Quand un agave fleurit

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Agave univitatta ‘Splendida’ qui commence à fleurir. Source: jardinierparesseux.com


C’est mon propre agave sur la photo ci-dessus : Agave univitatta ‘Splendida’. Je l’ai acheté sous le nom de A. lophantha ‘Splendida’ il y a presque 20 ans, mais le nom a changé depuis. Et maintenant, il fleurit pour la première et la dernière fois.

Voyez-vous, les agaves ne fleurissent qu’une seule fois, puis ils meurent: ils sont monocarpiques. Autrefois, on appelait les agaves «plantes centenaires», car on croyait qu’ils ne fleurissaient qu’une fois par siècle (tous les 100 ans). Aujourd’hui, nous savons que peu d’agaves poussant sous de bonnes conditions prennent plus de 30 ans à fleurir. D’ailleurs, chez les plus petites espèces, cultivées sous les meilleures conditions possibles, le délai peut être de moins de 10 ans. Mais toujours, la plante meurt après avoir produit des semences.

Beau mais maintenant solitaire

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Agave univitatta ‘Splendida’ avec plusieurs rejets. Source: worldofsucculents.com

Mon agave a produit bon nombre de rejets (bébés) au fil des ans. Parfois, je les ai laissés pousser pendant quelques années, parfois je les ai enlevés jeunes. Certains ont été donnés. D’autres ont passé l’été comme plantes ornementales dans mes plates-bandes, puis ont été tuées par le froid de l’hiver (je vis dans une région beaucoup trop froide [zone 4] pour la survie d’un agave, même le plus rustique!).

Depuis quelques années, cependant, j’ai pris l’habitude d’enlever tous les rejets pour que la plante occupe moins d’espace : déjà, la plante mère mesure 50 cm de largeur, ce qui est bien assez pour la petite serre où elle hiverne. A. univittata est petit pour un agave, mais quand même de bonne taille pour une plante d’intérieur.

Le résultat de mon ménage régulier est que je me trouve dépourvu de remplaçants maintenant que «maman» vit ses dernières semaines! Je n’aurai pas d’autre choix que de repartir un plant ou deux à partir des semences que maman produira dans quelques semaines.

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La bande jaune au centre de chaque feuille d’Agave univitatta ‘Splendida’ est-elle transmissible par semences? J’espère connaître la réponse bientôt! Source: SC FM, http://www.agaveville.org

Reste à savoir si la rayure jaune au centre de chaque feuille, qui distingue le cultivar ‘Splendida’ de l’espèce (qui a des feuilles uniformément vertes), va réapparaître dans les semis, mais alors, qu’est-ce que le jardinage sinon une longue série d’expériences?

Un des plus petits agaves

A. univittata est parmi les plus petits agaves et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je l’ai toujours. Au fil des ans, j’en ai cultivé d’autres, souvent à partir de plantules produites par des agaves géants que j’ai vus lors de mes voyages, mais j’ai finalement dû les donner ou les jeter, car ils occupaient trop d’espace.

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Agave américain (Agave americana) à sa taille maximale: je n’aurais jamais assez d’espace pour ce géant dans ma petite serre!

L’agave américain (Agave americana), que j’ai cultivé pendant 10 ans à partir d’un tout petit bébé, mesurait 1 m de diamètre quand je l’ai donné et peut éventuellement atteindre 6 m!

C’est une bonne chose que mon A. vittata ‘Superba’ se soit mis à fleurir en été pendant son séjour annuel en plein air. Je n’aurais pas eu suffisamment de place à l’intérieur pour laisser sa tige florale atteindre sa pleine hauteur : elle mesure déjà 2,5 m et n’a pas encore fini de grandir!

Pas un aloès

 

Agave (Agave macroantha ‘Blue Ribbon’) à gauche, aloès (Aloe vera) à droite. Notez le dard pointu à l’extrémité des feuilles de l’agave. Source: http://www.plantdelights.com & http://www.plant-lore.com

Les gens confondent souvent les agaves avec l’aloès (Aloe spp.) Et, en fait, les deux sont peut-être des plantes succulentes d’apparence similaire, mais ils ne sont que des parents très éloignés. On dit que leur dernier ancêtre commun existait il y a environ 93 millions d’années, à l’époque des dinosaures, et qu’ils ont évolué indépendamment depuis.

Les deux font partie du même ordre de plantes monocotylédones, les Asparagales, mais sont de deux familles différentes de ce vaste ordre. C’est le même degré de parenté qu’un chihuahua et un tigre!

Ainsi, les agaves font partie de la famille des asperges (Asparagacées) et les aloès, de la famille des asphodèles (Asphodelacées); les agaves viennent du Nouveau Monde (principalement d’Amérique centrale et des Caraïbes), l’aloès, de l’Ancien Monde (surtout d’Afrique et de la péninsule arabique); etc. Ils sont un exemple souvent cité d’évolution convergente: ils se ressemblent parce qu’ils poussent dans des conditions similaires (climat chaud et aride) où des feuilles charnues, des épines protectrices et une forme trapue et dense sont des stratégies adaptatives avantageuses. Ils ont donc fini par se ressembler.

Mais les aloès fleurissent à répétition, généralement à chaque année, souvent avec des fleurs tubulaires rouges, orange ou jaunes. Les agaves, tel que mentionné, ne fleurissent qu’une fois dans leur vie, avec des fleurs généralement blanc verdâtre ou jaune verdâtre, également tubulaires toutefois.

 

 

Les agaves (à gauche) ont des feuilles fibreuses, les aloès (à droite), ont des feuilles remplies de suc. Source: Daniel Green, http://www.flickr.com & YeastyPlants, http://www.reddit.com

Vous n’arrivez pas à distinguer les deux? Prenez alors un couteau et coupez l’extrémité d’une feuille. Les feuilles d’aloès sont remplies de suc gélatineux; les feuilles d’agave, de fibres coriaces. Ainsi, on les distingue à coup sûr. Il y a beaucoup d’autres différences plus subtiles, comme le dard particulièrement féroce à l’extrémité des feuilles de beaucoup d’agaves, mais absent chez l’aloès.

Une fois que vous en aurez cultivé quelques-uns, vous n’aurez plus besoin de couper une feuille pour les distinguer: vous constaterez que vous aurez appris à les distinguer d’un simple coup d’œil.


Alors, mon cher agave, je vous souhaite une bonne floraison. Je vous reverrai bientôt sous la forme d’un de vos semis!

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L’aloès est-il toxique ou pas?

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L’aloès est une plante d’intérieur populaire qui est à la fois toxique et sécuritaire. Source: www.bakker.com

Dire si une plante est toxique ou non est toujours un peu compliqué. Vous pourriez penser que c’est clair et net, qu’une plante est soit toxique soit non toxique, mais ce n’est pas si simple.

Certaines plantes ont à la fois des parties toxiques et des parties non dangereuses. D’autres peuvent être consommées sans risque en quantités modestes, mais être toxiques lorsqu’on les ingère en quantités excessives. D’autres encore peuvent être sûres à certaines saisons et toxiques à d’autres. Ou encore, certaines peuvent être toxiques lorsque consommées crues et être sans danger, voire comestibles, après la cuisson.

Lorsque j’ai publié l’article 200 plantes d’appartement toxiques il y a quelques mois, par exemple, j’ai spécifiquement inclus des plantes qui pourraient être toxiques si elles étaient grignotées par un enfant ou un animal de compagnie. Il ne s’agissait pas d’une condamnation globale de la plante indiquant qu’elle était toxique en toutes circonstances!

Et l’une des plantes sur cette liste de plantes d’intérieur toxiques était le très populaire aloès médicinal (Aloe vera).

L’aloès: à la fois toxique et sécuritaire

Cette plante d’intérieur (climats froids) ou de jardin (climats doux) est parfaitement sécuritaire à utiliser, même pour usage interne, quand vous savez quoi en faire, mais irritante et quelque peu toxique (d’ailleurs, fort amère aussi!) si elle n’est pas utilisée avec précaution.

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Le gel transparent au centre de la feuille est sans danger et même utile, mais la couche située tout juste à l’intérieur de la feuille, en bordure, est toxique. Source: http://www.valueadd.sg

La partie que vous voulez est le gel clair que l’on trouve au centre de la feuille, utilisé  sur les éraflures, les brûlures, les coupures mineures, etc. pour aider à diminuer la douleur et accélérer la guérison. Lorsqu’il est ingéré, ce gel peut aussi apaiser le tractus gastro-intestinal. Cependant, tout juste à l’intérieur de la feuille, il y a une bande étroite de tissu jaune qui dégage une sève toxique et amère en raison de la présence d’aloïne. C’est cette partie qu’il faut éviter d’utiliser.

Il n’est donc pas sage de couper une feuille et d’en extraire le gel en la pressant comme un tube de dentifrice. Cela peut libérer l’aloïne en même temps que le gel et entraîner une irritation. Plutôt que de presser la feuille, récoltez-en une (ou une partie d’une) et coupez-la pour en extraire le gel. Voici comment faire:

Décortiquer une feuille d’aloès

Enfilez une paire de gants, car les feuilles d’aloès ont des bords épineux. (D’accord, pas si menaçants, mais quand même!) Maintenant, tirez sur une feuille saine en la tenant par le milieu et en faisant un mouvement répété de droite à gauche jusqu’à ce que la feuille se détache. Certaines personnes préfèrent couper la feuille ou une partie de la feuille avec un couteau bien aiguisé.

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Une fois l’épiderme supérieur enlevé, vous pouvez ramasser le gel à la cuiller. Source: thepaleomama.com

Couchez ensuite la feuille sur une planche, la partie inférieure bombée en-dessous. Utilisez le même couteau tranchant pour enlever l’épiderme supérieur de la feuille, incluant les couches verte et jaune. Maintenant, il suffit de ramasser le gel à l’intérieur de la feuille à la cuiller, laissant sur place la couche inférieure de gel, celle la plus proche de la partie toxique.

Si vous n’avez besoin que d’une petite quantité de sève d’aloès, après avoir récolté la feuille, découpez une petite section et ne préparez pour utilisation que cette partie, comme indiqué ci-dessus. Ensuite, emballez le reste de la feuille dans une pellicule de plastique et scellez bien. La feuille peut alors se conserver pendant 10 à 15 jours à température ambiante ou pendant 20 à 25 jours au réfrigérateur.

Vous pouvez mettre tout gel d’aloès excédentaire dans un petit contenant et le conserver au réfrigérateur pendant 3 à 4 jours. Il y a aussi des traitements que vous pouvez utiliser pour faire durer le gel encore plus longtemps, comme y mélanger des vitamines C et E, mais je trouve qu’une plante d’aloès produit tellement de feuilles qu’il est beaucoup plus facile d’en récolter une nouvelle que d’utiliser des procédures complexes pour préserver le gel recueilli!

Un aloès chez vous

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Profitez bien de votre aloès! Source: www.bakker.com

Pour apprendre comment cultiver votre propre plante d’aloès, lisez Aloès bon marché.

Profitez bien de votre plante d’aloès. C’est une plante attrayante, facile à cultiver et utile à avoir sous la main pour les urgences médicales mineures. Espérons tout simplement que vous n’aurez pas besoin d’utiliser son gel trop souvent!

Deux plantes d’intérieur peuvent-elles partagent un même pot?

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Deux plantes d’intérieur peuvent-elles partager le même pot? Source: gallery.yopriceville.com, Clipart Library & beautifulgarden.org.uk

Question: Je cultive deux avocatiers dans d’immenses pots. Je me demandais s’il serait possible de cultiver mes aloès dans les mêmes pots, au pied des avocatiers? Je pourrais ainsi joindre l’utile à l’agréable, récupérer de l’espace et il me semble que l’effet serait joli. Qu’en pensez-vous?

Dominique

Réponse: Il est curieux de constater que la tradition avec les plantes d’intérieur est de les cultiver dans des pots individuels, car quand nous préparons des contenants pour le jardin extérieur (balconnières, jardinières, etc.), nous n’hésitons pas à mélanger différentes plantes, pas plus que dans une plate-bande extérieure ou un terrarium. Il n’y a aucune raison logique de ne pas composer des potées mixtes de plantes d’intérieur aussi.

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Les pots combinés vendus en magasin contiennent souvent des choix plus que douteux. Ici, la sélaginelle (petite plante mousseuse) n’a pas les mêmes besoins que le poinsettia et le pin de Norfolk et finira par mourir assez rapidement. Source: statebystategardening.com

Cependant, il faut que les plantes soient compatibles, que leurs besoins correspondent. Il serait difficile de cultiver, dans le même pot, un cactus désertique, qui préfère le plein soleil et un terreau qui s’assèche en profondeur entre deux arrosages, et une capillaire, fougère qui préfère l’ombre ou la mi-ombre et un sol constamment humide. Aussi faudrait-il éviter de cultiver des plantes très dominantes et envahissantes avec des plantes fragiles, des plantes qui ont une période de dormance au sec avec des végétaux qui poussent à l’année, des plantes qui demandent beaucoup d’engrais avec des plantes qui préfèrent un sol pauvre, des plantes qui diffèrent quant au type de terreau, à la longueur du jour, à la température, etc.

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Le kalanchoé de Daigremont (Kalanchoe daigremontiana) est toxique aux autres végétaux qui partagent son pot. Source: Alina Zienowicz, Wikimedia Commons

Il existe même des plantes d’intérieur allélopathiques (Kalanchoe daigremontiana, par exemple) qui empoisonnent le terreau dans lequel elles poussent et qui cohabitent donc difficilement avec tout autre végétal, même quand leurs besoins correspondent.

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La plupart des succulentes peuvent partager le même pot… mais n’y ajoutez pas de cactus. Source: The Urban Wife

Cela dit, il y a beaucoup de plantes d’intérieur qui partagent les mêmes exigences. Beaucoup de variétés courantes aiment un éclairage moyen, une humidité moyenne et des arrosages moyens : philodendrons, scheffleras, spathiphyllums, etc. Et je ne vois pas de problème à cultiver, par exemple, différentes succulentes (sédums, aéoniums, echeverias, etc.) dans le même pot, car presque toutes aiment le soleil, tolèrent l’air sec et préfèrent un terreau qui s’assèche… mais ajouter un cactus à cette combinaison, même si cela se fait dans le commerce, mène souvent au désastre, du moins à long terme, car, même si les cactus partagent ces mêmes besoins, en général ils ont besoin d’un hiver au froid pour bien pousser alors que les autres succulentes tolèrent mal cette froidure.

Autrement dit, combiner différentes plantes dans un même pot est possible, mais peut être compliqué.

Votre combinaison

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Est-ce qu’un aloès et un avocatier peuvent partager le même pot? Source: gallery.yopriceville.com, Clipart Library & beautifulgarden.org.uk

À première vue, votre combinaison ne semblerait pas fonctionner. L’avocatier (Persea americana) est un arbre venant de la forêt tropicale humide (la jungle) et aimerait un sol toujours un peu humide et une forte humidité atmosphérique en tout temps alors que l’aloès médicinal (Aloe vera) vient d’un milieu aride où l’air est sec et où le sol s’assèche pendant de longs mois.

Cela dit, l’aloès est une plante très plastique dans ses exigences, beaucoup plus que l’avocatier, et s’adaptera à des conditions très variées. Ainsi, il peut tolérer un sol qui ne n’assèche jamais tant qu’il n’est pas non plus détrempé et n’est pas dérangé par une atmosphère humide, même s’il n’en a pas besoin. Et les deux aiment un éclairage intense à moyen: le grand avocatier cherchera sa lumière en hauteur, l’aloès, plus petit, davantage au pied du pot.

Je dirais que oui, vous pouvez planter des aloès dans les gros pots de vos avocatiers, mais que le facteur limitant demeurera l’arrosage. Prenez l’habitude de toujours laisser le terreau s’assécher un tant soit peu avant d’arroser de nouveau et les deux devraient bien s’entendre.20171216A gallery.yopriceville.com

Comment bouturer une feuille d’aloès?

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Il est facile de trouver des photos de boutures de feuilles d’aloès… même si la technique ne fonctionne pas! Source: gerbeaud.com

Question: Comment faire pour bouturer une feuille d’aloès? Ça fait deux fois que j’essaie, mais dans chaque cas, la feuille finit par pourrir et il n’y a jamais de bébé.

Louise L.

Réponse: Si vos tentatives restent vaines, c’est tout simplement parce qu’il est impossible de bouturer des feuilles d’aloès.

La feuille de l’aloès médicinal, aussi appelé aloès vrai (Aloe vera) — je présume que vous parlez de cette plante — ne porte pas de bourgeon adventif (bourgeon capable de donner naissance à une plantule). À ce que je sache, on ne peut multiplier aucune espèce d’aloès (et il y a plus de 500 espèces d’Aloe!) à partir de boutures de feuilles non plus, vu l’absence de bourgeon adventif sur les feuilles.

Mais je l’ai vu sur Internet!

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Il y a beaucoup de sites qui prétendent montrer comment bouturer une feuille d’aloès, mais l’information qu’on y trouve est tout simplement erronnée. Source: i.ytimg.com

Ce qui est curieux est de constater qu’il y a bon nombre de sites Web qui prétendent le contraire. Même des sites très sérieux!

Ces sites offrent des recommandations souvent très divergentes. Par exemple, qu’il faut: faire une coupe nette, écraser la blessure, laisser la feuille intacte, la couper en sections, laisser cicatriser la blessure, insérer la bouture dans du terreau sans tarder, appliquer une hormone d’enracinement, ne pas appliquer d’hormone d’enracinement, etc. Souvent, il y a même des photos montrant le processus recommandé étape par étape… sauf que la dernière photo, celle qui montrerait la bouture réussie, n’est jamais incluse.

Par contre, si vous cherchez sur Internet de l’information sur le bouturage des feuilles d’haworthia (Haworthia spp.) ou de gasteria (Gasteria spp.), deux plantes proches parentes des aloès (les trois appartiennent à la sous-famille Asphodeloidées de la famille des Xanthorrhoeacées) qui ont la réputation de se multiplier facilement par boutures de feuilles, vous n’aurez pas de difficulté à trouver des photos montrant justement de jeunes plants poussant à partir de boutures de feuilles.

Division

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Jeune maman aloès avec déjà deux rejets que vous pourriez facilement séparer et replanter. Source: 2.bp.blogspot.com

On peut toutefois facilement multiplier l’aloès médicinal par division.

En général, il produit une bonne quantité de rejets (bébés), ce qui fait que cette méthode est particulièrement populaire. Il s’agit de les séparer de la plante mère, de préférence en conservant des racines. Vous pouvez le faire en creusant à leur base pour les libérer en douceur ou en défaisant toute la motte pour les séparer. Ensuite, il suffit de les empoter individuellement, tout simplement, arrosant peu au début, mais davantage quand les «bébés» commencent à pousser. Notez que les rejets portant au moins trois feuilles sont plus faciles à réussir que les divisions moins matures.

Boutures de tige et de rhizome

À première vue, l’aloès médicinal ne paraît pas être apte aux boutures de tige. Après tout, cette espèce est acaule (elle produit une rosette appuyée sur le sol, sans tige visible), du moins si l’éclairage est adéquat, et ne semble pas offrir la tige nécessaire pour cette sorte de multiplication. Mais il y a bien une tige; c’est juste qu’elle est cachée sous les feuilles. Habituellement, alors, on limite le bouturage de tige aux situations où la plante mère est en train de mourir, peut-être de pourriture des racines.

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Si vous dégagez une partie de tige de toute feuille, vous pouvez bouturer la tête de la plante. Source: www.desibucket.com

Dans ce cas, il suffit de couper la tête de la plante, de dégager une section de tige de 2,5 à 5 cm en enlevant quelques rangées de feuilles dans la partie inférieure de la rosette, puis d’insérer la section de tige libérée dans un terreau plutôt sec, augmentant les arrosages lorsque des racines commencent à se former. En 3 mois, la plante devrait avoir complètement repris.

(Notez qu’il existe beaucoup d’espèces d’aloès arborescentes ou rampantes qui poussent non pas sous forme de rosette acaule, mais avec de multiples tiges ramifiées portant des feuilles bien espacées. Ces variétés se multiplient plus facilement par boutures de tige.)

On peut aussi faire des boutures de rhizome. En vieillissant, la plante développe, sous le sol, une tige épaisse (rhizome) qu’on peut sectionner et planter et qui produira assez rapidement de jeunes plantes.

Fausses boutures de feuilles

Vous pouvez même faire des (fausses) boutures de feuilles d’aloès, à condition d’inclure au moins une petite section de tige… mais les situations où cela serait le moindrement utile sont très rares, car il faudrait couper la plante mère en petits morceaux pour y parvenir. Et d’ailleurs, cela demeure officiellement une bouture de tige, puisque le plant qui pousse relève d’un bourgeon adventif trouvé sur la tige, pas sur la feuille.

Par semences

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Capsules de graines d’aloès. Source: Forest Starr & Kim Starr, Wikimedia Commons

Vous pouvez également multiplier l’aloès par semences si cela vous tente. Parfois, après une floraison, les aloès matures cultivés en plein air produisent des semences (cela arrive rarement dans le cas des aloès d’intérieur à défaut de pollinisateurs) et, si oui, vous pouvez les récolter et les semer. Sinon, les semences de différents aloès sont faciles à trouver sur Internet. Il suffit de les semer à l’intérieur comme n’importe quelle autre plante. La germination est un peu lente, mais très facile à obtenir.

Évidemment, la culture in vitro (à partir de méristèmes) donnera une autre façon de multiplier l’aloès… en laboratoire.

Mais nous voilà rendus à la limite des possibilités, car vous ne pouvez pas multiplier un aloès par boutures de feuilles. C’est tout simplement impossible!20171114A gerbeaud.com

Aloès bon marché

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20151220A.jpgCroyez-le ou non, on vend désormais des feuilles d’aloès médicinal (Aloe vera) dans mon supermarché. On se rappelle que la sève d’aloès sert à enlever la douleur et hâter la guérison des éraflures, des brûlures mineures et des coupures — et plus de mille et un autres usages — mais de la à nous vendre des feuilles individuelles?! Les gens qui achètent ces feuilles ne savent-il pas que l’aloès se cultive tellement facilement dans la maison qu’il n’y aurait jamais besoin d’acheter des feuilles supplémentaires?!

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Jeune aloès médicinal aux feuilles tachetées et aux multiples rejets.

Une fenêtre au moins un peu ensoleillée ou des arrosages de temps en temps (il y plus de détails ici), et voilà, il pousse. Dans sa jeunesse, il donne même une prolifération de bébés plantes qu’on peut diviser et rempoter.

À l’âge adulte, il change radicalement de forme. Là où il poussait plutôt en éventail, il commence à pousser en rosette. D’ailleurs, une rosette imposante avec des feuilles 4 fois plus grosses, sans les tâches blanches de sa jeunesse… et aux dents plus nombreuses et plus acérées. Et la production de bébés cesse. Il arrive même, après bien des années, à produire un épi de fleurs tubulaires jaunes. Tant qu’il ne subit pas de gel, l’aloès médicinal est pratiquement intuable.

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Aloès adulte: feuilles sans taches et plant sans bébés.

Alors, pourquoi acheter des feuilles?! Procurez-vos plutôt une plante et voilà, vous pourriez récolter – gratuitement! – toutes les feuilles d’aloès dont vous aurez jamais besoin pour le reste de votre vie.