Déjà des semis à faire en janvier?

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Source: worldartsme.com, rdkate.blogspot.ca & mzayat.com

La nouvelle année vient à peine de commencer, mais il est déjà temps de semer certaines graines à l’intérieur.

On ne sème si tôt qu’un groupe très limité de plantes particulièrement lentes à arriver à une taille de repiquage raisonnable, car autrement en janvier il est beaucoup trop tôt pour faire des semences. On les fera plutôt en mars ou en avril, même en mai. Il faut toutefois environ quatre à cinq mois de culture à l’intérieur pour les sept plantes suivantes, donc il est temps de sérieusement penser à les semer en janvier ou, au plus tard, au début de février.

  1. Agastache (Agastache foeniculum)
  2. Bégonia tubéreux (Begonia × tuberhybrida)
  3. Datura (Datura metel)
  4. Linaire à feuilles d’origan (Chaenorrhinum origanifolium, syn. glaerosum)
  5. Lisianthus (Eustoma grandiflora)
  6. Dracéna des jardins (Cordyline australis, syn. indivisa)
  7. Kniphofia ou tritome (Kniphofia )

Semis hâtifs: tout un défi!

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Les semis faits en janvier auront besoin d’un éclairage supplémentaire. Source: Les Idées du jardinier paresseux: Semis

Démarrer des semences en janvier dans les régions septentrionales de l’hémisphère Nord n’est pas si simple. Les jours sont courts, le soleil est faible et, dans de nombreuses régions, le temps est plus souvent gris qu’ensoleillé, ce qui signifie que les semis souffriront d’un sérieux manque de lumière. De plus, les températures devant le rebord de la fenêtre, où la plupart des jardiniers placent leurs plateaux de semences, sont souvent froides et variables alors que presque toutes les semences ont besoin de chaleur et de températures assez uniformes pour bien germer. En conséquence, vous n’avez pas vraiment d’autre choix que de démarrer les semences de janvier (et de février) sous un éclairage artificiel, tel que les lampes de culture fluorescentes ou DEL, et ce, de plus, dans l’emplacement le plus chaud de votre demeure.

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Cultivez les semis à l’étouffée, avec un tapis chauffant si nécessaire. Source: www.amazon.fr

Commencez toujours les semences d’hiver «à l’étouffée» (en les couvrant d’un dôme ou d’un sac de plastique transparent) pour maintenir une humidité élevée et des températures stables et placez-les dans une pièce qui est au moins modérément chaude (21 à 24 °C). Une autre option pour les réchauffer est de les placer sur un tapis chauffant (un modèle spécialement conçu pour les plantes). Utilisez une minuterie pour régler la durée d’éclairage de la lampe à 14 heures par jour afin de simuler les longues journées d’été et placez les contenants de semences fraîchement semées sous la lampe à environ 15 à 30 cm de la source de lumière. Maintenant, attendez patiemment la germination. (Une raison pour laquelle certaines semences ont besoin d’un semis hivernal est qu’elles sont lentes à germer.)

Semis qui nécessitent un traitement au froid

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Pour faire germer les semences de plusieurs végétaux, il faut leur donner un traitement au froid de plusieurs semaines. Source: Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Janvier est également, avec d’ailleurs les mois de décembre et de février, un bon moment pour semer les graines qui ont besoin d’un prétraitement au froid (stratification froide) afin de bien germer. Ce groupe comprend la plupart des arbres et arbustes de climats froids et tempérés, ainsi que de nombreuses vivaces et même quelques annuelles.

Ces semences ne germeront pas tant qu’elles n’auront pas reçu un nombre donné de jours de fraîcheur combinés avec de l’humidité. Il peut s’agir d’aussi peu qu’une ou deux semaines ou de quatre mois ou plus. Cette information vitale paraît normalement sur le sachet de semences. Si vous avez récolté les semences vous-même et ne connaissez pas la durée du traitement au froid nécessaire, je vous suggère de calculer, pour les vivaces, de six à huit semaines: c’est suffisant pour la plupart des espèces. Pour les arbres et arbustes, offrez plutôt 12 semaines.

Notez que le nombre de semaines de froid cité pour une espèce quelconque est toujours le minimum qu’il faut pour assurer la germination, mais qu’il n’y a pas de risque à prolonger le séjour au froid. Donc, si vous démarrez plusieurs semences différentes, chacune avec une durée de traitement différente, vous pouvez toutes les laisser au froid jusqu’à ce que les dernières aient terminé leur plein traitement, puis les faire germer toutes en même temps.

Pour donner une stratification froide, il suffit de semer les graines dans un récipient, exactement comme vous le feriez pour toute autre semence, puis de sceller le contenant dans un sac en plastique transparent et de le placer au réfrigérateur ou dans un caveau à légumes pendant au moins le nombre minimum de semaines. Ensuite, déplacez-le dans un endroit chaud et bien éclairé, comme sur le rebord d’une fenêtre ou sous une lampe de culture, pour que la germination commence.

100 semences qui ont besoin d’un traitement par le froid

Voici 100 plantes qui germent mieux avec un prétraitement au froid, mais il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg: il en existe des milliers d’autres. Consultez l’enveloppe des semences ou le site Web du fournisseur de semences pour plus d’informations.

  1. Abies (sapin)
  2. Acer (érable à sucre et plusieurs autres espèces)
  3. Aconitum (aconit)
  4. Alchemilla (alchémille)
  5. Allium (allium ornemental)
  6. Amelanchier (amélanchier)
  7. Aquilegia (ancolie)
  8. Asclepias (asclépiade)
  9. Astrantia (astrance)
  10. Baptisia (faux lupin)
  11. Buddleia (buddleia)
  12. Caltha (populage des marais)
  13. Caryopteris (caryoptère)
  14. Cercis canadensis (gainier du Canada)
  15. Chelone (galane)
  16. Cimicifuga (cierge d’argent)
  17. Clematis (clématite)
  18. Cornus (cornouiller)
  19. Corydalis (fumeterre)
  20. Delphinium (delphinium, pied d’alouette)
  21. Dicentra spectabilis, maintenant Lamprocapnos spectabilis (cœur saignant)
  22. Dictamnus (fraxinelle)
  23. Dodecatheon (gyroselle)
  24. Echinacea (échinacée)
  25. Eremurus (lis à queue de renard)
  26. Eryngium (érynge, panicaut)
  27. Eupatorium (eupatoire)
  28. Filipendula (reine-des-prés)
  29. Forsythia (forsythia)
  30. Fragaria (fraisier)
  31. Fuchsia (fuchsia)
  32. Gentiana (gentiane)
  33. Geranium (géranium)
  34. Goniolimon (statice)
  35. Helianthemum (hélianthème)
  36. Helianthus (tournesol vivace)
  37. Heliopsis (héliopside)
  38. Helleborus (hellébore, rose de Noël)
  39. Hemerocallis (hémérocalle)
  40. Heuchera (heuchère)
  41. Hibiscus moscheutos (hibiscus vivace)
  42. Hypericum (millepertuis)
  43. Iberis (corbeille d’argent)
  44. Ilex* (houx)
  45. Iris (iris, la plupart des espèces)
  46. Incarvillea (incarvillée)
  47. Kirengeshoma (kirengeshoma)
  48. Knautia (knautie)
  49. Lathyrus (pois vivace)
  50. Lavandula (lavande)
  51. Leontopodium (edelweiss)
  52. Lobelia (lobélie, espèces rustiques)
  53. Lonicera (chèvrefeuille)
  54. Macleaya (macleaya)
  55. Magnolia* (magnolia)
  56. Malus (pommier, pommetier)
  57. Mazus (mazus rampant)
  58. Mertensia (mertensia)
  59. Muscari (jacinthe à grappe)
  60. Myrrhis odorata (cerfeuil musqué)
  61. Nepeta (népéta)
  62. Oenothera (onagre)
  63. Opuntia* (opuntia rustique)
  64. Paeonia* (pivoine)
  65. Penstemon (penstemon)
  66. Persicaria (renouée)
  67. Phlox (phlox)
  68. Persicaria orientalis, syn.Polygonum orientale (renouée orientale)
  69. Physalis (coqueret, lanterne chinoise)
  70. Picea(épinette, épicéa)
  71. Platycodon (playcodon)
  72. Primula (primevère)
  73. Pulsatilla (pulsatille)
  74. Quercus (chênes rouges et noirs)
  75. Ranunculus (bouton d’or)
  76. Ratibida (sombrero mexicain)
  77. Rosa (rosier)
  78. Rudbeckia (rudbeckie)
  79. Sambucus (sureau)
  80. Sanguinaria (sanguinaire)
  81. Sanguisorba (sanguisorbe)
  82. Saponaria (saponaire)
  83. Saxifraga (saxifrage)
  84. Scabiosa (scabieuse)
  85. Sedum (sédum, orpin)
  86. Sempervivum (joubarbe)
  87. Sidalcea (sidalcée)
  88. Stokesia (stokésie)
  89. Syringa (lilas)
  90. Thalictrum (pigamon)
  91. Tiarella (tirarelle)
  92. Tricyrtis (lis des crapauds)
  93. Trillium* (trille)
  94. Trollius (trolle)
  95. Tsuga (pruche)
  96. Vernonia (vernonie)
  97. Veronica (véronique)
  98. Viburnum* (viorne)
  99. Viola (violette)
  100. Vitis (vigne, certaines espèces)
*Ces espèces ont besoin d’une double stratification froide, c’est-à-dire de deux traitements au froid séparés par un traitement au chaud, pour stimuler leur germination. Essayez deux à trois mois de froid suivis de deux mois de chaleur, puis d’encore deux à trois mois de froid. Lorsque vous exposerez ces semences assez uniques à la chaleur après ces traitements répétés, la plupart germeront assez prestement.

Bon succès avec tous vos semis!20180103 worldartsme.com, rdkate.blogspot.ca & mzayat.com

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6 vivaces à floraison automnale

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20170911A Rachel Kramer, Flickr

Chrysanthèmes d’automne: facilement aussi colorées que n’importe quelle fleur estivale! Photo: Rachel Kramer, Flickr

Vous pensiez que la saison de jardinage était terminée et qu’il ne restait plus qu’à ranger les outils de jardinage? Détrompez-vous! Avec les automnes qui se prolongent de plus en plus un peu partout, la saison de floraison s’étend maintenant jusqu’aux premières neiges en novembre ou même décembre dans bien des régions.

Des bulbes (colchiques et crocus d’automne), des arbustes (plusieurs hydrangées, l’heptacodium et l’hamamélis) et beaucoup d’annuelles (pensées, mufliers, soucis, etc.) continueront de fleurir tout l’automne, tant qu’il n’y a pas de gel sévère. D’ailleurs, certaines annuelles ne commencent à prendre de la couleur qu’à l’automne, comme le chou ornemental. Et il y a un bon nombre de vivaces qui fleurissent à l’automne. En voici six à mettre en vedette!

Chrysanthèmes

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Les chrysanthèmes vendus à rabais à l’automne ne sont pas généralement des variétés rustiques et il faut les considérer comme des annuelles. Photo: Rachel Kramer, Flickr

Il existe des dizaines d’espèces de chrysanthèmes vivaces et toutes fleurissent à l’automne. Par contre, ce n’est pas parce qu’elles sont vendues localement qu’elles sont de véritablement rustiques dans votre région: plusieurs marchands vendent indifféremment des chrysanthèmes de fleuriste (non rustiques) et des chrysanthèmes de jardin (rustiques). Les deux appartiennent à la même espèce (Chrysanthemum ×morifolium, anc. C. ×grandiflorum), un hybride complexe entre différents chrysanthèmes rustiques et subtropicaux, et paraissent donc identiques, mais certains sont de zone 8 alors d’autres tolèrent jusqu’à la zone 3. Comment distinguer entre les deux?

Le plus facile, c’est de demander une garantie que les plantes passeront l’hiver: le marchand aura alors tout avantage à vous diriger vers les variétés rustiques!

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Chrysanthème Mammoth Red Daisy: un grand chrysanthème bien rustique. Photo: Ball Horticultural Company

Il y a des classiques parmi les chrysanthèmes de jardin, des variétés réputées pour leur résistance aux pires froids, comme les Morden, Minn, Firecracker et Mammoth™ (la série s’appelait autrefois My Favorite™). Les quatre séries offrent des variétés simples ou doubles dans une vaste gamme de couleurs: jaune, orange, rose, violet, blanc, etc. Les Morden et Minn forment des plants nains (30-45 cm x 45-60 cm) couverts de fleurs de septembre jusqu’aux gels; les Mammoth sont plus hauts et larges: jusqu’à 120 cm x 120 cm. La série Firecracker (Power Surge®, Showbiz®, Suncatcher®, etc.) est de dimensions intermédiaires. Toutes ces variétés sont de zone 3. Soleil ou mi-ombre.

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Marguerite d’automne ‘Clara Curtis’. Photo: rosekennedygreenway.org

Il y a aussi les «marguerites d’automne» ou chrysanthème rubellum, en fait, des chrysanthèmes très rustiques (Chrysanthemum ×rubellum), dont le bien connu ‘Clara Curtis’ (rose, zone 3), mais aussi ‘Duchess of Edinburgh’ (rose foncé, zone 4) et ‘Mary Stoker’ (jaune, zone 3) et plusieurs autres. Ces plantes, avec leurs fleurs simples à cœur jaune, ressemblent, comme leur nom commun le suggère, davantage à des marguerites qu’à des chrysanthèmes. Elles atteignent environ 45-75 cm de hauteur et de diamètre, mais elles ne poussent pas en touffe dense comme les autres et sont portées à vagabonder un peu. Un simple coup de pelle les remettra toutefois à leur place. Soleil ou mi-ombre.

Asters

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Aster novi-anglaie ‘Purple Dome’. Photo: Footprints Plants, LLC

Les champs et les forêts d’Amérique du Nord regorgent d’asters sauvages, mais il y a de nombreux asters cultivés à découvrir aussi, notamment parmi les asters de Nouvelle-Angleterre (Aster novae-angliae, maintenant Symphotrichum novae-angliae) et les asters de New-York (A. novi-belgii, maintenant S. novi-belgii). Ils font des fleurs plus grosses et plus colorées que celles des variétés sauvages. On trouvera des asters aux fleurs violettes, pourpres, roses, rouges, et blanches, souvent à fleurs semi-doubles ou doubles.

Les asters nains, souvent vendus incorrectement sous le nom A. dumosus, sont des sélections d’A. novae-angliae et de A.novi-belgii. A. n-a. ‘Purple Dome’ est populaire, formant un dôme arrondi de 40-50 cm de hauteur et de largeur, aux fleurs violettes. La série Wood’s, offrant plusieurs couleurs, est similaire.

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New York Aster ‘Patricia Ballard’. Photo: dorsetperennials.co.uk

La plupart des autres sont de plus grande taille, comme A. n-a. ‘Harrington’s Pink’ (rose, 120 cm x 60 cm) et A. n-b. ‘Patricia Ballard’ (rose foncé, 90 cm x 40-50 cm). Les asters sont solidement rustiques en zone 4 et parfois en zone 3. Soleil ou mi-ombre.

Verge d’or

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Solidago rugosa ‘Fireworks’. Photo: F. D. Richards, flickr

Il y a une dichotomie surprenante entre l’attitude des jardiniers nord-américains et européens envers les verges d’or. Les Nord-américains les voient comme de mauvaises herbes et les balaient d’un revers de main, tout simplement parce qu’elles poussent si abondamment chez eux dans la nature, alors que les Européens, pour qui elles sont des plantes exotiques venant du Nouveau-Monde, les adorent!

Je trouve qu’il est presque criminel de maudire ces vivaces si jolies aux fleurs mousseuses jaune riche tout simplement parce qu’elles poussent à l’état sauvage, car les verges d’or sont parmi les meilleures vivaces d’automne. D’accord, la verge d’or du Canada (Solidago canadensis) est envahissante, mais les autres espèces poussent en touffe et restent bien à leur place.

Essayez S. × ‘Crown of Rays’ (40 à 50 cm x 45 cm), S. × ‘Dansolitlem’ Little Lemon (20-35 cm x 30-45 cm) ou S. rugosa ‘Fireworks’ (90 à 120 cm x 90 cm) aux fleurs jaunes plumeuses. Magnifiques! Zone 3. Soleil ou mi-ombre.

Sédum d’automne

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Sédum ‘Herbstfreude’. Photo jardinierparesseux.com

Le sédum automne (cultivars et hybrides de S. spectabile [Hylotelephium spectabile] et d’espèces apparentées) est une plante basse (rarement plus de 60 cm de hauteur) aux tiges et aux feuilles succulentes souvent bleutées ou pourpres. Les fleurs étoilées sont produites en masses denses, comme un chou-fleur de couleur: elles peuvent être roses, rouges ou blanches. Elles attirent tous les papillons!

S. ‘Herbsfreude’ (‘Autumn Joy’), 60 cm x 45-60 cm, est le plus connu et porte des fleurs roses devenant rouge brunâtre. S. ‘Autumn Fire’ est similaire, mais plus compact (50 cm x 45-60 cm,). Il n’a pas tendance à plier sous le poids des fleurs comme ‘Herbstfreude’ le fait quand la plante vieillit. S. ‘Purple Emperor’ (40 cm x 45-60 cm) porte des feuilles pourpre foncé et des fleurs roses et S. ‘Elsie’s Gold’ (30 cm x 30 cm), des feuilles vertes panachées de jaune et des fleurs magenta. Il y a des dizaines d’autres excellentes variétés. Zone 3. Soleil.

Chélone ou galane

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Chélone de Lyon ‘Hot Lips’. Photo: jardinierparesseux.com

Les chélones (on prononce «ké-LONNE») ou galanes ont de curieuses fleurs en forme de tête de tortue, d’où leur nom (chelone vient du grec pour tortue). La chélone oblique (Chelone obliqua) est probablement la variété la plus souvent offerte. Elle produit une touffe dense et non envahissante de tiges solides et parfaitement dressées de 60 à 90 cm de hauteur sur une plante de 60 cm de diamètre. Les feuilles vert très foncé sont attrayantes tout l’été, mais les belles fleurs roses dominent à l’automne. Le chélone de Lyon (C. lyonii) est très similaire et son cultivar ‘Hot Lips’ (60 à 90 cm x 60 cm) est bien populaire. C. lyonii ‘Tiny Tortuga’ est une variété naine (30-40 cm x 20-25 cm), idéale pour la bordure. Zone 3. Soleil ou ombre.

Miscanthe de Chine

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Miscanthus ‘Purpurascens’. Photo: jardinierparesseux.com

Cette grande graminée (Miscanthus sinensis) est très populaire, cultivée pour ses feuilles vertes arquées devenant couleur paille à l’automne et ses plumes automnales blanc argenté. Si la neige n’est pas trop lourde, feuilles, tiges et plumes restent sur le plant tout l’hiver, étirant sa saison d’intérêt jusqu’au printemps. Les jardiniers québécois doivent faire attention de choisir des variétés plus rustiques, car certaines sont tuées par le froid dans les zones inférieures à 5 ou encore, n’arrivent pas à y fleurir. M. s. ‘Huron Sunrise’ (180 cm x 60-90 cm) et les autres variétés de la série Huron sont le plus rustiques: zone 3. M. s. ‘Silberfeder’ (200 à 250 cm x 120 cm) est une classique assez rustique (zone 4). Le miscanthus pourpre (M. ‘Purpurascens’, 150 cm x 75-90 cm), qui offre un feuillage cuivré à l’automne, est un autre bon choix pour les régions froides (zone 4).

Plein soleil ou ombre très légère.

Et encore d’autres

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Avec tant de choix de vivaces à floraison automnale, il n’y a aucune raison pour que vos plates-bandes ne soient pas abondamment fleuries tout l’automne. Photo: autumnasters.co.uk

Il y a encore bien d’autres vivaces à floraison automnale: boltonies (Boltonia), anémones du Japon (Anemone × hybrida), hélénies (Helenium), cierges d’argent (Cimicifuga, syn. Actaea), eupatoires (Eupatorium spp.), vernonias (Vernonia), grand coreopsis (Coreopsis tripteris), tournesols vivaces (Helianthus ‘Lemon Queen’ et autres), rudbeckies (Rudbeckia), aconits (Aconitum), échinacées (Echinacea), et plus encore. Il n’y a aucune raison pour que votre terrain ne soit pas aussi fleuri en octobre qu’en juillet!20170911A Rachel Kramer, Flickr

Une fleur d’automne à mettre en vedette

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Chelone obliqua

Parmi les vedettes du jardin automnal se trouve une plante vivace unique, la galane (Chelone spp.). Cette plante est toujours solidement debout, jamais penchée, jamais brisée, même quand la lumière est très faible ou le vent très fort. Si seulement toutes les plantes se comportaient ainsi!

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La fleur en forme de tête de tortue. Ici, Chelone lyonii.

À la toute fin de l’été et à l’automne, des fleurs blanches ou roses tubulaires s’épanouissent sur un court épi au sommet de chaque tige. Elles sont curieusement assemblées, étant plutôt fermées à l’extrémité, avec seulement une petite ouverture et ressemblent à un bec. Les Acadiens trouvaient que la fleur ressemblait à une tête de tortue et l’ont appelée «la tortue», d’où son nom botanique, car Chelone (on prononce «ké-LONNE») est le nom grec pour tortue. Le nom couramment utilisé – galane – dériverait d’une mauvaise prononciation de Chelone, tout simplement.

La fleur curieuse des galanes est conçue pour ne permettre qu’aux pollinisateurs les plus forts, soit les bourdons (les grosses abeilles duveteuses de nos jardins) et les colibris, d’y pénétrer. Malgré cela, on voit souvent les papillons s’y arrêter pour essayer de voler un peu de nectar avec leur longue trompe.

Les feuilles des galanes sont opposées (en paires), avec la paire immédiatement inférieure placée à 90 degrés, ce qui donne un effet de croix quand on regarde la plante de dessus. La tige des galanes est carrée. Tout botaniste amateur sait que cela indique habituellement que c’est une plante de la famille des lamiacées (famille de la menthe), mais pas cette fois-ci: les galanes appartiennent plutôt à la famille des plantaginacées, avec les digitales (Digitalis spp.), les mufliers (Antirrhinum spp.) et surtout la fleur charnière ou plante obéissante (Physostegia virginiana), qui partage la même tige carrée et les mêmes feuilles placées en croix.

Enfin il n’y a que quatre espèces de galane, toutes originaires de l’est de l’Amérique du Nord. Les trois suivantes sont les plus intéressantes pour le jardinier amateur.

Galane oblique (C. obliqua)

Chelone obliqua

Chelone obliqua

C’est l’espèce offerte le plus souvent en pépinière. Ses fleurs sont d’un rose soutenu. Elle forme des touffes denses de tiges dressées, sans ramification, portant de grandes feuilles lancéolées légèrement dentées et d’un vert très foncé. Les feuilles ont un très court pétiole… ce qui permet de distinguer cette galane de la suivante. La galane oblique atteint environ de 60 à 90 cm de hauteur. Sa floraison débute, selon l’emplacement, à la fin d’août ou au début de septembre et persiste pendant deux mois ou plus, habituellement jusqu’aux neiges. Il y a aussi un cultivar à fleurs blanches: ‘Alba’… qui n’est probablement qu’un pseudonyme pour C. obliqua. Zone 3.

Galane de Lyon (C. lyonii)

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Chelone lyconii

Presque identique à l’espèce précédente, celle-ci possède des feuilles qui sont munies d’un pétiole un peu plus long. Elle atteint de 60 à 120 cm de hauteur, et ses fleurs sont du même rose que la galane oblique.

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‘Hot Lips’

Le cultivar le plus courant de cette espèce est ‘Hot Lips’, qui ressemble à l’espèce, mais qui est un peu plus compact : environ de 60 à 90 cm. Ses fleurs sont d’un rose plus foncé, et ses tiges sont rougeâtres.

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‘Tiny Tortuga’

C. lyonii ‘Tiny Tortuga’ est une introduction 2014 de la galane de Lyon. Très naine, elle n’atteint que 35 cm de hauteur et pourrait facilement servir en bordure de platebande.

Enfin, il y a aussi une autre variété de petite taille, C. lyonii ‘Pink Temptation’, qui atteint environ 40 cm de hauteur.

Toutes ces plantes sont rustiques en zone 3.

Galane glabre (C. glabra)

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Chelone glabra

C’est la galane des forêts et des marécages québécois et acadiens. On la distingue facilement des autres par ses fleurs blanches ou blanches teintées de rose. Aussi, ses feuilles sont plus étroites et ne portent aucun pétiole (elles sont fixées directement à la tige).

Cette galane est une plante des sous-bois très humides dans la nature, mais elle pousse quand même très bien dans un sol de jardin ordinaire. C’est une grande plante de 90 à 180 cm, selon le niveau d’humidité du sol (plus le sol est humide, plus la plante est haute).

Je la considère toutefois comme la moins intéressante des galanes pour le jardin ornemental, car ses fleurs sont moins denses, ont tendance à brunir assez rapidement. Aussi, elle ne pousse pas en touffe dense, mais de façon assez ouverte, ce qui en fait un plant un peu dégarni. Cette espèce est donc surtout intéressante pour les amateurs de fleurs indigènes. Zone 3.

Il existe aussi un cultivar, C. glabra ‘Black Ace’, au feuillage particulièrement foncé, presque noir, et aux fleurs plus denses. Zone 3.

Fausse galane (Chelonopsis yagiharana)                                                                               

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Chelonopsis yagiharana

Chelonopsis est le pendant asiatique du genre Chelone, avec un port et un feuillage très semblable, mais aux fleurs tubulaires qui s’ouvrent complètement à l’extrémité, en trompette. Donc, aucune ressemblance avec une tortue! Le lobe inférieur est nettement plus long et large que les autres. La seule espèce présentement offerte est cette espèce japonaise de taille relativement compacte: 30-60 cm. Sa rusticité exacte n’est pas connue encore, mais elle semble bien se comporter en zone 4.

Culture

Les galanes sont de culture très facile. Elles aiment un sol de jardin riche en matières organiques et toujours un peu humide. Elles tolèrent les sols mal drainés et peuvent, de ce fait, pousser en bordure des jardins d’eau. Arrosez-les en cas de sécheresse, toutefois, car leur tolérance de la sécheresse est limitée. L’utilisation d’un paillis pour garder le sol plus humide sera appréciée. Aussi, ajoutez annuellement un peu de compost au pied de la plante pour maintenir la qualité du sol.

Côté ensoleillement, tout va! Oui, ces plantes poussent aussi bien au soleil qu’à l’ombre. Dans la nature, on les trouve habituellement dans des forêts denses où peu de lumière pénètre. Si vous les cultivez en plein soleil, où le sol risque davantage de les assécher, l’utilisation d’un épais paillis est toutefois fortement conseillée, car un paillis aide à retenir l’humidité.

Les galanes poussent lentement mais sûrement. La touffe grossira peu à peu et, après une dizaine d’années, il pourrait être nécessaire de la diviser pour réprimer son élan.

Pour une multiplication rapide et facile, prenez des boutures de tige. On peut aussi diviser les plantes, au printemps de préférence, mais aussi à l’automne (vous perdrez toutefois les fleurs pour une saison, car il faut les supprimer avant de procéder à la division).

Enfin, dans la nature, le feuillage des galanes est parfois percé par des insectes, mais curieusement il est rarement touché dans nos jardins. Et même si elles poussent dans un milieu humide où les limaces sont nombreuses, elles ne semblent pas s’intéresser aux galanes. Tristement, les cerfs de Virginie raffolent de cette plante: si vous avez un problème avec ce mammifère, les galanes ne sont pas de bons choix pour vos plates-bandes!

Où trouver des galanes?

Les galanes – et surtout la galane oblique et les hybrides de la galane de Lyon – sont souvent offertes en jardinerie. Si vous n’en trouvez pas cet automne, demandez au marchand de vous en réserver une pour le printemps. Ou encore, allez voir un spécialiste en vivaces, comme Les vivaces du Merle Bleu à Saint-Raymond, Les vivaces de l’Isle à Bécancour ou les Jardins de Michel à Saint-Eustache. La dernière pépinière offre le plus vaste choix de variétés.