Démêlons les noms des agrumes

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Voilà un échantillon des formes des agrumes: il y en a encore beaucoup d’autres. Photo: Bernhard Voß, Wikimedia Commons

J’ai un grand défaut en tant que jardinier. J’aime mettre le bon nom sur mes plantes: le nom botanique, bien sûr. Mais la situation des agrumes me frustre au plus haut point. Je n’arrive pas à voir vraiment clair dans ce méli-mélo terrible. Mais voici mon effort pour y mettre un peu d’ordre.


Depuis que j’ai commencé à cultiver des agrumes comme plantes d’intérieur, donc depuis ce premier pépin d’orange, récolté à partir d’un fruit acheté au supermarché, puis semé dans un pot il y a plus de 40 ans, j’ai du mal à mettre un nom botanique approprié sur les agrumes que je cultive. En effet, les noms ne cessent de changer! Plus les taxonomistes se penchent sur le cas des agrumes (genre Citrus de la famille des Rutacées), plus ils découvrent que la génétique de ces plantes est très complexe et donc, plus les noms sont susceptibles de changer.

Saviez-vous que le mot agrume vient du latin médiéval acrumen? Il signifie «substance de saveur aigre», ce qui est certainement le cas pour certains agrumes: citron, bigarade, lime, etc.
Photo: clipart1001.com

Vous voyez, à peu près n’importe quel agrume fertile peut se croiser avec tout autre agrume fertile, même d’une espèce différente. Un mandarinier se croisera volontiers avec un citronnier, un pamplemoussier ou même un kumquat (maintenant Citrus japonica; anciemment Fortunella japonica).

Ainsi, non seulement la plupart des agrumes que nous utilisons quotidiennement sont des hybrides complexes, mais de nombreuses espèces sauvages sont elles-mêmes des hybrides naturels.

Puisque les agrumes sont tous étroitement apparentés, vous pouvez greffer différentes variétés sur le même arbre. Photo: Kaimuki Backyard, YouTube

C’est une des raisons pour lesquelles les agriculteurs multiplient les agrumes par greffage ou par bouturage: ainsi, ils peuvent s’assurer que les fruits produits seront fidèles au type. Après tout, voudriez-vous risquer de semer un champ avec des pépins de mandarines pour découvrir, environ 15 ans plus tard, quand les arbres commencent à produire, qu’ils sont en fait quelque chose de très différent… et probablement sans valeur commerciale?

Juste pour créer encore plus de confusion, cependant, sachez que de nombreux agrumes sont capables d’apomixie: s’il n’y a pas d’échange de pollen, ils peuvent quand même produire des fruits, avec des pépins fertiles, mais de manière clonale. Dans ce cas, les plantes issues de pépins seront bel et bien identiques à la plante mère. L’oranger (Citrus ×sinensis) en est un bon exemple. S’il n’y a pas de pollinsateur dans les environs, il produira des graines par apomixie, donc des plantes fidèles au type.

Vrai citron (à gauche), citron Ponderosa (à droite): ils partagent un nom commun, mais ce sont des fruits différents. Photo: http://www.specialtyproduce.com

Vous ne pouvez pas catégoriser les agrumes par leur apparence seule. En raison de milliers d’années de croisements et de rétrocroisements, des agrumes d’aspect similaire peuvent avoir des origines très différentes… et ainsi des goûts très différents. Les deux «citronniers» que je cultive comme plantes d’intérieur, par exemple, le citronnier Meyer (C. × meyeri) et le citronnier ‘Ponderosa’ (C. medica × C. maxima) × C. medica) produisent des fruits qui rappellent des citrons par leur forme et leur couleur, mais pas par leur goût, car le vrai citronnier (C. × limon) en est un parent très éloigné.

L’origine des agrumes

Voie de dispersion proposée pour les espèces d’agrumes ancestrales. L’étoile indique où l’espèce fossile C. linczangensis a été trouvée. Ill.: Wu, Terol, Ibanez et al., 2018.

Le genre Citrus aurait évolué il y a environ 8 millions d’années dans les contreforts sud-est de l’Himalaya, dans un triangle situé entre l’Assam (nord-est de l’Inde), le nord du Myanmar et le nord-ouest du Yunnan (Chine). Cette origine est basée sur une espèce fossile (C. linczangensis) qui a été trouvée dans cette région… et par la répartition presque concentrique des autres espèces apparues par la suite. Ces différentes espèces ont évolué, par mutation, mais aussi par hybridation, gagnant éventuellement toute l’Asie du Sud-Est continentale et même la plupart des îles (Indonésie, Taïwan, Japon, Philippines, etc.). Même, le genre a réussi à traverser la ligne Wallace pour s’établir en Nouvelle-Guinée et dans le nord de l’Australie.

Quatre espèces ancestrales, soit le cédratier (C. medica), le mandarinier (C. reticulata), le pomélo (C. maxima) et le papeda (C. micrantha) sont les principales espèces impliquées dans la création des agrumes que nous connaissons aujourd’hui (oranges, limes, citrons et pamplemousses), alors que d’autres agrumes moins connus ont fourni des gènes à d’autres espèces.

Les humains aussi se sont impliqués dans la dispersion des agrumes à travers le monde, déjà à l’époque préhistorique. Les divers peuples de la Micronésie et de la Polynésie, par exemple, ont transporté des agrumes dans de nombreuses îles du Pacifique (3000–1500 avant notre ère).

Le cédrat, fruit du cédratier (C. medica), est le plus souvent utilisé en médecine comme l’épithète medica le suggère. Curieusement, on l’appelle citron en anglais. Photo: flora-toskana.com

Le cédratier (C. medica), dont les gros fruits pèsent souvent 500 à 600 g et parfois jusqu’à 3,5 kg, a apparemment été la première espèce d’agrume à atteindre l’Europe, arrivant de l’Inde par la route de l’encens, probablement vers 1200 avant notre ère. Il était bien connu des Romains, notamment, et cultivé dans les régions les plus tropicales de leur empire.

Les commerçants arabes auraient introduit le citronnier, le pomélo et le bigaradier (oranger amer) au sud de l’Europe et en Afrique vers le 10e siècle de notre ère. Il a fallu attendre 500 ans de plus avant que l’oranger (oranger doux) arrive en Europe, transporté autour du Cap de Bonne-Espérance (Afrique) par des commerçants génois et portugais. 

Ce sont les conquistadors qui ont introduit les agrumes au Nouveau-Monde, de la Floride jusqu’en l’Argentine et au Chili. En 1663, les agrumes étaient cultivés à Versailles dans des serres spécialement conçues appelées orangeries. Les agrumes furent introduits en Australie par les Britanniques à partir de 1787 à partir du Jardin botanique de Sydney.

Curieusement, il a fallu attendre au 19e siècle avant que le mandarinier arrive en Europe.

Dans leurs nouveaux pays, les croisements spontanés et provoqués continuèrent. Le pamplemoussier (C. ×paradsii), par exemple, serait issu d’un croisement spontané entre le pomélo (C. maxima) et l’oranger (C. ×sinensis) en Barbade, très loin de leur Asie d’origine, vers 1750.

Toujours de la confusion

Peu importe les sources qu’on consulte, il y a toujours de la controverse au sujet des noms botaniques des agrumes. 

D’ailleurs, il y a encore des divergences d’opinions au sujet des noms communs aussi. Par exemple, certaines autorités préconisent l’utilisation du terme pomélo pour l’espèce ancestrale (C. maxima) et de pamplemousse pour l’hybride, soit le fruit trouvé dans nos supermarchés (C. ×paradsii). D’autres disent exactement le contraire!

Quant à la lime, tout agrume aux petits fruits verts risque de s’appeler ainsi!

Quelques agrumes et leur nom botanique

Quelques agrumes typiques, du pomélo (le plus gros) au kumquat (le plus petit). Photo: Vicky Wasik, http://www.seriouseats.com

Dans la liste suivante de 23 agrumes et de leur nom botanique, les plantes dont le nom porte le signe de multiplication (×) sont des hybrides (bien qu’il ne soit pas toujours clair quelles espèces sont leurs parents) tandis que celles sans signe de multiplication sont des espèces ancestrales.

Bergamotier – C. ×bergamia (C. ×limon × C. ×aurantium
Bigaradier ou oranger amer – C. ×aurantium (C. maxima × C. reticulata
Calamondin ou oranger d’appartement  – C. ×microcarpa (C. reticulata × C. japonica
Cédratier – C. medica  
Citronnier – C. ×limon (C. medica × C. ×aurantium
Citronnier Meyer – C. ×meyeri (C. medica × C. ×sinensis
Citronnier Ponderosa – (C. medica × C. maxima) × C. medica
Clémentinier – C. ×clementina (C. ×deliciosa × C. ×sinensis
Combava – C. hystrix  
Kumquat – C. japonica  
Limettier de Perse – C. × latifolia (C. ×aurantiifolia × C. ×limon
Limettier ou citronnier vert – C. × aurantiifolia (C. medica × C. micrantha
Main de Bouddha – C. medica sarcodactylus  
Mandarinier – C. reticulata (aussi C. ×deliciosa
Oranger navel – cultivars de C. ×sinensis 
Oranger ou oranger doux – C. ×sinensis  (C. maxima × C. reticulata
Oranger sanguin – cultivars de Citrus ×sinensis 
Oranger trifolié – C. trifoliata, aussi appelé Poncirus trifoliata  
Pamplemoussier – C. ×paradisi (C. maxima × C. ×sinensis
Papeda – C. micrantha 
Papeda ichang – C. ichangensis  
Pomélo – C. maxima  
Tangelo –  C. ×tangelo (C. reticulata × C. maxima ou C. ×paradisi
Tangerinier – C. × tangerina

Notez que cette liste est, bien sûr, sujette aux changements, car il reste encore beaucoup à apprendre sur la génétique des agrumes.

Et plus encore!

Vous trouvez qu’il y en a beaucoup d’agrumes sur la liste? En fait, il y a plus de 100 autres agrumes que je n’ai pas inclus, vu leur utilisation surtout régionale. Les possibilités de confusion sont donc presque infinies!

Plantes d’intérieur comestibles

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Le caféier (Coffea arabica) est parmi les plantes comestibles qu’on peut cultiver comme plantes d’appartement.

Question: Existe-t-il des plantes d’intérieur qui sont comestibles et jolies en même temps?

Clecio Turgeon

Réponse: Bien sûr. Il existe de nombreuses plantes tropicales qu’on peut cultiver comme plantes d’intérieur pour égayer nos appartements et qui nous fournissent aussi de quoi nous mettre sous la dent. Mais relativement peu des plantes d’intérieur les plus courantes sont dans cette catégorie. La plupart des «plantes d’intérieur de tous les jours» ne sont pas considérés comestibles ou certaines (philodendrons, dieffenbachias, la plupart des euphorbes, etc.) sont même toxiques.

Ce qui suit donnera une petite idée des plantes d’intérieur comestibles.

Plantes absentes de la liste

Je me permets d’être sélectif dans mon choix de «plantes d’intérieur comestibles». Ainsi, je balaie de la liste la plupart des fines herbes qu’on rentre pour l’hiver, car ce ne sont pas véritablement des plantes d’intérieur. Sans un long séjour à l’extérieur l’été, elles ne font pas long feu dans nos maisons.

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Les micro-pousses ne sont pas de véritables plantes d’intérieur

Je n’inclus pas non plus les fines herbes et légumes qu’on peut semer dans la maison pour une récolte rapide: germes, pousses, jeunes plants à feuillage comestible, têtes de carotte ou pieds de céleri qu’on fait enraciner, etc. Ce sont des plantes éphémères, généralement avec comme seul attrait un feuillage comestible. Ce ne sont pas non plus, de mon avis, de véritables plantes d’intérieur.

Enfin, sont aussi rayées de la liste les plantes toxiques qui ne deviennent comestibles qu’après des traitements très spéciaux, comme le taro (Calocasia esculenta) et le manioc ornemental (Manihot esculenta ‘Variegata’), qu’il faut cuire dans plusieurs eaux pour enlever les toxines. Parfois les gens lisent mes textes rapidement et je ne veux pas les induire en erreur, surtout avec un sujet aussi sensible que ce qui est une plante comestible.


Plantes d’intérieur classiques

Voici quelques «plantes d’intérieur de tous les jours» qui sont comestibles. Vous les trouverez dans presque n’importe quelle jardinerie:

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Ananas ornemental

Ananas (Ananas comosus)
Il existe plusieurs variétés d’ananas ornementaux, à feuillage rougeâtre, panaché, etc. et tous produisent des fruits qui sont peut-être petits, mais qui demeurent parfaitement comestibles. On peut aussi cultiver un plant d’ananas à partir d’un fruit acheté et il fructifiera dans quelques années.

Caféier (Coffea arabica)
On trouve facilement de jeunes caféiers sur le marché, généralement à peine plus que des semis. Après 2 ou 3 ans, ils donneront des fleurs blanches parfumées suivis de fruits rouges dont on peut manger la chair sucrée et rôtir et moudre les graines pour faire une boisson délicieuse.

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Géranium à senteur de rose (Pelargonium graveolens ‘Grey Lady Plymouth’)

Géranium à senteur (Pelargonium graveolens et autres)
Il existe une foule de variétés aux arômes des plus variables: citron, rose, noix de coco, pomme, pêche, fraise, clou de girofle, etc. En plus de sentir leur feuillage en les frôlant, on peut utiliser les feuilles en cuisine pour aromatiser les mets. La firme Richters (Canada) en offre plus de 70 variétés!

Hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis)
Les fleurs sont comestibles et souvent utilisées en tisane. Voici un article au sujet de cette plante: Cultiver un hibiscus à l’intérieur.

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Monstera (Monstera deliciosa)
Aussi appelé philodendron (nom qui appartient en fait à un proche parent), le monstera, avec ses grandes feuilles découpées, fait une plante d’appartement impressionnante. Quand il arrive à maturité, il fleurit, produisant une fleur blanche rappelant une calla et par la suite, un fruit comestible, d’où son épithète botanique deliciosa. Il faut laisser mûrir le fruit pendant 11 à 12 mois. Quand les écailles commencent à tomber, il est prêt à manger. Notez que tout le reste de la plante, dont les feuilles, les tiges et les fruits immatures, est toxique.

Oranger calamondin ou oranger d’appartement (X Citrofortunella microcarpa, anc. X C. mitis)
C’est le seul agrume couramment offert comme plante d’intérieur et il fleurit et fructifie abondamment à l’intérieur. Les fruits sont très acides, mais on peut les utiliser en cuisine, notamment dans la préparation de marmelades. Pour quelques autres suggestions d’agrumes d’intérieur, lisez plus loin.

Piment décoratif (Capiscum annuum et autres)
Tous les piments sont comestibles, mêmes les variétés vendues comme plantes ornementales. Ce sont des piments forts, même très forts. Pourtant, parfois la plante porte à l’achat l’étiquette «impropre à la consommation humaine». Pourquoi? C’est que ces plantes ont été traités avec des insecticides potentiellement toxiques pour les humains. Vous pourriez toutefois récolter et semer leurs graines et obtenir des fruits comestibles à la 2e génération.

Théier (Camellia sinensis)
On le trouve maintenant en pépinière, même s’il n’est pas aussi courant que les plantes précédentes. Voici un article à son sujet: Le théier comme plante d’intérieur.

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Peu de gens savent que les feuilles du trèfle d’appartement sont comestibles.

Trèfle d’appartement (Oxalis triangularis, syn. O. regnellii)
Les feuilles de cette plante populaire, qui peuvent être pourpres ou vertes, avec ou sans une macule argentée ou rose, ont un goût acidulé. Il ne faut pas en consommer en trop grosse quantité, à moins de les faire cuire, car l’acide oxalique qu’elles contiennent est toxique si consommée en quantité importante. Pour vous rassurer, sachez que les épinards, que nous mangeons couramment, contiennent aussi de l’acide oxalique et aussi sont toxiques si consommés en trop grosses quantités. Comme on dit, c’est la dose que fait le poison. Mangez-en modestement et il n’y aura pas de problème.


Fruitiers

La plupart des fruitiers tropicaux doivent atteindre une trop grande taille avant de fleurir ou sont à de nombreuses années de toute fructification, ce qui n’en fait pas de bonnes plantes comestibles pour la maison. On peut bien les cultiver comme plantes d’intérieur ornementales, mais il est peu probable qu’ils produisent des fruits chez vous. Dans ce groupe se trouvent les nombreuses plantes tropicales qu’on peut cultiver à partir d’une graine, d’un pépin ou d’une noix, comme l’avocatier (Persea americana), le manguier (Mangifera indica), le papayer (Papaya carica), etc. Il est plaisant de les semer et de les regarder pousser… mais il ne faut pas compter des fruits, même après de nombreuses années. Sachez toutefois qu’il existe souvent des variétés naines de ces fruitiers qui peuvent produire des fruits à l’intérieur… si vous pouvez les trouver!

Les fruitiers qui suivent sont plus adaptés à la culture dans nos maisons et font alors de bonnes plantes d’intérieur comestibles.

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Acérole: belles fleurs, beaux et délicieux fruits!

Acérole ou cérisier des Barbades (Malpighia glabra)
Un petit fruitier arbustif qui produit des fleurs roses et des fruits rouges rappelant une cerise, au moins par leur apparence. De culture assez facile.

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Le limettier des Antilles est une variante naine de la lime et fleurit et fructifie très bien à l’intérieur.

Agrumes (Citrus spp., Microcitrus australasica et Fortunella spp.)
Tel que mentionné dans l’article Un citronnier ou oranger dans votre salon?, les véritables citronniers, orangers, pamplemoussiers, etc. sont trop gros pour être de bonnes plantes d’intérieur et prennent généralement 10 ans et plus avant de produire des fruits. D’autres agrumes moins connus, à croissance plus rapide et de taille plus restreinte, font de bien meilleures plantes d’intérieur. C’est notamment le cas du citronnier Meyer (Citrus x meyeri) qui, malgré son nom, n’est pas un véritable citron, du limettier des Antilles ou Key lime (C. x aurantiifolia) et du citron caviar ou Australian finger lime (Microcitrus australasica). On peut les semer et avoir des fruits 2 ans plus tard!

Les kumquats (Fortunella spp.) aussi font d’excellentes plantes d’intérieur.

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Bananier nain

Bananier nain (Musa spp.)
Même un bananier nain prend beaucoup d’espace dans maison (parmi les cultivars les plus petits, il y a ‘Super Dwarf Cavendish’ et ‘Truly Tiny’) et il lui faut beaucoup d’humidité, de chaleur et de soleil pour arriver à faire des fruits. Malgré tout, il n’est pas impossible que votre bananier nain produise un régime de bananes après quelques années de culture.

Le bananier d’ornement (Musa velutina), aux fleurs et aux fruits roses, est comestible aussi, même si le fruit contient de grosses graines, et suffisamment petit pour cultiver à l’intérieur.

Cacaotier (Theobroma cacao)
Difficile à trouver et difficile à cultiver, le cacaotier peut quand même produire des cabosses de cacao chez vous… si vous convertissez votre maison en jungle ultra-humide et chaude à l’année longue.

Figuier comestible (Ficus carica)
Il préfère passer sont été à l’extérieur… et a la mauvaise habitude de laisser tomber ses feuilles pendant l’hiver, mais le figuier produit quand même assez facilement des fruits dans la maison. De plus, son feuillage est comestible.

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Grenadier nain

Grenadier nain (Punica granatum ‘Nana’)
Version miniature du grenadier qui donne les grosses pommes de Grenade, le grenadier nain forme un petit arbuste aux fleurs orange qui donnent des pommes de petite taille, mais néanmoins comestibles.

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Grenadille (Passiflora edulis)

Grenadille ou passiflore comestible (Passiflora edulis)
Cette grimpante vigoureuse aura besoin d’un bon treillis, mais peut produire ses fleurs blanches à auréole pourpre et ses fruits pourpres ou jaunes, selon le cultivar, dans un emplacement bien ensoleillé.

Pitahaya ou fruit du dragon (Hylocereus undatus, H. polyrhizus, H. megalanthus et autres)
Ces cactus grimpants prennent beaucoup d’espace, mais fleurissent assez facilement quand ils atteignent leur maturité (après 5 ou 6 ans), produisant d’énormes fleurs blanches nocturnes très parfumées suivies de gros fruits rouges ou jaune à la chair blanche ponctué de graines noires. On peut produire des plants à partir de graines prelevées dans un fruit acheté au supermarché.

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Cactus arête de poisson (Epiphyllum anguliger)

Je cultive chez moi un cactu plus petit, le cactus arête de poisson (Epiphyllum anguliger), aux tiges aplaties curieusement échancrées (d’où son nom commun) et de nature retombantes. Ses fleurs blanches nocturnes très parfumées donnent des petits fruits verts comestibles… mais il est difficile de juger quand ils sont mûrs. Comme ses parents, il prend plusieurs années avant de commencer à fleurir.

Prunier du Natal (Carissa macrocarpa)

Petit arbuste épineux à feuilles lisses qui produit des fleurs blanches et des fruits rouges comestibles. On l’utilise parfois en bonsaï. Toute la plante est toxique; il n’y a que les fruits mûrs qui sont comestibles.

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Fruits de roselle

Roselle (Hibiscus sabadariffa)
Cet arbuste à petits fleurs jaune pâle ou blanches fleurit assez rapidement par semences et peut donner donc des fruits rouges, souvent utilisées dans les boissons et les gelées, dès la première année.

Vigne Pixie (Vitis x Pixie® Pinot Meunier)
Mutation naine de la vigne à raisin Pinot Meunier qui produit des fruits toute l’année sur une plante de petite taille. Ses feuilles aussi sont comestibles. On peut la cultiver comme plante d’intérieur.


Épices et herbes fines

Ces plantes servent à aromatiser nos repas et aussi parfois comme plantes médicinales. Je me suis limité aux variétés qui font réellement de bonnes plantes d’intérieur.

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Tiges et rhizomes de gingembre

Gingembre (Zingiber officinale)
On peut cultivar des plants de gingembre à partir de rhizomes achetés au marché. Attention, toutefois: souvent les rhizomes ainsi offerts ont été traités chimiquement ou irradiés pour ne pas germer. Il vous faut des rhizomes vivants, avec des bourgeons indiquant qu’ils sont prêts à pousser. Un supermarché asiatique devrait en avoir.

Il s’agit tout simplement d’enfoncer une section de rhizome dans un pot de terreau et d’arroser: un plante verte avec une petite allure de bambou poussera. Avec le temps, le rhizome se divisera et vous pourrez alors récolter les surplus. Il est rare que le gingembre commun fleurisse à l’intérieur, par contre.

D’autres épices de la famille du gingembre produisent aussi des rhizomes comestibles et font, elles aussi, d’excellentes plantes d’intérieur: le galanga (Alpinia galanga), le cucurma (Cucurma longa) et la cardamome (Elettaria cardamomum) ne sont que quelques exemples.

Laurier-sauce (Laurus nobilis)
Une des rares fines herbes classiques qui pousse assez bien dans la maison pour être une bonne plante d’intérieur.

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L’origan cubain panaché (Plectranthus amboinicus ‘Variegatus’) est la variété la plus populaire.

Origan cubain ou gros thym (Plectranthus amboinicus)
Cette plante n’est ni un origan (Origanum spp.) ni un thym (Thymus spp.), mais un proche parent du coléus (Plectranthus scutellaroides, syn. Solenostemon scutellarioides et Coleus blumei). Les feuilles épaisses sont ajoutées aux mets dans les pays chauds pour remplacer l’origan. Très facile à cultiver.

Poivre noir (Piper nigrum)

Grimpante aux feuilles lisses et à longues épis pendants de fruits verts devenant rouges, le poivre noir n’est pas difficile à cultiver à l’intérieur si vous pouvez lui offrir une bonne humidité. Les graines donnent du poivre noir, blanc ou rouge, selon le traitement qu’on leur donne.

Stevia (Stevia rebaudiana)
De plus en plus populaire pour ses feuilles édulcorantes qui donne un goût sucré aux mets sans ajouter des calories.

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Tulbaghie violacée

Tulbaghie violacée (Tulbaghia violacea)
Plante bulbeuse à feuilles en lanière et à petites fleurs en trompette roses: toute la plante dégage une odeur d’ail. Si vous utilisez les feuilles ou fleurs comestibles en cuisine, sachez elles ne donnent pas mauvaise haleine, d’où le nom anglais «society garlic» (ail de société). Ainsi on peut sortir “en société” après les avoir consommées.


Légumes

Il n’y a pas beaucoup de plantes qu’on pourrait qualifier de légumes qui font de bonnes plantes d’intérieur. Je n’en ai pu trouver que les deux suivantes:

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Épinard de Malabar (Basella alba)

Épinard de Malabar (Basella alba, syn. B. rubra)
Grimpante assez ornementale à feuilles mucilagineuses qui remplace l’épinard dans les pays chauds où l’épinard pousse difficilement. L’espèce produit des tiges vertes et des fleurs blanches, mais B. alba ‘Rubra’, probablement plus cultivé que l’espèce, a des tiges rougeâtres et des fleurs roses. Très facile à cultiver.

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Figuier de Barbarie sans épine (Opuntia ficus-indica ‘Burbank Spineless’

Figuier de Barbarie ou nopal (Opuntia ficus-indica et autres)
Ce cactus aux raquettes aplaties produit des fruits comestibles lorsqu’on le cultive en plein air sous un climat chaud et sec, mais à l’intérieur il fructifie rarement. On utilise plutôt ses raquettes comme légume sous son nom mexicain: nopal. Préférez un cultivar qui n’a pas d’épines (ou presque pas d’épines) comme ‘Burbank Spineless’. Il faut le plein soleil pour bien le réussir. Et oui, on peut bouturer les raquettes en vente à l’épicerie.

Où les trouver?

Je viens de vous préparer toute une liste d’épicerie, n’est-ce pas! Tristement, la plupart de ces plantes ne sont pas disponibles dans les jardineries locales. Une bonne source au Canada pour les épices et les fines herbes mentionnées est Richters. Pour les fruitiers inhabituels, essayez Flora Exotica et Brugmansia-Québec. Pour les jardiniers européens, Denise Roby recommande AlsaGarden comme source pour les plantes et semences comestibles inhabituelles.

Bon appétit!20170126k