Ne comptez pas sur l’oxygène des plantes d’intérieur!

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C’est vrai que les plantes d’intérieur produisent de l’oxygène, mais pas assez pour vous permettre de respirer dans une pièce scellée. Source: clipartx et asteroidday.org

Ne comptez pas sur l’oxygène de vos plantes d’intérieur pour vous permettre de respirer s’il n’y a pas d’autres sources d’oxygène.

D’accord, grâce à la photosynthèse, les plantes d’intérieur font décomposer le dioxyde de carbone de l’air et libèrent de l’oxygène comme sous-produit, mais… le surplus d’oxygène est très minime. Quelques sources suggèrent, par exemple, qu’une feuille moyenne dégage environ 5 millilitres d’oxygène par heure (bien que cette quantité varie selon si la plante est en croissance active ou non).

Les humains, cependant, ont besoin de 23 litres (soit 23 mille millilitres!) par heure.

Si vous étiez enfermé dans une pièce scellée sans autre source d’oxygène, il faudrait alors environ 150 à 300 plantes feuillues en pleine croissance pour produire l’oxygène dont vous auriez besoin pour rester en vie.

Étant donné les résultats de ce calcul, je suggère d’éviter les pièces hermétiquement scellées si possible!

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Automne: pas la meilleure saison pour la multiplication

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Les semis et boutures faits à l’automne reprennent difficilement. Source: AKuptsova, pixabay

Il y a un temps pour tout… et l’automne n’est pas la meilleure saison pour la multiplication des plantes. Que ce soit pour les semis ou les boutures, la reprise est lente quand les jours sont courts, car ils reçoivent des indications contradictoires. Quand vous mettez des graines ou des boutures en contact avec du terreau et que vous arrosez, vous leur envoyez le signal «poussez!» Mais entre la mi-octobre et la fin de février, sous l’influence des jours courts, dame Nature leur envoie plutôt le signal contraire. «Prenez un temps d’arrêt», dit-elle.

Il en résulte des semis qui ne lèvent pas ou seulement très faiblement et qui ne grandissent que très lentement, si même ils grandissent. Souvent, ils s’étiolent. Les boutures poireautent, hésitant à s’enraciner. Dans les deux cas, c’est souvent la pourriture qui s’installe.

Un printemps artificiel

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Créez un printemps artificiel en éclairant vos semis et boutures. Illustration tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Si vous voulez défier dame Nature avec une multiplication hors-saison, utilisez plutôt un éclairage artificiel. Placez vos pots de semis ou de boutures à 15 à 30 cm d’une lampe fluorescente ou DEL et réglez la minuterie à 12 à 16 heures. Il serait sage aussi de les cultiver à l’étouffée (sous un dôme ou dans un sac de plastique transparent), car l’air de nos maisons est sec l’hiver et une culture sous plastique créera un «effet de serre» bénéfique. Avec des jours longs et une bonne humidité, vous convaincrez vos semis et boutures que c’est le printemps, et donc la bonne saison pour pousser, et leur croissance sera alors rapide et robuste.

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Une culture à l’étouffée est très utile quand l’air est sec. Illustration tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Une fois leur croissance bien engagée, enlevez peu à peu la couverture transparente, augmentant plutôt l’humidité au moyen d’un humidificateur ou d’un plateau humidifiant, mais gardez les jeunes plants sous éclairage artificiel tout l’hiver si possible, jusqu’au début de mars au moins, pour que leur croissance se maintienne.

Oui, parfois on peut berner dame Nature et gagner de l’avance sur l’été à venir!20171126A AKuptsova, pixabay

Plantes à fourmis dans votre salon!

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La présence de fourmis dans les plantes est souvent une bonne chose! Source: The Cliparts

Saviez-vous que certaines plantes d’intérieur, peut-être même des plantes que vous cultivez déjà, sont, dans la nature, des «plantes à fourmis»? Des myrmécophytes, pour utiliser le nom scientifique. Le mot myrmécophyte vient du grec myrmex (fourmis) et phuton (plante).

Ces plantes vivent en symbiose avec les fourmis, une forme de mutualisme où chaque espèce aide l’autre. Il y a d’ailleurs plus de plantes myrmécophytes qu’on ne le pense: des milliers d’espèces dans plus de 100 familles de plantes.

Les myrmécophytes fournissent généralement soit gîte soit nourriture aux fourmis et, en retour, les fourmis offrent certains services:

  • elles les protègent contre leurs ennemis (insectes, mammifères, etc.);
  • elles les protègent contre les plantes envahissantes;
  • elles nettoient la plante de champignons néfastes;
  • elles les nourrissent (souvent de leurs excréments);
  • elles distribuent leurs semences (parfois);
  • elles pollinisent leurs fleurs (très rare).

Des maisons à fourmis

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Une coupe transversale d’un tubercule de Myrmecodia tuberosa montre les espaces conçus pour les fourmis. Source: thephytophi8e.blogspot.ca

Les myrmécophytes qui offrent le gîte aux fourmis sont les plus faciles à reconnaître. Généralement, ils ont un organe bien visible qui est anormalement enflé et creux ou qui contient des passages vides. Parfois, il y a même une ou des ouvertures pour donner accès aux fourmis, ou encore, une section où l’épiderme est très mince et par laquelle elles peuvent alors facilement pénétrer. L’organe qui les accueille peut être une tige, un tubercule, un rhizome, une feuille ou une épine. Les fourmis pénètrent dans l’organe enflé déjà existant et y élisent résidence. On appelle ces résidences des domaties ou, pour être plus spécifique, des myrmécodomaties. Ou maisons à fourmis! Ce sont ces plantes aux excroissances bizarres qui fascinent le plus les jardiniers.

Des organes qui nourrissent

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Des nectaires extrafloraux sous les feuilles de Prunus laurocerasus. Ils sont conçus pour attirer les fourmis qui alors protègent et nettoient la plante. Source: Luis Fernández García, Wikimedia Commons

C’est un mutualisme plus subtil qu’on découvre surtout en analysant le comportement des fourmis. Ainsi, il existe sûrement des plantes myrmécophytes que personne n’a encore remarquées. Le nectar que la plupart des plantes produisent se trouve uniquement au centre de leurs fleurs et est produit dans le but d’attirer les pollinisateurs. Par contre, les plantes myrmécophytes ont souvent des nectaires riches en sucres, appelés nectaires extrafloraux, situés ailleurs sur la plante, souvent sur les feuilles ou les tiges. On peut en déduire qu’ils ne sont pas utilisés pour assurer la pollinisation, mais pour d’autres fins… généralement pour attirer les fourmis.

La plante myrmécophyte la plus connue des jardiniers est d’ailleurs la pivoine (Paeonia lactiflora), qui attire les fourmis à ses boutons floraux encore fermés pour les protéger des prédateurs.

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Corps beltiens sur des foliotes d’acacia: ils servent à nourrir les fourmis. Source: botit.botany.wisc.edu

Certains myrmécophytes vont encore plus loin et produisent sur leur feuillage de petites excroissances riches en lipides, sucres et protéines appelées corps beltiens que les fourmis peuvent ramasser pour rapporter à leur nid.

En l’absence de fourmis

Souvent, cette myrmécophylie est facultative, surtout quand il s’agit de nectaires extrafloraux: la plante et la fourmi peuvent très bien survivre l’une sans l’autre. D’ailleurs ces plantes attirent généralement des fourmis d’espèces différentes: il n’y a pas de mutualisme spécifique.

Par contre, dans d’autres cas, le mutualisme est obligatoire, du moins, dans la nature. Si la bonne fourmi n’est pas présente, la plante ne peut pas se reproduire ou se fait bouffer par ses ennemis. Et l’espèce de fourmi en question dépend obligatoirement de sa plante-hôte. On ne la trouve jamais ailleurs.

En culture, toutefois, il est possible de cultiver au moins la plante sans fourmis sinon le contraire. D’ailleurs, même si vous cultivez des plantes myrmécophytes, ne pensez pas que des fourmis vont venir les habiter, car chaque myrmécophyte est habituellement hôte d’une fourmi qui lui est entièrement spécifique ou sinon, de quelques espèces très apparentées: pas des «fourmis de tous les jours». À moins que vous ne viviez sous les tropiques dans une région où la plante myrmécophyte est indigène, il n’y a aucun risque que des fourmis locales ne l’adoptent!

Plantes d’intérieur myrmécophytes

Voici quelques plantes myrmécophytes qui peuvent être cultivées comme plantes d’intérieur. Toutes ces plantes auront besoin d’un bon éclairage, de températures d’intérieur normales, d’une bonne humidité ambiante et d’arrosages en suivant la règle d’or.

Tillandsia

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Dans la nature, la base enflée du Tillandisa bulbosa abrite des fourmis. Source: fr.aliexpress.com

Les tillandsias ou filles de l’air (Tillandsia), de la famille des Broméliacées, viennent d’Amérique du Sud et centrale où ils poussent en épiphyte sur les branches d’arbres. Seulement quelques espèces, comme T. bulbosa et T. caput-medusae, sont myrmécophytes. Il s’agit des tillandsias qui produisent des feuilles à l’extrémité inférieure enflée et qui forment ainsi un genre de bulbe à la base de la plante. Dans la nature, des fourmis percent un trou dans ces feuilles et y habitent.

Notez qu’il faut arroser ces plantes, qui n’ont pas de racines absorbantes, en les plongeant dans l’eau ou en les vaporisant. Lisez Succès avec les filles de l’air pour plus d’information à leur sujet.

Myrmécode

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Le curieux tubercule myrmécophyte de Myrmecodia echinata. Source:  Michael Wolf, Wikimedia Commons

Le genre Myrmecodia, de la famille des Rubiacées, contient environ 30 espèces, toutes myrmécophytes, comme leur nom le suggère d’ailleurs. Il s’agit de plantes épiphytes originaires des jungles de l’Asie et de l’Océanie qui produisent, à leur base, un gros tubercule (caudex) enflé et épineux, muni de trous et de passages dans lesquels vivent des fourmis qui protègent la plante et la nourrissent de leurs déchets. On cultive certains myrémycodes comme plantes d’intérieur pour leur forme bizarre… et non, il n’est pas nécessaire d’importer des fourmis pour les rendre heureux.

Cultivez cette plante comme si elle était une orchidée, soit fixée sur une plaque ou dans un terreau pour orchidées et sous une forte humidité.

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Hydnophytum formicarum. Source: Bernard Dupon, Wikimedia Commons

Le genre Hydnophytum, un proche parent, produit des caudex similaires, mais sans épines, et fait aussi une bonne plante d’intérieur si on le traite comme une orchidée.

Codonanthe

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Codonanthe carnosa pousse presque toujours à partir d’une fourmilière arboricole. Source: jardinierparesseux.com

Le genre Codonanthe, de la famille des Gesnériacées, est une petite plante épiphyte retombante d’Amérique du Sud et centrale qui produit des graines qui rappellent, par leur forme, des œufs de fourmis. Ainsi, les fourmis les récoltent et les ramènent dans leur nid, un milieu riche en matière organique où la plante peut prospérer. Le codonanthe produit aussi sous ses feuilles des nectaires extrafloraux pour nourrir les fourmis et nourrit aussi les fourmis de ses fruits juteux.

Dischidia

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Dischidia vidalii produit des feuilles photosynthétiques normales, mais aussi (voir flèche) des feuilles enflées qui servent d’abri aux fourmis. Source: Mokkie, Wikimedia Commons

Le genre asiatique de plantes épiphytes grimpantes Dischidia contient un certain nombre de plantes myrmécophytes, dont D. vidalii (anc. D. pectenoides), qu’on vend parfois comme petite plante grimpante ou retombante. Cette plante produit surtout de petites feuilles cordiformes qui n’offrent rien aux fourmis, mais, de temps en temps, des feuilles beaucoup plus grosses et en forme de poche qui leur servent d’abri. La plante produit aussi de petites fleurs roses ou rouges.

Il faut une bonne humidité atmosphérique pour maintenir cette plante l’hiver. Cultivez-le dans un terreau pour orchidées.

D. major (anc. D. rafflesiana) est similaire, mais porte de plus grosses «maisons de fourmis» et en plus grand nombre. Sa culture est toutefois plus délicate.

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Les curieuses feuilles bosselées de Dischidia astephana servent de logis aux fourmis. Source: Clivid, flickr

Il existe aussi d’autres dischidias, comme D. astephana, qui forment des abris pour fourmis sous leurs feuilles quand elles se collent contre un tronc ou une branche. En culture, il faut fixer ces espèces sur un morceau de bois ou d’écorce pour que les feuilles-abris renflées et bosselées se forment. Les feuilles poussant librement seront normales, tout simplement.

Fougères myrmécophytes

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Lecanopteris pumila. Source: wistuba.com.

Il existe plusieurs fougères myrmécophytes, notamment dans les genres Lecanopteris, de l’Asie et de l’Océanie, et Solanopteris, des Amériques. Épiphytes, elles ont des rhizomes curieusement enflés qui abritent des fourmis à l’état sauvage. On cultive souvent ces fougères assez délicates sur des morceaux d’écorce, à la manière de certaines orchidées. Il leur faut un drainage parfait, mais une forte humidité relative en tout temps.

Acacia

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L’acacia corne de bœuf (Vachellia cornigera) abrite les fourmis dans ses épines et les nourrit avec des corps beltiens (visibles dans cette photo) à l’extrémité des folioles. Source: Stan Shebs, Wikimedia Commons

Dans son sens le plus large, ce vaste genre d’arbres et d’arbustes légumineuses, généralement de climat aride, comprend plus de 1300 espèces distribuées partout dans les régions tropicales et subtropicales du monde. Cependant, le groupe qui nous intéresse a été récemment reclassifié sous le nom Vachellia. C’est ce nouveau genre qui contient quelques espèces myrmécophytes, dont la plus connue est l’acacia corne de bœuf (V. cornigera, anc. A. cornigera).

Il s’agit d’un petit arbre d’Amérique centrale à feuilles bipennées portant à sa base deux grosses épines en forme, justement, de cornes de bœuf. L’épine est creuse et habitée de fourmis particulièrement féroces (Pseudomyrmex ferruginea) qui protègent non seulement la plante de ses ennemis, mais qui nettoient même le sol autour de l’arbre des mauvaises herbes, éliminant ainsi toute concurrence. En plus d’offrir le gîte aux fourmis, la plante produit des nectaires sur ses tiges et des corps beltiens à l’extrémité des folioles, deux façons de nourrir les fourmis. Les fourmis hôtes n’ont même pas à aller s’alimenter ailleurs: l’acacia leur fournit toute leur nourriture!

On peut cultiver cette plante comme plante d’intérieur à partir de semences.

Cecropia

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Si vous tapez sur un tronc de cecropia (ici Cecropia obtusifolia) dans la nature, les fourmis aztèques sortent rapidement, prêtes à le défendre. Source: Dick Culbert, Wikimedia Commons

Il y a environ 20 espèces de Cecropia (maintenant dans la famille Urticaées, bien que ce placement soit contesté par plusieurs taxonomistes) dans les tropiques américains et la plupart sont hôtes de fourmis aztèques qui habitent leur tronc creux. Non seulement ces petites fourmis très agressives les protègent des herbivores, mais elles suppriment aussi les grimpantes et les épiphytes qui essaient de s’y fixer. De plus, les cecropias produisent des corps beltiens sur leurs feuilles et ainsi nourrissent les fourmis.

Les cecropias se décorent de grandes feuilles palmées rappelant un peu celles du schefflera (Schefflera actinophylla) et font des plantes d’intérieur intéressantes… pour ceux qui ont beaucoup d’espace!

Autres espèces

Si vous cherchez, vous trouverez d’autres plantes d’intérieur myrmécophytes, comme Aechmea brevicollis, Hoya imbricata, Macaranga spp., Nepenthes bicalcarata, Pachycentra glauca, Platycerium madagascariense, Tetrastigma voinierianum, sans parler de certaines orchidées comme Myrmecophila et Caularthron.


Amusez-vous à découvrir ces curieuses «plantes à fourmis»!20171125B The Cliparts

Prenez une douche après tout traitement pesticide

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Lavez-vous bien après un traitement pesticide. Source: freepik.com

Après avoir appliqué un produit pesticide, même biologique, il est toujours sage de bien se laver à l’eau chaude savonneuse. En général, cela suffit.

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Toxique

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Corrosif

Par contre, si le produit porte l’indication toxique (symbolisé par une tête de mort) ou corrosif (symbolisé par une main trempant dans l’acide), mieux vaut se laver plutôt à l’eau froide. L’eau froide ferme les pores et réduit l’absorption du produit. Une douche à l’eau chaude, par contre, peut ouvrir les pores et permettre davantage d’absorption.

Enfin, lavez les vêtements utilisés pour l’application d’un pesticide séparément des autres vêtements… à l’eau chaude (elle supprimera davantage de produit que l’eau froide). Si le produit porte le symbole toxique (tête de mort), réservez-les dans le futur uniquement pour d’autres applications de pesticides.Archivo base

Mythe horticole: les plantes indigènes sont moins sujettes aux insectes et aux maladies

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Si seulement c’était vrai! Mais, en fait, les plantes indigènes sont aussi sujettes aux prédateurs que les plantes importées, sinon plus. Source: plantsvszombies.wikia.com et Clipart Library

Il y a toutes sortes de bonnes raisons pour préférer des végétaux indigènes.

On sait qu’ils résistent aux hivers de la région et aussi que leur cycle de croissance correspond exactement aux saisons du secteur (certaines plantes importées, au contraire, sont endommagées quand elles se réveillent trop tôt au printemps ou quand la neige arrache leurs branches parce qu’elles ne savent pas quand laisser choir leurs feuilles à l’automne).

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La chenille du papillon monarque ne peut vivre que sur des plantes d’asclépiade. Source: Marshal Hedin, Wikimedia Commons

Aussi, les plantes indigènes nourrissent les insectes locaux qui, très souvent, sont très spécifiques dans leurs besoins. Il suffit de penser aux asclépiades (Asclepias spp.), strictement limitées au Nouveau Monde, qui sont la seule nourriture possible pour les chenilles du papillon monarque (Danaus plexippus), lui aussi limité au Nouveau Monde. Et il y a littéralement des milliers d’insectes dans votre propre région qui dépendent entièrement de plantes spécifiques, seulement trouvées naturellement dans votre région, pour leur survie. Les plantes importées ne leur sont nullement utiles.

Habituellement, aussi, les plantes indigènes ont besoin de moins de soins de la part du jardinier, étant parfaitement synchronisées aux conditions locales.

Enfin, si elles s’échappent de la culture, elles ne perturberont pas l’environnement comme peut le faire une plante introduite qui s’échappe, mais reprennent tout simplement leur place.

Tout cela est bien, mais…

Elles ne sont pas plus résistantes aux prédateurs!

L’idée, souvent vantée par des écologistes bien-pensants mais qui ne jardinent pas, que les plantes indigènes sont plus résistantes aux insectes et aux maladies est cependant un non-sens.

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Le puceron vert des pêchers (Myzus persicae) s’attaque à une vaste gamme de plantes ornementales et comestibles et ne fait pas de différence entre les plantes indigènes et les plantes importées. Source: A. Weeks, grdc.com.au

D’abord, il y a des prédateurs assez polyphages (pucerons, aleurodes, tétranyques, etc.) qui peuvent se plaire sur presque n’importe quelle plante et qui ne font pas de différence entre les importées et les indigènes: ils bouffent tout! Et, en général, les maladies sont un peu plus spécifiques et limitent leurs dégâts à certaines familles. Par contre, elles ne font pas du tout la différence entre, disons, une clématite indigène et une clématite importée. Tant que c’est une clématite, elles sont prêtes à l’attaquer.

Mais il y a aussi des insectes, des maladies et d’autres parasites qui sont très spécifiques à une certaine plante hôte et qui ne peuvent s’attaquer à quoi que ce soit d’autre. C’est là où les plantes importées ont souvent un avantage sur les plantes indigènes. Si la plante a été importée sans son ou ses prédateurs spécifiques, ce qui est souvent le cas, elle sera moins sujette aux insectes et aux maladies d’insectes qu’une plante indigène, dont les ennemis sont déjà sur place.

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Adulte et deux nymphes de la punaise de l’asclépiade. Cet insecte n’est présent qu’en Amérique du Nord. Source: Greg Hume, Wikimedia Commons

Voulez-vous un exemple? Les mêmes asclépiades qui nourrissent les chenilles de monarque sont aussi hôtes d’un insecte spécifique, la punaise de l’asclépiade (Oncopeltus fasciatus). Cet insecte est présent partout où l’asclépiade pousse naturellement (Amérique du Nord et du Sud) et y cause beaucoup de dégâts, forçant les jardiniers de ces deux continents à le chasser avec des jets d’eau, des traitements à l’eau savonneuse, etc. Mais cet insecte est absent des jardins d’Europe, d’Asie et d’Australie, où l’on cultive des asclépiades en tant que plantes ornementales importées.

Un autre exemple? L’hémérocalle (Hemerocallis spp.), d’origine asiatique, a laissé la plupart de ses prédateurs (à la fois des insectes, des nématodes et des maladies) derrière elle quand on l’a importée en Europe et en Amérique du Nord. Elle passe pour une plante résistante aux parasites dans ses nouveaux chez-soi, alors qu’en Asie, on a dénombré plus de 15 insectes et nématodes spécifiques aux hémérocalles et presque autant de maladies. Les jardiniers asiatiques doivent combattre tous ces ennemis s’ils veulent bien réussir les hémérocalles! Mais quand elle pousse en Europe et en Amérique du Nord, en tant que plante importée, l’hémérocalle n’a presque pas d’ennemis.

En général, donc, les plantes importées ne sont pas plus sujettes aux parasites que les plantes indigènes. C’est même exactement le contraire.


Si vous voulez cultiver des plantes qui n’ont pas de problèmes importants de prédateurs, il faut faire des recherches dans ce sens. Connaître leur pays d’origine ne vous sera nullement utile.20171123A FR

La plante d’intérieur increvable que personne ne connaît

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Mon plant de Dischidia albida: 15 ans dans le même pot et tout va encore très bien. Source: jardinierparesseux.com

Je cultive beaucoup de plantes d’intérieur (plus de 300 variétés différentes), mais l’une des plus faciles à cultiver est certainement le Dischidia albida. Vous n’en avez jamais entendu parler? Je ne suis pas surpris. Personne ne semble le connaître!

Les Américains l’appellent «propeller vine» (vigne aux hélices) à cause de ses feuilles plus ou moins en forme d’hélices d’avion. Pour rester plus près du nom botanique, par contre, on pourrait l’appeler dischidia blanchâtre en français. Et notez que le «ch» se prononce «k», donc le nom se prononce quelque chose comme dis-KI-di-a.

Je cultive cette plante depuis plus de 15 ans à partir d’une bouture reçue par la poste. Oui, une bouture bien sèche et sans racine. Elle s’est avérée remarquablement facile à cultiver et elle forme un excellent panier suspendu, mais ce n’est pas une plante dont vous entendrez parler très souvent. J’ai dû me débrouiller tout seul pour apprendre les rudiments de sa culture, car si peu d’informations à son sujet sont disponibles.

Liens familiaux

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Dischidia non identifié, similaire à D. albida, poussant sur un arbre en Thaïlande. Source: jardinierparesseux.com

Le genre Dischidia appartient à la famille des Apocynacées (famille de la pervenche). Il est originaire des régions tropicales de l’Asie du Sud-Est et notre espèce, D. albida, provient de la Malaisie péninsulaire. Les dischidias sont des plantes grimpantes épiphytes (elles poussent sur des branches d’arbres). Donc, dans la nature, le dischidia blanchâtre s’enracine sur l’écorce de l’arbre, pas dans le sol.

Notez que les dischidias sont très apparentés aux hoyas (Hoya spp.), mais s’en distinguent par leurs fleurs, plus petites et moins voyantes.

Les feuilles et les tiges de cette espèce sont succulentes, conçues pour stocker l’humidité pendant la saison des pluies afin que la plante puisse survivre pendant la longue saison sèche qui suit. Il en résulte une plante nécessitant très peu de soins. Le dischidia blanchâtre fait contraste avec les autres dischidias offerts commercialement, car ils ne sont pas succulents et ont la réputation d’être capricieux.

Une description

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Feuilles du dischidia blanchâtre. Source: jardinierparesseux.com

La plupart des dischidias ont des feuilles minces en forme de cuillère, de cœur ou de pièce de monnaie, mais le dischidia blanchâtre ressort de la foule par ses feuilles épaisses plus longues que larges, nettement lancéolées. Elles varient un peu en forme, certaines étant presque tubulaires alors que d’autres sont davantage aplaties.

Les feuilles sont portées deux par deux, bien espacées sur des tiges assez épaisses. Les tiges et les feuilles sont d’une curieuse couleur vert jaunâtre, presque fantomatique. Les tiges volubiles s’enrouleront autour des treillis ou des branches si on leur en fournit et sont un peu entreprenantes, se mêlant aux plantes voisines si on ne les taille pas de temps en temps. De petites racines aériennes paraissent à l’aisselle des feuilles et peuvent se fixer à l’écorce ou à d’autres surfaces rugueuses si on leur en donne la chance. Sinon, elles finissent par sécher.

En ce qui concerne les dimensions, dans la nature la plante peut grimper jusqu’à 12 m de hauteur dans les arbres, mais s’il n’y a pas de support sur lequel les tiges peuvent s’enrouler, les tiges retomberont sur un bon 90 cm, ce qui rend le dischidia blanchâtre particulièrement intéressant pour les paniers suspendus.

Bien que de croissance relativement lente, cette plante remplira facilement un panier suspendu de 30 cm ou plus en deux ans. La mienne pousse dans le même panier depuis 15 ans maintenant et continue de bien aller. Le dischidia blanchâtre est l’une de ces plantes grimpantes qui deviennent si densément entrelacées avec le temps qu’extraire la vieille plante intacte de son pot est presque impossible. Plutôt que de rempoter, donc, mieux vaut produire une nouvelle plante par bouturage.

Le dischidia blanchâtre fleurit facilement, surtout en été. Par contre, les fleurs – de petites urnes blanches regroupées à l’aisselle des feuilles – sont plutôt insignifiantes. Les fleurs sont portées sur de courts pédoncules comme ceux que produisent les hoyas et réapparaîtront de ces mêmes tigelles pendant plusieurs années. Je n’ai jamais remarqué la présence de fruits ou de capsules de graines.

Un entretien des plus simples

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Les tiges sont volubiles et envahissent parfois les plantes voisines. Source: jardinierparesseux.com

Dans la nature, le dischidia blanchâtre pousse surtout à la mi-ombre, protégé du plein soleil par le feuillage de son arbre-hôte. Dans la maison, la plante s’adapte aussi bien au plein soleil qu’à un éclairage moyen. Arrosez quand le terreau est sec au toucher… mais si vous oubliez d’arroser pendant quelques semaines, elle ne semble pas trop réagir.

Contrairement à beaucoup de plantes succulentes, qui proviennent de climats arides et qui tolèrent donc mal l’air humide, cette plante est originaire de la forêt de mousson où l’air passe de très sec à très, très humide, selon la saison. Ainsi, vous pouvez aussi facilement la cultiver avec des plantes succulentes qui préfèrent un air sec qu’avec des fougères qui aiment une humidité atmosphérique élevée.

Quant à la fertilisation, il faut se rappeler que cette plante pousse habituellement fixée sur des branches d’arbres, un milieu très pauvre où il n’y a pas beaucoup de minéraux disponibles pour sa croissance. Donc, en culture, la fertilisation est peu nécessaire.

Logiquement, étant donné ses origines tropicales, le dischidia blanchâtre aurait besoin de températures moyennes à chaudes à l’année. Personnellement, je ne l’ai jamais exposé au froid pour voir.

Ma plante passe ses hivers à l’intérieur, puis je la place à l’extérieur l’été, entre la fin juin et le début de septembre. Pendant qu’elle est à l’extérieur, je suspends tout simplement le panier à une branche d’arbre, donc à la mi-ombre, une situation que j’imagine ressembler beaucoup à la façon dont elle pousse à l’état sauvage. D’ailleurs, elle semble se plaire ainsi et, pendant l’été, ses tiges s’enroulent autour des branches de l’arbre et produisent même des racines aériennes pour s’y fixer. Ainsi, je dois couper quelques tiges pour la dégager quand il est temps de la rentrer à l’intérieur à l’automne. Les tiges laissées sur l’arbre continuent leur croissance jusqu’à ce que le froid d’automne les tue.

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Notez la couleur vert jaunâtre du feuillage et des tiges ainsi que les racines aériennes. Source: Glasshouse Works

Il est intéressant de noter que je n’accorde aucun soin à la plante durant l’été, même pas d’arrosages, laissant Dame Nature faire tout le travail. S’il pleut, elle se trouve arrosée, et si le temps est sec, son terreau s’assèche complètement. Elle semble pousser aussi bien dans les deux cas.

Quant à la multiplication, les boutures s’enracinent facilement. Il suffit de les insérer dans un petit pot rempli de terreau de façon à ce qu’au moins un nœud soit enterré (les racines poussent à partir du nœud) et de l’arroser de temps en temps. Après environ un mois, la bouture sera déjà enracinée.

Les dischidias font aussi de bonnes plantes de terrarium et sont souvent utilisées pour décorer les vivariums de reptiles, étant suffisamment résistants pour supporter les déplacements des animaux. Leur toxicité est inconnue, mais les herpétologistes ne rapportent aucun cas d’empoisonnement.

Où en trouver?

Voilà où les choses se compliquent. Je vois de temps à autre des plants de dischidia blanchâtre parmi les arrivages de succulentes en jardinerie. Ou visitez un spécialiste en succulentes. Mais il reste que c’est une plante plus difficile à dénicher qu’à cultiver!

Si vous en rencontrez un, vous aurez trouvé l’une des plantes d’intérieur les plus faciles à cultiver, parole de jardinier paresseux!20171122A.jpg

La bonne température pour conserver les bulbes tendres

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À quelle température entreposer les bulbes tendres, comme ces cormes de glaïeul? Source: lopatkina.wordpress.com

Vous avez rentré vos bulbes tendres (bulbes non rustiques) pour l’hiver? Glaïeuls, bégonias, dahlias, callas, caladiums, etc.? Parfait! Les bulbes sont soit dans leur pot d’origine soit nus, entourés de tourbe, de vermiculite, de papier journal, etc. Très bien aussi! Maintenant, où les placer pour l’hiver?

Les conserver au frais

L’emplacement idéal pour leur entreposage hivernal est frais, mais pas froid, entre 5 et 12°C. Ainsi, un frigo ou une chambre froide sont souvent trop froids pour ces bulbes, mais un sous-sol peu chauffé ou un garage protégé conviendrait bien. À de telles températures, il y aura peu d’évaporation et alors les bulbes se conserveront bien jusqu’au printemps sans arrosage ou vaporisation supplémentaire.

Les conserver au chaud

Vous n’avez pas d’emplacement frais où les conserver? Pas de problème! On peut facilement les conserver à la température de la pièce aussi. La différence est alors qu’il y aura davantage d’évaporation et que les bulbes risquent alors de se dessécher un peu au cours de l’hiver. Donc, il va falloir les humidifier à l’occasion.

S’il s’agit de bulbes que vous avez rentrés en pot pour l’hiver (une potée de cannas ou de dahlias, par exemple), examinez le terreau une fois par mois. S’il est très sec, arrosez légèrement, à raison d’une cuillerée (petit pot) à quelques cuillerées (gros pot) d’eau. Laissez l’eau pénétrer le terreau (ce qui peut prendre quelques minutes, car un terreau très sec repoussera l’eau au début), puis rangez le pot de nouveau.

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Si les bulbes sont nus (ici, des racines tubéreuses de dahlia), vaporisez-les légèrement d’eau. Source: forums.gardenweb.com

Si les bulbes sont nus, vérifiez leur état mensuellement. S’ils ne paraissent pas le moindrement ratatinés (souvent le cas lors des premiers mois d’entreposage), tout est beau: remettez-les dans leur produit d’entreposage. Si, par contre, ils ramollissent et se rident, vaporisez-les tout simplement d’eau et remisez-les de nouveau. Cette petite quantité d’eau suffira pour leur faire reprendre leur forme et prévenir un dessèchement qui est potentiellement fatal.

Pour ne pas oublier

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Mettez une note dans votre agenda. Source: thetomatos.com

Dès la rentrée des bulbes à l’automne, notez alors dans votre agenda, un mois plus tard et une fois par mois par la suite: «vérifier les bulbes en dormance et humidifier au besoin».

C’est aussi facile que ça!20171121A lopatkina.wordpress.com