10 faits fascinants au sujet des abeilles

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Abeille à miel pollinisant une fleur. Photo: http://www.insauga.com

Les abeilles sont tellement omniprésentes que les jardiniers ont tendance à les tenir pour acquises. Qu’il s’agisse de l’abeille à miel (Apis mellifera), qui produit le miel que nous aimons tant, des bourdons (Bombusspp.), plus gros et plus poilus, ou des diverses abeilles solitaires et tropicales, dont beaucoup ne ressemblent pas du tout à l’image que nous nous faisons d’une abeille, presque tous pollinisent les fleurs, les fruitiers et les légumes de nos jardins et — que puis-je dire de plus? – nous en avons bien besoin.

Voici quelques pistes de réflexion sur ces pollinisateurs ardents.

1. Il existe environ 25 000 espèces d’abeilles trouvées dans le monde entier. Comparez cela aux quelque 10 000 espèces d’oiseaux et 5 400 espèces de mammifères.

2. Les ruches urbaines sont généralement plus saines et plus productives que les ruches rurales. Cela s’explique peut-être par le fait que la diversité végétale est généralement plus élevée dans les zones urbaines étant donné la variété de plantes ligneuses et herbacées que les gens cultivent dans leurs jardins par rapport aux vastes monocultures si typiques de la campagne.

3. Les abeilles ont deux estomacs. Le premier est destiné à leur digestion. Le deuxième estomac, appelé jabot ou estomac à miel, sert à stocker le nectar qu’elles collectent des fleurs afin de pouvoir le ramener à la ruche. Il sert également à transporter de l’eau, essentielle à la fabrication du miel.

Les abeilles doivent faire l’équivalent de deux fois le tour du monde pour produire 454 g de miel! Ill.: twitter.com/peppertap.

4. Les abeilles mellifères visitent environ deux millions de fleurs et volent 80 000 km pour produire une livre (454 g) de miel. C’est l’équivalent de deux fois le tour de la planète Terre!

5. Une colonie d’abeilles mellifères comprend de 20 000 à 60 000 abeilles ouvrières et une seule reine. Les abeilles ouvrières sont des femelles qui vivent environ 4 à 6 semaines et font tout le travail. Les mâles, appelés faux bourdons, servent uniquement à la reproduction.

6. On estime que les abeilles pollinisent 80% de toutes les plantes à fleurs de la planète. Dans nos jardins, les fruitiers sont les plantes les plus dépendantes de la pollinisation par les abeilles.

Abeille à miel collectant du miellat de puceron. Photo: Valerie Nicolson, http://www.buzzaboutbees.net

7. Tout le monde sait que les abeilles collectent le nectar et le pollen des fleurs, mais peu de gens savent que les abeilles récoltent également du miellat, le liquide sucré produit par les insectes suceurs de sève. Donc, ne soyez pas surpris de voir les abeilles fréquenter des plantes infestées par les pucerons.

8. Lors de l’excavation d’un site à Tbilissi, en Géorgie, des archéologues ont découvert des pots de miel encore intacts. Bien que datant d’environ 5 000 ans, le miel était toujours parfaitement comestible. Et du miel encore comestible vieux de 2 000 ans a déjà été retrouvé dans les pyramides égyptiennes.

Danse de l’abeille au retour à la ruche. Image: gfycat.com

9. Lorsqu’une abeille trouve une bonne source de nectar, elle retourne à la ruche et montre aux autres abeilles où se trouve la source de nectar en effectuant une danse qui positionne la fleur par rapport au soleil et à la ruche.

10. Ce ne sont pas toutes les abeilles qui piquent. Même chez l’abeille à miel, les mâles (faux bourdon) n’ont pas de dard. De nombreuses abeilles solitaires et tropicales sont soit sans dard, soit le dard ne pourrait pas pénétrer la peau humaine. Et si beaucoup de gens croient que les abeilles meurent après avoir piqué, cela est surtout vrai des abeilles à miel. Leur dard s’arrache de leur corps et reste dans la peau, ce qui mène à leur mort. Le bourdon est parmi les abeilles à aiguillon rétractile qui peuvent piquer plusieurs fois. Néanmoins, la plupart des abeilles ne sont pas agressives et ne piquent que si elles se sentent attaquées ou si leur ruche est menacée.


Apprenez à apprécier les abeilles: elles sont parmi les meilleurs amis du jardinier!

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Sauvez nos parcs: restez sur les sentiers!

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Lors d’une randonnée en forêt, soyez écoresponsables et restez sur les sentiers. Photo: soilsmatter.wordpress.com

Question: Pourquoi est-ce si important que je reste sur le sentier lors d’une randonnée dans les forêts et les parcs?

Réponse: Les gens adorent être en plein air et le sol contribue grandement à une bonne sortie, qu’il s’agisse de la randonnée, du vélo de montagne, de la peinture ou tout simplement de profiter de la nature. Mais les humains peuvent avoir un impact négatif important sur le sol. 

Lorsque nous marchons, notre poids corporel comprime le sol. La compaction du sol se produit lorsque des particules de sol sont pressées ensemble, réduisant ainsi l’espace entre elles. Cela a plusieurs effets.

Un sol meuble non compacté a plus de pores pour l’air et l’eau entre les particules de sol. Ill.: soilsmatter.wordpress.com

Dans la figure ci-dessus, vous pouvez voir que les particules de sol ont différentes tailles. Entre les particules se trouvent des espaces ouverts ou «pores». Ces pores permettent à l’air et à l’eau de circuler dans le sol. L’air est important, car les microbes vivant dans les pores du sol utilisent une partie de l’azote et d’autres éléments de l’air comme «aliments». Et les mêmes pores contiennent de l’eau et des nutriments que les plantes peuvent utiliser. Vous pouvez voir sur la figure que la compression du sol limite la quantité d’air et d’eau que le sol peut retenir, ce qui n’est pas bon pour les microbes du sol ni pour les plantes qui y vivent.

Les sols fortement compactés contiennent peu de grands pores. Cela signifie que l’eau ne se déplace pas aussi facilement à travers ces sols. Les grands pores permettent davantage à l’eau de pénétrer, et de se drainer lorsqu’ils sont saturés, que les pores plus petits. En effet, un sol très compact repoussera l’eau en cas de pluie et cette eau vitale s’écoulera dans les ruisseaux et les lacs voisins. Ainsi, même s’il pleut, les plantes dans la forêt restent sur leur soif.

Lorsque vous entrez dans un parc, n’hésitez pas à consulter son centre d’information pour obtenir la carte des sentiers. Demandez au personnel quels sentiers sont faciles, modérés ou difficiles et choisissez ceux qui correspondent à vos capacités physiques. Les obstacles naturels tels qu’un arbre tombé peuvent rendre difficile la circulation dans le sentier, mais, pour la sauvegarde des microbes du sol et de la vie végétale, il est important que vous gardiez vos pieds le plus possible dans le «droit chemin».

L’article suivant a été écrit par Mary Beth Adams du Service des forêts des États-Unis pour l’excellent site Web Soils Matter,Get the Scoop! de la Soil Science Society of America, une source incontournable d’informations précieuses et honnêtes sur les sols que nous cultivons. Il a été traduit de l’anglais avec permission.

Comment installer un pré fleuri

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Un pré fleuri peut assurer plus de 6 mois de floraison!

Blogueur invité. Ce billet a été écrit par Paul Jenkins de Wildflower Farm et traduit de l’anglais par http://www.jardinierparesseux.com. Sauf mention contraire, toutes les images sont fournies par Wildflower Farm.

Rêvez-vous d’un pré de fleurs sauvages sur votre terrain? Voulez-vous profiter du spectacle d’une floraison sans arrêt du printemps à l’automne? Souhaitez-vous attirer des papillons, des pollinisateurs et des oiseaux chanteurs à votre propriété?

Créer un pré de fleurs sauvages durable et à entretien minimal exige du temps et de la patience au début, mais ce n’est pas si difficile à réussir. Mais comme ailleurs dans la vie, il y a une bonne et une mauvaise façon de faire les choses. Au cours de mes 30 années d’expérience «sur le terrain» dans la création de prairies de fleurs sauvages, j’ai appris que le meilleur moyen de réussir consiste à observer et à reproduire les méthodes de la nature, car nous ne pouvons pas forcer les plantes à croître là où la nature ne les a pas prévues.

Bien qu’il soit impossible d’écrire une «recette du succès» qui fonctionne dans toutes les circonstances, je peux au moins vous fournir des directives qui vous aideront à créer avec succès votre propre pré de fleurs sauvages.

Partir du bon pied

Les prés fleuris nécessitent une bonne planification, une préparation adéquate du site, les bonnes semences selon le type de sol dans lequel les plantes vont pousser et un entretien périodique à point nommé. À mesure que votre prairie de fleurs sauvages s’établira, elle commencera à prendre de la maturité, se mettant à fleurir au cours de la deuxième et surtout de la troisième année de croissance, et vous aurez alors un écosystème naturel et durable sur votre terrain qui ne nécessitera ni arrosage ni fertilisant.

Non seulement un pré fleuri est-il bon pour l’environnement et très attrayant, mais vous économiserez du temps et de l’argent!

Un pré fleuri est un espace où s’installent des fleurs et des graminées indigènes poussant en synergie.

Afin de comprendre comment cultiver votre propre pré de fleurs sauvages, il est important de saisir ce qu’est un pré fleuri. 

Une prairie de fleurs sauvages naturelle est vaguement définie comme un espace ouvert, c’est-à-dire dépourvu d’arbres et de grands arbustes, où s’installe un écosystème naturel de fleurs et de graminées indigènes qui poussent ensemble en synergie.

Cultiver des fleurs sauvages et des graminées indigènes associées de la même manière que dans la nature éliminera la concurrence des mauvaises herbes, car les racines denses et fibreuses des graminées indigènes se mêlant aux racines verticales des fleurs sauvages formeront une barrière souterraine qui empêchera efficacement les espèces indésirables, c’est-à-dire les «mauvaises herbes», de s’y enraciner.

Chaque ligne horizontale indique une profondeur de 30 cm.

L’image ci-dessus montre ces différents types de systèmes racinaires et leur profondeur. En occupant les différentes strates du sol, ces plantes coexistent, formant une communauté végétale très unie.

Quand vous voulez créer un pré fleuri, il faut choisir les espèces les mieux adaptées aux conditions du site, au type de sol, à l’ensoleillement et aux conditions d’humidité typiques du lieu.

L’asclépiade tubéreuse et le lupin sauvage sont des plantes de prés bien drainés.

Par exemple, l’asclépiade tubéreuse (Asclepias tuberosa) et le lupin sauvage (Lupinus perennis) ne réussissent bien que dans des sols sablonneux et bien drainés, tandis que d’autres espèces telles que le populage des marais (Caltha palustris) et la lobélie cardinale (Lobelia cardinalis) ont besoin de sols humides pour prospérer.

Le populage des marais et la lobélie cardinale ont besoin de sols humides.

Surprise: on sème à l’automne!

Comme la plupart des fleurs sauvages pérennes de climat tempéré sont «programmées» par la nature pour exiger l’action de gel et de dégel d’un hiver froid pour ramollir l’enveloppe de leurs semences, ce qui déclenche la germination au printemps, le moment idéal pour semer leurs graines est alors à la fin de l’automne, normalement après qu’un gel sévère ait mis fin à la croissance pour l’année, mais avant que le sol ne soit solidement gelé. Le choix de ce moment pour semer reproduit la méthode de mère Nature qui fait tomber les graines à l’automne pour qu’elles germent ensuite au printemps suivant. Selon le climat local, ce moment est souvent à la fin d’octobre, en novembre ou en décembre.

Cela dit, les semis faits au printemps peuvent également réussir, mais il est important de comprendre que les semis printaniers nécessiteront un arrosage régulier pendant les premiers mois suivant le semis, alors que les semis faits à l’automne n’auront pas besoin d’être arrosés du tout.

Votre futur pré fleuri pourrait être aussi petit qu’une petite parcelle ensoleillée dans un coin de votre arrière-cour ou encore, couvrir plusieurs hectares à la campagne. Dans les deux cas, la meilleure façon de commencer est d’abord de déterminer quel type de sol vous avez.

Types de sol

Plantes pour un pré fleuri ensoleillé au sol bien drainé.

En règle générale, dans les aménagements paysagers modernes, la première étape de toute nouvelle plantation consiste à complètement modifier le sol, mais lors de l’aménagement d’un pré composé de fleurs sauvages et de graminées indigènes, l’approche est complètement contraire. Ces végétaux ont évolué au fil des ans pour préférer certains types de sol; ainsi, au lieu de modifier automatiquement le sol pour répondre aux besoins des plantes, je recommande de sélectionner les espèces conçues par la nature pour prospérer dans le sol que vous avez. Pour ce faire, il faut donc savoir quel type de sol se trouve sur votre propriété.

Le sol peut être divisé en trois catégories de base: sable, limon et argile. Bien qu’il y ait de grandes variations au sein de ces trois catégories, elles sont quand même très utiles pour savoir si une plante donnée pourrait s’y adapter ou non.

Sols sablonneux

Les sols «légers» contiennent des particules de sol de grande taille, bien espacées et faciles à travailler. Ces sols meubles permettent à l’eau de s’écouler facilement, assurant un assèchement en peu de temps. Les sols sablonneux contiennent également un pourcentage élevé d’air, car les grains de sable ne sont pas collés les uns sur les autres. Ces sols sont généralement pauvres en nutriments et sont souvent plus acides que les limons et les argiles plus fertiles.

Sols argileux

Le mélange de semences Claybusters, dont le résultat est illustré ici, est conçu pour les sols lourds et glaiseux.

Communément appelés sols glaiseux ou sols lourds, les sols argileux se situent à l’extrémité opposée du spectre de la taille des particules. L’argile contient de très petites particules de sol bien tassées. Les sols argileux sont plus difficiles à travailler que les sols sablonneux ou limoneux, car les minuscules particules forment des liens solides les uns avec les autres. Les 10 premiers centimètres des sols argileux s’assèchent souvent complètement en été, devenant presque du béton. Cependant, les sols argileux sont généralement riches en nutriments, ont une grande capacité de rétention d’eau et peuvent être très productifs.

Les sols limoneux

Le limon est de structure intermédiaire entre le sable et l’argile et constitue, en fait, le meilleur des deux mondes. Les sols limoneux sont généralement fertiles et retiennent bien l’eau, mais fournissent également un bon drainage et sont faciles à travailler, ce qui en fait une excellente terre de culture pour la plupart des plantes. Beaucoup de fleurs sauvages réussissent mieux dans un sol limoneux.

Le test de compression

Ce test de compression montre que ce sol est riche en argile.

Pour déterminer le type de sol que vous avez, faites un «test de compression». Creusez simplement un petit trou d’environ 30 cm de profondeur et prenez une poignée de terre du fond du trou. Serrez bien votre poignée, puis ouvrez votre main. Si le sol se désagrège rapidement, vous avez du sable. S’il reste ensemble, formant presque une boule, vous avez de l’argile. Si le sol comprimé tient ensemble en général, mais est un peu friable et surtout facile à travailler, vous avez du limon.

Maintenant que vous savez quel type de sol vous avez pour créer votre pré fleuri, vous êtes en mesure de sélectionner les meilleures espèces naturellement adaptées à votre propriété. Sur le site Web www.wildflowerfarm.com, nous proposons une variété de mélanges de graines de fleurs sauvages, chacun spécialement conçu pour différents types de sol.

Préparation du site

La préparation adéquate du site est l’un des facteurs les plus importants dans la réussite de toute plantation de pré fleuri. La surface à ensemencer doit être lisse et exempte de mauvaises herbes. Les mauvaises herbes existantes rivaliseront avec vos semis de fleurs sauvages pour les nutriments, l’eau et la lumière du soleil. Bien qu’il soit presque impossible de retirer toutes les graines de mauvaises herbes incorporées naturellement au sol, il est crucial d’éliminer autant de mauvaises herbes que possible avant la plantation. Si elles ne sont pas contrôlées, elles retarderont la croissance et la maturation de votre prairie. Une surface à ensemencer lisse et sans mottes garantira un contact ferme entre le sol et les semences, améliorant ainsi leur germination.

Il existe trois méthodes efficaces pour préparer le site, toutes acceptées dans la culture biologique:

Désherbage par bâchage

Ici, on utilise une bâche noire pour étouffer les plantes en préparation de l’installation d’un petit pré fleuri. Photo: wallcar.me

Sur de petites pelouses de 100 m2 ou moins, on peut étouffer les mauvaises herbes facilement et efficacement sans équipement spécial. Le bâchage consiste à recouvrir la pelouse de plastique noir, de vieux tapis, de vieux morceaux de contreplaqué ou d’une épaisse couche de feuilles, de carton ou de journaux. La barrière devrait être posée au printemps et laissée en place pour une saison de croissance complète. Enlevez-la à l’automne lorsque vous êtes prêt à semer votre pré fleuri.

Déplacage

Déplaqueuse en train d’enlever un gazon. Photo: http://www.weaverturfpower.com

(Pour les pelouses exemptes de mauvaises herbes vivaces seulement.) 

Le moyen le plus rapide de préparer une pelouse pour la plantation est d’enlever les 7,5 cm supérieurs de gazon à l’aide d’un déplaqueuse (détourbeuse). Cela crée un site de plantation presque sans mauvaises herbes, prêt pour l’ensemencement. Il reste que, après le retrait du gazon, la zone déplaquée sera plus basse que la pelouse environnante. Vous pouvez facilement louer une déplaqueuse pour cette procédure. Une fois le gazon enlevé, ratissez la zone avec un râteau aux dents en acier pour ameublir la surface du sol.

Cultivation du sol

On peut tuer les graminées d’une pelouse en retournant le sol avec un motoculteur trois fois à une semaine d’intervalle. Retirez toutes les mottes de gazon et ratissez la zone avec un râteau à dents en acier pour créer une surface d’ensemencement lisse. 

Si le gazon est très infesté de mauvaises herbes vivaces ou de graminées traçantes telles que le chiendent (Elymus repens) ou le sorgho d’Alep (Sorghum halepense), labourer le sol trois fois ne suffira pas. Il faudra passer le motoculteur toutes les trois semaines pendant tout l’été. Cela tuera à la fois les graminées de la pelouse et les mauvaises herbes pérennes. Quand la pelouse est bien morte, ratissez la zone avec un râteau en acier pour ameublir la surface du sol.

Faire table rase

Un site bien préparé représente la moitié de la bataille de l’établissement d’un pré fleuri. En supprimant la végétation existante et en fournissant une surface d’ensemencement adapté à la germination et à la croissance des semis, vous voilà sur la bonne voie pour réussir votre plantation. Une fois établi, votre pré de fleurs sauvages vous donnera des années de plaisir contre un minimum d’entretien!

Dès que votre terre est correctement préparée et débarrassée des mauvaises herbes, il s’agit de préparer la surface pour recevoir votre mélange de semences. Il faut assurer un bon contact entre les semences et le sol, ce qui nécessite une surface du sol bien ameublie et à texture fine, sans grosses pierres ou mottes. Passez encore le motoculteur sur la zone, mais très légèrement, à pas plus de 2,5 cm de profondeur, puis ratissez avec un râteau à dents en acier pour lisser le sol.

L’ensemencement

Ensemencement à la volée. Ill.: http://www.researchgate.net

Habituellement, on sème un pré fleuri à la volée. Évitez de le faire lorsque le sol est humide, surtout si c’est un sol argileux et lourd. Attendez plutôt que le sol soit sec avant de semer. 

Semer un pré fleuri est très similaire à semer une pelouse, mais au lieu d’utiliser un semoir mécanique, on sème à la volée (à la main). Mélangez les semences dans un volume plus important d’une charge inerte légère telle que la sciure de bois, la tourbe horticole, le sable propre (sable de terrain de jeu ou sable de constructeur) ou la vermiculite. Le produit précis que vous utiliserez a peu d’importance; utilisez ce que vous avez sous la main.

Pour chaque surface de 100 m2 à couvrir, remplissez un bac de stockage en plastique de 70 L jusqu’à 10 cm du bord avec l’une des charges décrites ci-dessus.

Humidifiez la charge avec de l’eau jusqu’à ce qu’elle soit légèrement humide au toucher. L’eau est nécessaire pour que les graines collent à la charge et facilite ainsi la distribution uniforme des graines.

Mélangez maintenant environ 155 g de semences (la quantité normalement nécessaire pour couvrir 100 m2) à la charge. Notez que la quantité exacte peut varier selon le mélange de semences, un détail qui paraîtra sur son emballage.

Après avoir mélangé vos semences à la charge, semez à la volée la moitié du mélange sur l’ensemble du site en faisant un aller-retour dans un sens (par exemple, nord-sud). Ensuite, appliquez la seconde moitié du mélange sur le site en marchant perpendiculairement à la direction dans laquelle vous avez semé la première moitié. Cet ensemencement bidirectionnel assurera une distribution uniforme des semences.

Pour terminer, roulez le secteur avec un rouleau à gazon. Photo: rovnayadoroga.ru

Une fois que vous avez appliqué les graines à la volée, ratissez légèrement le secteur pour les mélanger à la surface du sol, puis raffermissez le sol en le roulant avec un rouleau à gazon (disponible dans un centre de location d’outils). Les graines de fleurs sauvages doivent être bien en contact avec le sol pour assurer une bonne germination et c’est en roulant le secteur après le semis qu’on y parvient.

Post-ensemencement

Après avoir semé les graines, il est très important de couvrir la zone avec du paillis. Une légère couche de paille ou de tourbe horticole («mousse de tourbe») propre et sans mauvaises herbes aidera à retenir l’humidité et améliorera la germination des graines au printemps. Ce paillage est particulièrement utile sur les sols secs et sablonneux et les sols argileux lourds. 

Le paillis doit à peine recouvrir la surface du sol et ne dois jamais la boucher complètement: il devrait être possible de voir un peu le sol à travers le paillis. N’utilisez pas du foin comme paillis, car il contient invariablement d’innombrables graines de mauvaises herbes.

Une fois que vous avez semé votre pré et paillé le secteur, il est temps de vous reposer un peu. En fait, reposez-vous tout l’hiver, car il faut maintenant attendre que les graines germent au printemps.

1) Gestion de la première année

Quelle que soit la qualité de la préparation de votre site avant de semer vos semences, il est impossible d’éliminer toutes les semences de mauvaises herbes présentes dans la terre. Il est donc essentiel de lutter contre les mauvaises herbes pendant la première saison de croissance. Les fleurs sauvages et les graminées vivaces poussent lentement, ainsi, la première année, les mauvaises herbes pousseront probablement beaucoup plus vite. La plupart des mauvaises herbes sont des annuelles, ce qui signifie que leur cycle de vie consiste à germer, croître, fleurir et produire des graines au cours d’une même saison de croissance. Pour cette raison, il est très important de les empêcher de se reproduire et d’infester éventuellement votre plantation.

Ivraie vivace utilisée comme plante de couverture. Photo: http://www.polisherbgarden.com

Chez Wildflower Farm, nous incluons dans nos mélanges de semences une «plante de couverture», soit l’ivraie vivace (Lolium perenne, anc. Festuca perennis). Cet ajout sert à plusieurs fins. Premièrement, l’ivraie vivace (qui, malgré son nom, est généralement une plante annuelle) germe très rapidement au printemps. Cela aide à stabiliser la terre (surtout si vous avez semé les graines sur une pente) et vous permet également de dominer la niche écologique des mauvaises herbes, car elles nécessitent généralement une température du sol élevée pour germer. L’ivraie aidera également à conserver l’humidité du sol et à fournir un peu d’ombre aux semis au cours de leur première année de croissance. Cependant, étant une plante annuelle, elle essaiera de se reproduire en fabriquant des graines, à la manière de toute autre mauvaise herbe annuelle.

La meilleure façon de contrôler ce futur réensemencement consiste à tondre le secteur chaque fois que les mauvaises herbes ou l’ivraie atteignent une hauteur de 30 cm. Ne permettez pas aux mauvaises herbes et à l’ivraie de devenir plus hautes que 30 cm avant de les tondre. Les mauvaises herbes plus hautes ombrageront vos semis et les grandes quantités de retailles vertes qui couvriront le secteur après une tonte trop tardive peuvent étouffer les petits semis en dessous.

Tondez la zone à une hauteur de 15 cm (6 pouces). Les fleurs sauvages et graminées indigènes n’atteindront pas plus de 15 cm au cours de leur première année et ne seront donc pas endommagées par cette tonte.

Le fait de tondre régulièrement les mauvaises herbes au cours de la première année d’établissement est l’une des étapes les plus critiques du succès de votre plantation de fleurs sauvages. Assurez-vous de tondre les mauvaises herbes avant que celles-ci ne montent en graines pour éviter toute infestation ultérieure. Attendez-vous à devoir tondre les mauvaises herbes environ une fois par mois la première année. La fréquence de tonte dépendra toutefois des précipitations et de la densité et de la hauteur réelles des mauvaises herbes.

Le taille-bordure (coupe-herbe) est un excellent outil pour tondre les mauvaises herbes dans les plantations de petites dimensions. Il réduit les feuilles en petits morceaux qui se déposeront délicatement sur le dessus des tiges coupées, où ils sécheront rapidement sans étouffer vos semis. Ou, si vous avez une tondeuse autoportée, montez le plateau de tonte à sa hauteur maximale et tondez l’emplacement.

À la fin de la première saison, toutefois, cessez les tontes. Laissez l’ivraie debout à la fin de l’automne pour servir de paillis naturel qui aidera à protéger les jeunes semis de fleurs sauvages pendant l’hiver. La litière végétale et la neige qui s’y installera isoleront le sol des variations rapides de la température du sol, ce qui, autrement, aurait pu entraîner des pertes de plantes dû au soulèvement causé par l’action répétée du gel et du dégel.

Que faire des mauvaises herbes?

Malgré la tentation de le faire, il n’est pas recommandé d’arracher les mauvaises herbes trouvées dans un semis de fleurs sauvages de première année. Les semis désirables sont encore très petits à ce stade et peuvent facilement être arrachés par accident en même temps que les mauvaises herbes!

Si, par contre, vous avez la capacité d’identifier les mauvaises herbes quand elles sont encore très jeunes et très petites, oui, vous pouvez les arracher avec précaution, en veillant à ne pas déranger les semis de fleurs sauvages ou de graminées indigènes adjacentes.

Si vous devez arracher une mauvaise herbe de bonne taille, placez vos pieds sur le sol de part et d’autre de la tige et tirez vers le haut. Ceci permettra d’extraire la plante indésirable tout en maintenant intacte la meilleure partie du sol environnant, préservant ainsi tous les jeunes plants de fleurs sauvages à proximité.

Après, tassez le sol et les semis perturbés en pressant avec vos pieds. Si le sol est sec, c’est une bonne idée d’arroser après avoir arraché les mauvaises herbes. Cela est bénéfique pour permettre aux semis délogés pendant le processus de reprendre leur place.

Attention, toutefois! Arracher les mauvaises herbes crée des perturbations dans le sol, ce qui expose de nouvelles graines de mauvaises herbes à la lumière et favorise leur germination. Si vous souhaitez éviter cela ou si vous avez de grosses mauvaises herbes bien établies qui ne peuvent pas être facilement arachées, vous pouvez les couper à la base au sécateur. 

Enlevez toutes les mauvaises herbes portant des graines du site immédiatement après les avoir coupées.

2) Gestion de la deuxième année

Au milieu du printemps de la deuxième année, tondez la plantation aussi près du sol que possible et râtelez pour enlever les retailles. À ce stade, les plantes de fleurs sauvages sont encore petites et n’ont pas encore pris le contrôle total de l’environnement du sol. Tondre à la mi-printemps nuit aux mauvaises herbes et aux graminées non indigènes telles que le chiendent (Elymus repens), le pâturin des près (Poa pratensis) et le brome (Bromus spp.)

Il est très important de tondre votre pré à point. Le meilleur moment pour tondre la plupart des prés est lorsque vous voyez vos voisins tondre leur pelouse pour la première fois de l’année, généralement entre le 1er avril et le 15 mai, en fonction de votre région et de la météo de la saison. Tondre au milieu du printemps facilite également la germination des graines de fleurs encore dormantes et améliore la croissance des fleurs sauvages sans stimuler la croissance des mauvaises herbes.

L’entretien la deuxième année de votre prairie nécessitera un peu de jugeote de votre part. 

Continuez d’avoir l’œil sur le développement de votre prairie. Si vous constatez que les mauvaises herbes demeurent un problème, tondez à nouveau à la fin du printemps ou au début de l’été et éventuellement au milieu de l’été aussi. Si vous jugez que votre pré n’est pas envahi par les mauvaises herbes, vous pouvez laisser le pré tranquille et permettre aux plantes de pousser. Il est même possible que certaines plantes fleurissent la deuxième année, un avant-goût des années à venir!

3) La troisième année et les suivantes— la gestion à long terme

Tondre votre pré de fleurs sauvages sur une base de rotation régulière aide à assurer le succès continu.

La première tonte est généralement effectuée au milieu du printemps de la troisième année de croissance. Le meilleur moment pour le faire est généralement, encore, quand le gazon a besoin d’une première tonte. Après avoir tondu la zone, ratissez et retirez les retailles. Cela expose la surface du sol aux rayons du soleil. Comme la plupart des fleurs sauvages sont des plantes de «saison chaude», elles réagissent favorablement aux températures du sol chaudes.

Ne tondez pas après que la croissance des nouvelles plantes a atteint 30 cm ou plus, car cela pourrait endommager certaines plantes désirables.

Les recherches indiquent qu’une tonte annuelle au printemps a tendance à favoriser les graminées et les légumineuses indigènes par rapport aux fleurs sauvages, tandis qu’une tonte à l’automne favorise les autres fleurs sauvages. Pour cette raison, il est recommandé d’instituer un régime de tonte par rotation. 

Pour ce faire, effectuez votre deuxième tonte à l’automne de la troisième année de croissance. Ensuite, vous faucherez votre prairie une fois par an et demi, une fois au printemps et, 18 mois plus tard, une autre fois à l’automne. Ainsi, votre entretien consiste en une journée de tonte tous les 500 jours environ: il faut admettre que c’est réellement un entretien minimal!

Pourquoi faucher tous les 18 mois? Pour empêcher les semis d’arbres et d’arbustes, qui viennent inévitablement s’installer dans une prairie, de se développer et de changer votre pré fleuri en forêt! 

Un pré fleuri bien établi s’entretient presque tout seul!

Une fois que votre pré de fleurs sauvages est bien établi, il repoussera année après année avec un minimum d’entretien. J’espère qu’en suivant ces directives, vous pourrez profiter de la beauté dynamique d’un écosystème naturel dans votre jardin!

Wildflower Farm est une entreprise ontarienne spécialisée dans les prés fleuris, les semences de fleurs sauvages et les écopelouses depuis plus de 30 ans. L’information présentée est conçue pour le nord-est de l’Amérique du Nord, mais peut être adaptée à tout climat tempéré. 

La cuisine: pas le bon endroit pour sécher les fines herbes

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Fines herbes qui sèchent dans la cuisine? Pas très logique! Photo: i.pinimg.com

On voit souvent, à la télévision et dans des revues, des décors de cuisine avec, au plafond, des tiges de fines herbes suspendues comme si on les faisait sécher. Ce concept fait peut-être tout à fait chic, mais n’est pas très réaliste. La cuisine est un des pires endroits de la maison, avec la salle de lavage et la salle de bain, pour faire sécher quoi que ce soit. 

Il faut comprendre que, quand vous suspendez de petits bouquets de tiges de fines herbes au plafond, une méthode parfaitement logique pour les assécher, vous vous engagez dans une course contre la montre. Si tout va bien et qu’il y a une bonne circulation d’air, les feuilles vont s’assécher rapidement et vous allez pouvoir les conserver pour utilisation dans la préparation des aliments. Si ça va mal, si l’air stagne et demeure moite, la moisissure s’y installera et vous devrez les jeter.  

Donc, logiquement, vous ferez sécher les fines herbes dans un endroit aéré et plutôt sec avec un bon mouvement d’air: un grenier, un atelier, une entrée, même peut-être votre salon, mais pas dans une pièce naturellement humide, comme une cuisine (où l’on fait souvent chauffer des liquides), une salle de bain ou une salle de lavage.

Une volière qui éloigne les indésirables

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Cette volière laisse entrer les petits oiseaux, mais exclut les oiseaux et animaux indésirables. Photo: Alain Gagnon & Céline Cliche

Voici une idée intéressante qui m’a été envoyée par Alain Gagnon et Céline Cliche de Québec.

Voici leur commentaire: 

Nous avions un problème dans notre cour, très bien aménagée en plates-bandes et en mangeoires de toutes sortes pour plaire aux invités ailés. Un chat errant, aussi errant que la conscience de son propriétaire, avait pris l’habitude de venir attendre son lunch sous les mangeoires toujours bien garnies en graines et en oiseaux. Les gros écureuils, quant à eux, vidaient les mangeoires, quand ce n’était pas les étourneaux qui s’en donnaient à cœur joie par dizaines dans un grand gaspillage.

J’en parle au passé, car, après de nombreuses tentatives de toutes sortes pour contrer ces intrus, nous avons fabriqué une volière extérieure qui semble faire échec avec succès à tous ces indésirables.

Les carreaux de la volière permettent aux petits oiseaux de circuler à leur guise alors que les plus gros, ainsi que les chats et les écureuils, n’ont pas d’accès!

Notre test ne dure que depuis 2 mois, mais le bonheur est de retour dans la cour.

Un patio grillagé pour minou

Ce catio empêche le chat de la maison de s’attaquer aux oiseaux et, de plus, le protège contre les ennemis qu’un chat errant peut rencontrer. Photos: Alain Gagnon & Céline Cliche

Alain et Céline montrent de plus comment ils font pour laisser leur propre chat se prélasser au soleil en lui donnant accès à une grande cage par une fenêtre. On appelle parfois un tel enclos un «catio».

Taille d’une hydrangée sur tige

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Hydrangée paniculée ‘Limelight’ sur tige. Photo: http://www.fast-growing-trees.com

Question: J’ai une hydrangée en arbre et les branches s’avèrent trop longues, ce qui fait que, lorsqu’il pleut, les branches et les fleurs se replient vers le sol. Peut-on faire une coupe des branches et, si oui, à quelle période?

Jean Yves Simard

Réponse: Oui, on peut la tailler, mais pour comprendre comment et pourquoi, il vaut la peine d’expliquer ce qu’est une hydrangée sur tige.

Arbuste réel, port artificiel

Une hydrangée sur tige, appelée aussi hydrangée en arbre, est en fait une hydrangée paniculée (Hydrangea paniculata) spécialement taillée pour prendre la forme d’un arbre. Elle forme à l’été de larges grappes allongées de fleurs blanches ou vert lime, selon le cultivar, qui deviennent peu à peu plus rosées à mesure que l’automne avance.

Normalement, ce grand arbuste produit une profusion de branches à partir de sa base et prend une forme haute et évasée avec le temps, atteignant jusqu’à 5 m de hauteur et de diamètre après 15 à 20 ans. Son port est de toute évidence arbustif; il ne ressemble nullement à celui d’un arbre. 

On crée une hydrangée sur tige en taillant une hydrangée arbustive pour lui faire prendre la forme d’un arbre. Photo: http://www.amazon.co.uk & Crawley, www.cleanpng.com, montage: jardinierparesseux.com

Pour former une hydrangée sur tige, le pépiniériste choisit un jeune spécimen avec une branche centrale solide et le taille pour former un arbre. Il supprime toute autre branche et aussi les branches secondaires qui poussent sur le «tronc» sélectionné. Souvent, il la tuteure pour garder le tronc plus solide au cours des premières années. Quand le tronc a atteint la hauteur désirée (1,2 m, 1,5 m, etc.), il commence à tailler la tête de la plante aussi, ce qui force la plante à produire de multiples branches au sommet de sa tige centrale: son tronc. 

Et voilà! Une hydrangée sur tige!

Une taille régulière

Hydrangée paniculé Pinky Winky sur tige. Ce cultivar est moins sujet à ployer que d’autres. Photo: http://www.cottagefarmsdirect.com

Si on aime la forme d’une hydrangée sur tige, il faut être prêt à la tailler régulièrement, sinon non seulement les branches s’allongent au point de plier sous leur propre poids, comme vous l’avez remarqué, mais elles peuvent aussi casser ou s’arracher, surtout sous le poids additionnel de la neige lourde. 

Dans votre cas, où l’arbre est surdimensionné et où les branches ploient déjà sous leur propre poids, il serait sage de tailler cet automne, sinon il y a risque qu’elles s’arrachent pendant l’hiver. Rabattez toutes les branches à 15 à 20 cm de la base en octobre ou en novembre.

Par la suite, le moment idéal pour la taille sera plutôt tôt au printemps, car une hydrangée paniculée portant des fleurs séchées tout l’hiver est fort attrayante même si ses fleurs sont devenues beiges et n’ont pas les beaux coloris blancs et roses de l’été et de l’automne. 

Idéalement, vous tailleriez juste au-dessus d’un nœud (ligne rouge), pas juste en bas d’un nœud. Cela laissera un chicot moins visible. Photo: http://www.wsj.com 

Donc, tous les ans, prenez l’habitude de rabattre toutes les branches à 15 à 20 cm au début du printemps. Cela donnera l’effet d’une boule de feuillage coiffée de fleurs au sommet d’un tronc court, soit habituellement l’effet désiré. Comme l’hydrangée paniculée fleurit sur le bois produit au début de l’année, elle fleurira abondamment même après une taille sévère au début du printemps. 

Pour maintenir son apparence d’arbre, avec un «tronc» bien défini, supprimez aussi toute repousse qui paraît à la base de la plante ainsi que les branches qui sortent du tronc même. Cette dernière taille peut se faire en toute saison.

Pour les jardiniers plus paresseux

Quand on laisse une hydrangée paniculée (ici Pinky Winky en avant-plan, ‘Limelight’ au fond) prendre son port naturel, l’entretien est bien moindre. Photo: springmeadownursery.com

Maintenir une fausse forme à une plante vivante implique toujours un certain entretien, plus que, personnellement, je serais prêt à faire. Donc, pour les jardiniers qui sont aussi paresseux que moi, je suggère d’éviter l’hydrangée en arbre et de planter plutôt une hydrangée paniculée de forme normale — un arbuste, quoi! — que vous laisserez pousser à sa guise. Certaines ont des tiges naturellement dressées (Pinky Winky [‘Dvppinky’]) peu portées à se ployer, d’autres ont une forme plus pleureuse (‘Grandiflora’, par exemple), certaines sont même de taille restreinte (‘Bobo’ et ‘Little Lamb’). Et la couleur des fleurs, la dimension de la grappe et la saison de floraison varient aussi. À vous de choisir l’hydrangée paniculée qui correspond à vos goûts et à vos besoins!

Toutes les hydrangées paniculées se plaisent au soleil ou, à la limite, à la mi-ombre dans un sol bien drainé de qualité normale. Elles sont rustiques dans les zones 3 à 8.

Les nymphéas géants en vedette!

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Victoria cruziana, un des nymphéas géants. Photo: Mercy, Wikimedia Commons

J’ai récemment fait un voyage à Montréal pour assister au lancement du jardin aquatique au Jardin botanique de Montréal. Ce jardin, construit à l’origine en 1938 et fraîchement restauré, comprend désormais un nouvel étang central abritant les trois espèces de nymphéas géants, également appelés victorias: Victoria amazonica, V. cruziana et V. ‘Longwood Hybrid’. Et comment ne pas être impressionné par la taille énorme de leurs feuilles — jusqu’à 3 mètres de diamètre! — et de leurs fleurs gigantesques!

Ces nymphéas sont aquatiques, bien sûr. On les trouve dans la nature dans les eaux calmes du bassin amazonien dans le cas de V. amazonica et dans le bassin du Parana-Paraguay, aussi en Amérique du Sud, dans le cas de V. cruziana.

Quant à V. ‘Longwood Hybrid’, il résulte du croisement entre les deux et a été développé, comme son nom l’indique, à Longwood Gardens en Pennsylvanie… où je l’ai vu en fleurs deux semaines auparavant (oui, je me déplace souvent pour visiter des jardins!)

Le genre a été nommé en 1837 en l’honneur de la jeune reine Victoria, récemment couronnée. Depuis, il est devenu l’un des piliers des jardins botaniques du monde entier. Des nymphéas géants sont souvent cultivés en serre, car ils ont besoin de conditions tropicales. Cependant, ils peuvent aussi être cultivés à l’extérieur dans des étangs chauffés, ce qui est le cas au Jardin botanique de Montréal comme aux Longwood Gardens.

Il est difficile de croire que ces plantes géantes sont des plantes annuelles, mais c’est ainsi qu’elles sont généralement cultivées dans les jardins botaniques. À partir d’un semis fait en février en serre chaude, on réussit à produire une plante qui atteint 5 m de diamètre seulement cinq mois plus tard!

Feuille conçue pour flotter

Au revers de la feuille, on voit le système complexe de nervures qui la supporte. Photo: http://www.reddit.com

La feuille flotte sur l’eau grâce à la tension superficielle et aux épaisses nervures remplies d’air à son revers qui forment d’ailleurs une structure d’une géométrie surprenante.

On peut placer un enfant sur la feuille et elle ne s’enfoncera pas. Photo: http://www.montrealgazette.com

La feuille est mince comme du papier et se déchire facilement, mais peut néanmoins supporter le poids d’un enfant… s’il est soigneusement placé dessus. (Je suggère d’essayer cela avec un enfant autre que le vôtre.)

Le bord de la feuille est redressé comme le rebord d’une assiette à tarte, formant une barrière qui empêche l’eau environnante d’inonder le limbe de la feuille. Cependant, pour les cas où cela se produit (quand il pleut, par exemple, ou qu’un bateau passe), il y a de minuscules trous, à peine visibles, dans le limbe, conçus pour évacuer l’eau. De plus, la partie supérieure de la feuille est couverte d’une cuticule qui repousse l’eau. Ainsi le dessus de la feuille reste sec et l’envers trempe toujours dans l’eau.

Des épines féroces

Les bords et le dessus des feuilles sont munis d’épines acérées. Photo: bergenwatergardens.com

Vous ne pourrez pas vous empêcher de remarquer que le bord de la feuille exposé à la vue est recouvert d’épines. Si vous retournez la feuille, vous verrez que son revers est tout aussi piquant. Vous pourriez penser que ces épines sont conçues pour protéger la feuille des poissons ou d’autres animaux aquatiques, mais selon le jardinier responsable des victorias à Longwood Gardens, le véritable but des épines est de déchirer les plantes aquatiques concurrentes, les tranchant au fur et à mesure que la feuille se déplace dans l’eau. Avec sa grande feuille qui coupe toute lumière aux plantes submergées et ses épines qui déchirent celles qui essaient de se frayer un chemin vers le soleil, vous comprendrez que le victoria n’a pas à craindre la concurrence!

Belles fleurs aux mœurs bizarres

J’ai eu beaucoup de chance de voir cette année des fleurs de victoria dans deux jardins. Les énormes fleurs flottantes mesurent jusqu’à 40 cm de diamètre et chaque plante n’en produit généralement que deux ou trois par année, du moins en culture. Comme chaque fleur ne dure que deux jours, il faut alors faire votre visite au bon moment!

Le cycle de vie de la fleur est fascinant. 

Fleur de Victoria amazonica le premier soir. Elle est alors femelle. Photo: Bilby, Wikimedia Commons

Chaque fleur, portant de nombreux pétales (50 à 70 par fleur), s’ouvre le premier soir vers 18 h et est alors blanc crème. À ce stade, la fleur est femelle, avec un stigmate réceptif. Cette première nuit, la fleur dégage un parfum intense, rappelant un peu celui de l’ananas, et produit aussi une chaleur jusqu’à 11 °C supérieure à celle de l’air ambiant, et ce, afin de mieux diffuser l’odeur. Cela attire de petits coléoptères (Cyclocephala spp.) qui arrivent en masse pour se nourrir à l’intérieur de la fleur (ils consomment des staminoïdes produits spécialement pour eux)… et aussi pour s’y accoupler, car la fleur est aussi un lieu de rencontre.

La deuxième nuit, la fleur est rose et mâle. Photo: worldoffloweringplants.com

La fleur se ferme sur eux pendant la journée, les emprisonnant à l’intérieur… où ils continuent de se nourrir. Le lendemain soir, la fleur s’ouvre à nouveau, mais est alors rose à rougeâtre et inodore. Les staminoïdes nourricières s’assèchent aussi, ne nourrissant plus les coléoptères. Et la fleur est devenue mâle, avec des étamines fertiles qui couvrent les coléoptères de pollen quand ils quittent la fleur. Ils partent à voler… pour atterrir rapidement sur la fleur femelle intensément parfumée d’une autre plante. Alors, le processus se répète, jour après jour, garantissant une pollinisation croisée.

Lorsque les nymphéas géants sont cultivés en dehors de l’Amérique du Sud, par contre, le type de coléoptère nécessaire à leur pollinisation n’est pas disponible. Il faut alors polliniser les fleurs à la main.

La guerre des victorias

Illustration d’une fleur de Victoria amazonica à son épanouissement de Walter Hood Fitch, illustrateur botanique à Kew Gardens au 19e siècle.

La découverte du victoria de l’Amazonie (V. amazonica, à l’origine appelé Victoria regia) par Sir Richard Schomburgk en 1937 provoqua une frénésie parmi les jardins botaniques du monde entier. Chacun voulait être le premier à cultiver cette plante exotique, mais sans succès. Le victoria semblait impossible à cultiver en dehors de ses pays d’origine. (Les graines exigent une température d’au moins 32 °C pour germer, mais personne ne se doutait de ce facteur limitant à l’époque.)

Toutefois, en 1849, des graines envoyées à Kew Gardens (près de Londres, en Angleterre) et qui furent soigneusement conservées dans de l’argile humide pendant leur long voyage de presque cinq mois depuis l’Amazonie, germèrent, mais les plantes produites restèrent chétives (encore, une question de manque de chaleur). Cependant, Joseph Paxton, jardinier en chef du sixième duc de Devonshire à Chatsworth House, où se trouvait l’un des plus beaux jardins de l’époque, avait récemment construit une serre tropicale à laquelle il ajouta alors un énorme bassin spécialement chauffé. Il réussit à obtenir une jeune plante de Kew Garden et celle-ci prospéra dans l’ambiance chaude et humide de la serre, avec des feuilles qui atteignirent une taille presque record.

Le 2 novembre 1849, le duc annonça à la reine Victoria qu’une première fleur devait ouvrir le soir même et organisa rapidement une grande réception avec orchestre à l’appui. La jeune reine vint en début de soirée avec la cour royale, au son de «God Save the Queen», bien sûr, et put voir et sentir la première fleur de victoria à fleurir en culture.

Le duc a aussi invité les journaux de l’époque… mais pas le même soir que la reine, bien sûr! 

Illustration de l’Illustrated London News montrant le bassin de victorias de Paxton… avec sa fille debout sur une feuille.

Ainsi, le 14 novembre 1849, l’Illustrated London News mettait en première page une illustration de la fille de Paxton debout sur une feuille dans le vaste bassin rempli de feuilles géantes et de fleurs. L’illustration fit sensation et fut reproduite dans les journaux à travers le monde.

Les victorias demeurent toujours de grandes vedettes de nos jours et vous pouvez être sûr qu’ils apparaissent régulièrement dans les reportages des médias du monde entier.


Les nymphéas géants: non, ce ne sont pas des plantes que vous voudriez nécessairement cultiver dans votre propre jardin, mais ce sont certainement des plantes remarquables à voir absolument un jour. Habituellement, elles sont à leur plus belles à la fin de l’été et au début de l’automne. Donc… allez vite les voir dans le jardin botanique le plus près de chez vous, dont maintenant au Jardin botanique de Montréal.