Botanique 101: la fleur

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Cet hibiscus est un bon exemple d’une fleur simple: il porte un nombre normal de pétales et des étamines et stigmates bien en vue. Source: Petr Kratochvil, PublicDomainePictures.net

Nous avons probablement tous appris quelques rudiments de botanique à l’école… et en avons certainement oublié quelques aspects depuis. Dans un blogue sur le jardinage, il n’est donc pas si mauvais de faire un rappel de temps en temps de quelques éléments de botanique. En voici un, très simplifié, sur la fleur.

La fleur

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Fleur typique: 1. Réceptacle; 2. Sépale; 3. Pétale; 4. Étamine; 5. Pistil. Source: Petr Dlouhý, Wikipedia

La fleur est l’organe reproducteur de la plante: le lieu où les graines, qui donneront naissance à la prochaine génération de la plante, sont produites à la suite du transfert du pollen venant normalement d’une autre plante de la même espèce.

Elle est portée sur une petite tige appelée pédoncule qui se joint à un réceptacle: la base de la fleur.

On appelle l’enveloppe extérieure de la fleur, surtout visible quand la fleur est en bouton, le calice. Il est constitué de sépales généralement verts, mais parfois colorés. Il peut à l’occasion y avoir une ou des feuilles colorées supplémentaires appelées bractées à la base de la fleur (c’est le cas du poinsettia, par exemple).

L’enveloppe intérieure de la fleur est appelée la corolle. Elle est souvent colorée et est composée de pétales.

Parfois, il y a peu de distinction entre les pétales et les sépales (lis, tulipes, hémérocalles). On parle alors de tépales.

La plupart des fleurs sont bisexuées (hermaphrodites): on y trouve la partie mâle et la partie femelle.

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Structure de l’étamine. Source: www.funscience.in

La partie mâle est composée d’étamines en forme de filet coiffé d’une anthère qui contient des sacs polliniques remplis de pollen (gamètes mâles). Le pollen est généralement transporté par les insectes, plus rarement par les oiseaux ou les mammifères ou encore, par le vent, et très rarement par l’eau (seulement certaines plantes aquatiques).

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Structure d’un carpelle. Source: Source: www.funscience.in

Le pistil (la partie femelle) est composé d’un ou de plusieurs carpelles, chacun constitué d’un ovaire enflé, d’un style tubulaire et d’un stigmate en forme de bouton. L’ovaire peut être simple ou composé et contient les ovules qui deviendront les graines. Quand il est mature, le stigmate devient collant et sert à capter les grains de pollen.

La fécondation

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Lors de la fécondation, le grain de pollen produit un tube pollinique et féconde l’ovule. Source: jardinierparesseux.com

Une fois que le grain de pollen est déposé sur le stigmate, il émet un tube pollinique qui s’allonge jusqu’à l’ovaire par lequel les gamètes mâles peuvent pénétrer pour féconder l’ovule. Alors, un embryon se développe qui se transforme en graine. Quand la graine est mature et tombe au sol (ou sur toute autre surface appropriée), elle germe et produit une nouvelle plante.

Quelques exceptions

La plupart des fleurs (environ 90%) ont les deux sexes (elles sont hermaphrodites) et on les dit parfaites.

D’autres fleurs sont imparfaites. Elles peuvent être entièrement femelles ou entièrement mâles. Parfois, comme chez le kiwi (Actinidia spp.), les fleurs femelles ont des parties mâles visibles, mais non fonctionnelles. Le contraire aussi est possible: des fleurs mâles aux parties femelles visibles, mais non fonctionnelles.

Quand une seule plante porte des fleurs parfaites, elle est dite hermaphrodite, mais elle peut aussi être:

  • Monoïque: elle porte des fleurs mâles et des fleurs femelles séparées, mais sur la même plante (les courges, les concombres et les bégonias, par exemple).
  • Dioïque: elle porte des fleurs mâles et femelles sur deux plantes différentes (les saules, les peupliers et les houx, par exemple). Celle qui ne porte que des fleurs femelles est dite gynoïque; celle qui ne porte que des fleurs mâles, androïque.
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Tulipe double: toutes les étamines ont été converties en pétales. Source: Source: Max Pixel

Les fleurs doubles constituent un cas à part. Il s’agit de fleurs avec un nombre de pétales largement supérieur à la normale: un trait qui apparaît généralement sous forme de mutation. Cette caractéristique est généralement nuisible dans la nature, car elle empêche souvent la pollinisation, mais est très prisée chez les jardiniers et on cultive beaucoup de fleurs doubles dans nos jardins. Parfois, ce sont vraiment les pétales qui se multiplient de façon anormale, ou encore, les sépales, mais habituellement, les fleurs doubles surviennent quand les étamines se transforment en pétales: on les appelle alors étamines pétaloïdes.

Les fleurs semi-doubles ont plus de pétales que les fleurs simples (la forme normale des fleurs dans la nature), mais ont habituellement des étamines non mutées bien visibles au centre de la fleur.

Inflorescences composées

L’inflorescence est la disposition des fleurs sur la tige d’une plante… et les possibilités de placement — individuel, en ombelle, en cyme, en épi, etc. — sont presque sans limites. Il faudrait bien qu’on discute éventuellement de ce sujet dans ce blogue, mais pour l’instant, je veux tout simplement clarifier la situation des inflorescences composées, car ce sont elles qui causent le plus de confusion chez les jardiniers.

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Inflorescence composée. Source: pixio.com

Les inflorescences composées, soit celles de la très vaste famille des Astéracées (plus de 22 000 espèces), ressemblent à une fleur simple — on dirait des pétales entourant des stigmates et des anthères —, mais ce n’est pas le cas. Il s’agit plutôt de nombreuses fleurs minuscules (on les appelle fleurons) regroupées dans un capitule, c’est-à-dire serrées les unes à côté des autres. Parmi les exemples les plus courants, pensez aux tournesols, aux pissenlits, aux chardons et aux marguerites. Souvent, il y a deux sortes de fleurons: des fleurons tubulaires au centre qui forment un disque et qui sont généralement bisexués et fertiles et des fleurons ligulés (appelés rayons) qui entourent le disque et qui imitent alors les pétales des fleurs simples. Souvent, mais pas toujours, les rayons sont stériles et servent uniquement à attirer les pollinisateurs vers les fleurons tubulaires fertiles au centre.

Théoriquement, on ne devrait pas dire «fleur» en faisant référence à une Astéracée, mais toujours utiliser les termes inflorescence ou capitule, mais je dois faire mon mea culpa à ce sujet! Je brise cette règle régulièrement et d’ailleurs volontairement: il est trop facile d’appeler fleur ce qui ressemble à une fleur et je le fais quand je n’ai aucune raison spécifique de faire une distinction. J’espère que vous me pardonnerez.


J’espère que ce petit article vous a aidé à démystifier un peu le sujet complexe de la fleur!20171205B Petr Dlouhý, Wikimedia Commons.png

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