Mes mauvaises herbes préférées

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Une belle plate-bande à l’anglaise qui incorpore certaines jolies «mauvaises herbes». Source: wwwpinterest.com

En tant que jardinier, je serais censé réagir à la présence de «mauvaises herbes», ces plantes indésirables qui arrivent spontanément dans nos jardins, en les arrachant toutes. Mais il y a certaines «mauvaises herbes» que j’aime! Je les trouve jolies et pas si envahissantes. J’admets qu’elles se ressèment un peu, mais, du moins dans mes plates-bandes, pas assez pour étouffer les autres plantes; seulement çà et là. Si jamais elles vont «trop loin» et commencent à empiéter sur des cultures que je veux préserver, je n’ai qu’à les arracher. D’ailleurs, toutes les plantes présentées ici s’arrachent très bien.

Voici mes préférées :

Grande molène (Verbascum thapsus)

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Grande molène (Verbascum thapsus). Source: bibprofessor.wordpress.com

Cette jolie plante bisannuelle, que nos ancêtres appelaient bouillon blanc ou tabac du diable, apparaît dans mes plates-bandes de temps en temps, disparaît, puis réapparaît, ajoutant une note de fantaisie à l’ensemble. Comment pourrait-on traiter cette jolie grande plante pas du tout agressive de mauvaise herbe? Avec sa belle rosette de feuilles hirsutes gris vert la première année et sa grande tige dressée de fleurs jaune franc la deuxième, floraison qui se maintient tout l’été, elle est toujours en vedette. Même quand elle sèche et meurt à la fin de la deuxième année, devenant brun chocolat, au moins sa tige épaisse ressort de la neige pour offrir un peu d’intérêt hivernal.

Ne la cherchez pas en pépinière : on ne semble jamais la vendre. On peut, par contre, la semer : il suffit de récolter des graines en septembre ou en octobre dans un champ près de chez vous et de les semer aussitôt ou au printemps. 90-200 cm x 60 cm. Zone 3.

Julienne des dames (Hesperis matronalis)

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Julienne des dames (Hesperis matronalis). Source: http://www.crocus.co.uk

Cette plante bisannuelle a une longue histoire d’utilisation comme plante médicinale pour soigner les maladies féminines. Indigène en Eurasie et introduite au début de la colonisation française au Québec, elle a vite pris la clé des champs et on la trouve maintenant solidement établie partout en Amérique du Nord dans les milieux un peu humides, souvent à l’orée des bois ou le long des cours d’eau.

Les fleurs roses ou blanches (souvent, on voit les deux couleurs dans la même colonie) sont produites en grand nombre de la fin du printemps jusqu’au milieu de l’été. Elle rappelle un phlox des jardins (Phlox paniculata), mais un phlox qui fleurit au début de la saison plutôt qu’à la fin. Aussi, ses fleurs ont quatre pétales alors que celles du phlox en ont cinq.

Et quel parfum! Mais les fleurs ne sont parfumées que la nuit. C’est une excellente fleur à couper, car alors vous pouvez profiter de son parfum dans l’intimité de votre foyer.

Cette plante se ressème abondamment, mais est très facile à éliminer si jamais elle va trop loin. Et oui, on trouve ses semences dans les catalogues. Semez-la abondamment : elle est plus jolie en «gang». 60-90 cm x 30 cm. Zone 3.

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Un programme sur les plantes envahissante, mais qui comprend d’importantes lacunes. Source: FIOHQ

Notez que la Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec (FIOHQ) a pris la julienne des dames en grippe dans son programme Je te remplace et demande aux jardiniers de l’éliminer. Je crois qu’elle fait erreur. Il n’y a aucune preuve que cette plante cause des dommages environnementaux, car elle s’intègre aux plantes indigènes sans perturber l’environnement. De plus, c’est une des rares plantes qui nourrissent les colibris quand ils arrivent affamés du Sud. Et d’ailleurs, il est trop tard pour éradiquer la julienne des dames, du moins au Québec : elle est déjà parfaitement intégrée aux systèmes écologiques existants.

C’est un peu comme la campagne contre la salicaire pourpre (Lythrum salicaria) des années 1990 : à l’époque, on accusait cette plante introduite de longue date de tous les maux, même de nuire à la sauvagine (!), mais 20 ans plus tard, la plupart des autorités admettent qu’elle n’a jamais été particulièrement nuisible. Quand la poussière sera retombée, on finira aussi par accepter la julienne comme une plante exotique de bon aloi.

Marguerite des champs (Leucanthemum vulgare)

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Marguerite des champs (Leucanthemum vulgare). Source: plants.usda.gov.jpg

Un voisin laisse fleurir des marguerites dans sa pelouse et ne commence donc à tondre qu’à la mi-juillet, quand tout est terminé. Il fait bien : quelle belle plante! Avec ses fleurs blanches à cœur jaune, c’est l’incarnation même d’une fleur : n’est-ce pas que les enfants crayonnent spontanément une marguerite quand on leur demande de dessiner une fleur?

Évidemment, les marguerites hybrides (L. x superbum), abondamment offertes en pépinière, ont des fleurs nettement plus grosses et, dans certains cas, une floraison qui s’étire sur tout l’été, mais elles ne vivent pas nécessairement longtemps, alors que la marguerite des champs, plus petite et à floraison moins durable, se ressème et arrive ainsi à se maintenir. D’accord, elle est un peu envahissante, mais… comment arracher une si jolie plante?

On la trouve rarement en pépinière et seulement un peu plus souvent en catalogue de semences, mais si vous voulez déterrer une petite plante dans un champ près de chez vous (mais pas dans un parc public, bien sûr!), je ne pense pas que cela dérangera qui que ce soit. 40-90 cm x 90 cm. Zone 3.

Mauve musquée (Malva moschata)

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Mauve musquée (Malva moschata). Source: www.promessedefleurs.com

Comme la julienne des dames, la mauve musquée, d’origine eurasiatique, a été introduite en Amérique du Nord comme plante médicinale, mais y pousse maintenant de façon spontanée.

Les fleurs roses ou blanches rappellent un moulin par leur forme. Chaque fleur ne dure qu’une seule journée, mais elles se succèdent pendant tout l’été. Les feuilles très découpées vert moyen sont attrayantes aussi.

Je connais des jardiniers qui détestent cette plante, car «elle ne reste pas à sa place» : effectivement, elle est de courte vie (2 ou 3 ans) et disparaît vite pour réapparaître ailleurs, généralement là où l’on ne l’avait pas prévu. Pour les jardiniers méticuleux, donc, c’est une peste. Par contre, pour ceux qui, comme moi, aiment les jardins un peu moins rigides, c’est une plante adorable qui met un peu de spontanéité dans le jardin… et qui n’a pas besoin d’un peu de spontanéité dans sa vie?

De plus, la mauve musquée n’est jamais si abondante qu’elle nuise aux autres plantes et ses fleurs sont toujours les bienvenues. Facile à trouver sous forme de semences dans les jardineries et catalogues. 40-60 cm x 40-60 cm. Zone 3.

Ses plus grandes cousines, la mauve alcée (Malva alcea), un sosie de la mauve musquée, mais deux fois plus haute, et la mauve sylvestre (Malva sylvestris), aux fleurs plus foncées avec des nervures pourpres, sont aussi des visiteuses plus que bienvenues!

Ne m’oubliez pas (Myosotis spp.)

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Ne m’oubliez pas (Myosotis sylvatica). Source: Rasbak, nl.wikipedia

Dans les endroits sauvages en Amérique du Nord, on trouve le ne m’oubliez pas indigène, M. laxa, mais dans les endroits cultivés, c’est l’espèce eurasiatique, M. sylvatica, qui domine. De toute façon, le commun des mortels ne verra pas de différence entre les deux. Qui ne connaît pas les belles mais petites fleurs bleu ciel de cette plante, l’une des très rares fleurs présentant cette couleur? Le ne m’oubliez pas fleurit tôt au printemps, avec les tulipes, puis meurt (c’est une bisannuelle), mais se ressème si abondamment qu’on dirait qu’il est vivace. Il existe aussi des variétés à fleurs blanches ou roses, mais les variétés roses persistent rarement très longtemps dans le jardin. Très facile à trouver, autant en pépinière qu’en catalogue de semences. 15-30 cm x 15 cm. Zone 3.

Onagre bisannuelle (Oenothera biennis)

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Onagre bisannuelle (Oenothera biennis). Source: Andreas Rockstein, plants.ces.ncsu.edu

Voici une plante qui, je l’admets, se ressème parfois un peu trop, mais elle est si facile à éliminer quand elle va trop loin : il suffit de l’arracher… elle lâche prise facilement et jamais elle ne drageonne. C’est une des rares plantes indigènes du Québec à avoir fait le tour du monde, car elle s’est abondamment naturalisée sur tous les continents sauf l’Antarctique.

Il s’agit, comme le nom le dit, d’une plante bisannuelle. Elle produit la première année une rosette basse de feuilles lancéolées rappelant celles d’un saule et, la deuxième, un haut épi de fleurs jaune pâle en forme de coupe. Les fleurs s’ouvrent en soirée et se ferment le lendemain avant midi… puis recommencent pendant tout l’été.

Il y a beaucoup de confusion au sujet du nom de cette plante : le Frère Marie-Victorin, notamment, l’appelle O. victorinii dans sa Flore Laurentienne, alors que O. glazioviana est aussi utilisé (cette dernière espèce est peut-être une variante d’O. biennis ou un hybride naturel de celle-ci). On trouve les semences dans plusieurs catalogues. 30-150 cm x 30-40 cm. Zone 2.

Rudbeckie hérissée (Rudbeckia hirta)

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Rudbeckie hérissée (Rudbeckia hirta). Source: seedsoftheprairie.com

Plante nord-américaine de longévité variable (il existe des souches annuelles, bisannuelles et vivaces), la rudbeckie produit de grandes inflorescences jaunes avec un cône central noir, d’où le nom de Suzanne aux yeux noirs qu’on lui confère parfois. Il arrive occasionnellement que la fleur porte une auréole acajou par-dessus le jaune. Toute la plante, sauf la fleur, est hérissée de poils courts un peu rudes, d’où les noms botaniques et communs. Elle fleurit longtemps, du milieu de l’été jusqu’au milieu de l’automne. On la trouve dans les champs et elle s’invite aussi au jardin. Les chardonnerets adoreront ses graines… si vous ne supprimez pas les fleurs fanées! 20-90 cm x 30-45 cm. Zone 3 (quand elle n’est pas annuelle).

D’autres rudbeckies aussi s’invitent parfois au jardin et s’y maintiennent en se ressemant. J’aime notamment la plus tardive, vraiment à floraison automnale, la rudbeckie trilobée (Rudbeckia triloba), une vivace de courte vie aux petites mais nombreuses inflorescences jaunes à cône noir, comme une mini-rudbeckie hérissée. À la fois des plantes et des semences sont facilement disponibles si la plante n’arrive pas chez vous toute seule. 1,2 m x 25 cm. Zone 3.

Verveine hastée (Verbena hastata)

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Verveine hastée (Verbena hastata). Source: shop.wildseedproject.net

Cette plante nord-américaine forme une rosette de feuilles étroites et dentées à la base portant plusieurs tiges bien dressées, curieusement carrées en coupe transversale, et coiffées d’épis étroits de fleurs bleu mauve, plus rarement roses, formant une petite couronne autour de chaque épi. La floraison commence en juillet et continue jusqu’en septembre. Les papillons et les colibris l’adorent!

La verveine hastée ne vit pas très longtemps, mais se ressème modestement dans les jardins ensoleillés et pas trop secs. On peut obtenir des semences des spécialistes de fleurs sauvages. Semez-les à l’automne, car il faut un hiver froid pour stimuler la germination. 60-120 cm x 30 cm. Zone 3.

Culture?

Je n’ose presque pas parler de culture, puisque souvent ces plantes s’invitent au jardin et s’y entretiennent toutes seules, mais ce sont toutes des plantes de prés et de champs, donc de milieux au moins moyennement ensoleillés et qui tolèrent autant les sols pauvres que riches. Donc, vous aurez plus de succès si votre plate-bande est ensoleillée.

Si vous les semez, dégagez un espace d’autre végétation: ainsi les semis pourront profiter du soleil pour s’installer. D’ailleurs, si vous en transplantez, peut-être des plantes achetées, préparez un trou assez gros pour recevoir la motte, plantez… et arrosez un peu plus que d’habitude. Après la première année, elles n’auront même plus besoin de ces soins plutôt limités. Mais il faut quand même les laisser monter en graines (autrement dit, ne pas supprimer les fleurs fanées) si vous voulez qu’elles se maintiennent.


Et voilà! Huit «mauvaises herbes» que je trouve particulièrement jolies et utiles, des plantes qui s’invitent souvent chez vous… et c’est tant mieux! Et il y en a plein d’autres! Jardiner est si facile quand on travaille avec dame Nature plutôt qu’en essayant de la contrer!20180802 wwwpinterest.com

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À la recherche de la fleur bleue

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20170829A.jpgLe bleu est parmi les plus rares des couleurs florales; seulement le noir est plus élusif. Et c’est probablement à cause de la complexité chimique impliquée dans sa production, car les abeilles, les papillons et les autres pollinisateurs distinguent très bien le bleu et visitent facilement les rares plantes qui produisent des fleurs bleues. Donc, l’évolution aurait pu mener à des fleurs bleues aussi facilement qu’aux les fleurs roses, blanches et jaunes si courantes.

Curieusement, la couleur bleue chez les plantes vient d’un pigment qui donne normalement les teintes rouge et violettes: l’anthocyanine (du grec pour bleu foncé). Pour simplifier un phénomène beaucoup plus complexe et qui implique diverses molécules et certains ions métalliques, c’est essentiellement dans des conditions alcalines que la couleur bleue des anthocyanes ressort… et la plupart des fleurs ont une sève acide. Chez les fleurs, le bleu n’est pas une couleur indépendante, c’est plutôt un genre de co-pigmentation.

C’est pour cette raison que beaucoup de plantes riches en anthocyanes ont des fleurs rouges ou violettes plutôt que bleues.

Fleurs bleues: appréciées, mais rares

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Phalaenopsis teints bleus. Photo: Tangopaso, Wikimedia Commons

Les fleurs bleues sont fort appréciées en fleuristerie, tellement d’ailleurs qu’il est courant de teindre bleu les fleurs blanches afin d’en mousser la vente. On injecte même des teintures dans les plantes vivantes pour donner une coloration bleue à leurs fleurs. C’est le cas des orchidées bleues qu’on voit si souvent sur le marché depuis quelques années: ce sont des phalaenopsis teints. À leur prochaine floraison, les fleurs seront blanches.

Partout à travers le monde, il y a des scientifiques qui travaillent à introduire des gènes de la couleur bleue dans certaines fleurs populaires — roses, œillets, chrysanthèmes, etc. — avec, en général, un succès mitigé.

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La rose bleue ‘Applause’ est plus lavande que bleue. Photo: Blue Rose Man, Wikimedia Commons

Les efforts pour créer une rose (Rosa) bleue en y transférant de gènes d’autres plantes ont abouti à un rosier aux fleurs dites bleues, ‘Applause’… mais à mes yeux, les fleurs sont en fait lavande foncé, ce qui est quand même une nouvelle couleur pour une rose.

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Les œillets bleus Mooncarnation: plus pourpres que bleus. Photo: Pagemoral, Wikimedia Commons

C’est la même chose pour les œillets (Dianthus caryophyllus): des modifications génétiques (ajouts de certains gènes venant de plantes à fleurs bleues combinées avec la suppression de gènes chez l’œillet) ont abouti à des œillets dits bleus, la série Mooncarnation… mais les fleurs sont en fait de différentes teintes de violet et de pourpre. De nouvelles couleurs pour l’œillet, certes… mais ces œillets ne sont pas du tout bleus.

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Chrysanthème bleu? Au moins, il est plus près du bleu que la rose bleue ou l’œillet bleu! Photo: Naonobu Noda/NARO

Tout récemment (le 26 juillet 2017), on a annoncé la création du premier chrysanthème (Chrysanthemum × morifolium) bleu suite à l’ajout de gènes provenant d’une campanule (Campanula medium) et d’un pois bleu (Clitoria ternatea). Cette fois-ci, on dit que c’est un vrai bleu… mais je le trouve plutôt bleu-lavande (voir l’image ci-dessus). Les hybrideurs de cette nouvelle combinaison sont même surpris d’avoir atteint leur but si facilement. Ils pensaient devoir bloquer d’autres gênes pour réussir, mais le chrysanthème s’est montré plus collaborateur qu’ils pensaient.

Ces manipulations relèvent du génie génétique, mes amis. Autrement dit, ces plantes sont des OGM, un terme qui fait peur à beaucoup de gens. Pourtant, la rose et les oeillets bleus sont sur le marché de la fleur coupée depuis plusieurs années et personne ne semble s’en plaindre.

De vraies fleurs bleues

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Ipomoea tricolor ‘Heavenly Blue’ est véritablement bleu. Photo: Russell E, Wikimedia Commons

Évidemment, il existe des fleurs vraiment bleues, et cela, depuis des millions d’années. Je ne pense pas que personne ne niera qu’une gloire du matin ‘Heavenly Blue’ (Ipomoea tricolor ‘Heavenly Blue’) est bleue. D’ailleurs, ce cultivar n’a pas été développé en laboratoire ni n’a même été l’objet d’hybridation, mais est une sélection d’I. tricolor, une espèce à fleurs naturellement bleues. Il fut trouvé comme tel à l’état sauvage.

Mais alors, comment définir «bleu»?

En horticulture, il y a une longue tradition d’appeler bleue toute fleur le moindrement proche de bleu. Surtout, les fleurs bleu-violet — et nettement plus violettes que bleues! – sont universellement appelées «bleues» et c’est une couleur abondante dans le monde floral. C’est sans doute un cas de «prendre ses désirs pour des réalités».

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Les campanules (ici Campanula cochleariifolia), réputées pour leurs clochettes bleues, paraissent violettes à mes yeux. Photo: Jerzy Opiola, Wikimedia Commons

Aussi, la définition de bleu varie sûrement d’un individu à un autre. En faisant des recherches pour cet article, j’ai découvert que j’ai tendance à voir les bleus plus clairs (cyan, azure, bleu ciel, etc.) comme étant «véritablement bleus», alors je que déclassaient les teintes plus foncées (indigo, cobalt, etc.), les considérant violettes. Est-ce que je suis donc trop sévère?

Évidemment, on pourrait toujours prendre la définition scientifique du bleu comme repère — les longueurs d’onde lumineuse s’étendant de 450 à 500 nanomètres — mais qui a un appareil capable de mesurer à la portée de la main?

Fleurs vraiment bleues

Voici quelques fleurs qui, à mes yeux, sont véritablement bleues. C’est un choix subjectif, je l’admets, mais puisque c’est moi qui écrit l’article…

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Allium caeruleum. Photo: col&tasha, Flickr

  1. Allium caeruleum (allium azuré) — bulbe, zone 3
  2. Amsonia spp. (amsonie bleue) — vivace, zone 4 à 6, selon l’espèce
  3. Anagallis arvensis (mouron des champs) — annuelle

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    Borage officinalis est presque le même bleu que le ciel. Photo: Sten Porse

  4. Borago officinalis (bourrache) — herbe fine annuelle
  5. Brunnera macrophylla (brunnera ou myosotis du Caucase) — vivace, zone 3
  6. Centaurea cyanea (centaurée bleuet) — annuelle
  7. Cerastium plumbaginoides (plumbago rampant) — vivace, zone 6
  8. Clitoria ternatea (pois bleu) — grimpante tropicale
  9. Commelina communis (comméline commune) — mauvaise herbe annuelle

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    Corydalis flexuosa. Photo: jardinierparesseux.com

  10. Corydalis flexuosa (corydale bleue) — vivace, zone 6
  11. Cynoglossum amabile (cynoglosse) — annuelle
  12. Eryngium spp. (panicaut, érynge) — vivace, zone 4
  13. Evolvulus x Blue Daze’ (gloire du matin compact) — annuelle
  14. Hydrangea macrocarpa (hortensia, hydrangée  grandes feuilles, hydrangée bleue) en situation acide — arbuste, zone 6
  15. Ipomoea tricolor ‘Heavenly Blue’ (gloire du matin ‘Heavenly Blue’) — annuelle grimpante
  16. Linum perenne (lin vivace) — vivace, zone 3
  17. Linum usitatissimum (lin cultivé) — annuelle

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    Meconopsis betonicifolia. Photo: Andrew Curtis, Wikimedia Commons

  18. Meconopsis betonicifolia (pavot bleu) — bisannuelle ou vivace de courte vie, zone 3
  19. Mertensia spp. (Mertensie) — vivace, zone 4
  20. Myosotis spp. (ne-m’oubliez-pas ou myosotis) — bisannuelle, zone 3
  21. Oxypetalum caeruleum (tweedia) — annuelle
  22. Plumbago auriculata (dentelaire du Cap) — grimpante tropicale ou plante d’intérieur

Fleurs parfois bleues

Les plantes suivantes viennent dans une bonne gamme de couleurs, plusieurs plutôt violettes, mais vous pouvez aussi trouver des fleurs vraiment bleues dans ce groupe.

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Delphinium ‘Blue Fouintains’. Il y a des variétés bleues dans ce mélange, mais aussi des violets et des blancs. Photo: J.W. Jung Seed Co.

  1. Delphinium spp. (pied d’alouette, delphinium) — annuelle ou vivace, zone 2
  2. Gentiana spp. (gentiane) — vivace, zone 2 à 6, selon l’espèce
  3. Eustoma grandiflorum (lisianthus) — annuelle
  4. Hyacinthus orientalis (jacinthe) — bulbe, zone 4
  5. Iris x germanica (iris barbu, iris des jardins) — vivace, zone 3
  6. Lobelia erinus (lobélie érine) — annuelle
  7. Lupinus spp. (lupin) — annuelle ou vivace, zone 3
  8. Muscari spp. (muscari ou jacinthe à grappes) — bulbe, zone 3
  9. Salvia guaranitica (sauge guarani) — annuelle en région froide
  10. Salvia patens (sauge gentiane) — annuelle en région froide
  11. Viola x wittrockiana (pensée) — bisannuelle ou vivace de courte vie, zone 4

Fleurs bleues pas vraiment bleues

Enfin, voici quelques plantes qui sont souvent dites «bleues», mais je trouve trop violet pour appartenir à cette catégorie.

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Agérate ‘Blue Hawaii’: plutôt violet, de mon point de vue. Photo: Swallowtail Garden Seeds

  1. Aconitum spp. (aconit) — vivace, zone 3
  2. Agapanthus spp. (agapanthe, lis du Nil) — plante d’intérieur ou vivace, zone 7
  3. Ageratum houstonianum (agérate) — annuelle
  4. Anchusa spp. (buglosse) — bisannuelle ou vivace, zone 3
  5. Aquilegia coerulea (ancolie bleue) — vivace, zone 3
  6. Browallia spp. (browallia) — annuelle
  7. Campanula spp. (campanule) — bisannuelle ou vivace, zone 3
  8. Echinops spp. (chardon bleu, boule azurée) — vivace, zone 3
  9. Geranium spp. (géranium) — vivace, zones 2 à 9, selon l’espèce
  10. Hyacinthoides non-scripta (jacinthe des bois) — bulbe, zone 4
  11. Iris sibirica (iris de Sibérie) — vivace, zone 3
  12. Iris versicolor (iris versicolore) — vivace, zone 2
  13. Lobelia siphilitica (lobélie bleue) — vivace, zone 3
  14. Scilla siberica (scille de Sibérie) — bulbe, zone 320170829A