Plante de balcon 2019: le laurier

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Des feuilles vertes splendides, une apparence distinguée et une forme compacte: voici le laurier ou laurier-sauce (nom scientifique:Laurus nobilis), un véritable atout pour votre balcon. Ses feuilles ovales présentent une nervure plus pâle et restent vertes toute l’année.

Le laurier est disponible en différentes tailles, de mini-arbustes en pot de 15 cm à de petits arbres sur tige en bac qu’il faut deux hommes pour transporter. Vous pouvez alors facilement trouver un ou plusieurs spécimens pour tout balcon, même le plus petit. Il peut ainsi servir à créer une haie verdoyante ou encore à cacher une balustrade. Quant à ses feuilles, elles sentent bon et peuvent être utilisées en cuisine. 

Origine 

Le laurier est originaire de l’Asie Mineure et de la partie orientale de la Méditerranée. Les Romains l’ont ensuite propagé en Europe de l’Ouest. À l’état sauvage, les lauriers deviennent de grands arbustes et peuvent même former de petits arbres de 10 m de hauteur. 

Assortiment

Laurier et sauge (Salvia officinalis).

L’assortiment est limité et la plante est généralement proposée dans sa version «classique», c’est-à-dire avec des feuilles vertes. Quelques variétés présentent des feuilles de couleurs et formes différentes. La feuille peut parfois être plus ondulée, plus longiligne, plus ronde ou plus petite. Elle peut aussi revêtir une couleur légèrement dorée aux bords plus clairs. 

Le laurier se prête bien à la taille et peut donc prendre des apparences différentes: pyramidale, cylindrique, conique ou en boule avec un tronc pouvant être aussi bien droit que torsadé.

Conseils lorsque vous achetez un laurier

  • La taille du pot, la hauteur et la forme du laurier doivent être en harmonie et la plante fermement enracinée. 
  • Le laurier pousse très lentement, surtout lorsqu’il est cultivé en pot. Achetez-le alors toujours de la taille finale que vous désirez, même s’il coûte ainsi plus cher. Les nombreuses années de culture et de taille nécessaires à l’amener à une taille importante justifieront son prix plus élevé. 
  • On le propose aussi en vase mixte avec d’autres herbes aromatiques comme du thym, du romarin et de la lavande.
  • La plante ne doit pas présenter des maladies ou des insectes. Méfiez-vous surtout des cochenilles à carapace qui peuvent l’infester sévèrement et provoquer l’apparence d’une moisissure noire sur le feuillage, la fumagine. 

On peut récolter les feuilles pour la cuisine en toute saison, tant que vous lui laissez une assez abondante couverture de feuillage pour maintenir sa survie. 

Conseils de présentation du laurier

Le laurier est la plante idéale pour aménager son balcon. Utilisez plusieurs plantes pour créer une haie comme arrière-scène pour une table et des chaises de style bistrot. Garder la décoration sobre pour que les feuilles vertes restent au centre de l’attention. Complétez l’ensemble avec une étagère dotée d’herbes aromatiques en fleurs pour souligner l’aspect gastronomique du laurier.

Théoriquement, le laurier donne des ombelles de fleurs blanches qui se transforment en petites baies noires, mais il fleurit rarement sur un balcon.

Conseils d’entretien 

Créez un décor intime sur le balcon avec des pots de laurier.
  • Le laurier peut être exposé en plein soleil, mais la mi-ombre lui convient aussi.
  • Optez pour un pot solide et un terreau lourd pour une meilleure résistance aux coups de vent.
  • Pendant la belle saison, arrosez au besoin pour que le terreau approche un état de sècheresse sans toutefois y parvenir. 
  • Si les plus jeunes feuilles se flétrissent, c’est que la plante manque d’eau. Arrosez-le bien et le laurier rependra rapidement sa forme. 
  • Des feuilles jaunies indiquent que le laurier est trop arrosé. Permettez au terreau de bien sécher avant de reprendre l’arrosage.
  • Si la plante est en pot fermé, percez un trou de drainage dans le fond ou changez-le de pot.
  • De mars à septembre, donnez-lui un peu d’engrais tout usage mensuellement, jamais à plus d’un quart de la dose recommandée. Arrêtez ensuite, car même s’il demeure vert, sa croissance est essentiellement terminée pour la saison. 
  • Taillez le laurier en juin, selon la forme qui vous convient, à l’aide d’une cisaille propre et précise. Coupez toujours les branches et non le feuillage. Au besoin, répétez légèrement en décembre.
  • Le laurier tolère seulement des gels légers et ne peut passer l’hiver en plein air que dans les régions au climat doux (zones de rusticité 8 à 10). Même en zone 8, il est conseillé d’emballer son pot de plusieurs couches de jute et le placer à l’abri du vent jusqu’au retour du printemps.
  • Dans les régions plus froides, le laurier peut séjourner dans un garage ou autre abri, tant que les températures y demeureront au-dessus de -5 °C. Il entrera alors pleinement en dormance, même si, curieusement, il conserve ses feuilles coriaces. Vous pouvez alors la placer à la noirceur et lui offrir seulement des arrosages très limités, tant que vous le réacclimatez lentement à l’eau et à la lumière au printemps.
  • Sinon, il peut servir de plante d’intérieur pour décorer votre demeure pendant l’hiver. Comme il est alors en semi-dormance, il peut tolérer toutes les expositions, même les plus sombres.
  • Le laurier n’aime pas être rempoté: une fois tous les trois à cinq ans est largement suffisant. 

En cette année où le laurier est la plante de balcon de l’année, n’hésitez pas à couronner votre balcon de sa belle verdure!


Cet article est une adaptation d’un communiqué de www.maplantemonbonheur.fr qui a également fourni les photos.

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Plantes d’intérieur comestibles

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Le caféier (Coffea arabica) est parmi les plantes comestibles qu’on peut cultiver comme plantes d’appartement.

Question: Existe-t-il des plantes d’intérieur qui sont comestibles et jolies en même temps?

Clecio Turgeon

Réponse: Bien sûr. Il existe de nombreuses plantes tropicales qu’on peut cultiver comme plantes d’intérieur pour égayer nos appartements et qui nous fournissent aussi de quoi nous mettre sous la dent. Mais relativement peu des plantes d’intérieur les plus courantes sont dans cette catégorie. La plupart des «plantes d’intérieur de tous les jours» ne sont pas considérés comestibles ou certaines (philodendrons, dieffenbachias, la plupart des euphorbes, etc.) sont même toxiques.

Ce qui suit donnera une petite idée des plantes d’intérieur comestibles.

Plantes absentes de la liste

Je me permets d’être sélectif dans mon choix de «plantes d’intérieur comestibles». Ainsi, je balaie de la liste la plupart des fines herbes qu’on rentre pour l’hiver, car ce ne sont pas véritablement des plantes d’intérieur. Sans un long séjour à l’extérieur l’été, elles ne font pas long feu dans nos maisons.

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Les micro-pousses ne sont pas de véritables plantes d’intérieur

Je n’inclus pas non plus les fines herbes et légumes qu’on peut semer dans la maison pour une récolte rapide: germes, pousses, jeunes plants à feuillage comestible, têtes de carotte ou pieds de céleri qu’on fait enraciner, etc. Ce sont des plantes éphémères, généralement avec comme seul attrait un feuillage comestible. Ce ne sont pas non plus, de mon avis, de véritables plantes d’intérieur.

Enfin, sont aussi rayées de la liste les plantes toxiques qui ne deviennent comestibles qu’après des traitements très spéciaux, comme le taro (Calocasia esculenta) et le manioc ornemental (Manihot esculenta ‘Variegata’), qu’il faut cuire dans plusieurs eaux pour enlever les toxines. Parfois les gens lisent mes textes rapidement et je ne veux pas les induire en erreur, surtout avec un sujet aussi sensible que ce qui est une plante comestible.


Plantes d’intérieur classiques

Voici quelques «plantes d’intérieur de tous les jours» qui sont comestibles. Vous les trouverez dans presque n’importe quelle jardinerie:

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Ananas ornemental

Ananas (Ananas comosus)
Il existe plusieurs variétés d’ananas ornementaux, à feuillage rougeâtre, panaché, etc. et tous produisent des fruits qui sont peut-être petits, mais qui demeurent parfaitement comestibles. On peut aussi cultiver un plant d’ananas à partir d’un fruit acheté et il fructifiera dans quelques années.

Caféier (Coffea arabica)
On trouve facilement de jeunes caféiers sur le marché, généralement à peine plus que des semis. Après 2 ou 3 ans, ils donneront des fleurs blanches parfumées suivis de fruits rouges dont on peut manger la chair sucrée et rôtir et moudre les graines pour faire une boisson délicieuse.

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Géranium à senteur de rose (Pelargonium graveolens ‘Grey Lady Plymouth’)

Géranium à senteur (Pelargonium graveolens et autres)
Il existe une foule de variétés aux arômes des plus variables: citron, rose, noix de coco, pomme, pêche, fraise, clou de girofle, etc. En plus de sentir leur feuillage en les frôlant, on peut utiliser les feuilles en cuisine pour aromatiser les mets. La firme Richters (Canada) en offre plus de 70 variétés!

Hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis)
Les fleurs sont comestibles et souvent utilisées en tisane. Voici un article au sujet de cette plante: Cultiver un hibiscus à l’intérieur.

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Monstera (Monstera deliciosa)
Aussi appelé philodendron (nom qui appartient en fait à un proche parent), le monstera, avec ses grandes feuilles découpées, fait une plante d’appartement impressionnante. Quand il arrive à maturité, il fleurit, produisant une fleur blanche rappelant une calla et par la suite, un fruit comestible, d’où son épithète botanique deliciosa. Il faut laisser mûrir le fruit pendant 11 à 12 mois. Quand les écailles commencent à tomber, il est prêt à manger. Notez que tout le reste de la plante, dont les feuilles, les tiges et les fruits immatures, est toxique.

Oranger calamondin ou oranger d’appartement (X Citrofortunella microcarpa, anc. X C. mitis)
C’est le seul agrume couramment offert comme plante d’intérieur et il fleurit et fructifie abondamment à l’intérieur. Les fruits sont très acides, mais on peut les utiliser en cuisine, notamment dans la préparation de marmelades. Pour quelques autres suggestions d’agrumes d’intérieur, lisez plus loin.

Piment décoratif (Capiscum annuum et autres)
Tous les piments sont comestibles, mêmes les variétés vendues comme plantes ornementales. Ce sont des piments forts, même très forts. Pourtant, parfois la plante porte à l’achat l’étiquette «impropre à la consommation humaine». Pourquoi? C’est que ces plantes ont été traités avec des insecticides potentiellement toxiques pour les humains. Vous pourriez toutefois récolter et semer leurs graines et obtenir des fruits comestibles à la 2e génération.

Théier (Camellia sinensis)
On le trouve maintenant en pépinière, même s’il n’est pas aussi courant que les plantes précédentes. Voici un article à son sujet: Le théier comme plante d’intérieur.

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Peu de gens savent que les feuilles du trèfle d’appartement sont comestibles.

Trèfle d’appartement (Oxalis triangularis, syn. O. regnellii)
Les feuilles de cette plante populaire, qui peuvent être pourpres ou vertes, avec ou sans une macule argentée ou rose, ont un goût acidulé. Il ne faut pas en consommer en trop grosse quantité, à moins de les faire cuire, car l’acide oxalique qu’elles contiennent est toxique si consommée en quantité importante. Pour vous rassurer, sachez que les épinards, que nous mangeons couramment, contiennent aussi de l’acide oxalique et aussi sont toxiques si consommés en trop grosses quantités. Comme on dit, c’est la dose que fait le poison. Mangez-en modestement et il n’y aura pas de problème.


Fruitiers

La plupart des fruitiers tropicaux doivent atteindre une trop grande taille avant de fleurir ou sont à de nombreuses années de toute fructification, ce qui n’en fait pas de bonnes plantes comestibles pour la maison. On peut bien les cultiver comme plantes d’intérieur ornementales, mais il est peu probable qu’ils produisent des fruits chez vous. Dans ce groupe se trouvent les nombreuses plantes tropicales qu’on peut cultiver à partir d’une graine, d’un pépin ou d’une noix, comme l’avocatier (Persea americana), le manguier (Mangifera indica), le papayer (Papaya carica), etc. Il est plaisant de les semer et de les regarder pousser… mais il ne faut pas compter des fruits, même après de nombreuses années. Sachez toutefois qu’il existe souvent des variétés naines de ces fruitiers qui peuvent produire des fruits à l’intérieur… si vous pouvez les trouver!

Les fruitiers qui suivent sont plus adaptés à la culture dans nos maisons et font alors de bonnes plantes d’intérieur comestibles.

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Acérole: belles fleurs, beaux et délicieux fruits!

Acérole ou cérisier des Barbades (Malpighia glabra)
Un petit fruitier arbustif qui produit des fleurs roses et des fruits rouges rappelant une cerise, au moins par leur apparence. De culture assez facile.

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Le limettier des Antilles est une variante naine de la lime et fleurit et fructifie très bien à l’intérieur.

Agrumes (Citrus spp., Microcitrus australasica et Fortunella spp.)
Tel que mentionné dans l’article Un citronnier ou oranger dans votre salon?, les véritables citronniers, orangers, pamplemoussiers, etc. sont trop gros pour être de bonnes plantes d’intérieur et prennent généralement 10 ans et plus avant de produire des fruits. D’autres agrumes moins connus, à croissance plus rapide et de taille plus restreinte, font de bien meilleures plantes d’intérieur. C’est notamment le cas du citronnier Meyer (Citrus x meyeri) qui, malgré son nom, n’est pas un véritable citron, du limettier des Antilles ou Key lime (C. x aurantiifolia) et du citron caviar ou Australian finger lime (Microcitrus australasica). On peut les semer et avoir des fruits 2 ans plus tard!

Les kumquats (Fortunella spp.) aussi font d’excellentes plantes d’intérieur.

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Bananier nain

Bananier nain (Musa spp.)
Même un bananier nain prend beaucoup d’espace dans maison (parmi les cultivars les plus petits, il y a ‘Super Dwarf Cavendish’ et ‘Truly Tiny’) et il lui faut beaucoup d’humidité, de chaleur et de soleil pour arriver à faire des fruits. Malgré tout, il n’est pas impossible que votre bananier nain produise un régime de bananes après quelques années de culture.

Le bananier d’ornement (Musa velutina), aux fleurs et aux fruits roses, est comestible aussi, même si le fruit contient de grosses graines, et suffisamment petit pour cultiver à l’intérieur.

Cacaotier (Theobroma cacao)
Difficile à trouver et difficile à cultiver, le cacaotier peut quand même produire des cabosses de cacao chez vous… si vous convertissez votre maison en jungle ultra-humide et chaude à l’année longue.

Figuier comestible (Ficus carica)
Il préfère passer sont été à l’extérieur… et a la mauvaise habitude de laisser tomber ses feuilles pendant l’hiver, mais le figuier produit quand même assez facilement des fruits dans la maison. De plus, son feuillage est comestible.

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Grenadier nain

Grenadier nain (Punica granatum ‘Nana’)
Version miniature du grenadier qui donne les grosses pommes de Grenade, le grenadier nain forme un petit arbuste aux fleurs orange qui donnent des pommes de petite taille, mais néanmoins comestibles.

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Grenadille (Passiflora edulis)

Grenadille ou passiflore comestible (Passiflora edulis)
Cette grimpante vigoureuse aura besoin d’un bon treillis, mais peut produire ses fleurs blanches à auréole pourpre et ses fruits pourpres ou jaunes, selon le cultivar, dans un emplacement bien ensoleillé.

Pitahaya ou fruit du dragon (Hylocereus undatus, H. polyrhizus, H. megalanthus et autres)
Ces cactus grimpants prennent beaucoup d’espace, mais fleurissent assez facilement quand ils atteignent leur maturité (après 5 ou 6 ans), produisant d’énormes fleurs blanches nocturnes très parfumées suivies de gros fruits rouges ou jaune à la chair blanche ponctué de graines noires. On peut produire des plants à partir de graines prelevées dans un fruit acheté au supermarché.

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Cactus arête de poisson (Epiphyllum anguliger)

Je cultive chez moi un cactu plus petit, le cactus arête de poisson (Epiphyllum anguliger), aux tiges aplaties curieusement échancrées (d’où son nom commun) et de nature retombantes. Ses fleurs blanches nocturnes très parfumées donnent des petits fruits verts comestibles… mais il est difficile de juger quand ils sont mûrs. Comme ses parents, il prend plusieurs années avant de commencer à fleurir.

Prunier du Natal (Carissa macrocarpa)

Petit arbuste épineux à feuilles lisses qui produit des fleurs blanches et des fruits rouges comestibles. On l’utilise parfois en bonsaï. Toute la plante est toxique; il n’y a que les fruits mûrs qui sont comestibles.

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Fruits de roselle

Roselle (Hibiscus sabadariffa)
Cet arbuste à petits fleurs jaune pâle ou blanches fleurit assez rapidement par semences et peut donner donc des fruits rouges, souvent utilisées dans les boissons et les gelées, dès la première année.

Vigne Pixie (Vitis x Pixie® Pinot Meunier)
Mutation naine de la vigne à raisin Pinot Meunier qui produit des fruits toute l’année sur une plante de petite taille. Ses feuilles aussi sont comestibles. On peut la cultiver comme plante d’intérieur.


Épices et herbes fines

Ces plantes servent à aromatiser nos repas et aussi parfois comme plantes médicinales. Je me suis limité aux variétés qui font réellement de bonnes plantes d’intérieur.

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Tiges et rhizomes de gingembre

Gingembre (Zingiber officinale)
On peut cultivar des plants de gingembre à partir de rhizomes achetés au marché. Attention, toutefois: souvent les rhizomes ainsi offerts ont été traités chimiquement ou irradiés pour ne pas germer. Il vous faut des rhizomes vivants, avec des bourgeons indiquant qu’ils sont prêts à pousser. Un supermarché asiatique devrait en avoir.

Il s’agit tout simplement d’enfoncer une section de rhizome dans un pot de terreau et d’arroser: un plante verte avec une petite allure de bambou poussera. Avec le temps, le rhizome se divisera et vous pourrez alors récolter les surplus. Il est rare que le gingembre commun fleurisse à l’intérieur, par contre.

D’autres épices de la famille du gingembre produisent aussi des rhizomes comestibles et font, elles aussi, d’excellentes plantes d’intérieur: le galanga (Alpinia galanga), le cucurma (Cucurma longa) et la cardamome (Elettaria cardamomum) ne sont que quelques exemples.

Laurier-sauce (Laurus nobilis)
Une des rares fines herbes classiques qui pousse assez bien dans la maison pour être une bonne plante d’intérieur.

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L’origan cubain panaché (Plectranthus amboinicus ‘Variegatus’) est la variété la plus populaire.

Origan cubain ou gros thym (Plectranthus amboinicus)
Cette plante n’est ni un origan (Origanum spp.) ni un thym (Thymus spp.), mais un proche parent du coléus (Plectranthus scutellaroides, syn. Solenostemon scutellarioides et Coleus blumei). Les feuilles épaisses sont ajoutées aux mets dans les pays chauds pour remplacer l’origan. Très facile à cultiver.

Poivre noir (Piper nigrum)

Grimpante aux feuilles lisses et à longues épis pendants de fruits verts devenant rouges, le poivre noir n’est pas difficile à cultiver à l’intérieur si vous pouvez lui offrir une bonne humidité. Les graines donnent du poivre noir, blanc ou rouge, selon le traitement qu’on leur donne.

Stevia (Stevia rebaudiana)
De plus en plus populaire pour ses feuilles édulcorantes qui donne un goût sucré aux mets sans ajouter des calories.

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Tulbaghie violacée

Tulbaghie violacée (Tulbaghia violacea)
Plante bulbeuse à feuilles en lanière et à petites fleurs en trompette roses: toute la plante dégage une odeur d’ail. Si vous utilisez les feuilles ou fleurs comestibles en cuisine, sachez elles ne donnent pas mauvaise haleine, d’où le nom anglais «society garlic» (ail de société). Ainsi on peut sortir “en société” après les avoir consommées.


Légumes

Il n’y a pas beaucoup de plantes qu’on pourrait qualifier de légumes qui font de bonnes plantes d’intérieur. Je n’en ai pu trouver que les deux suivantes:

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Épinard de Malabar (Basella alba)

Épinard de Malabar (Basella alba, syn. B. rubra)
Grimpante assez ornementale à feuilles mucilagineuses qui remplace l’épinard dans les pays chauds où l’épinard pousse difficilement. L’espèce produit des tiges vertes et des fleurs blanches, mais B. alba ‘Rubra’, probablement plus cultivé que l’espèce, a des tiges rougeâtres et des fleurs roses. Très facile à cultiver.

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Figuier de Barbarie sans épine (Opuntia ficus-indica ‘Burbank Spineless’

Figuier de Barbarie ou nopal (Opuntia ficus-indica et autres)
Ce cactus aux raquettes aplaties produit des fruits comestibles lorsqu’on le cultive en plein air sous un climat chaud et sec, mais à l’intérieur il fructifie rarement. On utilise plutôt ses raquettes comme légume sous son nom mexicain: nopal. Préférez un cultivar qui n’a pas d’épines (ou presque pas d’épines) comme ‘Burbank Spineless’. Il faut le plein soleil pour bien le réussir. Et oui, on peut bouturer les raquettes en vente à l’épicerie.

Où les trouver?

Je viens de vous préparer toute une liste d’épicerie, n’est-ce pas! Tristement, la plupart de ces plantes ne sont pas disponibles dans les jardineries locales. Une bonne source au Canada pour les épices et les fines herbes mentionnées est Richters. Pour les fruitiers inhabituels, essayez Flora Exotica et Brugmansia-Québec. Pour les jardiniers européens, Denise Roby recommande AlsaGarden comme source pour les plantes et semences comestibles inhabituelles.

Bon appétit!20170126k

Rentrer les fines herbes ou non?

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Fines herbes placées sur un rebord de fenêtre pour une séance de photos, mais dans quel état seront-elles dans quelques semaines?

Depuis au moins 38 ans, différents magazines et émissions télévisées nous font miroiter l’idée qu’on peut facilement cultiver les fines herbes dans la maison pendant l’hiver et ainsi avoir toujours des aromates frais à ajouter à nos mets. Je le sais, car je l’ai essayé moi-même il y a 38 ans, influencé par un magazine que j’avais parcouru dans la salle d’attente de mon dentiste.

Fasciné par le concept, j’ai installé toute une variété de fines herbes devant la grande fenêtre orientée plein sud de ma cuisine. Après un début plutôt encourageant en septembre, les plantes ont commencé, pour la plupart, à dépérir peu à peu: nouvelles pousses étiolées, feuilles mortes ou desséchées, araignées rouges (tétranyques) sur certaines plantes, aleurodes (mouches blanches) sur d’autres, etc. Fin janvier, la plupart étaient mortes et celles encore en vie étaient plutôt mal en point.

L’automne suivant, je me suis repris, cette fois sous une lampe fluorescente dans la cuisine installée expressément pour la culture des fines herbes. Les résultats étaient meilleurs pour certaines plantes, mais en général quand même mitigés.

Finalement, j’ai presque abandonné la culture des fines herbes à l’intérieur. À quelques exceptions près.

Je suis venu à la conclusion que la plupart des journalistes qui font la promotion de la culture des fines herbes à l’intérieur ne savent absolument pas de quoi ils parlent et ne font que répéter, comme des perroquets, des informations erronées que d’autres journalistes aussi mal informés ont déjà dit ou écrits.

Ainsi les mauvaises informations se transmettent de génération en génération.

Plantes malheureuses

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À peine 3 semaines après la rentrée, ces basilics sont déjà morts.

Le problème, c’est que peu de fines herbes tolèrent les conditions qu’on peut leur offrir dans nos maisons pendant l’hiver, surtout le faible éclairage disponible et l’air trop sec.

En effet, même devant une grande fenêtre orientée au sud, l’éclairage reçu par les plantes en décembre et en janvier dans nos demeures est l’équivalent d’un emplacement ombragé à l’extérieur en juin et en juillet, notamment parce que les journées sont très courtes et souvent grises. Les lampes fluorescentes aident, bien sûr (réglez la minuterie de 16 à 18 heures par jour pour assurer un maximum de lumière), mais donnent un éclairage tout au plus moyen, de quoi garder les plantes en vie, mais pas vraiment en croissance active.

Aussi, le taux d’humidité de l’air dans la plupart des demeures approche davantage celui du Sahara que celui que les fines herbes aiment, soit au moins 50%.

Or, les plantes affaiblies par un manque de lumière et un air trop sec, en plus de s’étioler, deviennent sujettes aux maladies et aux insectes, notamment aux aleurodes (mouches blanches) et aux tétranyques (araignées) et finissent par dépérir.

Mais il ne faut pas abandonner tout espoir: il y a certaines fines herbes qui réussissent bien dans la maison. En voici un résumé:

Les plus faciles

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Si vous pouvez trouver un laurier-sauce sans cochenilles, c’est une plante qui s’adapte très bien aux conditions dans nos demeures.

Laurier-sauce (Laurus nobilis) : cette plante aux feuilles coriaces est la plus facile des fines herbes pour la maison. On peut la placer au soleil, à la mi-ombre ou sous une lampe fluorescente. Sa croissance est très lente (mais elle poussera quand même) et elle semble indifférente à la température tant qu’il n’y a pas de gel. À force de rentrer le laurier-sauce tous les automnes et de le sortir au soleil tous les étés, il deviendra graduellement un arbuste assez robuste, voire un petit arbre.

Attention toutefois aux cochenilles à carapace (kermès)! La présence de cochenilles sur les lauriers-sauce semble presque universelle au Québec ces temps-ci et les plantes en vente en pépinière en semblent généralement déjà infestées. Lisez Encore un laurier infesté pour plus de détails.

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Persil

Persil (Petroselinum crispum): si vous l’empotez et le placez dans un endroit bien éclairé, il poussera lentement mais sûrement tout l’hiver. Surveillez les tétranyques (araignées rouges): elles l’aiment bien. Au printemps, il commencera à fleurir et deviendra amer et inutilisable. Jetez-le alors au compost.

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Stevia

Stevia (Stevia rebaudiana): cette herbe ultrasucrée est une des rares fines herbes qui est d’origine tropicale (la plupart proviennent de climats où l’hiver est frais sinon froid) et, de ce fait, tolère très bien les températures chaudes que nous maintenons dans nos demeures. Si la plante s’étiole un peu, taillez-la tout simplement. Ne la laissez pas sécher, tout simplement.

Dans la même veine, d’autres plantes aromatiques d’origine tropicale peuvent bien pousser dans nos demeures, comme les divers géraniums à senteur (Pelargonium spp.) et le rau răm ou coriandre vietnamienne (Persicaria odorata), etc. La citronnelle (Cymbopogon spp.) aussi, mais seulement si vous pouvez lui offrir une très forte intensité lumineuse.

Les «pensez-y bien»

Voici quelques fines herbes qui réussiront dans la maison si vous rencontrez leurs besoins spéciaux.

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Ciboulette

Ciboulette (Allium schoenoprasum), mélisse (Melissa officinalis) et estragon français (Artemisia dracunculus sativa): trois plantes de climat froid qui risquent de dépérir peu à peu à la température de la pièce… à moins de leur faire subir un court hiver. Empotez-les en septembre ou octobre et laissez-les en plein air jusqu’à ce qu’elles aient subi deux ou trois bonnes gelées, soit généralement vers la fin de novembre ou au début de décembre au Québec, vers Noël ou plus tard en Europe. En les rentrant à la chaleur, les plantes se penseront rendues au printemps et recommenceront à pousser.

Origan (Origanum vulgare), sauge (Salvia officinalis) et thym (Thymus vulgaris et autres): les plantes adultes «vieillissent mal» quand on les rentre dans la maison. Mieux vaut prendre des boutures de tige cet automne et alors cultiver de jeunes plants dans la maison. Le thym citron (T. x citriodorus) est particulièrement facile à cultiver à l’intérieur.

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Les semis de basilic réussissent mieux que les plantes rentrées à l’automne.

Basilic (Ocimum basilicum): autre plante qui vieillit très mal. Même, elle survit rarement longtemps à la transition entre l’extérieur et l’intérieur. Par contre, on peut la semer à l’intérieur (sous une lampe fluorescente) et obtenir d’excellents résultats avec les jeunes plants ainsi produits. Dès que les plants plus matures commencent à moins bien pousser, semez-en d’autres. À force de semer et de récolter les plants de basilic dans leur jeunesse, on peut bien les réussir. Notez que le basilic aime la chaleur: il faut le garder dans une pièce qui reste relativement chaude même la nuit (de préférence, au-dessus de 15˚C).

Il existe toutefois certains basilics qui réussissent a bien pousser tout l’hiver dans la maison, tant qu’on peut offrir un fort éclairage du moins, comme le basilic africain (O. ‘African Blue’) et le basilic citron ‘Pesto Perpetuo’ (O. x citriodorum ‘Pesto Perpetuo’)… mais alors, ni l’un ni l’autre n’ont le même gout que le basilic classique (O. basilicum).

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Romarin: il faut le plein soleil et la fraîcheur pour bien le réussir.

Romarin (Rosmarinus officinalis): il est inutile de rentrer cette plante dans une pièce fortement chauffée: elle ne fera que dépérir. Mais si vous avez une pièce peu chauffée et très bien éclairée, où la température ne dépasse pas 15°C la nuit, que vous vous l’arrosez attentivement, juste assez pour que le terreau soit à peine humide, le romarin peut donner d’excellents résultats.

La lavande vraie (Lavandula angustifolia) aussi préfère passer ses hivers en pleine terre, mais peut parfois réussir sous les mêmes conditions que le romarin: fort éclairage et faible température. La lavande à toupet (L. stoechas et ses hybrides) peut aussi passer l’hiver dans la maison sous les mêmes conditions.

Menthe (Mentha spp.) et livèche (Levisticum officinale): il s’agit de fines herbes rustiques qui sont habituées au froid et qui préfèrent passer l’hiver dehors. Quand on essaie de les cultiver à l’intérieur, habituellement elles dépérissent peu à peu, incapables de s’acclimater à une chaleur constante et l’air sec. Mais si vous avez une pièce à peine chauffée mais très bien éclairée ou une serre froide…

À éviter

Aneth (Anethum graveolens), anis (Pimpinella anisum), coriandre (Coriandrum sativum), bourrache (Borago officinalis) et cerfeuil (Anthriscus cerefolium): il s’agit de plantes annuelles qui arrivent à la fin de leur cycle de vie à l’automne, quand elles ne sont pas déjà mortes à ce moment. On ne peut pas faire revivre une plante génétiquement programmée pour mourir! On peut toujours en semer de nouvelles (une lampe fluorescente sera alors nécessaire) pour l’utilisation de leurs feuilles, mais elles arrivent rarement à fleurir dans la maison, donc leurs graines (qui est souvent la partie consommée) ne seront pas produites.

Pendant le séjour hivernal des fines herbes…

Si vous rentrez des fines herbes pour l’hiver, il faudra leur offrir, tel que mentionné, un éclairage maximal et, de préférence, une bonne humidité atmosphérique. À cette dernière fin, un humidificateur peut être utile. Arrosez-les copieusement, mais seulement quand le terreau est sec au toucher.

Si vous cultivez vos fines herbes devant une fenêtre, il est inutile de les fertiliser à la fin de l’automne et au début de l’hiver, car elles ne pousseront pas ou si peu: attendez la mi-février ou le mois de mars, quand leur croissance redémarrera, pour commencer à le faire. Sous une lampe fluorescente, par contre, leur croissance continuera tout l’hiver et il vaudra mieux alors les fertiliser mensuellement avec un engrais tout usage pendant toute cette saison.

Surveillez la présence de prédateurs, surtout araignées rouges et aleurodes, mais aussi pucerons. Traitez-les avec un savon insecticide si vous en décelez.

Et voilà: avec ces quelques renseignements, vous devriez être capable de cultiver au moins certaines fines herbes dans votre demeure cet hiver… et d’impressionner vos invités avec des fines herbes fraîches lors de votre prochaine réception!