Compostage de surface: le compostage à son plus simple

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Le compostage de surface: efficace, mais pas nécessairement joli. Photo: http://www.lesjardinsduclosjoli.fr

En cette période où le compostage domestique est surtout une question de bacs en plastique et de couches soigneusement planifiées de matériaux bruns et verts, le compostage de surface apparaît comme quelque chose de radical et d’innovateur. Pourtant, c’est la première forme de compostage, celle que nos ancêtres cultivateurs utilisaient, et elle est si facile à réaliser.

La technique ne pourrait pas être plus simple: jetez simplement vos déchets décomposables dans le jardin, à travers les plantes qui y poussent. Pas besoin de les enterrer (bien que vous puissiez le faire aussi, mais cela relève alors du compostage en tranchées). Laissez-les simplement pourrir (le terme moins poli pour décomposer) là où ils tombent. Et en se décomposant, les déchets nourriront le sol en minéraux et le sol fertilisera à son tour vos plantes. Oui, tout comme le compostage domestique habituel, mais avec moins d’étapes.

Avec le compostage de surface, on laisse les fanes des carottes au sol, tout simplement. Photo: http://www.waldeneffect.org

Le compostage de surface a commencé dans la nuit des temps. Les agriculteurs qui récoltaient les légumes et les fruits prélevaient les parties comestibles pour les rapporter à la famille et jetaient tout simplement les résidus sur le sol. Les résidus se décomposaient par la suite pour fertiliser le sol en vue de la récolte de l’année suivante.

On peut déposer les déchets de cuisine sur le sol et rentrer dans la maison, le travail étant fait. Photo: donotdisturbgardening.com

Dans la version moderne, le compostage de surface est principalement utilisé pour les restes de légumes, les déchets de cuisine et les mauvaises herbes arrachées dans les environs. N’utilisez toutefois pas de racines encore vivantes de mauvaises herbes vivaces qui pourraient prendre racine et envahir le secteur (j’explique comment gérer ces racines ci-dessous) ni de mauvaises herbes portant des graines qui pourraient germer et poser problème. Que des feuilles de mauvaises herbes ou des mauvaises herbes annuelles sans fleurs. 

Étalez ces restes en une fine couche de pas plus de 3 à 5 cm d’épaisseur: si les déchets sont trop denses, il pourrait s’en dégager une odeur de pourriture désagréable.

Le paillis comme compostage de surface?

Un paillis de feuilles mortes déchiquetées est essentiellement du compostage de surface. Photo: mgofmc.org

Vous faites peut-être déjà du compostage de surface sans le savoir. Lorsque vous répandez des feuilles d’automne hachées, une couche de paille ou des résidus de branches d’arbres déchiquetés (BRF ou bois raméal fragmenté) sur le jardin comme paillis, c’est en fait une forme plus sophistiquée et attrayante de compostage de surface. Après tout, ces paillis se décomposent avec le temps et enrichissent le sol tout comme le compost. Et il faut en rajouter occasionnellement, car ils disparaissent peu à peu. Cette sorte de paillage est essentiellement une forme de compostage de surface.

Au diable l’esthétique!

Fanes de poireau laissés sur place. Photo: potagerdurable.com

Le compostage de surface avec des restes de légumes et des segments de mauvaises herbes n’est pas une technique pour les jardiniers proprets qui tiennent à un jardin d’apparence impeccable. Après tout, vous verrez sur le sol des restes de cuisine et de jardin disparates, donc, des pelures de carottes orange vif, des légumes moisis, du marc de café, etc. Heureusement, il est probable que vous fassiez surtout du compostage de surface dans le potager, et qui se soucie vraiment de quoi le sol entre deux légumes a l’air? Ou faites votre compostage de surface dans les coins les plus éloignés de votre plate-bande ornementale où il ne sera pas très visible.

Certains jardiniers plus pointilleux que moi retirent leur paillis, déposent les restes au sol et remettent le paillis en place pour les cacher. Cela résout le problème esthétique, mais c’est aussi un travail supplémentaire.

Je suis trop paresseux pour cela! Je jette simplement les matériaux sur le paillis et laisse mère Nature s’en occuper. Les vers de terre sortent la nuit à travers le paillis et tirent peu à peu les «déchets» hors de vue, sous le paillis. Si vous êtes patient, vous pouvez même les regarder à l’œuvre. C’est fascinant de voir ces petits détritivores faire le ménage à votre place!

Tuez les racines et les rhizomes d’abord

Ne déposez pas les racines et rhizomes vivants de mauvaises herbes vivaces sur un sol nu. Si vous le faites, ils vont rapidement s’y enraciner et commencer une nouvelle invasion. Donc, faites-les sécher d’abord, en les plaçant en plein soleil jusqu’à leur mort. Cela peut prendre quelques jours, même jusqu’à une semaine par temps frais et humide, mais l’exposition à l’air et aux rayons solaires finira par tuer même les racines les plus tenaces.

Mauvaises herbe qui sèche

Personnellement, j’accroche ces mauvaises herbes aux branches des arbres et des arbustes environnants ou sur les feuilles des grands légumes et vivaces. Elles y sèchent parfaitement et, au moment où elles sont si légères suite à leur assèchement que le vent les fait tomber au sol, elles sont déjà mortes et prêtes à se décomposer. Et je les laisse se décomposer là où elles tombent.

Mais la vermine?

L’idée de laisser des déchets en surface fait peur à plusieurs personnes, convaincues que cela attirera la vermine: rats, souris, etc. Pourtant, si cela arrive, ce doit être très rare. Demandez à quelqu’un qui fait du compostage de surface, peut-être un permaculteur. Il vous dira que la vermine n’est pas un problème. En plus de 40 ans de compostage de surface, je n’ai jamais eu plus que quelques oiseaux venus fouiller dans la mince couche de compost à la recherche d’insectes. Il y a bien les vers de terre qui affluent dans le secteur (les lombrics adorent le compostage de surface), mais ils sont assez discrets.

Ce qui est plus choquant est de voir les animaux — lapins, marmottes, etc. — qui ignorent les déchets compostés pour aller bouffer à la place nos légumes de potager. Je suppose que les légumes frais sont tout simplement plus savoureux et attrayants que les légumes pourrissants!

Petits trucs pour réussir son compostage de surface

Compostage de surface au pied d’un jeune pommier. Photo: le-potager-des-oublies.over-blog.com

• Presque tout résidu de légume que vous ne mangerez pas peut rester au potager en tant que compost: fanes de radis et de carottes, feuilles endommagées par les insectes, fruits pourris, racines, tiges et feuilles de légumes arrachées à la fin de la saison, etc. 

• Même les feuilles toxiques pour les humains peuvent servir, comme les feuilles de rhubarbe et de pomme de terre. La décomposition détruit rapidement leurs toxines

• N’utilisez toutefois rien de très coriace ou qui ne se décomposera pas facilement, comme les branches ligneuses ou la rafle de maïs;

• N’y ajoutez pas de produits laitiers, d’œufs, de viande ou d’os, tout comme vous ne les ajouteriez pas à un composteur domestique. (Là, il y aura un véritable risque d’attirer la vermine!);

• Hachez finement les restes de cuisine dans le mélangeur pour une décomposition plus rapide;

• Ne déposez pas les feuilles de légumes malades dans l’endroit où vous cultiverez le même légume ou de proches parents l’année suivante. Par exemple, ne déposez pas des feuilles de tomates atteintes de verticillose ou de fusariose là où vous cultiverez des tomates, des poivrons ou des aubergines. Vous pouvez les composter ailleurs dans le jardin, toutefois;

• Ajoutez-y les rognures de gazon (si vous ne faites pas d’herbicyclage);

• N’ajoutez pas les fleurs ou les capsules de graines des mauvaises herbes au compost de surface: elles pourraient alors se ressemer. Par contre, leurs feuilles et tiges peuvent servir.


Le compostage de surface: je soupçonne que la plupart des jardiniers en font déjà dans une certaine mesure, mais maintenant, vous pouvez donner un nom à cette technique.

Dites non aux pivoines «face-dans-la-boue»

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Des pivoines qui s’écrasent au sol ne méritent pas de vivre. Photo: behnkes.com

Je n’ai jamais aimé les pivoines aux tiges faibles et je n’ai jamais senti le besoin de les cultiver. Il me semble que le moins qu’on puisse attendre d’une plante est qu’elle se tienne debout! Une plante qui s’écrase au sol ne mérite pas de vivre! Pourtant, des générations de jardiniers cultivent des pivoines qui n’ont pas plus de tonus qu’une feuille de laitue au soleil. Le moindre vent et elles s’écrasent au sol, face dans la boue. Et c’est encore pire quand il pleut!

Bien sûr, les pivoines en question sont toutes des «vieilles favorites»: des variétés ancestrales qui ont été transmises de génération en génération afin de démoraliser les nouveaux jardiniers. Vous auriez pensé que les jardiniers sages les auraient abandonnées il y a fort longtemps, mais non. Même si les hybrideurs de pivoine ont mis d’innombrables heures à développer de superbes variétés aux tiges solides, nous, les jardiniers, les ignorons. Il y a peut-être 150 pivoines aux tiges faibles et près de 5 000 pivoines aux tiges solides… et nous cultivons toujours les premières! Il faut se demander si cette culture de plantes à tige faible n’est pas une forme horticole d’autoflagellation.

Pourquoi les pivoines ne tiennent-elles pas debout?

Il n’est pas normal qu’une pivoine s’affaisse si facilement au sol. Photo: jardinierparesseux.com

Ces pivoines aux tiges faibles ont été largement développées entre le milieu des années 1800 et le début du 20e siècle. À l’époque, les pivoines étaient principalement cultivées pour la fleur coupée et on recherchait à cette fin des variétés à longue tige. Comme ces pivoines étaient cultivées en serre, où il n’y avait ni vent ni pluie, la robustesse de leur tige sous les conditions de jardin n’était tout simplement pas un facteur important.

À partir du début du 20e siècle, toutefois, les pivoines sont peu à peu devenues des fleurs populaires en plate-bande et de nombreux producteurs de fleurs coupées ont commencé à vendre leur surplus de pivoines aux tiges faibles aux jardiniers amateurs. L’idée que les pivoines «ont absolument besoin de support» a rapidement été acceptée comme la situation normale et il y avait peu de plaintes. Du moins, pas de la part du jardinier amateur moyen, à qui on avait inculqué la croyance qu’il fallait travailler fort pour avoir un beau jardin. 

Mais les amateurs sérieux de pivoines étaient consternés par la situation. Les sociétés d’amateurs de pivoine ont commencé à germer ici et là (l’American Peony Society, par exemple, a été créée en 1903), principalement pour promouvoir le développement des pivoines «comme plantes de jardin», c’est-à-dire des pivoines qui donnent une belle floraison sans nécessiter de tuteurage. Et cela a suscité beaucoup d’intérêt pour l’hybridation de pivoines robustes. Littéralement des milliers de pivoines aux tiges fortes ont été lancées.

Je cultive la pivoine ‘Krinkled White’ depuis presque 20 ans et n’ai jamais senti le besoin de la tuteurer. Photo: parklandpeonies.com

Mais les pivoines plus récentes et plus robustes coûtaient plus cher que les pivoines médiocres produites à grande échelle et alors elles sont restées largement l’affaire de jardiniers spécialistes, n’arrivant pas à percer le marché. Même aujourd’hui, la pivoine typiquement offerte dans les jardineries est une variété du 19e siècle produite à grande échelle en Chine par des travailleurs sous-payés, notamment des prisonniers et des enfants, et vendue à bas prix. Les producteurs de pivoines de qualité ne parviennent pas à faire concurrence aux horticulteurs chinois*.

*Il est intéressant de constater que les jardiniers chinois révèrent les pivoines et les cultivent abondamment dans leurs propres jardins. Ils font même d’énormes festivals en leur honneur. Mais chez eux, ils cultivent seulement les pivoines à tiges solides. Les pivoines face-dans-la-boue sont uniquement destinées au marché étranger!

Pourquoi alors les exportateurs chinois de pivoines ne mettent-ils pas à jour leurs variétés? Parce qu’ils cultivent les mêmes depuis plus d’un siècle et qu’elles se vendent toujours très bien! Leur attitude semble être: pourquoi essayer de réparer quelque chose qui n’est pas cassé?

Mythe au sujet de la pivoine

On entend souvent la croyance selon laquelle seules les pivoines doubles ne tiennent pas debout alors que les variétés à fleurs simples n’ont pas besoin de tuteurage, mais c’est incorrect. Il est vrai que les fleurs doubles sont généralement plus lourdes et ont besoin d’une tige plus robuste que la pivoine à fleurs simples moyenne, mais il existe des centaines de pivoines doubles qui ont les tiges robustes requises et n’ont pas besoin de tuteurage. Il suffit d’acheter les bonnes!

Vous préférez les pivoines face-dans-la-boue?

Paeonia lactiflora ‘Madame Édouard Doriat’ (1924) est un exemple typique de pivoine du début du siècle dernier qui a besoin de tuteurage. Photo: http://www.verschoorperennials.com

Les pivoines aux tiges faiblardes sont faciles à trouver. Il y a de fortes chances que votre jardinerie locale n’offre presque rien d’autre! Voici une liste de pivoines face-dans-la-boue. Apportez-la à votre jardinerie et vous découvrirez que presque toutes les pivoines en vente s’y trouvent.

  • Paeonia lactiflora ‘Alexandre Dumas’ (1862) 
  • P. lactiflora ‘Albert Crousse’ (1893) 
  • P. lactiflora ‘Auguste Dessert’ (1920) 
  • P. lactiflora ‘Alexander Fleming’ (‘Doctor Alexander Fleming’)
  • P. lactiflora ‘Duchesse de Nemours’ (1856) 
  • P. lactiflora ‘Félix Crousse’ (‘Victor Hugo’) (1881)
  • P. lactiflora ‘Festiva Maxima’ (1851)
  • P. lactiflora ‘Jeanne d’Arc’ (1858)
  • P. lactiflora ‘Karl Rosenfeld’ (1908)
  • P. lactiflora ‘Madame Édouard Doriat’ (1924)
  • P. lactiflora ‘Monsieur Jules Élie’ (1888)
  • P. lactiflora ‘Marie Lemoine (1869)
  • P. lactiflora ‘Sarah Bernhardt’ (1869) 

Dépensez plus maintenant pour économiser plus tard

La pivoine ‘Bowl of Beauty’ est un exemple d’une pivoine aux tiges bien robustes. Photo: purepeonies.com

Pourquoi ne pas éviter tout ce travail de tuteurage et planter des pivoines capables de se tenir debout sans effort de votre part? Elles coûtent souvent plus cher parce qu’elles sont produits à une échelle considérablement inférieure à celle des importations chinoises, mais finissent par coûter moins cher… si vous considérez que «le temps c’est de l’argent». Moins de temps passé à installer les tuteurs, puis à les retirer à l’automne, puis à les replacer au printemps suivant, etc., et ce, tant que vous vivrez, signifie que vous avez plus de temps pour profiter de vos pivoines plutôt que de devoir vous battre pour les garder en bon état.

La pivoine ‘Etched Salmon’, pourtant très double, se tient bien dressée. Photo: http://www.songsparrow.com

Parmi les pivoines herbacées (Paeonia lactiflora et ses hybrides), voici quelques-unes qui sont robustes et belles, la plupart surpassant les pivoines à l’ancienne non seulement par leur port costaud, mais aussi par un nombre supérieur de fleurs de meilleure qualité, souvent dans des couleurs insoupçonnées il y a 150 ans quand les pivoines face-dans-la-boue furent développées. Et la plupart des pivoines Itoh (pivoines intersectionnelles) et des pivoines arbustives, que je n’ai pas incluses dans cette liste, n’ont pas non plus besoin de tuteurs. Autrement dit, vous avez du choix, même beaucoup de choix!

  1. P. lactiflora ‘Alexander Woolcott’
  2. P. lactiflora ‘Athena’
  3. P. lactiflora ‘Athens’
  4. P. lactiflora ‘Big Ben’
  5. P. lactiflora ‘Blaze’
  6. P. lactiflora ‘Bowl of Beauty’
  7. P. lactiflora ‘Bride’s Dream’
  8. P. lactiflora ‘Bu-Te’
  9. P. lactiflora ‘Buckeye Belle’
  10. P. lactiflora ‘Claire de Lune’
  11. P. lactiflora ‘Cora Louise’
  12. P. lactiflora ‘Coral ‘n Gold’
  13. P. lactiflora ‘Dandy Dan’
  14. P. lactiflora ‘Do Tell’
  15. P. lactiflora ‘Dublin’
  16. P. lactiflora ‘Etched Salmon’
  17. P. lactiflora ‘First Arrival’
  18. P. lactiflora ‘Flame’
  19. P. lactiflora ‘Garden Treasure’
  20. P. lactiflora ‘Gary Paree’
  21. P. lactiflora ‘Gold Standard’
  22. P. lactiflora ‘Jacorma’
  23. P. lactiflora ‘Julia Rose’
  24. P. lactiflora ‘Kiev’
  25. P. lactiflora ‘Krinkled White’
  26. P. lactiflora ‘Laura Dessert’
  27. P. lactiflora ‘Lavender’
  28. P. lactiflora ‘Le Charme’
  29. P. lactiflora ‘Madrid’
  30. P. lactiflora ‘Mahogany’
  31. P. lactiflora ‘Moscow’
  32. P. lactiflora ‘Nice Gal’
  33. P. lactiflora ‘Oslo’
  34. P. lactiflora ‘Paula Fay’
  35. P. lactiflora ‘Pink Hawaiian Coral’
  36. P. lactiflora ‘Red Red Rose’
  37. P. lactiflora ‘Rome’
  38. P. lactiflora ‘Roselette’
  39. P. lactiflora ‘Roy Person’s Best Yellow’
  40. P. lactiflora ‘White Sands’

Où trouver des pivoines aux tiges robustes

Si votre jardinerie locale ne vend que des pivoines face-dans-la-boue, pourquoi ne pas vous procurer les vôtres auprès d’un spécialiste en pivoines? Comme la plupart vendent par correspondance, vous pourrez obtenir des pivoines de qualité supérieure ne nécessitant aucun tuteur, peu importe où vous habitez. Les meilleures sources incluent des indices sur la tige de la pivoine dans leurs descriptions: «tiges rigides», «tiges fortes», «tuteur: non», «aucun tuteur requis», etc. Sinon, demandez-leur leur avis avant d’acheter. Ils se feront un plaisir de vous conseiller de bonnes variétés solides de la couleur et de la forme de votre choix!

Voici quelques pépinières à essayer:

Canada

Pivoinerie Martinus
Jardins Osiris
Pivoines Capano.

Europe

Pivoines Rivière
Pivoines Alain Tricot
Willemse

Les pivoines aux tiges robustes existent et méritent une place dans votre plate-bande. Arrachez ces cochonneries de pivoines face-dans-la-boue et donnez plutôt une chance aux pivoines de jardin de qualité!

N.D.L.R. Billet adapté d’un article publié le 27 juin 2015

La gentille géante

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La sylphie perfoliée (Silphium perfoliatum) est une vivace géante. Photo: meadowviewfarmandgarden.com

La gentille géante en question est la silphie perfoliée ou silphium perfolié (Silphium perfoliatum), une vivace très attrayante et de grande taille, facile à cultiver, mais en fait rarement vue dans nos jardins. 

Distribution de la silphie perfoliée dans la nature. Ill.: plants.usda.gov

Son aire naturelle couvre la moitié est de l’Amérique du Nord où elle est surtout devenue abondante depuis que le défrichage des terres a augmenté la part de prairies humides et de fossés, deux milieux qu’elle semble préférer. 

Les feuilles semblent soudées ensemble à la base. Photo: http://www.prairiemoon.com

Cette plante est facilement reconnaissable par ses énormes feuilles triangulaires opposées vert foncé et luisantes, car elles sont perfoliées, c’est-à-dire qu’elles sont soudées ensemble à la base, ce qui donne l’impression qu’elles sont transpercées par l’épaisse tige qui est, curieusement, ailée et carrée, garante d’une identification rapide. 

Les feuilles dentées s’arquent vers le haut, puis vers l’extérieur, créant à la base des feuilles soudées une coupe où l’eau de pluie s’accumule. Cela plaît beaucoup aux oiseaux, qui peuvent s’y abreuver ou même s’y baigner sans devoir se poser sur le sol (atterrir est toujours risqué pour les oiseaux, car la plupart de leurs prédateurs sont terrestres) et donne l’occasion de faire une belle leçon d’écologie aux enfants. D’ailleurs, dans certaines régions, on appelle cette silphie «plante bain d’oiseaux».

Les oiseaux aiment bien les graines de silphie. Photo: http://www.biodiversitygardening.com

De plus, les oiseaux, notamment les chardonnerets, apprécient ses graines, produites en octobre. C’est donc une excellente plante à utiliser si vous voulez attirer les oiseaux dans votre jardin. 

La silphie perfoliée offre un nectar abondant qui attire les abeilles. Photo: http://www.wildflowersofontario.ca

Les fleurs attirent aussi les papillons et les abeilles. D’ailleurs, en Allemagne elle devient de plus en plus populaire comme fleur mellifère, car la plante fleurit pendant une très longue période (2 à 3 mois) et produit un miel d’excellente qualité. 

Les paires de feuilles sont toujours placées à un angle à 90° et la légende veut qu’elles pointent toujours vers les points cardinaux, d’où son deuxième nom commun: la plante-compas. Ainsi, si jamais vous vous perdez dans votre jardin, vous pourrez vous retrouver!

Laissez-lui de l’espace

Il faut beaucoup d’espace au sol pour cultiver une silphie perfoliée. Photo: http://www.bartonarboretum.org

J’ai dit que c’était une très grande plante: en effet, lors de la floraison elle mesure entre 180 et 300 cm de hauteur et occupe environ 120 cm d’espace au sol. À un espacement de 75 à 100 cm, vous pourriez en faire une belle haie de vivaces! C’est donc une plante pour l’arrière-plan qui peut aussi servir de plante-vedette. Ses tiges épaisses sont très solides et donc aucun tuteur n’est normalement nécessaire.

L’inflorescence est semblable à celle de son proche parent, le tournesol. Photo: Annette Meyer, Pixabay

Les fleurs sont typiques de la famille des Astéracées (famille de la marguerite): une inflorescence composée de centaines de fleurons formant un disque central qui est ourlé de fleurons allongés de couleur jaune, les rayons, ressemblant donc dans son ensemble à un petit tournesol, qui est, en fait, un proche parent. Elles sont produites en bouquets à l’extrémité des tiges: étant donné la hauteur de la plante, on les admire souvent d’en dessous. La floraison est très durable: les inflorescences commencent à paraître à partir de juillet au Québec et se maintiennent jusqu’en septembre; dès la mi-juin en Europe et le sud des États-Unis.

Curieusement, les fleurs au centre de l’inflorescence ne donnent pas de graines: elles sont toutes mâles. Ce sont les rayons, les soi-disant pétales jaunes qui poussent en périphérie, qui sont femelles. Ainsi, contrairement à celles du tournesol, les graines de cette plante se forment tout autour de la tête florale.

Culture 

C’est clairement une plante pour l’arrière-plan! Photo: mowildflowers.net

La silphie perfoliée préfère le soleil (elle tolère toutefois la mi-ombre) et un sol toujours au moins un peu humide et pousse souvent, dans la nature, dans les fossés et le long des cours d’eau. Malgré cela, grâce à sa longue racine pivotante, une plante bien établie (de 3 ans ou plus) tolère bien la sécheresse… tant qu’elle ne dure pas tout l’été du moins! 

Elle se plaît dans presque tous les sols profonds: glaiseux, sablonneux ou loameux, riches ou pauvres, acides, neutres ou alcalins. De plus, il s’agit d’une plante essentiellement permanente: on trouve des spécimens de plus de 50 ans dans certains jardins. 

Aucune fertilisation ne semble nécessaire tant que vous laissez ses feuilles se décomposer sur place et sa rusticité est excellente: zones de rusticité 3 à 8. 

Si vous la trouvez trop grande, vous pouvez facilement la pincer en juin (voir l’article Pincez pour renforcer et densifier les vivaces) et ainsi réduire sa hauteur d’un tiers.

Enfin, la silphie perfoliée n’est pas très sujette aux problèmes de maladies ou d’insectes et, en général, les cerfs ne la touchent pas.

Il suffit de planter la silphie perfoliée, de l’arroser un peu la première saison, et vous voilà avec une vivace aussi solide, permanente et grande qu’un arbuste. 

La multiplication

Les spécimens matures forment parfois des rejets à la base qu’on peut prélever, mais autrement, on multiplie surtout cette plante par semences.

Graines de silphie perfoliée. Photo: K.R. Robertson, Illinois Natural History Survey

Sur Wikipedia, on dit que la germination est faible, suggérant un taux de germination de seulement 15 à 20%, mais c’est le résultat quand on sème les graines au printemps sans traitement au froid. 

Le taux de germination est nettement meilleur quand on fait subir un traitement au froid humide aux semences, ce qui réplique les conditions trouvées dans la nature, où les graines tombent au sol à l’automne pour germer au printemps. 

Semez les graines en plein air ou en couche froide à l’automne: ainsi, elles profiteront tout naturellement d’un hiver froid et humide. Sinon, semez-les à l’intérieur dans un terreau humide, plaçant le substrat ensemencé au frigo pendant 2 à 3 mois avant de les exposer à la chaleur et à la lumière, selon la méthode décrite dans Ces semences qu’il faut traiter au froid. Dans ces cas, la germination au printemps est de 80% et même plus. 

Plante à multiples usages

La silphie perfoliée sert à la production de biocarburant. Photo: 66squarefeet.blogspot.com

En Europe, et notamment en Allemagne et en France, cette plante devient très populaire pour la production de biocarburant, égalant ou même dépassant la production du maïs. Et comme la silphie est une plante permanente (durée de vie utile estimée: 50 ans et plus) contrairement au maïs, une annuelle qu’il faut ressemer annuellement, qu’elle n’exige pas d’engrais, qu’elle réduit l’érosion et qu’elle ne nécessite aucune utilisation de pesticide, son potentiel est énorme. 

Les jeunes pousses sont comestibles. Photo: http://www.newstribune.com

Les jeunes pousses sont comestibles, surtout blanchies ou cuites. D’ailleurs, plus vous coupez les jeunes tiges, plus la plante en produit, ce qui en fait un excellent choix pour la permaculture. Par contre, si vous cultivez la plante comme légume en coupant régulièrement les pousses, elle ne fleurira pas.

Aussi, on peut récolter la résine produite par les plaies (quand on pince la plante, par exemple) et en faire une gomme médicinale qui rafraîchit aussi l’haleine.

Enfin, la silphie perfoliée a également beaucoup de potentiel comme fourrage pour le bétail, permettant deux généreuses récoltes par année.

Où en trouver?

Voilà où les choses se corsent. 

La silphie perfoliée fut autrefois plus populaire (nos grands-parents la connaissaient relativement bien), mais de nos jours elle est rarement offerte en jardinerie. Par contre, si vous consultez des pépinières spécialisées dans la production de vivaces, vous devriez être capable d’en trouver. Il est parfois nécessaire d’aller chercher des graines dans la nature ou dans de vieux jardins abandonnés pour obtenir ses premiers plants. 

D’autres gentilles géantes

Quand vous aurez essayé la silphie perfoliée, vous découvrirez qu’il y a d’autres silphies à essayer, souvent au feuillage très original. Pour des renseignements sur ces derniers, je vous renvoie à mon livre La bible des vivaces, tome 2.

Nouvelles fraîches sur les papillons monarques

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Papillon monarque (Danaus plexippus). Photo: Kenneth Dwain Harrelson, Wikimedia Commons

J’ai écrit sur le papillon monarque (Danaus plexippus), le lépidoptère migrateur le plus connu au monde, plus d’une fois dans ce blogue (Contribuez à la conservation des monarquesIl faut plus que des asclépiades pour sauver les monarquesLes monarques débarquent en Europe!, etc.). Après tout, quel amateur de nature peut s’empêcher de s’émerveiller devant un simple papillon dont la migration annuelle de 4 800 km l’amène des montagnes du Mexique aux limites de la forêt boréale au Canada, puis de nouveau au Mexique? 

Mais on fait encore beaucoup de recherches au sujet de ce célèbre papillon et les scientifiques en apprennent plus à leur sujet chaque année.

Voici quelques découvertes récentes à noter:

Population hivernale en baisse

Papillon monarque étiqueté de façon à suivre ses déplacements. Photo: Katja Schulz, flickr.com

Malheureusement, les autorités mexicaines signalent que le nombre de papillons monarques hivernant dans les forêts mexicaines a diminué de moitié au cours de l’hiver 2019-2020. Seulement 2,83 hectares en étaient couverts, soit une diminution de 53% par rapport à la saison 2018-2019, lorsque les monarques couvraient 6,05 hectares de forêt.

Jorge Rickards, le directeur général du WWF-Mexique, a noté que ce n’est pas nécessairement une cause d’alarme, mais a ajouté que «nous devons rester vigilants et ne pas permettre à ce recul de devenir une tendance dans les années à venir. La conservation est un effort à long terme.»

Une nouvelle colonie de papillons monarques découverte au Mexique

Papillons dans la nouvelle colonie de monarques de Nevado de Toluca. Photo: keteka.com

Pendant longtemps, on a pensé qu’il n’y avait qu’une seule colonie de monarques au Mexique, dans ce qui est maintenant la Réserve de biosphère du papillon monarque dans l’état du Michoacán, mais on vient d’en trouver une deuxième, dans les environs du volcan Nevado de Toluca, plus au sud. L’arrivée de monarques à cet endroit, dans le vaste Parque nationale Nevado de Toluca (53,419 ha) avait été notée depuis quelques années, mais personne n’avait réussi à trouver où se cachait la colonie. Juste avant Noël 2018, cependant, une patrouille de routine dans le parc a enfin trouvé la colonie, agglutinée sur des sapins oyamels (Abies religiosa) à une altitude de plus de 3000 mètres. En 2020, des chercheurs sont revenus constater la situation et ont calculé qu’il y avait environ 20 millions de monarques, assez pour que les branches des arbres ploient sous leur poids. 

Curieusement, alors que la colonie de la Réserve de biosphère du papillon monarque reste sur les mêmes arbres tout l’hiver, la nouvelle colonie de Nevado de Toluca se déplace chaque nuit, car la forêt est vaste.

Le gouvernement local n’a actuellement aucune intention d’ouvrir cette nouvelle colonie au tourisme de masse.

Plantez la bonne asclépiade

L’asclépiade tubéreuse (Asclepias tuberosa) est peu intéressante pour les monarques. Photo: H. Zell, Wikimedia Commons

Nous savons tous que les chenilles du monarque ne se nourrissent que d’asclépiades (Asclepias spp.) et de quelques autres espèces étroitement apparentées, mais il s’avère que le choix d’espèces que vous plantez pour nourrir les monarques est très important.

L’asclépiade tubéreuse (Asclepias tuberosa), soit l’espèce la plus souvent offerte dans les jardineries et une plante vivace populaire dans nos plates-bandes, est en fait l’espèce la moins aimée et les monarques y pondent très rarement leurs œufs. C’est à noter qu’elle est la seule des quelque 200 espèces d’asclépiades qui a une sève transparente plutôt que le latex blanc habituel du genre. Les scientifiques soupçonnent qu’il y a quelque chose dans le latex que les femelles monarques peuvent détecter quand elles recherchent un endroit pour pondre leurs œufs.

L’asclépiade commune (A. syriaca) serait la plus populaire auprès des femelles pondeuses. Photo: Stefan.lefnaer, Wikimedia Commons

L’espèce la plus fréquentée par les monarques est l’asclépiade commune (A. syriaca), une espèce rarement cultivée en plate-bande, car on la juge trop envahissante. Une étude a montré que 85 à 92% des monarques hivernant au Mexique s’étaient nourris de l’asclépiade commune lorsqu’ils étaient chenilles. Cela dit, la plupart des autres espèces étudiées jusqu’à présent sont également de bonnes plantes hôtes, y compris une autre espèce de jardin assez populaire, l’asclépiade des marais (A. incarnata). 

Apparemment, il n’y a que l’asclépiade tubéreuse (Asclepias tuberosa) qui n’est pas un bon choix pour le jardin de monarques.

Une autre étude remet en question la croyance souvent répétée selon laquelle seules les espèces sauvages d’asclépiades devraient être utilisées dans les jardins de papillons. D’après les résultats, les asclépiades hybrides sont tout aussi attrayantes pour les monarques femelles pondeuses que les espèces pures.

Rabattez vos asclépiades

En rabattant les asclépiades pour les forcer à produire de nouvelles tiges, on stimule la ponte. Photo: http://www.greentecnursery.com

Les recherches de Nate Haan de l’université d’État du Michigan démontrent que les monarques femelles préfèrent pondre leurs œufs sur les feuilles des jeunes tiges fraîches qui n’ont pas encore fleuri plutôt que sur les feuilles plus coriaces des tiges mûres. Ce n’est pas un problème au début de la saison, quand la plante n’a pas encore fleuri, mais Haan a découvert qu’en rabattant presque au sol un tiers des asclépiades d’une colonie en juin et un autre tiers en juillet, ce qui force les plantes à repousser du pied, davantage d’œufs de papillon monarque étaient pondus sur les plants qui repoussaient. Cette taille ne nuit pas aux plants d’asclépiades, qui reprennent rapidement.

Asclépiade tropicale (A. curassavica). Photo: Renjusplace, Wikimedia Commons

Et le rabattage serait une bonne solution à un autre dilemme. L’asclépiade tropicale (A. curassavica) est l’asclépiade de jardin la plus populaire dans le sud des États-Unis (dans les régions tempérées, où elle n’est pas rustique, on l’utilise uniquement comme annuelle ou plante d’intérieur), mais son habitude de fleurir continuellement jusqu’à l’automne et même l’hiver peut être nuisible à la migration. 

On soupçonne que les monarques qui migrent vers le sud ont tendance à s’arrêter sur ces plantes plutôt que de poursuivre leur route en temps opportun, interrompant la migration. De plus, un parasite protozoaire débilitant (Ophryocystis elektroscirrha) a tendance à s’accumuler dans les parties vertes de l’asclépiade tropicale, au moins dans les zones où elle n’est pas rabattue par le gel en hiver, et il peut affaiblir les chenilles et paralyser les papillons adultes.

Ces deux défauts peuvent être facilement atténués en rabattant sévèrement l’asclépiade tropicale à l’automne. Avec la plante visuellement absente du paysage, les papillons continueront normalement leur migration et ne seront pas aussi susceptibles d’être infectés par la maladie.

Les lâchers ne sont pas utiles

Les lâchers de monarques sont bons pour notre conscience, mais pas nécessairement pour le sauvegarde de l’espèce. Photo: http://www.brainerddispatch.com

Il s’est créé une petite industrie de production de monarques en serre en vue de lâchers lors des événements spéciaux: mariages, funérailles, cours de biologie à l’école, etc. On peut facilement commander des papillons et les faire livrer pour la date voulue, puis permettre aux convives de les lâcher. Cela crée un beau et joyeux événement et tous les participants se sentent utiles d’avoir fait leur part pour sauver le monarque. Mais que se passe-t-il avec les papillons ainsi lâchés? 

Apparemment, pas grand-chose.

Selon les biologistes Ayse Tenger-Trolander et Marcus R. Kronforst de l’Université de Chicago, ces papillons semblent désorientés et ne migrent pas vers le sud comme ils le devraient. Ils ne semblent tout simplement pas comprendre les repères (temps froid, dépérissement des plantes en fleurs) qui indiquent aux monarques nés dans la nature qu’il est temps de se diriger vers le sud.

Ainsi, les lâchers massifs de papillons peuvent être une bonne publicité pour la cause des monarques, mais n’aideraient pas directement la survie des monarques, car ceux-ci mourraient dans les environs du lâcher, sans jamais faire la migration vers le sud nécessaire à la survie de l’espèce.

Planter des fleurs pour nourrir les adultes

La croyance commune selon laquelle la plantation d’asclépiades (Asclepias spp.) suffit pour sauver les monarques est un peu simpliste. 

Chenille de monarque sur une feuille d’asclépiade. Photo: Maria L. Evans, Wikimedia Commons

Il est vrai que les monarques femelles ne pondent leurs œufs que sur les asclépiades et que leurs chenilles ne se nourrissent que de ces mêmes plantes. Donc, oui, il faut penser planter des asclépiades pour les aider. Mais les monarques adultes se nourrissent du nectar d’une large gamme de fleurs et ces fleurs aussi doivent être présentes. 

Curieusement, les monarques n’aiment pas particulièrement les fleurs d’asclépiade et les visitent rarement. Ce sont plutôt les abeilles et les guêpes qui s’occupent de leur pollinisation. 

Il faut une bonne variété de fleurs pour contenter les monarques. Photo: getplants4less.com

Si vous souhaitez créer un jardin pour les monarques, vous devez cultiver plus que des asclépiades. Essayez de cultiver une large gamme de fleurs, en vous assurant qu’il y a toujours une abondance de fleurs épanouies tout au long de la saison de croissance. Il serait d’ailleurs particulièrement important de cultiver des plantes qui fleurissent aux deux extrémités de la saison, soit au printemps, à l’arrivée des monarques, et au début de l’automne, au moment où ils doivent se gaver de nectar avant leur départ pour le sud.

Mais il paraît qu’il y a des façons de planter ces fleurs pour avoir le plus d’impact possible. 

Il paraît que les plantations mixtes confondent les papillons. Photo: hollandwildflowerfarm.com

Il s’avère que les plantations mixtes confondent les papillons. Ils utilisent la vue pour trouver leur nourriture, et ce, en s’appuyant sur les formes des plantes. Quand il y a un mélange de plantes, ils ont de la difficulté à trouver les fleurs. Ainsi, un «pré fleuri», où différentes plantes à fleurs se mélangeant joyeusement, n’est pas nécessairement la meilleure solution pour les attirer. Vous obtiendrez des résultats plus positifs en faisant pousser des plantes isolées des autres, séparées par du paillis. 

Et paraît-il aussi que la plantation dans un axe nord-sud serait la meilleure pour attirer les monarques


Alors maintenant, vous savez quoi faire pour rendre votre jardin plus convivial pour les papillons monarques!

Le jardin des trois sœurs: le jardinage à l’amérindienne

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La culture des trois sœurs. Photo: http://www.tasteantigua.com

En cette Journée nationale des autochtones (Canada), pourquoi ne pas jeter un coup d’œil sur le jardin des trois sœurs, cette méthode amérindienne de culture des légumes qui était pratiquée autrefois presque à la grandeur de l’Amérique du Nord, du Panama jusqu’au Québec?

Peu de jardiniers modernes pensent à faire cette culture chez eux. Mais, pourquoi pas, puisqu’elle a bien fait ses preuves depuis des millénaires!

Les Iroquoiens du Saint-Laurent, aujourd’hui disparus, pratiquaient cette culture quand Jacques Cartier est arrivé à Stadacona (Québec) en 1534. Les Mayas faisaient la même culture en Amérique centrale sous le nom de «milpa» et la pratiquent toujours de nos jours.

Culture complémentaire

Culture des trois sœurs. Photo: http://www.gardeningaustin.com

L’idée de la culture des trois sœurs est de marier, dans un même lot, trois légumes aux traits complémentaires: le maïs ou blé d’Inde (Zea mays), le haricot (différentes espèces de Phaseolus) et la courge (Cucurbita pepo). 

Les variétés utilisées variaient énormément, en partie selon le climat: certaines variétés réussissent mieux sous les jours longs du nord, d’autres sous les journées équilibrées — toujours 12 heures — des tropiques. Les Iroquoiens du Saint-Laurent, par exemple, cultivaient une quinzaine de variétés de maïs, une soixante de variétés de haricot et au moins huit variétés de courge, incluant la citrouille.

Le maïs (à l’origine, c’était le maïs à farine; le maïs sucré n’a été ajouté qu’au 18e siècle) est une grande plante dressée aux tiges robustes. Ces tiges servent à soutenir les tiges volubiles du haricot. Ainsi, aucun tuteur n’est nécessaire.

Les tiges volubiles du haricot s’entortillent autour des tiges robustes du maïs. Photo: harvesttotable.com

 Le haricot est une légumineuse grimpante et, comme la plupart de ses congénères, vit en symbiose avec des bactéries ayant la capacité de capter l’azote présent dans l’air et de le rendre utile aux plantes. Ainsi, le haricot aide à enrichir le sol et ainsi à nourrir le maïs et la courge.

Enfin, la courge, une plante rampante de grande envergure, recouvre le sol entre les plants, étouffant les mauvaises herbes et agissant comme un genre de paillis vivant, créant un microclimat qui retient l’humidité dans le sol. Aussi, ses tiges épineuses aident à éloigner les prédateurs.

Les trois sœurs étaient souvent aussi cuisinées ensemble et encore une fois, les trois sont complémentaires, le haricot apportant deux acides aminés essentiels manquants au maïs et aux courges.

La légende des trois sœurs

La légende des trois sœurs. Photo: http://www.wabano.com

D’après une légende iroquoise, les trois sœurs forment une trinité divine qui jaillit de la tombe de la Terre mère, morte d’avoir enfanté les jumeaux Bien et Mal. Ces plantes ont permis de nourrir les jumeaux et ainsi d’assurer la survie des humains.

Votre propre jardin des trois sœurs 

Est-ce que cela vous tente de faire votre propre petit potager à l’amérindienne? Il n’est pas trop tard, car ces trois légumes n’aiment pas le froid: il faut les semer une fois que le sol et l’air se sont réchauffés. Et c’est un projet qu’on peut facilement faire avec des enfants. 

Voici comment faire:

Graines de maïs, de courge et de haricot. Photo: achievingadventure.com

Il faut un emplacement ensoleillé au sol ou en bac (d’accord, les Amérindiens ne cultivaient pas en pot, mais si vous n’avez qu’un balcon comme espace de jardinage, pourquoi ne pas improviser?). 

Maintenant, formez un monticule de terre d’environ 30 cm de hauteur et 50 cm de diamètre. On appelle ce monticule un «poquet». Les Iroquoiens enterraient des restes de poisson dans le poquet pour nourrir les plantes, mais cette denrée est rare dans nos maisons où le poisson vient souvent sous forme de bâtonnets. Pour cette expérience, ajoutez tout simplement au sol 3 ou 4 poignées de compost de qualité ou un engrais biologique, ce dernier selon la dose indiquée sur l’emballage du produit. Mélangez bien.

Semez le maïs au centre du poquet. Photo: http://www.rustica.fr

Semez 4 à 6 graines de maïs au centre du poquet, formant un cercle. Semez-les à une profondeur égale à trois fois la hauteur de la graine. Arrosez bien.

Quand le maïs atteint environ 15 cm de hauteur (il faut lui donner un peu d’avance, sinon ses compagnons l’engouffreraient rapidement!), semez encore environ 4 à 6 graines de courge et autant de graines de haricot vers l’extérieur du poquet, toujours à une profondeur de trois fois la hauteur de la graine. Faites-le en alternance: une graine de courge, une graine de haricot, une graine de courge… et ainsi de suite. Arrosez.

Par la suite, faites un entretien de base le reste de l’été, arrosant au besoin. Et récoltez les fruits de vos labeurs quand ils sont prêts. 


Le jardin des trois sœurs: une culture millénaire qui fonctionne toujours aussi bien au 21e siècle!

Réouverture des jardins publics après l’arrêt dû à la COVID-19

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Les Jardins de Métis au Québec sont parmi les jardins qui rouvrent aujourd’hui. Photo: http://www.professionvoyages.com

Après plusieurs mois de fermeture à la suite du confinement dû a la COVID-19, les jardins publics rouvrent peu à peu après souvent plusieurs mois de fermeture.

Je ne ferai pas dans ce blogue la liste des jardins ouverts au public, car les informations changent pratiquement tous les jours, mais la majorité des jardins publics sont maintenant ouverts* et prêts à recevoir des visiteurs que ce soit ici au Canada, en Europe ou ailleurs dans le monde. En fait, si j’ai choisi d’écrire cet article le 20 juin, d’ailleurs la Journée nationale du jardin au Canada, c’est parce qu’il semble être «le grand jour de la réouverture» pour un nombre particulièrement important de jardins.

Alors, vérifiez sur le site Web du jardin que vous prévoyez visiter ou téléphonez à l’avance — vous ne voulez pas être déçu! — pour être certain qu’il est ouvert, mais il y a probablement au moins quelques jardins publics ouverts actuellement près de chez vous. Si vous cherchez une idée pour vous sortir un peu de votre propre confinement, une visite dans un beau jardin, au grand air, pourrait être exactement le baume à l’âme dont vous avez besoin!

Visiter les jardins… autrement

Le Jardin des plantes à Paris est ouvert depuis le 5 juin. Photo: Jean-Pierre Dalbéra, Wikimedia Commons

Bien sûr, la visite des jardins à l’ère de la COVID-19 sera probablement un peu différente de ce que vous avez vécu dans le passé.

  • À votre arrivée, vous pourriez avoir à répondre à quelques questions de santé. Évidemment, vous ne devriez même pas envisager de visiter un jardin si vous présentez des symptômes qui pourraient être liés à la COVID-19 comme de la toux, de la fièvre ou des difficultés respiratoires. Vous ne serez probablement pas non plus autorisé à entrer dans le jardin si vous avez été en contact avec une personne souffrant de ces symptômes au cours des 14 derniers jours ou si vous avez quitté le pays au cours des 14 derniers jours.
  • Il y aura probablement une station de lavage/désinfection des mains au point d’entrée et peut-être ailleurs dans le jardin. Assurez-vous de les utiliser.
  • Il peut y avoir des restrictions quant au nombre de visiteurs autorisés dans le jardin à un moment donné, alors soyez patient et attendez votre tour.
  • Certains jardins offriront des billets à heure fixe que vous pourrez acheter en ligne et qui vous permettront un accès rapide. Acheter des billets à la porte pourrait entraîner un retard.
  • Maintenez toujours la distance physique appropriée (2 m dans la plupart des pays).
  • Portez un masque facial approprié, même si cela n’est pas encore requis par la loi dans votre pays.
  • Restez sur les sentiers et suivez les flèches directionnelles.
  • Les enfants (et les animaux domestiques, dans les jardins où ils sont autorisés) doivent rester avec les adultes en tout temps.
  • Profitez de votre visite au jardin, mais s’il y a beaucoup de monde, ne vous attardez pas trop longtemps dans un emplacement donné; cela ralentira la visite de tout le monde.
  • Les fontaines à eau potable seront fermées dans certains jardins. N’oubliez pas alors d’apporter votre propre bouteille d’eau.
  • Les restaurants et les cafés peuvent être fermés ou encore fonctionner à un niveau réduit. Il peut donc être sage d’apporter un pique-nique (lorsque cela est autorisé).
  • De nombreux jardins n’ouvrent que des parties extérieures de leur jardin à ce stade: les serres, les boutiques, les pavillons et autres structures peuvent encore être fermés.
  • D’autres services (visites guidées, événements spéciaux, regroupements de plus d’un nombre déterminé de personnes, etc.) peuvent également être temporairement annulés.
Le Domaine Joly-De Lotbinière, au Québec, rouvre aujourd’hui. Photo: Pierre Boucher

Alors, visitez un jardin dès aujourd’hui! Et visitez-en bien d’autres au cours de l’été. Ils ont tous perdu des revenus en raison de cette crise de la COVID-19 et ont désespérément besoin de votre appui.

Et une dernière suggestion: oui, la plupart des jardins publics ont des frais d’entrée, mais pourquoi ne pas faire un don supplémentaire? Montrons à nos jardins préférés qu’ils nous tiennent vraiment à cœur!

*Au moins deux jardins québécois n’ouvriront pas du tout pendant l’été 2020, soit le Jardin botanique Roger-Van den Hende à Québec et le Jardin Daniel-A. Séguin à Saint-Hyacinthe.

Les plantes que les limaces évitent

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Pour éliminer les limaces, plantez des végétaux que les limaces n’aiment pas! Ill.: moziru.com & Clipart Library, montage: jardinierparesseux.com

Le vrai secret pour contrôler facilement les limaces n’est pas de les combattre avec des barrières de coquilles d’œuf, des pièges à la bière ou d’autres leurres, répulsifs ou trappes, mais d’éliminer les plantes qui les attirent et de les remplacer par des plantes qui ne le font pas.

Le cas classique est bien sûr l’hosta.

L’hosta ‘Undulata Albomarginata’ attire les limaces au jardin. Photo: wellywoman.wordpress.com

Les hostas ont la réputation d’attirer les limaces. En fait, cependant, seuls quelques hostas parmi les milliers sur le marché sont réellement à blâmer. En fait, trois hostas — d’ailleurs, de loin les plus populaires dans nos jardins — sont les principales victimes des attaques de limaces: Hosta ‘Undulata Albomarginata’, un hosta de taille moyenne aux feuilles ondulées assez étroites bordées de blanc, H. ’Undulata Mediovariegata’, similaire, mais avec une panachure inverse (c’est le centre de la feuille qui est blanc) et H. ‘Undulata Univittata’, encore une fois avec les mêmes feuilles ondulées assez étroites, mais cette fois entièrement vert foncé, sans panachure. 

Ce sont les hostas les plus couramment utilisés pour les massifs et ils sont vendus par millions en jardinerie, en grande partie parce qu’ils se multiplient facilement et croissent rapidement, ce qui les rend peu coûteux à produire. Mais ils attirent aussi les limaces comme des aimants.

Saviez-vous que les limaces pondent leurs œufs dans la couronne et les racines de ces trois hostas et que les jeunes limaces se font des forces en se nourrissant de leurs feuilles? Le simple fait d’enlever ces trois hostas de votre jardin peut donc réduire la population de limaces dans l’ensemble, protégeant non seulement les autres hostas, mais même les légumes dans un potager situé 20 m plus loin.

Les hostas à feuillage épais, comme ce Hosta ‘Sum and Substance’, ne sont pas touchés par les limaces. Photo: http://www.ballyrobertgardens.com

Mais cette sensibilité aux limaces n’est pas partagée par tous les hostas. Les hostas décrits ci-dessus attirent les limaces, beaucoup d’autres subissent les attaques des limaces sans les attirer pour autant et ainsi subissent des dommages mineurs, mais plusieurs hostas sont carrément résistants aux limaces. D’ailleurs, c’est le cas de la plupart des hostas modernes. Les limaces sont totalement indifférentes aux hostas aux feuilles épaisses, par exemple, et aux hostas aux feuilles bleues.

Voici justement une liste d’hostas résistants aux limaces.

Les autres végétaux 

Vous pouvez presque prédire si une plante attirera les limaces ou bien ne les intéressera pas juste en l’étudiant. Les limaces ont tendance à préférer les plantes aux feuilles souples, minces et tendres. Voilà pourquoi elles font tant de dégâts dans les semis: les feuilles des jeunes plants n’ont pas encore développé leur texture finale, habituellement plus coriace. Inversement, les limaces ont tendance à éviter les feuilles qui sont velues, rugueuses, dures, filandreuses, épaisses ou cireuses, ainsi que celles qui ont un goût amer ou une odeur forte (ainsi de nombreuses fines herbes, qui sont riches en huiles essentielles aromatiques, sont résistantes aux limaces). Curieusement, les limaces trouvent souvent les plantes qui sont toxiques pour les humains tout à fait digestes.

Liste des plantes résistantes aux limaces

Les hémérocalles, comme ces ‘Stella d’Oro’, ne sont presque jamais touchées par les limaces. Photo: gpnmag.com

Voici une courte liste de plantes résistantes aux limaces. J’y ai surtout inclus des plantes herbacées (vivaces, annuelles, herbes et légumes), car elles sont généralement les plus à risque. La plupart des plantes ligneuses (arbustes, conifères et arbres) sont peu touchées par les limaces, du moins, une fois passé le stade de semis.

  1. Aconit (Aconitum spp.) zones 3-9
  2. Agapanthe (Agapanthus spp.) zones 8-11
  3. Agastache (Agastache spp.) zones 3-9
  4. Agérate (Ageratum houstonianum) annuelle
  5. Alchémille (Alchemilla spp.), zones 3-9
  6. Alysse odorante (Lobularia spp.) annuelle 
  7. Amsonie (Amsonia spp.) zones 3-9
  8. Ancolie (Aquilegia spp.) zones 3-10
  9. Anémone du Japon (Anemone × hybridaA. japonicaA. hupehensis), zones 4-8
  10. Arabette (Arabis spp.), zones 3-5
  11. Armoise (Artemisia spp.), zones 2-9
  12. Aspérule odorante (Galium odoratum) zones 3-9
  13. Astilbe (Astilbe spp.), zones 4-8
  14. Astrance (Astrantia spp.), zones 3-9
  15. Aubriète (Aubrieta spp.), zones 3-5
  16. Bambou (la plupart des espèces) zones 4-11
  17. Bambou céleste (Nandina domestica) zones 6-10
  18. Barbe de bouc (Aruncus app.) zones 3-8
  19. Bégonia des plates-bandes (Begonia x semperflorens) annuelle
  20. Bergenia (Bergenia spp.), zones 3-9
  21. Bident (Bidens spp.) annuelle
  22. Bugle rampante (Ajuga spp.) Zone 3-9
  23. Campanule (Campanula spp.), zones 3-7
  24. Capucine (Tropaeolum spp.) annuelle
  25. Centaurée bleuet (Centaurea cyanus) annuelle
  26. Ceraiste (Cerastium spp.), zones 3-8
  27. Chardon bleu (Echinops spp.) zones 3-9
  28. Cléome (Cleome spp.) annuelle
  29. Cœur saignant (Dicentra spp.), zones 3-9
  30. Conifères (la plupart des espèces) zones 2-10
  31. Corbeille d’or (Aurinia spp.), zones 3-9
  32. Coréopsis (Coreopsis spp.) zones 3-10
  33. Cosmos (Cosmos spp.) annuelle
  34. Crocosmia (Crocosmia spp.) zones 5-11
  35. Cyclamen (Cyclamen spp.), zones 5-9
  36. Digitale (Digitalis spp.), zones 4-9
  37. Échelle de Jacob (Polemonium spp.), zones 3-8
  38. Epimède (Epimedium spp.), zones 3-9
  39. Érynge (Eryngium spp.) zones 3-9
  40. Euphorbia (Euphorbia spp.) zones 1-12
  41. Fenouil (Foeniculum vulgare) zones 6-9
  42. Fougères (la plupart des espèces) zones 1-12
  43. Fraisier des Indes (Duchesnea indica) zones 4-9
  44. Fuchsia (Fuchsia spp.) annuelle ou zones 7-9
  45. Gazanie (Gazania spp.) annuelle
  46. Gazon d’Espagne (Armeria spp.), zones 3-9
  47. Géranium vivace (Geranium spp.) zones 2-10
  48. Graminées ornementales (la plupart des espèces) zones 2-12
  49. Hellébore (Helleborus) zones 4-8
  50. Hémérocalle (Hemerocallis spp.), zones 3-9
  51. Heuchère (Heuchera spp.), zones 3-9
  52. Hosta (Hosta spp.) (variétés à feuilles épaisses et à feuilles bleues) zones 3-9
  53. Hydrangée (Hydrangea spp.), zones 3-9
  54. Ibéris (Iberis spp.) zones 3-8
  55. If (Taxus spp.), zones 4-7
  56. Impatiens (Impatiens spp.) annuelle
  57. Joubarbe (Sempervivum spp.) zones 3-10
  58. Knautia (Knautia spp.) zones 3-8
  59. Laitue romaine (Lactuca sativa) légume
  60. Lantana (Lantana spp.) zones 9-12
  61. Lavande (Lavandula spp.) zones 5-10
  62. Lierre (Hedera spp.) zones 5-10
  63. Lobélie érine (Lobelia erinus) annuelle
  64. Menthe (Mentha spp.) zones 2-10
  65. Molène (Verbascum spp.), zones 3-8
  66. Muflier (Antirrhinum majus) annuelle
  67. Némésie (Nemesia spp.) annuelle
  68. Népéta (Nepeta spp.), zones 3-8
  69. Œillet (Dianthus spp.), zones 3-8
  70. Origan (Origanum vulgare) zones 4-10
  71. Pavot (Papaver spp.) zones 3-8
  72. Pavot de Californie (Eschscholzia californica) annuelle
  73. Pélargonium (Pelargonium spp.) zones 9-12
  74. Penstemon (Penstemon spp.), zones 3-9
  75. Pervenche (Vinca spp.) zones 4-10
  76. Phlox (Phlox spp.), zones 2-9
  77. Pigamon (Thalictrum spp.), zones 3-8
  78. Pivoine (Paeonia spp.), zones 3-9
  79. Potentille (Potentilla spp.), zones 3-9
  80. Pourpier (Portulaca spp.) annuelle
  81. Pulmonaire (Pulmonaria spp.) zones 3-9
  82. Rhododendron (Rhododendron spp.) zones 3-10
  83. Rodgersia (Rodgersia spp.) zones 4-9
  84. Romarin (Rosmarinus officinalis) zones 8-10
  85. Rosier (Rosa spp.) zones 2-10
  86. Rudbeckie (Rudbeckia spp.), zones 3-8
  87. Salal (Gaultheria shallon) zones 6-8
  88. Santoline (Santolina spp.) zones 6-9
  89. Saxifrage (Saxifraga spp.) zones 3-9
  90. Scabieuse (Scabiosa spp.), zones 3-8
  91. Sédum (Sedum spp.) zones 2-12
  92. Souci (Calendula officinalis) annuelle
  93. Tabac d’ornement (Nicotiana spp.) annuelle
  94. Thym (Thymus spp.), zones 3-9
  95. Tulipe (Tulipa spp.), zones 3-8
  96. Véronique (Veronica spp.), zones 3-9
  97. Verveine (Verbena spp.) annuelle
  98. Yucca (Yucca spp.) zones 3-12
  99. Zinnia (Zinnia spp.) annuelle

Plantes très sensibles aux limaces

Le basilic (Ocimum basilicum) a beau être aromatique, les limaces l’adorent! On peut l’utiliser comme plante-piège pour éloigner les limaces des plantes voisines. Photo: ask.extension.org

Les plantes suivantes sont très sujettes aux dommages causés par les limaces, en particulier dans les climats humides ou lorsqu’elles sont cultivées à l’ombre ou dans des conditions humides. Elles peuvent attirer les limaces dans votre jardin et ainsi augmenter la population de limaces localement, entrainant des dommages aux plantes normalement moins sensibles.

Notez que la majorité des légumes, même ceux dont le feuillage est coriace à maturité, sont sensibles aux limaces quand ils sont encore de jeunes semis, mais que la plupart deviennent plus résistants quand ils grandissent. Une façon d’éviter des dommages est donc de semer les légumes à l’intérieur et de ne les planter en pleine terre qu’une fois leurs feuilles devenues plus coriaces.

Attention aussi aux fruits qui touchent au sol (fraises, tomates, etc.): les limaces s’en donnent à cœur joie.

  1. Basilic (Ocimum basilicum) zones 10-11
  2. Bégonia tubéreux (Begonia x tuberhybrida) zones 10-12
  3. Canna (Zantedeschia spp.) zones 8-12
  4. Chou (Brassica oleracea) légume
  5. Coléus (Plectranthus scutellarioides) annuelle
  6. Dahlia (Dahlia spp.) zones 8-12
  7. Delphinium (Delphinium spp.) zones 3-9
  8. Fève (Vicia spp. et Vigna spp.) légume
  9. Fraisier (Fragaria spp.) zones 3-9 
  10. Haricot (Phaseolum spp.) légume
  11. Hosta (Hosta spp.) (variétés à feuilles minces) zones 3-9
  12. Laitue en feuille, pommée et Boston (Lactuca sativa) légume
  13. Légumes (semis)
  14. Ligulaire (Ligularia sp.), zones 3-9
  15. Maïs (Zea mays) légumes (semis seulement)
  16. Moutarde (Brassica spp.) légume
  17. Muguet (Convallaria majus) zones 2-7
  18. Primevère (Primula spp.), zones 3-9
  19. Soja (Glycine max) légume
  20. Tagète (Tagetes spp.) annuelle

N.D.L.R. Billet originalement publié le 17 juillet 2015

Chasser les perce-oreilles de votre barbecue

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Ill.: webstockreview.net & www.deviantart.com, montage: jardinierparesseux.com

Il fait beau et chaud: justement la bonne saison pour faire une bonne grillade sur le barbecue. Alors, vous sortez, les biftecks (ou steaks de champignon si vous êtes végétarien) empilés dans l’assiette, vous ouvrez le gril… et une dizaine de perce-oreilles (forficules) tombent à gauche et à droite. C’est dégoûtant… mais très courant. 

En fait, les perce-oreilles adorent se cacher dans les barbecues. Nocturnes, ils cherchent un endroit sombre pour passer la journée. Et ils sont aussi attirés par la graisse et l’huile qui s’y accumule. Donc, un abri et un garde-manger tout-en-un? Les perce-oreilles se sentent au septième ciel dans un barbecue!

Perce-oreille commun (Forficula auricularia). Photo: Pudding4brains, Wikimedia Commons

Il faut souligner que les perce-oreilles (Forficula auricularia) ne sont pas dangereux pour les humains et que, s’ils tombent dans votre sauce barbecue pendant le grillage, ils ajoutent juste un peu de protéine, car ils ne sont même pas toxiques. Par contre, par pure politesse, il est suggéré d’enlever les perce-oreilles avant de servir. 

En général, les humains trouvent les perce-oreilles dégoûtants et préfèrent ne pas les voir. Et personne ne tient à avoir à les chasser du barbecue avant de pouvoir manger. D’accord, ils sont souvent bénéfiques dans nos jardins, mais on aime autant qu’ils restent dans le jardin. Alors, comment faire pour les éloigner du gril?

Trucs du métier

Voici quelques conseils pour les éloigner:

Placez le barbecue où il sera au plein soleil toute la journée. Les perce-oreilles préfèrent la fraîcheur. Or, un barbecue au plein soleil pendant la majeure partie de la journée chauffe beaucoup, devenant même brûlant, rendant l’emplacement peu attrayant pour les perce-oreilles. Par contre, ils n’ont pas d’aversion à l’idée de changer d’abri tous les matins, donc cette technique sera moins efficace par temps gris.

N’installez pas de housse sur votre barbecue. Oui, une housse fait plus chic et protège le gril contre les éléments, mais elle garde le barbecue au frais et le rend plus attirant pour les perce-oreilles. C’est une bonne façon d’augmenter le nombre de perce-oreilles qui s’y cachent.

Un gril propre offre moins d’attraits aux perce-oreilles. Photo: consumerreports.org

Nettoyez régulièrement votre gril pour enlever toute trace de graisse et de débris alimentaires. Frottez soigneusement le gril et retirez aussi les cendres qui pourraient leur fournir un abri.

Videz le collecteur de graisse. La plupart des barbecues sont munis d’un petit bac d’égouttement pour retenir la graisse afin que l’huile ne tombe pas sur la terrasse en dessous. Retirez et nettoyez-le une fois la graisse refroidie.

Préchauffez le gril. Pour éloigner les perce-oreilles de leurs cachettes, préchauffez le gril pendant 15 bonnes minutes avant d’y mettre de la nourriture. S’ils ne se sauvent pas à temps, au moins ils seront bien carbonisés avant que ce soit le temps de commencer la cuisine.

Laissez le couvercle ouvert. C’est la solution la plus facile. Comme les perce-oreilles cherchent des endroits sombres pour passer la journée, un barbecue laissé ouvert, les exposant à la vue de leurs prédateurs, ne leur plaît pas du tout. D’ailleurs, certains modèles de barbecue n’ont pas de couvercle… et vous remarquerez que les propriétaires de ces appareils n’ont pas de problème avec les perce-oreilles!

Bon barbecue… sans perce-oreilles!

Cultivez vos propres graines pour oiseaux

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Chardonneret jaune sur une échinacée. Photo: http://www.americanmeadows.com

Si vous êtes habitué à nourrir les oiseaux, vous n’avez pas pu vous empêcher de remarquer l’énorme augmentation du coût des «graines pour oiseaux» vendues dans le commerce. Le coût de certaines graines a triplé ces dernières années et nourrir les oiseaux devient un passe-temps qui coûte de plus en plus cher.

Graines pour oiseaux commerciales. Photo: Home Depot

Et le marché est énorme: aux États-Unis seulement, plus de 40 millions de personnes ont installé des mangeoires pour attirer les oiseaux, ce qui a généré 6,3 milliards de dollars en dépenses pour les graines et mangeoires pour oiseaux. Et les coûts de production ne cessent d’augmenter, de sorte que les semences vous coûtent de plus en plus chaque année.

Du moins, si vous les achetez prêtes à servir aux oiseaux. Mais que diriez-vous de cultiver vos graines pour oiseaux vous-même? C’est en fait facile à faire si vous avez un espace ensoleillé et un peu de temps pour démarrer le projet. Presque toutes les plantes intéressantes sont faciles à produire par semences, ce qui réduit considérablement les coûts par rapport à l’achat de plantes. Quelques sachets de semences — ou des restes de graines pour oiseaux commerciales — et vous serez bien en voie de créer votre propre jardin de graines pour oiseaux.

De quoi avez-vous besoin pour votre jardin de graines pour oiseaux?

Jardin de graines pour les oiseaux au milieu de l’été. Photo: http://www.americanmeadows.com

Essentiellement, de soleil, d’un bon drainage et d’un sol suffisamment profond pour permettre une certaine culture. Et d’un peu de temps au printemps ou au début de l’été pour les préparatifs. Vous devrez nettoyer le site des mauvaises herbes et des débris pour donner aux graines une longueur d’avance et travailler le sol légèrement afin qu’il soit prêt à recevoir les semences.

Normalement, on sème des graines pour oiseaux en pleine terre, mais vous pouvez également les faire pousser en bac sur la terrasse ou le balcon. 

On peut semer les graines à la volée. Photo: flaxforsale.com

Il n’y a pas de conception particulière à respecter lors de l’installation d’un jardin de graines pour oiseaux. Vous pouvez semer en rangs, comme dans un potager, en carré, en triangle, en cercle… ou simplement semer les graines à la volée (les disperser en les lançant à gauche et à droite pendant que vous marchez dans le jardin) selon la méthode ancestrale.

Il faut quand même respecter la bonne profondeur de semis. Si les graines sont laissées à la surface du sol, les oiseaux n’attendront pas et viendront les manger tout de suite, bien sûr, et alors presque aucune ne germera. Recouvertes de trop de terre, par contre, les graines pourront peut-être germer, mais n’arriveront pas nécessairement à percer le sol afin d’atteindre la lumière. Calculez la profondeur de tout semis comme étant environ 3 fois la hauteur de la graine. Cela signifie que différentes graines de différentes tailles auront des profondeurs de semis différentes. 

Lorsque vous semez les graines mixtes à la volée, il suffit de ratisser le sol légèrement après pour faire pénétrer les graines, puis à espérer le meilleur.

Évidemment, finissez votre semis avec un bon arrosage pour stimuler la germination. Si l’été est sec, vous aurez peut-être aussi besoin d’arroser régulièrement pendant toute la saison de croissance.

En ce qui concerne la fertilité du sol, très honnêtement, la plupart des plantes donnant des graines pour les oiseaux ne sont pas trop pointilleuses sur ce point et tolèrent bien les sols pauvres, mais cela ne fait jamais de mal de faire pénétrer du compost et de l’engrais organique à libération lente dans le sol avant de semer si votre budget le permet.

Maintenant, installez-vous dans votre hamac et regardez votre jardin de graines pour oiseaux prendre forme, car normalement (sauf en période sécheresse) on le laisse pousser à sa guise.

Traitements antiparasitaires

De toute évidence, vous ne pouvez pas vaporiser des produits chimiques toxiques sur les fleurs à partir desquelles vous souhaitez récolter des graines pour les oiseaux. Laissez plutôt les oiseaux s’occuper eux-mêmes des insectes nuisibles ou, si vous ne les trouvez pas assez efficaces, faites un peu de cueillette manuelle en déposant les insectes indésirables dans un bol d’eau savonneuse.

Si vous ressentez le besoin de faire un traitement insecticide en vaporisation, faites-le tôt le matin, avant l’apparition des abeilles et des autres pollinisateurs, et utilisez un produit sans effet résiduel, comme du savon insecticide.

La récolte et l’antirécolte

Il y a deux écoles de pensée en ce qui concerne la récolte des semences dans un jardin pour les oiseaux.

On peut laisser les plantes au jardin comme mangeoires naturelles pour les oiseaux. Photo: hipwallpaper.com

Le premier est de laisser vos plantes à graines debout à l’automne et en hiver et d’ainsi permettre aux oiseaux de venir récolter les graines eux-mêmes. C’est la façon la plus simple.

Mais peut-être voulez-vous rapprocher les oiseaux de la fenêtre de votre salon en mettant les graines dans une mangeoire quelconque? Si c’est le cas, récoltez les fleurs fanées lorsqu’elles commencent à brunir et déposez-les dans un sac en papier pour terminer leur maturation. Après quelques semaines, secouez la tête florale au-dessus d’un drap blanc (pour mieux voir les résultats) afin faire tomber les graines. Certaines graines ne lâchent pas prise aussi facilement et il faut alors émietter la tête florale ou même décortiquer les graines individuellement.

Tout ce que vous avez à faire ensuite est de stocker les graines récoltées dans des récipients en verre ou en plastique et de les déposer dans vos mangeoires à oiseaux au besoin.

Semences non traitées

Vous ne pouvez pas toujours semer des graines trouvées dans un mélange commercial de graines pour oiseaux en vous attendant à ce qu’elles germent. Souvent, elles ont été traitées thermiquement pour empêcher la germination, ce qui va plutôt à l’encontre de votre objectif. Il faut donc souvent acheter des sachets de semences pour démarrer votre jardin pour les oiseaux. Cependant, une fois que vous l’avez lancé, vous pouvez, lors de la récolte, mettre de côté quelques semences afin de pouvoir les semer au printemps suivant. Ou encore, laissez les plantes se réensemencer toutes seules (et beaucoup le feront). Donc, l’investissement en argent sera presque entièrement limité à la première année.

Graines que vous pouvez semer

Il y a beaucoup, beaucoup de graines que vous pouvez semer pour produire des graines pour les oiseaux. La majorité sont des annuelles, ce qui permet une excellente récolte de graines dès la première année. Les vivaces sont plus lentes, ne fleurissant généralement que la deuxième année, mais reviennent année après année par la suite, ce qui rend la production de graines particulièrement facile.

(Il y a aussi des fruits que vous pouvez cultiver pour attirer les oiseaux frugivores, mais c’est un sujet différent, couvert dans l’article Plantes pour attirer les oiseaux frugivores.)

Voici quelques variétés populaires:

Agastache fenouil (Agastache foeniculum): Cette grande plante n’est qu’une des nombreuses agastaches qui ont de belles fleurs d’été, un feuillage délicieusement parfumé et comestible et des graines que les oiseaux aiment bien grignoter. Vivace.

Alpiste des Canaries (Phalaris canariensis): C’est une graminée dont les graines sont souvent trouvées dans les mélanges pour oiseaux. Annuelle.

Amarante queue-de-renard (Amaranthus caudatus): Une plante polyvalente, avec de jolies fleurs retombantes en forme de chaîne rouge, des feuilles comestibles et des graines que les oiseaux peuvent manger… et les humains aussi! D’autres amarantes sont tout aussi utiles. Annuelle.

Aster (Symphyotrichum spp., Eurybia spp., etc.): Masses de petites inflorescences en forme de marguerite dans une vaste gamme de couleurs. Vivace.

Boule bleue (Echinops ritro). Photo: crocus.co.uk

Boule bleue (Echinops spp.): De belles boules épineuses aux fleurs bleues ou blanches. Feuillage épineux, mais pas aussi «agressif» que celui d’un chardon. Vivace.

Cardère (Dipsacus sativus et autres): Plante très épineuse aux fleurs et capsules ornementales. Bisannuelle.

Carthame (Carthamus tinctorius). Photo: amazon.com

Carthame (Carthamus tinctorius): Fleur orange attrayante avec des feuilles ressemblant à celles d’un chardon. Généralement cultivé pour la production d’huile, mais aussi une excellente plante ornementale. Annuelle.

Centaurée bleuet (Centaurea cyanus): Fleurs ébouriffées bleues, rouges, roses ou blanches. Graines d’aspect curieux dont les oiseaux raffolent. Annuelle.

Coréopsis (Coreopsis spp.): Les semences donnent souvent de petites marguerites jaunes, bien qu’il existe également des variétés rouges, roses et bicolores. Il en existe des variétés annuelles et vivaces.

Cosmos (Cosmos bipinnatus). Photo: http://www.seedvilleusa.com

Cosmos (Cosmos bipinnatus et C. sulfureus.): Ils viennent dans toutes sortes de couleurs et sont très faciles à cultiver. Annuelle.

Échinacée (Echinacea purpurea): Marguerites roses, blanches, orange ou jaunes avec un dôme central hérissé. Plante de jardin populaire. Vivace.

Gaillarde (Gaillardia spp.): Superbes marguerites jaunes, rouges et orange. Il existe des variétés annuelles et vivaces.

Herbe aux diamants (Calamagrostis brachytricha): Graminée ornementale attrayante. Vivace.

Julienne des dames (Hesperis matronalis): Fleurs rose vif ou blanches, très parfumées la nuit. Bisannuelle.

Liatris (Liatris spp.): Épis étroits de fleurs violettes ou blanches. Feuilles ressemblant à celles d’un lys. Vivace.

Maïs (Zea mays): Les variétés à graines plus petites, comme le maïs soufflé et le maïs indien, sont les meilleures pour les oiseaux. Graminée annuelle.

Mil ornemental (Pennisetum glaucum ‘Purple Majesty’). Photo: puririlane.co.nz

Mil (Pennisetum glaucum): Une graminée à croissance rapide avec des feuilles larges semblables à celles du maïs et un épi dense produisant des graines abondantes. Il existe également plusieurs variétés ornementales, comme ‘Purple Majesty’, aux feuilles pourpre foncé, qui allient beauté et attrait pour les oiseaux. Annuelle.

Millet des oiseaux (Setaria italica): Une graminée aux épis retombants en queue de renard. Largement cultivé comme céréale dans les pays chauds. Annuelle.

Niger (Guizotia abyssinica). Photo: http://www.brc.ac.uk

Niger ou chardon (Guizotia abyssinica): Bien que souvent appelé chardon dans les mélanges de graines pour oiseaux, cette plante n’est pas un chardon et n’a pas d’aiguillons, mais c’est plutôt une marguerite africaine ressemblant beaucoup à un coréopsis qui produit de petites graines noires qui rappellent celles des chardons. Assurez-vous que la graine n’a pas été traitée thermiquement, sinon il n’y aura pas de germination! Annuelle.

Panic raide (Panicum virgatum): Grande graminée ornementale originaire d’Amérique du Nord. Vivace.

Pavot (Papaver somniferumP. rhoeas et autres): Fleurs aux couleurs vives donnant des gousses en forme de salière. Il existe des espèces vivaces, mais généralement ce sont les pavots annuels dont les graines sont utilisées pour nourrir les oiseaux.

Rudbeckie hérissée (Rudbeckia hirta): Une fleur de jardin populaire et attrayante avec une inflorescence en forme de marguerite composée d’un dôme central noir et des rayons jaunes ou jaunes et rouges. Laissez-la debout l’hiver pour que les oiseaux puissent faire leur propre récolte. Il existe des variétés annuelles, bisannuelles et vivaces de cette plante.

Sauge russe (Perovskia atriplicifolia): Plante de jardin ornementale aux feuilles vert-gris profondément découpées et aux épis minces de fleurs lavandes. Vivace.

Silphium (Silphium spp.): Plante géante aux feuilles énormes et aux fleurs jaunes en forme de marguerite. Vivace.

Sorgho (Sorghum spp.): Très grande graminée formant un gros panache de graines, souvent dans des teintes attrayantes. Annuelle.

«Tournesol noir» (Helianthus annuus ‘Peredovik’). Bien sûr, seulement les graines sont noires. Photo: http://www.damseeds.com

Tournesol (Helianthus annuus): Grande plante portant d’énormes inflorescences de couleurs ensoleillées, très faciles à cultiver. Les oiseaux mangeront tout type de graines de tournesol, mais les ornithologues recommandent souvent des «graines de tournesol noires», soit une variante aux graines oléagineuses noires de taille relativement petite, développée à l’origine pour la production d’huile de tournesol. Il existe des cultivars spécifiques, comme ‘Peredovik’, mais vous pouvez utiliser n’importe quel «tournesol noir», comme l’étiquette l’indique souvent. Évitez les semences traitées thermiquement. Annuelle.

Verge d’or (Solidago spp.): Fleurs jaunes plumeuses en fin d’été. Certaines espèces, comme la verge d’or du Canada (S. canadensis), sont envahissantes, mais d’autres resteront là où vous les semez. Vivace.

Zinnia (Zinnia spp.): Fleur de jardin populaire qui attire également les papillons. Inflorescences simples ou doubles dans une vaste gamme de couleurs. Annuelle.

💡Astuce

Les graines de certaines de ces plantes peuvent être difficiles à trouver, car plusieurs des semences ne sont pas proposées dans les catalogues de semences classiques, mais voici une astuce simple pour en trouver. Entrez simplement le nom botanique de la plante dans un moteur de recherche comme Google et ajoutez «seed packet»: oui, en anglais! Par exemple: Carthamus tinctorius seed packet. Vous trouverez une source dans un éclair!

Les plantes ci-dessus ne sont que des exemples: il existe de nombreuses autres plantes dont les oiseaux apprécient les graines, y compris de nombreuses mauvaises herbes! Mais vous n’aurez peut-être pas à semer ces dernières: elles ont tendance à apparaître toutes seules!


Bon succès avec votre propre «jardin aux oiseaux»!

On ne peut pas empêcher un arbre de produire des semences

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Semis d’érable germant dans une pelouse. Photo: Ken Bosma, http://www.flickr.com

Question: Nous avons un érable rouge qui se reproduit: des centaines de pousses émergent chaque été de notre pelouse. Existe-t-il un moyen pour arrêter cette production?

Gisèle O’Connor
Gaspé 

Réponse: Non, vous ne pouvez pas arrêter un arbre de produire des semences. Il n’existe pas de vaporisation ou d’injection hormonale ou traitement chimique que vous pouvez appliquer pour empêcher ce phénomène naturel d’avoir lieu.

Quand un arbre arrive à l’âge de fleurir (et cela peut prendre plusieurs années, voire jusqu’à deux décennies dans le cas de certaines espèces), il fleurit et vous ne pouvez pas l’empêcher de le faire. Si, suite à cette floraison, il est pollinisé (et comment empêcher le vent — plantes anémophiles — ou les insectes — plantes entomophiles — de polliniser ses fleurs?), il y aura alors des semences, probablement des centaines voire des milliers de semences selon l’espèce de l’arbre. Et s’il y a une pelouse dans les environs et que les graines y tombent, les semis peuvent y germer.

La seule solution pour prévenir cela serait de couper l’arbre!

Arbres sans semences

L’érable rouge ‘Somerset’ (Acer rubrum ‘Somerset’) est un exemple d’arbre stérile qui ne produit pas de semences. Photo : florex.ua.

Si jamais vous avez un nouvel arbre à planter et ne voulez pas à avoir à gérer la présence de semences égarées, il est possible de trouver des variétés qui ne produiront pas de semences. 

Dans le cas des arbres dioïques, comme les frênes, les peupliers, les saules et même certains érables, il existe des arbres mâles et femelles. Alors, vous n’avez qu’à planter des mâles: ils ne produiront jamais de graines. (Par contre, le pollen des arbres mâles peut causer le rhume des foins.)

Chez les arbres monoïques (qui ont des fleurs mâles et femelles sur le même arbre), il existe parfois des cultivars stériles ou presque stériles qui ne produisent pas de graines ou de fruits (ou très peu). Problème réglé.

Tondre règle le problème

Tondre le gazon règle rapidement le problème. Photo: http://www.groundsguys.com

Par contre, je ne comprends pas vraiment votre inquiétude au sujet des semis d’arbre qui germent dans votre pelouse, car, en la tondant à la tondeuse, vous faucherez les semis et cela mettra fin à leur vie, réglant le problème. Les jeunes semis d’arbre sont tous assez hauts pour être fauchés rapidement par une tondeuse. Et une fois rabattus, les semis aussi jeunes n’ont pas les réserves d’énergie nécessaire pour repousser.

Si leur apparence vous dérange, donc, tondez un peu plus souvent, voilà tout!

Semis dans la plate-bande 

Quand les semis germent dans un paillis, il faut les éliminer rapidement. Photo: markcullen.com

Les semis qui germent dans la plate-bande ou le potager, ou à travers un couvre-sol ou un paillis, sont plus difficiles à gérer. On ne peut pas les faucher à la tondeuse, de toute évidence! Il faut les arracher ou les couper manuellement. 

Comme ils n’ont encore que des racines très superficielles, les arracher est particulièrement facile et aussi les tiges encore très tendres sont faciles à couper. (Il faut couper le semis au-dessus des cotylédons, ne laissant aucune feuille.) Si vous les arrachez ou les coupez la première année, il n’y aura pas de suite. 

Les jeunes arbres de 2 ans sont plus tenaces et difficiles à arracher. De plus, ils peuvent, à ce stade, souvent repousser de la base si vous les coupez. D’où l’importance de les éliminer quand ils sont encore jeunes et fragiles.