Kiwi mâle ou femelle?

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Kiwi arctique en fruits. Photo: University of Minnesota Extension

Vous avez planté un kiwi rustique (Actinidia arguta, zone 4b) ou un kiwi arctique (Actinidia kolomitka, zone 3) il y a quelques années, mais il ne produit pas encore de fruits. En faisant des recherches pour comprendre pourquoi, vous vous rendez compte qu’il aurait fallu planter au moins deux kiwis, un mâle et une femelle, car la plante est dioïque (les fleurs mâles et femelles apparaissent sur des plantes séparées), donc il faudrait planter un compagnon ou une compagne pour votre célibataire, mais vous ne trouvez plus l’étiquette qui indiquait sans doute le sexe de la plante. Comment alors déterminer si votre kiwi est mâle ou femelle?

Vous ne pouvez pas déterminer le sexe d’un kiwi juste à le regarder. Seul un examen de la fleur vous permettra vraiment de juger. Quand alors votre kiwi est en fleurs, voici quoi rechercher:

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La fleur mâle produit de nombreuses étamines couvertes de pollen jaune. Photo: Apple2000, Wikimedia Commons

La fleur mâle produit, au centre de la fleur, un dôme d’étamines couvertes de pollen jaune. Quand vous touchez les étamines, du pollen jaune restera sur votre doigt.

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Des stigmates blancs ressortent des fleurs femelles. Photo: Mnolf, Wikimedia Commons

La fleur femelle produit des fleurs avec étamines en périphérie, mais elles sont stériles et ne produisent pas de pollen viable. Au centre, toutefois, vous verrez plutôt des stigmates blancs, collants au toucher, qui ressortent de la fleur.

Et voilà! Simple n’est-ce pas? Mais il faut vérifier pendant que la plante est en fleurs.

La couleur de son feuillage peut (parfois) aider

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Actinidia kolomikta ‘Arctic Beauty’

On peut, à un degré limité, déterminer le sexe du kiwi arctique (A. kolomikta) par la couleur de son feuillage. En effet, le cultivar le plus vendu, A. kolomikta ‘Arctic Beauty’, offre un feuillage fortement panaché de blanc et de rose… et c’est un mâle. Vous pouvez alors présumer que si votre kiwi est très coloré, il est probablement mâle. Mais… les cultivars femelles aussi sont panachés à divers degrés et d’autres cultivars mâles peuvent être à feuillage entièrement vert ou légèrement à moyennement panaché, donc la couleur du feuillage est plus un indice du sexe de la plante qu’une preuve.

Quand un kiwi ne produit pas de fruits

Normalement, le kiwi rustique est une grimpante très robuste qui produit beaucoup de fruits, du moins, quand vous avez au moins une plante mâle pour polliniser jusqu’à huit femelles. Et il très adaptable quant aux conditions nécessaires pour réussir, poussant au soleil ou à l’ombre dans presque n’importe quel sol bien drainé. Voici quelques raisons pour lesquelles il ne fructifie pas :

  1. Il est trop jeune

Il faut une bonne patience avec les kiwis. La plupart ne fleurissent que modestement avant l’âge de 3 ans et ne commencent à produire qu’à 5 à 7 ou même 9 ans.

  1. Il n’est pas assez rustique.
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Le kiwi du supermarché, A. deliciosa, n’est rustique que dans les zones 8 à 9.

Tout kiwi cultivé dans une zone plus froide que celle pour laquelle il est recommandé ne produira probablement jamais de fruits, car il fleurit à partir de nouvelles tiges qui se développent sur les jeunes branches formées l’année précédente. Si celles-ci sont endommagées ou tuées par un hiver froid, il n’y aura pas de fruits. Vous devez donc planter votre kiwi dans une zone de rusticité pour laquelle il est adapté.

Le kiwi chinois, celui des supermarchés, aux gros fruits poilus, est A. deliciosa (anciennement A. chinensis). Il n’est pas assez rustique pour les régions froides. Il pousse mieux dans les zones 8 à 9, mais peut parfois réussir en zone 7. Dans le nord, il faut le cultiver en serre.

Le kiwi rustique ou kiwaï (A. arguta) est, comme son nom commun le suggère, plus rustique: zone 4b ou 5, selon le cultivar. Malgré sa rusticité, ce n’est pas un bon choix pour les régions aux étés courts, car les fruits prennent environ 150 jours pour mûrir. Ses fruits sont petits, verts et lisses. Aussi, il lui arrive souvent de geler au sol pendant l’hiver, même en zone 5. La plante n’en meurt pas pour autant, mais la récolte de l’année est alors perdue.

Le kiwi arctique (A. kolomikta) est le kiwi de choix pour les jardiniers nordiques. Il est rustique en zone 3 et ses fruits mûrissent assez tôt, habituellement à la fin d’août ou en septembre. Ses fruits sont petits, verts et lisses. Souvent, mais pas toujours, son feuillage est panaché de blanc ou de blanc et rose, un autre atout pour le jardinier.

  1. C’est une variété naturellement peu fructifère.
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En région froide, le cultivar ‘Issai’ donne des résultats très décevants… ce qui n’empêche pas les marchands de le vendre.

Curieusement, le kiwi rustique le plus vendu ne produit presque jamais de fruits (du moins, au Québec)! ‘Issai’, vendu comme un kiwi rustique (A. arguta), mais en fait un hybride (A. arguta x A. rufa), est souvent offert comme une variété de choix pour les jardiniers n’ayant pas assez d’espace pour deux kiwis, un mâle et une femelle, car on dit qu’il est bisexué. (En fait, ‘Issai’ est 100% femelle, mais parthénocarpique: il peut produire une quantité limitée de fruits sans pollinisation.) De plus, on dit qu’il fructifie jeune, après seulement 2 ou 3 ans, et est naturellement de taille restreinte.

Mais cette variété est souvent décevante. Sa production sans pollinisateur est très faible (quelques fruits par plante par année) et elle ne produit pas du tout dans les régions froides (rarement en zone 5b ou moins, plus fidèlement en zone 6b ou plus). Il est d’ailleurs surprenant que cette variété faiblarde soit même en vente au Québec, tellement qu’elle est décevante sous son climat! Elle est toutefois raisonnablement productive en Europe, où le climat est plus doux… mais seulement en présence d’un kiwi rustique (A. arguta) mâle.

  1. Les deux plantes ne sont pas de la même espèce

Quand vous plantez un kiwi mâle et un ou plusieurs kiwis femelles, il faut vous assurer qu’ils sont de la même espèce. Autrement dit, un kiwi arctique mâle (A. kolomikta) ne peut polliniser efficacement qu’un kiwi arctique femelle et un kiwi rustique mâle (A. arguta) ne peut polliniser efficacement qu’un kiwi rustique femelle.

  1. Les pollinisateurs manquent dans votre secteur
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Bourdon (Bombus sp.) Photo: Buzzy Bee, Kiwi Flickr

Habituellement, les fleurs de kiwi sont pollinisées par des abeilles, mais pas nécessairement par l’abeille domestique (Apis mellifera). Elle trouve le kiwi trop chiche, car ses fleurs produisent peu de nectar. Par contre, les bourdons (Bombus spp.), de grosses abeilles poilues, fréquentent volontiers les fleurs de kiwi. D’ailleurs, de plus en plus de producteurs commerciaux de kiwis utilisent des bourdons d’élevage comme pollinisateurs. Là où les bourdons sont absents, il faut penser polliniser les fleurs manuellement.

  1. Un gel tardif a tué les boutons floraux

Cela arrive quand il y a un gel sévère pendant que la plante est en boutons ou en fleurs. Curieusement, il y a plus de risque de gel tardif dommageable sous un climat doux, où la croissance des plantes démarre tôt, qu’en région froide, où la floraison est naturellement retardée.


Essentiellement, les kiwis rustiques sont de culture très facile, mais il faut choisir une variété appropriée, planter au moins une plante de chaque sexe et de la bonne espèce… et être très, très patient!20170617A University of Minnesota Extension

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Nourrissez la microflore et la microfaune de votre sol en priorité et la plante va vous remercier au centuple

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Nourrissez le sol avec du compost plutôt que les plantes avec des engrais de synthèse et vous verrez comme vos plantes poussent bien!

Je reçois souvent des messages fort intéressants des lecteurs de mon blogue. En voici un que j’air reçu suite au blogue intitulé Engrais ou compost et qui mérite d’être largement partagé.

J’aurais aimé que vous disiez à vos lecteurs et lectrices que les plantes (toutes les plantes y compris les arbres) se nourrissent à 90% des éléments contenus dans l’air! – CO2 + H2O (photosynthèse) = C6-H12-O6 (sucre) + O2 (qu’on respire !) – et que seulement 10 % des nutriments au maximum proviennent des microéléments du sol.

Ils seront surpris de constater que les composts servent à nourrir les microorganismes (champignons, bactéries) du sol, et non pas la plante elle-même!

Nourrir le sol est plus payant que nourrir la plante synthétiquement avec l’ajout d’engrais et qu’à la longue (vous avez raison) si l’on ne nourrit pas le sol, il faudra toujours apporter de plus en plus de nutriments chimiques pour obtenir un rendement équivalent sinon diminué.

Amitié,

Yvon Beaulieu
Biologiste médical

Des ormes d’Amérique résistants à la maladie hollandaise

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Le majestueux orme d’Amérique, autrefois si populaire comme arbre de rue. Photo: Msact, Wikimedia Commons

L’orme d’Amérique (Ulmus americana) est un si bel arbre, avec son beau port en parasol, et il fut longtemps l’arbre de rue la plus populaire en Amérique du Nord. Malheureusement, il est sérieusement menacé par la maladie hollandaise de l’orme (Ophiostoma spp.), aussi appelée graphiose, une maladie transportée par un insecte perceur, le scolyte. On voit d’abord les feuilles d’une branche jaunir en plein été, puis plus de branches sont atteintes l’année suivante. L’arbre meurt en moins de trois ans.

La maladie, probablement originaire de l’Asie, sévit en Europe depuis 1910, mais ne fut identifiée qu’en 1921 aux Pays-Bas (d’où son nom). Elle est arrivée en Amérique du Nord en 1928 quand du bois d’orme contenant des scolytes fut livré des Pays-Bas à New York. Depuis, la France a perdu 90% de ses ormes alors que plus de 77 millions d’ormes sont morts en Amérique du Nord. Dans les régions atteintes, les rares ormes matures survivants sont souvent maintenus en vie par des traitements coûteux qu’il faut répéter tous les 2 ou 3 ans.

Dans les régions froides, où le scolyte hiverne difficilement, la maladie se répand moins rapidement, mais quelques scolytes peuvent quand même voler de régions plus au sud pour atteindre les arbres nordiques et ainsi transmettre la maladie. Elle est considérée comme absente de l’Alberta et, grâce aux Rocheuses, qui crée une barrière efficace, de la Colombie-Britannique aussi, alors que les villes canadiennes de Winnipeg et de Québec ont encore une importante population d’ormes d’Amérique en santé, mais ont dû mettre en place des programmes agressifs de protection pour les préserver, notamment en abattant rapidement tout arbre atteint de la maladie.

Hybridation et sélection

Toutefois, depuis l’arrivée les années 1940, de nombreux chercheurs travaillent à sauver l’orme et leurs recherches commencent à porter fruit.

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L’orme Accolade™ ‘Morton’ est un orme hybride de parents inconnus qui s’est montré très résistant à la maladie hollandaise.

On a trouvé, par exemple, des spécimens d’orme d’Amérique qui ont résisté à la maladie malgré la disparition des autres ormes de leur secteur et qui continuent de résister même quand on les inocule artificiellement avec des spores de graphiose. Non, ils ne sont pas complètement immuns à la maladie: ils peuvent notamment l’attraper si on les cultive sous des conditions stressantes, comme à la suite de sécheresses répétées, mais on rapporte néanmoins du succès à long terme, souvent depuis plus de 40 ans, avec plusieurs d’entre eux.

Aussi, on a développé, notamment par croisements avec des espèces asiatiques, naturellement résistantes à la maladie, des variétés hybrides qui ont le port et le comportement d’un orme d’Amérique et la résistance exceptionnelle à la graphiose des ormes asiatiques. Généralement, les ormes hybrides sont de taille plus modeste que l’orme d’Amérique… pas nécessairement une mauvaise chose si l’on prend en considération la taille plus restreinte des terrains modernes.

Évitez les ormes greffés

Si vous achetez un orme américain (U. americana) résistant à la graphiose, assurez-vous d’obtenir une plante non greffée. Le greffage d’une variété résistante sur un semis ordinaire d’orme d’Amérique (technique utilisée par certains producteurs) aura comme effet d’annuler la résistance de l’arbre!

Ormes résistants à la maladie hollandaise

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L’orme d’Amérique ‘Princeton’. Photo: Mr. Matté, Wikimedia Commons

Voici une liste de quelques ormes qui offrent la majesté de l’orme d’Amérique et une bonne résistance à la maladie hollandaise de l’orme. Il est généralement possible de trouver une ou deux variétés résistantes dans toute bonne pépinière.

  1. U. x Accolade™ ‘Morton’ zone 4
  2. U. americana ‘Brandon’ zone 3
  3. U. americana ‘Delaware’ zone 3
  4. U. americana ‘Independence’ zone 3
  5. U. americana ‘Jefferson’ zone 4
  6. U. americana ‘New Harmony’ zone 4
  7. U. americana Prairie Expedition™ ‘Lewis and Clark’ zone 3
  8. U. americana ‘Princeton’ zone 4
  9. U. americana ‘St. Croix’ zone 4
  10. U. americana ‘Valley Forge’ zone 4
  11. U. americana ‘Washington’ zone 3
  12. U. x ‘Arno’*, zone 6
  13. U. x ‘Cathedral’, zone 4
  14. U. x Commendation™ ‘Morton Stalwart’, zone 4
  15. U. x Danada Charm™ ‘Morton Red Tip’, zone 4
  16. U. davidiana japonica ‘Jacan’ zone 3
  17. U. davidiana japonica ‘Discovery’ zone 3
  18. U. davidiana japonica ‘Freedom’ zone 3
  19. U. davidiana japonica (anc. U. wilsoniana) ‘Prospector’ zone 4b
  20. U. x ‘Fiorente’*, zone 6
  21. U. x ‘Frontier’ zone 5
  22. U. x ‘Homestead’ zone 4
  23. U. x ‘New Horizon’ zone 4
  24. U. x ‘Patriot’ zone 4b
  25. U. x ‘Pioneer’ zone 4b
  26. U. x ‘Plinio’*, zone 6
  27. U. x ‘Rebona’ zone 4
  28. U. x ‘Regal’ zone 5
  29. U. x Resista® ‘Sapporo Autumn Gold’ zone 4
  30. U. x ‘San Zanobi’*, zone 6
  31. U. x Triumph™ ‘Morton Glossy’ zone 4
  32. U. x Vanguard™ ‘Morton Plainsman’, zone 4

*Variétés développées spécifiquement pour les climats tempérés doux (zones 6 à 9).20170615A Msact, WC

L’herbicyclage: parfait pour le jardinier paresseux

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Laissez les rognures sur place pour une belle pelouse.

Saviez-vous qu’il n’est pas nécessaire de ramasser les brins d’herbe résultant de la tonte d’un gazon? En effet, si vous les laissez sur place, les résidus de coupe fondront rapidement dans le gazon, habituellement en 24 heures, et feront la joie des vers de terre. Et en se décomposant, les rognures nourrissent le gazon, car elle contiennent abondamment d’azote, de phosphore, de potassium, les minéraux les plus prisés par le gazon. Ainsi, chaque fois que vous tondez, vous fertilisez votre gazon: c’est en fait du recyclage sur place! On appelle cela l’herbicyclage.

Et c’est si facile à faire. Si votre tondeuse est munie d’un sac ou d’un bac d’ensachage, enlevez-le et mettez-la en mode déchiqueteur (mulching). Le manuel fourni avec la tondeuse vous expliquera comment le faire. Puis vous tondez, laissant les retailles où elles tombent. Rien de plus facile!

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La lame déchiqueteuse réduit la longueur des brins d’herbe.

D’ailleurs, la plupart des tondeuses modernes sont munies d’une lame déchiqueteuse, lame de forme ondulée qui réduit les brins d’herbe en très petits morceaux, ce qui facilite leur décomposition. Autrement dit, elles sont spécifiquement conçues pour l’herbicyclage!

De nombreux avantages

En plus de fertiliser votre pelouse, l’herbicyclage offre plusieurs avantages:

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Tant d’effort dépensé à ramasser l’herbe tondue quand vous pourriez la laisser se décomposer sur place! Photo: ZUHAUSE.net

  • Vous économiserez du temps lors de la tonte, car vous n’aurez pas à ramasser et à ensacher les résidus. Une étude suggère une économie de 35 minutes par session de tonte pour une pelouse moyenne;
  • Comme le gazon tondu fournit une bonne partie des minéraux dont la pelouse a besoin pour bien pousser, vous réduirez énormément le coût de l’engrais. Et aussi sa fréquence d’application. Avec l’herbicyclage, une seule application annuelle d’engrais biologique à dégagement lent, à la moitié de la dose recommandée, suffira normalement pour maintenir une pelouse de première qualité;
  • Les résidus fournissent aussi de l’eau au gazon, réduisant la fréquence (ou même le besoin) d’arrosage;
  • Un gazon nourri de ses propres feuilles est plus résistant aux maladies et aux insectes qu’un gazon fertilisé uniquement avec des engrais de synthèse.

C’est la loi!

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Dans beaucoup de municipalités, il est illégal mettre les rognures de gazon aux ordures.

Les rognures de gazon ensachées représentent souvent près de 50% des déchets solides résidentiels ajoutés aux sites d’enfouissement municipaux pendant l’été, un coût énorme pour la municipalité et un cauchemar environnemental. En conséquence, de nombreuses municipalités, peut-être même la vôtre, ont interdit la mise des rognures de gazon aux ordures. Ensacher les retailles de gazon et les placer pour que le camion à ordures les ramasse peut entraîner des amendes. Essentiellement, donc, dans ces municipalités, vous devez vous-même disposer de vos rognures de gazon: c’est la loi! 

C’est d’ailleurs le cas dans ma municipalité… sauf que la ville ne semble pas appliquer sa propre réglementation. Beaucoup de mes voisins déposent encore leurs déchets de gazon le long de la rue comme ils l’ont toujours fait et ne sont pas importunés pour autant. C’est regrettable pour l’environnement que ces lois ne soient pas davantage appliquées: les propriétaires seraient beaucoup plus susceptibles de recycler les rognures de gazon s’ils avaient peur de devoir payer une amende salée!

Les rognures réduisent le chaume

Plusieurs jardiniers craignent que, s’ils ne ramassent pas les rognures, trop de chaume (feutre), soit plus que 1,25 cm d’accumulation, se forme sur leur gazon, mais c’est tout à fait le contraire de ce qui se produit. Cette couche de «matière morte» à la surface du sol est en fait composée d’un mélange de rhizomes et de racines de graminées morts et vivants, non pas de résidus de tonte. Ce qui encourage un excès de chaume est l’application excessive de pesticides sur un gazon, une fertilisation à outrance avec des engrais de synthèse et une tonte trop courte. Les rognures d’herbe, compte tenu de leur capacité de maintenir la couche de chaume plus humide et à mieux nourrir les microorganismes qui consomment les racines et rhizomes morts, réduisent l’épaisseur du chaume dans les situations où il a tendance à s’accumuler.

Traitez votre pelouse avec le respect qu’elle mérite et le chaume disparaîtra de lui-même!

Tondez haut et régulièrement

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Si vous tondez trop ras, il y aura un excès de résidus par endroit, excès qu’il faudrait étaler avec un râteau. Photo: Gardena

Le seul bémol de l’herbicyclage est que si vous tondez très court un gazon que vous avez laissé monter un peu trop haut, il peut arriver que trop de résidus de tonte tombent sur la pelouse à la fois, laissant par endroit des amas de résidus tellement épais que ni le soleil ni l’air ne peuvent pas passer et qui ne se décomposent pas rapidement, ce qui nuira au gazon en dessous. Si cela arrive, il faut retourner défaire ces amas avec un râteau de gazon pour les étendre plus également, un travail supplémentaire ingrat.

Idéalement, le jardinier paresseux tondra son gazon à une hauteur de 7,5 cm (3 pouces) quand il aura atteint environ 10 cm (4 po) de hauteur. Si vous tondez «haut» (7,5 cm) et relativement souvent (environ aux 6 à 11 jours en période de croissance, moins souvent ou pas du tout en période de sécheresse), les brins d’herbe seront d’exactement la bonne longueur pour se décomposer en seulement 24 heures.


L’herbicyclage: une technique qui semble faite sur mesure pour les jardiniers paresseux. Imaginez, vous travaillez moins et obtenez de meilleurs résultats!20170614A

 

Bégonia Unbelievable Miss Montreal

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Bégonia Unbelievable Miss Montreal déborde de fleurs. Photo: Dümmen Orange

Parfois, le hasard fait bien des choses et c’est le cas du lancement du bégonia Unbelievable Miss Montreal (Begonia Unbelievable™ Miss Montreal).

Ce nouveau bégonia tubéreux a été introduit ce printemps, en plein à temps pour le 375e anniversaire de la ville de Montréal, mais j’ai vérifié auprès de l’obtenteur, Dümmen Orange, une compagnie néerlandaise spécialisée dans les nouveautés horticoles, et le responsable a dit que le choix du nom n’avait rien à voir avec l’anniversaire! Le nom ‘Miss Montreal’ a été choisi plutôt pour souligner l’exceptionnelle résistance au froid de ce bégonia, car j’imagine que pour un Néerlandais, Montréal doit sembler être l’équivalent du pôle Nord.

Description

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Bégonia Unbelievable Miss Montreal: la coloration est variable, mais toujours harmonieuse. Photo: Dümmen Orange

Ce très beau bégonia tubéreux, le résultat de croisements complexes entre le bégonia tubéreux classique (B. x tuberhybrida) et le bégonia de Bolivie (B. boliviensis), est actuellement en vente en pépinière un peu partout. Il s’agit d’une plante semi-retombante aux tiges nombreuses d’abord dressées puis arquées, formant un monticule de 25 à 55 cm de hauteur et de 45 à 50 cm de diamètre qui débordera très joliment d’un panier suspendu ou d’une balconnière. À leur épanouissement, les fleurs de 7,5 cm sont blanc crème rehaussé de jaune pâle, mais un rose pastel très pâle les gagne par la suite. La marge rose corail reste, offrant à la fleur une belle définition. Les feuilles vert foncé bronzé et pointues aident à mettre les fleurs en valeur.

La plante fleurit abondamment pendant tout l’été, jusqu’au milieu de l’automne, même quand les températures commencent à baisser, montrant alors une résistance au froid exceptionnelle. La floraison est autonettoyante, donc il n’est pas nécessaire de supprimer les fleurs fanées pour maintenir une belle floraison.

Culture

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Bégonia Unbelievable Miss Montreal remplit rapidement l’espace qu’on lui alloue . Photo: Dümmen Orange

Plantez-le dans un sol riche et bien drainé à la mi-ombre (sa préférence) ou au soleil. On peut le cultiver en pot ou en pleine terre. Vous pouvez ajouter un engrais biologique tout usage au terreau à la plantation. En pleine terre, espacez les plants de 30 à 40 cm pour assurer une couverture complète. En pot, il peut très bien pousser tout seul, mais sera intéressant aussi en paniers mixtes.

Pendant l’été, assurez-vous que la plante ne manque pas d’eau. En période de sécheresse, un arrosage aux 5 à 7 jours suffit habituellement.

À l’automne, quand le gel a rabattu les feuilles, rentrez le tubercule dans la maison pour l’hiver. Placez-le dans un cabanon ou un garage pendant environ une semaine. Quand les tiges se détachent presque toutes seules, enlevez-les.

Si votre plante est cultivée en pot, il est souvent plus pratique de laisser son tubercule dans le pot l’hiver, sans arrosage. Si vous préférez conserver le tubercule à nu, nettoyez-le bien et remisez-le dans une boîte ajourée, l’entourant de papier journal déchiqueté ou de tourbe horticole. Remisez le tubercule dans un endroit frais et sec, mais libre de gel pendant l’hiver.

Au printemps, environ 6 à 8 semaines avant la date où vous prévoyez le placer à l’extérieur, empotez le tubercule (s’il a été entreposé à nu) et recommencez à arroser doucement. Trouvez dans votre demeure un emplacement moyennement éclairé et à la température de la pièce et en peu de temps, votre bégonia Unbelievable Miss Montreal sera en pleine feuillaison et, peu après, en fleurs aussi, juste ce qu’il faut pour bien lancer une nouvelle saison de floraison!20170613B Unbelievable Miss Montreal_21244

Engrais ou compost?

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20170611A.jpgBeaucoup de jardiniers veulent savoir ce qu’ils devraient appliquer pour «nourrir» leurs plantations: de l’engrais ou du compost? En fait, on peut utiliser l’un ou l’autre… mais il y a des différences.

Engrais

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Les 3 chiffres indiqués sur un engrais indiquent le pourcentage en azote, phosphore et potassium.

En bref, l’engrais (ou fertilisant) est composé de minéraux concentrés, surtout de macronutriments azote, phosphore, potassium. C’est le célèbre N-P-K, les trois chiffres qui figurent en gros caractères sur le sac ou boîte d’engrais. Mais votre engrais comprend probablement aussi le macronutriment calcium et peut-être les deux macronutriments restants: soufre et magnésium (les pourcentages seront alors indiqués ailleurs sur l’étiquette).

Aussi, surtout si c’est un engrais biologique, il contiendra d’autres minéraux: les micronutriments ou oligo-éléments, comme le bore, le cuivre, le cobalt, le fer, le manganèse, le molybdène et le zinc, dont les plantes ont besoin pour leur croissance,  mais seulement en d’infimes quantités.

Ses minéraux se dissolvent assez prestement et peuvent être absorbés rapidement par les racines des plantes. Par contre, ils n’aident nullement maintenir ou améliorer la texture du sol. Ainsi, un sol régulièrement fertilisé, mais sans ajout d’amendements pour maintenir sa qualité, se dégrade peu à peu.

Compost

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Le meilleur compost est le compost que vous fabriquez vous-même! Photo: PPD, pixnio

Le compost est un amendement de sol résultant de la décomposition de matière organique: résidus de tontes, restes de nourriture, feuilles mortes, matériel végétal mort, etc. Il contient aussi la gamme complète de minéraux, dont les macronutriments (azote, phosphore, potassium, calcium, soufre et magnésium) et généralement aussi toute la gamme des micronutriments, mais à taux très réduit. Ce qu’il contient surtout, c’est de la matière organique. Ajouté au sol, il l’allège et lui donne une qualité supérieure.

Ajouté au sol, le compost contient généralement assez de minéraux pour contenter les plantes à croissance lente, mais il peut être nécessaire de rajouter un engrais dans le cas des plantes à croissance rapide, comme les légumes.

Compost ou compost et tourbe?

Les vrais composts, comme le compost domestique que vous avez préparé vous-même ou le vermicompost, correspondent parfaitement à la définition d’un compost. Toutefois, la plupart des composts commerciaux, comme le compost de fumier de vache, le compost de crevettes et le compost de fumier de mouton, ne sont pas des composts purs, mais un mélange de tourbe horticole («peat moss») et de compost avec souvent un peu de chaux pour contrer l’acidité de la tourbe. Ils allègent le sol, mais contiennent très peu de minéraux. Il est d’ailleurs difficile, voire impossible, de déterminer le pourcentage de véritable compost dans ces mélanges, car il n’est presque jamais indiqué sur l’étiquette. Certains en contiennent très peu et sont alors surtout constitués de tourbe.

Normalement, il est toujours nécessaire d’utiliser un engrais en conjonction avec ces composts dilués.

Tout dans une seule phrase

Parfois on utiliser la phrase : l’engrais nourrit les plantes, le compost nourrit le sol. C’est une explication un peu simple, mais assez proche de la réalité.20170611A

Laking Garden: la floraison à sa meilleure!

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Laking Garden: des iris à perte de vue!

Écrire un blog pendant que vous voyagez est difficile, surtout lorsque vous êtes le guide-accompagnateur du voyage et que vous avez 46 personnes dont vous devez vous occuper. Habituellement, j’essaie d’éviter de le faire: c’est tout simplement trop épuisant!

Mais…. me voilà assis devant mon ordinateur à 21 h après une journée entière passée à visiter de beaux jardins et j’ai davantage envie de me coucher que d’écrire! Mais j’ai vu un spectacle de floraison si extraordinaire que je ne peux pas m’empêcher de le partager… le plus vite possible.

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Des centaines de pivoines vous attendaient au Laking Garden… la plupart se tenant fièrement debout sans le moindre tuteur.

En effet, notre visite à Laking Garden, qui fait partie des Jardins botaniques royaux de Hamilton (Ontario, Canada), a vraiment été extraordinaire. Sous un soleil radieux, nous avons pu visiter ce vaste jardin fleuri, largement dédié à une immense collection d’iris et de pivoines, absolument au faîte de la floraison. Étant donné que le voyage a été prévu des mois à l’avance et que la floraison aurait pu être terminée ou pas encore commencée lors de notre visite, nous étions extraordinairement chanceux. Au cours des années, j’ai visité ce jardin à de nombreuses reprises, mais je ne l’ai jamais vu aussi beau!

Si vous aimez les iris et les pivoines, notez l’information suivante à votre agenda:  il vous faut visiter Laking Garden vers la mi-juin. Comment les iris barbus restent rarement en fleurs plus de 10 jours et les pivoines persistent à peine plus longtemps, il faut vraiment cibler la bonne date.

Faites une visite merveilleuse, qu’elle soit virtuelle ou réelle!

Quelques variétés coup de cœur

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Iris barbu ‘Hello Darkness’

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Iris de Sibérie ‘Pennywhistle’

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Iris barbu ‘Florentine Silk’

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Iris barbu ‘Mystery Book’

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Paeonia lactiflora ‘June Rose’

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Paeonia lactiflora ‘Rare China’

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Paeonia lactiflora ‘Ellen Cowley’

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