Comment sauver un mandévilla à l’automne

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Trois cultivars différents de mandévilla cultivés dans le même pot. Photo: http://www.madisongardensnursery.com.

Depuis, quelques années, le mandévilla (Mandevilla spp.) a émergé de plusieurs décennies d’obscurité relative pour devenir une plante de patio populaire. Et, de plus en plus, les jardiniers veulent savoir s’ils peuvent le sauver du froid et ainsi le conserver pour l’année suivante. La réponse courte à cette question est oui, on peut, mais pour bien réussir toute plante, il vaut mieux en savoir un peu plus sur ses origines et ses besoins, alors…

Son histoire

Le mandévilla est en fait une liane de plus de 6 m de hauteur. Ainsi, il faut le tailler au moins occasionnellement si on veut le conserver en pot. Photo: alchetron.com

Le genre Mandevilla est originaire des régions tropicales et subtropicales du Nouveau Monde où il pousse comme une liane. Il appartient à la famille des Apocynacées et présente des fleurs en forme de trompette dans les tons de rouge, rose ou blanc, très rarement de jaune. Certains hybrides sont bicolores ou ont des fleurs doubles. Le genre comprend plus de 175 espèces, mais ce qu’on voit habituellement dans nos jardins sont des hybrides, souvent vendus sous le nom de M. × amabilis.

Les espèces maintenant considérées comme des mandévillas étaient autrefois divisées en deux genres: Mandevilla, avec des fleurs plus grandes et un port nettement grimpant, et Dipladenia, avec des fleurs plus petites et un port plus arbustif. Cependant, elles ont toutes été reclassées dans le genre Mandevilla. Si vous appelez toujours vos plantes dipladénia, il est probablement temps de changer.

Le genre fut nommé en l’honneur du diplomate britannique Henry Mandeville (1773-1861), important collectionneur de plantes exotiques.

Les mandévillas aiment le soleil et les températures tropicales à subtropicales, alors, il n’est pas surprenant qu’ils réussissent mieux quand on les cultive à l’extérieur pendant l’été. Dans les régions aux climats très doux (zones de rusticité 9 à 11), on peut les cultiver en plein air à l’année. Ailleurs, il faut soit les traiter comme des plantes annuelles et laisser le froid les tuer, soit les rentrer pour l’hiver. Et pour cela, il y a deux possibilités.

1. Les cultiver comme plantes d’intérieur

Les mandévillas cultivés en pot sont les plus faciles à rentrer. Photo: http://www.suntoryflowers.eu

Le moyen le plus simple de maintenir les mandévillas en vie l’hiver est de les cultiver comme plantes d’intérieur. Rentrez-les toutefois alors lorsque la température nocturne est encore relativement chaude, sinon vous risquez de voir la plante perdre beaucoup de feuilles.

Pour rentrer les mandévillas sans rentrer en même temps des insectes nuisibles, lisez Pour une rentrée sans insectes.

Placez vos mandévillas près d’une fenêtre ensoleillée ou sous une lampe de culture et arrosez-les régulièrement, dès que le terreau commence à paraître sec au toucher. Offrez-leur une humidité atmosphérique élevée, si possible, pour réduire la perte des feuilles. Vos mandévillas ne fleuriront sans doute que très peu pendant qu’ils seront à l’intérieur, à cause des jours courts de l’automne et de la diminution de l’éclairage solaire qui en résulte, mais vous pourrez voir quelques fleurs à l’occasion. Leur feuillage est quand même beau et luisant, ce qui en fait de jolies plantes vertes.

N’hésitez pas à les tailler un peu au moment de la rentrée ni, d’ailleurs, à couper des tiges errantes en toute saison. Cependant, pour une meilleure floraison, faites l’élagage principal de l’année au printemps, entre la fin de février et la fin de mars. On peut alors les réduire sérieusement, disons à environ 30 cm du sol, sinon les tiges deviennent ligneuses et moins florifères au fil du temps. En les taillant à cette date, la repousse se fera sous la lumière la plus intense possible, ce qui conduira à une floraison estivale plus abondante.

Pour éviter de stimuler la croissance de longues tiges faibles, ne fertilisez pas en automne et en hiver. Recommencez au printemps et continuez tout l’été. L’engrais tout usage de votre choix serait tout à fait acceptable. 

Les températures normales de nos habitations sont parfaites pour les mandévillas qui, comme les humains, semblent mieux réussir quand la température baisse un peu la nuit.

2. Les mettre en dormance

Cette méthode est plus risquée, mais si vous profitez d’un endroit frais à l’intérieur, vous pouvez essayer de forcer vos mandévillas à entrer en dormance.

Mieux vaut tailler les mandévillas en dormance assez sévèrement, sinon vous aurez beaucoup de feuilles mortes à ramasser! Photo: lysasgarden.blogspot.com

Dans ce cas, laissez-les à l’extérieur jusqu’à ce que les températures nocturnes tombent à environ 10 °C, car cela ralentirait leur croissance. Ensuite, taillez-les sévèrement, jusqu’à 30 cm du sol, et rentrez-les. Si vous ne taillez pas, attendez-vous à une chute massive de feuilles après la rentrée.

Placez les plantes dans un endroit frais mais libre de gel, peu éclairé ou à la noirceur, comme un caveau à légumes ou un garage légèrement chauffé. Arrosez légèrement, seulement environ une fois par mois, juste assez pour empêcher le sol de sécher complètement. Au début du mois de mars, replacez la plante au soleil et commencez à arroser et à fertiliser régulièrement à mesure qu’elle commence à reprendre vie.

Un été en plein air

Les mandévillas aiment le plein soleil estival. Photo: http://www.costafarms.com.

Quelle que soit la façon dont vous faites passer l’hiver à vos mandévillas, lorsque les températures nocturnes à l’extérieur commencent à s’élever fidèlement au-dessus de 15 °C, il est temps de les réacclimater aux conditions de plein air afin de profiter d’une autre saison de floraison sur le patio ou le balcon. C’est aussi un excellent moment de l’année pour les rempoter.

Méfiez-vous des cochenilles farineuses et des cochenilles à carapace: elles semblent souvent surgir de nulle part à la fin de l’hiver ou au début du printemps. Parfois aussi les pucerons les découvrent pendant leur séjour en plein air. On peut contrôler ces ennemis avec des applications répétées de savon insecticide. 

Les mandévillas sont toxiques: gardez-les hors de la portée des enfants et des animaux domestiques.

Mandévillas: à l’intérieur ou à l’extérieur, ce sont de belles plantes à apprivoiser.

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L’automne: le moment de la triste rentrée pour les plantes d’intérieur grimpantes

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Mon cissus rose (Cissus adenopoda, maintenant Cyphostemma adenopoda) qui essaie de prendre le contrôle d’une épinette. Source: jardinierparesseux.com

C’est en septembre que je dois rentrer dans la maison toutes les plantes d’intérieur que j’avais mises en plein air pour l’été… et celles qui sont les moins heureuses de ce retour à l’intérieur sont les plantes grimpantes.

Je suspends leurs paniers dehors pour l’été dans les branches des différents arbres de mon terrain… et elles adorent ça! Après de longs mois à l’intérieur, où leurs tiges n’ont pas eu d’autre choix que de pendre mollement vers le bas, faute d’autre support, elles peuvent enfin faire ce qu’elles veulent vraiment et grimper vers le ciel. Ainsi, elles se fixent rapidement aux branches de leurs arbres hôtes et commencent à s’y hisser.

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Mon dischidia blanchâtre (Dischidia albida) envahit massivement mon pommier. Source: jardinierparesseux.com

Certaines ont des vrilles ou des tiges qui s’enroulent autour des branches, d’autres se collent sur l’écorce grâce à des racines adhésives, des ventouses ou des crochets. Des années de culture à l’intérieur n’ont pas brimé leur vraie nature et elles s’adaptent joyeusement à leur nouveau mode de vie aérien.

Puis vient l’automne et le retour à la vie domestique à l’intérieur. Je ne prends même plus la peine d’essayer de démêler les tiges entrelacées: je sais par expérience que cela ne fait que les briser. Je coupe tout simplement, au sécateur, toutes les tiges fixées à l’arbre et rentre les plantes à l’intérieur, fraîchement rasées.

Les grimpantes veulent grimper

Quelles plantes grimpent si vigoureusement pendant leur séjour estival à l’extérieur?

D’abord, il s’agit uniquement de plantes naturellement grimpantes, des vignes si vous voulez.

Beaucoup des plantes que nous cultivons en paniers suspendus ne sont pas vraiment des plantes grimpantes. Plantes araignées ou phalangères (Chlorophytum comosum), fougères de Boston (Nephrolepsis exalata ‘Bostoniensis’), sédums queue d’âne (Sedum morganianum) : voilà des plantes qui sont très jolies en suspension, mais qui n’ont pas les organes nécessaires pour grimper. Ce sont des plantes retombantes, pas grimpantes.

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Mon hoya d’amour (Hoya kerrii ‘Variegata’) a produit une tige longue de 2 m cet été, tige qu’il faudra que je supprime. À l’intérieur, il pousse rarement de plus de 15 cm par année! Source: jardinierparesseux.com

Par contre, les cissus (Cissus spp.), avec leurs vrilles spiralées, grimpent véritablement, ainsi que les mandevillas (Mandevilla spp.), avec leurs tiges volubiles. Même les hoyas (Hoya spp.) et leurs proches parents, les dischidias (Dischidia spp.), pourtant à croissance si lente dans la maison, se réveillent en plein air et se mettent à grimper avec vigueur.

Curieusement, les aracées grimpantes, comme les divers philodendrons (Philodendron spp.) et pothos (Epipremnum spp.), semblent réticentes à reprendre leur vie de vigne et retombent tout simplement vers le bas tout l’été. Je dois quand même les «raccourcir» à la rentrée, car leurs tiges poussent rapidement en plein air et deviennent alors trop longues. Après tout, je ne veux pas de plantes dont les tiges courent sur le plancher de mon salon!

C’est un peu la fermeté affectueuse que j’applique à ces plantes. Je sais qu’elles détestent être taillées, mais ce sont des plantes tropicales, incapables de tolérer même un soupçon de gel, et elles ne peuvent tout simplement pas résider en plein air en permanence, pas dans mon climat aux hivers si froids. Alors, je supprime ce qu’il faut et les rentre dans la maison.

Je suis certain que ces plantes passent l’hiver à rêver à leur retour aux sublimes conditions d’extérieur de l’été prochain!