Mythe horticole : Il faut attendre que le gel noircisse le feuillage avant de rentrer nos bulbes d’été

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Bulbes de dahlia, bégonia tubéreux et de glaïeul prêts à entreposer pour l’hiver. Photo: florissa.com

L’information qu’il faut que le gel fasse noircir le feuillage des bulbes tendres comme les bégonias tubéreux, les dahlias, les glaïeuls et les cannas avant de les mettre à l’abri se répète de génération en génération et est en partie vraie. Oui, il est nécessaire, sous les climats froids du moins, de les rentrer à l’abri du gel et ainsi les conserver dans la maison l’hiver. Mais sans être fausse au point d’être erronée, cette information n’est pas tout à fait exacte non plus. Disons que c’est plutôt un mensonge pieux.

En fait, le noircissement du feuillage n’y est pour rien. Ce conseil vient de l’idée que laisser les bulbes en place tant qu’ils ont un beau feuillage leur permet d’emmagasiner encore plus d’énergie pour la prochaine saison de floraison. D’où ce conseil qui veut essentiellement dire d’attendre le premier gel sévère (qui tue le feuillage et met fin à l’emmagasinage) avant de rentrer les bulbes.

Voilà ce qui est parfait dans les régions où il y a inévitablement des gels en septembre, mais, avec le réchauffement climatique, même dans les régions nordiques parfois on attend maintenant jusqu’en novembre ou même décembre avant que survienne un gel suffisant pour faire noircir le feuillage des bulbes. Or, si l’on attend que le feuillage noircisse, il y a risque que le premier gel de la saison s’accompagne d’une neige lourde et persistante, rendant l’arrachage des bulbes impossible.

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Le feuillage de certains bulbes ne noircit pas, même après un gel sévère, mais il faut quand même les renter dans la maison. Photo: t-online.de

D’ailleurs, si le feuillage de certains noircit effectivement sous l’effet du gel (le cas des cannas, des bégonias tubéreux, des colocasias et d’autres bulbes réellement tropicaux, etc.), celui d’autres bulbes, notamment ceux des glaïeuls, des acidantheras et des crocosmias, change très peu de couleur, même après un gel sévère.

Sachez alors que, s’il n’y a pas déjà eu de gel à la mi-octobre, il est parfaitement loisible d’arracher et de sécher vos bulbes, même si leur feuillage est bien vert, car leur travail d’emmagasinage d’énergie pour la saison prochaine sera terminé.

Pour savoir comment entretenir les bulbes d’été après leur rentrée, lisez La rentrée des bulbes gélifs.

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Temps de réveiller les plantes qui dorment

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Tubércules de bégonia: notez les pointes de croissance qui indique quelle partie doit être placée vers le haut.

En mars et au début d’avril, il est temps de réveiller les plantes qui dorment, notamment les bulbes tendres que vous avez placé dans le sous-sol pour l’hiver: cannas, callas, bégonias tubéreux, caladiums, dahlias, glaïeuls, alocasias, etc. et aussi tout pélargonium (géranium) que vous aurez mis en dormance.

Comment faire

Si vous avez gardé vos bulbes en pot, il suffit de placer le contenant dans un emplacement ensoleillé et relativement chaud (une température d’intérieur normale est très adéquate) et de commencer à arroser. Doucement au début, car la plante n’a pas encore de racines: mouillez donc à peine le terreau la première fois. Mais à mesure que sa croissance reprend, augmentez la quantité d’eau et la fréquence d’arrosage. Une fois que la plante est en pleine croissance, arrosez-la selon la règle d’or de l’arrosage: arrosez abondamment, assez pour humidifier toute la motte de racines, puis attendez que le terreau soit sec avant d’arroser de nouveau.

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Repiquez les bulbes plus profondément quand vous les plantez à l’extérieur au début de l’été.

Si le bulbe a été conservé à nu, empotez-le dans un terreau légèrement humide. Les tubercules de bégonia préfèrent être à peine enterrés pendant la reprise: couvrez-les seulement de 1 cm de terreau. Pour les autres, placez le bulbe de façon à le couvrir de 5 cm de terreau. (Au repiquage en pleine terre à la fin de mai ou en juin, vous pouvez ajuster la profondeur selon le tableau ci-dessus). Encore, peu d’arrosage sera nécessaire au début, car le bulbe n’a pas encore de racines, mais à mesure que la plante commence à pousser, le terreau assèchera de plus en plus rapidement et il faudrait augmenter la fréquence d’arrosage en conséquence, suivant al règle d’or de l’arrosage.

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Un pélargonium en dormance fraîchement rempoté: même s’il a l’air mort, il peut parfois reprendre.

Le pélargonium des jardins (Pelargonium x hortorum), autrefois appelé géranium zonal, n’est pas un bulbe, bien sûr, mais plusieurs personnes le mettent néanmoins en dormance à l’automne, souvent en suspendant la plante à l’envers sans terreau dans une pièce sombre. Très honnêtement, la plante déteste un tel traitement (sa vraie nature est de rester en croissance toute l’année), mais si la vôtre est encore en vie, rempotez-la maintenant, taillez pour supprimer les parties mortes et commencer à arroser doucement, tel qu’expliqué ci-dessus, jusqu’à ce que la croissance reprenne.

Quand exactement repartir vos plants?

Certaines des plantes mentionnées ici aiment profiter d’une longue période de croissance. On peut ainsi les empoter dès mars ou au début d’avril. C’est notamment le cas des alocasias, des bégonias tubéreux, des caladiums, des cannas et des pélargoniums. Mais d’autres sont à croissance plus rapide: empotez-les seulement 4 à 6 semaines avant le dernier gel (voici une liste de dates du dernier gel pour le Québec), sinon ils tendent à devenir trop gros et étiolés dans la maison. C’est notamment du dahlia et du glaïeul. Le calla (Zantedeschia) peut même fleurir sur le rebord de la fenêtre plutôt que dans le jardin si vous le plantez trop tôt, donc… attendez encore un peu avant de l’empoter.