Des cadeaux fleuris pour la fête des Mères

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Tous les fleuristes et jardineries offrent une vaste gamme de potées fleuries pour la fête des Mères. Source:www.timperleygardencentre.com

La date de la fête des Mères varie d’un pays à l’autre, mais cette fête a souvent lieu au printemps, généralement au mois de mai. Dans la plupart des pays, dont le Canada, les États-Unis, la Belgique et la Suisse, c’est le deuxième dimanche de mai. En France, c’est le dernier dimanche de mai. La tradition veut que vous donniez un bouquet de fleurs coupées à Maman pour cette fête, ce qui est très bien, mais j’ai une autre suggestion. Pourquoi ne pas lui offrir une plante vivante? Une plante fleurie qu’elle pourra conserver par la suite, plutôt qu’un bouquet qui, aussi joli soit-il, n’égayera sa demeure que pendant quelques jours?

Voici quelques potées fleuries qu’elle appréciera :

Azalée d’Inde (Rhododendron simsii)

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Azalée des Indes. Source: www.bakker.com

Cette azalée d’intérieur se couvre d’une masse de fleurs en forme de roses rouges, roses, blanches ou bicolores. Maman peut la cultiver à l’intérieur durant la floraison, puis la mettre à l’extérieur durant l’été, à la mi-ombre. Ne la rentrez pas trop tôt à l’automne : l’azalée aime les températures fraîches, mais pas le gel, toutefois.

Bac ou panier d’annuelles

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Potée d’annuelles. Source: Proven Winners

Vous trouverez un beau choix de pots remplis de belles fleurs annuelles — calibrachoas, scaevolas, alysses hybrides, pélargoniums, etc. — dans n’importe quelle jardinerie, le cadeau parfait pour la mère qui a un balcon ou une terrasse comme espace extérieur. Demandez au commis de vous aider à en choisir un selon la luminosité chez Maman : plein soleil, mi-ombre ou ombre. Dans les régions aux printemps froids, dites à Maman de conserver la potée à l’intérieur, devant une fenêtre ensoleillée, jusqu’à ce qu’on annonce des températures nocturnes supérieures à 12 °C, car certaines annuelles sont frileuses.

Bulbes printaniers (Tulipa, Narcissus, Crocus, etc.)

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Narcisses et jacinthes. Source: Wouter Koppen, ibulb.org

Ces bulbes sont rustiques. Après la floraison, plantez-les à l’extérieur dans un emplacement qui est ensoleillé au printemps (ces plantes sont en dormance l’été et donc indifférentes à l’exposition estivale) et ils fleuriront de nouveau les années suivantes.

Hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis)

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Hibiscus rose de Chine. Source: www.hollywoodhibiscus.com

Il s’agit d’une plante d’intérieur (arbuste d’extérieur dans les régions tropicales) à grosses fleurs en forme d’antenne parabolique qui peut refleurir encore et encore pendant plusieurs années. Conservez-la au soleil ou mettez-la à l’extérieur durant l’été.

Hortensia ou hydrangée à grandes feuilles (Hydrangea macrophylla)

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Hydrangée à grandes feuilles. Source: http://www.teleflora.com

Avec ses grosses boules de fleurs bleues ou roses, parfois d’autres couleurs, elle ne peut que plaire. Dites à Maman de l’arroser abondamment et souvent : cette plante perd beaucoup d’humidité à l’air à cause de ses énormes feuilles et alors sèche très rapidement. Après la floraison, Maman peut l’acclimater aux conditions de jardin et la planter à l’extérieur. Avec un peu de chance, elle refleurira l’an prochain. Une bonne protection hivernale sera toutefois nécessaire dans les régions froides, car cette plante n’est pleinement rustique que dans les zones de rusticité 6 à 9.

Lis (Lilium spp.)

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Lis. Source: W.H. Zandbergen, ibulb.org

Roses, rouges, jaunes, orange ou blancs, à fleurs en trompette, en étoile ou en forme de turban, parfumés ou non, les lis en pot sont toujours saisissants. Pour prolonger le plaisir au maximum, achetez une plante avec beaucoup de boutons floraux, mais seulement une ou deux fleurs ouvertes. Les lis sont rustiques (zone 3 ou 4 pour la plupart) et peuvent donc être plantés en pleine terre, au soleil, après la floraison. Ils reviendront annuellement pendant de nombreuses années.

Primevère (Primula spp.)

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Primevère des jardins. Source: www.ebbing-lohaus.de

Il existe de nombreuses primevères, dont plusieurs vendues comme plantes-cadeaux. Certaines, comme la primevère obconique (P. obconica) et la primevère des fleuristes (P. malacoides), sont considérées comme des annuelles et meurent après la floraison. Mettez-les tout simplement au compost quand leurs fleurs sont fanées. La plupart des autres, et surtout la très populaire primevère des jardins (P. vulgaris et P. x polyantha), sont solidement rustiques : des vivaces classiques pour la plate-bande, la plupart adaptées aux zones 3 à 8. On peut les repiquer dans une plate-bande mi-ombragée au sol relativement humide et elles repousseront fidèlement pendant plusieurs années.

Rosier (Rosa spp.)

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Rosier miniature. Source: www.jacksonandperkins.com

On vend surtout des rosiers miniatures (très rustiques, zone 4) et polyanthas (moyennement rustiques, environ zone 5) à la fête des Mères. Souvent, ces plantes refleuriront plusieurs fois au cours de l’été si on les maintient correctement. Plantez-les en pleine terre, au soleil, pour une floraison renouvelée au cours des années à venir.


Bien sûr, il y a beaucoup d’autres potées fleuries que Maman appréciera : arbuste à fleurs, cinéraire, violette africaine, orchidée, broméliacée, etc. Choisissez-les en pensant non seulement à ses goûts, mais aussi à ses capacités de les maintenir.

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Les plantes de Noël autour du monde

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Il y a différentes plantes associées à Noël à travers le monde. Source: jardinierparesseux.com

Je pense que je peux dire sans me tromper que la plante de Noël la plus populaire en Amérique du Nord est le poinsettia (Euphorbia pulcherrima): les magasins en regorgent à cette saison! Mais d’autres plantes aussi sont populaires: le cactus de Noël (Schlumbergera spp.), le kalanchoé de Noël (Kalanchoe blossfeldiana), l’amaryllis (Hippeastrum spp.), le piment de Noël (Capsicum annuum), le cerisier de Jérusalem (Solanum pseudocapsicum), la fougère givrée (Selaginella martensii ‘Frosty’), le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla) et, bien sûr, le sapin de Noël (Abies balsamea et autres). Depuis quelques années, le thé des bois, aussi appelé gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens), s’est ajouté à la liste.

Mais les plantes de Noël diffèrent autour du monde. Jetons un coup d’œil sur ce qu’il se passe ailleurs.

Nouvelle-Angleterre

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Polystichum acrostichoides. Source: Krzysztof Ziarnek, Kenraiz

En plus des plantes précitées, j’ajouterais à la liste des plantes de Noël le polystic faux-acrostic (Polystichum acrostichoides), qu’on appelle aux États-Unis «Christmas fern» (fougère de Noël), car ses frondes sont persistantes et peuvent servir dans la fabrication de guirlandes et de couronnes. La même fougère pousse aussi au Québec, mais nous ne semblons pas l’utiliser comme décoration de Noël.

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Ilex verticillata Berry Poppins®. Source: Proven Winners.

Les branches de houx verticillé (Ilex verticillata), à feuilles caduques, donc sans feuilles à Noël mais chargées de baies rouges, sont fort appréciées dans les arrangements de Noël dans cette région. Encore une fois, cette plante pousse également chez nous et les branches sont parfois vendues dans les boutiques des fleuristes, mais elles ne semblent pas spécialement associées au temps des Fêtes au Québec.

En Europe

En général, les plantes présentées dans le premier paragraphe (poinsettias, cactus de Noël, kalanchoé de Noël, etc.)  sont populaires en Europe aussi, bien que le poinsettia, qu’on appelle étoile de Noël en France, ne domine pas le paysage à Noël comme il le fait de l’autre côté de l’Atlantique. Mais il y a d’autres plantes associées avec Noël (et le jour de l’An) qui sont plus propres à l’Europe.

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Ilex aquifolium. Source: AnemoneProjectors, Wikimedia Commons

Par exemple, le houx (Ilex aquifolium), un symbole de Noël très important, est un arbuste ou même un grand arbre aux feuilles persistantes dentées et aux fruits rouges qu’on cultive dans bien des jardins de l’Ancien Monde.

Nous le connaissons au Québec, mais surtout sous la forme de cartes de Noël et de guirlandes de plastique, car les houx à feuillage persistant sont rarement assez rustiques pour notre climat et ceux qui le sont sont de petits arbustes frileux généralement emballés de géotextile à Noël et donc inaccessibles.

En Europe, par contre, les branches de houx sont utilisées abondamment à Noël. On les fixe aux portes et aux fenêtres des maisons. Aujourd’hui, on prétend que c’est en guise d’invitation, mais en fait, cette tradition relève d’une vieille croyance selon laquelle ces branches empêchaient les mauvais esprits d’entrer.

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Bouquet de gui suspendu. Source: mistletoematters.wordpress.com

La tradition d’utiliser du gui (Viscum album) — avec ses petits fruits ronds blancs translucides — comme décoration du jour de l’An est encore très répandue sur le Vieux Continent et date d’ailleurs de l’époque des druides, mais peine à survivre en Amérique. C’est que le gui, une plante parasite qui vit aux dépens de son arbre hôte, ne pousse pas dans le nord-est du continent nord-américain, et qu’on ne peut même plus obtenir des branches de gui fraîches. Il y a quand même des guis nord-américains similaires, notamment dans le genre Phoradendron, qui sont présents dans le sud et l’ouest de l’Amérique du Nord, mais la tradition de s’embrasser sous le gui se perd néanmoins en Amérique alors qu’elle est plus tenace en Europe.

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Couronne d’Hedera helix. Source: bcinvasives.ca

Le lierre européen ou lierre anglais (Hedera hélix) est la guirlande traditionnelle des Fêtes en Europe. On en décore copieusement les maisons à Noël… et pourquoi pas, puisque cette grimpante à feuillage persistant pousse abondamment partout! Cette tradition ne semble jamais s’être établie en Amérique du Nord, sans doute parce que le lierre n’y est pas indigène, mais qu’il y existe surtout comme plante d’intérieur, plus rarement comme grimpante ou couvre-sol en plein air, et est donc de distribution beaucoup plus limitée.

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Rose de Noël (Helleborus niger). Source: 4028mdk09, Wikimedia Commons

La rose de Noël (Helleborus niger), qui n’est pas du tout un rosier (Rosa sp.), mais plutôt une plante vivace, est la plante de Noël dans le sud-est de l’Europe, là où l’Église orthodoxe domine. Leur Noël a lieu au milieu de janvier quand cette vivace est en fleurs: c’est la première fleur de l’année, d’ailleurs. On l’utilise surtout en plate-bande, mais il s’en vend aussi des potées fleuries dans les jardineries. Ailleurs, cette plante fleurit trop tard pour être une plante de Noël: à Pâques ou même en mai au Québec!

En Europe, le «sapin de Noël» est souvent un épicéa (épinette) ou un pin, voire un genévrier ou un autre conifère, selon ce qui est disponible localement.

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Bûche de Noël. Source: maeclair.net

Dans beaucoup de régions d’Europe, la tradition de la bûche de Noël demeure profondément ancrée. Les Québécois seront surpris d’apprendre qu’il s’agit d’une véritable bûche, une grosse, qu’on allume en soirée la veille de Noël et qui brûle pendant tout la nuit et jusqu’au soir de Noël le lendemain. Au Québec — on ne sait pas trop comment —, la bûche est devenue un… gâteau!

Dans les Balkans, on appelle la bûche de Noël «badnjak» (ou «budnik», selon la langue locale) et c’est toujours un chêne (Quercus), symbole de longévité. Ceux qui n’ont pas de foyer où brûler une bûche vont souvent décorer leur appartement avec des brindilles de chêne.

Grèce et Moyen-Orient

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Couronne décorée de grenades (Punica granatum). Source: http://www.clubbotanic.com

La principale plante de Noël dans cette région est la grenade (Punica granatum), qui mûrit justement à cette saison. On en décore portes, foyers, tables, etc., autant avec le vrai fruit rouge qu’avec des grenades artificielles.

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Fragon faux houx (Ruscus aculeatus). Source: Dominicus Johannes Bergsma, Wikimedia Commons

D’autres plantes souvent utilisées dans les décorations sont le fragon faux houx (Ruscus aculeatus) et le buisson ardent (Pyracantha spp.), les deux au feuillage persistant vert et aux baies rouges. D’ailleurs, ces deux plantes sont utilisées de cette façon un peu partout dans le sud de l’Europe.

En Israël, on offre des branches d’olivier (Olea europaea) à Noël aux amis en symbole de paix.

Mexique

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Poinsettias en vente au Mexique dans un marché à Noël. Source: casita-colibri.blog

Le poinsettia (Euphorbia pulcherrima) est originaire du Mexique et est populaire dans ce pays, où on l’appelle «flor de Nochebuena» (fleur de la nuit sainte). On décore aussi avec le fragon faux houx et le buisson ardent, comme dans le sud de l’Europe, ainsi qu’avec des plantes locales qui sont attrayantes à Noël.

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Punch de Noël mexicain avec fruits de manzanita (Crataegus mexicana). Source: www.goya.com

La manzanita, aussi appelée tejocote ou manzanilla (Crataegus mexicana), une aubépine à gros fruits, est autre plante traditionnellement utilisée comme décoration de Noël dans bien des régions d’Amérique centrale. On enfile les fruits orange sur un fil comme guirlande et l’on s’en sert aussi pour produire le punch de Noël.

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Noche de Los Rábanos. Source: AlejandroLinaresGarcia, Wikimedia Commons

L’une des traditions les plus curieuses est cependant la Nuit des radis (Noche de Los Rábanos), fêtée dans la région d’Oaxaca, où l’on sculpte des radis et prépare des montages de radis pour le 23 décembre.

Amérique du Sud

De l’autre côté de l’Équateur, il y a une complication: les plantes fleurissent à la saison opposée à celle de l’hémisphère Nord, donc nos plantes de Noël fleurissent en général… six mois trop tard! Ainsi, le poinsettia est appelé «fleur de Pâques» (flor de pascua) dans bien des pays d’Amérique du Sud, car il fleurit à cette saison alors que notre cactus de Noël (Schlumbergera) est appelé «flor de Maio» (fleur de mai) dans son pays d’origine, le Brésil. En contrepartie, c’est notre cactus de Pâques (Hatiora gaertneri, anc. Rhipsalidopsis gaertneri) qui devient le «cactus de Navidad» (cactus de Noël) en Amérique du Sud. C’est littéralement le monde à l’envers!

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Faux-poivrier (Schinus terebinthifolius). Source:Javier Alejandro, flickr

À la place de «nos» fleurs de Noël, les Sud-Américains ont tendance à utiliser comme plantes des Fêtes des plantes indigènes qui fleurissent ou qui fructifient à la fin de décembre. Des branches de faux-poivrier (Schinus terebinthifolius et S. molle), connu dans le nord pour le poivre rose qu’il produit, sont par exemple utilisés pour décorer les églises et les maisons dans le temps des Fêtes, car elles sont remplies de petites baies rouges à cette saison.

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Orchidée de Noël vénézuélienne (Cattleya percivaliana), QuazDelaCruz,

Au Venezuela, c’est une orchidée qui annonce Noël: Cattleya perciviliana. Ailleurs en Amérique du Sud, c’est plutôt Angraecum sesquipedale, originaire de Madagascar, mais populaire dans plusieurs pays, qu’on appelle «orquídea de navidad» (orchidée de Noël) ou «estrella de Belén» (étoile de Bethléem) pour ses grosses fleurs étoilées blanches qui s’épanouissent à cette saison. Dans certaines régions d’Amérique du Sud, d’autres plantes à fleurs étoilées blanches qui fleurissent à la bonne saison portent le nom «estrella de Bélen», par exemple un bulbe appelé Ornithogalum umbellatum.

Au Paraguay, on décore la maison et les crèches de «flores de coco», soit les longues inflorescences parfumées d’un palmier, le coyol (Acrocomia aculeata), une tradition préchrétienne qui vient du peuple guarani indigène.

Asie

En général, le concept de Noël est relativement récent sur ce continent et c’est surtout une fête commerciale d’inspiration américaine. Il n’y a pas de plantes vraiment traditionnelles associées avec cette célébration, du moins, pas de longue date. La plupart des plantes de Noël sont donc des introductions récentes, généralement les mêmes plantes de Noël qu’on voit en Amérique du Nord (poinsettias, cactus de Noël, etc.). On voit, par exemple, des sapins de Noël dans les centres commerciaux, rarement chez les gens, et habituellement ils sont artificiels.

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Bambou céleste (Nandina domestica). Source: http://www.mailordertrees.co.uk

La population chrétienne au Japon est plus solidement établie que dans la plupart des pays asiatiques et a adopté la tradition du sapin de Noël, habituellement un véritable sapin ou un épicéa (épinette). Le bambou céleste, Nandina domestica, qui n’est pas un bambou du tout, mais un arbuste, décore les jardins à cette saison avec ses fruits écarlates et ses feuilles rouges. Le chrysanthème (Chrysanthemum morifolium), populaire en toute saison au Japon, l’est particulièrement à Noël aussi.

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Pomme imprimée portant un souhait de paix. Source: gbtimes.com

En Chine, on donne souvent une pomme emballée de papier de couleur ou avec une image imprimée sur son épiderme la veille de Noël, car le mot mandarin pour «veille de Noël», soit «nuit de paix» (Ping’an Ye), ressemble au mot pomme (píngguǒ).

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Palmier de Noël (Adonidia merrillii). Source: palmpedia.net

Dans les régions tropicales d’Asie, il y a le palmier de Noël (Adonidia merrillii), mieux connu sous son ancien nom, Veitchia merrillii, qui fait office de symbole de Noël. Avec son tronc trapu et ses frondes relativement courtes, il ressemble à un palmier royal nain… et il se décore de fruits rouges à Noël. Originaire des Philippines et de la Malaisie, ce palmier est maintenant cultivé un peu partout dans les tropiques, pas seulement en Asie.

Enfin, en Inde, le cyprès de Monterey doré (Cupressus macrocarpa ‘Goldcrest’) commence à se populariser comme sapin de Noël, mais autrement, cette fête est peu célébrée dans ce pays.

Afrique

Les traditions des plantes de Noël sont davantage établies dans le sud de l’Afrique que dans le centre et le nord, apportées dans cette région par les Européens qui s’y sont établis (notamment les Néerlandais et les Anglais).

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La « fleur de Noël » en Afrique du Sud est l’hortensia (Hydrangea macrophylla). Source: pxhere

Encore, les saisons étant inversées, leur choix de plantes de Noël est fort différent de celui des Européens et des Nord-Américains. Notamment, l’hortensia (Hydrangea macrophylla), bien connu dans l’hémisphère Nord pour sa floraison estivale, s’y appelle «Christmas flower» (fleur de Noël) et est probablement la plante de Noël la plus populaire! Par contre, on y trouvera quand même aussi des potées de poinsettias, les pépiniéristes locaux ayant réussi à les faire fleurir pour Noël en couvrant les serres de production de toiles noires à partir de 18 h pour assurer les jours courts nécessaires à l’initiation de leur floraison.

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Christmas bells (Sandersonia aurantiaca), une plante à bulbe. Source: http://www.alanjolliffe.com

Différentes plantes indigènes servent aussi de fleurs de Noël, notamment le «Christmas bush» (Pavetta spp.), les «Christmas bells» (Sandersonia aurantiaca) et le «Christmas berry» (Chironia baccifera) et aussi plusieurs plantes australiennes, car le climat des deux régions est similaire (lisez plus loin pour quelques exemples). Les Africains fêtent aussi Noël avec beaucoup de plantes qui sont pour nous des fleurs estivales, comme les marguerites, les roses et les zinnias.

Le sapin de Noël est bien populaire en Afrique du Sud, mais on utilise plutôt à cette fin des conifères adaptés aux conditions locales, comme le cyprès (Cupressus spp., notamment C. macrocarpa), le cryptoméria du Japon (Cryptomeria japonica) et divers pins (Pinus spp.).

Australie

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Sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Source: AlfredSin, flickr

En Australie, le «sapin» de Noël traditionnel est le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Si, dans l’hémisphère Nord, on l’utilise surtout comme plante d’intérieur et qu’il y dépasse rarement 1,5 m de hauteur, dans son Australie natale, il peut éventuellement atteindre jusqu’à 65 m de hauteur, soit l’équivalant de 20 étages! On utilise aussi d’autres conifères venant d’autres parties du monde comme arbres de Noël, notamment différents pins.

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Australian Christmas tree (Nuytsia floribunda). Source: JarrahTree, Wikimedia Commons

Et les Australiens ont leur propre «Australian Christmas tree» (arbre de Noël australien), Nuytsia floribunda, mais il ne s’agit pas d’un conifère, mais plutôt d’un feuillu. D’ailleurs, c’est un arbre parasite (ou plutôt hémiparasite, puisqu’il fait de la photosynthèse) qui soutire la majeure partie de son eau et de ses minéraux des plantes avoisinantes! Il produit des épis mousseux de fleurs jaune orange dans le temps des Fêtes.

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L’un des arbustes de Noël australiens (Ceratopetalum gummiferum). Source: gdaymateowyagoin, flickr

Aussi, chaque État australien semble avoir son propre «Christmas bush» (arbuste de Noël), toujours un arbuste indigène qui produit des masses de fleurs ou de fruits colorés à la bonne saison, dont Correa spp., Chromolaena odorata, Ceratopetalum gummiferum et Prosanthera laisanthos. Et plusieurs bulbes qui fleurissent à Noël sont populaires, notamment divers Blandfordia, qui portent le nom de «Christmas bells». Et l’Australie a aussi sa propre orchidée de Noël: Calanthe triplicata, une espèce indigène.

Nouvelle-Zélande

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Le New Zealand Christmas tree (Meterosideros excelsa). Source: Ed323, Wikimedia Commons

Parlez d’arbre de Noël à un Néozélandais et il pensera non pas à un conifère, mais au Meterosideros excelsa, un arbre feuillu au port arrondi, qui se couvre de fleurs plumeuses rouges à Noël. On l’appelle «New Zealand Christmas Tree» ou «pōhutukawa». Et l’alstroemère perroquet (Alstroemeria psittacina), un bulbe introduit qui produit des fleurs tubulaires rouges à pointe verte, est couramment cultivé sous le nom de «New Zealand Christmas Bells» (cloches de Noël néozélandaises).


Donc, où que vous voyagiez à travers le monde, il y a toujours des fleurs et des plantes associées à Noël. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à m’en faire part à jardinierparesseux@gmail.com.20171224A HC

Quand tailler les hydrangées ?

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20151108AQue de confusion au sujet de la taille des hydrangées! On entend toutes sortes de choses: au printemps, à l’automne, après la floraison, pas du tout, etc. Mais en fait, tout dépend de quelle sorte d’hydrangée vous avez. Voici un résumé:

  1.  Hydrangées qui fleurissent sur le bois de l’année

Ces hydrangées fleurissent sur les nouvelles pousses produites à partir du printemps. On peut donc les tailler, et même les rabattre, à l’automne ou encore, au début du printemps. Comme leurs fleurs séchées sont attrayantes l’hiver, il est logique de les tailler au printemps, à la fonte des neiges, plutôt qu’à l’automne. Notez que la taille n’est pas obligatoire pour ces espèces. Si vous ne les taillez jamais, ces hydrangées vont quand même bien fleurir… et leurs fleurs séchées tomberont d’elles-mêmes quand la plante commence à repousser au printemps.

Trois espèces sont couramment cultivées :

Hydrangée paniculée (Hydrangea paniculata) zone 3

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Hydrangée paniculée

Cette hydrangée produit des grappes allongées (panicules) de fleurs blanches qui deviennent de plus en plus roses à l’automne. C’est un très grand arbuste: la plupart des cultivars peuvent atteindre 5 m de hauteur et de diamètre.

Si vous voulez beaucoup de fleurs, ne la taillez pas ou seulement très peu: la plante produira alors plus de branches et donc plus de fleurs. Par contre, les grappes seront un peu moins grosses. Si vous voulez garder l’arbuste plus compact, taillez au printemps. On peut même la rabattre à 15 cm du sol, ce qui donnera un plant compact d’environ 1 m de hauteur qui portera peu de panicules, mais de très grosses. Tellement que parfois les tiges cassent! Un bon compris? La tailler à 1 m au sol (toujours au début du printemps) pour obtenir une plante de 1,5 à 2 m de hauteur avec une bonne quantité de panicules de taille intermédiaire.

Hydrangée arborescente (H. arborescens) zone 3

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Hydrangée arborescente ‘Annabelle’

On reconnaît cette hydrangée aux boules ou aux dômes de fleurs blanches (il existe depuis peu des cultivars roses aussi) qui s’épanouissent à l’extrémité de ses tiges à partir du milieu d’été. ‘Annabelle’, aux boules de fleurs très rondes, est la variété la plus connue.

Pour obtenir une floraison très égale, avec toutes les branches de la même longueur, il est utile de rabattre la plante tôt au printemps (ou tard à l’automne) à 10 à 15 cm du sol. Par contre, cela donne, dans certains cas, des fleurs très lourdes qui plient jusqu’au sol, car les jeunes tiges de l’année sont encore un peu frêles. Si oui, ne faites qu’une taille très légère, supprimant seulement les 15 cm supérieurs de la plante au début du printemps. Ainsi la tige aura deux ans et sera plus robuste. Aussi, la grappe de fleurs sera un peu plus petite… et un peu moins lourde, donnant une plante plus solide aux tiges qui ne plient pas autant.

Hydrangée grimpante (H. anomala petiolaris), zone 4

Cette hydrangée pas-comme-les-autres a rarement besoin de taille. Supprimez seulement les dommages hivernaux et les branches qui sont mal placées.

  1. Hydrangées qui fleurissent sur le vieux bois

Ces hydrangées fleurissent surtout à partir des branches produites l’année précédente, bien que certains cultivars fleurissent légèrement aussi sur le bois de l’année, donnant ainsi une deuxième floraison plus tardive. Ces hydrangées demandent une taille très attentive et d’ailleurs très limitée qui consiste surtout à supprimer, au printemps, les parties qui sont mortes au cours de l’hiver. Laissez mêmes les vieilles fleurs sur place à l’automne, car elles aideront à protéger les boutons floraux en dormance juste en-dessous.

Hydrangée à grosses feuilles (H. macrophylla) zone 6b

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Hyrangée à grosses feuilles

On appelle aussi l’hortensia (surtout en Europe) ou hydrangée bleue même s’il peut, malgré ce dernier nom, avoir aussi des fleurs roses. C’est le sol qui détermine: la plante fleurit bleu dans un sol acide, rose dans un sol alcalin et bleu et rose (voir photo) dans un sol plutôt neutre.

Cette hydrangée est difficile à réussir au Québec à cause de sa rusticité limitée. Mieux vaut la cultiver à la mi-ombre, dans un sol riche et profond et dans un endroit bien à l’abri des vents hivernaux. Dans les emplacements où la neige est abondante et fiable, elle arrive à bien fleurir jusqu’en zone 4, mais autrement, il faut la protéger l’hiver.

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Cage de protection pour hydrangée à grosses feuilles.

L’hydrangée à grosses fleurs souffre non seulement du froid hivernal, mais aussi des gels printaniers. En effet, même si certaines tiges survivent à l’hiver, il arrive souvent qu’elles commencent à pousser si tôt que les boutons floraux meurent lorsqu’il y a même un léger gel en mai. Pour assurer une floraison fidèle à cette plante difficile, à l’automne, après que les feuilles sont tombées, entourez la plante d’une «cage» de grillage à poule de 60 cm de hauteur ou plus et remplissez-la de feuilles mortes. Laissez ce paillis de feuilles sur place jusqu’à la fin de mai (zone 5) ou la mi-juin (zones 3 et 4): autrement dit, jusqu’à ce qu’il n’y a plus de gel possible. Le paillis gardera le sol froid plus longtemps, retardant le départ de la végétation… et protégera vos futures fleurs.

C’est seulement après que vous enlevez le paillis et que la plante commence à pousser que vous la taillez… et vous n’enlevez que le bois mort!

Hydrangée des montagnes (H. serrata) zone 5

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Hydrangée des montagnes ‘Preziosa’

Un sosie de l’hydrangée à grandes feuilles (H. macrophylla), aux tiges plus et aux feuilles plus petites. Un peu plus rustique que sa cousine, on peut théoriquement la laisser sans protection hivernale en zone 5… mais il est plus sage de lui donner le même traitement (cage remplie de feuilles mortes) si on veut s’assurer d’une floraison abondante.

Hydrangée à feuilles de chêne (H. quercifolia) zone 5

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Hydrangée à feuilles de chêne

Cette hydrangée a peu besoin de taille, sinon d’enlever toute branche morte ou endommagée, notamment par les froids de l’hiver. Par contre, si vous avez à faire une taille sévère, peut-être sur un vieux spécimen devenu trop gros avec le temps, le meilleur moment pour la tailler est immédiatement après la floraison. Sa floraison n’est pas toujours fiable au Québec, le froid de l’hiver ayant souvent raison des boutons floraux en dormance.

Taille de jardinier paresseux

En tant que jardinier paresseux, qu’est-ce que je taille sur mes propres hydrangées? Rien, sinon à l’occasion une branche morte. Et je n’offre pas de protection hivernale, non plus, car je ne cultive que des variétés adaptées à mes conditions. Je les laisse pousser, voilà tout. La vie est plus facile comme ça!

Cultivez l’hydrangée bleue sous un climat froid

Par défaut
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Les haies d’hydrangées à grandes feuilles à perte de vue de la Bretagne!

Quand vous visitez une région aux climat tempéré relativement doux, comme la Bretagne, la Virginie ou la région de Vancouver, soit environ les zones de rusticité 7 à 9, vous verrez de superbes hydrangées de 2 à 2,5 m de hauteur et de largeur, couverte de centaines d’inflorescences globulaires bleu violet. C’est assez pour faire rêver de tout jardinier! «Et si je pouvais obtenir un tel effet chez moi!»

Mais vous ne pouvez pas, pas sous le climat plus froid de l’Est du Canada à tout le moins. L’hydrangée bleue (plus correctement appelée hydrangée à grandes feuilles) est mal adaptée à notre climat. Tout au plus peut-on s’attendre à une plante qui fleurit inégalement – même pas à tous les ans – et qui atteint rarement plus que 60 cm.

Pourquoi ? Blâmez le climat local. Même si certains pépiniéristes osent coller des étiquettes zone 5 ou même zone 4 sur des hydrangées à grandes fleurs (il y a des fantaisistes dans tous les domaines!), c’est une plante de zone de rusticité 7, à la rigueur 6b. Si on la cultive plus au nord, elle peut survivre (comme beaucoup d’arbustes, elle a la capacité de régénérer de sa base quand la partie supérieure meurt gelée), mais elle ne donnera jamais son plein potentiel.

Portrait d’une plante capricieuse

La plante dont nous discutons s’appelle Hydrangea macrophylla. Ses noms communs sont nombreux: hydrangée bleue, hortensia, hydrangée à grandes feuilles, hortensia à grandes fleurs, hydrangée des fleuristes, hortensia des fleuristes, quatre-saisons, etc. En France, on utilise beaucoup le nom hortensia (un ancien nom botanique), mais au Québec on semble préférer hydrangée. D’ailleurs, hydrangée à grandes feuilles est le nom le plus approprié, étant près de son nom botanique, et c’est le terme que j’utiliserai ici.

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L’hydrangée à grandes fleurs est une plante de sous-bois.

L’hydrangée à grandes fleurs est originaire de l’Asie, notamment du Japon, où elle pousse dans le sous-bois au pied de grands arbres, bien à l’abri du vent. En culture, on la vend souvent comme potée fleurie à la fête des Mères ou à Pâques et elle peut survivre quelque temps en appartement, mais pour refleurir, il lui faut un hiver très frais. Ainsi, elle ne fait pas vraiment une bonne plante d’intérieur.

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La floraison des formes sauvages consiste en une auréole de fleurons stériles entourant une corymbe de fleurons fertiles.

Cette hydrangée produit de grosses feuilles ovales et pointues à marge dentée. Elles sont de couleur vert foncé luisant et d’environ 20 cm x 15 cm. Chez l’espèce, de grosses corymbes aplaties se forment à l’extrémité des tiges, composées de petits fleurons fertiles entourés d’une auréole de gros fleurons stériles à 4 très larges pétales. Les fleurs stériles, très voyantes, servent à attirer les insectes pollinisateurs vers les petites fleurs fertiles au centre. Les variétés aux inflorescences globulaires, qui sont de loin les plus populaires en culture, sont des mutations composées presque uniquement de fleurs stériles.

En Europe, en Colombie-Britannique et aux États-Unis jusqu’à dans la région de Boston, cette plante se voit partout dans les jardins, à tel point que les habitants la considèrent quasiment banale. Pour nous, les jardiniers nordiques, qui la voyons si rarement, c’est au contraire une plante originale et exotique, donc des plus désirables. D’autant plus que les fleurs sont réellement bleues, une couleur si rare dans nos jardins.

Pour bien fleurir, il lui faut un climat frais l’été et froid l’hiver, mais sans période prolongée de gel. Elle peut pousser au plein soleil dans les régions aux étés frais ou brumeux, mais réussit mieux à la mi-ombre ailleurs, voire à l’ombre, car le sol et l’air y restent plus humides. Avec ses grandes feuilles, l’hydrangée perd énormément d’eau à l’évaporation quand on la cultive dans un milieu sec et exigera alors des arrosages fréquents. Vous n’en trouverez pas beaucoup dans les régions aux climats secs, comme dans le sud de la Californie.

Au Canada, mieux vaut le cultiver à la mi-ombre, dans un sol riche et profond et dans un endroit peu venteux, bien à l’abri des vents hivernaux. L’hydrangée à grandes feuilles aime un sol riche en humus, toujours un peu humide. Ainsi, ajoutez beaucoup de compost au sol à la plantation. L’utilisation d’un paillis est fortement recommandée aussi, surtout un paillis qui enrichira naturellement le sol en se décomposant, comme des feuilles d’automne déchiquetées, le bois raméal, etc.

On peut fertiliser à l’aide d’un engrais biologique tout usage à dégagement lent, surtout dans les sols naturellement pauvres, comme un sol sablonneux. Attention aux engrais riches en azote (où le premier chiffre est plus élevé), comme certains engrais à gazon: ils tendent à stimuler la croissance du feuillage au détriment des fleurs.

Pour obtenir des fleurs bleues

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La coloration indécise de cette hydrangée indique un sol plutôt neutre. L’application d’un produit acidifiant donnerait des fleurs plus bleues.

Chez l’espèce et la plupart des cultivars, les fleurs seront bleues dans les sols acides et roses dans les sols alcalins. C’est la présence d’aluminium assimilable dans le sol qui fait la différence. Dans un sol acide, soit à un pH de 5,5 ou moins, l’aluminium est facile à absorber et alors les fleurs seront bleues. Dans un sol alcalin, soit environ 6,5 et plus, l’aluminium se trouve habituellement bloqué dans le sol et la plante privée d’aluminium fleurira rose. Quand le sol est neutre (5,6 à 6,4), la plante tend à fleurir pourpre ou encore, il y a un mélange de fleurs bleues, pourpres et roses sur la même plante.

Les jardineries vendent énormément de sulfate d’aluminium pour faire bleuir les hydrangées à grandes feuilles. Tristement, ce produit est toxique et finira par tuer l’hydrangée si vous l’appliquez à répétition. D’ailleurs, il y a rarement besoin d’ajouter de l’aluminium au sol: il est abondant dans la plupart des régions. Des traitements avec un produit qui acidifie le sol sans augmenter le taux d’aluminium, comme l’application de soufre ou même juste l’utilisaient d’un paillis de tourbe («peat moss», un produit naturellement acide) donneront d’aussi bons résultats, coûteront moins cher et ne tueront pas la plante.

Rares sont les gens qui semblent vouloir faire rosir leurs hydrangées, mais si oui, appliquez au sol un produit alcalinisant, comme la chaux. Il est toutefois plus difficile d’obtenir une couleur rose pur qu’un beau bleu.

Notez aussi qu’il existe des hydrangées à grandes fleurs à fleurons blancs. Leur floraison n’est pas très influencée par l’acidité/alcalinité du sol, mais peut bleuir ou rosir un peu vers la fin de la saison, selon le pH du sol.

Ma suggestion: assurez d’abord la survie de votre hydrangée en lui offrant de bonnes conditions. Seulement après, quand vous aurez maîtrisé sa culture, devriez-vous vous occuper d’obtenir la couleur que vous préférez.

La taille

Un mot rapide pour expliquer que le genre Hydrangea contient des plantes aux besoins très différents en ce qui concerne la taille.

La plupart des hydrangées fleurissent sur le bois de l’année, donc sur les nouvelles pousses du printemps. On peut tailler ces hydrangées sévèrement, à l’automne ou au printemps, sans réduire leur floraison. C’est le cas, notamment, de la très populaire hydrangée arborescente ‘Annabelle’ (H. arborescens ‘Annabelle’), qui produit de grosse boules de fleurs blanches au milieu de l’été, et de l’hydrangée paniculée (H. paniculata), aux inflorescences plus allongées qui passent de blanc à rose et qui fleurit plus tardivement.

L’hydrangée à grandes fleurs appartient à un autre groupe complètement: elle fleurit sur le bois de l’année précédente, c’est-à-dire, sur le vieux bois. Si vous taillez la plante sévèrement à l’automne ou au printemps, éliminant toutes les branches, elle ne fleurira pas, car vous aurez supprimé les boutons de fleurs de l’année à venir.

Attention à ce que vous lisez sur l’Internet quant à la taille de cette hydrangée! Sous les climats doux, on peut se permettre de la tailler plus sévèrement, après la floraison, pour contrôler sa croissance débordante. Les renseignements à cet effet ne s’applique pas aux hydrangées cultivées dans les régions froides !

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À la fin du printemps, coupez le bois mort seulement.

En climat froid, soit les zones 3, 4, 5 et même 6, mieux vaut ne pas tailler du tout dans le bois vivant, et surtout à l’automne! Attendez plutôt à la fin du printemps. Car, sous notre climat, presque toutes les branches gèlent, au moins en partie. Si elles gèlent jusqu’au sol, la plante repoussera de la souche, mais ne fleurir pas de l’année. Par contre, si même une courte section de branche est toujours en vie au printemps, elle arrivera généralement à fleurir.

Donc, la taille est très simple: coupez le bois mort (facile à reconnaître, car il ne portera pas de bourgeons verts!) et faites-le vers la fin du printemps, après la reprise de la croissance.

Pourquoi les variétés remontantes ne refleurissent pas ?

Certains cultivars, comme ‘Endless Summer’ et ‘All Summer Beauty’, sont censés fleurir à la fois sur le vieux bois, au début de l’été, mais aussi sur le bois nouveau, plus tard au cours de l’été, assurant une floraison continuelle pendant toute la belle saison. On les dit «remontant», un terme horticole qui veut essentiellement dire «qui refleurit».

Force est cependant de constater que cela ne fonctionne pas toujours dans les régions froides. Logiquement, on pourrait s’imaginer que, même si toutes les tiges ont gelées l’hiver et donc que la première floraison est ratée, ces variétés devraient avoir la capacité de fleurir vers la fin de l’été. Mais cela arrive rarement.

Je n’ai jamais vu d’explication pour ce phénomène (si quelqu’un connaît la cause, je suis tout ouïe!), mais j’ai ma propre théorie. Je soupçonne que cette deuxième floraison survient non pas à partir des nouvelles pousses qui surgissent du sol au printemps, mais plutôt à partir de celles qui ont survécu à l’hiver. Donc, pendant que ses branches portent une première floraison, de nouveaux boutons commenceraient à se former à leur base, prêts à prendre la relève. Ainsi, pour obtenir une deuxième floraison, comme la première, il faudrait aussi que des branches aient survécu au froid. Autrement dit, la remontance aussi surviendrait à partir du vieux bois.

Tout dépend du climat, bien sûr, mais dans les zones 3, 4 et 5, ces cultivars remontants ne donnent pas nécessairement plus de fleurs que les hydrangées à grandes feuilles classiques.

Protection hivernale

Curieusement, les hydrangées à grandes feuilles fleurissent souvent mieux dans la région de Québec et plus à l’est, soit en zone 4b, que dans la grande région de Montréal, en zone 5b, pourtant plus chaude. Pourquoi?

À Québec, la neige tombe tôt, en abondance et disparaît tard, parfois très tard. En ce faisant, elle protège les branches des gels profonds, car la neige est un excellent isolant. À Montréal, où la neige n’est souvent que sporadique, les hydrangées, insuffisamment protégées ou découvertes trop tôt, tendent à geler et alors, bye-bye floraison.

Dans toutes les régions froides, par contre, il est toujours sage de bien protéger l’hydrangée à grandes fleurs. Pas avec un cône à rosier ou des géotextiles, car la température sous ces abris commence à monter trop vite au printemps, stimulant l’hydrangée à produire de nouvelles pousses… qui sont inévitablement tuées par un gel tardif. Il faut une protection qui ralentit la croissance printanière, qui, en fait, prolonge l’hiver. Et pour cela, rien ne bat une bonne couche de feuilles mortes.

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Les feuilles mortes: la meilleure protection hivernale!

À l’automne, après les premiers gels, recouvrez votre hydrangée de 30 cm ou même 60 cm de feuilles mortes (vous pouvez entourer la plante d’une «cage» de grillage à poule pour mieux tenir les feuilles en place). Les feuilles, humides, tendent à rester froides, même quand le soleil printanier commence à y plomber.

Au printemps, laissez ce paillis de feuilles sur place bien après que la neige soit disparue, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de risque de gel, soit, jusqu’à la fin de mai (zone 5) ou la mi-juin (zones 3 et 4). Beaucoup plus longtemps que les protections pour rosiers, etc.! À Québec, par exemple, je calcule qu’il y a risque de gel jusqu’au 10 juin environ. Le paillis gardera le sol froid plus longtemps, retardant le départ de la végétation… et protégera vos futures fleurs.

Quand vous enlevez votre protection, soyez quand même prêt à recouvrir votre hydrangée (un gros pot placé à l’envers suffira) si jamais on annonce du gel.

Faites attention en enlevant les feuilles mortes: la plante sera déjà en train de croître sous les feuilles, avec des tiges ou bourgeons pâlots fragiles que vous ne voulez pas endommager. C’est à ce moment que vous pouvez tailler, supprimant les sections mortes environ 1 cm au-delà d’un bourgeon vivant.

Avec ce traitement, vous avez de bonnes chances de voir fleurir vos hydrangées à grandes feuilles à presque tous les ans.

Les bons cultivars

Il reste quand même que certains cultivars sont naturellement plus adaptés aux climats froids que les autres. Les variétés vendues à la fête des Mères ont été choisies pour être faciles à forcer, donc pour fleurir tôt, exactement ce que vous ne voulez pas. Ce ne sont pas de bons choix pour la culture en pleine terre en région froide.

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‘Penny Mac’ serait la meilleure hydrangée à grandes feuilles pour les climats froids.

Parmi les cultivars plus résistantes au froid ou plus lents à pousser au printemps, et donc désirables pour le jardinier nordique, il y a: ‘All Summer Beauty’, ‘Blushing Bride’, ‘Bouquet Rose’, ‘Early Sensation’, ‘Endless Summer’, ‘Let’s Dance Moonlight’, ‘Let’s Dance Starlight’,t ‘Let’s Dance Big Easy’, ‘Nikko Blue’, ‘Pink Beauty’, et ‘Twist-n-Shout’, plus les séries ‘Forever and Ever’ et ‘Cityline’. ‘Penny Mac’ serait la plus florifère en climat froid de toutes les hydrangées à grandes feuilles… et donc le meilleur choix pour notre climat.

Un livre à consulter 20150625F

Je recommande le livre Les hydrangées de Denis Bernard pour ceux qui veulent en savoir plus sur la culture de toutes les hydrangées, pas seulement les hydrangées à grandes fleurs. C’est le seul livre sur le sujet qui est conçu pour les jardiniers de climat froid. M. Bernard prend une attitude très optimiste quant aux zones de rusticité, mais autrement, les renseignements dans le livre sont fort utiles.

Être paresseux et zen

Et voilà! Je vous ai livré tous les secrets pour faire fleurir, presque à coup sûr, une hydrangée à grandes fleurs. Mais c’est beaucoup de travail… trop pour un jardinier paresseux.

Personnellement, je ne fais rien de spécial pour cultiver mes hydrangées à grandes feuilles autre que de les planter dans un emplacement approprié: mi-ombragé et où beaucoup de feuilles d’automne s’accumulent tout naturellement. Ainsi, mes résultats sont variables: de bonnes années sont souvent suivies de moins bonnes années.

C’est drôle, mais je pense alors que je chéris encore davantage les fleurs que j’obtiens juste du fait qu’elles sont si rares!

Trucs pour soigner les plantes de Pâques

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20150405ALa tradition veut qu’on remplisse sa demeure de fleurs à Pâques, mais alors qu’on achète des fleurs coupées à la Saint-Valentin, à Pâques, le choix va plutôt vers les plantes vivantes, ce qu’on appelle des potées fleuries. Voici les plus populaires et les soins à leur prodiguer.

Lis de Pâques (Lilium longiflorum)

20150405BIl préfère la fraîcheur, surtout la nuit. Placez-le dans un endroit bien éclairé le jour, mais devant une fenêtre fraîche le soir; même dans un garage non chauffé ou un sous-sol froid. Arrosez bien quand le terreau s’assèche. En mai, on peut tenter de le transplanter en pleine terre, mais il n’y a pas de garantie qu’il y réussira, car sa rusticité est faible (zone 6 ou 7). Attention: les lis sont toxiques aux chats!

Autres lis (Lilium spp.)

20150405CLes lis aux fleurs jaunes, orange, roses, etc. qui sont vendus à Pâques sont rustiques (zone 3 ou 4). Leur culture est identique à celle du lis de Pâques tant qu’ils demeurent dans la maison, mais on peut par la suite les transplanter en pleine terre dans un emplacement ensoleillé et s’attendre à ce qu’ils y réussissent bien. Encore: placez-les loin de vos chats!

Hydrangée à grandes feuilles (Hydrangea macrophylla)

20150405DAvec ses grosses «boules» de fleurs bleues, roses, violettes, rouges, pourpres ou blanches, l’hydrangée à grandes feuilles, appelée aussi quatre-saisons ou hortensia, est très populaire à Pâques. La clé de son succès consiste à surveiller étroitement son arrosage, car elle s’assèche à une vitesse phénoménale: il peut être nécessaire, selon les conditions, de l’arroser aux deux ou trois jours! Un éclairage moyen suffira ainsi que des températures d’intérieur normales, bien qu’elle apprécie les nuits fraîches. On peut la transplanter au jardin à la fin de mai, dans un emplacement protégé mi-ombragé ou ombragé, mais il n’y a pas de garantie de succès, du moins au Québec, car elle est de zone 6. Nos amis européens, par contre, auront plus de chance!

Chrysanthème (Chrysanthemum x morifolium)

20150405EDurant son séjour dans la maison, offrez-lui des températures normales et un éclairage modéré, arrosant au besoin pour ne pas qu’il s’assèche. Après, rasez le plant à 5 cm du sol. À la fin de mai, transplantez au jardin dans un endroit ensoleillé. Normalement, il refleurira à l’automne, mais il n’y a pas de garantie qu’il passera l’hiver, car la rusticité des chrysanthèmes est très variable: de 4 à 9, selon le cultivar… et les variétés offertes à Pâques sont rarement parmi les plus rustiques.

Bulbes

20150405FTulipes, narcisses, crocus, jacinthes, muscaris, etc. sont souvent offerts à Pâques. La fraîcheur est de rigueur, avec des nuits les plus froides possible: 10°C ou moins. Offrez un bon éclairage et arrosez dès que le terreau s’assèche. Coupez les fleurs après la floraison. Au mois de mai, transplantez en pleine terre. Tous ces bulbes sont rustiques (généralement de zone 3) et devraient refleurir au jardin… mais peuvent prendre quelques années avant de récupérer suffisamment du traumatisme de leur séjour dans la maison pour fleurir de nouveau!

 Azalée (Rhododendron simsii)

 20150405GC’est la seule véritable plante d’intérieur du groupe. Donnez-lui un éclairage modéré et surveillez étroitement ses arrosages : en fleurs, elle perd beaucoup d’eau par évaporation. Pourtant, elle ne tolère pas l’assèchement et il faut donc arroser dès que le terreau est le moindrement sec. Elle aime la fraîcheur, ainsi est-il utile de la placer à l’extérieur l’été, dans un endroit frais et ombragé. Ne la rentrez qu’en octobre, car les nuits froides d’automne stimulent la floraison. Elle devrait refleurir dans la maison au cours de l’hiver.

Primevère (Primula spp.)

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Primula x polyantha: cette primevère est de zone 4, suffisamment rustique pour la culture au jardin.

Plusieurs primevères sont vendues à Pâques. Elles aiment toutes la fraîcheur et demandent un arrosage suivi pour ne pas s’assécher, mais diffèrent dans leur rusticité. On peut en repiquer certaines en pleine terre à la mi-ombre dans un sol humide pour les voir s’y établir, alors que d’autres dépérissent après la floraison et ne peuvent pas être récupérées.

Joyeuses Pâques!