Se rappeler les noms botaniques

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Avez-vous de la difficulté avec les noms botaniques? Voici quelques trucs pour les apprendre! Source: thecliparts.co

Pour les novices du jardinage, l’utilisation des noms botaniques, à résonance latine ou grecque, paraît souvent rébarbative. Pourquoi ne pas se limiter aux noms communs? Mais, à force de rencontrer les noms latins sur une base régulière, on se prend à les apprécier. Ils sont souvent évocateurs et aussi, sont parfois très près du français, puisque le latin et le français sont deux langues romanes. Mais avant tout, les noms botaniques permettent d’éviter la confusion. Après tout, plusieurs plantes peuvent partager un nom commun, mais chaque plante n’a qu’un seul nom latin*.

*D’accord, parfois le nom botanique change, mais cela n’arrive pas très souvent et il y a toujours une bonne raison. Pour en savoir plus, lisez La valse des noms botaniques.

Je suis tout le temps pris avec ce problème dans les courriels que vous m’envoyez. Un lecteur veut savoir quelque chose au sujet d’une «mille fleurs»… et je ne peux répondre, car il y a des dizaines de plantes qui s’appellent mille fleurs (Impatiens, Lantana, Begonia, Aster, etc.). Le nom «sabot de la vierge» évoque une orchidée (Cypripedium) pour certains, mais une vivace appelée Aconitum pour d’autres. Le «tabac du diable» peut être Symplocarpus foetidus, Arctium lappa ou Verbascum thapsus dans différentes régions de la francophonie. Ou même Cannabis sativus! Même le mot «lilas», que nous utilisons dans les zones tempérées pour le grand arbuste à floraison parfumée (Syringa), s’applique plutôt à Ceanothus, un grand arbuste sans le moindre parfum, ou à Lagerstroemia, un arbre pas plus parfumé, dans des pays plus chauds où les Syringa ne poussent pas. Et ainsi de suite. Les noms communs sont une vraie tour de Babel!

Par contre, même en voyage au fin fond du monde, vous arriverez à vous faire comprendre d’un jardinier parlant l’ouzbek ou le japonais si vous connaissez le nom botanique, car il est international.

Si facile

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Les noms botaniques ne sont pas difficiles à apprendre… une fois que vous les comprenez! Source: ites.psu.edu

Les gens semblent souvent surpris que j’utilise les noms botaniques avec tant d’aisance, mais en fait, en plus de la répétition (je suis plongé dans l’horticulture à cœur de jour!), si je me rappelle si facilement les noms botaniques, c’est que j’ai appris à les comprendre. Non pas que je puisse converser en latin, mais à force d’être en contact avec les noms botaniques, j’ai appris un peu de vocabulaire latin. Pour moi, par exemple, il est évident que alba veut dire blanc, rubra veut dire rouge, nigra veut dire noir, cyanea bleu, flava jaune, purpurea pourpre, aurantiaca orange, argentea argenté, etc. Et je suis convaincu que plusieurs autres lecteurs ont compris sans peine au moins un mot ou deux de cette liste. Aussi, si j’entends le mot prostrata, on n’a pas besoin de me dire que la plante pousse de façon prostrée, que grandiflora indique que les fleurs sont grandes, que nana veut dire nain, etc.

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Je me demande d’où vient Agapanthus africanus? Source: more-cliparts.net & laoblogger.com

Les noms ayant une référence géographique sont particulièrement faciles à comprendre. Avez-vous vraiment besoin qu’on vous explique que canadensis veut dire «du Canada», europaea, «de l’Europe», amazonica, «de l’Amazonie», etc.?

Certains mots paraissent plus obscurs, mais deviennent faciles à retenir quand on les comprend. Par exemple, j’ai appris avec le temps que dendron veut dire arbre. Donc, Rhododendron veut dire arbre rose (rhodo), Philodendron veut dire «qui aime les arbres» (de philo pour amour), car le philodendron grimpe sur les arbres, Toxicodendron veut dire arbre empoisonné, etc. Et quand vous savez que anthus veut dire «fleur», tout d’un coup des noms incompréhensibles comme Dianthus, polyanthus et Helianthus s’éclairent. En effet, Dianthus veut dire «fleur des dieux» (dius veut dire dieu), polyanthus, fleurs multiples et Helianthus, fleur de soleil (d’helios, soleil) pour la plante que nous appelons tournesol, girasol ou soleil (encore des noms communs multiples!). Peut-être que, a priori, Dracocephalum paraît ne pas avoir de sens, mais quand vous saisissez que draco veut dire dragon et cephalum tête, on comprend que cela évoque la forme de la fleur, en forme de tête de dragon. Ainsi, la majorité des noms botaniques ont un «sens» quelconque et, quand on le comprend, il est plus facile de se rappeler le nom.

Des noms honorifiques

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Le nom Bougainvillea honore Louis-Antoine de Bougainville. Source: Forest & Kim Starr, Wikimedia Commons

Quand le nom latin n’a pas de sens générique, souvent c’est parce qu’il est honorifique. Ne cherchez pas le sens de Gaultheria, par exemple: ce n’est même pas du latin, mais plutôt du français latinisé, car le nom honore le botaniste québécois Jean-Pierre Gaulthier. Tout comme Bougainvillea honore Louis-Antoine de Bougainville, l’aide de camp du Marquis de Montcalm et Begonia honore Michel Bégon, gouverneur de la Nouvelle-France. Il existe même un Ligularia hodgsonii, nommé non pas pour moi, Larry Hodgson, mais pour le botaniste britannique Bryan Houghton Hodgson.

Souvent, les noms honorent non pas des humains, mais des figures de la mythologie. En effet, qui ne comprend pas que Narcissus, Hyacinthus, Iris, Daphne, Adonis, Cassiope et Andromeda ont des liens avec la mythologie grecque? D’ailleurs, il y a une belle légende grecque derrière chacun de ces noms!

Le meilleur site pour trouver le sens des noms botaniques

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Dans Botanary, vous n’avez qu’à entrer le nom botanique d’une plante pour obtenir sa définition. Source: davesgarden.com/guides/botanary/

Si vous voulez connaître le sens d’un nom botanique obscur, je vous suggère d’aller au site Botanary. Ce site est formidable, à la condition que vous compreniez un peu l’anglais. Il y a une case où l’on tape le nom et, 9 fois sur 10, on vous donne la définition. Exemple: si je tape Rudbeckia, voici la définition qui apparaît: «Named for Olof Rudbeck and his son (also Olof), 17th century Swedish botanists». Maintenant, l’histoire des Rudbeck est bien ancrée dans ma tête et je n’oublierai plus le nom. Essayons Hemerocallis. On dit: «beautiful for a day» (beau pendant une journée). C’est logique, car la fleur ne dure qu’une journée.

20180131F FR Translate_logo.pngVous ne comprenez pas un traitre mot d’anglais? Copiez la définition offerte et déposez-la dans Google Traduction (en anglais: Google Translate). Vous aurez bientôt une traduction souvent très raisonnable. Par exemple, la définition pour Rudbeckia se traduit comme suit: «Nommé pour Olof Rudbeck et son fils (aussi Olof), botanistes suédois du 17ème siècle».

Il existe quelques sites en français qui donnent des définitions botaniques, mais aucun n’est aussi performant que Botanary.

Des trucs mnémoniques

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Verbena bonariensis, la verveine bonne-à-rien. Source: frank wouters, Flickr

Parfois, quand la référence est plus obscure, mais que je veux retenir le nom, j’en fais un jeu de mots. Verbena bonariensis veut en fait dire la verveine de Buenos Aires, mais pour moi, ce sera toujours la verveine bonne-à-rien. Episcia est épicé, Houttuynia est hautaine, Phacelia est facile, Petasites est un parasite (il est envahissant), etc. Ces petits jeux de mémoire, qu’on appelle aides mnémotechniques (à noter que la plupart des noms latins sont plus faciles à retenir que le mot «mnémotechnique»!), font que les noms botaniques me viennent facilement à l’esprit.

Essayez vous-même! Je vous donne 3 noms botaniques qui n’ont pas a priori de sens immédiat: Papaver (coquelicot), Malus (pommier), Syringa (lilas). Essayez de les prononcer, de les imaginer, puis de trouver un mot ou une combinaison de mots qui aurait un sens pour vous. Quand vous l’aurez fait, vous verrez, vous ne les oublierez plus!20180131A thecliparts.co.jpg

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Où trouver le bon nom botanique?

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Même Linné aurait de la difficulté à suivre tous les changements de noms botaniques. Source: Nationalmuseum press photo

Quand le naturaliste suédois Carl von Linné a développé le système binomial de nomenclature pour les plantes en 1753, dans lequel chaque espèce a été placée dans un genre (le premier nom) avec d’autres espèces étroitement apparentées, puis a reçu un nom spécifique (le deuxième nom) pour la distinguer de ses cousines, cela a énormément simplifié l’identification des espèces. Cela donne des noms comme Abies (genre) balsamina (espèce) pour le sapin baumier et Taraxacum (genre) officinale (espèce) pour le pissenlit plutôt que tout un paragraphe descriptif (la méthode précédente). De plus, on pouvait appliquer ce même nom partout dans le monde. Finie la tour de Babel botanique!

Le système a assez bien fonctionné au cours des 250 dernières années, bien que, pour diverses raisons, certains noms aient dû être changés… mais jamais autant qu’aujourd’hui. C’est parce que les taxonomistes (les scientifiques qui nomment les plantes) ont un nouvel outil non disponible à l’époque de Linné pour aider à identifier les plantes: la génétique. Linné regroupait les espèces en fonction de l’apparence de leurs organes, et notamment celle de leurs parties sexuelles, ce qui était généralement assez précis.

Toutefois…

L’évolution peut amener deux êtres à développer des organes similaires même s’ils ne sont pas étroitement apparentés. Et de proches parents peuvent avoir évolué dans des directions contraires, au point d’avoir des fleurs qui se ressemblent peu. La capacité nouvellement acquise de pouvoir étudier l’ADN des plantes signifie que nous pouvons regarder beaucoup plus en détail la composition de tout être que ce qui était possible auparavant. Cela a révolutionné le domaine de la taxonomie et a provoqué — et provoquera! — de nombreux changements dans les noms scientifiques à mesure que les vraies relations entre les espèces étaient révélées.

Mettre le bon nom sur la bonne plante

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Le coléus n’est pas la seule plante qui a changé de nom plus d’une fois. Source: Tropical Plant Picture

Le résultat de ceci est que de nombreuses plantes bien connues ont changé de nom… souvent à plusieurs reprises, à mesure qu’on en apprenait davantage à leur sujet. Le coléus est passé du nom botanique Coleus blumei à Solenostemon scutellarioides et est maintenant Plectranthus scutellarioides. Le cyprès de Monterey fut nommé à l’origine Callitropsis macrocarpa, puis Cupressus macrocarpa, et est ensuite devenu, pendant une courte période de temps, Neocupressus macrocarpa, pour redevenir Cupressus macrocarpa… et maintenant, il est possible qu’il finisse avec encore un autre nom, Hesperocyparis macrocarpa.

(J’ai écrit plus en détail à ce sujet dans La valse des noms botaniques, un article que vous voudrez peut-être lire.)

La question posée ici est toutefois: comment déterminer le nom actuellement accepté d’une plante donnée? Les gens comme moi qui partagent des connaissances sur les plantes — chroniqueurs, blogueurs, conférenciers, enseignants, jardiniers, etc. — doivent être en mesure de mettre le bon nom sur la bonne plante. Mais où chercher cette information?

On ne peut pas se fier aux livres papier. Souvent, entre le moment où l’écriture du livre est terminée et celui où sa distribution commence, il y a eu déjà des changements. Sur Internet, c’est la confusion totale: même les sites autrement très fiables peuvent être sérieusement en retard dans leur nomenclature.

Ma solution

20171229C.pngAu cours des dernières années, j’ai appris à me fier au site The Plant List, sous-titré «A working list of all plant species» (une liste évolutive de toutes les espèces végétales). Comme le sous-titre le dit, il couvre toutes les plantes connues, même les plus obscures. Plus d’un million de noms d’espèces y paraissent, dont 350 000 sont considérés comme valides, et ce, dans environ 17 000 genres végétaux. Les deux principaux collaborateurs sont les Royal Botanic Gardens, Kew et le Missouri Botanical Garden, deux institutions réputées où j’allais de toute façon confirmer les noms des plantes dans le passé.

Quand j’écris au sujet d’une plante dont le nom botanique est en doute, c’est www.theplantlist.org que je consulte.

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Il suffit de rentrer un nom botanique dans le cadre et de cliquer sur «Search» pour trouver le bon nom botanique. Source: The Plant List

D’accord, le site est en anglais, mais on n’a pas vraiment besoin de comprendre beaucoup cette langue. Il suffit d’entrer le nom botanique que vous connaissez (ou même une partie de ce nom) dans le cadre offert et de cliquer sur «Search» (chercher) et l’écran vous montrera l’état actuel de sa nomenclature scientifique. Si le nom est correct, le mot «Accepted» (accepté) le suivra. Si le nom est incorrect, le mot «Synonym» le suivra. Lorsque vous cliquerez sur ce synonyme, on vous donnera le bon nom. Enfin, il y a aussi des cas douteux, indiqués par «Unresolved» (non résolus).

Personnellement, j’utilise le nom accepté dans mes écrits et mes conférences, mais aussi les noms non résolus… en attendant de connaître un jour la décision des spécialistes.

Pas un système parfait, mais…

Bien sûr, la liste The Plant List n’est pas parfaite. Tout d’abord, environ 20% des noms de plantes répertoriés sont indiqués «non résolus», ce qui signifie que plus de travail est nécessaire avant de déterminer le nom correct. En outre, il peut se passer un certain temps avant qu’un changement ou qu’une confirmation paraisse sur The Plant List à la suite de l’approbation par les autorités de The Plant List d’une étude taxonomique quelconque.

Par exemple, je sais d’autres sources que le nom botanique «officiel» du cyprès de Monterey, soit Cupressus macrocarpus, (mentionné ci-dessus) est susceptible de changer pour Hesperocyparis macrocarpa, mais je ne l’utilise pas encore. J’attends que The Plant List confirme officiellement le changement.

Et je ne suis pas le seul. Vous constaterez que beaucoup de gens travaillant dans le domaine de l’horticulture se réfèrent à The Plant List pour confirmer les noms botaniques.


Vous n’êtes pas sûr d’un nom de plante? Il suffit d’aller à The Plant List. Ce site vous donnera un nom suffisamment à jour pour vos besoins!20171229C

Comprendre les noms botaniques

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201608010A.jpgSi vous jardinez et que vous voulez communiquer avec d’autres jardiniers, les noms communs ne donnent pas satisfaction. Non seulement changent-ils dans d’autres langues, mais même en français on n’arrive pas à s’entendre. Par exemple, Verbascum thapsus porte non moins de 37 noms communs, dont grand molène, bouillon blanc, molène vulgaire, herbe de saint Fiacre, cierge de notre-dame, bonhomme, tabac du diable et j’en passe. Quelle tour de Babel!

Heureusement les noms botaniques, également appelés noms latins, sont universels. Bien qu’ils peuvent sembler compliqués au premier abord, ils ne sont pas aussi difficiles que vous pouvez penser, surtout quand vous avez peu à peu acquis un peu de latin botanique.

Chaque nom botanique est composé de deux parties. Le premier est le nom du genre et est partagé avec d’autres plantes apparentées, un peu comme un surnom chez les humains (Lebrun, par exemple), alors que l’épithète ou nom spécifique précise exactement de quelle plante on parle, tout comme son équivalent chez l’humain, le prénom, nous précise de quel Lebrun on parle: Pierre Lebrun, Rosie Lebrun ou Claude Lebrun.

Par exemple, il y a beaucoup de plantes apparentées dans le genre Helianthus et elles partagent toutes ce nom, mais l’épithète annuum épithète indique une espèce spécifique, Helinathus annuum, le tournesol annuel commun. On appelle cette combinaison de deux noms le nom binomial.

Liste des épithètes botaniques courants

Voici quelques-uns des noms botaniques les plus courants. Notez que les terminaisons changent en fonction du sexe du nom de genre, ce qui explique pourquoi la même racine peut se terminer par -is, -e, -us, -a, -um, etc. Ne vous inquiétez donc pas des terminaisons, c’est la première partie du nom qui est important.

Combien de ces noms connaissez-vous déjà ou avez-vous déjà deviné avant même de lire la définition? Je pense que vous serez surpris du vocabulaire botanique que vous possédez déjà!

  1. acaulis, e = sans tige
  2. acer, acris = âcre
  3. acutifolius, a, um = à feuilles piquantes
  4. affinis, e = apparenté
  5. alatus, a, um = ailé
  6. albus, a, um = blanc
  7. alpestris, e = alpin
  8. alpinus, a, um = alpin
  9. amabilis, e = beau
  10. amoenus, a, um = attrayant
  11. angustifolius, a, um = à feuilles étroites
  12. annuus, a, um = annuel
  13. arborescens = comme un arbre
  14. arboreus, a, um = comme un arbre
  15. argenteus, a, um = argenté
  16. arvensis, e = des terres cultivées
  17. atropurpureus, a, um = pourpre foncé
  18. atrosanguineus, a, um = rouge foncé
  19. aurantiacus, a, um = rouge orangé
  20. aureus, a, um = doré
  21. autumnalis, e = à floraison automnale
  22. azureus, a, um = bleu ciel
  23. barbatus, a, um = barbu
  24. bicolor = de deux couleurs
  25. biennis = bisannuel
  26. bipinnatus, a, um = deux fois penné
  27. borealis, e = du nord
  28. bracteatus, a, um = portant des bractées
  29. bulbosus, a, um = bulbeux
  30. caeruleus, a, um = bleu ciel
  31. caespitosus, a, um = en touffe
  32. campanulatus, a, um = en forme de cloche
  33. candidus, a, um = blanc
  34. capillaris, e = comme un cheveu
  35. capitatus, a, um = avec une tête
  36. carneus, a, um = couleur chair
  37. caudatus, a, um = avec une queue
  38. caulescens = qui a une tige
  39. chrysanthus, a, um = à fleurs dorées
  40. ciliatus, a, um = ourlé de poils
  41. cinereus, a, um = cendré
  42. citrinus, a, um = jaune citron
  43. coccineus, a, um = écarlate
  44. coeruleus, a, um = bleu ciel
  45. columnaris, e = colonnaire
  46. communis, e = commun
  47. compactus, a, um = compact
  48. cordatus, a, um = en forme de cœur
  49. cordifolius, a, um = à feuillage en forme de cœur
  50. cornutus, a, um = cornu
  51. coronarius, a, um = servant à fabriquer des guirlandes
  52. corymbosus, a, um = poussant en corymbe (à fleurs dans le même plan)
  53. crispus, a, um = à marge ondulée ou enroulée
  54. cristatus, a, um = crêté
  55. cuspidatus, a, um = qui se termine en pointe raide
  56. cyaneus, a, um = bleu foncé
  57. decumbens = à tiges prostrées avec les extrémités dressées
  58. densiflorus, a, um = densément fleuri
  59. dentatus, a, um = denté
  60. diffusus, a, um = qui s’étend
  61. discolor = de couleurs différentes
  62. divaricatus, a, um = qui s’étend largement
  63. diversifolium, a, um = à feuilles variables
  64. elatior, ius = le plus haut
  65. elatus, a, um = haut
  66. elegans = élégant
  67. erectus, a, um = érigé
  68. esculentus, a, um = comestible
  69. excelsior, ius = noble
  70. excelsus, a, um = haut
  71. falcatus, a, um = en forme de faux
  72. farinosus, a, um = farineux
  73. fastuosus, a, um = fier
  74. ferox = très piquant
  75. ferrugineus, a, um = couleur rouille
  76. filifolius, a, um = à feuilles filiformes
  77. fistulosus, a, um = tubulaire
  78. flaccidus, a, um = faible
  79. flavus, a, um = jaune
  80. flexuosus, a, um = sinueux, tortueux
  81. flore-pleno = à fleurs doubles
  82. floribundus, a, um = qui fleurit abondamment, florifère
  83. foetidus, a, um = fétide, malodorant
  84. formosus, a, um = beau
  85. fragilis, e = cassant
  86. fragrans = parfumé
  87. frutescens = arbustif
  88. fulvus, a, um = jaune rouille
  89. germanicus, a, um = d’Allemagne
  90. giganteus, a, um = énorme
  91. glaber, bra, brum = lisse
  92. glandulosus, a, um = glandulaire
  93. glaucus, a, um = couvert de pruine, bleu gris
  94. globosus, a, um = sphérique
  95. glomeratus, a, um = réuni en une tête plus ou moins ronde
  96. glutinosus, a, um = collant
  97. gracilis, e = gracieux
  98. gramineus, a, um = comme une graminée
  99. grandiflorus, a, um = à grosses fleurs
  100. grandis, e = grand
  101. guttatus, a, um = tacheté
  102. hastatus, a, um = en forme de hallebarde
  103. hederaceus, a, um = comme un lierre
  104. helianthus, a, um = fleur de soleil
  105. herbaceus, a, um = herbacé (non ligneux)
  106. heterophyllus, a, um = à feuilles de forme variable
  107. hirsutus, a, um = poilu
  108. hispidus, a, um = à poils raids
  109. hortensis, e = des jardins
  110. humilis, e = à croissance basse
  111. hybridus, a, um = hybride
  112. imperialis, e = impérial
  113. inermis, e = inerme, sans épines
  114. inodorus, a, um = inodore
  115. integrifolius, a, um = à feuilles entières
  116. laciniatus, a, um = découpé en lanières
  117. lactiflorus, a, um = fleurs de couleur laiteuse
  118. laevigatus, a um = lisse
  119. laevis, e = lisse
  120. lanatus, a, um = laineux
  121. lanceolatus, a, um = en forme de lance
  122. lanuginosus, a, um = laineux
  123. latifolius, a, um = à feuilles larges
  124. linearis, e = linéaire
  125. littoralis, e = du bord de la mer
  126. lobatus, a, um = lobé
  127. longiflorus, a, um = à fleurs longues
  128. longifolius, a, um = à feuilles longues
  129. luteus, a, um = jaune
  130. lyratus, a, um = en forme de lyre
  131. macranthus, a, um = à grandes fleurs
  132. macrocarpus, a, um = à gros fruits
  133. macrophyllus, a, um = à grandes feuilles
  134. maculatus, a, um = tacheté
  135. magnificus, a, um = magnifique
  136. major, us = grand
  137. marginatus, a, um = marginé
  138. maritimus, a, um = au bord de la mer
  139. marmoratus, a, um = marbré
  140. matronalis, e = concernant les femmes mariées
  141. maximus, a, um = maximum
  142. medius, a, um = intermédiaire
  143. melliferus, a, um = mellifère
  144. meridionalis, e = du sud
  145. micranthus, a, um = à petites fleurs
  146. microcarpus, a, um = à petits fruits
  147. minimus, a, um = le plus petit
  148. minor, us = petit
  149. mirabilis, e = merveilleux
  150. mollis, e = doux
  151. monstrosus, a, um = monstrueux
  152. montanus, a, um = des montagnes
  153. moschatus, a um = musqué
  154. multiflorus, a, um = avec beaucoup de fleurs
  155. muralis, e = qui pousse sur les murs
  156. mutabilis, e = variable
  157. nanus, a, um = nain
  158. nervosus, a, um = veiné
  159. niger, ra rum = noir
  160. nitidus, a, um = luisant
  161. nivalis, e = des neiges
  162. niveus, a, um = blanc neige
  163. nutans = penché
  164. oblongatus, a, um = oblong
  165. occidentalis, e = de l’ouest
  166. odoratus, a, um = parfumé
  167. officinalis, e = médicinal
  168. officinarum = médicinal
  169. oleraceus, a, um = mangé comme légume
  170. oppositifolius, a, um = à feuilles opposées
  171. orbicularis, e = rond
  172. orientalis, e = de l’est
  173. ornatus, a, um = orné, décoré
  174. ovatus, a, um = ovale
  175. pallidus, a, um = pâle
  176. palmatus, a, um = lobé à la manière d’une main
  177. palustris, e = des marais
  178. paniculatus, a, um = paniculé
  179. parviflorus, a, um = à petites fleurs
  180. pauciflorus, a, um = portant peu de fleurs
  181. peltatus, a, um = en forme de cible
  182. pendulus, a, um = pendant
  183. peregrinus, a, um = voyageur, étranger
  184. perennis, e = pérenne, vivace
  185. perfoliatus, a, um = dont la feuille entoure la tige
  186. petiolaris, e = aux feuilles portant un pétiole
  187. pictus, a, um = peint
  188. pilosus, a, um = doucement poilu
  189. pinnatus, a, um = penné, en forme de plume
  190. plicatus, a, um = plié
  191. plumosus, a, um = plumeux
  192. pluvialis, e = de la pluie
  193. polyanthus, a, um = à fleurs nombreuses
  194. praecox, ocis = floraison hâtive
  195. procumbens = couché sur le sol
  196. prostratus, a, um = prostré
  197. pubescens = couvert de poils fins
  198. pudicus, a, um = timide
  199. pulcherrimus, a, um = très beau
  200. pulcher, chra, chrum = beau
  201. pulverulentus, a, um = poussiéreux
  202. pumilus, a, um = nain
  203. punctatus, a, um = ponctué
  204. pungens = piquant, à pointes acérées
  205. purpuratus, a, um = pourpre
  206. purpureus, a, um = pourpre
  207. pusillus, a, um = insignifiant
  208. pygmaeus, a, um = nain
  209. pyramidalis, e = pyramidal
  210. quinquefolius, a, um = à cinq folioles
  211. racemosus, a, um = à fleurs portés en racème
  212. ramosissimus, a, um = très ramifié
  213. ramosus, a, um = ramifié
  214. reticulatus,m a, um = à veines en forme de réseau
  215. rivularis, e = poussant près d’un ruisseau
  216. robustus, a, um = robuste
  217. roseus, a, um = de couleur rose
  218. rotundifolius, a, um = à feuilles rondes
  219. ruber, ra, rum = rouge
  220. rubiginosus, a, um = rouge rouille
  221. rugosus, a, um = rugueux, froissé
  222. rupicola = qui pousse sur une falaise
  223. sagitatus, a, um = en forme de flèche
  224. sanguineus, a, um = rouge sang
  225. sativus, a, um = cultivé
  226. saxatilis, e = qui pousse dans des roches
  227. scandens = grimpant
  228. scoparius, a, um = comme un balai
  229. semperflorens = toujours en fleurs
  230. sempervirens = toujours vert
  231. septentrionalis, e = du nord
  232. serotinus, a, um = produit tard dans la saison
  233. serratus, a, um = aux dents comme une scie
  234. setosus, a, um = aux poils raids
  235. simplex = non ramifié
  236. simplicifolius, a, um = à feuilles simples
  237. somniferus, a, um = qui fait dormir
  238. speciosus, a, um = voyant
  239. spectabilis, e = spectaculaire
  240. spicatus, a, um = portant un épi
  241. spinosus, a, um = épineux
  242. splendens = splendide
  243. stellaris, e = étoilé
  244. stellatus, a, um = étoilé
  245. sterilis, e = stérile
  246. striatus, a, um = strié
  247. strictus, a, um = érigé
  248. suaveolens = agréablement parfumé
  249. succulentus, a, um = charnu
  250. suffruticosus, a, um = un peu arbustif
  251. sulphureus, a, um = jaune soufre
  252. superbus, a, um = superbe
  253. sylvaticus, a, um = de la forêt
  254. sylvestris, e = trouvé à l’état sauvage
  255. tenuiflorus, a, um = à fleurs étroites
  256. tenuifolius, a, um = à feuilles étroites
  257. tigrinus, a, um = strié
  258. tinctorius, a, um = utilisé comme teinture
  259. tomentosus, a, um = tomenteux, couvert d’un duvet fin
  260. tricolor = de trois couleurs
  261. tripartitus, a, um = à trois parties
  262. tristis, e = couleur terne, triste
  263. truncatus, a, um = coupé net à l’extrémité
  264. tuberosus, a, um = tubéreux
  265. umbellatus, a, um = à ombelle (inflorescence en dôme)
  266. umbrosus, a, um = des lieux ombragés
  267. undulatus, a, um = ondulé
  268. urens = qui pique
  269. variabilis, e = variable
  270. variegatus, a, um = panaché
  271. venustus, a, um = charmant
  272. vernalis, e = qui fleurit au printemps
  273. vernus, a, um = qui fleurit au printemps
  274. versicolor = de couleur variable
  275. verticillatus, a, um = verticillé, disposée autour d’un axe commun et sur un même plan horizontal
  276. villosus, a, um = couvert de poils doux
  277. violaceus, a, um = violet
  278. virens = vert
  279. viscosus, a, um = collant
  280. vulgaris, e = commun
  281. zebrinus, a, um = strié comme un zèbre

Une suggestion

Ajoutez cette page à vos signets: ainsi quand vous rencontrez un nom botanique que vous ne comprenez pas, vous pourrez rapidement trouver sa définition.

Pour les noms plus obscurs

La liste précédente n’est pas complète et ne touche même pas aux noms des genres botaniques, mais si vous êtes curieux, voici un site qui donne la signification de même les noms les plus obscurs: Botanary. Il suffit d’entrer le nom botanique à définir, de cliquer et voilà: une définition!

D’accord, la réponse sera en anglais (je ne connais aucun site français qui offre un service similaire), mais au moins vous aurez la définition du mot cherché dans une langue moderne!

La valse des noms botaniques

Par défaut

 20150321FRQuestion:  Vous mentionnez dans un article que vous avez écrit dans le journal Le Soleil (2015, l’année du coléus) que le coléus a changé de nom botanique. Qui décide de ces changements de noms? Pourquoi la plante a-t-elle changé de nom? Eve Pouliot-Mathieu

Réponse: Il y a un groupe de botanistes et biologistes spécialisés appelés taxonomistes. Leur rôle est de vérifier les origines des végétaux et les liens entre eux pour pouvoir les classifier et leur donner des noms.

20150321B

Carl von Linné

C’est au XVIIIe siècle que le naturaliste suédois Carl von Linné a créé le système binominal qu’on connaît actuellement, cela en remplacement du très boiteux système en utilisation jusqu’alors, où le nom d’une plante était une description complète, parfois de 20 mots ou plus!

D’après le système binomial, en fonction depuis 1753, chaque plante appartient à un genre et a donc un nom générique, par exemple Pinus pour tous les pins et Monarda pour toutes les monardes. Puis, pour distinguer les différentes plantes dans chaque genre, on leur donne aussi un nom spécifique (nom d’espèce): exemple, Pinus strobus pour le pin blanc et Pinus sylvestris pour le pin écossais.

C’est comme un nom de famille suivi d’un nom. Chez les Dupont, par exemple, il y a Marius, Jennifer et Norbert. Le nom Dupont sert à les identifier comme étant parents. Chez les Pinus, il y a P. strobusP. sylvestris et autres et leur nom de genre, Pinus, sert aussi à les identifier comme étant parents.

Théoriquement ces noms sont immuables et les mêmes sont utilisés partout à travers le monde. Ainsi, un pin blanc est appelé Pinus strobus aussi bien au Canada qu’en Russie, au Japon, etc.

Mais certains noms ont changé aux cours des derniers siècles pour des raisons logiques: il y avait une faute de frappe, on a malencontreusement donné le même nom à deux plantes, deux scientiques ont publié la même plante sous des noms différents (dans lequel cas, le premier nom publié est considéré le bon), etc.

Mais la raison principale pour un changement de nom aujourd’hui est quand un taxonomiste découvre qu’une plante a été placée dans le mauvais genre. Comme quand on découvre qu’Il y a eu une erreur à l’hôpital et que pauvre Marius Dupont a été échangé par accident à la naissance; ainsi il découvre à 47 ans que son vrai nom est Heinz von Schmidt.

Cela arrive car, dans un effort pour classifier les plantes d’après leur parenté, Linné (et les autres taxonomistes qui l’ont suivi) avait un nombre limité de critères. Ils se fiaient notamment aux détails de la fleur, comme le nombre d’étamines, etc.

Mais il y a une révolution en cours aujourd’hui: il est maintenant possible d’étudier les chromosomes des plantes (leur ADN) et on y fait des découvertes fascinantes. Il devient possible d’être plus précis que jamais dans la parenté des plantes. Ainsi, on découvre que certaines plantes, considérées de proches parentes depuis longtemps, sont moins apparentées qu’on pensait et d’autres, davantage apparentées. Comme les noms servent à indiquer la parenté des végétaux, ces découvertes vont nécessairement affecter leur nom botanique.

Notre plante vedette!

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Coleus blumei… oups, je veux dire Solenostemon scutellaroides… pardon, plutôt Plectranthus scutellarioides.

Prenons le coléus, cette populaire plante au feuillage multicolore, comme exemple. Le coléus portait à l’origine le nom Coleus blumei et partageant donc son nom générique, Coleus, avec des dizaines d’autres espèces apparentées: Coleus caninus, Coleus elatus, etc.

Mais un taxonomiste a décidé que le genre Coleus était pas valable, que toutes ces plantes étaient plutôt des Solenostemon, et a publié un papier à cet effet en 2006. Donc, toutes ces plantes ont dû changer de nom pour Solenostemon. Le genre Coleus n’existait plus.

Normalement, quand une plante change de nom de genre, il conserve son nom spécifique, mais avec notre coléus, il y avait une complication: Il existait déjà une plante portant le nom Solenostemon blumei. Comme deux plantes ne peuvent pas partager le même nom, on lui a trouvé un nouvel nom, Coleus scutellarioides, car ses fleurs ressemblent à celles des scutellaires (Scutellaria spp.) (spp. veut dire «plusieurs espèces»).

Mais cela ne s’arrête pas là. Un autre taxonomiste a regardé l’ADN des Solenostemon et est venu à la conclusion qu’il n’y avait aucune différence significative avec un autre genre, Plectranthus. Donc, en 2012, il a transféré tout le genre, sauf une espèce (Solenostemon sylvaticus), au genre Plectranthus. Notre coléus a donc pris le nom de Plectranthus scutellarioides.

Il se trouve que le genre Plectranthus n’est pas inconnu des jardiniers. On cultive plusieurs Plectranthus comme annuelles ou comme plantes d’intérieur: le lierre suédois (Plectranthus australis), le gros thym (P. amboinicus), P. coleioides ‘Marginata’, etc. Mais que d’étiquettes à réécrire si vous avez une grosse collection de coléus!

D’autres changements à venir

L’effet de ces découvertes au niveau des gènes des plantes (leur ADN) est en train de chambouler la nomenclature des végétaux. Il y a eu plusieurs changements majeurs et on peut s’attendre donc à d’autres. Exemple: le genre Aster, qui contenait plus de 600 espèces, est maintenant divisé en 11 genres différents et d’ailleurs les espèces nord-américaines sont maintenant toutes reclassifiées dans les genres Symphyotrichum, Eurybia, Doellingeria, etc. Le genre Chrysanthemum aussi a été complètement réorganisé. Et il y a beaucoup d’autres encore.

Voilà pour la nomenclature des espèces et des genres… mais ces découvertes génétiques modifient aussi les liens familiaux encore plus profonds entre les végétaux. Car, à un niveau supérieur, on regroupe aussi les plantes en familles et sous-familles. Par exemple, la famille des Pinacées contient les pins (Pinus), les sapins (Abies),  et la plupart des autres conifères à l’exception des cyprès (Cupressus) et des thuyas (Thuja), famille des Cupressacées) et des ifs (Taxus), famille des Taxacées. Toutes les graminées sont dans la famille Poacées, etc.Et jusque récemment le classement au niveau des familles était assez stable. Mais cela n’est plus le cas depuis qu’on utilise l’ADN pour aider à classifier les végétaux.

Par exemple, j’avais toujours l’habitude de dire que l’oignon (Allium cepa), l’asperge (Asparagus officinalis) et la jacinthe (Hyacinthus orientalis) appartenaient à la famille des Liliacées, mais plus maintenant: toutes ces plantes conservent leur nom botanique, mais l’oignon est désormais une Alliacée, l’asperge une Asparagacée et la jacinthe une Hyacinthacée. Le lis (Lilium) demeure toujours une Liliacée… heureusement!

Tous ces changements sont dérangeants pour les jardiniers qui ne tiennent qu’à connaître les noms botaniques de leurs plantes, mais il faut penser que, quand toute cette vaste révision sera terminée, les nouveaux noms devront durer des générations. Donc, nous, les jardiniers actuels, sont dérangés, mais les générations futures auront des noms qui ne bougeront plus… ou du moins, je l’espère!