2018: l’année de la betterave

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Betterave ‘Merlin’, une betterave ronde et rouge d’apparence classique, mais nettement plus sucrée que les variétés plus anciennes. Source: Sakata, National Garden Bureau

Chaque année, le National Garden Bureau, un organisme à but non lucratif qui fait la promotion des plaisirs du jardinage, sélectionne une vivace, une annuelle, une plante comestible et un bulbe à mettre en vedette dans son programme L’année de. C’est une excellente façon de découvrir une plante que vous ne connaissez pas ou pour en apprendre un peu plus sur une plante que vous cultivez déjà.

Cet article présente la troisième des quatre plantes honorées en 2018, la betterave potagère (Beta vulgaris Groupe Conditiva). Voici les liens pour deux autres plantes honorées en 2018, soit le coréopsis et le calibrachoa.

Un peu d’histoire

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Betterave maritime (Beta vulgaris maritima). Source: miluz, Flickr

La betterave sauvage (Beta vulgaris maritima) est habituellement appelée betterave maritime ou bette maritime et pousse spontanément sur les rivages maritimes en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, principalement autour des mers Méditerranée et Caspienne et sur la côte atlantique.

À l’origine, la betterave maritime a été récoltée à l’état sauvage pour servir de plante médicinale, pour traiter les fièvres et la constipation et aussi comme aphrodisiaque, et ce, dès le deuxième millénaire avant notre ère. Quant à sa domestication, elle est perdue dans la nuit des temps, mais semble dater du début de la sédentarisation des humains en Mésopotamie, ce qui en fait l’un des légumes les plus anciens. Curieusement, ce n’était pas la racine que nos ancêtres consommaient, puisque la betterave maritime n’avait que des racines somme toute assez ligneuses et brunes qui n’offraient rien à consommer, mais plutôt le feuillage.

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La bette à tondre (B. vulgaris Groupe Cicla) n’a ni racine bulbeuse ni pétiole épais. Source: damsoncottagegarden.com

Cette forme primitive de betterave correspond à ce que nous connaissons aujourd’hui comme la bette à tondre (B. vulgaris Groupe Cicla), autrefois appelée tout simplement bette ou blette. À pétioles minces (contrairement à la bette à carde ou poirée moderne), elle fut autrefois un légume populaire, mais est plutôt oubliée aujourd’hui.

Des études montrent que la bette à tondre était connue et utilisée par la plupart des grandes civilisations de l’Europe et du Proche-Orient, voire jusqu’en Inde: par les Mésopotamiens, les Égyptiens, les Grecs, les Romains, etc. Aujourd’hui, la betterave est cultivée dans le monde entier, sur tous les continents sauf l’Antarctique.

La betterave potagère (le nom betterave veut dire «racine de bette»), soit B. vulgaris Groupe Conditiva, le légume à racine bulbeuse que nous connaissons si bien aujourd’hui, est d’origine inconnue. On soupçonne qu’elle dérive de plantes à racines tubérisées trouvées en Afrique du Nord. Sa popularité est relativement récente: on commença à entendre parler de ce légume seulement à la fin du 16e siècle, en Allemagne et en Russie, et elle ne gagna le reste de l’Europe que 200 ans plus tard.

Portrait de famille

La betterave a longtemps été placée dans la famille des Chénopodiacées, mais cette famille a été supprimée par les taxonomistes et ses membres sont maintenant placés parmi les Amarantacées. Il s’agit d’une plante bisannuelle, rarement pérenne, fleurissant donc pendant la deuxième année de culture pour mourir après la production de semences. Cependant, à moins de vouloir justement récolter les semences, nous cultivons habituellement la betterave comme annuelle, la semant tôt au printemps pour une récolte estivale ou à la fin de l’été pour une récolte automnale. Dans les régions au climat doux, les betteraves sont semées à l’automne comme culture d’hiver.

Les fleurs, assez banales, portées sur des tiges assez hautes (1,2 m et plus), sont pollinisées par le vent.

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Trois parents de la betterave potagère. Source: arm2mountain.com, crystalgreen.com & http://www.rareseeds.com

La betterave potagère a trois parentes qui sont couramment cultivées: la bette à carde, la betterave sucrière et la betterave fourragère.

La bette à carde (nom utilisé au Québec), aussi appelée poirée, bette ou bette à côte, noms plus populaires en Europe, est une variété de bette aux pétioles nettement épaissis qui viennent dans une bonne gamme de couleurs (rouge, rose, blanc, jaune, orange, vert, etc.). On consomme les feuilles crues ou cuites avec leur «côte» (pétiole), à la manière des épinards. Appelée B. vulgaris Groupe Flavescens par les taxonomistes, cette forme serait apparue spontanément, par mutation, à partir de la bette à tondre mentionnée ci-dessus. Elle n’a pas de racine enflée; que des racines fibreuses.

La betterave sucrière (B. vulgaris Groupe Altissima) fut développée en Allemagne à la fin du 18e siècle à partir de la betterave potagère et est utilisée surtout en culture commerciale. Elle fournit 20% de l’approvisionnement mondial en sucre… et est également utilisée pour la production de bioéthanol. Oui, l’auto que vous conduisez est peut-être partiellement mue par la betterave à sucre!

Enfin, la dernière forme de bette couramment cultivée, la betterave fourragère (B. vulgaris Groupe Crassa), produit de grosses racines bulbeuses qui sont principalement utilisées comme fourrage animalier.

Malgré une apparence souvent très différente, toutes les bettes (betterave, bette à carde, betterave sucrière, betterave fourragère, etc.) sont interfertiles: toute variété peut se croiser avec toute autre.

Un légume riche en couleur

La coloration de la betterave est beaucoup plus variée que ce que la plupart des gens pensent.

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Un mélange de différentes couleurs de betterave: ‘Rainbow Beet Mix’. Source: RH Shymway Seed, National Garden Bureau

En plus de la couleur rouge intense qu’on connaît bien, il y a des betteraves jaunes, dorées et blanches, ainsi que des betteraves bicolores avec une racine rouge veinée de blanc. Il y a même des betteraves aux feuilles colorées, comme la populaire betterave ‘Bull’s Blood’, au feuillage pourpre foncé, qui est utilisée à la fois comme plante ornementale et comme légume.

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Betterave à feuilles pourpres ‘Bull’s Blood’: ornementale et comestible. Source: www.osborneseed.com

Cette gamme de couleurs provient principalement de diverses bétalaïnes, des pigments antioxydants. Parfois, le corps n’arrive pas à décomposer complètement les bétalaïnes, peut-être à la suite d’une grosse consommation de betteraves de couleur très foncée (plus riches en bétalaïnes que la normale). Si oui, cela peut donner une urine rose ou rouge. C’est inoffensif, mais plutôt surprenant.

Les bétalaïnes sont depuis longtemps utilisées comme colorant rouge ou rose, notamment dans les pâtes de tomate, les confitures, les gelées, les sauces et divers desserts. D’ailleurs, la poudre de betterave fut autrefois utilisée comme fard et rouge à lèvres.

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Betterave ‘Taunus’: une betterave cylindrique. Source: BejoSeeds, National Garden Bureau

La forme de la racine est variable aussi. Elle est généralement globulaire, mais il y a aussi des betteraves cylindriques, rappelant les carottes. Je les trouve pratiques, car elles donnent plus à récolter tout en occupant moins d’espace dans le jardin… et sont plus faciles à trancher! Si vous cherchez, vous trouverez aussi, notamment dans les catalogues de semences du patrimoine, des betteraves en forme de toupie et de massue.

La betterave dans l’assiette

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Les œufs cuits durs colorés de rose par un marinage dans le jus de betteraves vinaigrées sont un mets traditionnel des Amish de la Pennsylvanie. Source: www.bitchinfrommelanieskitchen.com

Les betteraves sont un légume commun, voire un aliment de base dans certaines régions. En Europe de l’Est, par exemple, le bortsch (soupe de betterave) est servi avec presque tous les repas d’automne et d’hiver.

Les betteraves sont consommées bouillies, rôties, cuites à la vapeur, crues ou marinées, froides ou chaudes, tranchées, coupées en dés, réduites en purée ou râpées, seules ou en mélange avec d’autres légumes dans les salades et les soupes. Et bien sûr, si vous mangez un hamburger en Australie, attendez-vous à trouver une tranche de betterave marinée sur la boulette plutôt qu’une tranche de tomate!

Côté santé, les betteraves sont riches en fibres, vitamines A et C, antioxydants, calcium, potassium, phosphore et acide folique. Elles contiennent plus de fer que la plupart des autres légumes, ce qui les rend populaires auprès des nutritionnistes. La poudre de betterave est vendue encapsulée comme supplément alimentaire, on fabrique des croustilles santé à partir de betteraves tranchées et le jus de betterave est commercialisé comme boisson énergétique naturelle. On a même déjà fabriqué du vin (un vin rouge, je présume) à partir de jus de betterave!

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Betterave à double vocation ‘Early Wonder Tall Top’. Source Sage Gardens

Les feuilles, appelées fanes, sont également comestibles et on peut les manger crues ou cuites, à la manière des épinards. Certaines variétés, comme ‘Early Wonder Tall Top’, ont des fanes particulièrement bien développées et sont considérées à double vocation, cultivées autant pour les fanes que pour la racine. En outre, les pousses de betterave (graines fraîchement germées) sont faciles à cultiver sur un rebord de fenêtre, même en hiver, et certaines épiceries offrent des bébés feuilles de betterave comme ingrédient pour les salades.

Les betteraves ont la réputation d’avoir un goût «terreux» que certaines personnes n’apprécient pas. Ceci est causé par la présence de géosmine, le même composé organique qui donne l’odeur de la «terre après une pluie» que la plupart des gens connaissent. Le nez humain est extrêmement sensible à la géosmine et capable de la détecter à des concentrations aussi faibles que 5 parties par mille milliards. Le niveau de géosmine varie selon la variété de betterave et certaines variétés n’en contiennent presque pas. De plus, l’odeur disparaît complètement lorsqu’on prépare les betteraves dans le vinaigre, car la géosmine se décompose rapidement en milieu acide.

La culture de la betterave

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Habituellement, on sème les graines de betterave en pleine terre. Il n’est pas nécessaire ni même souhaitable de les démarrer dans la maison. Source: www.diynetwork.com

On sème généralement les graines de betterave en pleine terre, normalement, dans les régions tempérées, au début du printemps, soit deux ou trois semaines avant le dernier gel, ou à la fin de l’été, car elles germent mieux à des températures plutôt fraîches. Semez-les à 1 à 1,25 cm de profondeur et à 2,5 à 5 cm (1-2 po) d’espacement et maintenez le sol humide pour favoriser la germination.

On peut facilement cultiver les betteraves en bac aussi.

Il n’est pas nécessaire d’ajouter des champignons mycorhiziens au sol au moment de l’ensemencement. Les betteraves, avec leurs parents, les épinards, sont parmi les rares légumes qui ne forment pas d’association symbiotique avec ces champignons bénéfiques.

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Ces semences curieusement formées sont en fait des glomérules contenant de 2 à 4 graines. Source: www.quickcrop.ie

Les «graines» de betterave sont en fait des glomérules, de petites grappes de 2 à 4 graines à l’intérieur d’un fruit sec. Donc, 2 ou 3 semis germent serrés les uns contre les autres. Pour cette raison, il faut toujours éclaircir les betteraves après leur germination.

Ou du moins, c’était le cas il n’y a pas si longtemps, car il existe maintenant quelques variétés de betteraves «monogermes» qu’on peut semer. (Et non, ce ne sont pas des OGM!) Cette caractéristique est encore très rare, mais risque de devenir plus populaire, car elle simplifie la culture. D’ailleurs, on trouve maintenant presque uniquement des variétés monogermes chez la betterave sucrière tellement cela facilite la culture à grande échelle.

Pour éclaircir les betteraves, pincer ou couper à la base les semis en trop lorsqu’ils mesurent environ 2,5 à 5 cm de hauteur, en laissant un espace d’environ 8 à 15 cm entre les plants. Les plants éclaircis sont bien sûr comestibles et constitueront une première petite récolte. Dans une certaine mesure, plus l’espacement que vous laissez est grand, plus la racine sera grosse. Si vous voulez des betteraves plus petites, mais aussi plus nombreuses, optez pour 8 cm d’espacement.

Les betteraves préfèrent les sols légèrement acides avec une certaine teneur en bore, un oligoélément normalement de moindre importance dans le jardin. Pour vous assurer de combler ce besoin, il peut être utile d’arroser de temps en temps avec un engrais d’algues. Évitez les engrais riches en azote: ils stimulent la croissance des feuilles au détriment du développement de la racine. Les betteraves, étant dérivées d’une plante de bord de mer, sont très tolérantes des sols salins et pousseront bien dans des emplacements que peu d’autres légumes pourraient tolérer.

Maintenez le sol relativement humide, avec un arrosage d’environ 2 cm d’eau par semaine si la pluie manque.

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Betterave «dorée» ‘Boldor’. Source: Boldor_BejoSeeds, National Garden Bureau

Les betteraves mûrissent en 50-95 jours, selon la variété, et sont récoltées quand elles mesurent entre 6,5 et 7,5 cm de diamètre. Par contre, vous pouvez les récolter plus tôt ou les laisser grossir davantage si vous voulez. La récolte se fait en tirant doucement sur les fanes jusqu’à ce que la racine soit extraite ou encore, en les arrachant avec une fourche de jardin.

Enfin, les betteraves se conservent bien, que ce soit dans le sol (les récolter seulement quand le sol menace de geler pour l’hiver) ou dans une chambre froide. De plus, une fois marinées, elles se conservent presque éternellement!


La betterave est un aliment parfait pour les personnes soucieuses de leur santé et aussi un légume facile à cultiver pour les jardiniers de tous âges. Profitez de l’Année de la betterave pour cultiver dans votre jardin ce légume à la fois très ancien et constamment renouvelé!Alf Christianson Seed Co.

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Une étude donne le feu vert à l’arrosage des orchidées avec des glaçons

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Oui, on peut arroser les orchidées avec des glaçons… tant qu’ils ne touchent pas au feuillage. Source: www.accionph.com

J’ai insisté plusieurs fois dans ce blogue sur le fait qu’arroser les orchidées avec des glaçons n’était pas une technique d’irrigation légitime, mais une étude vient de confirmer le contraire. Je vous ai mal informés et je m’en excuse.

Évidemment, je suivais dans mes écrits non seulement les recommandations des experts de la culture d’orchidées, qui déconseillaient l’arrosage par glaçons, mais aussi la logique de la situation. Il ne m’a jamais semblé rationnel d’arroser une plante tropicale qui déteste le froid avec de l’eau froide provenant de glaçons fondus. Cependant, cette étude récemment publiée (septembre 2017), et la première étude scientifique sur le sujet, semble indiquer que cela ne cause pas de tort, du moins, lors de la première floraison.

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L’étude paraît dans la revue HortScience, volume 52, numéro 9 dont voici la page couverture. Source: American Society for Horticultural Science

Pour résumer cette étude, Ice Cube Irrigation of Potted Phalaenopsis Orchids in Bark Media Does Not Decrease Display Life (l’irrigation par glaçons des orchidées phalaenopsis cultivées dans un substrat à base d’écorce ne diminue pas la durée de vie de leurs fleurs), faite pour l’American Society for Horticultural Science par Kaylee A. South, Marc W Van Iersel, Paul Thomas et Michelle L. Jones, quand on cultive les phalaenopsis en les arrosant avec des glaçons, cela ne réduit nullement la durée de la floraison initiale ni son apparence, et ce, comparativement à un arrosage conventionnel avec un volume équivalent d’eau du robinet à la température ambiante.

Les chercheurs ont découvert que, quand l’eau provenant de glaçons percole dans le substrat (dans l’étude, on n’a utilisé comme substrat que des éclats d’écorce, mais je soupçonne que le résultat serait similaire pour d’autres substrats), elle se réchauffe suffisamment pour ne pas nuire à la plante. L’étude a de plus démontré que la température la plus basse atteinte dans les éclats d’écorce était d’environ 11 °C, alors que celle des racines en contact direct avec les glaçons ne descendait pas en dessous de 4 °C. Et les chercheurs ont justement vérifié un autre détail à ce sujet et confirment que les racines de phalaenopsis peuvent tolérer le froid, étant capables de survivre à un bain rapide dans un antigel à -7 °C. Ainsi, cet arrosage par glaçons ne nuit pas aux racines.

Un bémol

Les chercheurs ont quand même souligné que, d’après des études précédentes, les glaçons causent des dommages aux feuilles des phalaenopsis quand ils restent en contact avec ces dernières trop longtemps. Les feuilles sont endommagées par des températures inférieures à 10 °C et sont donc plus sensibles au froid que les racines. Ainsi, il est important que les glaçons soient placés de façon à ne toucher que le substrat et les racines, jamais le feuillage, sinon cela entraînera une nécrose (marque déprimée permanente) aux feuilles.

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La photo qui accompagne l’étude montre exactement ce qu’il ne faut pas faire: laisser les glaçons toucher aux feuilles du phalaenopsis. Source: American Society for Horticultural Science

Dans l’étude sur l’arrosage par glaçons, on a insisté sur le fait qu’il est facile de placer les glaçons sans toucher les feuilles, mais curieusement, dans la photo accompagnant l’étude, non seulement les glaçons touchent les feuilles, mais dans le cas du spécimen montré, il n’y avait pas assez de substrat exposé pour pouvoir y placer des glaçons sans qu’ils y touchent. Autrement dit, si vous avez l’intention d’arroser au moyen de glaçons, il vaudrait mieux choisir un phalaenopsis qui a beaucoup de substrat exposé, peut-être dans un pot plus large que la normale.

Avec l’exception de ce bémol, cependant, il est désormais clair que les glaçons ne sont tout simplement pas l’ennemi des phalaenopsis que je pensais qu’ils étaient.

Est-ce que cette information changera ma façon de cultiver des orchidées?

Pas du tout!

Je n’ai pas l’intention de changer ma propre méthode d’arrosage des orchidées à la suite de cette étude, car, dans le fond, elle n’a pas, à mon avis, étudié la bonne question. En effet, la comparaison dans l’étude était faite avec des phalaenopsis arrosés de façon conventionnelle, en versant de l’eau sur leur substrat et en la laissant percoler vers le bas. Or, peu d’experts de la culture des orchidées recommandent cette méthode. Ils suggèrent — et je pratique — l’arrosage par trempage.

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La méthode généralement recommandée pour arroser les phalaenopsis est le trempage. Source: www.gardenandhome.co.za

Selon cette méthode, on fait tremper la motte de racines de l’orchidée dans de l’eau tiède ou à la température ambiante (ce qui arriverait si l’on devait les tremper dans de l’eau remplie de glaçons reste à déterminer, mais ce n’est pas moi qui ferai subir ça à mes orchidées!). Après 10 à 15 minutes, on laisse bien drainer et l’on remet la plante dans son cache-pot ou dans sa soucoupe. Ainsi, toutes les racines, du haut de la motte jusqu’au fond, reçoivent leur part d’eau et sont également humidifiées. Et l’on recommence quand le substrat est presque entièrement sec.

Quand j’arrose les orchidées de façon conventionnelle, soit «par le haut», c’est-à-dire en versant de l’eau dans le terreau comme on le ferait pour un philodendron ou une plante-araignée, mon expérience est que, quand je rempote l’orchidée en question quelques années plus tard, je trouve une quantité importante de racines mortes ou pourrissantes alors que les racines des orchidées arrosées par trempage sont généralement en excellente forme, même les plus âgées. À regarder les images publiées sur Internet par des amateurs d’arrosage par glaçons qui rempotent leurs orchidées, il y a aussi beaucoup de racines mortes à supprimer. Donc, il est possible que l’irrigation par glaçons soit aussi bonne que l’arrosage par le haut, mais moins bonne que le trempage.

D’ailleurs, il faut se rappeler que les phalaenopsis modernes — des sélections nettement mieux adaptées aux conditions de nos maisons que les premiers hybrides d’il y a 50 ans — peuvent tolérer presque n’importe quelle négligence et quand même rester en fleurs pendant deux ou trois mois. Je vois parfois de pauvres spécimens tellement maltraités que la plupart des feuilles sont mortes ou mourantes et qui pourtant, restent obstinément en fleurs. Ce qu’il faudrait vraiment savoir est quel type d’irrigation donnera la meilleure reprise de la floraison, un sujet que cette étude ne touche pas du tout.

En outre, arroser avec des glaçons nécessite plus d’efforts de la part du jardinier, notamment parce qu’il faut préparer des glaçons à chaque semaine. Et ma tête de jardinier paresseux a beaucoup de difficulté à accepter l’idée que je devrais faire geler de l’eau dans le seul but de la faire dégeler. Évidemment, cette technique utilise davantage d’électricité aussi, mais sans doute très peu.

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«Plus de glaçons? Comment ferais-je pour arroser mes orchidées?» Source: laoblogger.com

Par contre, que de conflits familiaux en vue quand les autres personnes de votre maisonnée chiperont vos glaçons pour d’autres fins, vous laissant sans glaçons pour arroser vos orchidées… et ne me dites pas que cela n’arrivera pas!

Mea Culpa

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Je m’excuse d’avoir partagé une fausse information! Source: www.palpung.eu

Donc, mea culpa, j’avais tort de dire que vous ne devriez pas arroser des orchidées avec des glaçons, bien que, pour ma défense, j’eusse l’appui de la plupart des autorités du domaine. Si vous voulez le faire, donc, allez-y. Ces orchidées garderont probablement leurs fleurs aussi longtemps qu’elles l’auraient fait si vous aviez arrosé leurs racines en y versant de l’eau et d’ailleurs je parie également qu’elles refleuriront aussi facilement… que les orchidées arrosées par le haut.

Cependant, ce qu’il nous faut maintenant est une étude comparant l’arrosage des phalaenopsis par trempage (la méthode préconisée par les experts), l’arrosage conventionnel et l’irrigation par glaçons et, de plus, non seulement dans le maintien des fleurs des phalaenopsis achetés, mais dans la capacité de la plante à vivre une longue vie en santé et à fleurir de multiples fois.

Alors, chercheurs orchidophiles, êtes-vous prêts à relever le défi?20180203A www.accionph.com.20180203B American Society for Horticultural Science .pngcom.jpg

Cultivez un piège collant vivant!

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Les grassettes (ici Pinguicula gigantea) sont des pièges collants vivants! Source: Noah Elhardt, Wikimedia Commons

Des pièges collants jaunes existent depuis plus d’un siècle (le ruban anti-mouche a été breveté aux États-Unis en 1910) et les jardiniers les connaissent bien. Vous les placez près des plantes susceptibles d’infestation par des insectes volants et, presto, les petites créatures agaçantes se trouvent collées au piège plutôt qu’en train de manger vos plantes.

Cependant, le concept est en fait encore beaucoup plus ancien. Dame Nature fabrique des pièges collants depuis des millions d’années sous la forme de plantes à feuillage gluant. Il y a d’ailleurs plus de plantes qu’on ne le pense qui capturent les insectes de cette façon: on appelle les plus efficaces «plantes carnivores» ou, plus correctement, «plantes insectivores».

Ne serait-il pas merveilleux de simplement placer un piège collant vivant parmi vos plantes de maison et de regarder les insectes nuisibles s’y faire prendre? Eh bien, vous pouvez le faire. Mais pas avec n’importe quelle plante insectivore.

Je suggère d’utiliser une grassette.

Qu’est-ce une grassette?

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Les grassettes (ici Pinguicula moranensis) ressemblent à de petites violettes africaines. Source: worldofsucculents.com

Les grassettes sont des plantes du genre Pinguicula. Il y a environ 80 espèces trouvées principalement dans l’hémisphère Nord, mais aussi en Amérique du Sud, où elles poussent de l’Arctique aux tropiques, et du niveau de la mer jusqu’au-delà de la limite des arbres. À moins que vous ne viviez en Afrique, en Océanie ou en Asie tropicale, il y a probablement des grassettes sauvages qui poussent non loin de chez vous.

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Les feuilles des grassettes sont couvertes de gouttelettes collantes. Source: Barry Rice, http://www.sarracenia.com

Le nom Pinguicula signifie «petit graisseux», car ce sont de très petites plantes (la plupart mesurent moins de 20 cm de diamètre à maturité) avec des feuilles vert pâle lisses qui semblent être recouvertes d’une mince couche de graisse. Elles s’appellent grassettes pour la même raison. Si vous regardez attentivement, vous verrez toutefois que les feuilles ne sont pas aussi lisses qu’elles en ont l’air (en fait, elles sont couvertes de poils minuscules) et qu’elles ne sont pas graisseuses non plus. Ce n’est pas une couche de «graisse» qui recouvre les feuilles, mais plutôt de nombreuses fines gouttelettes de mucilage transparent.

Pour la culture à l’intérieur, préférez l’une des espèces tropicales originaires du Mexique (P. moranenis, P. esseriana, P. gigantea, etc.), ainsi que diverses hybrides, car elles sont adaptées à des conditions très similaires à celles trouvées dans nos maisons. La plupart forment une rosette dense composée de feuilles sessiles (sans pétiole) en forme de cuillère. Je trouve que la plante ressemble un peu à une petite violette africaine (Streptocarpus sect. Saintpaulia).

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Les fleurs ressemblent à celles des violettes. Source: Noah Elhardt, Wikimedia Commons

Même les fleurs, généralement pourpres, blanches ou roses, plus rarement rouges ou jaunes, ressemblent aux fleurs des violettes africaines botaniques avec leurs cinq pétales (deux supérieurs, trois inférieurs), mais elles sont portées sur des tiges plus hautes et plus minces. Beaucoup de variétés fleurissent sporadiquement une bonne partie de l’année… encore une fois, un peu comme une violette africaine.

Cependant, en dépit de ces similitudes, les grassettes ne sont nullement apparentées aux violettes africaines: ces dernières appartiennent à la famille des Gesnériacées, tandis que les grassettes appartiennent à la famille des Lentibulariacées (famille des utriculaires).

Comment les grassettes attrapent-elles les insectes?

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La capacité des grassettes d’attraper les insectes volants est assez phénoménale. Source: www.in-the-garden.org

Au fil des années, j’ai cultivé de nombreuses plantes insectivores comme plantes d’intérieur — des dionées attrape-mouche, des népenthès, des rossolis tropicaux, etc. — et si jamais elles ont pu goûter à des insectes, c’est uniquement parce que je leur en avais donné. C’est qu’elles n’étaient pas très efficaces dans le piégeage des insectes, du moins, pas à l’intérieur de ma demeure. Mais ce n’est pas le cas des grassettes.

S’il y a de petits insectes volants dans la maison, vous les trouverez bientôt collés sur les feuilles de votre grassette. Les sciarides ou mouches du terreau, notamment, semblent attirées fatalement par cette plante. Je n’ai plus eu de véritable infestation de sciarides depuis que je cultive des grassettes: toute sciaride qui réussit à se frayer un chemin jusqu’à ma collection de plantes est vite prise sur les pièges feuillus des grassettes! Je ne vois plus voler de sciarides, mais seulement leurs petits corps collés sur les feuilles de grassette.

D’ailleurs, je ne suis pas le seul qui utilise les grassettes en tant que pièges collants. Certaines pépinières d’orchidées les utilisent également de la même façon.

Pourquoi les feuilles des grassettes sont-elles si attirantes pour les petits insectes? La théorie principale est que l’aspect chatoyant de la feuille suggère la présence d’eau, ce qui attire l’insecte. Ma propre théorie est que c’est la couleur vert lime des feuilles de grassette qui est le facteur principal. Ce vert est très près du jaune et l’on sait que beaucoup d’insectes indésirables sont attirés par le jaune (si la plupart des pièges collants commerciaux sont de couleur jaune, ce n’est pas pour rien!). Et il est possible que les feuilles aussi dégagent une odeur quelconque qui attire certains insectes.

Quelle que soit la raison, quand l’insecte atterrit sur la feuille, il s’y trouve pris. La glu ne veut pas le relâcher et plus il s’agite, plus la plante en produit, jusqu’à ce que le mucilage le recouvre et l’étouffe. Ensuite, la feuille produit des enzymes digestives qui font se décomposer l’insecte, le réduisant à un genre de «jus d’insecte» que la feuille peut absorber. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que la marge de la feuille de beaucoup d’espèces s’enroule vers le haut: c’est pour empêcher les liquides nutritifs issus des insectes piégés de s’en égoutter.

Notez que les grassettes obtiennent tous les minéraux nécessaires à leur croissance à partir d’insectes piégés: leurs racines n’absorbent que de l’eau.

Fait curieux

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On prépare le tätmjölk en ajoutant des feuilles de grassette au lait. Source: Kristofer2, Wikimedia Commons

Les feuilles de grassette font cailler le lait, ce qui donne un produit laitier fermenté consommé en Scandinavie. On l’appelle tätmjölk en suédois.

De culture relativement facile

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On peut cultiver une grassette sur le rebord d’une fenêtre comme presque n’importe quelle autre petite plante d’intérieur. Source: http://www.flytrapcare.com

Les grassettes tropicales ne sont pas difficiles à cultiver à la maison… mais elles ont quand même certaines exigences particulières.

Je cultive les miennes avec mes violettes africaines, car les deux plantes ont des besoins similaires. Il faut donner aux deux un éclairage assez intense avec quelques heures de soleil direct, de préférence matinal, comme on en trouve près d’une fenêtre orientée à l’est, ou encore, les cultiver sous une lampe de culture. Les deux apprécient une humidité atmosphérique raisonnable (environ 40 à 50%), des températures intérieures normales, etc. Jusque là, c’est du pareil au même.

Là où il y a une différence, c’est avec l’arrosage. Comme la plupart des plantes insectivores, les grassettes viennent d’un milieu très pauvre en minéraux. Comme mentionné ci-dessus, leurs racines n’ont même pas la capacité d’absorber les minéraux: ce sont plutôt leurs feuilles qui absorbent les minéraux nécessaires à leur croissance à partir des insectes qu’elles attrapent. Ainsi, les grassettes ont horreur de l’eau du robinet, trop minéralisée, surtout si l’eau que vous utilisez est très dure. Il vaut mieux les arroser avec de l’eau de pluie ou de l’eau distillée. L’eau de déshumidificateur aussi leur convient très bien.

Une croissance saisonnière

Maintenez le substrat de culture uniformément humide pendant la saison de croissance, qui va du printemps au début de l’hiver, ne le laissant jamais sécher, car la grassette a un système racinaire très limité qui ne tolère tout simplement pas le terreau trop sec. Certaines personnes arrosent leurs grassettes au moyen d’une mèche qui trempe constamment dans un réservoir d’eau ou laissent les pots se reposer en permanence dans une mince couche d’eau. Cela dit, vous pouvez aussi les arroser comme n’importe quelle autre plante, en versant de l’eau sur la surface du terreau, tant que vous le gardez humide en tout temps.

N’appliquez jamais d’engrais: les minéraux nécessaires aux grassettes, comme nous l’avons vu, viennent des insectes qu’elles attrapent. Appliquer un engrais peut les tuer!

Évitez aussi de les vaporiser de pesticides (fongicides ou insecticides), car ces derniers ont tendance à endommager les feuilles. Si vous avez besoin de traiter vos autres plantes, placez vos grassettes ailleurs pendant le traitement.

Dormance: oui ou non?

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Ce Pinguicula esseriana produit des feuilles d’hiver non collantes au centre de sa rosette alors que les feuilles normales commencent à dépérir, signe qu’il entre en dormance. Source: http://www.thecarnivoregirl.com

Dans la nature, la plupart des grassettes ont une période de dormance hivernale très nette. Les variétés tropicales sont rarement totalement dormantes toutefois (les tempérées, cependant, oui), mais plusieurs commencent plutôt à produire une rosette plus compacte composée de «feuilles d’hiver» plus petites et plus épaisses qui ne sont pas insectivores (elles ne sont pas collantes), indiquant que la dormance est commencée.

Au cours de cette période, qui se produit normalement entre septembre/octobre et mars/avril dans l’hémisphère Nord, vous pouvez baisser la température, même jusqu’à 5 °C, bien que ce ne soit pas strictement nécessaire. Surtout, il est très important de laisser sécher davantage le terreau de ces plantes semi-dormantes, soit presque complètement, avant d’arroser de nouveau. C’est quand même un changement assez radical par rapport aux arrosages abondants de l’été! Lorsque de nouvelles feuilles d’été commencent à apparaître, recommencez à arroser davantage, assez pour maintenir le terreau humide, comme auparavant.

Cela dit, il arrive que certaines grassettes demeurent en croissance toute l’année, notamment quand on les cultive sous un éclairage artificiel. Tant que la production de feuilles d’été persiste, continuez de les arroser abondamment, tout simplement.

Rempotage

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Rempotage d’une grassette dans un mélange de terreau maison. Source: PlantzNThings, YouTube

Les grassettes sont de petites plantes qui peuvent passer toute leur vie dans des pots de taille relativement modeste (10 à 15 cm) et il est rarement nécessaire de les rempoter, sauf après 4 ou 5 ans quand le terreau commence à se compacter.

Il est préférable d’éviter les terreaux d’empotage commerciaux habituels lors du rempotage, car ils contiennent de l’engrais. Il existe des terreaux commerciaux pour «plantes carnivores», mais ils ne sont pas offerts partout. Vous pouvez faire votre propre terreau en mélangeant 50% de tourbe horticole («peat moss») à 50% de perlite ou de vermiculite, ou encore 50% de mousse de sphaigne et 50% de perlite ou de vermiculite. Certains jardiniers aiment bien ajouter une pincée de chaux au mélange, mais cela ne semble pas essentiel.

En dépit de ce qui précède, certaines personnes utilisent un mélange de terreau d’empotage tout à fait classique et prétendent en obtenir des résultats merveilleux.

Multiplication

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On peut multiplier les grassettes par boutures de feuille. Source: happybuddyperson, YouTube

Vous pouvez essayer de multiplier les grassettes par boutures de feuilles ou semences alors que, commercialement, on les reproduit plutôt par culture in vitro. Cependant, la méthode la plus facile à la maison est de séparer les rejets (votre plante mère en produira plusieurs avec le temps) que vous pouvez ensuite empoter en pots individuels, idéalement à la fin de la période de dormance.

Choix local limité

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Habituellement, les grassettes sont vendues en jardinerie à travers d’autres plantes insectivores dans de mini-terrariums de transport. Source: www.boomanfloral.com

Les grassettes ne sont pas très largement distribuées. En jardinerie, on les trouve surtout quand arrive un lot de «plantes carnivores». Elles sont alors mélangées à travers d’autres espèces, notamment la très populaire dionée attrape-mouche. Les grassettes ainsi vendues sont rarement identifiées par un nom d’espèce ou de cultivar. Ce sont généralement des hybrides d’origine impossible à vérifier. Les acheter constitue néanmoins la façon la plus économique pour débuter avec les grassettes.

Notez que, même si ces plantes sont vendues dans un contenant transparent plastifié pouvant faire penser à un terrarium, il n’est conçu que pour servir d’abri pendant le transport et pour maintenir temporairement la plante dans un état acceptable. Quand elle arrive chez vous, enlevez-le, car les grassettes ont besoin d’une bonne circulation d’air pour bien survivre.

Si vous souhaitez profiter d’un choix plus large de variétés, d’une plante de meilleure qualité ou d’une identification appropriée, la solution est de commander auprès d’une pépinière spécialisée en plantes insectivores.

Voici deux pépinières qui vendent des grassettes par correspondance:

Carnivorous Plant Store (Canada)
Exotik.fr (France)


Cultiver vos propres pièges collants? Pourquoi pas!

La tomate arc-en-ciel: une autre arnaque horticole!

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La tomate «arc-en-ciel» montrée dans cette photo est une arnaque. Source: http://www.ebay.ca

Une lectrice m’a envoyé la photo ci-dessus… mais seulement après avoir commandé les semences. Elle voulait savoir si c’était vrai qu’elle obtiendrait des tomates aussi colorées en commandant des «semences de tomates arc-en-ciel». Malheureusement, la réponse est non.

Grâce à Photoshop, changer les couleurs d’une photo est un jeu d’enfant. Vous pouvez colorer un éléphant d’un rose pur, un flamant d’un vert vif… ou des tomates en couleurs Crayola individuelles.

D’ailleurs, les photos de végétaux sont souvent «rehaussées» afin de promouvoir la vente. Même les catalogues horticoles assez réputés ne semblent pas trop hésiter à améliorer les photos de leurs produits… jusqu’à un certain point. Un exemple: les narcisses «roses» qui sont rose vif dans le catalogue plutôt que d’être saumon comme dans la vraie vie (lisez Des couleurs faussées indiquent un catalogue peu fiable). Mais aucun catalogue le moindrement sérieux n’irait aussi loin que de «peindre» une grappe de tomates en couleurs individuelles totalement fausses: la plupart ont encore une certaine décence!

Qu’avez-vous réellement acheté?

Les gens derrière les entreprises qui vendent des graines sur Internet à l’aide de photos manifestement irréelles sont carrément des arnaqueurs et d’ailleurs, ces entreprises sont assez éphémères: elles sont là pour empocher votre argent, puis disparaissent rapidement, souvent sans rien vous envoyer du tout. Espérons que, dans votre cas, votre marchand vous fera parvenir au moins quelque chose, de préférence des semences viables… de tomate (Solanum lycopersicum)!

En supposant que votre marchand vous envoie effectivement des semences de tomate, à quoi pouvez-vous vous attendre?

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Voici des tomates arc-en-ciel légitimes: un mélange appelé Rainbow Heirloom Mix. Il n’y a aucun artifice ici et il est clair que ces tomates proviennent de variétés différentes incluses dans un même mélange. Photo: www.jungseed.com

S’il veut honorer l’aspect «arc-en-ciel» de sa promesse, vous recevrez probablement des semences de plusieurs variété de tomates de couleurs différentes mélangées ensemble… et il existe un bon choix de couleurs chez la tomate, notamment rouge, rose, orange, jaune, vert, «blanc», «bleu» et «noir». (Pour les couleurs entre guillemets, les tomates ne sont pas vraiment de la couleur citée, car il n’y a pas de tomates réellement blanches, violettes, bleues ou noires, mais la coloration est assez proche de ces couleurs pour être acceptée ainsi par les jardiniers.)

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Les tomates dites bleues ou pourpres (ici, ‘Blue Beauty’) sont en fait rouges, mais les parties exposées au soleil prennent une teinte pourpre foncé. Source: www.rareseeds.com

Certainement, vous ne recevrez pas un plant portant des fruits d’une demi-douzaine de couleurs différentes sur la même plante. D’accord, il peut y avoir plus d’une couleur de fruit sur un plant de tomates, car la plupart des tomates passent de vert moyen à vert clair avant d’atteindre leur couleur ultime et les fruits des trois couleurs peuvent donc être présents sur le plant en même temps. Aussi, les tomates dites bleues ou violettes sont essentiellement rouges, mais avec une superposition violacée sur les parties exposées au soleil, ce qui ajoute une quatrième couleur.

Tout probablement que le mélange comprendra des graines de tomates différentes aux couleurs variées; un mélange de tomates rouges, jaunes et vertes, par exemple. Au moins, cela vous donnera honnêtement des «tomates arc-en-ciel», même si les couleurs ne ressemblent absolument pas à celles de la photo.

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Tomate ‘Big Rainbow’, parfois vendue sous le nom Arc-en-ciel par des semenciers ignares. Source: parkseed.com

Aussi, il existe au moins une tomate qui s’appelle «arc-en-ciel», du moins si l’on traduit son nom de cultivar: ‘Big Rainbow’ (gros arc-en-ciel). Peut-être est-ce ce qu’on vous expédiera? Son fruit est (un peu) multicolore, essentiellement orange zébré de rouge et de rose, donc très loin d’être vraiment de couleur arc-en-ciel. Et cette grosse tomate côtelée ne ressemble nullement à la photo du début de ce blogue non plus!

Notez que, théoriquement, on ne traduit jamais les noms de cultivars, car, quand la même plante a deux, trois ou quatre noms différents, selon la traduction de chacun, cela porte à confusion. Malheureusement, certains semenciers ignares traduisent les noms de cultivars sans la moindre hésitation! Et, effectivement, vous trouverez plusieurs semenciers qui vendent une tomate appelée ‘Arc-en-ciel’ (en fait, il s‘agit de ‘Big Rainbow’), même si le nom est illégitime.

Une leçon ou deux… ou trois!

Alors, quelles leçons pouvons-nous tirer de cette malheureuse expérience?

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Les entreprises qui faussent les couleurs des plantes pour en mousser les ventes sont des escrocs. Source: www.pixenlarge.com

Tout d’abord, qu’il y a beaucoup d’escrocs qui utilisent de fausses photos de légumes, de fruits et de fleurs pour dérober votre argent. Par le passé, j’ai couvert dans ce blogue d’autres arnaques de jardinage semblables: des escroqueries impliquant des graines qui ne livrent pas la marchandise, comme le fraisier aux fruits noirs, le rosier arc-en-ciel et la pastèque carrée, mais il y en a beaucoup d’autres.

Deuxièmement, que vous pouvez éviter ce problème en limitant vos commandes aux semenciers de bonne réputation. Puisqu’ils visent à rester longtemps sur le marché, ils n’ont aucun intérêt à vous anarquer. (Vous trouverez une liste de catalogues horticoles fiables pour le Canada ici.)

Et troisièmement, la leçon la plus importante: si une chose en vente sur Internet a l’air irréelle, c’est probablement le cas!20180201 www.kent2015.com

Se rappeler les noms botaniques

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Avez-vous de la difficulté avec les noms botaniques? Voici quelques trucs pour les apprendre! Source: thecliparts.co

Pour les novices du jardinage, l’utilisation des noms botaniques, à résonance latine ou grecque, paraît souvent rébarbative. Pourquoi ne pas se limiter aux noms communs? Mais, à force de rencontrer les noms latins sur une base régulière, on se prend à les apprécier. Ils sont souvent évocateurs et aussi, sont parfois très près du français, puisque le latin et le français sont deux langues romanes. Mais avant tout, les noms botaniques permettent d’éviter la confusion. Après tout, plusieurs plantes peuvent partager un nom commun, mais chaque plante n’a qu’un seul nom latin*.

*D’accord, parfois le nom botanique change, mais cela n’arrive pas très souvent et il y a toujours une bonne raison. Pour en savoir plus, lisez La valse des noms botaniques.

Je suis tout le temps pris avec ce problème dans les courriels que vous m’envoyez. Un lecteur veut savoir quelque chose au sujet d’une «mille fleurs»… et je ne peux répondre, car il y a des dizaines de plantes qui s’appellent mille fleurs (Impatiens, Lantana, Begonia, Aster, etc.). Le nom «sabot de la vierge» évoque une orchidée (Cypripedium) pour certains, mais une vivace appelée Aconitum pour d’autres. Le «tabac du diable» peut être Symplocarpus foetidus, Arctium lappa ou Verbascum thapsus dans différentes régions de la francophonie. Ou même Cannabis sativus! Même le mot «lilas», que nous utilisons dans les zones tempérées pour le grand arbuste à floraison parfumée (Syringa), s’applique plutôt à Ceanothus, un grand arbuste sans le moindre parfum, ou à Lagerstroemia, un arbre pas plus parfumé, dans des pays plus chauds où les Syringa ne poussent pas. Et ainsi de suite. Les noms communs sont une vraie tour de Babel!

Par contre, même en voyage au fin fond du monde, vous arriverez à vous faire comprendre d’un jardinier parlant l’ouzbek ou le japonais si vous connaissez le nom botanique, car il est international.

Si facile

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Les noms botaniques ne sont pas difficiles à apprendre… une fois que vous les comprenez! Source: ites.psu.edu

Les gens semblent souvent surpris que j’utilise les noms botaniques avec tant d’aisance, mais en fait, en plus de la répétition (je suis plongé dans l’horticulture à cœur de jour!), si je me rappelle si facilement les noms botaniques, c’est que j’ai appris à les comprendre. Non pas que je puisse converser en latin, mais à force d’être en contact avec les noms botaniques, j’ai appris un peu de vocabulaire latin. Pour moi, par exemple, il est évident que alba veut dire blanc, rubra veut dire rouge, nigra veut dire noir, cyanea bleu, flava jaune, purpurea pourpre, aurantiaca orange, argentea argenté, etc. Et je suis convaincu que plusieurs autres lecteurs ont compris sans peine au moins un mot ou deux de cette liste. Aussi, si j’entends le mot prostrata, on n’a pas besoin de me dire que la plante pousse de façon prostrée, que grandiflora indique que les fleurs sont grandes, que nana veut dire nain, etc.

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Je me demande d’où vient Agapanthus africanus? Source: more-cliparts.net & laoblogger.com

Les noms ayant une référence géographique sont particulièrement faciles à comprendre. Avez-vous vraiment besoin qu’on vous explique que canadensis veut dire «du Canada», europaea, «de l’Europe», amazonica, «de l’Amazonie», etc.?

Certains mots paraissent plus obscurs, mais deviennent faciles à retenir quand on les comprend. Par exemple, j’ai appris avec le temps que dendron veut dire arbre. Donc, Rhododendron veut dire arbre rose (rhodo), Philodendron veut dire «qui aime les arbres» (de philo pour amour), car le philodendron grimpe sur les arbres, Toxicodendron veut dire arbre empoisonné, etc. Et quand vous savez que anthus veut dire «fleur», tout d’un coup des noms incompréhensibles comme Dianthus, polyanthus et Helianthus s’éclairent. En effet, Dianthus veut dire «fleur des dieux» (dius veut dire dieu), polyanthus, fleurs multiples et Helianthus, fleur de soleil (d’helios, soleil) pour la plante que nous appelons tournesol, girasol ou soleil (encore des noms communs multiples!). Peut-être que, a priori, Dracocephalum paraît ne pas avoir de sens, mais quand vous saisissez que draco veut dire dragon et cephalum tête, on comprend que cela évoque la forme de la fleur, en forme de tête de dragon. Ainsi, la majorité des noms botaniques ont un «sens» quelconque et, quand on le comprend, il est plus facile de se rappeler le nom.

Des noms honorifiques

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Le nom Bougainvillea honore Louis-Antoine de Bougainville. Source: Forest & Kim Starr, Wikimedia Commons

Quand le nom latin n’a pas de sens générique, souvent c’est parce qu’il est honorifique. Ne cherchez pas le sens de Gaultheria, par exemple: ce n’est même pas du latin, mais plutôt du français latinisé, car le nom honore le botaniste québécois Jean-Pierre Gaulthier. Tout comme Bougainvillea honore Louis-Antoine de Bougainville, l’aide de camp du Marquis de Montcalm et Begonia honore Michel Bégon, gouverneur de la Nouvelle-France. Il existe même un Ligularia hodgsonii, nommé non pas pour moi, Larry Hodgson, mais pour le botaniste britannique Bryan Houghton Hodgson.

Souvent, les noms honorent non pas des humains, mais des figures de la mythologie. En effet, qui ne comprend pas que Narcissus, Hyacinthus, Iris, Daphne, Adonis, Cassiope et Andromeda ont des liens avec la mythologie grecque? D’ailleurs, il y a une belle légende grecque derrière chacun de ces noms!

Le meilleur site pour trouver le sens des noms botaniques

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Dans Botanary, vous n’avez qu’à entrer le nom botanique d’une plante pour obtenir sa définition. Source: davesgarden.com/guides/botanary/

Si vous voulez connaître le sens d’un nom botanique obscur, je vous suggère d’aller au site Botanary. Ce site est formidable, à la condition que vous compreniez un peu l’anglais. Il y a une case où l’on tape le nom et, 9 fois sur 10, on vous donne la définition. Exemple: si je tape Rudbeckia, voici la définition qui apparaît: «Named for Olof Rudbeck and his son (also Olof), 17th century Swedish botanists». Maintenant, l’histoire des Rudbeck est bien ancrée dans ma tête et je n’oublierai plus le nom. Essayons Hemerocallis. On dit: «beautiful for a day» (beau pendant une journée). C’est logique, car la fleur ne dure qu’une journée.

20180131F FR Translate_logo.pngVous ne comprenez pas un traitre mot d’anglais? Copiez la définition offerte et déposez-la dans Google Traduction (en anglais: Google Translate). Vous aurez bientôt une traduction souvent très raisonnable. Par exemple, la définition pour Rudbeckia se traduit comme suit: «Nommé pour Olof Rudbeck et son fils (aussi Olof), botanistes suédois du 17ème siècle».

Il existe quelques sites en français qui donnent des définitions botaniques, mais aucun n’est aussi performant que Botanary.

Des trucs mnémoniques

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Verbena bonariensis, la verveine bonne-à-rien. Source: frank wouters, Flickr

Parfois, quand la référence est plus obscure, mais que je veux retenir le nom, j’en fais un jeu de mots. Verbena bonariensis veut en fait dire la verveine de Buenos Aires, mais pour moi, ce sera toujours la verveine bonne-à-rien. Episcia est épicé, Houttuynia est hautaine, Phacelia est facile, Petasites est un parasite (il est envahissant), etc. Ces petits jeux de mémoire, qu’on appelle aides mnémotechniques (à noter que la plupart des noms latins sont plus faciles à retenir que le mot «mnémotechnique»!), font que les noms botaniques me viennent facilement à l’esprit.

Essayez vous-même! Je vous donne 3 noms botaniques qui n’ont pas a priori de sens immédiat: Papaver (coquelicot), Malus (pommier), Syringa (lilas). Essayez de les prononcer, de les imaginer, puis de trouver un mot ou une combinaison de mots qui aurait un sens pour vous. Quand vous l’aurez fait, vous verrez, vous ne les oublierez plus!20180131A thecliparts.co.jpg

Inspection mensuelle des bulbes en dormance

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Mieux vaut inspecter vos bulbes de temps à autre pour éviter de mauvaises surprises! Source: clipart-library.com & http://www.guibingzhuche.com

Beaucoup de jardiniers conservent certains bulbes non rustiques dans la maison pendant l’hiver: pommes de terre, glaïeuls, cannas, callas, bégonias tubéreux, etc. À cette date, ils sont en dormance et on les imagine à l’abri de tout contretemps… mais ce n’est pas nécessairement vrai. Vous les avez entreposés à sec et probablement au frais (ce deuxième détail est moins important que le premier) et c’est bien, mais il arrive des imprévus. Ainsi, il vaut la peine d’inspecter vos bulbes à tous les mois au cours de l’hiver.

Ce sont surtout les bulbes entreposés en sac ou en boîte qu’il vaut mieux inspecter. Il suffit de les sortir du sable, de la tourbe, du papier journal, etc. dans lequel ils sont entreposés et de les inspecter individuellement.

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Si les bulbes paraissent ratatinés, vaporisez-les légèrement. Source: http://www.broersenbulbs.com  & pixabay.com

S’ils paraissent ratatinés, vaporisez-les avec de l’eau claire et laissez-les absorber cette humidité pendant 15 à 20 minutes avant de les resserrer: vous verrez les rides disparaître comme par magie!

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Quand un bulbe commence à pourrir, enlevez-le avant qu’il ne contamine les autres. Source: http://www.botanistii.ro

Parfois un bulbe commence à pourrir… et cette pourriture peut s’étendre aux bulbes voisins. Un bulbe pourri sentira le moisi (odeur de pomme de terre pourrie) et sera ramolli et brun ou noir sur la partie endommagée (encore, comme une pomme de terre pourrie). Dans la plupart des cas, il n’y a rien à faire: mettez le bulbe pourrissant au compost. Pour les rhizomes (canna) ou les racines tubéreuses (dahlias), il est souvent possible d’exciser au couteau la partie pourrie (surtout si ce n’est qu’un début de pourriture). Il faut couper un peu «dans le bon» afin d’éliminer complètement la pourriture. Après, conservez ce bulbe séparément des autres, au cas où.

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Parfois, la seule façon d’inspecter les bulbes hivernés en pot est de sentir leur terreau! Source: http://www.gardenersworld.com

Les bulbes que vous avez cultivés en pot pendant l’été et conservés en pot pendant l’hiver sont moins faciles à inspecter… mais aussi moins sujets aux contretemps. Par contre, vous pouvez au moins sentir le terreau. Encore, l’odeur de moisi n’est pas bon signe: il vaudrait la peine de déterrer les bulbes qui sentent ainsi pour une inspection en bonne et due forme.


Et voilà! Ce n’est pas plus compliqué que cela! Et pour ne pas oublier d’inspecter vos bulbes de temps en temps, pourquoi ne pas ajouter une «journée d’inspection» mensuelle à votre agenda, et ce, dès leur rentrée à l’automne. Il n’en faut pas plus pour bien conserver vos bulbes pendant l’hiver!20180130A clipart-library.com & www.guibingzhuche.com .jpg

La violette africaine change de nom

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Le célèbre Saintpaulia est désormais un Streptocarpus. Source: Wildfeuer, Wikimedia Commons

La violette africaine, l’une des plantes d’intérieur les plus populaires au monde, change de nom botanique. (Pour comprendre pourquoi les noms botaniques sont parfois modifiés, lisez l’article La valse des noms botaniques.)

Cette plante a été nommée Saintpaulia ionantha en 1892, d’après le Baron Walter von Saint Paul-Illaire, son découvreur. Cependant, des études génétiques récentes placent désormais cette gesnériacée plutôt dans le genre Streptocarpus, plus spécifiquement dans le sous-genre Streptocarpella. Théoriquement, il faudrait maintenant appeler votre violette africaine Streptocarpus sous-genre Streptocarpella sect. Saintpaulia, mais Streptocarpus sect. Saintpaulia serait aussi parfaitement acceptable et drôlement plus pratique.

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Désormais, la violette africaine est considérée comme une très proche parente du streptocarpella (Streptocarpus sous-genre Streptocarpella ‘Concord Blue’). Source: hiveminer.com

Ainsi Saintpaulia ionantha, l’espèce principalement utilisée comme plante d’intérieur, devient Streptocarpus sect. Saintpaulia ionanthus (notez qu’ionantha devient ionanthus pour correspondre au genre du nom Streptocarpus).

Un cultivar hybride, qui contient sans doute des gènes de plus d’une espèce, s’appellerait désormais Streptocarpus sect. Saintpaulia suivi du nom de cultivar entre guillemets simples. Par exemple, Streptocarpus sect. Saintpaulia ‘Blue Boy’ ou Streptocarpus sect. Saintpaulia ‘Happy Harold’.

Sans doute qu’on continuera d’écrire longtemps Saintpaulia ‘Blue Boy’ et même l’auteur du changement, le Dr Jeffrey Smith, botaniste à Ball State University, admet que cette utilisation n’est pas nécessairement illégitime, tant que l’on comprend que le véritable nom légitime est Streptocarpus sect. Saintpaulia.

L’African Violet Society of America et The Gesneriad Society proposent de continuer d’utiliser, dans des textes non scientifiques, le nom Saintpaulia, mais sans italique. Ainsi, il faudrait écrire Saintpaulia ‘Blue Boy’ plutôt que Saintpaulia ‘Blue Boy’. Voilà un bon compromis facile à appliquer!20180129A Wildfeuer, WC