Les paillis ne prennent pas feu spontanément!

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Non, les paillis ne prennent pas feu spontanément!

Depuis quelques temps, certaines municipalités avisent leurs citoyens ne pas placer du paillis de cèdre près de la maison à cause d’un risque d’incendie, ce qui est bien logique. Mais récemment, la machine à rumeurs s’est mise en marche pour prétendre que les paillis peuvent se mettre à brûler spontanément et qu’il faut alors les bannir complètement de nos terrains.

Regardons la situation à tête reposée pour voir ce qu’il en est.

Pas d’incendie spontané

D’abord, un paillis de cèdre utilisé normalement ne peut tout simplement pas s’allumer spontanément. Même en Californie, reine des incendies de paillis à cause de son climat si sec, les autorités ne prétendent pas que les paillis utilisés en aménagement paysager s’allument tout seuls.

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Seulement d’énormes tas de paillis peuvent prendre feu spontanément, pas les minces couches de paillis utilisés dans nos jardins.

Il est toutefois vrai que les tas de paillis commercial, tout comme des tas de tourbe, de compost, de résidus de bois ou d’autres produits compostables, peuvent prendre feu spontanément quand la chaleur causée par la décomposition est extrême, mais là on parle de quantités énormes, des tas de 6 m (20 pieds) de haut au moins. Pas d’une mince couche de paillis autour d’une maison.

D’ailleurs, les fabricants de terreaux, de composts, etc. surveillent constamment leurs tas de matériaux pour s’assurer que les températures provoquées par la décomposition restent modérées, inférieures à 82˚C (180˚F). Sans une telle masse, la chaleur reste basse et il n’y a pas de risque à moins de 200˚C. Jamais la mince couche de paillis utilisée autour de la maison, rarement plus de 15 cm d’épaisseur, n’atteindra une telle température.

Donc, rassurez-vous: votre paillis maison n’est pas à la veille de s’allumer spontanément.

Un paillis sec peut quand même prendre feu

Mais un paillis sec, et notamment le paillis de cèdre, le plus inflammable des paillis commerciaux, peut quand même prendre feu… si on l’allume.

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Il ne faut jamais lancer un mégot de cigarette au sol.

Typiquement, quand cela arrive, c’est un mégot de cigarette lancé par terre qui est en cause. Il y a même eu une maison qui a passé au feu à Mercier, Québec, suite à un incendie de paillis de cèdre causé par un mégot, mais c’est un phénomène extrêmement rare. Vous aurez beaucoup plus de chances de vous faire frapper par la foudre en jouant au golf que votre paillis ne prenne feu et n’incendie votre demeure!

D’ailleurs, la plupart des cas d’incendie de paillis relevés au Québec ne sont nullement reliés aux résidences. On les voit plutôt le long des routes. Certains fumeurs ont l’habitude de jeter leurs mégots par la fenêtre en roulant et si un mégot tombe sur une intersection agrémentée d’un aménagement paysager par temps très sec, le paillis qui s’y trouve peut prendre feu. D’ailleurs, ce sont les mégots lancés par les fumeurs inconscients qui causent une bonne partie des feux de forêt.

Il faut donc rappeler aux gens qui fument qu’il ne faut jamais jeter un mégot par terre sous aucune circonstance, peu importe la saison ou l’endroit; ils devraient toujours étendre leurs cigares et cigarettes dans un cendrier ou autre contenant étanche, et cela, non seulement pour des raisons de sécurité publique, mais par simple respect pour l’environnement et pour leurs concitoyens.

Soyons sages

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Ici le paillis potentiellement inflammable ne touche pas à la maison.

Malgré tout, si votre municipalité a émis un avis quant à l’utilisant des paillis près des maisons, il serait sage de le respecter. (Ces avis sont généralement limités aux villes du sud-est du Québec, soit le secteur le plus sec de la province; ailleurs, les paillis restent généralement trop humides pour brûler facilement.) L’avis vous recommandera alors de respecter une distance d’au moins 45 centimètres entre le paillis et les matériaux combustibles d’un édifice. Cette précaution est encore plus importante s’il est habité ou visité par des fumeurs.

 

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La tête au soleil, le pied à l’ombre

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20150626AC’est qu’on dit des clématites (Clematis spp.): elles aiment avoir du soleil sur leurs feuilles, mais détestent que le soleil plombe sur leurs racines. C’est en fait la chaleur les dérange: elles préfèrent un sol frais et toujours un peu humide. Comme un sol tend à se réchauffer et à se dessécher quand le soleil y plombe, c’est logique de faire quelque chose pour ombrager les racines. On peut par exemple suivre la recommandation habituelle et y planter des annuelles, des vivaces, de petits arbustes ou autres végétaux à feuillage dense.

Mais parfois, il est encore bien plus facile de tout simplement pailler le sol à leur pied. D’ailleurs, si jamais il y a une plante qui aime le paillis, c’est bien la clématite. D’abord, sous un paillis, le sol est toujours frais, au grand plaisir de la grimpante. De plus, elle préfère un sol constamment un peu humide, mais jamais détrempé et le paillis, avec sa capacité de réduire l’évaporation par temps sec, et d’agir comme une éponge pour absorber les surplus d’humidité par temps humide, lui donne justement le coup de main qu’il faut. Enfin, et ce n’est pas le moindre des détails, les racines de la clématite étant fragiles aux dérangements, l’utilisation d’un paillis élimine le besoin de  sarcler pour enlever les mauvaises herbes et aide alors à les protéger de tout dommage.

20150626BRecouvrez alors le sol au pied de vos clématites de 5 à 7 cm de feuilles déchiquetées, de bois raméal fragmenté, de paillis forestier (aussi appelé compost forestier) ou d’un autre paillis décomposable et vous verrez: elle n’aurait jamais été aussi vigoureuse! Mais évitez le «paillis de cèdre rouge» (résidus de bois de thuya teint orange), si possible: on se rappelle que ce paillis est légèrement toxique et ne convient pas donc aux plantes un peu fragiles comme les clématites.

Comment utiliser du paillis dans un potager

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20150617DLa tradition veut qu’on laboure profondément le sol du potager au début de chaque saison et qu’on sarcle ou bine régulièrement tout l’été. Le jardinier paresseux – et aussi toute personne qui connaît la moindre chose sur la permaculture! – sait que labourer n’est pas bon pour le sol, que cela détruit sa structure, élimine une bonne partie des micro-organismes bénéfiques qui y vivent et stimule la croissance des mauvaises herbes. Aussi, ce labourage constamment répété demande beaucoup d’efforts! Il sait, de plus, qu’il vaut mieux maintenir un bon paillis sur le sol en tout temps (environ 5 à 10 cm), ce qui gardera le sol meuble sans devoir le labourer et préviendra la germination des mauvaises herbes.

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Repiquer est facile: tassez, plantez, repaillez.

Or il est facile planter les légumes qui se repiquent (tomates, piments, poireaux, etc.) dans un potager paillé. Il suffit de tasser le paillis un peu pour dégager le sol, de creuser un trou de plantation, d’enterrer la motte de racines en appliquant une pincée de mycorhizes, puis de replacer le paillis. On arrose, bien sûr, pour terminer. Mais comment arriver à semer des légumes avec la présence constante de paillis? On sait que les graines ne peuvent pas germer quand le sol est couvert de paillis. Là il faut tricher un peu. Juste avant l’ensemencement, tassez le paillis sur le secteur où vous voulez faire le semis (rang, rond, trou individuel, etc.). Faites vos semis dans le sol à la profondeur indiquée sur l’étiquette ou que vous auriez trouvé dans le livre Les idées du jardinier paresseux: Semis. Arrosez bien et tenez le sol humide tant que les semis ne sont pas apparus. Ne remettez pas le paillis en place tout de suite! Les graines ne peuvent pas germer à travers un paillis!

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Ces semis sont maintenant assez grands: vous pouvez remettre le paillis.

Cela laissera le sol exposé aux éléments et donc il y aura tout probablement aussi des mauvaises herbes qui pousseront, mais vous n’avez pas le choix. Quand les jeunes légumes auront environ 10 à 15 cm de hauteur, donc, désherbez manuellement pour les éliminer (heureusement il s’agit de jeunes semis de mauvaises herbes, encore faciles à arracher)… et appliquez une bonne couche de paillis à travers les nouveaux légumes pour qu’elles ne reviennent pas!

D’accord, c’est plus de travail que vous n’avez l’habitude de faire en tant que jardinier paresseux… mais que ne fera-t-on pour avoir de beaux légumes?

Votre potager est encore à découvert?

Votre potager est présentement en pleine croissance et vous n’avez pas mis de paillis en place? Eh bien, il n’est jamais trop tard pour bien faire! Éliminez d’abord les mauvaises herbes qui y poussent, quitte à le faire en sarclant pour une toute dernière fois. Il faut vraiment les supprimer avant la pose du paillis, car un paillis prévient la germination des graines de mauvaises herbes, mais les plantes indésirables déjà présentes, surtout celles à rhizomes traçants, comme le chiendent, le liseron et la prèle, vont tout simplement se frayer un chemin vers la lumière en passant à travers le paille.

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Paillis de paille. Photo: Bonnie’s Plants

Quand votre désherbage est fait, paillez à travers les plants, tout simplement!

Quel paillis devriez-vous appliquer? Je préfère les feuilles d’automne déchiquetées (qui ont l’avantage d’être gratuites), mais le bois raméal fragmenté, le compost, les écailles de sarrasin et les rognures de gazon (mélangés avec un autre matériel, sinon elles deviennent trop compactes) font d’excellents paillis pour le potager, car ils sont à la fois légers et enrichissent le sol.

D’autres paillis sont peut-être moins riches, mais accomplissent le travail principal d’un paillis, soit maintenir le sol plus humide tout en empêchant la germination des graines de mauvaises herbes: paillis forestier, paille (il faut en mettre plus épais: au moins 15 cm), papier journal déchiqueté, sciure de bois dur, etc.

Évitez toutefois les paillis de conifère (notamment le célèbre paillis de cèdre), car il se décompose très lentement et finit alors par se mélanger à la terre lors des travaux de jardinage, ce qui empêche les jeunes légumes de bien s’enraciner.