Plantes aux feuilles collantes? Le problème est au-dessus!

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Avez-vous remarqué une substance collante et luisante sur les feuilles de certaines de vos plantes d’intérieur? Si oui, regardez au-dessus, sur la même plante ou sur sa voisine, car il s’agit sans doute de miellat, une substance dégagée par divers insectes suceurs, notamment les pucerons et les cochenilles (cochenilles farineuses [blanches] ou cochenilles à carapace [brunes ou transparentes]). Comme l’insecte ingère d’énormes quantités de sève riche en sucres, plus qu’il ne peut en digérer, il doit nécessairement rejeter les surplus de ce liquide et des gouttelettes de miellat tombent alors au sol ou sur les feuilles en dessous. 

Pucerons. Photo: auxincc.wordpress.com

Ce problème peut faire surface n’importe quand au cours de l’année, mais est surtout courant à la fin de l’hiver et au printemps, car plusieurs insectes en diapause (dormance) l’hiver se réveillent et commencent à se reproduire — massivement! — avec le retour des journées plus longues. Et alors, il n’y a pas que quelques gouttes de miellat, mais des rivières!

Les insectes responsables de ces dégâts se trouvent sur les tiges et les feuilles au-dessus, souvent bien cachés, mais maintenant que vous savez où chercher, vous les trouverez facilement.

Que faire?

Que faire avec cette infestation? La chose la plus logique est de jeter la plante… et de surveiller étroitement ses voisines pour des signes éventuels d’infestation. 

Vous pouvez aussi traiter, mais… 

En théorie, on peut éliminer les pucerons et les cochenilles avec un bon lavage à l’eau savonneuse mais, 9 fois sur 10, ils reviennent. Ill.: Claire Tourigny, tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux.

Les pucerons, de petits insectes dodus souvent verts sont «relativement» faciles à garder sous contrôle. Si vous lavez la plante à l’évier avec une eau savonneuse et une éponge, un linge ou une brosse douce, atteignant alors toutes les parties, et que vous la rincez par la suite avec un fort jet d’eau, vous arriverez à éliminer la plupart d’entre eux, mais s’il reste un seul puceron, l’infestation recommencera.

Notez qu’il faut utiliser du savon (savon insecticide, savon noir, savon Ivory, etc.) pour traiter les insectes, pas un «savon à vaisselle» qui est en fait un détersif, car les détersifs ne sont pas efficaces contre les insectes et peuvent endommager les plantes.

Cochenilles à carapace ou kermès (à gauche) et cochenilles farineuses (à droite). Photo: Gilles San Martin, Flickr & www.growweedeasy.com

Quant aux plantes infestées par des cochenilles, vous pouvez leur donner le même traitement, soit un lavage attentif avec de l’eau savonneuse suivi d’un rinçage au jet fort, mais le traitement est rarement efficace. Habituellement, elles reviennent, souvent des mois plus tard, à partir d’une cachette quelconque. Et, entre-temps, les cochenilles se seront peut-être étendues à vos autres plantes.

Même la solution radicale de couper la plante au niveau du sol et de la laisser repousser est rarement efficace. J’ai coupé une plante au niveau du sol une fois, en nettoyant d’ailleurs bien le moignon, pour voir la plante repousser… et les cochenilles aussi. Même, trois rabattages n’ont pas suffi et la plante a quand même dû prendre le chemin de la poubelle. 

Examinez donc vos plantes d’intérieur occasionnellement et, si vous découvrez des feuilles luisantes et collantes, vous saurez quoi faire! 

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Au secours! Mon orchidée perd ses feuilles!

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Il est normal qu’une orchidée, ici un phalaenopsis, perde ses vieilles feuilles.

Question: Les feuilles de mon orchidée deviennent jaunes et tombent. Est-elle en train de mourir?
Ludivine

Réponse: Pas nécessairement. Il est normal pour une orchidée de perdre ses vieilles feuilles, notamment après la transition entre la serre commerciale (air très humide) et la maison (air très sec). Aussi, quand une ou plusieurs nouvelles feuilles apparaissent au printemps, la plante perd souvent un nombre correspondant de vieilles feuilles.

Aussi, il faut prendre en considération le type d’orchidée. Les orchidées sympodiales (cattleyas, miltonias, oncidiums, etc.) produisent des pseudobulbes qui ne fleurissent qu’une seule fois, mais qui restent plusieurs années sur la plante. Après leur floraison, ils perdent peu à peu leurs feuilles. Aussi, certains dendrobiums sont caducs et perdent toutes leurs feuilles ou presque pendant l’hiver. Cependant la plupart des autres orchidées conservent au moins leurs feuilles supérieures en tout temps.

Phalaenopsis

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Phalaenopsis ou orchidées papillon

Je vais cependant présumer que votre orchidée est un phalaenopsis (Phalaenopsis), aussi appelé orchidée papillon, car c’est de loin l’orchidée la plus vendue dans le commerce. Si oui, voici quelques commentaires qui peuvent expliquer le jaunissement des feuilles.

  1. Un manque de lumière sur une longue période de temps peut faire jaunir les feuilles inférieures. Placez alors la plante plus près de la fenêtre.

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    Coup de soleil

  2. Trop de soleil (un problème très peu probable pendant les mois d’hiver!) peut faire jaunir les feuilles, mais cette fois-ci les feuilles supérieures ou celles orientées vers la fenêtre, pas les feuilles inférieures. Il s’agit alors d’éloigner la plante de la fenêtre d’environ un mètre ou de tirer un voilage entre l’orchidée et le soleil pendant l’après-midi. C’est un problème très rare chez les phalaenopsis cultivés à l’intérieur dans les régions septentrionales, où un manque de lumière est plus courant qu’un surplus, mais peut se manifester sur les plantes qui passent leur été en plein air.
  3. Le phalaenopsis est une orchidée tropicale et n’apprécie pas trop de fraîcheur. Si la température descend régulièrement sous 15˚C la nuit, cela peut causer le jaunissement.

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    Plateau humidifiant

  4. L’air trop sec, très courant dans nos demeures pendant les mois d’hiver, peut être un facteur aussi. Mieux vaut cultiver votre orchidée sur un plateau humidifiant.

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    Cochenilles à carapace

  5. Une infestation d’insectes, notamment de cochenilles farineuses ou à carapace (kermès), peut causer un affaiblissement général accompagné du jaunissement des feuilles inférieures. Si vous voyez des petits boucliers bruns sur les feuilles ou la tige florale, il s’agit de cochenilles à carapace alors que de la «mousse» blanche, notamment à l’aisselle des feuilles, indique les cochenilles farineuses. Les deux dégagent du miellat, un liquide collant transparent qui tombent sur les feuilles inférieures ou sur les meubles proches. On peut traiter les deux insectes avec du savon insecticide ou de l’alcool isopropylique (alcool à friction). Et mettez votre plante infestée en isolation, loin de toute autre plante.

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    Phalaenopsis en détresse, souffrant soit d’un manque d’eau ou de pourriture des racines suite à trop d’eau. Il faudrait le nettoyer et le rempoter dans un substrat frais.

  6. Un manque chronique d’eau peut résulter en un feuillage mou qui pend vers le bas et, éventuellement, au jaunissement des feuilles inférieures. Apprenez à bien arroser votre orchidée, laissant l’eau s’écouler peu à peu sur le substrat jusqu’à le surplus d’eau en sorte. Attention: quand la soucoupe est trop petite, vous aurez tendance à arroser insuffisamment pour ne pas qu’elle déborde. L’utilisation d’une soucoupe de diamètre au moins 2,5 cm plus large que le pot est donc souvent la solution d’un arrosage bien réussi! Si vous avez encore de la difficulté à bien arroser, essayez la technique suivante: après l’arrosage, laissez le pot tremper 10 à 15 minutes dans un contenant d’eau tiède pour être certain que les racines ont bien bu, puis videz le surplus.
  7. La pourriture des racines, causée par des arrosages trop abondants, l’arrosage au moyen de glaçons ou un substrat (terreau) très vieux et dégradé est malheureusement la cause principale du jaunissement des feuilles de phalaenopsis. Si oui, en plus des feuilles jaunies, vous devriez remarquer des racines brunes, asséchées ou pourries plutôt que des épaisses racines grisâtres à pointe verte d’un phalaenopsis en santé. Si oui et si la plante a encore plusieurs racines saines, dépotez-la, coupez les racines pourries et rempotez dans un substrat d’orchidées frais. Parfois on réussit à la sauver… mais la pourriture cause la mort de plus de phalaenopsis que tout autre cause.

Essayez de corriger le problème que vous pensez est le plus probable et, avec un peu de chance, votre orchidée reprendra le droit chemin et se mettra à bien pousser et à fleurir.20170208f

Histoire d’horreur : 30 ans de cochenilles!

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Mëme des plantes apparemment saines peuvent cacher des voyageurs indésirables.

D’où viennent les insectes indésirables qu’on trouve sur nos plantes d’intérieur? Certains peuvent rentrer de l’extérieur d’elles-mêmes (les araignées rouges sont tellement petites qu’elle peuvent passer à travers un moustiquaire) ou en se fixant sur nos vêtements quand on travaille dans le jardin (aleurodes, thrips, pucerons, etc.). Et une porte laissée ouverte quelques secondes suffit pour introduire les insectes volants. Mais beaucoup arrivent cachées sur une plante déjà infestée qu’on apporte dans la maison sans prendre les précautions nécessaires.

Une triste d’histoire

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Un simple dieffenbachia était à l’origine d’une infestation qui a durée 30 ans!

Dans mon cas, un simple dieffenbachia «sauvé» des vidanges (longue histoire) a été l’origine d’une infestation qui a duré 30 ans!

J’ai fait la gaffe de ne pas mettre la nouvelle plante en quarantaine (quelle erreur!) quand je l’ai rapportée à la maison. Évidemment, avant que je ne découvre qu’elle était infestée (les cochenilles peuvent être bien surnoises!), d’autres plantes l’étaient aussi. Ainsi, pendant toutes ces années, j’ai traité encore et encore, avec divers produits (savons, huiles, alcool à friction, etc.), chaque fois apparemment avec un certain succès, pour découvrir un peu plus tard que l’infestation reprenait, généralement d’ailleurs sur la même plante, sinon ailleurs.

Il y a 5 ans, j’ai décidé que c’en était assez. J’ai jeté toutes les plantes infestées, même des plantes que je savais que je ne serais jamais capable de remplacer. Ça n’a pas suffit: j’en ai bientôt trouvé sur d’autres plantes. Je les ai jetées aussi. Puis encore d’autres. Pendant 2 ans, j’ai encore trouvé, mais de moins en moins souvent, des plantes infestées à jeter. Ainsi ma collection de plantes d’intérieur a baissé de moitié: presque 300 plantes ont pris le chemin de la poubelle. Mais maintenant, le problème semble enfin résolu. Plus de cochenilles farineuses depuis 3 ans. Zéro. Pas une!

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La cochenille farineuse ne vole pas: elle arrive à votre maison sur une plante ou bouture infestée.

Notez que les femelles des cochenilles farineuses (et aussi celles des cochenilles à bouclier, leurs cousines tout aussi désagréables) ne volent pas et que les espèces qui infestent nos plantes d’intérieur n’existent pas à l’extérieur, du moins, pas sous les climats froids. Elles vivent uniquement sur d’autres plantes d’intérieur. La seule façon pour les cochenilles d’entrer dans votre maison est sur une plante ou une bouture infestée.

La quarantaine, j’y tiens

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Placez toute nouvelle plante en isolation.

Ainsi, pour prévenir les cochenilles, il faut toujours isoler (mettre en quarantaine) toute nouvelle plante ou bouture achetée, reçue en cadeau, échangée, etc. pendant au moins 40 jours (je la scelle dans un sac transparent, mais vous pouvez la placer dans une autre pièce). Et si vous voyez des cochenilles pendant cette période, la meilleure chose à faire est de la jeter.

Si vous insistez pour conserver la plante infestée, gardez-la en isolation et traitez-la encore et encore jusqu’à ce que vous ne voyez plus d’insectes. Personnellement, je exigerais à une plante auparavant infestée de cochenilles de montrer patte blanche pendant un an avant d’oser la mettre avec mes autres plantes d’intérieur. Mais je vois mal quelle plante vaudrait un tel effort de sauvegarde. Il m’a fallu 30 ans pour comprendre que la meilleure solution pour certains problèmes est faire de table rase, une leçon durement mais solidement apprise.

Je suis revenu avant-hier d’une superbe journée d’échanges avec le groupe Facebook La Passion des Plantes d’intérieur. La compagnie était agréable, le lieu de rencontre (Pépinière DS de Sainte-Julienne) était rempli de belles plantes, il y avait de superbes échanges de plantes… mais aucun végétal sera placé avec mes autres plantes sans avoir fait preuve de son innocuité.

J’ai appris à mes dépens qu’on ne badine pas avec les cochenilles. J’espère que ma triste histoire vous épargnera vous aussi bien des ennuis.