Mettons un nom sur une plante mystère

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Ficoïde hybride Mezoo (Mesembryanthemum × ‘Mesbicla’). Photo: Proven Winners

Ficoïde Mezoo

Question: J’ai récemment vu, dans une jardinière en plein air, cette magnifique plante que je n’arrive pas à identifier. Savez-vous ce que c’est?

Martine Mombleau

Réponse: C’est une succulente avec une taxonomie assez embrouillée.

Actuellement, elle s’appelle officiellement Mesembryanthemum × ‘Mesbicla’, bien qu’elle soit généralement vendue sous le nom Aptenia Mezoo™ Trailing Red. (Aptenia est son ancien genre botanique, absorbé par le genre Mesembryanthemum en 1997, tandis que Mezoo™ Trailing Red est son nom de commerce.) Vous verrez également M. × ‘Mesbicla’ vendu sous le nom de Dorotheanthus bellidiformis Mezoo™ Trailing Red, même si le vrai Dororeanthus bellidiformis (maintenant Cleretum bellidiforme) n’est qu’un parent très éloigné.

Quant à son nom commun, je vois parfois paraître le nom «ficoïde à feuilles en cœur Mezoo». Ficoïde lui convient bien, car c’est le nom donné aux plantes tapissantes de sa famille, les Aizoacées, et couvre plusieurs genres différents, dont CarpobrotusLampranthusDelosperma et le genre de notre plante, Mesembryanthemum.

Par contre, je m’oppose au suffixe «à feuilles en cœur», car on l’utilise déjà le nom «ficoïde à feuilles en cœur» pour une autre plante, son parent Mesembryanthemum cordifolium. Et en plus, les feuilles de M. × ‘Mesbicla’ ne sont pas en forme de cœur, mais elliptiques. 

Ainsi, je juge plus sage de l’appeler ficoïde hybride Mezoo, car il est d’origine hybride, ou tout simplement ficoïde Mezoo.

L’origine du ficoïde Mezoo

 ficoïde à feuilles en cœur (Mesembryanthmeum cordifolium) à feuilles cordiformes vertes et à fleurs étoilées magenta-violet
Voici le véritable ficoïde à feuilles en cœur (Mesembryanthmeum cordifolium), l’un des parents du ficoïde hybride Mezoo.

Notre plante est un hybride d’origine horticole, résultant d’un croisement entre le ficoïde à feuilles en cœur (Mesembryanthemum cordifolium, anciemment Aptenia cordifolia) avec de minuscules fleurs magenta-violet et des feuilles vertes en forme de cœur, et une espèce plus grande et à fleurs jaunes appelée M. haeckelianum. Ses deux espèces parentes sont originaires d’Afrique du Sud.

 ficoïde hybride ‘Red Apple’ (Mesembryanthemum × ‘Red Apple’), feuilles vertes, fleurs rouges
Le ficoïde hybride ‘Red Apple’ (Mesembryanthemum × ‘Red Apple’) porte des fleurs rouges et des feuilles elliptiques vert vif. Photo: World of Succulents

Ce croisement a donné le cultivar M. × ‘Red Apple’, avec de fleurs rouges plus grandes, un port plus dense et des feuilles vert vif qui ne sont pas en forme de cœur comme celles de M. cordifolium, mais plutôt elliptiques. 

Notre plante est née quand une mutation à feuilles panachées (vertes avec une bordure blanc crème) est apparue spontanément sur une plante de ficoïde ‘Red Apple’. Cette mutation s’est montrée fidèle du type par bouturage et d’ailleurs facile à multiplier. Son obtenteur a enregistré sa trouvaille sous le nom ‘Mesbicla’, mais la plante a finalement été distribuée sous les noms Mezoo et Mezoo Trailing Red. 

Voilà donc l’histoire complexe de l’identité de notre plante!

Une description

Ficoïde Mezoo, feuille panaché blanc crème, fleurs étoilées rouges
Le ficoïde Mezoo est une sélection panachée de ‘Red Apple’. Photo: Proven Winners

Le ficoïde Mezoo est une succulente rampante à croissance basse avec des feuilles denses, elliptiques et succulentes de couleur verte et crème. Il mesure rarement plus de 8 à 12 cm de hauteur, mais peut atteindre une largeur considérable — 90 cm ou plus — s’il est utilisé comme couvre-sol dans un climat tropical. Dans les climats tempérés, il est généralement employé comme plante annuelle pour les jardinières estivales ou comme plante d’intérieur. Il prend un port retombant en pot et peut pendre en cascade sur jusqu’à 1,2 m de longueur sous de bonnes conditions.

Ses fleurs sont petites et rouge vif, avec de nombreux pétales (en fait des staminodes) et un œil jaune. Elles ne s’épanouissent que les jours ensoleillés et se ferment la nuit. Les journées nuageuses, on ne distingue qu’un petit bouton rouge.

Comment cultiver le ficoïde Mezoo

Ficoïde Mezoo, plante retombante, feuille panaché blanc crème, fleurs étoilées rouges
Si vous voulez à une floraison abondante, donnez à votre ficoïde Mezoo autant de soleil que possible. Photo: suburbansill.com

C’est une plante qui aime le soleil, à placer peut-être une terrasse lumineuse ou, à l’intérieur, un rebord de fenêtre ensoleillé. Il s’étiole et dépérit sans un éclairage adéquat.

Le ficoïde Mezoo est très tolérant à la sécheresse, mais poussera et fleurira mieux s’il est maintenu modérément bien arrosé pendant les mois d’été, quand il fait la majeure partie de sa croissance et de sa floraison. Pendant l’automne et l’hiver, gardez-le plus frais, si possible, et certainement plus sec, n’arrosant que lorsque les feuilles commencent à se ratatiner. Il a tendance à pourrir s’il est conservé dans un sol qui reste trop humide pendant l’hiver.

Il est préférable de ne pas engraisser cette plante, car cela peut entraîner une croissance étiolée et faible. Ses espèces parentes poussaient dans des sols désertiques pauvres et il semble avoir hérité de leur capacité à se développer avec peu de minéraux.

Si vous le laissez pousser à sa guise, il peut produire de longues tiges bien espacées. N’hésitez pas alors à le pincer ou le tailler au besoin pour stimuler une ramification accrue et alors une croissance plus dense.

Sauf dans les régions tropicales (zones de rusticité 10 à 12), rentrez ce ficoïde à l’intérieur à l’automne lorsque les températures nocturnes descendent en dessous de 10 °C. 

Notez que le ficoïde hybride ‘Red Apple’, dont Mezoo est la mutation, s’est échappé à la culture pour devenir une mauvaise herbe dans certaines régions de Californie et d’Australie. On ne sait pas si ficoïde Mezoo est aussi envahissant.

Boutures de ficoïde Mezoo, ciseaux, feuillage panaché vert et blanc
Il est facile de multiplier votre ficoïde Mezoo par boutures de tige. Photo: cottageatthecrossroads.com

Vous pouvez également rentrer des boutures, faciles à faire enraciner dans un terreau plutôt sec. Pas besoin de placer ces boutures à l’étouffée: elles n’ont pas besoin d’humidité supplémentaire. Et évitez le bouturage dans l’eau qui mène tout droit à la pourriture.

Curieusement, les feuilles sont comestibles et l’on peut les utiliser de la même manière que les épinards. Cependant, si votre plante provient directement d’une pépinière, attendez quelques mois d’y goûter afin que les résidus de pesticides qui auraient pu être appliqués aient le temps de se décomposer.


Le ficoïde Mezoo (Mesembryanthemum × ‘Mesbicla’): son identification a déconcerté plus d’un botaniste, mais c’est une succulente simple à réussir et attrayante que la plupart des gens apprécieraient.

Bombes de graines: pour répandre la beauté des fleurs!

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Ill.: http://www.clipartmax.com & http://www.mycutegraphics.com, montage: jardinierparesseux.com

Il y a de très longtemps, à la fin des années 1970, je me croyais un «jardinier de guérilla», basé sur le mouvement du «guerilla gardening» (guérilla jardinière) que j’avais découvert lors d’une visite à New York. L’idée était de répandre la nature sur des terres qui ne vous appartiennent pas, comme les terrains vagues, l’espace entre la rue et le trottoir, les jardins abandonnés, même les fissures des aires de stationnement.

Je suis revenu de mon voyage en rêvant de remplir le moindre interstice de ma ville de fleurs et d’ainsi non seulement de l’embellir, mais aussi, de ramener les abeilles et les autres pollinisateurs dans le noyau urbain. Dans les faits, cependant, je n’ai préparé des bombes de graines qu’une seule fois, ayant réussi à convaincre un groupe d’amis de participer à l’exploit séditieux.

Nous avons fabriqué des bombes de graines dans mon appartement, puis nous sommes sortis dans le quartier, les jetant dans des espaces convenables. Essentiellement, des endroits ensoleillés, mais dépourvus de végétation. 

Bombe de graines brune tenues dans une main.
Bombe de graines. Photo: Herder3, Wikimedia Commons

Théoriquement, vous pouvez lancer une bombe de grains à partir d’une moto ou d’une voiture en mouvement, mais nous n’avions ni l’un ni l’autre. Nous sommes simplement sortis à pied la nuit avec les bombes dans des boîtes de carton, les transportant dans un chariot d’épicerie «récupéré». Nous nous prenions pour une véritable guérilla urbaine, courageuse et subversive, prête à aller en prison pour notre activité révolutionnaire. En fait, à un moment donné, une voiture de patrouille est passée tout près, mais n’a même pas ralenti. Honnêtement, je pense que rarement une guérilla urbaine faisait-elle aussi piètre figure!

Sous mes instructions (j’étais le jardinier urbain du groupe), nous avons lancé nos bombes dans les endroits les plus propices le long de notre route.

Notre plus grand succès a été une rue commerciale du secteur où de grands bacs à fleurs avaient été installés lors d’un projet d’embellissement antérieur, puis abandonnés, du moins pour la plupart. Il n’y poussait plus que quelques mauvaises herbes éparses. Nous étions si fiers des belles fleurs qui sont apparues mystérieusement dans les mois qui ont suivi notre bombardement des jardinières!

Il y a même eu une certaine refloraison spontanée l’année suivante, mais la ville a ensuite enlevé les bacs. Et j’étais à ce moment investi dans d’autres projets de jardinage de guérilla, principalement la plantation de légumes dans des terrains vagues et la création d’un jardin communautaire, donc je n’ai jamais repris mes bombardements.

Vous aussi pouvez être un jardinier de guérilla

Pourquoi ne pas essayer d’embellir votre ville avec fleurs qui attire les pollinisateurs? Les bombes de graines sont faciles à fabriquer et leur confection constitue un excellent projet pour une famille, car les enfants de tous âges peuvent participer, à la fois à la fabrication des bombes et à leur lancement.

Voici ce qu’il faut faire:

1. Achetez des graines de fleurs sauvages adaptées à votre région. Vous aurez également besoin de compost, fait maison ou acheté, et d’argile en poudre (d’une boutique d’artisanat), à moins que vous n’ayez une source de terre argileuse trouvée dans la nature.

2. Dans un bol, mélanger 1 tasse de graines, 5 tasses de compost et 2 ou 3 tasses d’argile.

3. Ajoutez de l’eau petit à petit, la mélangeant avec vos mains, pétrissant le mélange jusqu’à ce qu’il ait la texture d’une pâte à biscuits. Trop d’eau entraînera une soupe plutôt qu’une pâte, alors allez-y doucement.

4. Roulez le mélange en boules dans votre main. Visez environ la taille d’une balle de golf.

Bombes de semences en train de sécher sur une toile noire
Bombes de semences en train de sécher. Photo: Suyash Dwivedi, Wikimedia Commons

5. Placez les boules sur un plateau pour qu’ils sèchent pendant 24 à 48 heures.

6. Vous pouvez les utiliser tout de suite ou les conserver pendant plusieurs semaines.

7. Enfilez votre tenue de camouflage de guérilla urbaine (facultative) et commencez vos bombardements!

Quand semer les bombes?

Il est préférable de semer les bombes qui contiennent des graines de fleurs annuelles au printemps et celles qui contiennent des graines de fleurs vivaces à l’automne. (La plupart des graines de plantes vivaces ne germeront bien que si elles ont passé un hiver froid à l’extérieur.)

Puisque les graines ont besoin d’eau pour germer, un bombardement juste avant une période de pluie offrira aux graines un démarrage plus rapide.

Semis qui germent à partir d'une bombe à semence défaite par la pluie.
Sous la pluie, les bombes fondent et les graines germent. Photo: http://www.planetnatural.com

La pluie provoquera la désintégration des boules de graines et la libération des graines qui vont alors pouvoir germer.

Où lancer vos bombes?

Lances les bombes partout où il y a de la place pour la germination des graines. Il n’est pas très utile de les lancer dans une végétation dense, même si cette végétation n’est que des mauvaises herbes, car les graines ont besoin de lumière pour germer et pousser. Recherchez plutôt des endroits où le sol est nu ou dont la végétation est clairsemée. Les sols fraîchement perturbés (par exemple, après une construction récente) sont les meilleurs endroits: moins les graines ont de la concurrence, mieux elles réussissent.

Voici quelques exemples:

  • Terrains vacants;
  • Espace vide entre la rue et le trottoir;
  • Jardins abandonnés;
  • Le long des pistes cyclables;
  • Parcs urbains manquant de fleurs;
  • Ruelles;
  • Le long des voies ferrées;
  • Dans les puits de plantation des arbres urbains;
  • Et n’importe quel emplacement vide de végétation où il devrait y avoir des fleurs.

Et voilà! Amusez-vous à bombarder votre quartier de fleurs!

Quelques plantes d’intérieur à rentrer tardivement

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L’azalée de l’Inde (Rhododendron simsii) est parmi les plantes d’intérieur qui profite beaucoup d’un automne à l’extérieur au frais. Photo: plantsam.com

Tout récemment, dans l’article Déjà le temps de rentrer nos plantes?, j’ai expliqué qu’au début de septembre, il était temps de penser à rentrer les plantes d’intérieur qui passent leur été à l’extérieur ainsi que les autres plantes fragiles au froid que vous voulez conserver. Et si, dans cet article, j’ai insisté sur l’importance de rentrer ces plantes assez tôt, c’est que la vaste majorité des plantes d’intérieur sont des plantes tropicales et n’apprécient pas le refroidissement graduel qu’apporte des nuits d’automne. Elles préfèrent être rapatriées avant que les nuits deviennent froides.

Eh bien, il y a des exceptions à toute règle et il existe un petit groupe de plantes d’intérieur qui ne sont pas vraiment d’origine tropicale, mais plutôt subtropicale. Autrement dit, dans leur milieu d’origine elles subissent des températures fraîches une partie de l’année, sans toutefois être touchées par le gel.

Ces plantes, au contraire de la majorité des plantes d’intérieur, vont préférer passer l’automne à l’extérieur et peuvent théoriquement tolérer des températures aussi faibles que 1 °C… mais idéalement, ne les faites pas subir une température aussi basse. Rentrez-les plutôt quand la température nocturne commence à régulièrement baisser vers 7 °C. Même quand vous les rentrez, d’ailleurs, conservez-les si possible dans un emplacement frais (moins de 10 à 15 °C) durant l’hiver.

Les cymbidium (Cymbidium spp.) fleurissent mieux après quelques mois au frais. Photo: brilliantorchids.com

Dans cette catégorie, on trouve les plantes suivantes. La plupart, par contre, ne font que tolérer le froid d’automne, il ne leur est pas particulièrement bénéfique et elles pousseront parfaitement bien si on les rentre tôt, avec les plantes d’intérieur tropicales. Celles marquées d’un astérisque (*), par contre, profitent tout spécialement d’un automne au froid. Laisser ces plantes à l’extérieur encore quelque temps tend à stimuler une meilleure croissance et parfois une meilleure floraison.

  1. Agapanthe* ou lis du Nil (Agapanthus)
  2. Agave (Agave spp.)
  3. Aloès (Aloe spp.)
  4. Aralie du Japon* (Fatsia japonica)
  5. Arum cornu (Typhonium venosum, syn. Sauromatum guttatum)
  6. Azalée de l’Inde* (Rhododendron simsii)
  7. Aspidistra ou plant des marchands de vin (Aspidistra elatior)
  8. Agrumes (Citrus spp.), mais pas les citronniers ou limettiers
  9. Bulbes forcés* (narcisses, tulipes jacinthes, etc.)
Si un cactus mature hésite à fleurir, donnez-lui un traitement au froid à l’automne. Photo: unusualseeds.net
  1. Cactées*, dont le cactus de Noël (Schlumbergera spp.)
  2. Calcéolaire* (Calceolaria × herbeohybrida)
  3. Camélia* (Camelia japonica)
  4. Chrysanthème de fleuristes* (Chrysanthemum morifolium)
  5. Cinéraire des fleuristes* (Pericallis × hybrida, anc. Cineraria × hybrida)
  6. Crassula (Crassula obtusa et autres)
  7. Cyclamen des fleuristes* (Cyclamen persicum)
  8. Cyprès doré (Hesperocyparis macrocarpa, syn. Cupressus macrocapa)
  9. Dionée attrape-mouche* (Dionaea muscipula)
  10. Dracéna des jardins ou cordyline australe (Cordyline australis)
  11. Dyckia (Dyckia spp.)
  12. Fuchsia* (Fuchsia spp.)
  13. Grenadier nain (Punica granatum ‘Nana’)
Un automne au froid aide à stimuler la floraison chez le jasmin (ici Jasminum polyanthum). Photo: http://www.whiteflowerfarm.com
  1. Jasmin* (Jasminum spp.)
  2. Gasteria ou langue de bœuf (Gasteria spp.)
  3. Hortensia des fleuristes* ou hydrangée à grandes feuilles (Hydrangea macrophylla)
  4. Laurier-rose* (Nerium oleander)
  5. Lierre commun (Hedera helix)
  6. Lis* (Lilium spp.)
  7. Mangave (× Mangave cvs)
  8. Muehlenbeckia (Muehlenbeckia spp.)
  9. Orchidées (certains genres, notamment les Cymbidium* et les Dendrobium à feuilles caduques*)
  10. Osmanthe faux-houx (Osmanthus heterophyllus)
Le pin de Norfolk (Araucaria heterophylla) n’a pas absolument besoin de passer un automne au frais, mais le tolère très bien. Photo: http://www.plantopedia.com
  1. Pin de Norfolk ou sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla)
  2. Pittospore odorant* (Pittosporum tobira)
  3. Podocarpe de Chine (Podocarpus macrophyllus)
  4. Plumbago* (Plumbago auriculata)
  5. Pourpier en arbre (Portulacaria afra)
  6. Primevère* (Primula spp.)
  7. Rhapis (Rhapis excelsa)
  8. Rince-bouteille (Callistemon spp.)
  9. Rosier miniature* (Saxifraga stolonifera)
  10. Sérissa (Serissa japonica, anc. S. foetida)
  11. Tolmie de Menzies* (Tolmiea menziesii)
  12. Yucca (Yucca spp., certaines espèces)

Un pot défaillant force la relance d’une queue d’âne

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Une déchirure dans le panier suspendu m’a forcé à redémarrer mon sédum queue d’âne. Photo: paresseuxgardener.blog

Aucun pot n’est éternel et parfois vous n’avez pas d’autre choix que d’en remplacer un. C’est ce qui est récemment arrivé avec une de mes plantes d’intérieur, un sédum queue d’âne (Sedum morganianum) qui est suspendu dans ma serre depuis maintenant 6 ans. C’est la 4e génération d’une plante que je cultive depuis plus de 40 ans.

Au début, j’ai remarqué que le pot paraissait un peu inégal, mais je n’y ai pas prêté plus attention. Mais j’ai récemment jeté un coup d’œil sur le pot d’un angle inhabituel et j’ai vu une déchirure dans le plastique d’un côté: le poids de la plante (et c’est une plante pesante!) avait mis trop de pression sur le plastique et il commençait à céder.

Avec presque n’importe quelle autre plante, la solution aurait été assez simple. Je n’aurais eu qu’à trouver un pot intact et à rempoter soigneusement la plante. Problème résolu!

Cela ne fonctionnera toutefois pas avec la queue d’âne. Cette plante succulente est parmi les plantes d’intérieur les plus fragiles: un simple toucher fait tomber les feuilles par dizaines. C’est l’une des rares plantes que je ne déplace littéralement jamais: ma potée actuelle, préparée à partir de boutures de feuilles il y a 7 ans, est restée suspendue exactement au même endroit depuis que les tiges ont commencé à pendre il y a 6 ans.

Ma plante était très belle jusqu’à ce que le pot commence à se déchirer, mais ses longues tiges rapprochaient le plancher et il aurait de toute façon fallu que je la redémarre dans un an ou deux. Photo: paresseuxgardener.blog

Habituellement, je ne redémarre ma queue d’âne qu’après qu’elle a commencé à paraître miteuse, soit après que j’ai dû la déplacer et donc ai fait tomber beaucoup de feuilles, soit après l’avoir accidentellement brisée, comme avec un manche de balai pendant le ménage. Ou encore, après la floraison, des fleurs étoilées roses qui apparaissent à l’extrémité des tiges, car il n’est jamais aussi beau après qu’il a fleuri. Par contre, il faut plusieurs années avant que cette plante ne fleurisse. 

Mais la défaillance du pot a précipité les choses.

De feuille à plante

Bien sûr, c’est surtout à partir de feuilles détachées que la queue d’âne se reproduit dans la nature et seulement très rarement par semences. Les feuilles sont arrachées par les oiseaux, les animaux ou le vent et prennent racine dans les interstices des falaises où la plante pousse à l’état sauvage, formant de nouvelles plantes. (Il y a plus à ce sujet ici dans l’article Un mystère horticole de longue date enfin résolu, sur la découverte de la patrie d’origine de cette plante en 2008.)

Mais dans votre maison, la dernière chose que vous voudriez est une queue d’âne munie de longues tiges dénudées portant seulement çà et là quelques feuilles bleu-vert en forme de banane.

Redémarrage

Maintenant, rempoter une plante aux feuilles fragiles, mais à port vertical, est assez facile: je le fais régulièrement quand je rempote des echevérias et d’autres sedums, par exemple. Mais je ne vois pas comment on pourrait rempoter une plante comme la queue d’âne, aux tiges qui retombent en cascade et aux feuilles fragiles, sans faire d’importants dégâts.

J’aurais pu, bien sûr, tout simplement rabattre la plante actuelle sévèrement, coupant les tiges jusqu’au bord du pot, avant de la rempoter, en me débarrassant de toutes les tiges retombantes. Elle aurait alors tout simplement produit de nouvelles tiges.

Boutures de tiges prêtes à être mises en pot. Photo: http://www.joyusgarden.com

La deuxième alternative logique aurait été de prélever une vingtaine de tiges (il faut un assez grand nombre pour que le pot final paraisse bien couvert de tiges retombantes) d’environ 10 à 15 cm de long, puis de les bouturer, insérant l’extrémité coupée de chacune directement dans un nouveau panier suspendu rempli de terreau frais.

Feuilles «semées» sur la surface du terreau d’un nouveau panier suspendu. Photo: paresseuxgardener.blog

J’ai plutôt choisi la méthode la plus naturelle, imitant la mère Nature: j’ai simplement récolté une bonne poignée de feuilles et les ai laissées tomber sur le terreau frais d’un nouveau panier suspendu. Il n’est même pas nécessaire d’enfoncer l’extrémité des feuilles dans le terreau: je les ai simplement semées sur la surface du terreau et les ai laissées là où elles sont tombées. Que mère Nature s’occupe du reste!

En seulement 2 ou 3 mois, un jeune plant poussera à l’extrémité de chacune des feuilles. Photo: whydobirds, reddit.com

Dans quelques mois, de bébés queues d’âne germeront à l’extrémité arrondie de chaque feuille, là où elle était fixée à la tige à l’origine. D’ici environ un an, les bébés commenceront à déborder du pot qui sera alors prêt à suspendre. Dans environ 3 ans, le pot sera presque entièrement caché de la vue par les tiges maintenant pendantes et entièrement couvertes de feuilles. Il faudra encore un an ou deux avant que le nouveau panier suspendu ne soit aussi impressionnant que celui d’aujourd’hui, mais… je suis un homme patient.

Mon idée est de maintenir la potée d’origine encore quelque temps, idéalement jusqu’à ce que la nouvelle potée soit présentable, puis de déposer son contenu au compost et de la remplacer par la nouvelle. Évidemment, si le pot se déchire davantage, me forçant à enlever la plante mère plus tôt, que voulez-vous? Je passerais alors quelque temps sans potée suspendue de queue d’âne à admirer.

💡Un conseil du jardinier paresseux: en jardinage comme dans la vie de tous les jours, quand la vie vous donne un citron, faites-en de la limonade!

Déjà le temps de rentrer nos plantes?

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Les plantes d’intérieur adorent passer un été en plein air… mais il faut éventuellement les rentrer au bercail. Photo: http://www.stamenandstemblog.com

Avec les jours qui raccourcissent et les nuits qui deviennent de plus en plus fraîches, on sent que l’automne n’est pas loin. Et avant qu’il n’arrive, il est temps de rentrer les plantes d’intérieur qui ont séjourné à l’extérieur. Philodendrons, palmiers, hibiscus: si vous les avez sortis du salon au début de l’été et les avez placés en plein air sur votre terrasse ou votre balcon ou même intégrés à votre plate-bande, il est temps de songer sérieusement à les rentrer. C’est la même chose pour certaines fines herbes qu’il conserver à l’intérieur dans les régions froides, comme le laurier sauce et le romarin. Et pour beaucoup d’annuelles récupérables: bégonias, coléus, pélargoniums (géraniums), fuchsias, etc. 

Quand faire la rentrée?

Évidemment, le climat local sera un facteur important dans la date de la rentrée. Là où les températures baissent tôt, comme au Québec, une rentrée avant la mi-septembre s’impose, mais dans d’autres régions, comme dans le sud de l’Europe et le sud des États-Unis, aucun froid n’est à craindre avant le mois de novembre. Et évidemment, si votre climat est tropical, vous n’aurez pas à rentrer vos plantes du tout.

Quand les températures commencent à baisser sous
10 °C, il est temps de rentrer vos plantes.
Ill.: dlpng.com


Pour savoir quand procéder à la rentrée, surveillez les annonces de la météo: dès que les températures nocturnes commencent à baisser régulièrement sous 10 °C, il est temps d’agir.

Pourquoi seulement 10 °C? C’est loin du gel, non? Oui, mais rappelez-vous qu’il n’y a pas que le gel que les plantes origine tropicale craignent. Si les nuits rafraîchissent trop, ces plantes commenceront à perdre leurs boutons floraux et même leurs feuilles. Ou entreront dans un état de choc dont elles ne ressortiront qu’avec grande difficulté. 

Or, si vous les rentrez avant que les températures baissent sous la barre des 10 °C, souvent la transition se fait sans le moindre ralentissement ou dommage. 


Rentrez des plantes, pas les insectes

Le problème qui se pose alors c’est: comment rentrer les plantes sans les bestioles indésirables en même temps? Heureusement, ce n’est pas si difficile à éviter. Voici comment faire.

Nécessaire pour rentrer une plante de l'extérieur: plante en pot, eau savonneuse, brosse, tuyau d'arrosage
Il faut bien nettoyer les plantes pour ne pas entrer d’insectes. Ill.: Claire Tourigny, tirée du livre Les 1500 trucs du jardiner paresseux

D’abord, faites un bon ménage: enlevez les feuilles mortes et jaunies, taillez les branches trop longues, etc. Puis, rincez toute la plante avec un fort jet d’eau. C’est déjà assez pour éliminer plusieurs insectes, mais en plus, vaporisez la plante de savon insecticide (vendu en jardinerie). Le savon noir peut aussi convenir, mais il coûte beaucoup plus cher et est toxique à certaines plantes. Ne les vaporisez pas avec un soi-disant «savon à vaisselle» qui contient souvent des produits toxiques pour les plantes. 

Assurez-vous de toucher avec votre solution savonneuse toutes les parties exposées de la plante et surtout l’envers des feuilles et l’aisselle des feuilles, ce sont des endroits où les insectes se cachent souvent.

Mais que faire avec les insectes et autres bestioles qui peuvent se cacher dans le terreau? 

Traitement tuer les insectes dans une pot: seau, eau savonneuse, insectes qui se noient.
On peut facilement noyer les intrus dans un seau d’eau savonneuse. Ill.: Claire Tourigny, tirée du livre Les 1500 trucs du jardiner paresseux

Vous pouvez les éliminer en plongeant le pot dans un grand seau d’eau additionnée de savon insecticide, en y laissant la motte de racines tremper 10 à 30 minutes. Il peut être nécessaire de mettre une brique ou une roche sur le pot pour le tenir sous l’eau. Après, enlevez le pot du seau, laissez-le bien drainer, puis nettoyez-le avant de rentrer la plante. 

Des boutures à prendre

Bien sûr, il est possible de déterrer des annuelles comme les bégonias, les coléus et les pélargoniums du jardin et de les empoter, puis de leur donner le traitement présenté ci-dessus, mais il est souvent plus facile de faire des boutures. Ainsi, vous rentrerez une plante plus petite qui occupera peu d’espace.

Bouturer une annuelle est facile. Commencez par couper une section terminale de tige de 10 à 20 cm de longueur, selon la taille de la plante. Supprimez les feuilles inférieures et tout bouton floral ou fleur. Plongez maintenant la bouture dans de l’eau savonneuse et secouez légèrement pour éliminer tout insecte qui pourrait s’y cacher. Laissez la bouture s’égoutter.

La plupart des boutures reprennent mieux à l’étouffée. Photo: Frank Schuberth, http://www.mein-schoener-garten.de.

Préparez un petit pot de terreau humide et piquez-y la bouture jusqu’au deuxième nœud (renflement sur la tige où une feuille a déjà été fixée). Pour les boutures ligneuses (à tige dure), comme l’hibiscus, appliquez une hormone d’enracinement sur l’extrémité inférieure de la tige pour stimuler une reprise plus rapide. Faites une culture à l’étouffée, c’est-à-dire couvrez la bouture d’un dôme transparent ou enfermez-la dans un sac de plastique transparent afin de maintenir une forte humidité. Maintenant, placez la bouture dans un emplacement bien éclairé, mais à l’abri du soleil direct.

Il n’est pas nécessaire de placer les boutures de succulentes à l’étouffée. Photo: Cori Sears, The Spruce

Les boutures de plantes succulentes (cactus, euphorbes, sédums, etc.) nécessitent une attention un peu différente. Ces plantes tolèreraient difficilement la forte humidité atmosphérique de la culture à l’étouffée, alors, laissez-les à l’air libre, tout simplement, ne les couvrant pas.

Quand de nouvelles feuilles paraissent, normalement en un mois ou deux, la bouture est enracinée et est désormais une plante à part entière. Vous pouvez alors enlever le sac et placer la jeune plante dans un endroit qui convient mieux à ses besoins.

Culture pendant l’hiver

Pendant l’hiver, arrosez vos plantes quand le terreau est sec au toucher et maintenez une bonne humidité ambiante. Placez-les sous l’éclairage le plus intense possible, car le soleil automnal et hivernal est faible. Si l’emplacement est sombre, utilisez une lampe de culture pour remplacer le soleil. Il est peu probable que vous ayez besoin de fertiliser vos plantes avant le mois de mars. 

Bonne rentrée!

À chaque mois sa plante, septembre 2020: l’oiseau du paradis

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La strelitzia (Strelitizia reginae) est une plante fort attrayante avec une apparence tropicale qui est certainement à la hauteur de son surnom: oiseau du paradis. Le nom vient de la grande fleur qui présente une gaine horizontale en forme de bec surmontée d’une couronne de fleurs, rappelant le bec et la tête d’un oiseau du paradis (famille d’oiseaux hautement colorés originaires de la Nouvelle-Guinée).

La plante pousse en éventail, sans tige visible, portant des feuilles aux pétioles robustes, épais et dressés, chacun se terminant en un limbe coriace ovoïde à lancéolé grisâtre. À mesure que la plante vieillit, elle se divise à la base, formant une touffe de plusieurs plantes. Un oiseau du paradis sans fleur a une apparence suffisamment intéressante pour être cultivé strictement comme plante verte, mais sa floraison aux couleurs brillantes reste son attrait principal.

Les fleurs peuvent apparaître en toute saison, mais généralement à la fin de l’été ou à l’automne.

Les fleurs sortent de leur gaine les unes après les autres. Photo: http://www.atozflowers.com

Les fleurs sont également portées sur une tige épaisse et robuste. De la gaine horizontale, vert bordée de rouge, surgit un éventail de sépales orange vif et une paire de pétales bleu violacé plus horizontaux réunis et formant un nectaire. Une série de fleurs apparaît l’une après l’autre à partir de la même gaine, de sorte que chaque capitule peut rester en fleur un mois ou plus.

Origine

Les fleurs de l’oiseau du paradis sont pollinisées par les méliphages. Vicky Earle, gallery.artistsforconservation.org

Dans son Afrique du Sud natale, la plante est pollinisée par de petits oiseaux appelés méliphages. Ils atterrissent sur un perchoir spécial formé à la pointe des pétales. En atterrissant, leur poids ouvre la fleur et révèle du pollen blanc que l’oiseau ramasse accidentellement quand il se penche pour siroter l’abondant nectar de la fleur. Ainsi, en se déplaçant de fleur en fleur, il les pollinise. Les méliphages des espèces appropriées étant absents en dehors de l’Afrique australe, les fleurs de l’oiseaux du paradis sont rarement pollinisées à l’extérieur de cette région et alors ne produisent presque jamais de graines. Si vous voulez des semences d’oiseau du paradis, vous devez les polliniser à la main.

Charlotte von Mecklenburg-Strelitz. Ill.: Allan Ramsay, Bendigo Art Gallery

La plante fait partie de la petite famille des Strelitziacées, liée aux bananiers, aux gingembres et aux héliconias. Il en existe cinq espèces dont Strelitzia reginae est de loin la plus connue. Le nom botanique honore l’épouse du Roi d’Angleterre George III, Charlotte van Mecklenburg-Strelitz, qui aimait beaucoup cette plante. La deuxième partie du nom, reginae, signifie «de la reine».

L’oiseau du paradis a été cultivé en dehors de l’Afrique du Sud pour la première fois au début du 18e siècle, en Europe, et est maintenant cultivé dans le monde entier, en plein air dans les climats méditerranéens et tropicaux et comme plante d’intérieur dans les régions tempérées.

Il est également cultivé pour l’industrie des fleurs coupées et les fleurs sont expédiées dans le monde entier.

Assortiment

Il existe 5 espèces de Strelitzia, toutes des plantes dressées avec des feuilles coriaces. 

Strelitzia reginae normal (à droite), cultivar ‘Mandela’s Gold’ (à gauche). Photo: http://www.marriedtoplants.com

Comme mentionné, S. reginae, avec des fleurs orange et bleu vif, est l’espèce la plus commune. Il atteint environ 90 à 1,20 cm de hauteur et 75 à 90 cm de diamètre. Un cultivar plus rare de cette espèce, ‘Mandela’s Gold’, porte des fleurs jaune et bleu vif.

Oiseau du paradis à feuilles de jonc (S. juncea). Photo: Andrew Massyn, Wikimedia Commons

L’oiseau du paradis à feuilles de jonc (S. juncea) est de taille et de couleur similaires, mais, curieusement, lorsqu’il est cultivé en plein soleil, aucun limbe ne se forme à l’extrémité de la feuille, mais plutôt juste un long pétiole effilé à l’extrémité, comme un jonc. À la mi-ombre, la plante produit quand même un limbe, mais très réduit.

L’oiseau du paradis géant (Strelitzia nicolai), au centre, est généralement cultivé strictement comme plante à feuillage.

Une autre espèce parfois offerte est l’oiseau du paradis géant (S. nicolai), une plante beaucoup plus grande avec des feuilles qui mesurent jusqu’à 2 m de haut et qui sont découpées comme celles d’un bananier. Au cours des années, elle forme une tige épaisse en forme de tronc et beaucoup de rejets. Cette espèce a des fleurs blanc et noir, mais est difficile à faire fleurir à l’intérieur. Il est donc principalement utilisé comme plante à feuillage décoratif. À l’extérieur, cependant, dans un climat doux, il fleurit et peut même devenir un arbre de 6 m de haut!

Les héliconias ressemblent un peu à des oiseaux du paradis, mais ce sont en fait des parents éloignés. Photo: http://www.junglezip.com

Les oiseaux du paradis (Strelitzia) sont parfois confondus avec les héliconias (Heliconia spp.). Leurs fleurs viennent dans une gamme de couleurs similaire, mais sont disposées de manière très différente, et les feuilles sont inévitablement moins épaisses et de texture moins coriace.

Points à examiner lors de l’achat d’un oiseau du paradis

Il vaut mieux payer le prix et acheter un oiseau de paradis qui est en fleurs. Un jeune spécimen ne produira que des feuilles pendant plusieurs années.
  • Vérifiez que la plante a des fleurs épanouies ou au moins un bouton floral clairement visible. Les plantes vendues sans fleurs ou boutons floraux peuvent prendre des années avant de produire leur première floraison!
  • Le prix reflète généralement la maturité de la plante. Les jeunes plantes, qui sont à plusieurs années d’une première floraison, sont souvent vendues à prix relativement modiques, mais rarement explique-t-on à l’acheteur qu’il faudrait 5 à 10 ans sous les conditions d’une maison typique avant de voir la première fleur. 
  • Les plantes en fleurs, probablement âgées d’au moins 6 ans, coûteront beaucoup plus cher, mais valent probablement le prix si la floraison de cette plante vous intéresse.
  • Les plantes à fleurs multiples et à feuillage abondant sont les plus chères, car elles peuvent prendre une décennie ou plus pour atteindre cette taille. Par contre, ce sont les plantes les plus désirables, car une fois qu’elles atteignent ce stade, elles fleuriront probablement chaque année.
  • Tirez légèrement la tige florale des plantes en magasin. Certains commerçants essaient d’arnaquer les consommateurs en insérant une fleur artificielle dans le pot pour pouvoir vendre la plante plus cher. Si sa tige n’est que piquée dans le terreau, c’est une fausse fleur.
  • Vous pouvez faire pousser des plantes d’oiseaux du paradis à partir de graines, offertes en ligne, mais attendez-vous à attendre 6 à 10 ans avant qu’elles fleurissent.
  • Assurez-vous que la plante soit exempte de parasites et de maladies. Elle est sujette aux ravageurs tels que les pucerons, les cochenilles à carapace et les cochenilles farineuses dont il est difficile de se débarrasser. Les tétranyques (araignées rouges), qui provoquent une décoloration grise des feuilles, peuvent se développer si les conditions sont trop sèches.

Saviez-vous que l’oiseau du paradis est la fleur officielle de la ville de Los Angeles, en Californie?

Conseils de soins

  • L’oiseau du paradis adore le soleil. D’ailleurs, le plein soleil favorisera la floraison.
  • Arrosez généreusement votre oiseau du paradis, particulièrement en été, et maintenez une bonne humidité atmosphérique afin d’éviter les araignées rouges.
  • Si la plante développe des extrémités de feuilles brunes, il convient de les couper. Supprimez aussi les feuilles et fleurs jaunies et fanées.
  • Appliquez l’engrais de votre choix à un quart de la fréquence recommandée pendant la saison de croissance qui va du printemps à l’automne.
  • Une potée d’oiseau de paradis est impressionnante sur la terrasse ou le balcon. Il faut quand même l’acclimater graduellement avant de l’exposer au plein soleil. Dans les régions tempérées, il faut la rentrer pour l’hiver.
  • Une période de 2 mois au frais en hiver, avec des nuits de 13 à 18 °C, et un arrosage réduit, aidera à encourager une nouvelle floraison, mais n’est pas absolument nécessaire. Le secret d’une floraison renouvelée est… de patienter, tout simplement. Plus la plante est âgée, plus souvent elle fleurira.
  • Rempotez au besoin en utilisant le terreau de votre choix lorsque les racines de la plante menacent de faire éclater son contenant.
  • Vous pouvez diviser les plantes qui ont plusieurs tiges, mais le choc de cette manipulation peut retarder leur floraison de plusieurs années.

Conseils pratiques pour la présentation

Dans la tendance de décoration d’intérieur où la perfection n’a aucune importance, le Strelizia se présente très bien en combinaison avec des rayures de signalisation et du graffiti. Incorporez des matériaux industriels avec du jaune et du bleu et des motifs puissants pour finaliser votre présentation. La réalité et l’art se fondent dans ce style urbain, alors c’est à vous de décider de ce qui est beau. C’est avec une touche des années 1970 que l’oiseau du paradis saurait s’exprimer au mieux. 

 Cet article est adapté d’un communiqué de www.maplantemonbonheur.fr.
Sauf mention contraire, photos de www.maplantemonbonheur.fr
Styliste: Elize Eveleens, Klimprodukties.

Commandez vos bulbes sans tarder

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Il est temps de commander vos bulbes à floraison printanière. Photo: landscapeontario.com

Si vous avez l’intention de planter des bulbes à floraison printanière cet automne — tulipes, narcisses, scilles, jacinthes, crocus, etc. — ou encore des bulbes à floraison automnale — crocus d’automne, colchiques, etc. —, c’est le bon moment pour les commander. Même, c’est presque la dernière minute.

D’accord, un certain choix bulbes sera vendu dans votre jardinerie locale à partir de la mi-septembre… mais pas nécessairement les variétés que vous souhaiterez. Ma jardinerie locale, par exemple, semble proposer principalement des tulipes Triomphe, mais ce sont des tulipes de courte vie (2 ou 3 ans) et je préfère les tulipes pérennes (qui reviennent d’année en année), comme les tulipes botaniques, les viridifloras et les hybrides de Darwin… qu’elle ne vend qu’à compte-goutte. Et elle vend les mêmes variétés de crocus année après année, alors que, bien sûr, je veux celles que je ne cultive pas déjà. De plus, elle ne vend aucun bulbe rare, que des variétés ordinaires.

Bulbes à fleurs secs de différentes tailles et couleurs
Les bulbes viennent dans une vaste gamme de formes, de tailles, de textures et de couleurs. Photo: sandovalmastergardeners.org

Pour un choix raisonnable de bulbes, je dois donc passer une commande auprès d’un spécialiste de vente de bulbes par correspondance. Et si vous êtes un amateur de bulbes le moindrement sérieux, vous vous retrouverez sûrement dans la même position.

La fin août et le début septembre sont vraiment la dernière minute pour commander vos bulbes. Le temps que la commande soit reçue et traitée, puis expédiée chez vous, ce sera déjà la saison de plantation. Et les bulbes de choix ainsi que les plus rares seront bientôt épuisés, si ce n’est pas déjà le cas.

Au Canada, essayez Fraser’s Thimble FarmsBotanusPhoenix Perennials ou Veseys. En Europe, il y a, entre autres, Promesse de fleurslesbulbesafleurs.comBulbi et Plantes et jardins.

8 vivaces à floraison automnale

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Il y a beaucoup de vivaces à floraison automnale. Photo: http://www.scenicrootsgardencenter.com

Déjà la fin d’août? Où donc est passé l’été? Mais vous pourriez vous assurer de prolonger l’été jusqu’en octobre, voire novembre là où le gel arrive tardivement, avec une sélection de vivaces qui fleurissent à la fin de la saison. Il s’agit de les ajouter çà et là à votre plate-bande pour assurer une floraison extraordinaire chaque automne.

En voici 8 exemples:

Anémone d’automne ‘Honorine Jobert’ (Anemone × hybrida‘Honorine Jobert’). Photo: http://www.perennialresource.com

1. Anémone d’automne (Anemone tomentosa ‘Robustissima’, A. hupehensis, A. × hybrida et autres): Vivace drageonnante formant, avec le temps, de vastes colonies. Beau feuillage découpé en forme de feuille d’érable. Fleurs aux larges pétales rappelant un camélia: roses, blanches, pourprées ou rouges au cœur jaune, simples ou semi-doubles. Préfère la mi-ombre, mais tolère le soleil dans un emplacement plutôt humide. 30-100 cm x 30-60 cm. Zone de rusticité: 4 ou 5 à 8, selon la variété. 

Aster d’automne ‘Purple Dome’ (Symphyotrichum novae-angliae ‘Purple Dome’). Photo: http://www.perennialresource.com

2. Aster d’automne (Symphyotrichum novae-angliae [Aster novae-angliae], S. novi-belgii [A. novi-belgii] et autres) : Il y a une foule d’asters d’automne dans une vaste gamme de teintes — pourpre, rose, rouge, blanc et plus — et de hauteurs, allant de dômes arrondis pour le premier plan aux grandes plantes de fond de scène. La fleur est petite, en forme d’astre (d’où le nom), et portée en masses denses. Floraison débutant à la fin d’été et se continuant à l’automne. Pour le soleil ou la mi-ombre dans un sol plutôt riche, bien drainé, mais pas trop sec. 25-200 cm x 30-90 cm. Zone de rusticité: 3 ou 4 à 8. 

Chrysanthème rustique Tigertail  (Chrysanthemum × morifolium Tigertail). Photo: Ronincmc, Wikimedia Commons

3. Chrysanthème d’automne (Chrysanthemum × morifolium et autres): Des masses de fleurs en forme de marguerite ou de pompon commençant à la fin toute fin d’été pour certains, à l’automne pour d’autres, et se continuant jusqu’à la fin d’automne dans plusieurs cas. Vaste choix de couleurs. Recherchez des variétés assez rustiques pour votre climat local: les variétés vendues sans nom résistent rarement aux hivers froids. Soleil ou mi-ombre dans un sol riche et bien drainé. 45-75 cm x 50-120 cm. Zone de rusticité: 7 à 9 pour certains, 3, 4 ou 5 à 8 pour d’autres.

Échinacée Sombrero Baja Burgundy (Echinacea × hybrida Sombrero Baja Burgundy). Photo: Ball Horticultural Company

4. Échinacée (Echinacea purpurea et autres): La célèbre «rudbeckie pourpre» vient maintenant dans un bien plus vaste choix de couleurs — blanc, orange, rouge, rose et vert — et formes — simple, double, semi-double, etc. — et fleurit d’août à septembre, parfois octobre. La fleur ressemble à une marguerite au cœur bombé jaune, orange ou vert. L’inflorescence sèche sur place pour un bel effet hivernal et nourrit aussi les oiseaux granivores. Pour le soleil ou un emplacement légèrement ombragé au sol bien drainé. 45-120 cm x 60 cm. Zone de rusticité: 3 à 8. 

Eupatoire maculée ‘Atropupureum’ (Eupatorium maculatum‘Atropupureum’). Photo: riversidegardencentre.com

5. Eupatoire maculée (Eupatorium maculatum, maintenant Eutrochium maculatum): Grande vivace d’arrière-plan aux feuilles joliment verticillées formant un dôme de fleurs plumeuses rose pourpré que les papillons adorent. Floraison en août et septembre. Préfère le soleil ou la mi-ombre et un sol plutôt humide. 1,5-2 m x 1,5-2 m. Zone de rusticité: 2 à 9.

Miscanthus pourpre (Miscanthus purpurascens). Photo: conservationgardenpark.org

6. Graminées ornementales (CalamagrostisMiscanthusMolinaPanicum, Pennisetum, etc.)Plusieurs commencent à fleurir à l’automne et la plupart continuent d’embellir la plate-bande même une fois séchée, étalant la saison d’intérêt jusqu’au printemps. Feuilles étroites, fleurs plumeuses. Généralement adaptées au plein soleil dans un sol bien drainé. Hauteur et diamètre variable. Zone de rusticité: fort variable, mais 3 ou 4 à 8 ou 9 pour plusieurs.

Rudbeckie orangée ‘Goldsturm’  (Rudbeckia fulgida sullivantii ‘Goldsturm’). Photo: oglesbytc.com

7. Rudbeckie orangée (Rudbeckia fulgida): Cette populaire vivace aux inflorescences en forme de marguerite jaune à cœur bombé brun foncé est déjà en fleurs depuis le début d’août, mais continuera à fleurir tout le mois de septembre. Culture facile au soleil ou sous un très léger ombrage et tout sol bien drainé. 60-70 cm x 45 cm. Zone de rusticité: 3 à 9. Il y a plusieurs autres rudbeckies à floraison automnale: R. laciniataR. triloba, etc.

Sédum d’automne ‘Neon’ (Hylotelephium spectabile ‘Neon’). Photo: http://www.perennialresource.com.

8. Sédum d’automne (Hylotelephium spectabile, anc. Sedum spectabile, et autres): La plante assez courte (excellente en premier plan) forme un dôme de feuillage épais sur des tiges denses. Les fleurs massées en dôme peuvent être roses, rouges ou blanches et attirent les papillons. Le feuillage peut être bleu vert, panaché de blanc ou pourpre. Plein soleil et sol bien drainé, même sec. Beaucoup de choix. 30-60 cm x 30-60 cm. Zone de rusticité: 3 à 9. 

D’autres vivaces à floraison automnale

Voici quelques autres vivaces dont la floraison est soit automnale ou déborde largement sur l’automne.

  1. Aconit (Aconitum spp.)
  2. Aunée (Inula spp.)
  3. Boltonie (Boltonia asteroides)
  4. Cimicifuge ou cierge d’argent (Cimicifuga spp., syn. Actaea spp.)
  5. Coréopsis (Coreopsis spp.)
  6. Fausse anémone (Anemonopsis macrophylla)
  7. Fausse-fumeterre ou corydale (Pseudofumaria lutea, syn. Corydalis lutea, et P. alba, syn. C. ochroleuca)
  8. Gaillarde (Gaillardia spp.)
  9. Galane (Chelone spp.)
  10. Géranium (Geranium spp., certaines variétés seulement)
  11. Hélénie (Helenium spp.)
  12. Hélianthe ou tournesol vivace (Helianthus spp.)
  13. Hémérocalle (Hemerocallis spp., certaines variétés seulement)
  14. Hibiscus vivace (Hibiscus moscheutos)
  15. Kalimeris (Kalimeris spp.)
  16. Kirengeshoma (Kirengeshoma spp.)
  17. Liatride (Liatris spp.)
  18. Lis des crapauds (Tricyrtis spp.)
  19. Lobélie (Lobelia cardinalis et L. siphilitica)
  20. Physostégie (Physostegia spp.)
  21. Renouée polymorphe (Persicaria polymorpha)
  22. Sauge russe (Perovskia atriplicifolia)
  23. Verge d’or (Solidago spp.)
  24. Vernonie (Vernonia spp.)

Urine comme engrais

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Photo: http://www.amazon.ca

Commentaire: Voici peut-être une idée de discussion: 

Mon engrais bio? J’urine dans l’arrosoir, puis le remplis d’eau de pluie! J’ai ainsi ressuscité un vieux rosier qui végétait depuis des années. Il ne mesurait que 15 cm; l’été suivant il faisait 2 m et portait des fleurs!

J’ai commencé cette méthode après avoir vu un reportage: certains Africains récupèrent les urines des w.c. publiques (+ dilution x10) pour arroser les champs plutôt que d’acheter des engrais chimiques à BASF ou Monsanto! De plus, je ne dépense plus d’eau potable (!) pour jeter un engrais qui finira à la station de traitement (!) qui utilisera des produits chimiques (!). Que du bon! 😊

Julien Cr

Réponse: Ça fait quelques années que je me dis qu’il fallait traiter de l’utilisation de l’urine humaine comme engrais dans le blogue du jardinier paresseux, mais c’est un sujet délicat, presque tabou, et je me sentais mal à l’aise d’en discuter. D’ailleurs, j’ai reçu ce message il y a 18 mois et il a fallu tout ce temps avant de décider de le publier, une belle preuve de ma réticence.

L’urine fait un excellent engrais. Photo: SuSanA Secretariat, Wikimedia Commons

Mais oui, l’urine fait un excellent engrais, étant particulièrement riche en azote, l’élément qui manque le plus dans les sols. Le taux des minéraux varie selon une foule de facteurs, notamment le régime du fournisseur, mais on pourrait estimer environ un ratio NPK de 11:1:2, c’est-à-dire 11% d’azote, 1% de phosphore et 2% de potassium, pour un Européen ou Nord-Américain. Beaucoup d’engrais commerciaux ne font pas mieux! Et c’est un engrais complet: l’urine contient aussi tous les oligoéléments (fer, bore, zinc, etc.) dont les plantes ont besoin, mais, heureusement, presque pas de métaux lourds. 

Elle est toutefois si riche en sels (sodium, notamment) que la recommandation est de le diluer en 10 à 15 parties d’eau. (20 parties pour les semis.) Aussi, ne faites d’applications plus souvent qu’aux 2 ou 3 semaines. Vous avez vu les dégâts que le pipi de chien peut faire à une pelouse? Vous ne voudriez pas vivre le même problème au jardin!

Mais que dire de l’odeur!

Il n’y en aura pas, du moins, si vous l’utilisez sans tarder. L’urine fraîche est essentiellement inodore (sauf si vous venez de manger des asperges (plus d’informations sur cela ici) ou si vous avez une infection des voies urinaires (dans ce cas, consultez un médecin). Mais si vous laissez l’urine se reposer, les bactéries commenceront à décomposer l’urée inodore et la convertiront en ammoniac et alors, quelle puanteur! Une fois que l’urine est appliquée au sol (et diluée, de plus), les microbes du sol empêcheront toute odeur désagréable.

Pipi au compost

On peut aussi utiliser l’urine à pleine dose dans le compost. Photo: u/l1231, reddit.com

Aussi, on peut utiliser l’urine dans le composteur domestique où sa richesse en azote stimulera une décomposition plus rapide. Il n’est pas nécessaire de diluer l’urine appliquée au compost. Monsieur peut même l’appliquer directement!

Est-ce que c’est sécuritaire?

Notez que l’urine est considérée comme stérile à la sortie du corps, donc l’utilisation d’urine fraîche ne pose pas de problème. Il y a des pour et des contres dans la conservation de l’urine. Sans les avoir étudiés, il vaut peut-être mieux se limiter à l’urine fraîche. 

Peut-on appliquer de l’urine sur les plantes comestibles (légumes, fines herbes, etc.)? Oui, la recommandation est de l’appliquer au sol au pied des plantes, pas sur le feuillage. Aussi, il est conseillé d’arrêter la fertilisation 3 à 4 semaines avant la récolte.

L’urine humaine est au moins aussi efficace que les engrais commerciaux. Photo: http://www.thespec.com

Mais que faire si vous prenez des médicaments ou saviez que vous avez une infection urinaire? Certains experts disent de ne pas s’en inquiéter, que les résidus médicamenteux et les microbes qu’elle pourrait contenir aillent se dégrader au contact avec le sol qui contient son propre lot de microbes gourmands. Mais d’autres experts recommandent de ne pas utiliser l’urine au jardin si vous prenez des médicaments ou saviez que vous avez une infection urinaire. Qui croire? 

Personnellement, j’aurais tendance à pécher par excès de prudence dans ce cas et d’éviter l’utilisation de l’urine. 


Est-ce que je vais personnellement utiliser l’urine dans mes propres jardins? Non, mais mon excuse actuelle est que je prends des médicaments (maudite vieillesse!). Il y a encore quelques années, j’aurais pu logiquement le faire… mais je n’ai jamais osé. 

Nématodes contre fourmis: efficacité seulement partielle

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Photo: Premier Tech Home & Garden

J’ai récemment essayé d’utiliser des nématodes bénéfiques pour contrôler les fourmis sur mon terrain. Pas que c’était vraiment nécessaire: je suis assez ouvert aux fourmis tant que 1) elles restent en plein air et n’envahissent pas ma maison et 2) n’attaquent pas les humains. Mais j’avais récemment enregistré une émission de télévision sur l’utilisation des nématodes avec le résultat que j’ai pu rapporter à la maison un échantillon d’un produit appelé Ant Out Nématodes. Puisque j’avais le produit en main, je me suis dit que je ferais aussi bien de l’essayer et d’écrire un article de blogue sur les résultats.

Le produit en question est livré dans une boule en plastique ronde et ne nécessite pas de réfrigération. (Cela est en fait assez nouveau; les traitements précédents aux nématodes nécessitaient la réfrigération du produit à la fois dans le magasin et à la maison.) Il a une durée de vie limitée, cependant, devant être utilisé dans l’année où il a été acheté.

Histoire de fond

Nématode Steinernema feltiae grossi au microscope. Photo: http://www.amazon.co.uk

Les nématodes sont des vers microscopiques. Il en existe des milliers d’espèces, dont certaines sont nuisibles aux plantes, mais beaucoup d’autres sont des parasites d’insectes. C’est le cas de Steinernema feltiae, l’espèce de nématode utilisée dans le produit Green Earth Ant Busters. Outre les fourmis, cette espèce peut traiter d’autres ravageurs tels que les altises, les mouches domestiques, les mouches à scie et les sciarides (moucherons du terreau). D’autres espèces et souches de nématodes sont disponibles pour lutter contre les vers blancs, les punaises velues, les puces et autres ravageurs.

Un essai 

Les petits fourmis brunes ne sont pas dérangeantes et je n’ai pas essayé le les contrôler. Photo: University of Nebraska Extension

J’ai sur mon terrain des dizaines de colonies de fourmis brunes des champs (Lasius neoniger ou autres espèces similaires), petites fourmis qui forment de petits monticules de déblais en forme de cratère avec un trou d’entrée au centre. Je les trouve dans ma pelouse, mes plates-bandes et à travers les pavés. Elles sont essentiellement bénéfiques: elles aèrent le sol, ramassent les détritus et ne nuisent pas à mes plantes. Parfois, elles rentrent dans nos maisons à la recherche de sucreries, un comportement que je juge inacceptable, mais pas chez moi, du moins cette année. Je n’ai jamais pris la peine d’essayer d’éliminer ces petites fourmis, et je n’ai pas l’intention de le faire: vivre et laisser vivre, me dis-je. Je suppose que la plupart des autres jardiniers ressentent la même chose envers ces petites fourmis communes.

Les nids des fourmis noires des champs sont plus gros et endommagent ou tuent les plantes avoisinantes. Photo; uwm.edu

Cependant, il y avait aussi sur mon terrain deux colonies de fourmis noires des champs (Formica spp.). Ce sont des fourmis plus grosses, généralement noires (la couleur des miennes), rouges ou noir et rouge, et elles construisent de plus grandes fourmilières de déblais avec de multiples entrées. Ce ne sont pas des fourmis charpentières (ces dernières vivent uniquement en association avec le bois) et elles ne rentrent presque jamais dans nos maisons, mais leurs grands nids détruisent souvent les plantations et les sections de pelouse, principalement en enterrant les plantes et en minant leur zone de racines de tunnels. Ces fourmis mordront si vous attaquez leurs nids, mais leur morsure est plus surprenante que douloureuse. Aussi, les colonies de fourmis des champs ont une bonne longévité: jusqu’à 10 ans.

Étant donné leur nature plus nocive, et aussi débordant de curiosité, j’ai décidé de prendre ces deux colonies de fourmis des champs comme cobayes.

Fourmi noire des champs. Photo: Mathias Krumbholz, Wikipedia Commons

Une colonie était située dans ma pelouse et d’ailleurs y était depuis probablement 6 ou 7 années déjà. N’étant pas un assidu de la pelouse parfaite, je n’avais jamais pris la peine d’essayer de la supprimer auparavant. D’ailleurs, j’avais l’impression que cette colonie était en déclin, car la fourmilière était plus basse et moins entretenue qu’auparavant et les fourmis me paraissent moins vigoureuses. J’appellerai ce groupe la colonie de la pelouse.

L’autre colonie était nouvelle depuis le printemps et était située près de ma porte d’entrée, juste à la limite entre un parterre de fleurs et une allée en pavés unis. Ainsi, il y avait des trous dans la plate-bande et aussi dans les interstices des pavés. Ce nid était relativement petit, mais grandissait peu à peu. Je appellerai cette famille la colonie des pavés.

Le traitement

J’ai d’abord lu l’étiquette sur le produit. Il suggérait de préparer une solution et de la pulvériser sur les nids utilisant le vaporisateur du fabricant, donc un effort plus compliqué et plus cher. Cependant, sur le site Web du fabricant, j’ai trouvé des instructions pour appliquer les nématodes en utilisant un simple arrosoir, une solution beaucoup plus pratique pour moi.

Le traitement était d’ailleurs très facile à appliquer. 

Sachet contenant le substrat et les nématodes. Photo: jardinierparesseux.com

Il s’agissait d’abord de bien arroser les emplacements à traiter la veille. Puis, le jour de l’application, d’ouvrir la boule et en retirer le petit sachet muni de minuscules ouvertures trouvé à l’intérieur. Le sac contenait un substrat de maintien et des nématodes en dormance. Il suffisait de déposer le sac dans un arrosoir de 20 litres et est de le remplir d’eau, ce qui libérerait les nématodes dans la solution.

On peut appliquer les nématodes en arrosant. Photo: http://www.homedepot.com

Apparemment, le produit peut couvrir 16 nids de fourmis ou jusqu’à 275 m2, mais je n’avais que deux nids. Donc, j’ai lentement versé environ un quart de la solution sur et autour de la colonie de pelouse, puis j’ai fait de même pour celle des pavés. Après, j’ai répété les traitements aux deux colonies… tout simplement parce que j’avais assez du produit pour le faire. 

Ensuite, il fallait arroser la surface à l’eau claire pour faire descendre le produit, ce que j’ai fait également.

Le suivi consistait tout simplement à arroser les emplacements quotidiennement pendant quatre jours. J’ai fait ça aussi.

Les résultats

Ancienne colonie de la pelouse: les plantes reprennent leur place. Photo: http://www.homedepot.com

Au quatrième jour, plus aucune fourmi ne sortait de la colonie de la pelouse et les déblais étaient complètement aplanis. Depuis, à peine 10 jours plus tard, les plantes de gazon (graminées et autres) commencent déjà à regagner leur territoire perdu. Succès!

Mais je ne peux pas dire autant de la colonie de pavés qui fonctionne toujours à qui mieux mieux.

Mes pensées: la colonie de pelouse aurait pu être particulièrement sensible aux nématodes, car elle semblait déjà en déclin, tandis que la colonie de pavés, étant jeune, aurait pu être plus vigoureuse et résistante. Ou peut-être que le nid principal était hors de portée des nématodes, sous les pavés. (Il est facile de voir les trous d’entrée et de sortie d’une fourmilière, mais le nid souterrain véritable peut peut-être se situer à une certaine distance latérale des trous.)

D’autres résultats à venir?

L’essai n’est pas nécessairement terminé. Les nématodes sont censés se multiplier et rester en vie pendant le reste de l’été et l’automne, de sorte qu’ils pourraient encore rechercher et détruire la colonie des pavés. Et je pense que les conditions sont bonnes pour les nématodes en ce moment, car il pleut régulièrement depuis que je les ai appliqués. Cependant, les nématodes de l’espèce Steinernema feltiae ne tolèrent pas les périodes prolongées sous le point de congélation et seront probablement tués par les hivers froids de ma région. 

Donc, si la colonie ne réapparaît pas au printemps prochain, cela pourrait encore être le résultat du traitement fait cet été. Si tel est le cas, je mettrai cet article à jour avec les nouvelles informations. Mais si la colonie est encore là, c’est évidemment l’échec.

Cependant, à ce stade de l’expérience, traiter les fourmis aux nématodes ne semble pas être une solution miracle, car il fonctionne dans certains cas, mais pas dans d’autres.

Au moins, vous en avez été prévenu!