Les monarques débarquent en Europe!

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Papillon monarque (Danaus plexippus). Source: Kenneth Dwain Harrelson, Wikimedia Commons

Le monarque (Danaus plexippus), célèbre papillon migrateur, est originaire d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et du nord de l’Amérique du Sud. (Ailleurs en Amérique du Sud, il est remplacé par le monarque du Sud [Danaus erippus], une espèce voisine très similaire, mais non migratrice.) Si l’adulte peut se nourrir du nectar d’une vaste gamme de fleurs, les larves de cette espèce sont plus limitées. En effet, elles ne peuvent consommer que les feuilles de l’asclépiade (Asclepias spp.), un genre originellement limité au Nouveau Monde, ainsi que celles de son très prochain parent, le faux cotonnier (Gomphocarpus spp.), originaire d’Afrique du Sud. Toutefois, le monarque n’avait jamais réussi à trouver le chemin entre l’Amérique et l’Afrique du Sud. Donc, depuis des dizaines de milliers d’années, le monarque était strictement limité au Nouveau Monde.

Des idées expansionnistes

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Le faux cotonnier (Gomphocarpus fruticosus) : un des hôtes possibles de la chenille du monarque. Source: Xemenendura, Wikimedia Commons

Ce n’est plus le cas! Les humains de différents endroits dans le monde ont planté différentes espèces de gomphocarpus et d’asclépiade comme plantes ornementales et plusieurs se sont naturalisées. On retrouve notamment l’asclépiade de Curaçao (Asclepias curassavica) et le faux cotonnier (Gomphocarpus fruticosus) bien établis dans la plupart des régions subtropicales du globe, et ce, depuis au moins le début du 19e siècle.

Le monarque du Nord (D. plexippus) en a profité pour étendre son aire. On l’a vu pour la première fois dans les îles hawaïennes dans les années 1840, puis dans les îles du Pacifique Sud dans les années 1850 et 1860. C’est à partir des années 1870 qu’il est apparu en Australie et en Nouvelle-Zélande où il est maintenant solidement établi et même assez commun.

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Distribution du papillon monarque aujourd’hui. Source: monarchlab.org

Son arrivée en Europe et dans le nord de l’Afrique s’est faite à partir des îles de la Macronésie (Madère, Açores et îles Canaries). Il est établi dans les îles Canaries depuis 1880.

Par vent ou par voile?

On ne sait pas comment cette dispersion a eu lieu. Est-ce que le papillon a voyagé incognito sur des bateaux d’un continent à un autre ou d’île en île? Ou les adultes ont-ils été poussés à travers l’océan Pacifique puis à travers l’océan Atlantique par le vent? Y a-t-il volé de ses propres ailes? Comme les adultes peuvent voler sur 2 200 km dans la nature, cette dernière idée n’est pas farfelue.

Maintenant, l’Europe continentale

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Papillon monarque et sa chenille sur une asclépiade de Curaçao (Asclepias curasxavica). Source: www.jungledragon.com

En 1980, le monarque a été trouvé naturalisé dans le sud de l’Espagne (Malaga) et il s’est depuis étendu le long du littoral du Portugal et du sud de l’Espagne, deux régions où l’asclépiade de Curaçao (Asclepias curasxavica) et le faux cotonnier (Gomphocarpus fruticosus) sont abondants dans la nature. On le voit aussi l’été en France et dans les îles britanniques et il a d’ailleurs déjà pondu des œufs sur une asclépiade dans le Jardin botanique Kew Gardens à Londres. Par contre, la rareté en Europe d’asclépiades adaptées aux climats tempérés limite son établissement dans le centre et le nord de ce continent. Pour l’instant, les espèces rustiques ornementales comme l’asclépiade tubéreuse (Asclepias tuberosa) et l’asclépiade des marais (A. incarnata) sont uniquement cultivées de façon très limitées dans les plates-bandes et ne sont jamais naturalisées, ce qui limite les possibilités pour le monarque de s’y établir en permanence.

Reste que les nombreux lecteurs européens de ce blogue peuvent surveiller la présence de cet insecte dans leurs jardins l’été et au début de l’automne. Il est facile à reconnaître à cause de sa coloration orange aux nervures noires, mais aussi en raison de sa taille, car c’est le plus grand papillon d’Europe.

Bon voyage, papillon!

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Il faut plus que des asclépiades pour sauver les monarques!

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Papillon monarque (Danaus plexippus) visitant des fleurs d’aster. Source: LyWashu, Wikimedia Commons

En Amérique du Nord, le déclin du papillon monarque (Danaus plexippus), ce papillon migrateur orange aux nervures noires qui hiverne au Mexique et en Californie pour se rendre jusqu’au Canada l’été, est très médiatisé. Sa population décroît depuis au moins 50 ans et, à compter de 2008, la population a chuté de façon particulièrement draconienne, de 1 milliard de papillons à 93 millions.

Plusieurs autorités attribuent une bonne part de la responsabilité de ce déclin à l’agriculture moderne, car l’utilisation routinière d’herbicides sur une grande échelle crée de vastes superficies où il ne pousse rien d’autre que la culture en question (maïs, soya, etc.). C’est que les monarques ne peuvent vivre dans ces milieux qui n’offrent pas les végétaux dont ils ont besoin pour se nourrir.

De plus, plusieurs années de perturbations climatiques au Texas, État américain par lequel tous les papillons de l’Est de l’Amérique doivent passer, sont venues aggraver la situation. Sans parler de la coupe des forêts au Mexique où les monarques passent plusieurs mois en dormance chaque hiver et de l’utilisation sans discrimination d’insecticides un peu partout le long de leur parcours.

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D’après une étude récente faite par le Jardin botanique de Montréal, 67% des Québécois seraient prêts à faire une place aux papillons dans leur jardin si on leur expliquait comment faire. Source: Jardin botanique de Montréal.

Depuis quelques années, diverses associations qui font la promotion de la sauvegarde du monarque ont mis de l’avant l’idée de demander aux jardiniers amateurs de donner un coup de main à ces papillons en créant une oasis pour monarques sur leur terrain : une plate-bande chez eux où les papillons monarques seraient non seulement tolérés, mais où leur présence serait même encouragée. Si suffisamment de personnes créaient des plates-bandes de fleurs un peu partout sur la route que les papillons parcourent du Mexique jusqu’au sud du Canada, peut-être qu’on pourrait aider la population de monarques à récupérer!

Aussitôt dit, aussitôt fait!

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Chenille de monarque sur une asclépiade tubéreuse (Asclepias tuberosa). Source: Marshal Hedin, Wikimedia Commons

Beaucoup de gens ont compris au moins un des éléments de cette stratégie : qu’il faut planter davantage d’asclépiades (Asclepias spp.). En effet, les larves (chenilles) de monarques ne peuvent se nourrir que d’asclépiades (et des plantes du genre africain apparenté Gomphocarpus) : ce sont leur unique source de nourriture. Elles meurent si on leur offre quoi que ce soit d’autre.

L’idée que la sauvegarde du papillon passe par la culture d’asclépiades est devenue tellement populaire que la vente d’asclépiades est montée en flèche au Canada et aux États-Unis : on dirait que tout le monde en plante… et c’est bien ainsi. Beaucoup d’associations semblent d’ailleurs s’arrêter à l’idée que la plantation d’asclépiades est la solution au problème, mais c’est un peu plus compliqué que cela.

En fait, tout aussi importants que la plantation d’asclépiades pour nourrir les larves sont la plantation et le maintien des plantes nectarifères pour les adultes, et surtout des plantes qui fleurissent à la fin de l’été et à l’automne. Les monarques adultes, en effet, ne sont pas du tout limités aux fleurs d’asclépiade, mais se nourrissent d’une vaste gamme de fleurs nectarifères, indigènes et importées. Il leur en faut pendant toute la belle saison.

Pénurie de fleurs automnales

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Une oasis pour papillons monarques doit contenir une bonne variété de plantes nectarifères, surtout des espèces qui fleurissent en fin de saison. Source: jesusbranch.wordpress.com

Là où le problème se trouve le plus accentué est à la fin de l’été et à l’automne. C’est que, si au printemps la migration des monarques se fait en plusieurs générations, c’est-à-dire que les papillons «arrêtent» en chemin pour pondre et produire de nouveaux papillons qui continueront la route vers le Nord, et donc que les asclépiades sont essentielles pour nourrir les chenilles de la génération montante, le retour du Nord au Sud se fait dans une seule génération. Le même papillon né au milieu de l’été sur une asclépiade au Lac-Saint-Jean au Québec, à l’extrême nord de l’aire du monarque, doit voler par la suite jusqu’au centre du Mexique, soit à une distance de 4800 kilomètres. Tout au long de cette route, il a besoin de fleurs nectarifères.

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Les diverses routes de migration des monarques en Amérique du Nord et centrale. Source: Harald Süpfle, Wikimedia Commons

Pendant son vol vers le Sud, le papillon n’a plus spécifiquement besoin d’asclépiades, car la femelle ne pondra aucun œuf et il n’y aura aucune chenille qui doive se nourrir de feuilles d’asclépiade. D’autre part, ce ne sera qu’au mois de mars ou avril, soit 5 à 7 mois plus tard, quand les papillons monarques se réveilleront de leur dormance hivernale, que la recherche d’asclépiades recommencera.

D’ailleurs, certains scientifiques considèrent que, dans l’effort pour essayer de rétablir la population des monarques, la plantation de plantes nectarifères à floraison tardive est encore plus importante que la plantation d’asclépiades! (Consultez l’étude du Dr Anurag Agrawal de l’Université Cornell: Linking the continental migratory cycle of the monarch butterfly to understand its population decline.)

Créer une oasis pour les monarques chez vous

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Oasis de papillons monarques. Source: charismaticplanet.com

Si vous voulez créer une oasis pour les monarques chez vous, voici quelques considérations :

  1. Elle sera idéalement au plein soleil dans un endroit protégé du vent.
  2. Elle contiendra des asclépiades pour nourrir les chenilles et une bonne variété de fleurs nectarifères pour nourrir les adultes.
  3. Plus la plate-bande sera vaste, plus elle sera fréquentée (avez-vous vraiment besoin de cette mer de gazon qui entoure la plupart des maisons et qui est l’équivalent d’un désert pour les papillons?).
  4. Apprenez à accepter que certaines feuilles soient mâchouillées. (Il faut bien nourrir les chenilles!)
  5. Évitez de traiter votre oasis avec des produits toxiques pour les papillons, comme les insecticides, préférant des traitements doux s’il faut intervenir : jet d’eau, récolte manuelle, etc.

Plantes qui nourrissent les monarques

Pour nourrir les larves de monarque, il est clair qu’il faut absolument des asclépiades.

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Asclépiade tubéreuse (A. tuberosa), à gauche; asclépiade des marais (A. incarnata), à droite. Source: Derek Ramsey, WC & http://www.robsplants.com

L’asclépiade tubéreuse (A. tuberosa), zone 4, à fleurs orange ou jaunes, et l’asclépiade incarnate, aussi appelée asclépiade des marais (A. incarnata), zone 3, aux fleurs roses ou blanches, sont les plus faciles à trouver en pépinière. La première préfère les sols très bien drainés, voire secs, la deuxième, les sols riches et au moins un peu humides.

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Asclépiade commune (A. syriaca). Source:  Stefan.lefnaer, Wikimedia Commons

Dans l’est de l’Amérique du Nord, l’asclépiade commune (A. syriaca), aussi appelée petits cochons, est déjà fort répandue à l’état sauvage, mais peu disponible commercialement. De plus, elle peut être un peu envahissante pour une plate-bande.

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Asclépiade de Curaçao (A. curassavica). Source: Jeevan Jose, Wikimedia Commons

Les jardiniers limités à la culture sur balcon ou terrasse pourraient essayer l’asclépiade de Curaçao (A. curassavica), d’origine tropicale, qui peut se cultiver en pot comme plante annuelle.

Il existe quelque 140 autres espèces d’asclépiades, mais leur distribution commerciale est fort limitée.

Voilà qu’on nourrit les chenilles, mais…!

Fleurs nectarifères

Pour les adultes, il faut une bonne variété des plantes qui produisent du nectar en quantité. Non seulement des asclépiades, mais des fleurs de toutes sortes.

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Les fleurs nectarifères préférées des papillons monarques ont des fleurs regroupées, comme celles de ce sédum ‘Herbstfreude’ (Hylotelephium spectabile ‘Herbstfreude’, syn. Sedum spectabile ‘Herbstfreude’). Source:  Darkone, Wikimedia Commons

Habituellement, les plantes intéressantes pour les papillons produisent des inflorescences aux fleurs regroupées comme les Astéracées, les Apiacées et les Verbénacées. Les papillons laissent habituellement la pollinisation des fleurs individuelles aux abeilles. Les fleurs vivement colorées attirent beaucoup l’attention des monarques, mais ils sont relativement indifférents aux parfums (sauf pour la fragrance de l’asclépiade qu’ils peuvent détecter à bonne distance). Attention aux fleurs doubles : souvent, la multiplicité des pétioles rend le nectar inaccessible aux monarques.

La croyance qu’il faut se limiter aux fleurs indigènes est erronée : des études plus récentes indiquent c’est un mélange de fleurs indigènes et importées qui attire et nourrit le plus de papillons.

Il faut bien finir la saison

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La verge d’or (ici Solidago canadensis, mais il y a beaucoup d’autres espèces) est une source importante de nectar pour les papillons monarques sur une bonne partie de leur route de retour vers le Sud. Il ne faut pas la détruire! Source: Harry Rose, Wikimedia Commons

À la fin de l’été, les monarques doivent boire beaucoup de nectar afin d’accumuler une bonne réserve de lipides, non seulement pour nourrir le long vol à venir, mais aussi pour assurer leur survie pendant les mois où ils seront en dormance, fixés sur les arbres au Mexique. Ainsi, ils fréquenteront encore plus les jardins à cette saison, non seulement en préparant leur envol, mais lors du trajet. C’est pourquoi il est doublement important de leur offrir une abondance de fleurs qui s’épanouissent à la fin de l’été et à l’automne, comme les suivantes :

  1. Agastache à feuilles de scrofulaire (Agastache scrophulariifolia) — zones 4-7
  2. Agérate (Ageratum spp.) — annuelle
  3. Alysse odorante (Lobularia × hybridum) — annuelle ou zones 9-11
  4. Asclépiade (Asclepias spp.) — zones 3-10
  5. Aster (Aster spp., Symphyotrichum spp. et plusieurs autres genres) — zones 2-9
  6. Bois bouton (Cephalanthus occidentalis) — zones 4-10
  7. Boltonie (Boltonia spp.) zones 3-8
  8. Buddléia ou arbre aux papillons (Buddleia spp.) — zones 6-9
  9. Callistemon (Callistemon spp.) — zones 9-11
  10. Caryoptère (Caryopteris spp.) – zones 5-9
  11. Célosie (Celosia spp.) – annuelle ou zones 10-11
  12. Ciboulette ail (Allium tuberosum) — zone 3-8
  13. Coroépsis (Coreopsis spp.) – zones 3-9
  14. Cosmos (Cosmos spp) — annuelle
  15. Dahlia (Dahlia  × hortensis) — annuelle  
  16. Duranta ou vanillier de Cayenne (Duranta spp.) — zones 9-11
  17. Échinacée (Echinacea spp) – zones 3 à 9
  18. Eupatoire (Eupatorium spp., Conoclinium spp. et Eutrochium spp.) — zones 3-9
  19. Gaillarde (Gaillardia spp.) — annuelle ou zones 3-10
  20. Gomphocarpus ou bijoux de famille (Gomphocarpus spp.) — annuelle ou zones 10-11
  21. Gomphréna (Gomphrena spp.) – annuelle
  22. Lantana (Lantana spp.) — annuelle ou zones 9-11
  23. Liatride (Liatris spp.) – zones 3-8
  24. Menthe des montagnes (Pycnanthemum spp.) — zones 4-8
  25. Mikanie scandente (Mikania scandens) – zones 6-9
  26. Monarde fistuleuse (Monarda fistulosa) – zones 3–9
  27. Népéta (Nepeta spp.) – zones 3–9
  28. Pentas (Pentas spp.) — annuelle ou zones 9-11
  29. Phlox des jardins (Phlox paniculata) – zones 3–8
  30. Rose (Rosa spp., variétés à fleurs simples) — zones 3–10
  31. Rudbeckie (Rudbeckia spp.) — zones 3-9
  32. Sauge (Salvia spp.) — annuelle ou zones 5-11
  33. Sauge russe (Perovskia spp.) — zones 4b-9
  34. Sédum (Sedum spp. et Hylotelephium spp.) — zones 3-9
  35. Séneçon orange (Pseudogynoxys chenopodioides, syn. Senecio confusus) — annuelle ou zones 10-11
  36. Silphium (Silphium spp.) — zones 4-8
  37. Soleil du Mexique (Tithonia rotundifolia) — annuelle
  38. Spirée (Spiraea spp.) — zones 3-8
  39. Tagète ou œillet d’Inde (Tagetes spp.) — annuelle
  40. Tournesol (Helianthus annua) — annuelle
  41. Verbésina (Verbesina spp.) – zones 4-8
  42. Verge d’or (Solidago spp.) – zones 3–9
  43. Vernonia (Vernonia spp.) – zones 4-9
  44. Véronicastre (Veronicastrum spp.) – zones 3-9
  45. Verveine bleue (Stachytarpheta jamaicensis) — annuelle ou zones 9-11
  46. Verveine bonne à rien (Verbena bonariensis) — annuelle ou zones 7-9
  47. Verveine du Canada (Glandularia canadensis) — annuelle ou zones 6-9
  48. Verveine hybride (Verbena hybrida) — annuelle ou zones 9-10
  49. Zinnia (Zinnia spp.) — annuelle

Bonne chance avec votre propre oasis de papillons monarques!20180328A LyWashu, WC

 

Les papillons monarques sont de retour!

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Le papillon monarque semble sauvé de l’extinction… pour l’instant!

Félicitations, jardiniers amateurs de papillons! De toute évidence vous faites un bon travail, car le papillon monarque (Danaus plexippus), dont la population a chuté de façon draconienne en 2013, est de nouveau à la hausse… et pas juste un peu. Le nombre a plus que quadruplé!

Rappelons la situation tragique de 2013-2014. Jamais si peu de papillons monarques n’avaient atteint la forêt de sapins du centre du Mexique où ils hivernent normalement. Seuls 0,67 hectares de forêt ont été couverts de monarques cet hiver, pour un total de quelque 33 millions de monarques, le plus petit nombre jamais enregistré. Cette nouvelle avait provoqué la peur que l’ère du monarque migrateur touchait à sa fin.

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Population de monarques qui hivernent au Mexique en hectares.

Mais leur nombre a remonté un peu en 2014-2015 et a fait un saut majeur en avant cet hiver (2015-2016), car environ 4,01 hectares de forêt mexicaine étaient couverts de monarques pour une population estimée à environ 140 millions de papillons. Bien que ce soit encore 30% en dessous de la moyenne de 6 hectares des années 1990, c’est néanmoins une amélioration importante et un retour à la «normale des années 2000».

Qu’est-il arrivé?

On sait maintenant que le crash de 2013 était surtout dû aux mauvaises conditions climatiques. Une sècheresse profonde, d’abord au Mexique, puis dans le Sud-ouest des États-Unis, a dévasté la population d’asclépiades (Asclepias spp.), seule hôte pour les larves de monarque. Par conséquence, la population des papillons a aussi chutée. Il faut se rappeler que les monarques ne montent pas directement du Mexique au Canada d’un seul trait. À la place, les monarques hivernants pondent des œufs au Mexique, puis leurs descendants volent plus vers le nord et pondent des œufs au Texas, etc. Ainsi, de génération en génération, mais dans une seule année calendaire, ils traversent les États-Unis. Seule la dernière génération se rend jusqu’au Canada, à l’extrême nord de leur aire. Mais comme les premières générations avaient peu à manger en 2014, très peu ont réussi à gagné le nord cette année. Je n’en ai vu aucun dans mon jardin alors que, habituellement, ils viennent toujours pondre sur mon terrain.

Ceux qui ont réussi a traverser la zone de sècheresse n’avaient pas la vie facile, non plus. Grâce à l’utilisation massive d’herbicides et à la tendance accrue de l’agriculture moderne d’utiliser le moindre centimètre carré de terre arable, les plantes indigènes sont de plus en plus chassées des zones agricoles. Et parmi les plantes éliminées par cette agriculture à perte de vue se trouvent les asclépiades. Donc, même quand les monarques parviennent à atteindre le centre des États-Unis, ils peuvent avoir de la difficulté à se reproduire, faute de plantes hôtes (c’est-à-dire d’asclépiades). Les naturalistes ont alors sonné l’alarme: si le nombre d’asclépiades continue de baisser en Amérique du Nord, la survie du monarque comme papillon migratoire est sérieusement menacée.

Au printemps/été dernier (2015), le temps était parfait pour les asclépiades. Partout sur la route des monarques (du moins, où il restait encore des asclépiades), la température était convenable et les pluies ont été suffisantes pour promouvoir une belle croissance. Ainsi, elles étaient particulièrement vigoureuses, exactement ce qu’il fallait pour nourrir des chenilles de monarque. Alors, lors de la migration vers le nord, chaque génération était plus importante que la précédente, menant à une abondance quand même raisonnable dans leur aire nordique. Et au retour au Mexique l’automne dernier (retour qui se fait en une seule génération), encore les conditions météorologiques étaient très favorables et un maximum des papillons a pu terminer le voyage.

La contribution des jardiniers

Un facteur qui a pu aider à «sauver» les monarques l’an dernier: la nouvelle que les monarques ont besoin d’asclépiades comme source alimentaire est devenue de plus en plus connue du grand public, grâce à des programmes comme Monarch Watch et Créez votre oasis pour les monarques, qui ont promu l’idée que chaque famille pouvait aider à sauver le monarque en plantant quelques asclépiades chez elle. Ainsi, des jardiniers à travers l’Amérique du Nord ont commencé à planter des asclépiades sur leur terrain, donnant aux monarques une source de nourriture plus fiable. À défaut d’asclépiades dans les champs des agriculteurs, on en trouve en plus en plus dans les platebandes des jardiniers.

Et les gouvernements embarquent aussi. Les États-Unis ont mis de côté plus de 100 000 hectares de champs où les asclépias peuvent se naturaliser et où plus aucun pesticide ne sera utilisé et ce, spécifiquement pour de sauver les monarques, à un coût de plus de 20 millions de dollars.

Objectif: 250 millions de monarques

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J’ai pu voir des branches de sapin ployer sous le poids des monarques à Angangueo, Mexique lors d’un voyage horticole. Quel effet extraordinaire!

La population du monarque a toujours été instable. Elle augmente et diminue selon toutes sortes de facteurs. Cependant, alors que nous nous félicitons de voir environ 140 millions de monarques cette année, ce chiffre aurait paru bien décevant il y a 20 ans, quand 250 millions de monarques étaient considérés comme la moyenne. De nombreuses associations du Mexique au Canada ont choisi ce chiffre comme objectif pour 2020: elles veulent voir de nouveau une population moyenne de 250 millions de monarques hivernants.

Il reste encore beaucoup à faire… et tout n’est pas à la portée des jardiniers amateurs. L’exploitation forestière illégale dans les aires d’hivernage du monarque au Mexique reste une menace pour laquelle nous pouvons peu faire, par exemple. Mais tout le monde peut au moins planter des asclépiades.

Quelques asclépiades à cultiver

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Asclépiade tubéreuse (Asclepias tuberosa)

L’asclépiade tubéreuse (A. tuberosa) est l’asclépiade la plus courante de pépinière. C’est une très belle plante aux fleurs orange ou jaune vif. Elle aime le plein soleil et un sol bien drainé ou même sec, poussant bien jusqu’en zone 4. C’est le meilleur choix pour le jardin xérophile.

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Asclépiade incarnate (Asclepias incarnata)

L’asclépiade incarnate ou asclépiade des marais (A. incarnata), aux fleurs roses ou blanches, est plus rustique (zone 3) et, malgré son surnom «asclépiade des marais», n’a pas besoin d’un sol détrempé pour bien pousser. Elle convient davantage aux sols riches et relativement humides des platebandes classiques.

Notez qu’aucune de ces deux plantes n’est envahissante. Elles poussent tout deux en touffe dense et restent là où vous les avez plantées. Elles sont chacune, à leur manière, des plantes idéales pour les jardiniers paresseux.

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Asclépiade commune (Asclepias syriaca)

L’asclépiade commune (A. syriaca), aussi appelée petits cochons, était autrefois fort répandue dans les prés et le long des routes au Canada où elle fut longtemps l’hôte principale du monarque, mais elle disparaît de plus en plus suite aux traitements herbicides. Sans être une bonne plante de platebande (elle est trop envahissante pour cela et puis, elle dépérit de façon peu esthétique avant la fin de l’été), on pourrait au moins apprendre à tolérer sa présence dans les secteurs en friche plutôt que de vouloir l’éliminer à tout coût. Ou encore, pourquoi ne pas en planter sur les terrains vagues des villes pour attirer les monarques dans les centres urbains?

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Asclépiade de Curaçao (Asclepias curassavica)

Vous ne disposez pas d’un jardin? Eh bien, peut-être avez-vous un balcon. Si oui, vous pourriez cultiver l’asclépiade de Curaçao (A. curassavica). Cette plante, qui se cultive comme une annuelle dans le Nord, est en fait une vivace en Amérique centrale et est la principale source de nourriture du monarque dans son pays d’origine, le Mexique. Elle a des fleurs de couleur orange vif à cœur jaune. Elle est facile à cultiver en pot à partir de semences, fleurissant dès la première année. Si vous ne pouvez pas trouver des plants d’asclépiade de Curaçao localement, on offre les semences chez William Dam Seeds (sous le nom Silky Formula Mix) et chez Richters Herbs (sous le nom Bloodflower).

Feuilles trouées? Féliciations!

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Chenille de monarque

Si vous trouvez des feuilles mâchouillées sur les asclépiades de votre jardin, vous saurez que vous aurez réussi. Recherchez alors une chenille bizarrement bariolée: c’est un futur papillon monarque. Féliciations! Vous avez fait votre part pour sauver cette fascinante créature!

Mais la bataille n’est pas encore gagnée. Encouragez aussi votre famille et vos amis à planter des asclépiades cet été, car qu’est quand chacun fait sa part que nous pourrons réellement dire que nous avons aidé à sauver le papillon monarque.