Mythe horticole : le nombre de points sur une coccinelle indique son âge

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Toutes ces coccinelles sont des coccinelles asiatiques (Harmonia axyridis). Le nombre de points varie… mais n’est nullement relié à l’âge de l’insecte. Source: Hedwig Storch, Wikimedia Commons

Décidément, les mythes horticoles sont fréquents et persistants. Un que j’ai entendu dans mon enfance et qui court encore est que le nombre de points sur le dos (en fait, sur les élytres, soit l’étui qui protège les ailes) d’une coccinelle indique son âge. Évidemment, il n’en est rien.

La plupart des coccinelles vivent environ un an, rarement deux ou trois. Jamais 22 ans (le nombre maximal de points qu’on trouve sur leurs élytres).

Par contre, le nombre de points peut aider à identifier l’espèce, car la plupart ont un nombre spécifique de points. Par exemple, Coccinella septempuctata porte sept points alors que Coccinella novemnotata en a neuf. Par contre, dans la vaste famille des coccinelles, avec quelque 5 000 espèces, il existe des espèces qui n’ont pas de point du tout ou qui sont striées et d’autres chez qui le nombre de points est variable, dont la bien connue coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) qui peut avoir de 0 à 22 points.

La plupart des coccinelles ont des élytres rouges, orange ou jaunes ou encore, noirs avec des points rouges, orange ou jaunes. Ces couleurs servent d’avertissement aux prédateurs, car les coccinelles ont mauvais goût et sont un peu toxiques.

Mais les points, peu importe leur couleur, n’indiquent jamais l’âge de la coccinelle.

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Une invasion de coccinelles

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La coccinelle asiatique est de coloration extrêmement variable et peut être rouge, orange, jaune ou noire et porter plusieurs points ou aucun. Source: Gilles San Martin, Flickr

La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis), originaire de Chine, a été importée dans plusieurs pays comme insecte bénéfique, l’idée étant de la libérer en bonne quantité là où il y a des pucerons, sa proie préférée, pour un contrôle sans pesticide de l’indésirable.

Pour le vendeur, la coccinelle asiatique est bien plus intéressante que les coccinelles indigènes, car elle a l’avantage de se grouper en grosses boules de milliers d’individus à l’automne pour se protéger du froid alors que les coccinelles indigènes hivernent individuellement. La coccinelle asiatique est alors facile à commercialiser: il suffit de ramasser les boules de coccinelles en dormance, de les garder au frigo tout l’hiver et d’expédier les quantités demandées par la poste au printemps.

Cela a tellement bien fonctionné que la coccinelle asiatique s’est établie à l’état sauvage un peu partout et est maintenant l’espèce numéro un en Amérique du Nord et est en pleine expansion en Europe, en Amérique du Sud et en Afrique, cela au détriment des coccinelles indigènes qui sont, dans bien des cas, en voie de disparition, leur source de nourriture ayant été usurpée par l’envahisseuse. De plus, l’espèce asiatique est souvent hôte d’un champignon parasite auquel elle est immune, mais qui peut tuer les coccinelles indigènes. On considère désormais cette coccinelle comme l’un des insectes les plus envahissants au monde!

Agglomérations automnales

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Les agglomerations de coccinelles asiatiques peuvent comprendre plus de mille individus. Source: Steve Jurvetson, Flickr

La caractéristique qu’on aimait tant chez la coccinelle asiatique à l’origine, soit celle de se regrouper ensemble à l’automne, commence à sérieusement nuire à son utilité. D’accord, elle est une prodigieuse consommatrice d’insectes nuisibles, mais maintenant, quand l’automne arrive, elle se ramasse avec ses congénères dans l’endroit le plus chaud qu’elle peut trouver: nos maisons. Il en rentre par certaines, parfois par milliers, car les individus qui ont trouvé un logis confortable dégagent une phéromone qui en attire d’autres.

D’ailleurs, cette phéromone persiste d’une année à l’autre. Ainsi, une fois que les coccinelles ont trouvé votre demeure, elles tendent à revenir encore et encore.

L’envahisseuse est maintenant en train de détruire la bonne réputation des coccinelles. De grâce, n’en faites plus venir: il y en a déjà assez dans nos régions!

En plus d’envahir nos maisons, cette coccinelle mord quand elle est agressée (pas au point de vous blesser sérieusement, mais quand même!) et peut aussi dégager un liquide à l’odeur désagréable qui tache les murs et les vêtements. Aussi, plusieurs personnes y deviennent allergiques.

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Le « W » près de la tête permet d’identifier la coccinelle asiatique. Source: ars.usda.gov

On reconnaît surtout la coccinelle asiatique par sa tendance à se regrouper à l’automne, car autrement, elle est difficile à distinguer des coccinelles indigènes, d’autant plus qu’elle peut être de différentes couleurs (rouge, orange, jaune, noir, etc.) et que même le nombre de points varie de 0 à 19. Une façon pour la reconnaître est qu’elle a généralement une marque noire en forme de W près de sa tête.

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Il suffit d’aspirer les coccinelles pour les éliminer. Source: Livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Si votre maison est envahie par ces bestioles colorées, calfeutrez toutes les entrées possibles. S’il en rentre encore, trouvez par où elles passent et calfeutrez de nouveau. Quant aux insectes qui sont déjà dans la maison… eh bien, un aspirateur est tout indiqué!20171023A Gilles San Martin, Fickr

 

Une invasion de coccinelles

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20151019ALa coccinelle asiatique (Harmonia axyrides), originaire de Chine, a été importée dans plusieurs pays comme insecte bénéfique, l’idée étant de la libérer en bonne quantité là où il y a des pucerons, sa proie préférée, d’où un contrôle sans pesticide de l’indésirable. Pour le vendeur, la coccinelle asiatique est bien plus intéressante que les coccinelles indigènes, car il a l’avantage de se grouper en grosses boules de milliers d’individus à l’automne pour se protéger du froid alors que les coccinelles indigènes hivernent individuellement. La coccinelle asiatique est alors facile à commercialiser: il suffit de ramasser les boules de coccinelles en dormance, de les garder au frigo tout l’hiver et d’expédier les quantités demandées par la poste au printemps.

Cela a tellement bien fonctionné que la coccinelle asiatique s’est établie à l’état sauvage un peu partout et est maintenant l’espèce numéro un en Amérique du Nord et est en pleine expansion en Europe, en Amérique du Sud et en Afrique, ce au détriment des coccinelles indigènes qui sont, dans bien des cas, en voie de disparition, leur source de nourriture ayant été usurpée par l’envahisseuse.

Aussi la caractéristique qu’on aimait tant chez la coccinelle asiatique à l’origine, soit celle de se regrouper ensemble à l’automne, commence à nuire à son utilité. D’accord, elle est une prodigieuse consommatrice d’insectes nuisibles, mais maintenant, quand l’automne arrive, elle se ramasse avec ses congénères dans l’endroit le plus chaud qu’elle peut trouver, nos maisons. Il en rentre par certaines, parfois par milliers. L’envahisseuse est maintenant en traîne de détruire la bonne réputation des coccinelles. De grâce, n’en faites plus venir: il y en a déjà assez dans nos régions!

En plus d’envahir nos maisons, cette coccinelle mord quand elle est agressée (pas au point de vous blesser sérieusement, mais quand même!) et peut aussi dégage un liquide à l’odeur désagréable qui tache les murs et les vêtements. Aussi, plusieurs personnes en deviennent allergiques.

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Le « W » près de la tête permet d’identifier la coccinelle asiatique.

On reconnaît surtout la coccinelle asiatique par sa tendance à se regrouper à l’automne, car autrement, elle est difficile de la distinguer des coccinelles indigènes, surtout qu’elle peut être de différentes couleurs (rouge, orange, jaune, noir, etc.) et que même le nombre de points varie de 1 à 19. Une façon pour la reconnaître est qu’elle a généralement une marque noire en forme de W près de sa tête.

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Si votre maison est envahie par ces bestioles colorées, calfeutrez toutes les entrées possibles. S’il en rentre encore, trouvez par où ils passent et calfeutrez de nouveau. Quant aux insectes qui sont déjà dans la maison… eh bien un aspirateur est tout indiqué!