On ne change pas une formule gagnante

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Voici un principe du jardinier paresseux que je ne souligne pas assez souvent. Quand une plante donne de bons résultats pour vous ou qu’une technique de jardinage fonctionne dans votre cas, ne changez rien, quand bien même les experts disent le contraire. Et cela vaut quand bien même que je suis le soi-disant expert!

J’en ai vu des choses surprenantes dans ma carrière de journaliste horticole.

  • Des rosiers en pleine floraison dans un sous-bois alors que «tout le monde sait» qu’il faut les planter au soleil.
  • Des plantes de lavande (Lavandula angusifolia) cultivées en zone 3 alors qu’elle n’est théoriquement pas rustique au-delà de la zone 6.
  • Des gens qui utilisent des pilules anticonceptionnelles pour stimuler la floraison de leurs violettes africaines. Évidemment, il n’y a aucune raison pour laquelle des hormones conçues pour prévenir une grossesse chez un humain puissent profiter le moindrement à une plante… mais si cela fonctionne pour eux — et qu’ils ont un médecin compatissant prêt à signer une prescription pour une plante — pourquoi pas?

Le monde du jardinage est rempli de ce genre d’exception. Je vous suggère d’en profiter s’ils sont à votre avantage, tout simplement.

Les «infractions» mineures

Évidemment, souvent les techniques que les autorités déconseillent habituellement sont quand même valables à un certain degré.

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Faire des boutures dans l’eau n’est pas la méthode la plus recommandable, mais si vous avez du succès, continuez! Photo: Biusch, Wikimedia Commons

Par exemple, il est facile de prouver que le taux de succès avec les boutures est nettement supérieur quand on les fait enraciner à l’étouffée dans du terreau que lorsqu’on les fait dans un verre d’eau. Faites l’expérience chez vous avec des boutures identiques et vous verrez: les boutures placées dans du terreau et recouvertes d’une mini-serre poussent plus rapidement et plus vigoureusement que les boutures faites dans l’eau et l’on en perd moins à la pourriture. Cela dit, quelqu’un qui a de l’expérience avec les boutures faites dans l’eau aura quand même un bon succès avec cette méthode, notamment dans le cas des plantes faciles à bouturer, comme les philodendrons et les coléus. Alors si ça fonctionne pour vous, continuez!

Idem pour la culture des plantes dans des pots sans trou de drainage. Certaines personnes réussissent très bien avec cette méthode, faisant très attention de ne jamais donner trop d’eau. Je peux difficilement recommander cela dans ce blogue, car la majorité des gens perdent leurs plantes assez rapidement quand ils les cultivent dans des pots où le surplus d’eau ne peut pas s’évacuer, mais si vous êtes parmi les exceptions, tant mieux pour vous! Vous avez ma permission de continuer.

Attention aux trucs carrément dangereux

Je suis d’accord pour laisser passer des petits trucs maison qui ne sont pas toujours les plus efficaces, mais qui ne sont pas trop nuisibles, non plus, mais je suis complètement contre la mise en pratique de techniques horticoles qui peuvent nuire à l’environnement, aux animaux familiers ou aux humains.

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Beaucoup de gens pensent déjouer «le système» en fabriquant leur propre insecticide à la nicotine à partir de tabac ou de mégots de cigarette. Le résultat peut être mortel!

Les insecticides maison à base de nicotine, faits à partir de tabac ou de mégots de cigarette, par exemple, sont trop toxiques pour être traités à la légère. Imaginez! Une cuillérée suffirait pour tuer un enfant! Pourtant, il y a encore beaucoup de gens qui utilisent ces produits sans même porter des vêtements de protection. Si c’est votre cas, je vous suggère de cesser sur le champ.

Placer des boules à mites dans le jardin pour chasser les chats, les marmottes, les écureuils, etc. peut aussi paraître logique, jusqu’à ce que votre chien les mange et en meure. Et s’il y a de jeunes enfants dans le coin, quelle horreur!


Donc, en horticulture, non, vous n’avez pas à changer une formule gagnante. Tant que cela vous donne satisfaction, continuez… mais assurez-vous qu’elle n’aurait de tristes conséquences.20170408E

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Le bouturage étape par étape

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20170306a.jpgLe bouturage est loin d’être une technique nouvelle. Depuis que les plantes existent, la plupart se reproduisent, du moins à l’occasion, par bouturage. Une branche tombe au sol et, si les conditions conviennent, produit des racines, et alors une nouvelle plante est née. Il n’est pas plus difficile de faire des boutures à la maison… si on sait comment s’y prendre.

D’abord, le bouturage consiste à sectionner une partie d’une plante et à la stimuler à produire des racines et de nouvelles tiges. Autrement dit, la partie sectionnée, la bouture, devient une nouvelle plante à part entière.

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Il est aussi possible de faire des boutures de feuilles de certaines plantes, comme la sansevière ou langue de belle-mère… mais ici nous nous concentrerons sur les boutures de tige.

Plusieurs parties d’une plante peuvent se bouturer. Certaines plantes (notamment les mauvaises herbes comme le chiendent et la renouée japonaise) ont la capacité à se régénérer à partir d’une section de racine ou de rhizome dans le sol (on parle alors d’une bouture de racine), mais c’est plutôt rare. C’est la même chose pour les boutures de feuilles ou de sections de feuilles: seulement certaines plantes, comme les violettes africaines, les crassulas et les sansevières, s’y prêtent. Par contre, le bouturage des tiges réussit chez presque toute plante qui produit des tiges: plantes d’intérieur, arbustes, arbres, vivaces et beaucoup d’autres encore.

Concentrons-nous ici sur le bouturage des tiges de plantes d’intérieur, car ces plantes sont facilement disponibles en toute saison. La même technique peut toutefois s’appliquer aux plantes d’extérieur. Oui, vous pouvez suivre exactement les mêmes étapes avec les mêmes produits pour bouturer un rosier, un forsythia ou une échinacée, à la différence que vous le ferez quand les plantes sont en croissance, donc pendant l’été.

Quand faire des boutures?

Les boutures réussissent plus facilement quand la plante est en croissance. Les mois de mars, avril et mai, quand les plantes d’intérieur commencent à sortir de leur léthargie hivernale sous l’influence des jours de plus en plus longs, sont particulièrement propices au bouturage, mais on peut continuer de faire des boutures jusqu’au début de l’automne. D’ailleurs, c’est au mois de septembre que beaucoup de jardiniers bouturent les «annuelles récupérables» (pélargoniums, fuchsias, pétunias, bégonias, etc.) qu’ils vont conserver l’hiver pour replanter au jardin l’été suivant.

Étape par étape

1. Commencez par préparer le contenant qui recevra la bouture. Un pot de plastique classique convient parfaitement, mais on peut aussi improviser avec un pot de yogourt ou autre; il faut alors percer un trou de drainage dans le fond. Évitez les gros pots: les plantes s’enracinent mieux dans de petits pots de 5 à 7,5 cm (2 à 3 po) de diamètre ou dans des alvéoles. On peut par contre faire partager un pot ou un plateau plus large à plusieurs boutures.

20170305B.JPG2. Remplissez le pot de terreau pour plantes d’intérieur ou pour semis ou encore, de perlite ou de vermiculite. Évitez la terre de jardin et même le compost, car vous voudrez le terreau le plus stérile possible.

3. Mouillez bien le terreau et laissez drainer tout surplus d’eau.

20170306C.JPG4. Au moyen d’un crayon, percez un trou dans le terreau au centre du pot, trou qui recevra la bouture.

20170306xxx.jpg5. Maintenant, prélevez avec un couteau ou un sécateur bien aiguisé une tige saine ayant au moins trois nœuds et de préférence quatre ou cinq (le nœud est l’emplacement sur la tige où des feuilles sont fixées ou ont déjà été fixées).

20170306E.jpg6. Enlevez les fleurs et les boutons floraux (ils saperont l’énergie de la plante). Il faut aussi enlever les feuilles inférieures si elles se trouveront couvertes de terreau.

20170306F.JPG7. Pour les plantes qu’on veut voir se ramifier abondamment, comme les coléus et les hibiscus, pincez la bouture (c’est-à-dire, supprimez le bourgeon qui se trouve à l’extrémité de la tige). Cela la stimulera la production de plusieurs nouvelles tiges plutôt qu’une seule. Pour les plantes où une tige unique est la norme (dieffenbachias, dracaenas, philodendrons, etc.), il n’est pas nécessaire de pincer.

20170306G.jpg8. Parmi les plantes «faciles à bouturer», il y a le philodendron, le coléus, les piléas et les bégonias. Toutes ont des tiges molles, sans écorce, et produisent des racines facilement. Plus difficiles sont les plantes ligneuses (les «plantes à bois»), comme l’hibiscus, le dracaena et le croton. Pour ces plantes, appliquez une hormone d’enracinement sur la partie inférieure de la bouture. Cette hormone stimulera ces tiges récalcitrantes à produire des racines.

9. Glissez la bouture, partie inférieure vers le bas bien sûr, dans le trou préparé précédemment, jusqu’au deuxième ou troisième nœud. Tassez doucement le terreau pour que la bouture se tienne debout. (Pour une très grosse bouture, un tuteur peut être nécessaire pour la solidifier.)

020984_truc869.jpg10. La vaste majorité des boutures s’enracineront mieux sous une forte humidité: recouvrez alors le pot d’un dôme ou d’un sac de plastique transparent, créant de ce fait une mini-serre où l’humidité relative sera à presque 100%. On parle alors d’une «bouture à l’étouffée».

11. Placez le pot dans un emplacement bien éclairé, mais à l’abri du soleil direct, et aussi relativement chaud (de 21 à 24˚C).

12. Maintenant, patientez! En effet, certaines boutures reprennent très rapidement (le coléus en seulement quatre à sept jours!), mais d’autres peuvent prendre deux ou trois semaines, même plus d’un mois pour les boutures à tige ligneuse.

13. Vous saurez que le bouturage est réussi quand vous voyez de nouvelles feuilles sortir, signe que les racines commencent à faire leur travail. Enlevez alors la mini-serre et placez la plante (elle n’est plus une bouture) dans un endroit convenant à ses besoins.

Cactées et succulentes

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Laissez la tige sécher jusqu’à ce que un cal se forme.

Les cactées et succulentes n’ont pas besoin d’une forte humidité pour s’enraciner et peuvent même pourrir si on les fait à l’étouffée.

Pour ces plantes, donc, coupez la tige… et laissez-la sécher pendant quelques temps, soit jusqu’à ce que la blessure devienne calleuse, avant de la mettre en pot. Vous pouvez tout simplement déposer les boutures sur le côté dans une assiette ou sur une tablette en attendant. Cela prend 2 à 3 jours dans le cas de la plupart des succulentes, mais un mois ou plus pour certaines succulentes à tige très épaisse (de gros cactus et euphorbes, notamment).

Même après que vous aurez piqué la bouture dans un pot de terreau, n’arrosez pas tant que vous ne voyez pas des signes de croissance, ce qui peut parfois prendre encore un mois ou deux. Ces plantes produiront facilement des racines même dans un terreau sec.

À éviter: le bouturage dans l’eau

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Les boutures faites dans l’eau commencent bien, mais finissent souvent par pourrir.

Le texte suivant surprendra bien des jardiniers, car il y a une longue tradition de faire des boutures dans un verre d’eau, mais je déconseille fortement cette technique. Je ne dis pas que cela ne fonctionne pas parfois, mais en général, ça finit mal.

Le problème, c’est que les racines produites sur une bouture placée dans un verre d’eau s’acclimatent à un milieu aquatique. Quand vous transplantez la bouture dans un pot plus tard (et très peu de végétaux peuvent passer toute leur vie dans un verre d’eau), les racines aquatiques pourrissent et la jeune plante doit recommencer à zéro en produisant un nouveau lot de racines. Souvent, elle n’a plus assez de réserves pour ce faire et meurt.

Donc, pour assurer un bon taux de succès, je suggère de toujours faire vos boutures directement dans un terreau.

Après le bouturage

Selon la taille de la plante bouturée, le petit pot dans laquelle elle s’est enracinée deviendra trop petit plus ou moins rapidement. N’hésitez pas à rempoter vos boutures dans un pot de taille appropriée aux dimensions de la plante.


Maintenant que vous savez comment faire, essayez le bouturage vous-même: votre pouce est plus vert que vous ne le pensez!20170306a

On couvre ou on couvre pas ?

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Presque tout contenant transparent peut devenir une mini-serre!

On peut faire des boutures de tiges de plantes d’intérieur à l’air libre, mais vous aurez encore plus de succès en recouvrant les tiges encore fragiles avec une petite serre. Après tout, les boutures n’ont pas encore de racines et s’assècheront donc très rapidement, perdant l’eau à la transpiration, surtout si elles ont des feuilles minces. Dans une serre, l’air est très humide et la bouture ne perdra donc pas d’humidité à la transpiration, ce qui lui donnera une meilleure chance de reprise. On appelle cette technique «bouturage à l’étouffée».

Votre petite serre peut-être un sac de plastique transparent (on peut alors utiliser des bâtonnets de café pour que le sac ne s’écrase pas sur les plantes), une bouteille à large goulot, une barquette de plastique transparent dans lequel on vend des croissants ou des muffins ou même le fond d’une bouteille de boisson gazeuse que vous auriez découpé à cette fin. Vous n’aurez qu’à enlever la serre quand de nouvelles feuilles commencent à apparaître, signe que l’enracinement a commencé, ce qui peut prendre quelques semaines.

Ces boutures qui craignent l’humidité

La vaste majorité des boutures profiteront d’une forte humidité atmosphérique pendant qu’elles s’enracinent, alors on les bouture dans un terreau humide et les recouvre d’une mini-serre. Mais certaines plantes se bouturent mieux à l’air libre. Et c’est surtout le cas des plantes succulentes (cactus désertiques, crassulas, sédums, aéoniums, etc.).

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Laissez la bouture faire un cal avant de l’empoter. Pour un cactus à tige épaisse comme celui-ci, cela peut prendre un mois.

Pour ces plantes, coupez la tige… et laissez-la sécher pendant quelques jours, soit jusqu’à ce que la blessure devienne calleuse, avant de la mettre en pot. Vous pouvez tout simplement déposer les boutures sur le côté dans une assiette ou sur une tablette en attendant. Cela prend 2 à 3 jours dans le cas de la plupart des succulentes, mais un mois ou plus pour certaines succulentes à tige très épaisse (de gros cactus et euphorbes, notamment).

Même après que vous aurez piqué la bouture dans un pot de terreau, n’arrosez pas tant que vous ne voyez pas des signes de croissance, ce qui peut parfois prendre un mois ou deux. Ces plantes produiront facilement des racines même dans un terreau sec.

Et surtout ne recouvrez pas les boutures de succulentes d’une mini-serre, car cela peut provoquer de la pourriture!