Plantes aux feuilles bizarres: les feuilles qui bougent

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Oui, certaines feuilles sont motiles. Lisez plus loin pour comprendre pourquoi! Source: www.oogazone.com & freedesignfile.com

De temps en temps, j’écris un article sur les feuilles bizarres. En voici un autre, à propos des plantes dont les feuilles sont motiles.

Les feuilles bougent tout le temps

En réalité, il n’est pas si rare que les feuilles des plantes bougent. Elles remuent notamment au vent, quand un animal les frôle et quand des gouttes de pluie les frappent. Cependant, il s’agit alors de mouvements causés par une action extérieure: les feuilles ne bougent pas d’elles-mêmes; quelque chose les a déplacées. Mais certaines plantes ont des feuilles qui bougent d’elles-mêmes et les raisons de cette motilité sont diverses.

Bouger pour se protéger

Beaucoup de plantes ont des feuilles qui s’enroulent sous des conditions stressantes — lors d’une sécheresse ou quand il fait très froid, par exemple — mais qui se rétablissent par la suite.

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Les frondes de la fougère de résurrection (Pleopeltis polypodioides) peuvent paraître mortes, mais reprennent leur forme après une pluie. Source: apalacheehills.com

La fougère de résurrection (Pleopeltis polypodioides, anc. Polypodium polypodioides) peut survivre sans une goutte d’eau pendant de nombreuses années (jusqu’à 100 ans, paraît-il!), puis ses frondes, apparemment mortes, redeviennent complètement vertes et fonctionnelles dans les 24 heures suivant une pluie. Deux autres «plantes de résurrection», comme on appelle parfois ces végétaux capables de complètement s’assécher puis de renaître lorsqu’il pleut, sont la rose de Jéricho (Selaginella lepidophylla) et le ramonda (Ramonda spp.), une gesnériacée alpine.

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Les feuilles des rhododendrons s’enroulent et se replient quand il fait froid, mais reprennent leur forme au printemps. Source: www.indefenseofplants.com

Quant au mouvement pour mieux résister au froid, les feuilles de plusieurs rhododendrons rustiques (Rhododendron spp.) en sont d’excellents exemples. À l’automne, les feuilles s’enroulent et commencent à pendre. Plus il fait froid, plus elles se replient. Elles ont vraiment l’air en détresse! Pourtant, au printemps, au retour du beau temps, les feuilles se déroulent et se redressent, reprenant une position horizontale comme si de rien n’était. On pense que cette transformation hivernale aide à réduire la formation de cristaux de glace dans les cellules, ce qui aurait mené à la mort de la feuille.

Se tourner vers le soleil

Sur la plupart des plantes, les feuilles se tournent en direction du soleil, au moins dans une certaine mesure. C’est ce qu’on appelle le phototropisme, un terme qu’on vous a sûrement expliqué à l’école, mais que la plupart d’entre nous avons eu le temps d’oublier.

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Si l’on ne tourne pas les plantes d’intérieur régulièrement, leurs feuilles — et même leurs tiges! – pencheront en direction du soleil. Source: Donnie, http://www.houzz.com

Si vous transplantez ou déplacez une plante, ou même si vous ne faites que couper une branche en surplomb, les feuilles s’ajusteront, changeant de position pour capter plus de soleil. La correction peut prendre plusieurs jours, voire des semaines, mais elle s’effectue quand même.

Le fait que les feuilles se dirigent vers la source de lumière est particulièrement facile à observer à l’orée d’une forêt, où la lumière vient du côté plutôt que du haut, et aussi chez nos plantes d’intérieur, car encore, elles reçoivent surtout un éclairage horizontal. Si l’on ne leur donne pas un petit quart de tour de temps à autre, la plupart des feuilles s’orienteront très nettement vers la source de lumière.

Les plantes qui bougent la nuit

D’autres plantes ont la curieuse habitude de replier leurs feuilles la nuit venue. Dans certains cas, elles se replient vers le bas; dans d’autres, vers le haut. On appelle ce phénomène la nyctinastie et il est en fait assez commun, surtout dans les familles des légumineuses (Fabacées) et de l’oxalis (Oxalidacées).

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Les feuilles de la plante prieuse se replient vers le haut, comme des mains en prière. Source: Aida F., http://www.pinterest

Vous avez peut-être remarqué ce mouvement chez le trèfle (Trifolium spp.) ou le faux trèfle (Oxalis triangularis), mais la plante nyctinastique la plus connue des jardiniers est la plante prieuse ou maranta (Maranta leuconeura), une plante d’intérieur populaire dont les feuilles se replient vers le haut la nuit comme des mains en prière.

Ce type de mouvement est causé par une structure en forme de charnière à la base de la feuille. Appelée pulvinus, elle est remplie d’eau pendant la journée, mais se draine la nuit, de sorte que le manque de turgescence de cet organe fait replier la feuille.

Les scientifiques ne savent pas encore pourquoi les plantes font cela, mais peut-être que cela aide à réduire la transpiration pendant que la feuille est «endormie».

Les plantes qui dansent

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Les feuilles de l’oxalide à feuilles d’hédysarum (Oxalis hedysaroides ‘Rubra’) sont en mouvement presque constant le jour, puis se referment la nuit. Source: bluepumilio.com

Il y a certaines plantes qui, dans des conditions appropriées, vont un peu plus loin que de simplement fermer leurs feuilles la nuit. Leurs feuilles sont aussi munies de pulvinus et oui, elles se referment aussi la nuit, mais de plus, pendant la journée, elles semblent constamment se réajuster. On croit qu’elles le font pour capter un maximum de soleil. Comme le soleil se déplace constamment dans le ciel, sa lumière filtrant à travers des branches surplombantes, cela crée un effet d’ombre et de lumière qui ne cesse de changer. Alors, ces feuilles passent la journée à se repositionner pour attraper le plus de lumière possible.

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Photo en accéléré montrant comment la plante qui danse (Codariocalyx motorius) se remue. Source: gfycat.com

L’oxalide à feuilles d’hédysarum (Oxalis hedysaroides ‘Rubra’) et la plante qui danse (Codariocalyx motorius, anc. Desmodium gyrans) sont des plantes d’intérieur que l’on voit à l’occasion et dont les feuilles sont en mouvement constant. Cela n’est évident que quand la température est relativement chaude et que l’humidité atmosphérique est bonne. De plus, les mouvements sont subtils. Il faut fixer la plante pendant quelques minutes avant de les apercevoir. Très honnêtement, on ne voit rien au début, mais à force de fixer la plante, on remarque finalement que les feuilles bougent très peu, mais constamment. Après quelques minutes, le mouvement paraît si évident qu’on a de la difficulté à comprendre pourquoi on ne l’a pas vu dès le début!

Notez que l’oxalide à feuilles d’hédysarum réagit aussi au toucher (voir plus loin), mais seulement de façon très minimale.

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Les feuilles de la carambole (Averrhoa carambola) bougent lentement pendant toute la journée.  Source: biogeodb.stri.si.edu

La carambole (Averrhoa carambola), un fruitier tropical de la famille des Oxalidacées, a également des folioles qui se referment la nuit et qui bougent visiblement le jour bien que lentement… mais encore faut-il observer très patiemment!

Les feuilles qui bougent quand on les touche

Les plantes qui réagissent au toucher sont certainement les plantes les plus étranges parmi les plantes aux feuilles qui bougent. Ce phénomène, connu sous le nom de thigmonastie ou séismonastie, se produit quand quelque chose touche ou secoue la feuille. Et certaines réagissent aussi quand vous tenez une allumette à proximité.

Cette réaction peut être très rapide et est certainement bien visible. Comme pour les plantes nyctinastiques, c’est habituellement un pulvinus à la base de la feuille ou de la foliole qui se vide rapidement, provoquant l’affaissement des feuilles. D’ailleurs, la plupart sont nyctinastiques aussi et donc leurs feuilles se ferment la nuit et réagissent au toucher le jour.

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La sensitive (Mimosa pudica) réagit très rapidement au toucher. Source: worldoffloweringplants.com

La plante thigmonastique la plus connue est la sensitive ou mimosa pudique (Mimosa pudica), une légumineuse aux feuilles bipennées. Il s’agit d’une plante d’intérieur assez facile à cultiver, mais de courte vie, car habituellement elle meurt après la floraison. Dans les pays tropicaux, c’est une mauvaise herbe qui envahit gazons et potagers.

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La sensitive réagit très rapidement au toucher. Source: Hrushikesh, Wikimedia Commons

Sa réaction au toucher est phénoménale. Un léger contact provoquera l’effondrement d’une seule foliole, mais un contact plus ferme entraînera la chute de l’ensemble de la feuille. Secouer la plante provoquera le repliement de toutes ses feuilles. Et si vous passez un doigt le long de la feuille, les folioles se refermeront l’une après l’autre comme autant de dominos! Si vous laissez la feuille tranquille par la suite, elle se rétablira, mais moins visiblement, l’opération prenant de 15 à 30 minutes.

En plus d’utiliser les pulvinus, typiques des plantes nyctinastiques, pour faire replier les feuilles et les folioles en les vidant rapidement de leur eau, le mimosa peut transmettre la réaction aux feuilles ou folioles voisines en émettant un courant électrique qui imite le système nerveux des animaux. Il y a aussi une réaction chimique impliquée dans ce mouvement. La sensitive a été très étudiée, notamment par Charles Darwin, qui était fasciné par cette plante pas comme les autres.

On pense que la réaction au toucher de la sensitive aide à la protéger du broutage des animaux. Après tout, imaginez la surprise d’une vache qui s’apprête à manger une sensitive d’apparence verdoyante pour découvrir, dès que sa langue touche à la première feuille, que la plante ne semble plus avoir de feuilles (elles se sont repliées), mais présente plutôt un amas de branches apparemment brunes, sèches et, de plus, épineuses!

D’autres sensitives

Si M. pudica est la sensitive la plus couramment cultivée, il y a quelque 400 autres espèces dans le genre Mimosa, à la fois des herbes et des arbustes, toutes sensibles au toucher, bien que certaines soient plus «réactives» que d’autres. Il existe même une sensitive rustique (zone 5) qui peut être cultivée dans nos plates-bandes comme vivace, M. nuttallii.

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Le mimosa d’hiver (Acacia dealbata) n’est pas un véritable mimosa et ses feuilles ne réagissent pas au toucher. Source: Ainformations-documents.com

Il faut faire attention aux plantes portant le nom commun mimosa. En effet, plusieurs autres arbres et arbustes sont ainsi nommés, mais ils appartiennent à d’autres genres et aucun ne réagit au toucher. Ils partagent quand même avec les vrais mimosas (genre Mimosa) des fleurs plumeuses et des feuilles pennées similaires et sont aussi des légumineuses. Parmi ces «prétendants non motiles», il y a Albizia julibrissin (arbre à soie) et plusieurs acacias, dont Acacia dealbata (mimosa d’hiver ou mimosa des fleuristes).

Il y a aussi plusieurs espèces de «sensitives aquatiques», les neptunies (Neptunia spp.), qui ont des feuilles bipennées semblables à celles de la sensitive et qui réagissent au toucher de la même manière. Comme leur nom l’indique, elles poussent dans l’eau ou au moins dans des conditions très marécageuses.

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Biophytum sensitivum. Source: Kenraiz, Wikimedia Commons

Moins connu, Biophytum sensitivum (communément appelé sensitive, comme les divers Mimosa) est une petite plante herbacée des Oxalidacées. Cette sensitive ressemble à un petit palmier et est parfois utilisée comme arbre miniature dans les terrariums et les jardins de fées. Elle est sensible au toucher… mais c’est aussi une «plante qui danse», car ces feuilles se déplacent toutes seules, changeant d’orientation d’après les mouvements du soleil.

Enfin, le pois perdrix ou pois sensible (Chamaecrista fasciculata, syn. Cassia fasciculata) est une légumineuse annuelle originaire de l’est des États-Unis de plus en plus cultivée comme plante mellifère à naturaliser qui a également des feuilles bipennées qui ferment la nuit… et qui sont légèrement sensibles au toucher pendant la journée.

Les carnivores à feuilles réactives

L’autre groupe de plantes sensibles au toucher est celui des plantes carnivores ou, plus précisément, insectivores.

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Les feuilles de la dionée attrape-mouche (Dionaea muscipula) agissent comme pièges à insectes. Source: Citron / CC-BY-SA-3.0, Wikimedia Commons

La plus connue de ces plantes est la dionée attrape-mouche (Dionaea muscipula). Elle est souvent offerte comme plante d’intérieur, bien qu’elle vive rarement très longtemps sous les conditions d’un salon typique, étant incapable de tolérer l’eau du robinet et la chaleur hivernale. J’ai déjà écrit un peu à son sujet dans l’article Cinq plantes aux feuilles bizarres.

Ses feuilles en forme de piège à ours portent de minuscules poils sensitifs. Si un insecte touche à un poil, rien ne se passe. Cela est considéré comme une protection pour empêcher la feuille de fermer pour des raisons inopportunes, comme quand une goutte de pluie ou une feuille morte la touche en tombant. Cependant, si le poil est touché une seconde fois dans les 20 secondes suivantes, ou si un deuxième poil est touché dans le même délai, cela indique la présence probable d’un arthropode errant et le piège se ferme rapidement, en un dixième de seconde. Après cela, l’insecte est lentement digéré, puis le piège s’ouvre à nouveau, ce qui prend de 10 à 12 heures.

Pour en savoir plus sur la délicate culture de la dionée attrape-mouche, lisez Pas de hamburger pour l’attrape-mouche.

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Les pièges des utriculaires (Utricularia spp.) sont généralement aquatiques. Source: wetland-plants.co.uk

Moins connues que la dionée attrape-mouche, les utriculaires (Utricularia spp.) sont encore plus rapides que celle-ci. Leurs pièges en forme de vessie sont de petites feuilles modifiées, appelées utricules, conçues de telle sorte qu’un vide se forme à l’intérieur de chacune avec un «clapet» pour garder l’entrée. Si une puce d’eau ou un autre petit invertébré touche le poil sensitif situé à l’extérieur, le piège s’ouvre, aspire instantanément la créature, puis se referme. Cela ne prend que dix à quinze millièmes de seconde!

Cette plante est moins populaire auprès des jardiniers que la dionée, car son action se déroule plus ou moins hors de vue, sous l’eau ou même sous terre dans un sol détrempé, car les utriculaires sont des plantes aquatiques ou de marécage.

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Les feuilles de Drosera capensis s’enroulant autour d’une mouche prise au piège. Source: Noah Elhardt, Wikimedia Commons

D’autres plantes insectivores ont aussi des feuilles motrices. Certaines espèces de rossolis (Drosera spp.) ont des feuilles qui s’enroulent autour de leur proie après que cette dernière se soit fait prendre par les poils collants qui les recouvrent, mais cela se produit si lentement que vous aurez besoin d’une vidéographie en accéléré pour remarquer le mouvement. Les feuilles de grassettes (Pinguicula spp.) s’enroulent aussi légèrement lorsqu’elles capturent une proie, mais leur mouvement est encore moins impressionnant que celui des rossolis.


Des feuilles qui bougent: une des petites surprises de mère Nature!20180211A www.oogazone.com & freedesignfile.com

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La sensitive: la plante qui a la bougeotte

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Mimosa pudica

Saviez-vous que toutes les plantes peuvent se mouvoir? Une tige pousse notamment vers le haut et vers la source de lumière. Les feuilles aussi se dirigent vers la lumière, changeant imperceptiblement de position à mesure que le soleil se promène; ainsi une plante qui ne reçoit le soleil que d’un côté penchera dans ce sens. Les boutons floraux du tournesol commun (Helianthus annuus) se tournent vers l’Est le matin et vers l’Ouest en fin de journée. Aussi, certaines ont des feuilles ou des fleurs qui se ferment la nuit et qui s’ouvrent le jour : on appelle ce phénomène la nyctinastie. Enfin les tiges volubiles et les vrilles des grimpantes s’entortillent autour de leur tuteur. Pour cette raison, quelqu’un qui prétend que les plantes ne bougent pas a tort: elles bougent… mais très lentement, sans qu’on s’en aperçoit.

Certaines plantes, par contre, bougent très visiblement. Vous avez sans doute vu à la télé ou en personne la trappe d’une dionée (Dionaea muscipula, une plante carnivore) se refermer sur un insecte, par exemple. Et il existe des dizaines d’autres plantes qui ont des mouvements brusques et très visibles quand on les touche, un effet appelé thigmonastie.

La plante la plus motile

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La sensitive réagit rapidement au mouvement. Photo: Wikimedia Commons.

Mais le maître incontesté des «plantes motiles» est la sensitive (Mimosa pudica). Ses feuilles composées de multiples folioles sont incroyablement sensibles au toucher. Il s’agit de toucher à une seule foliole qu’elle se retire. Si vous passez votre doigt de long de la tige de la feuille, les folioles de chaque côté se replient les unes après les autres, comme des dominos. Et si vous brassez la feuille, non seulement toutes les folioles se replient, mais la feuille au complet se rabaisse, comme pour s’échapper à votre «attaque». Et la sensitive est sensible à la chaleur aussi: approchez une allumette allumée à la plante et toutes ses feuilles se refermeront. À moins d’un autre dérangement, les feuilles resteront fermées environ 15 minutes, puis rouvriront de nouveau.

D’ailleurs, les feuilles de la sensitive sont également nyctinastiques: elles se ferment la nuit aussi, comme les feuilles de beaucoup de végétaux.

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Le «mimosa» des fleuristes (Acacia dealbata) n’est pas un très proche parent de Mimosa pudica.

Malgré son nom botanique, Mimosa, la sensitive n’est pas très proche parente de l’arbre aux fleurs jaunes parfumées qu’on appelle mimosa, mais qui n’est pas un mimosa du tout, mais un acacia (Acacia dealbata) originaire de l’Australie. L’acacia d’ailleurs ne réagit pas au toucher.

Par contre, il existe d’autres sensitives (Mimosa), d’ailleurs presque 400 espèces: toutes réagissent au toucher. Il y a même une sensitive qui tolère les hivers froids et qui peut être cultivée comme vivace: M. nutallii, zone 5.

Il existe aussi d’autres plantes thigmonastiques (qui réagissent au toucher), notamment dans les genres Oxalis, Biophytum, Codariocalyx, Drosera et Neptunia (un genre proche du Mimosa), notamment la «sensitive aquatique», N. oleracea, parfois utilisée dans nos bassins d’eau.

Pourquoi la sensitive bouge-t-elle?

Cette réaction curieuse de la part de la sensitive n’a pas manqué d’attirer l’attention des scientifiques. Darwin lui-même étudia la sensitive, mais, malgré plus de 200 ans d’étude, on ne sait toujours pas exactement ce qui permet à la sensitive de réagir si rapidement. On sait qu’il existe un nodule (« pulvinus ») pleine d’eau à la base de chaque foliole et aussi à la base du pétiole que c’est la perte rapide de cette eau qui fait que la feuille bouge si rapidement. Et qu’il passe des courants électriques entre les pulvinus, presque comme chez les nerfs des animaux. Et qu’il y a aussi une réaction chimique. C’est le mécanisme exact de cette réaction qui n’est pas bien comprise.

Mais si la sensitive réagit si rapidement, il doit bien avoir une raison. Les scientifiques en postulent trois.

D’abord, c’est peut-être un mécanisme de défense contre les insectes et les animaux brouteurs. En effet, quand un herbivore se penche pour croquer les belles feuilles de la sensitive, toutes les feuilles se retirent, laissant une tige apparemment nue et, de plus, très épineuse: rien de très ragoûtant!

Aussi, la « sensitivité » de la plante peut protéger contre les incendies. Un incendie de brousse passe très rapidement et les feuilles de la sensitive, qui se sont déjà refermées dès la première indication d’une montée rapide de température, en sortent souvent indemnes.

Enfin, il est possible que ce mouvement puisse aussi protéger la plante des pluies ou des vents trop violents.

Comment cultiver une sensitive

20151527D.jpgDisons-le tout de suite, la sensitive, même si elle est vendue à cette fin dans les pépinières, ne fait pas une bonne plante d’intérieur, du moins pas si vous jugez le succès d’une plante d’après sa longévité. En effet, sous les conditions de maison, la sensitive tend à vivre 5 ou 6 mois (8 ou 9 mois si vous la cultivez à partir de semences), puis dépérit. Mais durant ce temps, on a le plaisir de regarder ses mouvements et de faire des expériences. C’est un excellent sujet pour le botaniste en herbe!

On peut acheter des plants de sensitive dans certaines jardineries ou encore, se procurer des sachets semences, soit en magasin ou par la poste (essayez www.stokeseeds.com, par exemple), et les semis poussent très rapidement. Pour environ 2,50$ plus quelques pots recyclés et un sachet de terreau, il est possible de fournir tout le voisinage en plantes sensitives! Et l’on peut aussi semer les graines à l’extérieur l’été pour en faire une annuelle (dans la nature, c’est une vivace tropicale).

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Jeune semis montrant une première feuille.

Les graines très dures de la sensitive germent difficilement et lentement… à moins de leur donner un traitement à la chaleur. Placez les graines dans un tamis et versez-y de l’eau bouillante. Alternativement, versez de l’eau chaude dans un thermos et laissez les graines y tremper pendant 48 heures. Par la suite, semez les graines dans un pot de terreau humide, les recouvrant à peine de terreau. Gardez le pot dans un emplacement plutôt chaud (environ 21-24˚C) et la germination aura lieu en environ une semaine. À des températures plus fraîches, la germation peut prendre 3 ou 4 semaines.

Il faut un bon éclairage et des arrosages réguliers pour garder la sensitive en bon état. La température normale de nos maisons lui convient parfaitement. Il n’est pas vraiment utile de la fertiliser: elle ne vivra sans doute pas assez longtemps pour en profiter. De toute façon, c’est une mauvaise herbe des sols pauvres dans son Amérique latine natale, autant dire qu’elle a peu besoin d’éléments nutritifs.

Si jamais votre plante est infestée d’insectes (elle semble surtout sensible aux araignées rouges et aux thrips), il est important de savoir qu’elle peut être sensible aux pesticides. Avant d’en appliquer, faites toujours un test sur une ou deux feuilles auparavant. Si elles noircissent, essayez un autre produit. Souvent la solution la plus facile est de rincer la plante avec de l’eau tiède, tout simplement.

Vous remarquerez que votre sensitive fleurira volontiers, souvent en moins de 3 mois, produisant des inflorescences arrondies et plumeuses de couleur rose pourpré, intéressantes, mais pas nécessairement saisissantes. Les fleurs donneront cependant des cosses de graines desquelles, quand elles brunissent, on peut récupérer des graines pour repartir de nouvelles plantes.

Sans pouvoir dire que la sensitive est la plus facile des plantes d’intérieur, en cultiver une demure néanmoins une expérience fascinante pour les gens de tout âge, de 5 à 90 ans. Et si vous êtes éducateur, c’est un excellent choix pour la salle de classe. Essayez-la pour voir: vous serez ravi des résultats!