Réflexion sur le printemps

Par défaut

20170320E.jpegOui, dans l’hémisphère nord, le printemps arrive officiellement aujourd’hui, le 20 mars. En effet, c’est l’équinoxe du printemps, l’une des deux journées chaque année (l’autre étant l’équinoxe d’automne) où il y a exactement 12 heures d’ensoleillement et 12 heures de noirceur. D’ailleurs, dans la plupart des pays de notre hémisphère, l’équinoxe du printemps n’est pas seulement le début du printemps calendaire, mais correspond aussi assez bien au printemps phénologique, moment où les plantes réagissent au retour des jours plus longs et commencent à pousser et à fleurir.

20170320X.JPG

La veille de l’équinoxe du printemps chez moi.

Mais ce n’est pas le cas au Québec, encore moins à Québec, où la neige est habituellement très abondante. La photo ci-dessus montre la vue de ma fenêtre arrière cette semaine. Environ 1,5 m de neige recouvre mon terrain, facilement deux fois plus par endroits. Ma maison n’est même pas visible de la rue tellement que la couche de neige est épaisse. Toutes mes graminées ornementales sont entièrement enselevies cette année et aussi la plupart des arbustes. Même le saule à chatons (Salix discolor), qui fleurit même quand sa base est encore couverte de neige, est complètement caché cette année. Non, on ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup signes floraux du printemps à l’extérieur.

C’est le printemps à l’intérieur

Suis-je découragé? Pas du tout! En dépit de l’accumulation de neige un peu exceptionnelle cette année (bien que j’aie déjà vu pire!), il reste plusieurs signes très clairs que le printemps arrive… notamment à l’intérieur.

20170320B 4028mdk09.JPG

Jarcinthes (Hyacinthus orientalis) en fleurs. Photo: 4028mdk09, Wikimedia Commons

Mes plantes d’intérieur pensent vraiment que c’est le printemps. Elles sortent de leur morosité hivernale et produisent de nouvelles feuilles et de nouvelles fleurs. J’ai sorti quelques potées de jacinthes de la chambre froide et elles sont en pleine floraison, dégageant leur parfum intense. Il y a des semis en croissance et des boutures qui s’enracinent. Même les bulbes dormants de canna et de bégonia tubéreux commencent à germer: leur horloge interne leur dit qu’il est temps de se réveiller même s’ils sont dans l’obscurité totale pendant des mois.

Les oiseaux annonciateurs du printemps

20170320C.jpg

Cardinal mâle

Les oiseaux aussi commencent à se préparer au printemps qui s’en vient. D’accord, cette année, le merle d’Amérique (Turdus migratorius), souvent le héraut du printemps au Canada, est encore absent dans mon quartier, sans doute découragé par la neige abondante, mais le cardinal (Cardinalis cardinalis) n’est pas dupe. Le mâle chante à tue-tête depuis quelques jours déjà, réclamant son territoire. «Ouite, ouite, ouite, tiou, tiou, tiou», qu’il siffle. Et avec ses plumes rouge vif, il se démarque vraiment contre la neige.

Sous la neige

20170320D.jpg

Sous la neige, les bulbes sont en train de pousser, se préparant en vue d’une floraison dès la fonte des neiges.

Ce que je ne peux pas voir présentement, c’est ce qui se passe sous la neige, mais je sais que les choses s’activent. Les bulbes de perce-neige, d’éranthe et de crocus, entre autres, sont déjà en train de pousser. Quand la neige fondra enfin, ils seront déjà sortis de terre et prêts à fleurir. Souvent ils commencent à fleurir la journée-même que la neige fond enfin.

La sève coule dans les érables à sucre (Acer saccharum) depuis déjà plusieurs semaines, mais ce ne sera pas une année record pour sa récolte. Il fait trop froid cette année. La sève monte le plus abondamment quand les jours sont au-dessus du point de congélation et les nuits en dessous… et cette année, il a fait trop chaud en février et trop froid en mars.

Quand la neige fondra-elle?

20170320F.jpgQuand la neige fondra-elle où je vis? Cette année, probablement en avril, mais plus il y a de neige, plus lentement qu’elle fond et quand la neige est très abondante comme cette année, il est fort probable qu’il y ait encore la neige au sol en mai, du moins dans les coins ombragés.

Curieusement, ce retard dans la floraison se rattrape. À la fin de juin, les mêmes plantes qui fleurissent à Paris et à Vancouver seront en fleurs à Québec aussi.


J’aime l’hiver. J’aime le printemps. Et j’aime l’été et l’automne. Toutes les saisons ont leur charme. Et en tant que jardinier paresseux, j’essaie de laisser dame Nature me guider. Je ne suis pas une de ces personnes anxieuses qui lancent la neige dans la rue pour la faire fondre (en toute illégalité, en passant, et en manque total de considération pour les passants!).

Cette année, dame Nature me dit: «reposez-vous, le printemps viendra plus tard!» Et je suis confiant que c’est exactement ce qui arrivera!20170320E.jpeg

Publicités