Belles baies d’automne et d’hiver

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Les baies multicolores de l’ampélopsis à feuilles d’aconit (Ampelopsis aconitifolia). Source: http://www.pepiniere-villeroy.com

Lorsque nous sélectionnons des végétaux pour nos terrains, nous avons tendance à rechercher surtout des fleurs. Après tout, elles ajoutent beaucoup de beauté à notre environnement. Mais si différentes fleurs s’épanouissent du printemps au début de l’automne, peu sont présentes en octobre… et aucune n’est très colorée l’hiver.

Évidemment, pour de la couleur en automne, on peut toujours se tourner vers les arbres, les arbustes et les rares vivaces qui ont un feuillage qui prend de belles couleurs à la fin de la saison… mais même l’effet de ces derniers sera bientôt terminé, car, en général, les feuilles colorées tombent avec l’arrivée des grands froids.

Il n’y a vraiment qu’un groupe de végétaux dont la saison principale d’intérêt est la fin de l’automne et l’hiver : les arbustes, grimpantes et arbres à fruits décoratifs, qui commencent, avec la chute de leurs feuilles, à se mettre en vedette.

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Jaseurs boréaux (Bombycilla garrulus) dégustant des baies de sorbier. Source: vinepair.com

Ces mêmes arbres et arbustes attirent aussi les oiseaux au jardin. En effet, les oiseaux frugivores, comme les jaseurs, les merles et les cardinaux, viennent manger leurs fruits. Je ne présente ici que les fruits qui sont mangés les plus tardivement, car plusieurs arbres et arbustes sont déjà débarrassés de leurs fruits avant même le début de l’hiver!

Si vous jugez que votre terrain manque de couleur après la chute des feuilles ou si vous voulez attirer des oiseaux l’hiver sans devoir payer pour des sacs et des sacs de graines, voici quelques végétaux dont les fruits colorés persistent longtemps, jusqu’au mois de février ou même mars.

Pommetier

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Malus ’Sugar Tyme’. Source: Donell Clauser, http://www.pinterest.ca

Il existe une foule de pommiers ornementaux (Malus) dans les pépinières, mais ils n’ont pas tous des fruits très persistants. Plusieurs mûrissent assez tôt à l’automne et leurs fruits tombent peu après. Mais d’autres ont des fruits qui persistent tout l’hiver.

Curieusement, ce sont les variétés à très petits fruits – pas plus gros que le bout de votre petit doigt – qui ont les fruits les plus persistants. Ces fruits viennent dans différentes teintes de rouge, de pourpre, d’orange et de jaune… et ces mêmes petits arbres produisent aussi une floraison massive au printemps, aux fleurs parfumées roses, blanches, rouges ou pourpres. Les pommetiers à fruits persistants sont donc des arbres à deux saisons d’intérêt très espacées dans le temps.

Toutefois, de notre liste, il faut soustraire les variétés très sujettes aux insectes et aux maladies et notamment à la tavelure, maladie très répandue sur le genre Malus. Après tout, pourquoi planter un pommetier qui passera sa vie à avoir l’air mourant? Voici donc quelques suggestions de pommetiers ralliant les deux critères, fruits persistants et résistance aux maladies et aux insectes :

  1. M. ’Adams’
  2. M. ’Adirondack’
  3. M. baccata ’Jacki’
  4. M. ’Guinevere’
  5. M. ’Jewelberry’
  6. M. ’Molten Lava’
  7. M. ’Prairifire’
  8. M. Perpetu ‘Evereste’
  9. M. ’Sugar Tyme’
  10. M. sargentii 
  11. M. sargentii ’Tina’

Ces pommiers ornementaux sont de tailles et de silhouettes diverses, mais tous sont de petits arbres, convenant donc aux terrains modernes plus petits, et assez bas pour pouvoir se cultiver sous les fils électriques sans nécessiter une taille draconienne. Cultivez-les au soleil dans tout sol bien drainé. 4-7 m X 2-6 m. Zone : 2 à 4, selon le cultivar.

Houx verticillé

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Houx verticillé (Ilex verticillata ‘Red Sprite’) Source: mgnv.org

Cet arbuste originaire de l’est de l’Amérique du Nord (Ilex verticillata) est rarement présent dans nos jardins et pourtant, il est l’un des arbustes les plus voyants l’hiver, avec ses innombrables petits fruits ronds rouge écarlate.

Contrairement à notre idée d’un houx, aux feuilles piquantes persistantes, les feuilles sans épines du houx verticillé changent de couleur à l’automne, rougissant de façon spectaculaire, puis tombent, révélant les fruits colorés.

Il en existe plusieurs cultivars, certains à fruits orange ou jaunes, mais le plus important est de savoir que les houx sont dioïques, c’est-à-dire que les fleurs mâles et femelles sont portées sur des plants différents. Il faut donc planter au moins un houx verticillé mâle pour polliniser jusqu’à huit plants femelles, sinon vous ne verrez pas un traître fruit. Souvent, les pépiniéristes nous facilitent la tâche en plantant un plant mâle et un plant femelle dans le même pot.

Il s’agit d’un arbuste de taille moyenne, aux feuilles étroites vert foncé (l’été). Les petites fleurs blanches, qui paraissent à la fin du printemps, ne sont pas très voyantes. Ce houx préfère un sol plutôt riche et humide et tolère bien les sols acides. 1-1,5 m X 90-200 cm. Zone 3 ou 4, selon le cultivar.

Épine-vinette

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Épine-vinette de Thunberg (Berberis thunbergii). Source: http://vascularflora.appstate.edu

On cultive généralement l’épine-vinette de Thunberg (Berberis thunbergii) pour son feuillage coloré tout l’été, car la plupart des cultivars ont des feuilles pourpres (B. t. ’Concorde’, B. t.  ’Ruby Carrousel’, etc.) ou dorées (B. t. ‘Aurea Nana’), mais souvent, à la grande surprise de celui qui la plante, l’épine-vinette de Thunberg offre aussi de très jolis fruits persistants, petits et curieusement allongés, rouge vif, qu’on ne voit presque pas tant que le feuillage n’est pas tombé.

Attention, on n’appelle pas cette plante épine-vinette pour rien : elle porte de nombreuses épines courtes et acérées. Aux États-Unis, on plante cet arbuste à la base des fenêtres pour dissuader les voleurs potentiels!

Notez aussi que cet arbuste peut devenir envahissant dans certains climats.

La plupart des cultivars offerts sont des sélections naines avec un port dense et arrondi. Cultivez l’épine-vinette dans tout sol bien drainé, au soleil ou à la mi-ombre. 45-90 cm X 90-120 cm. Zone 4b.

Il existe aussi d’autres espèces d’épine-vinette à fruits hivernaux décoratifs, mais surtout pour les climats doux (zones 7 à 9).

Symphorine blanche

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Symphorine blanche (Symphoricarpos albus). Source: 317grow.com

La symphorine blanche (Symphoricarpos albus) est un arbuste trouvé naturellement presque partout en Amérique du Nord, mais il est cultivé aussi dans les régions au climat tempéré du monde entier, notamment pour utilisation en haie. Son apparence est assez discrète l’été, car ses feuilles sont «vert moyen» et ses fleurs roses, peu visibles. Ce n’est qu’à la chute des feuilles qu’on découvre qu’il s’y cache quantité de fruits ronds blancs.

D’ailleurs, si la couleur blanche ne vous attire pas, il existe aussi des symphorines aux fruits roses, lilas, rouges ou pourpres.

C’est un arbuste passe-partout, tolérant tous les sols et poussant aussi bien à l’ombre qu’au soleil. Il est très rustique – zone 2 – tout comme la symphorine rouge (S. orbiculatus, fruits rouge corail), mais les variétés hybrides aux fruits les plus uniquement colorés varient quant à leur résistance au froid (zone 4 à 6). Voici trois variétés adaptées à ma région, en zone 4 : ‘Magic Berry’ (fruits rose lilas), ‘Amethyst’ (fruits rose pourpré) et ‘Mother of Pearl’ (fruits rose perle). 1-1,5 m X 1,5 m.

Ampélopsis à feuilles d’aconit

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Ampélopsis à feuilles d’aconit (Ampelopsis aconitifolia). Source: jardinierparesseux.com

Voici une plante très différente, car l’ampélopsis à feuilles d’aconit (Ampelopsis aconitifolia) est une plante grimpante, d’ailleurs une grimpante très vigoureuse, qui peut monter jusqu’au sommet des arbres si vous la laissez faire. Il ressemble par son port à une vigne à raisin, avec les mêmes vrilles qui se fixent sur les branches et les treillis pour lui permettre de monter, et des feuilles assez similaires, en forme de feuille d’érable, mais plus découpées.

L’été, la plante forme surtout une masse verte, car les fleurs vertes sont peu visibles, mais ensuite arrive l’automne et ce sont les petits fruits que vous remarquez, car ils passent par toute une gamme de couleurs : turquoise, violet et pourpre, avant d’atteindre le jaune orangé qu’ils garderont pendant l’hiver. Souvent, il y a deux ou trois couleurs en même temps sur la même tige!

Malheureusement, malgré la beauté spectaculaire de cette plante et malgré son excellente rusticité (zone 4 ou même 3), l’ampélopsis à feuilles d’aconit est difficile à trouver sur le marché.

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L’ampélopsis panaché (A. brevipedunculata ’Elegans’) offre un feuillage panaché… mais pas stable. Source: www.amazon.com.

On nous vend plutôt l’ampélopsis panaché (A. brevipedunculata ’Elegans’), qui offre des fruits aussi jolis et un feuillage panaché de blanc en prime, mais cette coloration n’est pas très fiable. En effet, après quelques années, les feuilles théoriquement vert et blanc sont presque toujours devenues entièrement vertes. Sa rusticité aussi est plus faible : zone 5.

Les ampélopsis poussent dans tout sol bien drainé, au soleil ou à l’ombre… mais la fructification est plus abondante au soleil. 3-12 m X 3-9 m.

Autres arbustes, arbres et grimpantes à jolis fruits hivernaux

Je manque d’espace pour décrire tous les arbustes dont les fruits peuvent égayer nos hivers, mais voici quelques autres suggestions :

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Pyracanthe (Pyracantha coccinea cv). Source: Laitr Keiows, Wikimedia Commons.

  1. Argousier faux-nerprun (Hippophae rhamnoides) zone 2b
  2. Aronie (Aronia spp.) zone 3
  3. Aubépine (Crataegus spp.) zone 3 à 6, selon l’espèce
  4. Bambou céleste (Nandina domestica) zone 6
  5. Bourreau des arbres (Celastrus spp.) zone 3
  6. Buisson ardent (Pyracantha spp.) zone 7
  7. Callicarpe (Callicarpa spp.) zone 6
  8. Clérododendron de Chine (Clerodendrum trichotomum fargesii) zone 7
  9. Cormier (Sorbus spp.) zone 2 à 6, selon l’espèce
  10. Cotonéaster (Cotoneaster spp) zone 3 à 9, selon l’espèce
  11. Fusain (Euonymus spp.) zone 3 à 8, selon l’espèce
  12. Houx à feuillage persistant (Ilex spp.) zone 5 à 9, selon l’espèce
  13. Lierre (Hedera helix et autres) zone 7
  14. Myrique de Pennsylvanie (Myrica pensylvanica) zone 4b
  15. Pyracanthe (Pyracantha spp.) zone 7
  16. Rosier (Rosa spp.) zone 1 à 10, selon l’espèce
  17. Sorbier (Sorbus spp.) zone 2 à 6, selon l’espèce
  18. Vinaigrier (Rhus spp.) zone 3 à 10, selon l’espèce
  19. Viorne obier (Viburnum opulus) zone 3

Que votre hiver soit rempli de jolis fruits!

Les plantes de Noël autour du monde

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Il y a différentes plantes associées à Noël à travers le monde. Source: jardinierparesseux.com

Je pense que je peux dire sans me tromper que la plante de Noël la plus populaire en Amérique du Nord est le poinsettia (Euphorbia pulcherrima): les magasins en regorgent à cette saison! Mais d’autres plantes aussi sont populaires: le cactus de Noël (Schlumbergera spp.), le kalanchoé de Noël (Kalanchoe blossfeldiana), l’amaryllis (Hippeastrum spp.), le piment de Noël (Capsicum annuum), le cerisier de Jérusalem (Solanum pseudocapsicum), la fougère givrée (Selaginella martensii ‘Frosty’), le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla) et, bien sûr, le sapin de Noël (Abies balsamea et autres). Depuis quelques années, le thé des bois, aussi appelé gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens), s’est ajouté à la liste.

Mais les plantes de Noël diffèrent autour du monde. Jetons un coup d’œil sur ce qu’il se passe ailleurs.

Nouvelle-Angleterre

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Polystichum acrostichoides. Source: Krzysztof Ziarnek, Kenraiz

En plus des plantes précitées, j’ajouterais à la liste des plantes de Noël le polystic faux-acrostic (Polystichum acrostichoides), qu’on appelle aux États-Unis «Christmas fern» (fougère de Noël), car ses frondes sont persistantes et peuvent servir dans la fabrication de guirlandes et de couronnes. La même fougère pousse aussi au Québec, mais nous ne semblons pas l’utiliser comme décoration de Noël.

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Ilex verticillata Berry Poppins®. Source: Proven Winners.

Les branches de houx verticillé (Ilex verticillata), à feuilles caduques, donc sans feuilles à Noël mais chargées de baies rouges, sont fort appréciées dans les arrangements de Noël dans cette région. Encore une fois, cette plante pousse également chez nous et les branches sont parfois vendues dans les boutiques des fleuristes, mais elles ne semblent pas spécialement associées au temps des Fêtes au Québec.

En Europe

En général, les plantes présentées dans le premier paragraphe (poinsettias, cactus de Noël, kalanchoé de Noël, etc.)  sont populaires en Europe aussi, bien que le poinsettia, qu’on appelle étoile de Noël en France, ne domine pas le paysage à Noël comme il le fait de l’autre côté de l’Atlantique. Mais il y a d’autres plantes associées avec Noël (et le jour de l’An) qui sont plus propres à l’Europe.

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Ilex aquifolium. Source: AnemoneProjectors, Wikimedia Commons

Par exemple, le houx (Ilex aquifolium), un symbole de Noël très important, est un arbuste ou même un grand arbre aux feuilles persistantes dentées et aux fruits rouges qu’on cultive dans bien des jardins de l’Ancien Monde.

Nous le connaissons au Québec, mais surtout sous la forme de cartes de Noël et de guirlandes de plastique, car les houx à feuillage persistant sont rarement assez rustiques pour notre climat et ceux qui le sont sont de petits arbustes frileux généralement emballés de géotextile à Noël et donc inaccessibles.

En Europe, par contre, les branches de houx sont utilisées abondamment à Noël. On les fixe aux portes et aux fenêtres des maisons. Aujourd’hui, on prétend que c’est en guise d’invitation, mais en fait, cette tradition relève d’une vieille croyance selon laquelle ces branches empêchaient les mauvais esprits d’entrer.

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Bouquet de gui suspendu. Source: mistletoematters.wordpress.com

La tradition d’utiliser du gui (Viscum album) — avec ses petits fruits ronds blancs translucides — comme décoration du jour de l’An est encore très répandue sur le Vieux Continent et date d’ailleurs de l’époque des druides, mais peine à survivre en Amérique. C’est que le gui, une plante parasite qui vit aux dépens de son arbre hôte, ne pousse pas dans le nord-est du continent nord-américain, et qu’on ne peut même plus obtenir des branches de gui fraîches. Il y a quand même des guis nord-américains similaires, notamment dans le genre Phoradendron, qui sont présents dans le sud et l’ouest de l’Amérique du Nord, mais la tradition de s’embrasser sous le gui se perd néanmoins en Amérique alors qu’elle est plus tenace en Europe.

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Couronne d’Hedera helix. Source: bcinvasives.ca

Le lierre européen ou lierre anglais (Hedera hélix) est la guirlande traditionnelle des Fêtes en Europe. On en décore copieusement les maisons à Noël… et pourquoi pas, puisque cette grimpante à feuillage persistant pousse abondamment partout! Cette tradition ne semble jamais s’être établie en Amérique du Nord, sans doute parce que le lierre n’y est pas indigène, mais qu’il y existe surtout comme plante d’intérieur, plus rarement comme grimpante ou couvre-sol en plein air, et est donc de distribution beaucoup plus limitée.

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Rose de Noël (Helleborus niger). Source: 4028mdk09, Wikimedia Commons

La rose de Noël (Helleborus niger), qui n’est pas du tout un rosier (Rosa sp.), mais plutôt une plante vivace, est la plante de Noël dans le sud-est de l’Europe, là où l’Église orthodoxe domine. Leur Noël a lieu au milieu de janvier quand cette vivace est en fleurs: c’est la première fleur de l’année, d’ailleurs. On l’utilise surtout en plate-bande, mais il s’en vend aussi des potées fleuries dans les jardineries. Ailleurs, cette plante fleurit trop tard pour être une plante de Noël: à Pâques ou même en mai au Québec!

En Europe, le «sapin de Noël» est souvent un épicéa (épinette) ou un pin, voire un genévrier ou un autre conifère, selon ce qui est disponible localement.

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Bûche de Noël. Source: maeclair.net

Dans beaucoup de régions d’Europe, la tradition de la bûche de Noël demeure profondément ancrée. Les Québécois seront surpris d’apprendre qu’il s’agit d’une véritable bûche, une grosse, qu’on allume en soirée la veille de Noël et qui brûle pendant tout la nuit et jusqu’au soir de Noël le lendemain. Au Québec — on ne sait pas trop comment —, la bûche est devenue un… gâteau!

Dans les Balkans, on appelle la bûche de Noël «badnjak» (ou «budnik», selon la langue locale) et c’est toujours un chêne (Quercus), symbole de longévité. Ceux qui n’ont pas de foyer où brûler une bûche vont souvent décorer leur appartement avec des brindilles de chêne.

Grèce et Moyen-Orient

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Couronne décorée de grenades (Punica granatum). Source: http://www.clubbotanic.com

La principale plante de Noël dans cette région est la grenade (Punica granatum), qui mûrit justement à cette saison. On en décore portes, foyers, tables, etc., autant avec le vrai fruit rouge qu’avec des grenades artificielles.

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Fragon faux houx (Ruscus aculeatus). Source: Dominicus Johannes Bergsma, Wikimedia Commons

D’autres plantes souvent utilisées dans les décorations sont le fragon faux houx (Ruscus aculeatus) et le buisson ardent (Pyracantha spp.), les deux au feuillage persistant vert et aux baies rouges. D’ailleurs, ces deux plantes sont utilisées de cette façon un peu partout dans le sud de l’Europe.

En Israël, on offre des branches d’olivier (Olea europaea) à Noël aux amis en symbole de paix.

Mexique

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Poinsettias en vente au Mexique dans un marché à Noël. Source: casita-colibri.blog

Le poinsettia (Euphorbia pulcherrima) est originaire du Mexique et est populaire dans ce pays, où on l’appelle «flor de Nochebuena» (fleur de la nuit sainte). On décore aussi avec le fragon faux houx et le buisson ardent, comme dans le sud de l’Europe, ainsi qu’avec des plantes locales qui sont attrayantes à Noël.

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Punch de Noël mexicain avec fruits de manzanita (Crataegus mexicana). Source: www.goya.com

La manzanita, aussi appelée tejocote ou manzanilla (Crataegus mexicana), une aubépine à gros fruits, est autre plante traditionnellement utilisée comme décoration de Noël dans bien des régions d’Amérique centrale. On enfile les fruits orange sur un fil comme guirlande et l’on s’en sert aussi pour produire le punch de Noël.

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Noche de Los Rábanos. Source: AlejandroLinaresGarcia, Wikimedia Commons

L’une des traditions les plus curieuses est cependant la Nuit des radis (Noche de Los Rábanos), fêtée dans la région d’Oaxaca, où l’on sculpte des radis et prépare des montages de radis pour le 23 décembre.

Amérique du Sud

De l’autre côté de l’Équateur, il y a une complication: les plantes fleurissent à la saison opposée à celle de l’hémisphère Nord, donc nos plantes de Noël fleurissent en général… six mois trop tard! Ainsi, le poinsettia est appelé «fleur de Pâques» (flor de pascua) dans bien des pays d’Amérique du Sud, car il fleurit à cette saison alors que notre cactus de Noël (Schlumbergera) est appelé «flor de Maio» (fleur de mai) dans son pays d’origine, le Brésil. En contrepartie, c’est notre cactus de Pâques (Hatiora gaertneri, anc. Rhipsalidopsis gaertneri) qui devient le «cactus de Navidad» (cactus de Noël) en Amérique du Sud. C’est littéralement le monde à l’envers!

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Faux-poivrier (Schinus terebinthifolius). Source:Javier Alejandro, flickr

À la place de «nos» fleurs de Noël, les Sud-Américains ont tendance à utiliser comme plantes des Fêtes des plantes indigènes qui fleurissent ou qui fructifient à la fin de décembre. Des branches de faux-poivrier (Schinus terebinthifolius et S. molle), connu dans le nord pour le poivre rose qu’il produit, sont par exemple utilisés pour décorer les églises et les maisons dans le temps des Fêtes, car elles sont remplies de petites baies rouges à cette saison.

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Orchidée de Noël vénézuélienne (Cattleya percivaliana), QuazDelaCruz,

Au Venezuela, c’est une orchidée qui annonce Noël: Cattleya perciviliana. Ailleurs en Amérique du Sud, c’est plutôt Angraecum sesquipedale, originaire de Madagascar, mais populaire dans plusieurs pays, qu’on appelle «orquídea de navidad» (orchidée de Noël) ou «estrella de Belén» (étoile de Bethléem) pour ses grosses fleurs étoilées blanches qui s’épanouissent à cette saison. Dans certaines régions d’Amérique du Sud, d’autres plantes à fleurs étoilées blanches qui fleurissent à la bonne saison portent le nom «estrella de Bélen», par exemple un bulbe appelé Ornithogalum umbellatum.

Au Paraguay, on décore la maison et les crèches de «flores de coco», soit les longues inflorescences parfumées d’un palmier, le coyol (Acrocomia aculeata), une tradition préchrétienne qui vient du peuple guarani indigène.

Asie

En général, le concept de Noël est relativement récent sur ce continent et c’est surtout une fête commerciale d’inspiration américaine. Il n’y a pas de plantes vraiment traditionnelles associées avec cette célébration, du moins, pas de longue date. La plupart des plantes de Noël sont donc des introductions récentes, généralement les mêmes plantes de Noël qu’on voit en Amérique du Nord (poinsettias, cactus de Noël, etc.). On voit, par exemple, des sapins de Noël dans les centres commerciaux, rarement chez les gens, et habituellement ils sont artificiels.

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Bambou céleste (Nandina domestica). Source: http://www.mailordertrees.co.uk

La population chrétienne au Japon est plus solidement établie que dans la plupart des pays asiatiques et a adopté la tradition du sapin de Noël, habituellement un véritable sapin ou un épicéa (épinette). Le bambou céleste, Nandina domestica, qui n’est pas un bambou du tout, mais un arbuste, décore les jardins à cette saison avec ses fruits écarlates et ses feuilles rouges. Le chrysanthème (Chrysanthemum morifolium), populaire en toute saison au Japon, l’est particulièrement à Noël aussi.

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Pomme imprimée portant un souhait de paix. Source: gbtimes.com

En Chine, on donne souvent une pomme emballée de papier de couleur ou avec une image imprimée sur son épiderme la veille de Noël, car le mot mandarin pour «veille de Noël», soit «nuit de paix» (Ping’an Ye), ressemble au mot pomme (píngguǒ).

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Palmier de Noël (Adonidia merrillii). Source: palmpedia.net

Dans les régions tropicales d’Asie, il y a le palmier de Noël (Adonidia merrillii), mieux connu sous son ancien nom, Veitchia merrillii, qui fait office de symbole de Noël. Avec son tronc trapu et ses frondes relativement courtes, il ressemble à un palmier royal nain… et il se décore de fruits rouges à Noël. Originaire des Philippines et de la Malaisie, ce palmier est maintenant cultivé un peu partout dans les tropiques, pas seulement en Asie.

Enfin, en Inde, le cyprès de Monterey doré (Cupressus macrocarpa ‘Goldcrest’) commence à se populariser comme sapin de Noël, mais autrement, cette fête est peu célébrée dans ce pays.

Afrique

Les traditions des plantes de Noël sont davantage établies dans le sud de l’Afrique que dans le centre et le nord, apportées dans cette région par les Européens qui s’y sont établis (notamment les Néerlandais et les Anglais).

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La « fleur de Noël » en Afrique du Sud est l’hortensia (Hydrangea macrophylla). Source: pxhere

Encore, les saisons étant inversées, leur choix de plantes de Noël est fort différent de celui des Européens et des Nord-Américains. Notamment, l’hortensia (Hydrangea macrophylla), bien connu dans l’hémisphère Nord pour sa floraison estivale, s’y appelle «Christmas flower» (fleur de Noël) et est probablement la plante de Noël la plus populaire! Par contre, on y trouvera quand même aussi des potées de poinsettias, les pépiniéristes locaux ayant réussi à les faire fleurir pour Noël en couvrant les serres de production de toiles noires à partir de 18 h pour assurer les jours courts nécessaires à l’initiation de leur floraison.

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Christmas bells (Sandersonia aurantiaca), une plante à bulbe. Source: http://www.alanjolliffe.com

Différentes plantes indigènes servent aussi de fleurs de Noël, notamment le «Christmas bush» (Pavetta spp.), les «Christmas bells» (Sandersonia aurantiaca) et le «Christmas berry» (Chironia baccifera) et aussi plusieurs plantes australiennes, car le climat des deux régions est similaire (lisez plus loin pour quelques exemples). Les Africains fêtent aussi Noël avec beaucoup de plantes qui sont pour nous des fleurs estivales, comme les marguerites, les roses et les zinnias.

Le sapin de Noël est bien populaire en Afrique du Sud, mais on utilise plutôt à cette fin des conifères adaptés aux conditions locales, comme le cyprès (Cupressus spp., notamment C. macrocarpa), le cryptoméria du Japon (Cryptomeria japonica) et divers pins (Pinus spp.).

Australie

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Sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Source: AlfredSin, flickr

En Australie, le «sapin» de Noël traditionnel est le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Si, dans l’hémisphère Nord, on l’utilise surtout comme plante d’intérieur et qu’il y dépasse rarement 1,5 m de hauteur, dans son Australie natale, il peut éventuellement atteindre jusqu’à 65 m de hauteur, soit l’équivalant de 20 étages! On utilise aussi d’autres conifères venant d’autres parties du monde comme arbres de Noël, notamment différents pins.

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Australian Christmas tree (Nuytsia floribunda). Source: JarrahTree, Wikimedia Commons

Et les Australiens ont leur propre «Australian Christmas tree» (arbre de Noël australien), Nuytsia floribunda, mais il ne s’agit pas d’un conifère, mais plutôt d’un feuillu. D’ailleurs, c’est un arbre parasite (ou plutôt hémiparasite, puisqu’il fait de la photosynthèse) qui soutire la majeure partie de son eau et de ses minéraux des plantes avoisinantes! Il produit des épis mousseux de fleurs jaune orange dans le temps des Fêtes.

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L’un des arbustes de Noël australiens (Ceratopetalum gummiferum). Source: gdaymateowyagoin, flickr

Aussi, chaque État australien semble avoir son propre «Christmas bush» (arbuste de Noël), toujours un arbuste indigène qui produit des masses de fleurs ou de fruits colorés à la bonne saison, dont Correa spp., Chromolaena odorata, Ceratopetalum gummiferum et Prosanthera laisanthos. Et plusieurs bulbes qui fleurissent à Noël sont populaires, notamment divers Blandfordia, qui portent le nom de «Christmas bells». Et l’Australie a aussi sa propre orchidée de Noël: Calanthe triplicata, une espèce indigène.

Nouvelle-Zélande

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Le New Zealand Christmas tree (Meterosideros excelsa). Source: Ed323, Wikimedia Commons

Parlez d’arbre de Noël à un Néozélandais et il pensera non pas à un conifère, mais au Meterosideros excelsa, un arbre feuillu au port arrondi, qui se couvre de fleurs plumeuses rouges à Noël. On l’appelle «New Zealand Christmas Tree» ou «pōhutukawa». Et l’alstroemère perroquet (Alstroemeria psittacina), un bulbe introduit qui produit des fleurs tubulaires rouges à pointe verte, est couramment cultivé sous le nom de «New Zealand Christmas Bells» (cloches de Noël néozélandaises).


Donc, où que vous voyagiez à travers le monde, il y a toujours des fleurs et des plantes associées à Noël. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à m’en faire part à jardinierparesseux@gmail.com.20171224A HC