mieux!

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Dans la nature, le poinsettia peut atteindre plus de 4 m de hauteur.

Le poinsettia (Euphorbia pulcherrima) n’a pas toujours été la plante compacte que nous connaissons aujourd’hui. Il est en fait un grand arbuste ou même un petit arbre de 4 m et plus de hauteur et de diamètre, bien trop gros pour entrer dans nos maisons. Ainsi, pendant longtemps, les seuls poinsettias vendus à Noël étaient sous forme de bouquets!

En 1923, cependant, chez un producteur de fleurs coupées de Californie, Ecke Nursery, on a remarqué un poinsettia court et compact, d’à peine 75 cm à maturité. À la différence avec un poinsettia normale, qui produisait des ramifications à tous les 60 cm environ et qui était donc très grand et très peu fourni, le nouveau poinsettia – dit «à ramification libre» – produisait des embranchements abondants, formant donc presque une boule de feuillage et de fleurs.

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Feuille atteinte de mosaïque du poinsettia. Photo: Plant Management Network

Par contre, malgré sa belle forme, le nouveau poinsettia manquait de vigueur et présentait, lorsque le moindrement stressé, un feuillage irrégulièrement maculé de jaune, un effet très peu intéressant. De plus, d’autres poinsettias dans la même serre ont commencé à produire des plantes avec les mêmes symptômes. On a vite présumé que la «ramification libre» était en fait une maladie, associée avec la marbrure du feuillage. En effet, des études ont démontré que la marbrure était causée par un virus, qu’on nomma la mosaïque du poinsettia (PnMV). Donc, le poinsettia compact ne semblait plus une bonne chose, mais plutôt un désastre pour l’industrie bourgeonnante du poinsettia. On recommandait de détruire à vue les poinsettias compacts pour ne pas que la maladie s’attaque à d’autres poinsettias.

Une expérience qui a porté fruit

Cependant des scientifiques de l’époque expérimentaient avec des traitements contre différentes mosaïques chez les végétaux et avaient découvert que un traitement à la chaleur pouvait détruire le virus. En traitant des poinsettias virosés, on a donc réussi à les débarrasser de la mosaïque et le feuillage était redevenu d’un beau vert, sans marbrure. Mais au grand étonnement des scientifiques, les plantes sont restées compactes et bien ramifiées. Qu’est-ce qui c’était passé, car des études ont démontré que ces poinsettias, pourtant à ramification libre, ne portaient plus le virus? Mystère et boule de gomme!

Puis une autre constatation. Quand on greffait un poinsettia normal (un grand poinsettia) sur un poinsettia à ramification libre, le premier aussi se mettaient à produire de nombreuses ramifications et à rester compact. Sans trop savoir pourquoi cela arrivait, les producteurs de poinsettia ont commencé à convertir leurs grands poinsettias en petits poinsettias pour le marché de la potée fleurie. L’industrie du poinsettia empoté était née!

Une infection nanifiante

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Joli poinsettia au port dense et nain… provoqué par une maladie!

Aujourd’hui on sait que ce qui rend les poinsettias plus ramifiés est un phytoplasme, un organisme assez semblable à une bactérie qui vit dans les tissus des plantes infestées. À l’origine, il avait été transféré de poinsettia en poinsettia en même temps que le virus de la mosaïque, mais il est resté dans la plante même quand le virus avait été détruit.

Du point de vue d’un poinsettia sauvage, ce phytoplasme est un désastre, car la plante reste petite et dense et est vite dominée par les végétaux environnants qui créent tellement d’ombre que la petite malade meurt. Pour les producteurs de poinsettias, cependant, le phytoplasme est une bénédiction: il donne des plantes basses et compactes, mais autrement aussi vigoureuses qu’un poinsettia sans phytoplasme, des plantes facilement acceptées par le public comme plantes de Noël.

De plus, on pouvait transmettre ce phytoplasme à tout autre poinsettia via le greffage (mais pas, curieusement, à aucune autre plante). Aujourd’hui tous les poinsettias vendus en pot sont infestés de phytoplasme.

Une belle maladie

Quand vous contemplez votre magnifique poinsettia, dense et fourni comme on les aime, il est curieux de penser qu’en fait il est malade. Mais le phytoplasme est une maladie essentiellement bénigne et ne cause pas de tort à la plante autre que de la laisser bien ramifiée. Heureuse maladie!