Plantes aux feuilles bizarres: les feuilles qui bougent

Par défaut
20180211A www.oogazone.com & freedesignfile.com.jpg

Oui, certaines feuilles sont motiles. Lisez plus loin pour comprendre pourquoi! Source: www.oogazone.com & freedesignfile.com

De temps en temps, j’écris un article sur les feuilles bizarres. En voici un autre, à propos des plantes dont les feuilles sont motiles.

Les feuilles bougent tout le temps

En réalité, il n’est pas si rare que les feuilles des plantes bougent. Elles remuent notamment au vent, quand un animal les frôle et quand des gouttes de pluie les frappent. Cependant, il s’agit alors de mouvements causés par une action extérieure: les feuilles ne bougent pas d’elles-mêmes; quelque chose les a déplacées. Mais certaines plantes ont des feuilles qui bougent d’elles-mêmes et les raisons de cette motilité sont diverses.

Bouger pour se protéger

Beaucoup de plantes ont des feuilles qui s’enroulent sous des conditions stressantes — lors d’une sécheresse ou quand il fait très froid, par exemple — mais qui se rétablissent par la suite.

20180211B apalacheehills.comJPG.JPG

Les frondes de la fougère de résurrection (Pleopeltis polypodioides) peuvent paraître mortes, mais reprennent leur forme après une pluie. Source: apalacheehills.com

La fougère de résurrection (Pleopeltis polypodioides, anc. Polypodium polypodioides) peut survivre sans une goutte d’eau pendant de nombreuses années (jusqu’à 100 ans, paraît-il!), puis ses frondes, apparemment mortes, redeviennent complètement vertes et fonctionnelles dans les 24 heures suivant une pluie. Deux autres «plantes de résurrection», comme on appelle parfois ces végétaux capables de complètement s’assécher puis de renaître lorsqu’il pleut, sont la rose de Jéricho (Selaginella lepidophylla) et le ramonda (Ramonda spp.), une gesnériacée alpine.

20180211C rhododendron hiver www.indefenseofplants.com.jpg

Les feuilles des rhododendrons s’enroulent et se replient quand il fait froid, mais reprennent leur forme au printemps. Source: www.indefenseofplants.com

Quant au mouvement pour mieux résister au froid, les feuilles de plusieurs rhododendrons rustiques (Rhododendron spp.) en sont d’excellents exemples. À l’automne, les feuilles s’enroulent et commencent à pendre. Plus il fait froid, plus elles se replient. Elles ont vraiment l’air en détresse! Pourtant, au printemps, au retour du beau temps, les feuilles se déroulent et se redressent, reprenant une position horizontale comme si de rien n’était. On pense que cette transformation hivernale aide à réduire la formation de cristaux de glace dans les cellules, ce qui aurait mené à la mort de la feuille.

Se tourner vers le soleil

Sur la plupart des plantes, les feuilles se tournent en direction du soleil, au moins dans une certaine mesure. C’est ce qu’on appelle le phototropisme, un terme qu’on vous a sûrement expliqué à l’école, mais que la plupart d’entre nous avons eu le temps d’oublier.

20180211D Donnie, www.houzz.com.jpg

Si l’on ne tourne pas les plantes d’intérieur régulièrement, leurs feuilles — et même leurs tiges! – pencheront en direction du soleil. Source: Donnie, http://www.houzz.com

Si vous transplantez ou déplacez une plante, ou même si vous ne faites que couper une branche en surplomb, les feuilles s’ajusteront, changeant de position pour capter plus de soleil. La correction peut prendre plusieurs jours, voire des semaines, mais elle s’effectue quand même.

Le fait que les feuilles se dirigent vers la source de lumière est particulièrement facile à observer à l’orée d’une forêt, où la lumière vient du côté plutôt que du haut, et aussi chez nos plantes d’intérieur, car encore, elles reçoivent surtout un éclairage horizontal. Si l’on ne leur donne pas un petit quart de tour de temps à autre, la plupart des feuilles s’orienteront très nettement vers la source de lumière.

Les plantes qui bougent la nuit

D’autres plantes ont la curieuse habitude de replier leurs feuilles la nuit venue. Dans certains cas, elles se replient vers le bas; dans d’autres, vers le haut. On appelle ce phénomène la nyctinastie et il est en fait assez commun, surtout dans les familles des légumineuses (Fabacées) et de l’oxalis (Oxalidacées).

20180211E Aida F., www.pinterest.

Les feuilles de la plante prieuse se replient vers le haut, comme des mains en prière. Source: Aida F., http://www.pinterest

Vous avez peut-être remarqué ce mouvement chez le trèfle (Trifolium spp.) ou le faux trèfle (Oxalis triangularis), mais la plante nyctinastique la plus connue des jardiniers est la plante prieuse ou maranta (Maranta leuconeura), une plante d’intérieur populaire dont les feuilles se replient vers le haut la nuit comme des mains en prière.

Ce type de mouvement est causé par une structure en forme de charnière à la base de la feuille. Appelée pulvinus, elle est remplie d’eau pendant la journée, mais se draine la nuit, de sorte que le manque de turgescence de cet organe fait replier la feuille.

Les scientifiques ne savent pas encore pourquoi les plantes font cela, mais peut-être que cela aide à réduire la transpiration pendant que la feuille est «endormie».

Les plantes qui dansent

20180211F Oxalis hedysaroides 'Rubra', bluepumilio.com.jpg

Les feuilles de l’oxalide à feuilles d’hédysarum (Oxalis hedysaroides ‘Rubra’) sont en mouvement presque constant le jour, puis se referment la nuit. Source: bluepumilio.com

Il y a certaines plantes qui, dans des conditions appropriées, vont un peu plus loin que de simplement fermer leurs feuilles la nuit. Leurs feuilles sont aussi munies de pulvinus et oui, elles se referment aussi la nuit, mais de plus, pendant la journée, elles semblent constamment se réajuster. On croit qu’elles le font pour capter un maximum de soleil. Comme le soleil se déplace constamment dans le ciel, sa lumière filtrant à travers des branches surplombantes, cela crée un effet d’ombre et de lumière qui ne cesse de changer. Alors, ces feuilles passent la journée à se repositionner pour attraper le plus de lumière possible.

20180211N gfycat.com .gif

Photo en accéléré montrant comment la plante qui danse (Codariocalyx motorius) se remue. Source: gfycat.com

L’oxalide à feuilles d’hédysarum (Oxalis hedysaroides ‘Rubra’) et la plante qui danse (Codariocalyx motorius, anc. Desmodium gyrans) sont des plantes d’intérieur que l’on voit à l’occasion et dont les feuilles sont en mouvement constant. Cela n’est évident que quand la température est relativement chaude et que l’humidité atmosphérique est bonne. De plus, les mouvements sont subtils. Il faut fixer la plante pendant quelques minutes avant de les apercevoir. Très honnêtement, on ne voit rien au début, mais à force de fixer la plante, on remarque finalement que les feuilles bougent très peu, mais constamment. Après quelques minutes, le mouvement paraît si évident qu’on a de la difficulté à comprendre pourquoi on ne l’a pas vu dès le début!

Notez que l’oxalide à feuilles d’hédysarum réagit aussi au toucher (voir plus loin), mais seulement de façon très minimale.

20180211M Averrhoa carambola, biogeodb.stri.si.edu.jpg

Les feuilles de la carambole (Averrhoa carambola) bougent lentement pendant toute la journée.  Source: biogeodb.stri.si.edu

La carambole (Averrhoa carambola), un fruitier tropical de la famille des Oxalidacées, a également des folioles qui se referment la nuit et qui bougent visiblement le jour bien que lentement… mais encore faut-il observer très patiemment!

Les feuilles qui bougent quand on les touche

Les plantes qui réagissent au toucher sont certainement les plantes les plus étranges parmi les plantes aux feuilles qui bougent. Ce phénomène, connu sous le nom de thigmonastie ou séismonastie, se produit quand quelque chose touche ou secoue la feuille. Et certaines réagissent aussi quand vous tenez une allumette à proximité.

Cette réaction peut être très rapide et est certainement bien visible. Comme pour les plantes nyctinastiques, c’est habituellement un pulvinus à la base de la feuille ou de la foliole qui se vide rapidement, provoquant l’affaissement des feuilles. D’ailleurs, la plupart sont nyctinastiques aussi et donc leurs feuilles se ferment la nuit et réagissent au toucher le jour.

20180211G Mimosa pudica worldoffloweringplants.com.jpg

La sensitive (Mimosa pudica) réagit très rapidement au toucher. Source: worldoffloweringplants.com

La plante thigmonastique la plus connue est la sensitive ou mimosa pudique (Mimosa pudica), une légumineuse aux feuilles bipennées. Il s’agit d’une plante d’intérieur assez facile à cultiver, mais de courte vie, car habituellement elle meurt après la floraison. Dans les pays tropicaux, c’est une mauvaise herbe qui envahit gazons et potagers.

20180211H Mimosa_Pudica Hrushikesh, WC.gif

La sensitive réagit très rapidement au toucher. Source: Hrushikesh, Wikimedia Commons

Sa réaction au toucher est phénoménale. Un léger contact provoquera l’effondrement d’une seule foliole, mais un contact plus ferme entraînera la chute de l’ensemble de la feuille. Secouer la plante provoquera le repliement de toutes ses feuilles. Et si vous passez un doigt le long de la feuille, les folioles se refermeront l’une après l’autre comme autant de dominos! Si vous laissez la feuille tranquille par la suite, elle se rétablira, mais moins visiblement, l’opération prenant de 15 à 30 minutes.

En plus d’utiliser les pulvinus, typiques des plantes nyctinastiques, pour faire replier les feuilles et les folioles en les vidant rapidement de leur eau, le mimosa peut transmettre la réaction aux feuilles ou folioles voisines en émettant un courant électrique qui imite le système nerveux des animaux. Il y a aussi une réaction chimique impliquée dans ce mouvement. La sensitive a été très étudiée, notamment par Charles Darwin, qui était fasciné par cette plante pas comme les autres.

On pense que la réaction au toucher de la sensitive aide à la protéger du broutage des animaux. Après tout, imaginez la surprise d’une vache qui s’apprête à manger une sensitive d’apparence verdoyante pour découvrir, dès que sa langue touche à la première feuille, que la plante ne semble plus avoir de feuilles (elles se sont repliées), mais présente plutôt un amas de branches apparemment brunes, sèches et, de plus, épineuses!

D’autres sensitives

Si M. pudica est la sensitive la plus couramment cultivée, il y a quelque 400 autres espèces dans le genre Mimosa, à la fois des herbes et des arbustes, toutes sensibles au toucher, bien que certaines soient plus «réactives» que d’autres. Il existe même une sensitive rustique (zone 5) qui peut être cultivée dans nos plates-bandes comme vivace, M. nuttallii.

201802110 Acacia dealbata informations-documents.com.jpg

Le mimosa d’hiver (Acacia dealbata) n’est pas un véritable mimosa et ses feuilles ne réagissent pas au toucher. Source: Ainformations-documents.com

Il faut faire attention aux plantes portant le nom commun mimosa. En effet, plusieurs autres arbres et arbustes sont ainsi nommés, mais ils appartiennent à d’autres genres et aucun ne réagit au toucher. Ils partagent quand même avec les vrais mimosas (genre Mimosa) des fleurs plumeuses et des feuilles pennées similaires et sont aussi des légumineuses. Parmi ces «prétendants non motiles», il y a Albizia julibrissin (arbre à soie) et plusieurs acacias, dont Acacia dealbata (mimosa d’hiver ou mimosa des fleuristes).

Il y a aussi plusieurs espèces de «sensitives aquatiques», les neptunies (Neptunia spp.), qui ont des feuilles bipennées semblables à celles de la sensitive et qui réagissent au toucher de la même manière. Comme leur nom l’indique, elles poussent dans l’eau ou au moins dans des conditions très marécageuses.

20180211I Biophytum_sensitivum, Kenraiz, WC.jpg

Biophytum sensitivum. Source: Kenraiz, Wikimedia Commons

Moins connu, Biophytum sensitivum (communément appelé sensitive, comme les divers Mimosa) est une petite plante herbacée des Oxalidacées. Cette sensitive ressemble à un petit palmier et est parfois utilisée comme arbre miniature dans les terrariums et les jardins de fées. Elle est sensible au toucher… mais c’est aussi une «plante qui danse», car ces feuilles se déplacent toutes seules, changeant d’orientation d’après les mouvements du soleil.

Enfin, le pois perdrix ou pois sensible (Chamaecrista fasciculata, syn. Cassia fasciculata) est une légumineuse annuelle originaire de l’est des États-Unis de plus en plus cultivée comme plante mellifère à naturaliser qui a également des feuilles bipennées qui ferment la nuit… et qui sont légèrement sensibles au toucher pendant la journée.

Les carnivores à feuilles réactives

L’autre groupe de plantes sensibles au toucher est celui des plantes carnivores ou, plus précisément, insectivores.

20180211IJ Dionaea muscipula, Citron : CC-BY-SA-3.0, WC.jpg

Les feuilles de la dionée attrape-mouche (Dionaea muscipula) agissent comme pièges à insectes. Source: Citron / CC-BY-SA-3.0, Wikimedia Commons

La plus connue de ces plantes est la dionée attrape-mouche (Dionaea muscipula). Elle est souvent offerte comme plante d’intérieur, bien qu’elle vive rarement très longtemps sous les conditions d’un salon typique, étant incapable de tolérer l’eau du robinet et la chaleur hivernale. J’ai déjà écrit un peu à son sujet dans l’article Cinq plantes aux feuilles bizarres.

Ses feuilles en forme de piège à ours portent de minuscules poils sensitifs. Si un insecte touche à un poil, rien ne se passe. Cela est considéré comme une protection pour empêcher la feuille de fermer pour des raisons inopportunes, comme quand une goutte de pluie ou une feuille morte la touche en tombant. Cependant, si le poil est touché une seconde fois dans les 20 secondes suivantes, ou si un deuxième poil est touché dans le même délai, cela indique la présence probable d’un arthropode errant et le piège se ferme rapidement, en un dixième de seconde. Après cela, l’insecte est lentement digéré, puis le piège s’ouvre à nouveau, ce qui prend de 10 à 12 heures.

Pour en savoir plus sur la délicate culture de la dionée attrape-mouche, lisez Pas de hamburger pour l’attrape-mouche.

20180211K Utriculaira wetland-plants.co.uk.png

Les pièges des utriculaires (Utricularia spp.) sont généralement aquatiques. Source: wetland-plants.co.uk

Moins connues que la dionée attrape-mouche, les utriculaires (Utricularia spp.) sont encore plus rapides que celle-ci. Leurs pièges en forme de vessie sont de petites feuilles modifiées, appelées utricules, conçues de telle sorte qu’un vide se forme à l’intérieur de chacune avec un «clapet» pour garder l’entrée. Si une puce d’eau ou un autre petit invertébré touche le poil sensitif situé à l’extérieur, le piège s’ouvre, aspire instantanément la créature, puis se referme. Cela ne prend que dix à quinze millièmes de seconde!

Cette plante est moins populaire auprès des jardiniers que la dionée, car son action se déroule plus ou moins hors de vue, sous l’eau ou même sous terre dans un sol détrempé, car les utriculaires sont des plantes aquatiques ou de marécage.

20180211L Drosera capensis Noah Elhardt, WC.JPG

Les feuilles de Drosera capensis s’enroulant autour d’une mouche prise au piège. Source: Noah Elhardt, Wikimedia Commons

D’autres plantes insectivores ont aussi des feuilles motrices. Certaines espèces de rossolis (Drosera spp.) ont des feuilles qui s’enroulent autour de leur proie après que cette dernière se soit fait prendre par les poils collants qui les recouvrent, mais cela se produit si lentement que vous aurez besoin d’une vidéographie en accéléré pour remarquer le mouvement. Les feuilles de grassettes (Pinguicula spp.) s’enroulent aussi légèrement lorsqu’elles capturent une proie, mais leur mouvement est encore moins impressionnant que celui des rossolis.


Des feuilles qui bougent: une des petites surprises de mère Nature!20180211A www.oogazone.com & freedesignfile.com

Publicités

Attention aux pesticides maison!

Par défaut
20180210A moziru.com.jpg

Attention: les pesticides maison peuvent être aussi toxiques, sinon plus toxiques, que les pesticides de synthèse. Source: moziru.com

Il faut faire très attention aux pesticides maison dont les recettes circulent dans les milieux horticoles amateurs. Oui, ils peuvent parfois être efficaces, mais aussi, souvent, ils ne valent strictement rien. Pire, il y a des cas où le pesticide ainsi produit est si toxique que la personne qui l’applique peut se rendre malade ou même en mourir.

20180210B.jpg

La nicotine est un poison très toxique chez les humains. Source: Claire Tourigny, tiré du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Un cas révélateur: les insecticides à base de tabac (nicotine). Il y a plus de 30 ans, les insecticides à base de nicotine ont été retirés du marché dans la plupart des pays à cause de leur toxicité chez l’humain (ils restent encore en vente libre dans certains pays, notamment l’Inde), mais encore aujourd’hui on voit des recettes d’insecticides à base de nicotine circuler sur Internet. Habituellement, on en fait une décoction, faisant tremper des cigarettes ou des feuilles de tabac dans l’eau, pour ensuite vaporiser la solution sur des plantes. Or, quelques cuillerées d’une telle décoction peuvent tuer un enfant!

Je ne peux pas vous empêcher d’utiliser ou de fabriquer des pesticides maison, mais dites-vous bien que si le produit est toxique pour les insectes, il l’est peut-être aussi pour l’humain et utilisez le produit en conséquence.

Biologique ne veut pas dire sécuritaire!

20180210B www.wired.com.jpg

La strychnine est biologique, mais quand même toxique chez les humains. Source: http://www.wired.com

Et on se rappelle que les pesticides biologiques sont souvent aussi toxiques que les pesticides chimiques: un poison demeure un poison, peu importe ses origines. La strychnine, chère à la romancière Agatha Christie, est d’origine végétale, étant dérivée d’un arbre tropical (Strychnos nux-vomica), et est donc biologique. Pourtant, c’est l’un des poisons les plus virulents qui soient connus.

20180210C Donovan Govan, WC .jpg

Il y a peu de risque à utiliser un pesticide à base d’ail, car on sait que cette plante n’est pas toxique pour les humains. Source: Donovan Govan, Wikimedia Commons

Une façon de raisonner est de se demander si le produit est, de base, normalement toxique pour l’humain. Les recettes maison à base d’ail, de savon, de piment fort, de bicarbonate de soude, de lait, etc. ne devraient pas être trop toxiques (du moins quand les produits sont frais et utilisés après avoir été dilués), car leurs ingrédients sont normalement inoffensifs pour l’humain quand ils sont utilisés de façon normale. Les décoctions à base de feuilles de rhubarbe ou de pomme de terre, par contre, sont des produits biologiques, mais toxiques chez l’humain: il faut les utiliser avec précaution et les garder hors de la portée des enfants.

Pour éviter l’utilisation de pesticides

Personnellement, j’essaie de ne pas utiliser de pesticides, qu’ils soient de synthèse ou biologiques. Mes traitements principaux contre les insectes sont :

  1. Planter des variétés naturellement résistantes aux insectes, aux limaces et aux maladies;
  2. Rincer la plante d’un fort jet d’eau claire pour faire tomber ses ennemis;
  3. Arracher la plante infestée avant qu’elle n’infeste ses voisines.

Simples, mais généralement efficaces.20180210A moziru.com

Les germes: des légumes frais en toute saison

Par défaut
20180210A Germes divers www.diabetemagazine.fr.jpg

On peut cultiver des germes en toute saison. Source: www.diabetemagazine.fr

J’écris ce texte en plein hiver: tout est blanc autour de moi, les arbres sont dégarnis de feuilles, il n’y a aucun signe de vie végétale en plein air et pourtant, mon potager intérieur fonctionne à plein régime. Comment ça? C’est qu’à l’intérieur, je ne cultive que des germes.

Cela fait longtemps que j’ai abandonné mes efforts pour cultiver des potées de légumes et d’herbes aromatiques sur le rebord de la fenêtre. C’était toujours un désastre! Refus de pousser, croissance pâle et étiolée, insectes, maladies, etc. et jamais une récolte digne de ce nom. De toute évidence, l’intérieur de nos maisons n’est pas conçu pour la culture des légumes et des herbes, du moins pendant l’hiver. Par contre, je cultive des germes (graines germées) de légumes et d’aromates depuis presque 40 ans. C’est facile… et, comme vous allez voir, les germes sont très nutritifs.

Pourquoi cultiver des germes?

20180210B Haricots mungos indiaphile.info.jpg

Quand les graines germent, leur valeur nutritive augmente. Source: indiaphile.info

Il se passe un petit miracle quand une graine germe. La transformation d’une graine sèche, dure et souvent indigeste en jeune plantule provoque de multiples réactions chimiques. Les taux de vitamines A, B, C et E et celui des antioxydants peuvent quadrupler et même plus. Il arrive d’ailleurs que certaines vitamines complètement absentes de la graine apparaissent subitement dans les germes. Les taux de protéines, de fibres alimentaires et de minéraux augmentent aussi et, de plus, le germe devient facile à digérer.

Plus tard, quand les germes mûrissent davantage et deviennent des légumes en bonne et due forme, le taux vitaminique diminue de nouveau, du moins un peu. C’est donc vraiment au stade de germe que la plupart des végétaux sont à leur niveau le plus nutritif. Et pourtant, les germes sont très faibles en calories: environ 16 calories par 250 g. Ils sont donc doublement intéressants pour un régime faible en calories.

20180210C Sandwich tahinisauce.wordpress.com.jpg

Germes: délicieux peu importe comment on les sert! Source: tahinisauce.wordpress.com

Côté gustatif, les germes sont délicieux aussi. Cuits ou crus, ils peuvent être doux ou piquants, sucrés, acidulés ou amers, croquants ou fondants: tout dépend de la variété choisie. On les voit abondamment utilisés dans les mets asiatiques: les germes de haricot mungo ne sont-ils pas à la base du chop suey? Mais on peut aussi les incorporer aux soupes, aux salades et aux repas principaux et aussi les utiliser comme garniture.

Et quelle économie! Le prix de 250 g de germes maison varie (certaines graines coûtent plus cher que d’autres), mais dépasse rarement 0,25$ (0,15 €), plusieurs fois moins cher que les légumes achetés au supermarché.

Enfin, faire des germes à la maison peut se faire en famille et est une excellente façon d’initier les enfants au jardinage… et aux mets santé.

Une culture des plus faciles

Dans le monde horticole, rien n’est aussi simple que de cultiver des germes. C’est la facilité même. Vous faites tremper une graine dans l’eau pendant quelques heures, puis vous la rincez régulièrement pendant trois à cinq jours et presto! Vous avez un germe à manger!

20180210D Germoir www.planetahuerto.fr.jpg

Il existe des germoirs commerciaux, mais je préfère fabriquer mes propres germoirs à partir de produits recyclés. Source: http://www.planetahuerto.fr

Il se vend des germoirs, souvent à étages multiples, en jardinerie et dans les magasins d’aliments naturels, mais vous n’en avez pas vraiment besoin. Même que, cultiver deux ou trois différents germes dans le même contenant, comme les germoirs le proposent, complique souvent le processus, car les graines de l’étage inférieur n’ont pas toujours toute l’aération qu’il leur faudrait. On peut faire de la germination encore plus facilement dans tout contenant à ouverture assez large: pot de yogourt, contenant Tupperware ou tout simplement un pot Mason.

20180210E Germoir maison HC.jpg

Un germoir maison facile à préparer. Source: jardinierparesseux.com

Pour notre exemple, prenons un pot Mason. Tout ce qu’il vous faut de plus est un filtre (un carré de moustiquaire, de mousseline ou d’étoffe au moins 5 cm plus large que le goulot). Placez le carré sur l’ouverture et vissez-y la bague (vous n’aurez pas besoin du disque du couvercle). Ou utilisez, si vous préférez, un élastique pour tenir la moustiquaire en place. Et voilà! Un superbe germoir maison! Et comme c’est un germoir individuel, vous pouvez mieux suivre le progrès de votre germination qu’avec un germoir où plusieurs variétés mûrissent à différentes vitesses.

Des germes étape par étape

Voici comment procéder pour préparer les germes.

Étape 1

20180209T www.landscapingrevolution.com.jpg

Versez les graines sèches dans votre germoir. Source: www.landscapingrevolution.com

Versez deux ou trois épaisseurs de graines dans le fond du pot (jamais plus, car les germes seront plusieurs fois plus gros que les graines d’origine et pourraient déborder du contenant) et installez le filtre et la bague. Remplissez d’eau propre (oui, on peut utiliser l’eau du robinet!), secouez et inversez pour drainer: cette étape sert strictement à nettoyer les graines de toute poussière ou particule.

Étape 2

20180210H Germoir www.superfoods-for-superhealth.com.jpg

Faites tremper les graines pendant la nuit. Source: http://www.superfoods-for-superhealth.com

Remplissez maintenant le pot aux deux tiers d’eau tiède et placez-le dans un endroit relativement chaud. C’est l’étape du trempage. Laissez reposer environ huit heures si vous pouvez maintenir une température de 27 °C. À 21 °C, calculez plutôt 12 heures. Typiquement, on fait le trempage le soir et les graines sont prêtes pour l’étape suivante le lendemain matin. Pendant le trempage, les graines gonfleront et atteindront environ deux fois leur diamètre d’origine.

Étape 3

20180210M gardentherapy.ca.jpg

Drainez le pot dans l’évier ou dans un seau. Cette eau peut aussi servir à arroser vos plantes d’intérieur. Source: gardentherapy.ca

Après le trempage, videz l’eau en inversant le pot. Le grillage retiendra les graines.

Étape 4

Maintenant, rincez les graines en germination en remplissant le pot d’eau tiède et en l’inversant de nouveau pour égoutter l’eau. Cela rince les graines de produits qui pourraient inhiber la germination.

Replacez le pot dans un endroit relativement chaud.

20180210G Germoir drainé HC.jpg

Rincez et drainez, rincez et drainez: voilà la route du succès avec les germes. Source: Les idées du jardinier paresseux: potager

Étape 5

En fait, l’étape 5 consiste à répéter l’étape 4 (le rinçage) matin et soir pendant deux à cinq jours (jusqu’à huit jours pour les carottes et le fenouil). La durée varie selon le type de graine et la température de la pièce. Peu à peu ou très vite, de petites pousses sortiront: les germes. Les germes peuvent être larges ou minces, longs ou courts: tout dépend de la graine choisie.

Si vos graines germent dans un endroit plutôt sombre, comme l’intérieur de la cuisine, loin de toute fenêtre, les germes seront très pâles: blancs, jaunes ou vert tendre. Si vous voulez des germes plus verts, dès que la croissance débute, placez le pot près d’une fenêtre. Cela donnera un goût plus intense (ce qui peut être désirable ou non selon la variété!) et augmentera le taux vitaminique.

Étape 6

20180210I www.theprairiehomestead.com.JPG

Après quelques jours, la mince couche de graines aura souvent presque rempli le pot et vos germes seront prêts à consommer. Source: http://www.theprairiehomestead.com

Quand les germes atteignent une taille que vous jugez appropriée (il n’y a pas de règle stricte à cet égard), rincez et drainez-les une dernière fois. Vous pouvez soit les consommer immédiatement ou encore les conserver au réfrigérateur pendant au moins une semaine (jusqu’à 70 jours pour certains germes!).

Les pousses: des germes plus avancés

20180210J Gaia's Creations, pinterest.ca.jpg

Les pousses: tout simplement des germes cultivés sur un substrat et qu’on laisse mûrir un peu plus. Photo: Gaia’s Creations, pinterest.ca

On peut «pousser» plus loin cette idée de cultiver de jeunes légumes dans la maison en cultivant des pousses, aussi appelées micropousses.

C’est presque la même chose que pour les germes, mais vous semez les graines (les mêmes variétés) dans du terreau cette fois-ci… et vous les récoltez quelques jours plus tard que les germes, dans 2 semaines environ, quand les cotylédons (les premières feuilles) sont pleinement développés. Et là, un éclairage plus intense est nécessaire: ce peut être un emplacement sur le bord d’une fenêtre ensoleillée ou sous une lampe fluorescente, par exemple.

Vous pouvez récolter vos pousses aux ciseaux, ou encore, les arracher du terreau en rinçant bien pour les consommer avec leurs racines: au choix. Après, vous en sèmerez d’autres.

Quelles graines utiliser?

20180210K www.natura-sense.com.jpg

Il y a un choix presque illimité de germes qu’on peut produire à la maison. Source: www.natura-sense.com

Presque toute graine de plante comestible peut servir de germe ou de pousse, sauf celles dont le feuillage est toxique, comme la pomme de terre et la rhubarbe. Personnellement, j’aime bien les germes de maïs et de fenouil, mais chacun a ses préférences.

Voici quelques suggestions:

Céréales: amarante, avoine, blé, chia, épeautre, kamut, lin, maïs, millet, sarrasin, seigle, sésame, riz.

Herbes aromatiques: aneth, basilic, carvi, cerfeuil, ciboulette, coriandre, fenouil, fenugrec, nigelle, persil, raifort.

Légumes: bette à carde (poirée), betterave, bok choy, brocoli, carotte, céleri, chanvre, chicorée, chou, chou chinois, chou kale, chou-rave, cresson, épinards, laitue, moutarde, navet, oignon, poireau, pourpier, radis, roquette, tournesol.

Légumineuses*: haricot azuki, haricot mung, lentille, luzerne (alfalfa), pois, pois chiche, quinoa, soya, trèfle.

*On peut aussi faire germer les fèves rouges et blanches, mais il est sage de les faire cuire au moins 10 minutes avant la consommation pour détruire la phytohémagglutinine, une toxine qu’ils contiennent et qui n’est que partiellement détruite pendant la germination.

Où trouver des graines?

20180210L www.westcoastseeds.com.jpg

Certains magasins offrent un bon étalage de semences à germer. Source: www.westcoastseeds.com

Il est important d’utiliser uniquement des graines emballées pour utilisation comme germes, ou du moins, certifiées biologiques, car parfois les graines vendues en sachet commercial pour utilisation au jardin sont parfois traitées aux fongicides. Heureusement, vous trouverez facilement de gros sachets destinés à cette fin dans les boutiques d’aliments naturels et les jardineries. Si vous cherchez quelque chose de plus rare, Mycoflor, Mumm’s Sprouting Seeds, Vertige Ferme Urbaine et W.H. Perron, tous au Canada, sont de bons choix. En Europe, je connais Au bon sens, Ferme de Sainte Marthe et Graines à germer.

Bon jardinage intérieur… et bon appétit!20180210A Germes divers www.diabetemagazine.fr

Les fleurs au cœur chaud attisent les bourdons

Par défaut
20180208A FR weclipart.com, clipart-library.com & naturalawakeningsli.com.jpg

La chaleur dégagée par les fleurs attire les abeilles. Source: weclipart.com, clipart-library.com & naturalawakeningsli.com

Certaines fleurs font tout pour plaire à leurs pollinisateurs, fournissant un nectar abondant pour les nourrir, offrant des couleurs séduisantes et des parfums exotiques pour les attirer, modifiant leur forme pour qu’ils puissent s’y sentir à l’aise et même, imprimant des guides de nectar sur leur surface pour les diriger vers la source de nectar. Tout cela, bien sûr, pour assurer la pollinisation. Ces attraits incluent même des couleurs que nos yeux ne peuvent pas distinguer, mais que certains insectes peuvent voir (lisez Ce que les abeilles voient pour plus d’informations).

Et ces astuces fonctionnent! Maintes études avec différents pollinisateurs confirment que les insectes apprennent rapidement à distinguer les fleurs par leur forme, leur couleur et leur parfum et fréquentent surtout les fleurs les plus généreuses, les pollinisant en priorité, et laissent vite tomber celles dont l’offre est jugée insuffisante.

Mais maintenant, nous apprenons que les fleurs ont un attrait moins connu: elles produisent de la chaleur.

On sait depuis longtemps que les fleurs sont souvent plus chaudes que l’air ambiant. Beaucoup de fleurs ont des cellules spécialisées qui captent et concentrent les rayons solaires alors que d’autres font de la thermogenèse: elles produisent leur propre chaleur. Jusqu’à récemment, cependant, on présumait que toutes les parties de la fleur atteignaient sensiblement la même température.

20180208B University of Bristol .jpg

Voici six fleurs vues par photographie thermale. Notez que l’une d’elles, le Papaver rhoeas, en haut à droite, fait partie des 45% des fleurs dont la température est uniforme. Les cinq autres utilisent toutes la chaleur pour diriger leurs pollinisateurs. Source: University of Bristol

Selon une étude parue dans eLife, cependant, de nombreuses fleurs (55% des 118 espèces étudiées) présentent des variations de température supérieures à 2 ºC au sein d’une même fleur. Que cette différence soit de plus de 2 ºC est un facteur notable, car on sait déjà que les abeilles (dans cette étude, il s’agit de bourdons plutôt que d’abeilles à miel) sont capables de détecter des variations de température d’aussi peu que 2 ºC, et ce, au moyen de capteurs thermiques situés dans leurs antennes et leurs pattes.

L’étude a démontré qu’il y avait en moyenne une différence de 5 ºC entre les tissus dégageant de la chaleur et ceux qui n’en dégagent pas. Dans le cas d’une espèce en particulier, la différence était même de 11 ºC! Ces tissus plus chauds se retrouvent concentrés près des organes sexuels de la fleur et orientent ainsi les bourdons vers la source de nectar tout près.

20180208C Viola x wittrockiana 'Mystique Blue Halo' www.thompson-morgan.com.jpg

Les guides de nectar visibles de cette pensée (Viola × wittrockiana ‘Mystique Blue Halo’) font un travail analogue aux tissus qui dégagent de la chaleur: ils dirigent les pollinisateurs vers la source de nectar. http://www.thompson-morgan.com.

Ces différences de température ont été découvertes au moyen de la photographie thermique. Souvent, les tissus dégageant de la chaleur offrent carrément un tracé aux bourdons, commençant vers les extrémités de la fleur pour se concentrer à l’approche des organes sexuels, un effet analogue aux guides de nectar parfois visibles à nos yeux.

Au cours de l’étude, les chercheurs ont utilisé des fleurs artificielles imprimées de différents motifs chauffés par un courant électrique, dont certaines offraient du nectar et d’autres, que de l’eau pure. Autrement, les fleurs étaient strictement identiques. Les bourdons ont vite appris à reconnaître les fleurs offrant du nectar d’après leurs motifs chauffants et à ne visiter que ces fleurs.

Offrir de la chaleur aux insectes pollinisateurs pourrait aussi avoir une autre utilité. Les bourdons (et d’ailleurs tous les insectes pollinisateurs) ont besoin de maintenir une certaine température corporelle pour pouvoir voler par temps frais, alors visiter des «fleurs chauffantes» pourrait être une incitation supplémentaire à visiter la fleur, surtout dans les climats plus froids et lors d’intempéries.

Cette attraction thermique s’applique-t-elle à d’autres insectes que les bourdons, tels que les autres abeilles, les syrphes, les papillons, les guêpes, etc.? Cela reste à voir (je suis sûr qu’il y a encore beaucoup d’études à venir!), mais il semble bien que les fleurs fassent plus pour attirer les pollinisateurs que de tout simplement prendre une belle coloration et de se doter d’un parfum séduisant.20180208A FR weclipart.com, clipart-library.com & naturalawakeningsli.com

Quand semer les légumes et les herbes aromatiques?

Par défaut
20180207 clipart-library.com, moziru.com & www.clipartfinders.com .jpg

On sait qu’il faut semer ses légumes et herbes aromatiques, mais quand? Source: lipart-library.com, moziru.com & http://www.clipartfinders.com

Que la vie serait facile pour les jardiniers s’il n’y avait qu’une seule date pour faire les semis de toutes leurs plantes comestibles. Le 15 avril, par exemple, serait la date à laquelle tous les jardiniers, partout dans le monde, devraient semer les tomates, poireaux, haricots, etc., tous en même temps.

Mais ce n’est pas le cas. Certains légumes et herbes aromatiques ont besoin de plusieurs semaines de culture à la chaleur de la maison avant d’être prêts pour le jardin, d’autres ont besoin de seulement quelques semaines et d’autres encore préfèrent un semis en pleine terre. Et la bonne date pour les semis varie aussi selon votre climat: le gel quitte plus rapidement les climats plus doux, souvent aussi tôt que mars, alors que les jardiniers en climat froid craignent parfois encore le gel au début de juin.

Voici un tableau qui présente les dates appropriées pour les semis de légumes et d’herbes aromatiques, peu importe vos conditions locales, en se basant sur la date à laquelle vous pensez pouvoir les repiquer au jardin.

Notez qu’il ne s’agit pas de la date moyenne du dernier gel pour votre région, car, par définition, une telle moyenne veut dire que, la moitié du temps, il y aura du gel après cette date, mais plutôt d’une date, probablement environ 10 à 14 jours plus tard, quand le sol est bien réchauffé et qu’il n’y a presque aucun risque résiduel de gel.

Par exemple, dans ma ville (Québec), la «date du dernier gel» est le 1er juin, mais j’utilise habituellement le 10 juin comme date sécuritaire pour repiquer en pleine terre des semis fragiles au froid.

20180207 Calcul frost date.jpg

Soustrayez le nombre de semaines de culture à l’intérieur de la date de repiquage pour trouver la date recommandée pour le semis intérieur.

Donc, il suffit de calculer votre date de repiquage et d’en soustraire le nombre de semaines de culture à l’intérieur pour chaque variété qui vous intéresse dans la liste suivante.

Par exemple, si votre date de repiquage est le 15 mai et que vous voulez semer du brocoli qui, d’après le tableau, nécessite 8 semaines de culture à l’intérieur, la date du semis intérieur serait le 15 mars (15 mai – 8 semaines) dans votre localité. Par contre, votre cousine Bette qui vit dans une autre ville où la date de repiquage est le 1er juin devrait démarrer ses semis de brocoli le 1er avril.

C’est si facile!

Calendrier de semis pour les légumes et les herbes aromatiques

La liste ci-dessous indique le nombre de semaines de culture à l’intérieur recommandé pour plus de 80 légumes et aromates.

  1. Amarante (Amaranthus caudatus, A. cruentus et A. hypocondiacus) 4 semaines
  2. Aneth (Anethum graveolens) 6 semaines
  3. Angélique (Angelica archangelica) 8 semaines
  4. Anis (Pimpinella anisum) 8 semaines
  5. Arachide (Arachis hypogaea) 6 semaines
  6. Artichaut (Cynara cardunculus) 10 semaines
  7. Asperge (Asparagus officinalis) 8 semaines
  8. Aubergine (Solanum melongena) 8 semaines
  9. Basilic (Ocimum basilicum) 4 semaines
  10. Bette à carde (Beta vulgaris groupe Flavescens) en pleine terre
  11. Betterave (Beta vulgaris groupe Conditiva) en pleine terre
  12. Blé d’Inde (Zea mays) en pleine terre
  13. Bourrache (Borago officinalis) 8 semaines
  14. Brocoli (Brassica oleracea italica) 8 semaines
  15. Camomille allemande (Matricaria chamomilla, syn. Matricaria recutita) 6 semaines
  16. Camomille romaine (Chamaemelum nobile, syn. Anthemis nobile) 8 semaines
  17. Cantaloup (Cucumis melo) 3 semaines
  18. Cardon (Cynara cardunculus) 10 semaines
  19. Carotte (Daucus carota) en pleine terre
  20. Céleri (Apium graveolens) 8 semaines
  21. Cerfeuil (Anthriscus cerefolium) 6 semaines
  22. Cerise de terre (Physalis pruinosa) 8 semaines
  23. Chicorée (Chichorium intybus) 4 semaines
  24. Chou chinois (Brassica rapa pekinensis) en pleine terre
  25. Chou de Bruxelles (Brassica oleracea gemmifera) 4 semaines
  26. Chou frisé (Brassica oleracea acephala) 6 semaines
  27. Chou pommé (Brassica oleracea capitata) 5 semaines
  28. Chou-fleur (Brassica oleracea botryts) 8 semaines
  29. Chou-rave (Brassica oleracea gongylodes) 4 semaines ou en pleine terre
  30. Ciboule de Chine (Allium tuberosum) 4 semaines
  31. Ciboulette (Allium schoenoprasum) 4 semaines
  32. Ciboulette ail (Allium tuberosum) 4 semaines
  33. Cilantro (Coriandrum sativum) 5 semaines ou en pleine terre
  34. Citrouille (Cucurbita pepo et autres) 3 semaines ou en pleine terre
  35. Concombre (Cucumis sativus) 2 semaines ou en pleine terre
  36. Coriandre (Coriandrum sativum) 5 semaines ou en pleine terre
  37. Courge, courgette (Cucurbita pepo et autres) 3 semaines ou en pleine terre
  38. Échalote française (Allium cepa aggregatum) 8 semaines
  39. Endive (Chichorum endivia) 6 semaines
  40. Épinard (Spinacia oleracea) 4 semaines ou en pleine terre
  41. Épinard de Nouvelle-Zélande (Tetragona expansa) 3 semaines
  42. Fenouil (Foeniculum vulgare) 4 semaines
  43. Fève des marais (Vicia fava) en pleine terre
  44. Gombo (Abelmochus esculentus) 8 semaines
  45. Gourgane (Vicia fava) en pleine terre
  46. Haricot à rames (Phaseolus vulgaris et P. coccineus) 2 semaines ou en pleine terre
  47. Haricot nain (Phaseolus vulgaris humilis) en pleine terre
  48. Hyssope (Hyssopus officinalis) 8 semaines
  49. Kale (Brassica oleracea acephala) 6 semaines
  50. Laitue (Lactuca sativus) 4 semaines ou en pleine terre
  51. Lavande (Lavandula angustifolia) 14 semaines
  52. Lentille (Lens culinaris) en pleine terre
  53. Maïs (Zea mays) en pleine terre
  54. Marjolaine (Origanum majorana, syn. O. hortensis) 6 semaines
  55. Matricaire (Matricaria chamomilla, syn. Matricaria recutita) 6 semaines
  56. Mélisse (Melissa officinalis) 10 semaines
  57. Melon (Cucumis melo) 3 semaines
  58. Melon d’eau (Citrullus lanatus) 3 semaines
  59. Menthe (Mentha spp.) 8 semaines
  60. Mizuna (Brassica juncea japonica) 4 semaines
  61. Navet (Brassica rapa rapifera) en pleine terre
  62. Oignon (Allium cepa) 8 semaines
  63. Okra (Abelmochus esculentus) 8 semaines
  64. Origan (Origanum vulgare) 6 semaines
  65. Panais (Pastinaca sativa) en pleine terre
  66. Pastèque (Citrullus lanatus) 3 semaines
  67. Persil (Petroselinum crispum) 6 semaines
  68. Piment (Capsicum annuum et autres) 9 semaines
  69. Poireau (Allium porrum) 12 semaines
  70. Poirée (Beta vulgaris Groupe Flavescens) en pleine terre
  71. Pois (Pisum sativum) en pleine terre
  72. Poivron (Capsicum annuum et autres) 9 semaines
  73. Pourpier potager (Porulaca oleracea) 6 semaines
  74. Quinoa (Chenopodium quinoa) en pleine terre
  75. Radicchio (Chichorium intybus) 4 semaines
  76. Radis (Raphanus sativus) en pleine terre
  77. Romarin (Rosmarinus officinalis) 6 semaines
  78. Sarriette commune ou sarriette d’été (Satureja hortensis) 4 semaines
  79. Sauge officinale (Salvia officinalis) 8 semaines
  80. Scarole (Chichorum endivia) 6 semaines
  81. Tanaisie (Tanacetum vulgare) 8 semaines
  82. Tétragone (Tetragona expansa) 3 semaines
  83. Thym (Thymus vulgaris et autres) 8 semaines
  84. Tomate (Solanum lycopersicon esculentum) 6 semaines
  85. Tomatille (Physalis ixocarpa et P. philadelphica) 6 semaines20180207 clipart-library.com, moziru.com & www.clipartfinders.com

La curieuse plante baromètre

Par défaut
20180206A.jpg

Le baromètre: Carlina acaulis. Source: jardinierparesseux.com

Pleuvra-t-il, oui ou non? De nos jours, il suffit de consulter une appli météo sur son téléphone intelligent pour le savoir, mais nos ancêtres n’avaient ni appli, ni téléphone, ni même météorologue pour leur venir en aide. Ils cherchaient dans la nature des signes du temps à venir… et certains utilisaient à cette fin une plante. Du moins, c’est le cas si vos ancêtres viennent des Alpes ou des Pyrénées. Leur plante de choix était la plante baromètre, appelée généralement baromètre du berger ou baromètre tout court, que nous appelons aujourd’hui carline acaule d’après son nom botanique (Carlina acaulis).

20180206B  maxpixel.freegreatpicture.com. jpg.jpg

La fleur se referme quand la pluie approche. Source: maxpixel.freegreatpicture.com

En effet, l’inflorescence de la carline acaule s’ouvre quand il fait beau et se referme à l’approche du mauvais temps. Elle ferme aussi le soir pour s’ouvrir de nouveau le matin. Curieusement, cet effet continue même quand la fleur a été séchée. Dans certaines régions d’Europe, on conserve l’inflorescence séchée dans la maison pour prédire le temps ou encore, on la fixe sur la porte d’entrée comme invitation. Vous voulez faire du lavage? Consultez la plante baromètre auparavant, sinon les vêtements que vous épinglez sur la corde risquent de subir un deuxième rinçage… par la pluie!

Description

Il faut dire que la carline acaule (Carlina acaulis) est une plante bien bizarre, essentiellement un chardon ornemental, mais un chardon sans tige. Son effet surprend, mais est très joli aussi.

20180206C Walter Culicelli, www.campocatinometeo.it.jpg

Avec les années, le nombre de rosettes augmente. Source: Walter Culicelli, http://www.campocatinometeo.it

Il s’agit d’une plante très basse, de seulement 15 cm de hauteur et d’environ 30 cm de diamètre les premières années. Cette plante de la famille des Astéracées se compose d’une rosette de feuilles vert foncé, luisantes et très piquantes, coiffée d’une seule «fleur» (en fait, une inflorescence composée qui rappelle une fleur unique). L’inflorescence est posée directement sur la rosette, sans tige, d’où le nom «acaulis» (c.-à-d. sans tige). Mais la plante n’est pas complètement acaule: vous découvrirez sous les feuilles une courte tige.

L’inflorescence de 10 cm se compose d’un disque central crème devenant beige et de bractées blanc argenté à la texture papyracée. L’effet est saisissant: on dirait une énorme marguerite argentée!

La floraison dure un bon deux mois et commence au milieu ou à la fin de l’été, selon le climat local. Par la suite, la fleur, désormais séchée, persiste tout l’hiver.

La plante forme une rosette unique au début, puis une ou plusieurs rosettes supplémentaires, jusqu’à éventuellement former un dôme élargi mesurant environ 60 cm de diamètre.

Culture

20180206D Fritz Geller-Grimm, WC .jpg

Carline acaule utilisée comme baromètre. Il fera soleil! Source: Fritz Geller-Grimm, Wikimedia Commons

Le côté «chardon» de cette plante ressort quand on la cultive, car, comme le chardon, la carline acaule aime le soleil et les sols pauvres et secs. Ainsi, on peut la cultiver dans le sable et le gravier. Elle tolère les sols alcalins, même crayeux, et aussi les sols légèrement acides. On peut la cultiver dans un sol de jardin ordinaire ou même assez riche, mais il n’est pas nécessaire d’enrichir le sol au compost ou à l’engrais. Elle nécessite toutefois un drainage parfait.

La résistance au froid de cette plante alpine est excellente: elle est rustique jusqu’en zone 3. Par contre, elle ne craint pas non plus la chaleur estivale.

La carline acaule est difficile à déplacer à cause de sa longue racine en forme de carotte. Il vaut mieux la planter à demeure plutôt que d’essayer de transplanter une plante mature. Pour la même raison, elle est difficile à diviser. Normalement, on se contente de la multiplier par semences, qui germent rapidement et facilement, fleurissant la deuxième année. Il est d’ailleurs sage de faire des semis aux 4 ou 5 ans, car elle n’est pas très longévive.

20180206E MaxPixel.freegreatpicture.com.jpg

À la fin de la saison, le disque est rempli de semences… souvent mangées goulûment par les chardonnerets. Source: MaxPixel.freegreatpicture.com

C’est un bon choix pour les rocailles et les murets. On peut aussi l’utiliser en bordure de plate-bande… mais pas trop en bordure. Après tout, les feuilles sont piquantes! Les fleurs attirent les abeilles et les papillons. Et essayez l’inflorescence, dépourvue de ses feuilles, comme fleur séchée.

Sacré Charlemagne

20180205F Charlemagne Romartus, Uncyclomedia Commons.jpg

Charlemagne aurait utilisé la carline acaule pour traiter ses troupes contre la peste bubonique. Source: Romartus, Uncyclomedia Commons

Le nom Carlina honore Charlemagne (Carolus Magnus en latin), car la légende veut qu’un ange lui ait montré cette plante en disant qu’elle pourrait prévenir la peste bubonique qui décimait ses troupes. Ça ne semble pas avoir fonctionné, mais la racine de la carline acaule est toujours utilisée en médecine traditionnelle comme diurétique, pour traiter le rhume ainsi que comme tonique pour le foie, la vésicule biliaire et les reins. Le gros bourgeon floral peut, quant à lui, être récolté (quand il est immature), cuit et consommé à la manière d’un artichaut.

Autres carlines

Il existe environ 30 espèces de carlines; la plupart sont des bisannuelles ou des annuelles, mais il existe aussi d’autres espèces vivaces et même arbustives quoique peu d’entre elles soient cultivées. La carline acaule est l’espèce la plus souvent cultivée comme plante ornementale.

20180206I Carlina acaulis simplex Bronze peaganum Flickr .jpg

Carlina acaulis simplex ‘Bronze’. Source: peaganum, Flickr

La carline à tige courte (C. acaulis simplex) est une sous-espèce très semblable à la carline acaule, mais son inflorescence n’est pas acaule (sans tige): ainsi elle peut atteindre 30 cm de hauteur plutôt que seulement 15 cm. Contrairement à la carline acaule, cette sous-espèce tend à être monocarpique (bisannuelle) et à mourir après la floraison. Elle a donné le cultivar ‘Bronze’ à feuillage pourpre foncé, un peu plus pérenne et aussi plus haut, pouvant parfois atteindre jusqu’à 50 cm.

20180206H Carlina acanthifolia, FGZ, www.viajesapie.com.jpeg

L’inflorescence de la carline à feuilles d’acanthe (Carlina acanthifolia) est dorée plutôt qu’argentée. Source: FGZ, http://www.viajesapie.com

La carline à feuilles d’acanthe (Carlina acanthifolia) a un port très similaire, mais donne des fleurs plus dorées qu’argentées. Elle est vivace. Dimensions: 10-15 cm x 30 cm. Zone 4.

20180206J Carlina vulgaris www.inaturalist.org.jpg

Avec sa tige dressée, ses feuilles plus courtes et ses fleurs nombreuses, la carline commune fait plus «chardon» que les autres carlines. Source: www.inaturalist.org

Enfin, la carline commune (Carlina vulgaris) est une carline bisannuelle nettement plus haute (50 cm) que la carline acaule, avec une tige dressée portant des feuilles piquantes plus petites et plusieurs inflorescences. Elle est surtout utilisée comme fleur séchée. Zone 4. Le cultivar ‘Silver Star’ semble identique à l’espèce.

Toutes ces carlines ont des fleurs baromètres.

Où en trouver?

Il est difficile de trouver des plantes de carline acaule en pépinière. Par contre, on trouve les semences dans plusieurs catalogues et, comme mentionné, sa culture par semences est très facile.

Voici quelques sources:

Ethnoplants
Gardenseedsmarket
Richters Herbs
Sand Mountain Herbs 20180206A

Comment la plante-araignée a obtenu son nom

Par défaut
20180205A laoblogger.com & clipart-library.com .jpg

Le nom «plante-araignée» ne vient pas de la ressemblance de la plante avec une araignée. Source: laoblogger.com & clipart-library.com

J’ai toujours présumé que la plante-araignée (Chlorophytum comosum) tirait son nom de ses tiges arquées, celles qui pendent vers le bas comme autant de pattes d’araignée. Ou possiblement à cause de sa rosette de feuilles arquées. Ne sont-elles pas vaguement araignesques? Ou peut-être à cause de ses nombreux bébés, chacun pouvant peut-être ressembler à une petite araignée.

Cependant, il s’avère que l’apparence de la plante n’a rien à voir avec son nom.

Voici ce qui est arrivé.

Une plante qui guérit les morsures d’araignée

20180205B Anthericum liliago, Meneerke bloem, WC.jpg

La phalangère (Anthericum liliago) a des feuilles et des fleurs similaires à celles de Chlorophytum comosum et, en plus, la réputation de guérir les morsures d’araignée. Source: Meneerke bloem, Wikimedia Commons

Il y a une plante appelée Anthericum liliago qui était autrefois considérée comme un antidote aux morsures d’araignée, d’où toute une série de noms communs comme phalangère (de Phalangium, le nom d’une araignée), herbe à l’araignée ou plante-araignée, selon la région. En Espagne, aussi, on l’appelle hierba contra la araña, hierba de la araña ou falangera, pour les mêmes raisons.

20180205C Daniel Villafruela, WC.jpg

C’est vrai que les fleurs de Chlorophytum comosum, ci-dessus, ressemblent à celles d’Anthericum liliago. Source: Daniel Villafruela, Wikimedia Commons

Lorsque le naturaliste suédois Carl Peter Thunberg décrivit Chlorophytum comosum, originaire des forêts d’Afrique, en 1794, il l’appela Anthericum comosum, car il voyait une ressemblance avec A. liliago. En effet, les deux ont beaucoup en commun, y compris des feuilles graminiformes et de petites fleurs blanches presque identiques, bien qu’A. liliago (toujours appelé phalangère de nos jours, un rappel de ses supposés pouvoirs guérisseurs) ait un port dressé alors que C. comosum laisse choir ses longues tiges florales.

Pendant un certain temps, les deux furent même placés dans le genre Phalangium (qui, si vous vous souvenez, est le nom d’une araignée), renforçant ainsi la croyance.

Trop tard pour changer

Au moment où notre plante a été déplacée dans le nouveau genre Chlorophytum en 1862 (nom sans aucune référence aux araignées, car il veut tout simplement dire «plante verte»!), Chlorophytum comosum était déjà si couramment appelé plante-araignée que ce nom lui est resté depuis.

Ainsi, votre plante-araignée a reçu son nom commun à cause de la supposée capacité d’un proche parent de guérir les morsures d’araignée.

Cela dit, je vous suggère de ne pas essayer d’appliquer du jus de plante-araignée sur votre plaie la prochaine fois qu’une araignée venimeuse vous mord, mais plutôt de voir un médecin sans tarder!20180205A laoblogger.com & clipart-library.com .jpg