Peut-on composter les feuilles malades ?

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Je mets même les feuilles sévèrement atteintes de tache goudronneuse au compost. Photo: Cephas, Wikimedia Commons

Le compostage des feuilles d’automne portant des symptômes de maladie (tache goudronneuse, blanc, mildiou, tache noire du rosier, etc.) : voilà un sujet très controversé, même parmi les experts en jardinage.

Certains recommandent de ne pas composter les feuilles malades, insistant sur le fait que les maladies peuvent survivre au compostage et alors revenir infester vos plantes l’année suivante, qu’il faut brûler ces feuilles ou encore les faire composter par la municipalité (les composteurs municipaux, à grande échelle, chauffent davantage que les petits composteurs maison, atteignant des températures de 70 °C ou plus, assez pour tuer les spores présentes dans les feuilles).

D’autres disent que la décomposition à basse température est plus lente, mais qu’au moment où il est enfin prêt, il n’y a plus de risque, que les spores ont été détruites. Ainsi, oui, qu’on peut mettre les feuilles d’automne et d’ailleurs toute plante malade au compost.

D’ailleurs, les spores des maladies foliaires sont déjà si largement disséminées dans la nature que ce que vous faites avec vos feuilles d’automne ne fait essentiellement aucune différence. Si les conditions sont bonnes pour que la maladie se développe, elle le fera, peu importe le compost ou le paillis que vous utilisez.

Qui croire ?

Ce que je fais

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Non, je ne trie pas mes feuilles d’automne. Je les déchiquette avec la tondeuse et les utilise comme paillis ou matière à composter. Photo: Flash Alexander, PublicDomainPictures.net

Personnellement, je mets au compost tout déchet végétal qui est logiquement compostable*. Il n’y a aucune exception. Malade ou saine, hop, au compost ! Même les plantes à rhizomes envahissants et les mauvaises herbes portant des graines. Si je vois un rhizome vivant ou des graines qui germent, c’est que le compost n’est pas prêt. Je le retourne alors et j’attends que dame Nature finisse son travail de décomposition. Elle est parfois lente, mais elle est drôlement efficace.

*Je ne mets pas de gros morceaux de bois ni des rafles de maïs au compost : ils prennent trop d’années à décomposer sous mes conditions.

J’ai toujours fait ça, mon père aussi (il y avait toujours un tas de compost chez nous) et qui sait combien de générations auparavant ? Et depuis le monde est monde, les feuilles mortes, malades ou saines, décomposent et enrichissent le sol et, du moins jusqu’à ici, cela n’a pas anéanti la vie végétale de la planète.

Je souligne que je n’ai pas pour autant plus de problèmes de maladie dans mes plantes qu’autrui. Très honnêtement, je pense même que j’en ai moins, bien que ce ne soit pas nécessairement relié à mon compost !

Pour moi, le sujet est clos : la place des feuilles maladies est au compost, point à la ligne. Les jeter, c’est du gaspillage.

Émission de radio

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On peut mettre tout déchet végétal au compost, même des feuilles malades. Photo: SuSanA Secretariat, Wikimedia Commons

Par pure coïncidence, pendant que je roulais en auto aux États-Unis il y a quelques années, j’ai entendu une émission radiophonique sur le jardinage où il y avait plusieurs invités de marque, dont Lee Reich, le grand manitou américain du jardinage biologique, et l’éditeur-en-chef de la revue Organic Gardening, Mike McGrath (je ne me souviens pas du nom des autres invités) et ils s’entendaient parfaitement sur le sujet. Tout déchet végétal va au compost, tout simplement ! Reich m’a bien fait rire en disant que même ses vieux jeans allaient au compost, mais qu’il fallait environ deux ans pour les faire décomposer.

Et vous ?

Que ferez-vous ? Triez les feuilles d’automne en deux tas : les malades que vous ne composterez pas et les saines que vous composterez ? C’est votre décision, mais la méthode « tout au compost » demande beaucoup moins d’effort !20171008A Cephas, WC

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