Comment réussir un marcottage aérien

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Quand une plante d’intérieur se dégarnit complètement à la base alors que le sommet est encore très beau, ou encore qu’elle menace de percer le plafond tellement elle est devenue haute, vous pouvez la récupérer avec un marcottage aérien. C’est notamment le cas avec les grandes plantes d’intérieur comme le dieffenbachia (Dieffenbachia), le caoutchouc (Ficus elastica) et le dracéna (Dracaena), bien que cette technique fut utilisée à l’origine en plein air et sur les arbres fruitiers (on l’emploie depuis plus de 800 ans en Chine).

Évidemment, il aurait été possible de tout simplement bouturer la tête de la plupart de ces plantes, mais le taux de succès est plus faible, notamment quand il s’agit d’une plante ligneuse comme le croton (Codiaeum), les divers figuiers (Ficus) ou le schefflera (Schefflera). L’avantage du marcottage aérien par rapport au bouturage est que la section que l’on veut faire enraciner continue d’être nourrie en minéraux et en sucres, mais surtout en eau, par la plante mère pendant tout le processus d’enracinement alors qu’une bouture, coupée de la plante mère avant d’avoir fait ses racines, doit se débrouiller seule.

Marcottage aérien, étape par étape

Le marcottage aérien paraît complexe, mais est en fait très simple à accomplir. Voici comment le faire, étape par étape.

1. Dégagez la tige de feuilles (s’il en reste) là où vous vous proposez de pratiquer le marcottage.

2. Avec un couteau, réalisez une petite incision à angle d’environ 30° dans la tige.

3. Installez dans la fente ainsi pratiquée une allumette, un cure-dent ou une petite pierre pour empêcher la blessure de se fermer trop rapidement. Cette blessure envoie un signal hormonal à la plante, lui disant il est temps de se mettre en action et de produire des racines.

4. Un léger saupoudrage d’hormone d’enracinement peut être utile pour les plantes qui sont réputées difficiles à bouturer, notamment quand la tige est ligneuse. (Pour un croton, par exemple.)

5. Prenez une bonne poignée de sphaigne humide (faites-la tremper dans l’eau avant de l’utiliser) et entourez-en la plaie. Je parle bien du produit communément appelé mousse de sphaigne, aux fibres longues, non pas de la mousse horticole ou mousse de tourbe («peat moss»). On vend de petits sacs de sphaigne dans les jardineries.

6. À cette étape, empruntez une autre paire de mains, si possible, sinon vous aurez à montrer une très bonne dextérité manuelle ainsi que la capacité de faire 3 choses à la fois. Enveloppez la mousse d’une feuille de plastique transparent en la fixant, en haut et en bas, au moyen d’une attache, d’une corde ou de raphia.

7. Au cours des semaines qui suivent, il faut maintenir la mousse constamment humide. Son état est facile à voir: elle pâlit quand elle est sèche. Au besoin, donc, ouvrez le haut du plastique pour y laisser écouler un peu d’eau.

8. Les racines peuvent apparaître en quelques semaines à quelques mois. Lorsqu’elles sont nombreuses, enlevez la feuille de plastique et coupez la tige juste en dessous de la marcotte.

9. Replantez le rejeton dans un pot de terreau humide. Le «bébé» se comportera tout de suite comme une plante adulte, puisqu’il est déjà bien enraciné.

Et voilà! Vous venez de créer une marcotte aérienne. Ce n’est pas si sorcier, n’est-ce pas?

Que faire avec la plante mère après un marcottage aérien?

Après un marcottage aérien, la plante mère produira une ou plusieurs nouvelles pousses.

Une plante dont on a coupé la tête est rarement très élégante… et c’est le cas d’une plante mère après le prélèvement d’une marcotte. Mais si vous voulez la conserver, sachez qu’elle va rapidement produire une ou plusieurs nouvelles pousses juste en-deçà de la tête supprimée. 

On peut placer les boutures debout ou sur le côté.

Une autre possibilité est de couper la tige nue en sections de 7 à 15 cm de longueur et de les bouturer. Dans beaucoup de livres, on dit de bien se rappeler quel côté va vers le haut, car une bouture plantée à l’envers ne poussera pas, mais le jardinier paresseux triche un peu. Il couche ses boutures sur le côté! Ainsi, il n’y a ni haut ni bas et la plantule sortira sur le côté de la bouture.

Bon marcottage!

Illustrations par Claire Tourigny, tirées du livre Les 1500 Trucs du jardinier paresseux, fraîchement republié et offert bientôt, sinon déjà, dans les bonnes librairies.

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La méthode paresseuse pour marcotter une plante

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Le marcottage sans peine!

La méthode la plus naturelle pour multiplier les plantes végétativement (c est-à-dire autrement que par semences) est le marcottage, appelé aussi marcottage par couchage… pourtant, il est si rarement pratiqué par les jardiniers!

Dans la nature, le marcottage a lieu lorsqu’une branche touche terre, prend racine, et donne une nouvelle plante… et cela arrive très fréquemment. Certaines plantes, même, sont devenues des spécialistes du marcottage, ayant développé des tiges conçues pour courir sur le sol et prendre racine.

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Certaines plantes produisent des stolons (tiges latérales qui prennent racine en touchant le sol).

C’est le cas de nombreux couvre-sols, comme la bugle rampante (Ajuga reptans), la petite pervenche (Vinca minor), le fraisier (Fragaria spp.) et le thé de bois (Gaultheria procumbens), sans parler, bien sûr, des graminées qui composent votre gazon. Il y a même certaines plantes d’intérieur, comme la plante-araignée (Chlorophytum comosum), la fougère de Boston (Nephrolepis exaltata ‘Bostoniensis’) ou le saxifrage-araignée (Saxifraga stolonifera), qu’on peut faire enraciner dans un pot voisin en laissant leur stolon s’y fixer.

La technique

20170521C Pearson Scott Foresman, WC

Voici la méthode des professionnels: beaucoup d’efforts inutiles.

Les spécialistes du domaine vont vous expliquer une méthode de marcottage qui implique une incision sur la branche, l’application d’une hormone d’enracinement, des crochets en fil de fer pour la tenir en place, un tuteur pour redresser l’extrémité, etc.  Un bel exemple de «pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? »

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La méthode paresseux pour marcotter une plante.

Car le marcottage peut être si facile! Il suffit de plier une branche souple au sol et de placer une roche ou une brique en son centre, de façon à la maintenir en place tout en laissant son extrémité dépasser. Oui, ce n’est pas plus compliqué que ça! En contact constant avec la terre, la branche commencera à produire des racines… et bientôt une nouvelle plante est née!

Marcottage aérien

Il y a aussi une façon pour marcotter une tige dressée. On appelle cela le marcottage aérien, mais c’est un sujet très différent. Vous trouverez des renseignements à son sujet dans l’article Le marcottage aérien: de la haute voltige.

Un peu de patience!

Normalement, une plante marcottée au printemps sera bien enracinée à l’automne (certaines plantes plus lentes, comme les rhododendrons et les lilas, peuvent nécessiter un deuxième été de marcottage.)

Pour voir si l’enracinement est en bonne voie, à la fin de l’été, enlevez la roche ou brique et tirez doucement sur l’extrémité de la branche. Si elle cède, elle n’est pas encore enracinée. Remettez le poids et essayez de nouveau quelques mois plus tard.

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Quand la branche est enracinée, coupez le lien avec la plante mère  et plantez-la dans un endroit propice.

Si elle ne cède pas, c’est qu’elle est enracinée. Coupez alors la branche entre la plante mère et là où elle est enracinée, déterrez la nouvelle plante et plantez-la dans son emplacement définitif. Elle n’est plus une branche, mais une plante à part entière, capable de survivre toute seule.

Quelles plantes marcotter?

On peut marcotter par couchage presque toute plante ayant des rameaux longs et relativement flexibles qui sont près du sol, dont beaucoup d’arbustes comme le forsythia, le cornouiller, le noisetier, etc., les conifères aux branches situées près du sol et aussi presque toutes les plantes grimpantes (particulièrement faciles, puisqu’elles ont toujours de longues tiges flexibles). Presque toute vivace qui produit une tige peut aussi être marcottée. Même des plantes qu’on dit difficiles à bouturer, comme les lilas, les rhododendrons et les épinettes, peuvent se multiplier par marcottage.

Essayez pour voir: c’est si facile!432.K

 

Marcottez votre araignée

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433.KOn peut marcotter la plante araignée (Chlorophytum comosum), aussi appelée phalangère, ainsi les autres plantes d’intérieur qui produisent de longs stolons retombants, comme le saxifrage-araignée (Saxifraga sarmentosa), la fougère de Boston (Nephrolepis exaltata), l’épiscia (Episcia spp.), la chaîne-de-cœurs (Ceropegia woodii) et la plante apôtre ou iris d’intérieur (Neomarica spp.). Il suffit de placer un petit pot rempli de terreau près de la plante-mère et d’y fixer un des bébés avec une épingle à cheveu. Arrosez la petite potée quand le terreau est presque sec. Dans quelques semaines, quand vous voyez des racines par le trou de drainage, vous pouvez sevrer le bébé en tranchant le stolon. C’est désormais une plante indépendante que vous pouvez placer à votre guise.