Plantes d’intérieur: augmentez l’humidité l’hiver

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Les plantes ont besoin d’un surplus d’humidité l’hiver. Source: classroomclipart.com & verywell.com

Si le problème n1 avec les plantes d’intérieur pendant l’hiver est de leur donner assez de lumière, le problème n2 est de leur offrir une humidité atmosphérique suffisante. En effet, l’air de nos maisons devient incroyablement sec durant la «saison morte» à cause du système de chauffage qui soustrait l’humidité de l’air. Plus il fait froid, plus il faut chauffer… et plus l’air est sec.

Comment savoir si vos plantes manquent d’humidité?

L’air sec affecte d’abord les plantes à feuillage mince. Les plantes à feuillage épais, charnu ou ciré sont relativement résistantes à l’air sec, tout comme les plantes à feuillage très poilu. Elles souffrent, mais pas aussi visiblement. Les plantes succulentes — crassulas, sédums, cactées, etc. — sont dans cette catégorie, tout comme plusieurs peperomias et le caoutchouc (Ficus elastica).

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Les plantes à feuillage mince, comme cet hibiscus, sont celles qui réagissent le plus sévèrement à l’air sec. Source: www.hausgarten.net

Les plantes à feuillage mince — brugmansias, abutilons, lis de la paix, palmiers, fougères, etc. — souffrent davantage de l’air sec. Souvent, les feuilles s’enroulent un peu vers le bas, leur pointe brunit ou noircit, elles pendent mollement même après un arrosage ou encore, elles jaunissent et tombent tout simplement. Aussi, la plante est souvent envahie d’araignées rouges (ou tétranyque à deux points, Tetranychus urticae) quand l’air est sec et il faut les contrôler.

Logiquement, les plantes d’intérieur devraient avoir besoin de moins d’arrosages l’hiver, puisque la plupart poussent au ralenti ou sont même plus ou moins en dormance. S’il faut les arroser autant que l’été ou même davantage, c’est qu’elles perdent beaucoup d’eau par la transpiration.

Souvent aussi les fleurs s’assèchent ou avortent quand l’air est sec, ou encore, durent moins longtemps qu’elles ne le devraient, même si la plante elle-même est relativement résistante à l’air sec. Les feuilles épaisses et poilues de la violette africaine, par exemple, résistent assez bien à l’air sec, mais les fleurs écopent.

Pas bon pour les humains non plus!

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L’air sec n’est pas bon pour les humains non plus. Source: moziru.com

Les êtres humains souffrent aussi de l’air sec: assèchement des muqueuses, peau sèche et irritée, picotements, électricité statique, rhumes plus fréquents, etc. Il serait dans l’intérêt des habitants mammaliens et verts de la maison de faire quelque chose. Visez une humidité relative de 50%: c’est excellent pour les humains (et nos petits animaux) et «acceptable» pour la plupart des plantes (bien que plusieurs aimeraient 70% et plus).

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Thermomètre-hygromètre. Source: www.castorama.fr

Un hygromètre peut être très utile pour déterminer le taux d’humidité ambiant. On trouve des modèles numériques à prix modeste dans presque toutes les quincailleries. Souvent, ils donnent la température aussi: d’une pierre, deux coups!

Comment augmenter l’humidité

L’humidité ambiante est presque toujours insuffisante dans nos maisons pendant l’hiver à moins de faire quelque chose. Quoi faire alors pour l’augmenter?

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Un humidificateur fera beaucoup pour améliorer la situation. Source: amazon.com

La solution la plus évidente est de faire fonctionner un humidificateur. Un humidificateur central peut agir sur toute la maison. Sinon, un humidificateur amovible peut humidifier une pièce.

Pour les plantes qui aiment avoir une humidité plus élevée que les humains (une humidité relative de plus de 50%), soit en général les plantes à feuilles minces, on peut les cultiver au-dessus d’un plateau humidifiant. Ou grouper plusieurs plantes ensemble pour créer un micro-climat plus humide: comme chaque plant dégage de l’humidité, plus on a de végétaux, plus l’air sera humide.

Baisser la température la nuit augmentera temporairement l’humidité ambiante et est aussi très efficace. Ou cultivez vos plantes dans une pièce naturellement plus humide que la normale, comme une salle de lavage ou une salle de bain (en présumant qu’il y a une bonne source de lumière!).

Effet de serre

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Cultivez les plantes les plus exigeantes en humidité à l’étouffée pendant l’hiver et elles resteront en parfait état. Source: jardinierparesseux.com

Pour assurer une forte humidité (70% et plus) en tout temps, cultivez les plantes très fragiles dans un terrarium… ou placez-les dans un grand sac transparent pendant l’hiver (culture à l’étouffée). Elles vont rester dans un état superbe: l’humidité dans un terrarium ou un sac fermé est aussi forte que dans une jungle et les plantes adorent ça!

Vaporiser le feuillage est une perte de temps

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Il n’y a pas d’avantage à vaporiser les feuilles pour augmenter l’humidité: c’est une pure perte de temps. Source: Clipart Library et jardinierparesseux.com

Par contre, vaporiser les plantes manuellement avec de l’eau, pourtant fréquemment recommandé, est une perte totale de temps: l’effet ne dure que quelques minutes. C’est insuffisant pour aider vos plantes le moindrement.


Voilà donc quelques trucs pour rendre vos plantes heureuses pendant la saison du chauffage: mettez-les en pratique et vous aurez bientôt une véritable jungle de verdure chez vous!20171214B

Automne: pas la meilleure saison pour la multiplication

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Les semis et boutures faits à l’automne reprennent difficilement. Source: AKuptsova, pixabay

Il y a un temps pour tout… et l’automne n’est pas la meilleure saison pour la multiplication des plantes. Que ce soit pour les semis ou les boutures, la reprise est lente quand les jours sont courts, car ils reçoivent des indications contradictoires. Quand vous mettez des graines ou des boutures en contact avec du terreau et que vous arrosez, vous leur envoyez le signal «poussez!» Mais entre la mi-octobre et la fin de février, sous l’influence des jours courts, dame Nature leur envoie plutôt le signal contraire. «Prenez un temps d’arrêt», dit-elle.

Il en résulte des semis qui ne lèvent pas ou seulement très faiblement et qui ne grandissent que très lentement, si même ils grandissent. Souvent, ils s’étiolent. Les boutures poireautent, hésitant à s’enraciner. Dans les deux cas, c’est souvent la pourriture qui s’installe.

Un printemps artificiel

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Créez un printemps artificiel en éclairant vos semis et boutures. Illustration tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Si vous voulez défier dame Nature avec une multiplication hors-saison, utilisez plutôt un éclairage artificiel. Placez vos pots de semis ou de boutures à 15 à 30 cm d’une lampe fluorescente ou DEL et réglez la minuterie à 12 à 16 heures. Il serait sage aussi de les cultiver à l’étouffée (sous un dôme ou dans un sac de plastique transparent), car l’air de nos maisons est sec l’hiver et une culture sous plastique créera un «effet de serre» bénéfique. Avec des jours longs et une bonne humidité, vous convaincrez vos semis et boutures que c’est le printemps, et donc la bonne saison pour pousser, et leur croissance sera alors rapide et robuste.

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Une culture à l’étouffée est très utile quand l’air est sec. Illustration tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Une fois leur croissance bien engagée, enlevez peu à peu la couverture transparente, augmentant plutôt l’humidité au moyen d’un humidificateur ou d’un plateau humidifiant, mais gardez les jeunes plants sous éclairage artificiel tout l’hiver si possible, jusqu’au début de mars au moins, pour que leur croissance se maintienne.

Oui, parfois on peut berner dame Nature et gagner de l’avance sur l’été à venir!20171126A AKuptsova, pixabay