Qu’est-ce qu’une olla… et où puis-je en trouver une?

Par défaut
Voilà plusieurs modèles d’olla, ces diffuseurs d’eau en terre cuite. Source: www.selaogardenart.co.nz

Répondons d’abord à la première question: dans le monde du jardinage, une olla (également écrite oya… et prononcée «oya» aussi!) est un dispositif d’arrosage très simple.

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Fonctionnement d’une olla. Source: fr.ulule.com

Il s’agit d’un récipient en terre cuite destiné à être inséré dans le sol. Lorsqu’elle est remplie d’eau, ses parois poreuses permettent à l’eau de s’écouler lentement, ce qui maintient humide le sol à proximité. Il vous suffit d’en insérer une ici et là dans votre potager ou dans n’importe quel autre type de plantation, laissant seulement le rebord supérieur exposé, et d’y ajouter de l’eau, comblant avec plus d’eau avant qu’elle ne se vide complètement. Elle vient avec un couvercle pour réduire l’évaporation et prévenir la pénétration de terre et de débris de jardinage.

Son histoire

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À l’origine, l’olla était une marmite en terre cuite. Source: es.kisspng.com

À l’origine, une olla était simplement une marmite en terre cuite. Le mot vient du latin «olla» et est encore largement utilisé dans les pays hispanophones pour décrire une telle casserole. Mais à un moment donné, quelqu’un a découvert qu’il pouvait utiliser l’olla pour arroser un jardin aussi.

Aujourd’hui, les ollas sont largement utilisées dans les potagers familiaux des climats arides, principalement dans le Nouveau Monde (au Mexique, par exemple), où la technique aurait été introduite par les colonisateurs espagnols, et aussi autour de la Méditerranée. J’en ai vu utilisées en Arizona, par exemple.

Depuis quelque temps, les ollas ont attiré l’attention des jardiniers en Europe, en Océanie, en Inde et aux États-Unis où elles sont actuellement «très tendance».

Où puis-je en trouver une?

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Étalage d’ollas aux Pays-Bas. Source: www.ollas.nl

Et c’est là que le bât blesse, du moins, là où je vis. Vous voyez, je suis incapable de trouver une olla dans mon pays, le Canada. Même par commande postale!

Oui, je sais, vous ne pouvez pas entrer dans une jardinerie en Europe sans voir un étalage d’ollas. C’est la même chose aux États-Unis, du moins dans l’aride Sud-Ouest. Je sais que je pourrais en commander une d’un autre pays, mais déjà les ollas ne sont pas bon marché et, en ajoutant les taxes, les frais de manutention et les droits, cela coûterait un bras.

Une olla maison

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Ollas faites de pots en terre cuite avec des soucoupes comme couvercles. Source: lovelygreens.com

Compte tenu de mon insuccès à trouver une olla dans le commerce, j’ai fabriqué ma propre olla en 2017. C’était simple comme bonjour: j’ai tout simplement pris un vieux pot en terre cuite et inséré un bouchon de liège dans le trou de drainage. J’ai testé son efficacité en le plaçant dans une soucoupe et en le remplissant d’eau. Eureka: après quelques heures, l’eau suintait bien sur les parois extérieures, mais le fond du pot ne coulait pas!

J’ai ensuite «planté» l’olla dans mon potager, laissant seulement le bord exposé. Puis je l’ai recouverte d’une soucoupe afin de réduire l’évaporation et d’empêcher les moustiques de s’y établir.

Pas très efficace chez moi

Je ne peux pas dire que l’olla ait été un gros succès, mais je pense que, finalement, ce sont les conditions dans mon potager qui ont fait qu’elle n’y a été pas très utile plutôt qu’un défaut dans l’olla. Peut-être que si j’avais répété l’expérience en 2018, alors qu’il a fait chaud et sec tout l’été, la situation aurait été différente, mais ce ne fut pas le cas.

Il faut savoir que, la plupart du temps, mon potager n’a pas besoin de beaucoup d’arrosage. J’utilise beaucoup de paillis (des feuilles déchiquetées, abondantes sur mon terrain et parfaitement gratis), ce qui diminue l’évaporation, garde le sol frais et réduit les besoins en eau. De plus, je vis dans un climat relativement pluvieux. Je m’attends généralement à un jour de pluie, ou à au moins une bonne averse, au moins une fois par semaine. Résultat: j’arrose très peu la plupart des années.

Lors de mon expérience, d’ailleurs, j’ai plus «arrosé» l’olla que le jardin! Elle se vidait lentement, mais sûrement, et j’ai pris l’habitude de rajouter de l’eau deux fois par semaine. Très honnêtement, je n’ai vu aucune différence chez les plantes du potager. Les végétaux les plus éloignés de l’olla semblaient pousser aussi bien que ceux à proximité.

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Mon tuyau suintant est peut-être invisible (il est caché sous le paillis), mais il fonctionne très efficacement. Source: www.goodhousekeeping.com

De plus, en dehors d’un premier arrosage au moment du semis et du repiquage, nécessaire même si on utilise une olla (elle arrose uniquement en profondeur et n’est d’aucune utilité pour les semis et les jeunes plants), il n’y a qu’en août qu’il est arrivé une période de deux semaines sans pluie où j’ai dû arroser deux fois. Je l’ai tout simplement fait avec le tuyau suintant posé dans le jardin il y a presque 20 ans et toujours là depuis, prêt à servir. Pour être honnête, remplir l’olla deux fois par semaine a pris beaucoup plus de mon temps que d’ouvrir le robinet deux fois au cours de l’été. De plus, je suis convaincu que l’olla a utilisé beaucoup plus d’eau : pas fort pour un outil qui sert principalement à économiser l’eau!

Ollas en hiver

Puis vint l’hiver. Oui, je savais que je devais rentrer ma olla maison à l’intérieur pour l’hiver, car la terre cuite est fragile au froid et peut se fissurer, mais j’ai pris le risque de la laisser en terre. Je me suis dit d’abord que mon jardin profite d’une bonne couverture de neige isolante, puis que le pot était vieux et sans grande valeur, mais finalement aussi que le déterrer et le nettoyer aurait demandé plus d’effort que ce que j’étais prêt à investir. Donc, ma olla a passé l’hiver en pleine terre. Au printemps, elle était réduite en tessons. (Donc, j’ai au moins appris qu’il faut rentrer une olla pour l’hiver!)

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La forme en ampoule de l’olla la rend plus facile à «planter» qu’à «déplanter». Source: www.stuff.co.nz

J’essaie de m’imaginer en train de déterrer une de ces ollas en forme d’ampoule que je vois sur Internet, mais il me semble que sa forme même, avec un «bulbe» plus large à la base, rendrait l’extraction difficile. J’aurais peur de la briser avec la pelle en essayant de la déterrer. Et, très honnêtement, en tant que jardinier paresseux, je ne tiens pas vraiment à investir tant d’efforts dans l’entretien. J’aime mieux les produits qui facilitent le jardinage que ceux qui le compliquent.

Conclusion

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Il faut plusieurs ollas pour la plupart des potagers, d’où une certaine perte d’espace de culture. Source: www.nativeseeds.org

J’ai lu des choses merveilleuses au sujet des ollas et je suis sûr qu’elles fonctionnent à merveille dans les climats arides où un arrosage fréquent est vital et où les hivers sont assez doux qu’on puisse les laisser en terre tout l’hiver, mais je suis désormais loin d’être certain de son efficacité dans les climats plus froids et plutôt humides. Notez aussi qu’une olla prend de la place au jardin, d’où une perte de production, et qu’il faut faire attention de ne pas la briser ou la recouvrir de terre ou de paillis quand on travaille dans le jardin.

Si jamais je trouve une «vraie olla» localement à prix raisonnable, je suis prêt à essayer de nouveau, mais si les résultats ne sont pas plus concluants, et rapidement, je ne pense pas aller très loin avec l’essai. Après tout, mon système actuel fonctionne très bien, utilise peu d’eau et arrose très efficacement. Ai-je vraiment besoin de me compliquer la vie avec un système plus complexe?

Peut-être que je ne suis tout simplement pas un jardinier à ollas!