Le meilleur phlox pour attirer les papillons

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Papillon tigré visitant les fleurs de Phlox paniculata ‘Jeana’. Photo: mtcubacenter.org

Je cultive beaucoup de plantes qui attirent les papillons, mais mon préféré est un phlox des jardins appelé ‘Jeana’ (Phlox paniculata ‘Jeana’). Son pouvoir d’attraction pour les papillons semble dépasser celui de toute autre plante de mon jardin, et, de plus, c’est sans doute le phlox qui fleurit le plus longtemps, du moins chez moi: du début août au début octobre (de la mi-juillet au début septembre dans les climats plus chauds que le mien). De plus, il est résistant aux maladies (aucun blanc n’a jamais été détecté sur ce cultivar!) et facile à cultiver.

Et je ne suis pas le seul à le dire. Bien que j’aie acheté cette plante sur un coup de tête dans une jardinerie locale, simplement en raison de son apparence inhabituelle (la grappe de fleurs est d’une taille réellement impressionnante!), il s’est avéré que j’achetais une vedette.

Papillon monarque sur des fleurs de ‘Jeana’. Photo: thegardendiaries.blog

En faisant des recherches pour cet article, je suis tombé sur un rapport du Mt Cuba Center, un merveilleux jardin public situé à Hockessin, dans le Delaware, aux États-Unis, qui a étudié 94 cultivars de phlox sur une période de 3 ans et qui a conclu que ‘Jeanna’ était de loin le meilleur phlox pour attirer les papillons. Même, il a été classé meilleur phlox des jardins (Phlox paniculata) en général!

Mt. Cuba Center a même formé une « équipe de surveillance des pollinisateurs » spécialement pour essayer de comprendre pourquoi ‘Jeana’ attire tellement plus de papillons que les autres phlox. En deux ans, ils ont compté 539 visites de papillons à ‘Jeana’, contre 117 visites au deuxième cultivar le plus populaire, Phlox paniculata ‘Lavelle’. Bizarrement, ‘Jeana’ n’est pas très parfumé (en fait, je ne sens rien du tout), donc ce n’est pas son parfum qui attire nos amis ailés. Et une analyse de son nectar fait par Mt. Cuba Center n’a montré aucune différence comparativement au nectar des autres phlox. 

L’équipe de surveillance des pollinisateurs a conclu que c’était probablement la densité des fleurs qui rendait ‘Jeana’ si attrayant pour les papillons. Il y a beaucoup plus de fleurs dans une grappe de ‘Jeana’ — jusqu’à 100! — que chez un phlox de jardin typique; ainsi, les papillons peuvent visiter beaucoup plus de fleurs en moins de temps.

Je pense aussi qu’il serait intéressant de vérifier la vitesse à laquelle une fleur individuelle renouvelle son nectar après qu’un papillon l’ait vidée. Ma théorie personnelle est que ce cultivar produit probablement du nectar en un éclair, expliquant pourquoi les papillons reviennent visiter la même fleur encore et encore.

Dans mon jardin, ‘Jeana’ attire des colibris aussi. On voit souvent les deux (papillons et colibris) visiter la même plante en même temps.

À quoi cela ressemble-t-il?

Phlox paniculata ‘Jeana’ se distingue immédiatement de tout autre phlox par la taille de ses énormes panicules (grappes de fleurs) de 15 cm de diamètre, le grand nombre de fleurs par panicule… et leur petite taille. En effet, les pétales sont deux fois plus petits que ceux des autres phlox de jardin et le tube situé derrière la fleur est également plus court. C’est la masse de fleurs qui lui donne son aspect impressionnant! Individuellement, les petites fleurs sont plutôt ordinaires!

Les fleurs du phlox ‘Jeana’ sont de la même couleur que celles des phlox sauvages. Photo: mtcubacenter.org

En ce qui concerne la couleur, que puis-je dire? La fleur est tout simplement rose phlox, la couleur typique des P. paniculata sauvages. Après tout, le phlox ‘Jeana’ n’est pas un hybride, mais un plant prélevé dans la nature. Il a été découvert par l’Américaine Jeana Prewitt dans une grande colonie de P. paniculata sur la rivière Harpeth à Nashville, dans le Tennessee. Intriguée par la taille immense du plant et la quantité de fleurs par grappe, elle a ramené une bouture chez elle… et on connaît la suite. Le phlox ‘Jeana’ est en voie de devenir le phlox des jardins le plus populaire aux États-Unis!

‘Jeana’ est le plus grand des phlox des jardins. Photo: stonehousenursery.com

Et ‘Jeana’ est un grand phlox. Alors que l’étiquette de la plante que j’ai achetée indiquait une hauteur de 60 à 120 cm, Mt. Cuba Center lui donne 150 cm. Dans mon jardin, il atteint cette taille aussi: une tête au-dessus de tout autre phlox. Il s’agit d’une vivace au port conique et dressé, formant une touffe dense de feuilles vert foncé, étroites et pointues de jusqu’à 10 cm de long, surmontée de l’énorme bouquet caractéristique de minuscules fleurs roses.

Cela dit, j’ai vu un phlox ‘Jeana’ gravement stressé par la sécheresse qui ne mesurait vraiment que 60 cm de hauteur, donc sa hauteur est de toute évidence variable.

Comment cultiver ‘Jeana’

Les fleurs de ‘Jeana’ sont petites, mais leur impact est énorme! Photo: perennialpleasures.net

Pour cultiver ‘Jeana’ à la perfection, donnez-lui tout simplement de «bonnes conditions de culture», soit le plein soleil (la mi-ombre est acceptable aussi, mais réduira la floraison) et un bon sol de jardin bien drainé. Il poussera même dans les sols argileux, bien qu’un sol plus léger soit préférable. Une fois établi, il tolérera la sécheresse, mais il sera beaucoup plus heureux si vous l’arrosez en période de sécheresse. Malgré sa hauteur, ses tiges semblent solides et n’ont pas besoin de tuteur (sauf à la mi-ombre). Et on dit qu’il est rustique dans les zones 4 à 8. Je pense qu’il vaudrait la peine de l’essayer en zone 3 aussi.

En plus d’être extrêmement résistant au blanc, il ne semble pas intéresser les cerfs ni les lapins, mais je soupçonne que les scarabées japonais l’aimeront: ils adorent les grandes plantes! Aussi, on peut le cultiver au pied d’un noyer (Juglans spp.), car il ne réagit pas à la juglone que cet arbre dégage.

Enfin, ‘Jeana’ se multiplie facilement par boutures ou division… et constitue une excellente fleur coupée.

Et voilà! ‘Jeana’ est à peu près le phlox des jardins parfait… sauf pour l’absence de parfum. Comme on dit, on ne peut pas tout avoir!

Je recommande vivement ‘Jeana’, disponible dans les bonnes jardineries un peu partout.

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Conseils sur la conservation des pommes de terre

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La récolte des pommes de terre commence généralement à la fin de l’été. Photo: http://www.thecapecoop.com

C’est à la fin de l’été et au début de l’automne qu’on récolte habituellement les pommes de terre (Solanum tuberosum). Bien sûr, il existe des variétés précoces, de mi-saison et tardives, certaines prêtes dès le mois de juillet, d’autres pas avant octobre, mais elles démontrent toutes qu’elles sont prêtes à être arrachées par leur feuillage qui commence à dépérir. Cela peut être effrayant si vous cultivez des pommes de terre pour la première fois, mais c’est bien leur façon de vous aviser qu’il est temps d’agir.

Et veuillez noter que le fait que vos pommes de terre aient fleuri ou non n’est pas un facteur. Certaines fleurissent volontiers, d’autres rarement ou pas du tout, selon votre climat… mais tous les plants de pommes de terre produisent des tubercules.

Bien sûr, vous pouvez récolter les tubercules tôt, avant leur maturation, alors que les feuilles sont encore vertes et en bonne santé. C’est ainsi qu’on obtient les populaires «pommes de terre nouvelles»: petites et très savoureuses, mais sans grande capacité de conservation. Pour les pommes de terre «de garde» (comme on les appelait autrefois), soit celles qui dureront tout l’hiver, attendez que le feuillage commence à dépérir avant d’aller chercher les tubercules.

Une fourche de jardinage est un outil pratique pour la récolte des pommes de terre, mais pas absolument nécessaire. Photo: thecountrybasket.com

Récoltez par une journée sèche, de préférence lorsque le sol est également bien sec. Une fourche de jardin est un outil de récolte utile, car vous êtes moins susceptible d’endommager les tubercules qu’avec une bêche. Il existe même une fourche à pommes de terre spécialement conçue pour la récolte de ces tubercules avec des dents non pointues afin de ne pas blesser les tubercules. Malgré vos meilleurs efforts, toutefois, il est presque certain que vous allez trancher quelques tubercules lors de l’arrachage. Utilisez-les en cuisine sans trop tarder, car ils ne sont pas appropriés pour la conservation.

Préparation à la conservation

Avant de les ranger, il faut laisser les tubercules à l’air libre quelque temps. Ce traitement pousse l’épiderme à s’épaissir un peu, ce qui est bénéfique, car plus la peau est épaisse, mieux le tubercule se conserve. Cette préparation permet également aux petites entailles et aux égratignures mineures de guérir.

Avec une brosse douce ou un chiffon, alors, essuyez doucement le tubercule pour enlever autant de terre que possible. Certains jardiniers préfèrent rincer les tubercules à l’eau claire pour enlever les saletés, ce qui convient très bien dans les climats secs, mais est un peu risqué dans les climats plus humides, car si les tubercules ne s’assèchent pas bien, la pourriture peut s’en suivre. Il n’est pas nécessaire de nettoyer en profondeur dans l’immédiat de toute façon: cette tâche s’accomplit juste avant la cuisson.

Pommes de terre qu’on fait sécher. Photo: http://www.ourstoneyacres.com

Maintenant, étalez les tubercules dans une boîte ou un récipient aéré en plein air (si vous êtes certain qu’il ne pleuvra pas), sinon dans un garage ou cabanon et couvrez-les avec un chiffon léger pour les protéger du soleil. Laissez-les s’assécher ainsi pendant environ sept à 14 jours, idéalement à une température fraîche (7 à 15 °C) et sous une forte humidité (85 à 95%). 

La conservation

Triez les pommes de terre avant de les conserver, retirant les tubercules meurtris, mous, décolorés ou montrant des blessures ou de la pourriture.

Si vous souhaitez conserver vos pommes de terre pendant seulement un mois ou deux, par exemple jusqu’à Noël, vous pouvez le faire à la température de la pièce (mais jamais sous une chaleur intense). Pour un stockage à plus long terme, jusqu’au printemps par exemple, vous aurez besoin de conditions nettement plus fraîches et humides. 

La cave à légumes est le lieu traditionnel de conservation des tubercules de pomme de terre. Photo: foodal.com

Évitez toutefois les endroits très froids, à moins de 4 °C, car les tubercules ont alors tendance à devenir anormalement sucrés et aussi, difficiles à cuire convenablement. Pour cette raison, le réfrigérateur n’est pas un endroit d’entreposage approprié: il est habituellement tenu à 4 °C ou moins. Et au-dessus de 15 °C, ce n’est guère mieux, car alors les tubercules commencent à se ratatiner. Il faut donc un endroit «frais, mais pas froid», toujours avec une forte humidité ambiante. Une cave à légumes est idéale, mais peu de gens en ont une. Vous pourrez peut-être trouver un endroit plus frais dans un sous-sol ou un garage, une entrée non chauffée ou peut-être dans un grenier.

Vous pouvez entreposer les tubercules en vrac dans des bacs ou des cageots, mais ils semblent se conserver plus longtemps dans des sacs en plastique perforés, probablement parce qu’ils bénéficient alors d’une plus grande humidité tout en ayant une circulation d’air raisonnable.

Les pommes de terre vertes, un problème causé par l’exposition au soleil, sont toxiques. Supprimez la partie verte avant la cuisson. Photo: indianapublicmedia.org

Et vous devez garder les tubercules à la noirceur. Les pommes de terre exposées à trop de soleil verdiront et les parties vertes sont toxiques!

Enfin, ne conservez pas les pommes de terre près des pommes mûres, car ces dernières dégagent un gaz toxique, l’éthylène, qui stimule une germination prématurée.

Une inspection périodique

Vérifiez vos pommes de terre environ une fois par mois. Recherchez en particulier tout signe de pourriture: un seul tubercule pourri peut faire pourrir toutes les pommes de terre autour. 

Quand les pommes de terre produisent des germes, il est temps soit de les manger, soit de les utiliser comme pommes de terre de semence. Photo: theconversation.com

À mesure que l’hiver avance, certains tubercules commenceront inévitablement à germer (produire des pousses), puis se ratatineront peu à peu. Apportez-les à la cuisine: ils sont encore comestibles et même très bons. 

Enfin, au printemps, quand vos derniers tubercules produisent des pousses, vous pouvez les découper en sections (chacune doit porter au moins un œil) et les utiliser comme pommes de terre de semence pour démarrer la prochaine saison de production!

Les superbes jardinières d’automne!

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Superbe mini-jardin qui agrémentera votre aménagement d’automne. Il comprend les plantes suivantes: Acorus gramineus ‘Oborozuki’, Bergenia cordifoliaSedum spurium ‘Voodoo’ et Sedum rupestre ‘Angelina’. Photo: Claude Vallée

Septembre approche et n’est-ce pas que cela signifie la fin de la saison de jardinage? L’apparence de la plupart des fleurs de votre jardin est déjà en déclin et bientôt le gel sera à notre porte. Donc, la fin semble approcher… Mais un professeur d’horticulture astucieux a découvert un moyen d’assurer le plein de couleurs éclatantes jusqu’en novembre ou décembre, même tout au long de l’hiver dans les climats doux, en plantant en jardinière des plantes résistantes au gel.

Claude Vallée, concepteur des jardinières d’automne. Photo: Claude Vallée

Claude Vallée, qui enseigne l’horticulture à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe, au Québec, cherchait un nouvel angle par rapport au jardinage, si figé dans la tradition qu’on plante au printemps pour un jardin estival et qu’on vide le jardin à l’automne. Plus précisément, serait-il possible de pimenter le jardin d’automne avec des pots de plantes résistantes au gel? Alors, il a commencé à expérimenter et a trouvé une large gamme de plantes qui conviendraient… et a également développé de superbes designs!

Résistantes au gel jusqu’à -10 °C

Présentation de jardinières d’automne au Jardin botanique Roger-Van de Hende dans la ville de Québec. Photo: Claude Vallée

Vallée a testé plus de 400 plantes pour une utilisation potentielle dans des jardinières d’automne. La plupart des plantes à fleurs ont toutefois été rapidement éliminées: à quelques exceptions près, comme les pensées et les bruyères, leurs fleurs sont trop facilement endommagées par le moindre gel. Par contre, de nombreuses plantes à feuillage ornemental traversent des gelées précoces ou même les premières neiges sans le moindre dommage. Ce groupe comprend des annuelles, des vivaces, de petits arbustes, des conifères et même des herbes aromatiques et des légumes.

Vallée a découvert que les plantes capables de résister à -10 °C étaient suffisamment robustes pour subir un automne frisquet dans le froid Québec, du moins entre septembre et octobre, voire jusqu’en novembre la plupart des années. Certaines plantes encore plus robustes ont réussi à atteindre Noël, tolérant des nuits à -15 °C. Évidemment, on parle du Canada, réputé pour ses hivers froids. En Europe, la plupart des plantations de Vallée survivront tout l’hiver!

Certaines plantes traversent les premières gelées et même les premières neiges sans broncher. Ici: Festuca ovina glauca ‘Elijah Blue’, Eucalyptus gunnii ‘Silver Dollar’, Brassica oleracea ‘Chidori White’ et Senecio cineraria ‘Silver Lace’. Photo: Claude Vallée

Il y avait aussi des trouvailles surprenantes. Qui, par exemple, aurait pensé que l’eucalyptus, que nous considérons habituellement comme un arbre subtropical, resterait si longtemps en parfait état, même après avoir été touché par des gels répétés?

Une plantation à la fin août, début septembre

Au début, Vallée pensait préparer des jardinières trois saisons, attrayantes du printemps à la fin de l’automne, mais il s’est rapidement rendu compte que les jardinières aménagées au printemps devenaient trop entremêlées après tant de temps, les plantes les plus dominantes étouffant les autres ou encore, si l’été avait été chaud et sec, trop de plantes mourant avant septembre. Au lieu de cela, il a découvert que le moment idéal pour préparer les jardinières d’automne était fin août ou début septembre… juste au moment où elles commencent à être utiles!

Étudiante tenant un pot de Sedum rupestre ‘Angelina’, Sedum spurium ‘Voodoo’, Viola × williamsii ‘Penny Orange Jump-Up’, Carex buchananii et Brassica oleracea ‘Pigeon Victoria’ avec d’autres jardinières à ses pieds. Photo: Claude Vallée

La technique est assez simple. Tout ce dont vous avez besoin est d’une jardinière de 7,5 litres munie d’un trou de drainage, d’un terreau d’empotage léger (pas de terre prélevée dans le jardin) et de plantes assorties, offertes dans la plupart des jardineries. Vous en avez peut-être déjà beaucoup dans vos propres plates-bandes, auquel cas il suffit de déterrer quelques divisions pour meubler la jardinière.

Remplissez le pot de terreau jusqu’à environ 7 cm du bord — aucune «couche de drainage» n’est nécessaire —, retirez les plantes de leurs pots et creusez un trou pour chacune, plaçant chaque motte de racines à sa profondeur initiale. Comblez les trous avec le mélange et arrosez abondamment. 

Par la suite, arrosez chaque semaine avec une solution diluée d’un engrais soluble tout usage. C’est si simple! Aucun besoin de pincer ou de tailler, aucun entretien complexe. Et comme les plantes croissent à peine à l’automne et ont donc besoin de peu de lumière, ces jardinières peuvent aller aussi bien à l’ombre qu’au soleil. Même les besoins en arrosage sont réduits par rapport à ceux des jardinières estivales: il y a tout simplement moins d’évaporation à l’automne et ainsi un arrosage hebdomadaire est donc inévitablement suffisant.

La durée utile dépend du climat

Cet heuchère (Heuchera ‘Plum Pudding’) reste beau même sous la neige. Photo: Claude Vallée

En Europe, où l’hiver est beaucoup plus doux qu’au Canada, ces arrangements demeureront attrayants du début de l’automne au début du printemps. Même des chutes de neige fondront sans nuire à leur beauté: une touche de neige pourra même les embellir.

La situation est très différente au Canada, où l’hiver est beaucoup plus froid presque partout. Ces arrangements seront magnifiques à l’automne, mais ne dureront pas tout l’hiver. Le froid finira par avoir raison de la plupart des plantes, car même les végétaux dits «très rustiques» gèlent plus profondément en pot qu’en pleine terre. Et comme vous les utiliserez pour décorer votre jardin jusqu’à Noël, il sera alors trop tard pour les planter dans le sol désormais gelé. Alors, il faut accepter que ces plantes soient plutôt éphémères. 

Il existe toutefois un moyen pour les sauver du froid. Placez la jardinière dans un endroit protégé en novembre ou décembre, tel qu’un garage chauffé ou contre la maison, la couvrant abondamment de feuilles mortes dans le deuxième cas pour la protéger du froid. Bien sûr, les annuelles mourront, mais peut-être certaines plantes vivaces et arbustes seront-ils encore vivants et récupérables au printemps?

Plantes pour jardinières d’automne

Voici une description de certaines plantes de choix pour les arrangements automnaux, toutes suffisamment robustes pour survivre à -10 °C. La floraison n’est mentionnée que si la plante fleurit à l’automne (la plupart auront déjà fleuri au printemps ou en été).

À Noël, après des nuits à -15˚C, Acorus gramineus ‘Oborozuki’ et Sedum rupestre ‘Angelina’ sont encore en parfait état. Photo: Claude Vallée

Acore panaché (Acorus gramineus ‘Oborozuki’): des touffes dressées de fines feuilles vertes rayées de jaune donnent à cette aracée l’aspect d’une graminée. ‘Ogon’ est similaire.

Bergénia (Bergenia crassifolia, anc. B. cordifolia): Feuilles épaisses et caoutchouteuses en forme de cuillère, vert foncé au début, mais devenant pourpres à mesure que le temps se refroidit. Les feuilles géantes des plants adultes peuvent par contre trop dominer les petits contenants: préférez alors de jeunes plants.

Bruyère commune (Calluna vulgaris): Petit arbuste à feuilles courtes semblables à des aiguilles. Il se couvre tout au long de l’automne de minuscules fleurs en forme de cloche dans les tons de magenta, rose, rouge ou blanc. Oui, les fleurs peuvent geler, mais ne vous inquiétez pas pour autant: même mortes, elles gardent leur couleur!

Bugle rampant (Ajuga reptans cvs): Il existe des dizaines de cultivars de ce couvre-sol rase-motte aux feuilles vertes, pourpres ou panachées. Vous n’aurez probablement pas besoin d’acheter des plantes: déterrez une touffe dans votre plate-bande, tout simplement.

Givre sur un carex japonais panaché (Carex morrowii ‘Variegata’). Photo: Claude Vallée

Carex japonais panaché (Carex morrowii ‘Variegata’): Forme un dôme parfait de feuilles rubanées étroites et arquées avec un centre blanc crème et une marge verte. Il existe bon nombre d’autres cultivars encore plus colorés.

Carex rouge-brun (Carex buchananii): Des touffes étroites de feuilles d’un brun rougeâtre — une couleur particulièrement automnale — distinguent cette fausse graminée des vraies.

Chou d’ornement (Brassica oleracea ‘Kamome Pink’). Photo: Claude Vallée

Chou d’ornement (Brassica oleracea): Le centre des grandes rosettes de feuilles bleu-vert à rougeâtres, entières ou frangées, réagit au froid en virant au rouge, au rose ou au blanc. Alors, la plante ressemble à une rose géante! Le chou frisé (B. oleracea acephala) produit une tige dressée plutôt qu’une rosette, mais est très ornemental aussi, notamment le chou frisé ‘Redbor’, aux feuilles pourpres profondément ondulées et découpées. En décembre, récoltez ces choux et faites-les cuire, car même les variétés ornementales sont quand même des choux et auront un goût particulièrement délicieux après avoir subi quelques gelées (le froid fait ressortir leurs sucres).

La cinéraire maritime (Senecio cineraria ‘Silver Lace’), aux feuilles argentées, est l’une des «annuelles» les plus résistantes au froid. On peut également voir dans cet arrangement Carex morrowii ‘Variegata’ et Euonymus fortunei ‘Emerald Gaiety’. Photo: Claude Vallée

Cinéraire maritime (Senecio cineraria): Les feuilles profondément découpées et très argentées sont l’attrait de cette plante compacte au port vertical. Bien qu’on nous la vende comme annuelle, c’est en fait un petit arbrisseau assez rustique.

Le thuya ‘Smaradg’ (Thuja occidentalis ‘Smaradg’, au fond) n’est qu’un des nombreux conifères que vous pourriez utiliser en jardinière. Le pot comprend également Thymus ‘Golden King’, Carex morrowii ‘Variegata’, Heuchera ‘Obsidian’ et Salvia officinalis ‘Icterina’. Photo: Claude Vallée

Conifères (Thuja occidentalisChamaecyparis spp., Picea spp., etc.): recherchez de jeunes spécimens de ces arbres à feuilles persistantes plutôt que ceux de taille commerciale: ces derniers sont chers et aussi trop grands pour la plupart des jardinières. Vous pourrez peut-être trouver gratuitement quelques spécimens parmi les conifères qui se seront autosemés dans votre jardin!

Cordyline (Cordyline australis, souvent vendue sous le nom de C. indivisa): c’est l’annuelle classique utilisée pour décorer les jardinières estivales, avec ses feuilles rubanées vertes étroites et arquées en forme de fontaine, mais saviez-vous que cette plante australienne tolère facilement -10 °C sans dommages? Une version plus colorée est ‘Red Star’, avec un feuillage rouge pourpre, ou encore, essayez l’une des variétés panachées, comme ‘Torbay Dazzler’ ou ‘Cherry Sensation’.

Eucalyptus (Eucalyptus gunnii): Feuilles rondes de couleur bleu argenté sur des tiges rougeâtres. C’est un arbre dans son Australie natale… mais en pot, en région tempérée, rarement plus qu’un arbuste éphémère qui sera tué éventuellement par le froid. 

Euphorbe des bois pourpre (Euphorbia amygdaloides ‘Purpurea’) embellie par le givre. Photo: Claude Vallée

Euphorbe des bois pourpre (Euphorbia amygdaloides ‘Purpurea’): grappes de tiges dressées aux feuilles étroites pourpres. Superbe quand touchée par le gel!

Fusain de Fortune (Euonymus fortunei cvs): Les cultivars aux feuilles diversement panachées de cet arbuste à croissance lente, rampante à grimpante, sont largement disponibles. Souvent les spécimens en vente en pépinière sont trop gros pour décorer une jardinière, mais peut-être trouverez-vous des plantes de taille plus restreinte dans le rayon des plantes d’intérieur!

Acorus gramineus ‘Oborozuki’, Heuchera villosa ‘Mocha’ et Sedum rupestre ‘Angelina’. Photo: Claude Vallée

Heuchère (Heuchera × hybrida): Rosette de feuilles colorées en forme de feuille d’érable dans une vaste gamme de couleurs, du doré à l’orangé en passant par le violet, l’argent et diverses combinaisons de ces couleurs. Vous pourriez faire de très belles jardinières uniquement avec des heuchères!

Jonc bleu (Juncus inflexus ‘Blue Arrow’): Plante érigée, compacte, ressemblant à de l’herbe, à feuilles bleu-vert très étroites.

Lavande (Lavandula angustifolia): Plante compacte, dressée, aux feuilles étroites, vert foncé et merveilleusement parfumées. Le cultivar ‘Silver Edge’, aux feuilles ourlées de blanc, est particulièrement attrayant.

Lierre anglais (Hedera helix cvs): plante rampante ou grimpante aux feuilles étoilées de couleur verte, dorée ou diversement panachée. Faites quelques boutures à la mi-août et insérez-les çà et là dans votre jardinière pour une décoration vivante et bon marché!

Peu de fleurs peuvent supporter des gels répétés, mais les pensées font exception à la règle. Voici une petite pensée ‘Penny Orange Jump-Up’ (Viola × williamsii ‘Penny Orange Jump-Up’) encore pleinement fleurie en novembre en compagnie de Carex buchananii et d’Euphorbia amygdaloides ‘Purpurea’. Photo: Claude Vallée

Pensée (Viola spp.): Parmi les plantes à fleurs les plus résistantes au gel,  on trouve les pensées. V. × wittrockiana est la pensée à grosses fleursalors que Viola × williamsii et quelques cousines sont les populaires «petites pensées». Leurs fleurs à face plate peuvent être unies, moustachues ou tachetées et se présentent sous toutes les couleurs imaginables. Recherchez de jeunes plantes qui commencent tout juste à fleurir (les plantes mûres ont tendance à dépérir lorsqu’on les repique).

Pervenche (Vinca spp.): La petite pervenche (V. minor) est bien rustique (zone 4) lorsqu’elle est cultivée en pleine terre; la grande pervenche (V. major) l’est moins (zone 8), mais les deux produisent des tiges rampantes de feuilles vert foncé luisantes qui retombent magnifiquement des bords du pot. Les variétés à feuilles panachées, comme V. minor ‘Illumination’, sont particulièrement attrayantes!

Romarin pleureur (Rosmarinus officinalis ‘Renzels’ Irene): une variété de romarin à port rampant ou pleureur avec des «aiguilles» délicieusement parfumées. Pour un frisson aromatique, passez vos doigts dans les feuilles chaque fois que vous passez à côté!

Sauge (Salvia officinalis): Feuilles gris-vert joliment texturées et très aromatiques sur des tiges dressées courtes. Essayez ‘Tricolor’ (vert violacé avec une marge blanc et rose) ou ‘Icterina’ (vert et jaune) pour un effet spécial.

Ce sédum Angelina (Sedum rupestre ‘Angelina’), en avant-plan, partage un pot avec Sedum spurium ‘Voodoo’ et Acorus gramineus ‘Oborozuki’. Bergenia cordifolia est partiellement cachée. Photo: Claude Vallée

Sédum Angelina (Sedum rupestre ‘Angelina’): Il s’agit d’un sédum rampant aux «aiguilles» épaisses et denses de couleur jaune-or qui deviennent jaune orangé à l’automne.

Sédum ‘Voodoo’ (Sedum spurium ‘Voodoo’): Il existe de nombreuses formes de ce sédum à feuilles vertes, rougeâtres et panachées, mais ‘Voodoo’, avec ses feuilles d’un rouge acajou profond, est le plus coloré. Les petites feuilles succulentes ont une marge festonnée.

Thym citron (Thymus ‘Golden King’ [vendu sous le nom de T. × citriodorus‘Variegatus’]): Petite plante rampante aux minuscules feuilles bordées d’or. La plante entière sent le citron.


Les jardinières d’automne: si simples, si belles. À essayer absolument cet automne!

Comment j’ai appris à jardiner sur un balcon

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Il est difficile de cultiver de beaux gros légumes dans de petites balconnières. Photo: getinterior.me

Mon premier potager sur un balcon, cultivé il y a près de 40 ans, a été un échec lamentable. Ayant eu ma propre parcelle dans le potager de mon père depuis ma plus tendre enfance, je pensais en savoir assez sur le jardinage, mais jardiner en contenant est quelque chose de tout à fait différent. Ainsi, cette première année, je n’ai presque rien récolté sauf quelques feuilles de laitue plutôt amères.

Au moins, j’ai rapidement compris où était le problème.

J’avais utilisé les contenants les moins chers que j’avais pu trouver (j’étais étudiant avec un très petit budget): trois petites balconnières en tôle de 10 cm de largeur et de profondeur. Le problème? Elles s’asséchaient très rapidement. Par temps chaud, je devais les arroser abondamment deux fois par jour, matin et soir, et même quand je me précipitais à la maison après mon travail d’été à 17 h 30, les plantes étaient souvent déjà flétries.

Dans de petits pots, les légumes sèchent rapidement et la récolte est diminuée. Photo: Christina Sanvito, Flickr

Il faut comprendre un détail sur les légumes: quand ils fanent sérieusement, ou encore, à de multiples reprises, le stress ainsi causé nuit à la production et au goût. Dans mon cas, c’était le désastre. Soit les plantes mouraient rapidement, soit elles montaient en graine avant même je puisse commencer à les récolter!

Deuxième essai

La deuxième année, j’étais mieux préparé. Comme il était clair pour moi que mes mini-balconnières étaient terriblement trop petites, j’ai ramassé des pots de peinture qui avaient une taille que je jugeais convenable pour une plante de laitue ou une carotte ou deux. Évidemment, j’ai percé des trous dans le fond pour le drainage. Ce n’était pas encore la perfection et je voyais bien qu’ils étaient encore trop petits. La preuve? Il fallait encore arroser au moins une fois par jour et parfois deux pour prévenir le stress hydrique. Au moins, j’ai pu avoir une récolte raisonnable. 

Cependant, j’avais également récupéré un vieux seau rouillé d’environ 12 litres dans lequel j’avais également percé des trous de drainage. Dans ce pot, j’avais inséré un seul plant de tomate. Quelle différence! La tomate a atteint une assez bonne taille et a produit des dizaines de tomates fraîches, rouges et délicieuses. Et elle avait seulement besoin d’arrosage tous les deux ou trois jours, pas deux fois par jour. J’étais sur la bonne piste!

Plus c’est gros, mieux c’est

En préparation de la troisième année, je suis parti à la recherche de pots encore plus gros… et j’ai trouvé ce qu’il fallait! Les épiceries, boulangeries et restaurants achètent beaucoup de denrées dans des seaux de 20 l (5 gallons): farines, olives, sauce soya, etc. Et ils ne coûtaient rien: il suffisait de les demander au marchand qui, autrement, les jetait. (Aujourd’hui, la plupart des épiceries, etc. en offrent encore, mais facturent un petit montant: 1$ [0,70€] par seau, du moins dans mon patelin.)

Les seaux de qualité alimentaire semblent être exactement de la bonne taille pour la culture des légumes. Photo: The Rusted Garden, youtube.com

Alors, je m’en suis ramassé une bonne quantité puis, après un bon lavage, j’ai percé des trous de drainage dans le fond. L’argent que je n’ai pas investi dans l’achat de pots est allé dans l’achat de terreau convenable* — un terreau pour pots et jardinières — et oui, il m’en fallait une bonne quantité pour remplir tant de seaux! Heureusement qu’on peut utiliser le terreau acheté encore et encore pendant de nombreuses années: il suffit de rajouter un peu de compost annuellement pour l’aérer.

*N’employez pas en contenant de la terre de jardin ou encore, récoltée dans le jardin: elle devient rapidement dure et compactée et, de plus, contient presque toujours des limaces et d’autres bestioles indésirables.

Le fonctionnement

Ces seaux contiennent une grande masse de terre. Or, une terre aérée est aussi un très bon réservoir d’eau, avec plein d’espaces vides où l’eau peut s’infiltrer et s’accumuler. Le résultat est une excellente autonomie d’arrosage. J’ai trouvé que dans la plupart des cas, il suffisait d’arroser une fois par semaine, rarement plus. Je sais que beaucoup de jardiniers utilisent de tels seaux en y installant diverses sortes de réservoirs d’eau, espérant ainsi fournir encore plus d’autonomie, mais je n’ai jamais eu besoin de faire cet effort supplémentaire: un arrosage par semaine — approfondi, bien sûr! — c’était parfait pour mes besoins. 

On a utilisé de gros pots, recyclés pour la plupart, pour ce potager sur balcon. Photo: The Rusted Garden, youtube.com

Au fil des années, j’ai aussi appris à utiliser comme contenants de culture les grands bacs de rangement en plastique de type Rubbermaid (dans lesquels on peut vraiment faire des rangs comme dans un potager «terrestre»), ainsi que des balconnières extra larges et profondes que l’on peut accrocher à la balustrade du balcon afin de gagner encore plus d’espace de culture. La culture en panier suspendu est possible aussi, mais plus délicate, car les suspensions sont très exposées au vent et alors sèchent plus vite. Choisissez alors le plus gros panier que vous pouvez manipuler, sachant qu’il pourrait malgré tout falloir arroser 2 ou 3 fois par semaine.

La taille du récipient est la clé de succès!

Toutes les autres «complications» du jardinage sur balcon sont bien mineures comparativement aux bénéfices d’un contenant de culture de bonne taille. 

Oui, vous avez besoin de fertiliser, de pailler, de tuteurer et d’offrir des cordes ou un treillis pour les légumes grimpants. Aussi faut-il trouver une façon plus commode pour arroser qu’un arrosoir rempli dans la cuisine et apporté, laissant tomber des gouttes d’eau sur le plancher, jusqu’au balcon. (J’utilisais à cet effet un tuyau d’arrosage: oui, même au 4e étage. Lisez à cet effet Pour faciliter l’arrosage sur un balcon.) Et oui, le soleil aussi est vital… mais la plupart des balcons étant en saillie, ils offrent plus de soleil que vous ne le pensez au premier abord. D’accord, vous n’aurez probablement pas assez de place sur votre balcon pour faire pousser du maïs sucré, des asperges ou de la rhubarbe, mais tout autre légume poussera à merveille.

Mon potager sur balcon était réellement très productif! Ill.: Claire Tourigny, tirée du livre Les idées du jardinier paresseux: Potager

Malgré tout, même si je n’ai plus de balcon (je vis maintenant dans un plain-pied en banlieue avec beaucoup plus d’espace de jardinage), je n’ai jamais obtenu d’aussi bons résultats avec des légumes que sur un balcon. Je ne disposais même pas de 10 mètres carrés d’espace pour cultiver mon potager et pourtant, je produisais assez de légumes pour en donner. À vrai dire, mon balcon était une véritable ferme urbaine miniature! L’absence de limaces, de rongeurs et d’autres parasites sur un balcon est bien sûr d’une grande aide. Et, au cas où vous vous le demanderiez, oui, les abeilles visiteront et polliniseront vos plantes même si vous jardinez au 23e étage.


Le jardinage sur balcon: d’accord, il y a quelques techniques à apprendre, mais si vous voulez vraiment réussir, retenez surtout le conseil suivant: gros contenant = récolte réussie!

Puis-je tailler mon lilas en août?

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Photo: pixy.org

Question: Est-il trop tard pour tailler notre lilas blanc?

Marie Andrée Bruneau

(Question reçue le 11 août)

Réponse: Tout dépend de ce que vous voulez tailler et pourquoi. 

On peut couper les capsules de graines en août, mais il ne faut pas supprimer les boutons floraux, déjà en formation. Photo: Brian Johnston, http://www.microscopy.uk

Si voulez tout simplement supprimer les capsules de graines d’un lilas commun ou français (Syringa vulgaris), allez-y… mais que coupez que l’extrémité: la tige portant les capsules, pas les branches secondaires un peu plus basses qui poussent de part et d’autre de la tigelle qui a fleuri, car elles portent déjà les boutons floraux du printemps prochain. Si vous raccourcissez trop la tige, vous réduirez la floraison de l’an prochain. 

D’ailleurs, supprimer les fleurs fanées et les capsules de graines des lilas est une tache populaire, mais complètement inutile. Lisez Mythe horticole: Supprimer les fleurs fanées des lilas augmente la floraison pour comprendre pourquoi.

Si vous voulez tailler l’arbuste pour le former ou pour réduire sa hauteur, mieux vaut attendre au printemps. Si vous taillez en août, le lilas risque de produire de nouvelles pousses qui n’auront pas le temps de s’aoûter correctement en prévision de l’hiver et qui peuvent alors être endommagées par le froid à venir, ce qui vous obligerai faire à une deuxième taille au printemps.

Si une branche vous gêne pour quelque raison que ce soit — elle frotte contre la maison, elle déborde sur un sentier, empêchant la circulation, elle est morte, cassée ou brisée, etc., bien sûr que vous pouvez la couper maintenant. D’ailleurs, vous pouvez le faire en toute saison. 

Vous pouvez supprimer les drageons à la base des lilas. Photo: http://www.governancecoach.com

Aussi, si vous voulez éliminer les drageons qui poussent au pied de l’arbuste, souvent très nombreux, allez-y aussi. Encore, on peut les supprimer en toute saison. Coupez-les le plus bas possible, même sous le niveau du sol si vous le pouvez, car cela aide à éliminer la repousse. Ou encore, déterrez-les à la pelle.

Quelques plantes de choix

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Buis Green Velvet (Buxus Green Velvet™). Photo: http://www.amazon.com

Cet article est traduit et adapté d’un communiqué de presse de Handpicked for You® préparé par l’équipe d’experts en horticulture des pépinières Sheridan en Ontario, Canada. Handpicked for You se spécialise dans les «plantes fiables pour les jardiniers amateurs», donc les plantes résistantes aux maladies et aux animaux, nécessitant peu d’entretien et résistantes au froid.

Les buis sont des plantes fort appréciées en aménagement pour leur couleur vert foncé toute l’année, leur résistance aux cerfs et aux lapins et, dans le cas présent, une résistance supérieure au froid. En 1973, les pépinières Sheridan lancèrent le buis Green Velvet (Buxus Green Velvet™), le premier buis adapté aux hivers canadiens. En 1975, Buxus Green Mountain a été introduit. Il est chéri pour sa capacité à prendre une forme pyramidale classique presque sans taille. Les deux sont rustiques dans les zones 4 à 9 et poussent aussi bien à l’ombre qu’au soleil.

Hydrangée Annabelle (Hydrangea arborescens ‘Annabelle’). Photo: http://www.amazon.com

L’hydrangée Annabelle (Hydrangea arborescens ‘Annabelle’) produit d’énormes sphères de fleurs blanches ressemblant à des boules de neige qui donnent une impression remarquable dans tout jardin ou paysage. Elle fleurit sur le bois de l’année, de sorte que même les gels durs ne dérangent pas cette plante. Les grappes de fleurs apparaîtront à la fin du printemps ou en été et atteindront un diamètre de jusqu’à 30 cm. Un peu de tuteurage peut être nécessaire pour mettre les fleurs en valeur. Idéale pour les emplacements ensoleillés ou partiellement ensoleillés. Zones 3 à 9.

Lilas Miss Kim (Syringa patula ‘Miss Kim’). Photo: http://www.cramer.ca

Le lilas Miss Kim (Syringa patula ‘Miss Kim’) est un lilas dit nain. En fait, il est plutôt à croissance lente. Sans aucune taille, il atteindra 3 m de hauteur et 2,5 m de diamètre, mais si vous taillez légèrement après la floraison, il est facile de maintenir une taille trois fois plus petite. Ses boutons violet s’ouvrent en mai ou juin en fleurs très parfumées lavande pâle ou même un peu rosées. La plupart des lilas sont uniquement cultivés pour leur effet printanier, mais le feuillage de Miss Kim devient rouge bordeaux en automne. Plantez-le dans un emplacement qui reçoit le plein soleil. Zones 3 à 8.

Yucca Color Guard (Yucca filamentosa ‘Color Guard’). Photo: http://www.amazon.com

Parfois, nous avons besoin d’une plante pour les coins désespérément secs: dans le gravier ou le sable, par exemple. Si c’est le cas, le yucca Color Guard (Yucca filamentosa ‘Color Guard’) est un bon choix. Il ajoute une forme architecturale et une couleur notable aux bacs et aux plates-bandes dans les emplacements ensoleillés. L’étroit feuillage vert et jaune est saisissant, tandis que les fleurs blanches, présentées à l’occasion (habituellement aux 3 ou 4 ans) offrent un contraste surprenant en plein été. Idéal pour les rocailles, les massifs, le contrôle de l’érosion et les emplacements côtiers exposés aux embruns salins. Zones 5 à 10.

Genévrier japonais nain (Juniperus procumbens ‘Nana’) Photo: Rašo, Wikimedia Commons

Les genévriers sont parmi les conifères préférés des jardiniers, car ils suscitent l’intérêt toute l’année. Le genévrier japonais nain (Juniperus procumbens ‘Nana’), par exemple, prospère dans les emplacements ensoleillés ou mi-ombragés. Ses pousses printanières vert vif deviennent bleu-vert à maturité. En hiver, la plante prend une teinte violacée qui contraste joliment avec la neige. Idéalement, vous ne taillerez pas ce genévrier, mais le laisserez prendre sa forme naturelle, en cascade sur une pente, par exemple. Zones 4 à 9.

Genévrier Blue Chip (Juniperus horizontalis ‘Wiltonii’). Photo: http://www.connonnurseries.com

Si vous recherchez un genévrier qui cascade vraiment au-dessus des murs et qui croît même dans un sol rocheux et sablonneux, pensez au genévrier Blue Chip (Juniperus horizontalis ‘Wiltonii’). Ce conifère est prisé pour son feuillage bleu-vert et sa croissance très basse et tapissante. Comme l’espèce est originaire d’Alaska, du Canada et du nord des États-Unis, vous comprendrez qu’il ne craint pas les hivers froids! Zones 2-9.

Peut-on boire d’un tuyau d’arrosage?

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Il n’est pas nécessairement sage de boire d’un tuyau d’arrosage! Photo: http://www.aeropaca.org

Eh bien, qui ne l’a pas déjà fait? C’était une journée chaude, vous aviez soif, mais vous étiez au fond du jardin et le tuyau était juste là. Donc, vous avez ouvert le pistolet et pris une petite gorgée. Rien de grave là, n’est-ce pas?

Pas si vite!

Les tuyaux d’arrosage classiques n’ont pas été conçus pour livrer de l’eau potable. Le tuyau et ses raccords en laiton peuvent libérer du plomb, de l’antimoine, du brome et d’autres minéraux toxiques. En outre, les phtalates qui sont utilisés pour rendre les tuyaux plus flexibles sont également toxiques. De nombreux tuyaux contiennent également du BPA. D’ailleurs, le plastique le plus couramment utilisé dans la fabrication des tuyaux d’arrosage est le chlorure de polyvinyle, qui peut dégager du chlorure de vinyle… toxique, bien sûr. Évidemment, entre la composition du tuyau et la contamination de l’eau qui en émane, il y a une bonne marge, mais quand même…

Une étude publiée en 2016 par le Ecology Center d’Ann Arbor, Michigan, fait état de tests faits sur 32 tuyaux de jardin offerts dans le commerce qui ont permis de découvrir des niveaux de plomb notables dans l’eau de la moitié des tuyaux testés. Aussi, l’eau produite par certains tuyaux contenait des niveaux très élevés de phtalates et de BPA.

Décourageant, n’est-ce pas? Mais la situation s’améliore. 

Recherchez un tuyau qui indique sa capacité de transporter de l’eau potable. Photo: http://www.bmr.co

La même étude a révélé que les niveaux de matières toxiques sont en baisse par rapport à une étude précédente et que les fabricants de tuyaux ont commencé à produire des tuyaux de jardin plus sûrs. Par exemple, ils utilisent moins souvent le laiton (qui contient du plomb) dans les raccords ou encore, ils le recouvrent de nickel. D’ailleurs, certains sont maintenant étiquetés «sans plomb». Aussi, on peut maintenant trouver des tuyaux étiquetés «conçu pour transporter l’eau potable» ou «qualité eau potable» qui sont exempts de plomb, de brome, d’antimoine et d’étain, bien que quelques-uns contiennent encore des phtalates. Le meilleur choix pour les consommateurs soucieux de la sécurité est un tuyau sans PVC, tel que ceux en polyuréthane ou en caoutchouc naturel.

Il faut parfois chercher un tuyau d’arrosage de qualité eau potable dans le rayon camping! Photo: http://www.cylex-locale.fr

Il peut être nécessaire d’aller dans le rayon «camping» ou «entretien de bateaux» de votre quincaillerie pour trouver un tuyau de qualité eau potable. Souvent, le rayon du jardinage n’offre que des tuyaux de jardin classiques n’indiquant nullement leur capacité de transporter l’eau sans la contaminer.

Si vous devez boire…

Quelle image mignonne! Mais mieux vaut ne pas laisser les enfants boire d’un tuyau qui n’est pas de qualité eau potable. Photo: CrazyFunnyStuffCFS

• Laissez couler le tuyau pendant 5 secondes avant de boire. C’est l’eau qui se trouve dans le tuyau au repos qui contiendra les plus hauts niveaux de produits chimiques.

• Rangez votre tuyau à l’ombre. La chaleur du soleil provoque la pénétration de produits chimiques dans l’eau. S’il a été conservé au soleil, laissez l’eau couler jusqu’à ce qu’elle refroidisse avant de la boire.

• Ne laissez pas les enfants boire d’un tuyau d’arrosage, car ils sont plus sensibles aux produits chimiques nocifs que les adultes. Avant même de remplir la pataugeoire de votre enfant, laissez couler l’eau pendant un moment.

• Appliquez les mêmes règles avant de laisser votre animal de compagnie boire d’un tuyau d’arrosage, c’est-à-dire laissez-le couler pendant un certain temps.

Et qu’en est-il de vos légumes?

Voilà la situation si on veut boire d’un tuyau d’arrosage, mais à quel point les légumes arrosés avec un tuyau d’arrosage classique sont-ils sécuritaires?

On trouve parfois (mais heureusement très rarement) des niveaux toxiques de plomb dans les légumes, même des légumes produits de façon biologique, mais cela est généralement dû à un sol contaminé et non à l’arrosage. Et on trouve parfois des concentrations élevées de phtalates dans les légumes biologiques, mais les phtalates sont si courants dans notre environnement qu’il est difficile de prouver qu’ils sont dus à l’utilisation d’un tuyau d’arrosage. Donc, essentiellement, il y a insuffisance de preuve pour conclure que les tuyaux d’arrosage peuvent contaminer les légumes. 

Malgré cela, si vous voulez jardiner de façon biologique, il serait peut-être sage de passer à un tuyau d’arrosage affichant une mention comme «qualité eau potable».