L’histoire nébuleuse du trèfle irlandais

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20170317A.pngAujourd’hui, le 17 mars, c’est la Fête de la Saint-Patrick, une fête célébrée partout au monde où le peuple irlandais est disséminé… c’est-à-dire presque partout. Moi-même je compte des ancêtres irlandais… et je ne suis pas seul. On estime que jusqu’à 40% des Québécois francophones ont des ancêtres irlandais.

Que le trèfle soit le symbole du peuple irlandais est très bien connu et il est d’ailleurs l’emblème officiel de l’Irlande, mais savez-vous d’où vient cette tradition?

Et Saint Patrick prit une feuille…

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Saint Patrick lors du traditionnel défilé de la Saint-Patrick à Boston, É-U. Photo: Laura Siegert, Wikimedia Commons

Patrick d’Irlande ou Saint Patrice est un personnage presque mythique. Bien que qu’il ait sans doute véritablement existé, il y a tellement d’histoires et de légendes à son égard que les historiens ont de la difficulté à déterminer ce qui s’est véritablement passé. Il est d’ailleurs même possible qu’il y ait eu deux Patrick d’Irlande et que leurs histoires soient entremêlées.

Voici une esquisse rapide de ce qui aurait été (peut-être) la vie de Saint Patrick.

Né en ce qu’on appelle aujourd’hui l’Angleterre vers l’an 385, il aurait été enlevé par des pirates irlandais à l’âge de 16 ans et vécut alors comme esclave dans ce pays pendant 6 ans. C’est pendant cette période qu’il devint un chrétien dévot.

S’échappant de ses maîtres, il retourna dans sa famille, fit des études et devint prêtre. En 432, le pape Célestin, apprenant qu’il parlait irlandais, l’envoya en Irlande pour évangéliser le peuple jusqu’alors païen, sans trop de succès au début. Cependant, lors d’un sermon impromptu au Rock de Cashel, il se pencha et pris une feuille de trèfle, expliquant que ses trois folioles représentaient la Saint-Trinité. Ce mini-miracle plut aux Irlandais qui se convertirent rapidement au christianisme.

Patrick devint le premier évêque d’Irlande et mourut le 17 mars 461… et le trèfle, que les Irlandais appellent shamrock (seamróg), devint le symbole-même de l’Irlande.

Mais quel trèfle?

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L’un des prétendants au titre de trèfle irlandais, le petit trèfle jaune (Trifolium dubium). Photo: Kenraiz, Wikimedia Commons

Il reste un problème. De quel trèfle s’agit-il? Le mot shamrock ne le precise pas: il peut s’agir de n’importe quelle plante à 3 folioles. Au cours des années, différents experts ont proposé que le vrai trèfle irlandais soit le petit trèfle jaune (Trifolium dubium), le trèfle blanc (T. repens), le trèfle rouge (T. pratense), la luzerne (Medicago lupulina), tous des Fabacées, et même l’oxalide des bois (Oxalis acetosella), d’une autre famille complètement. D’ailleurs, aucune de ces plantes n’est unique à l’Irlande: ce sont des plantes assez communes dans tout l’hémisphère nord.

Quant aux Irlandais, un sondage tenu en 1988 indique que environ 45% considèrent que le petit trèfle jaune (T. dubium) est leur emblème, mais un tiers préfèrent le trèfle blanc (T. trifolium)… et les autres ont d’autres opinions. Donc, pas de consensus là non plus.

Le trèfle irlandais chez nous

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Trèfle blanc (Trifolium repens). Photo: Ranko, Wikimedia Commons

Si vous trouvez des potées de trèfle à petites feuilles bien vertes en vente à la Saint-Patrick (une tradition dans bien des pays), il s’agit inévitablement du trèfle blanc (T. repens), le même trèfle qui pousse dans nos gazons. Cette plante de climat froid est assez éphémère en pot et ne survit pas longtemps à moins qu’on la plante en pleine terre.

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Trèfle d’appartement (Oxalis triangularis)

Il y a bien le trèfle d’appartement (Oxalis triangularis, anciennement O. regnellii), aussi appelé oxalis à folioles triangulaires, qui est parfois vendu sous le nom «trèfle irlandais» et qui fait une excellente et durable plante d’intérieur, mais cette plante vient d’Amérique du Sud. Si vous voulez le cultiver comme trèfle irlandais, toutefois, allez-y.


On dit que tout le monde est Irlandais lors de la Fête de la Saint-Patrick. Portez alors du vert… et mettez votre plante de trèfle irlandais, peu importe qu’elle soit vraie ou fausse, en vedette pour la journée.20170317A

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Les 10 plus beaux jardins nord-américains

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La Conférence nord-américaine jardin et tourisme, qui a eu lieu à Toronto du 13 au 15 mars 2017, vient d’annoncer les gagnants des prix Tourisme de jardin 2017, soit les «10 plus beaux jardins nord-américains qui valent le déplacement». Les prix Tourisme de jardin sont présentés à des jardins qui se sont distingués dans le développement et la promotion de l’expérience jardin comme attraction touristique.

«Afin de mettre en valeur les expériences de jardin les plus dynamiques en Amérique du Nord, en consultation avec un jury nord-américain, nous sommes honorés d’annoncer les récipiendaires des prix 2017 des «10 plus beaux jardins nord-américains qui valent le déplacement», a déclaré Michel Gauthier, directeur administratif du Conseil canadien du jardin et président de la Conférence nord-américaine jardin et tourisme.

Les 10 plus beaux jardins nord-américains 2017 qui valent le déplacement

(en ordre alphabétique)

Sauf mention contraire, tous les jardins sont ouverts à l’année.

Chicago Botanic Garden

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Chicago Botanic Garden. Photo: atramos, Flickr

Ce grand jardin de 156 hectares (385 acres) en banlieue de Chicago est surtout établi sur 9 îles dans un petit lac et comprend 27 jardins de démonstration, dont un jardin aquatique, une collection de conifères, des serres, un potager, une prairie et beaucoup d’autres encore. Sans doute le plus célèbre est le jardin japonais.

Adresse: 1000 Lake Cook Road, Glencoe, Illinois. Entrée gratuite. Stationnement payant. Pour informations: www.chicagobotanic.org

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Dr. Sun Yat-Sen Classical Chinese Garden. Photo: Damahevi, Wikimedia Commons

Ce petit jardin chinois de 0,12 hectares (0,3 acres) est le premier jardin classique chinois a être aménagé hors de la Chine (1985-1986). On y découvre alors un jardin paysager dominé par des roches et des fontaines, des bambous et des plantes orientales et des pavillons typiquement chinois. Il est situé au cœur du quartier chinois de Vancouver. Notez que le livre Secret Journeys of a Lifetime: 500 of the World’s Best Hidden Travel Gems, publié par National Geographic, considère ce jardin le meilleur jardin urbain au monde!

Adresse: 578 Carrall Street, Vancouver, Colombie-Britannique. Frais d’entrée. Information: vancouverchinesegarden.com

Hershey Gardens

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Jardin des enfants, Hershey Garden. Photo: MamaGeek, en.wikpedia

Ce jardin botanique et arboretum de 9,3 hectares (23 acres) a été offert à la communauté de Hershey (près de Harrisburg, capitale de l’état de Pennsylvanie) par le magnat de chocolat, Milton S. Hershey, en l’honneur de son épouse, Catherine. Le jardin est réputé pour sa vaste roseraie comprenant 7000 rosiers de 275 variétés et sa volière de papillons. Le Children’s Garden (jardin des enfants), avec ses 30 jardins à thème où les enfants peuvent jouer, est très populaire auprès des familles.

Adresse: 170 Hotel Road, Hershey, Pennsylvanie. Frais d’entrée. Information: www.hersheygardens.org

Jardín Etnobotánico de Oaxaca

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Jardín Etnobotánico de Oaxaca. Photo: Kaldari, Wikimedia Commons

Ce jardin occupe 2,3 hectares de terrain derrière l’église Santo Domingo d’Oaxaca sur l’emplacement d’un ancien jardin de couvent et est réputé pour sa collection de cactées et succulentes indigènes.

Adresse: coin Reforma et Constitution, Oaxaca,Mexico. Entrée payante, visite guidée seulement (en espagnol, anglais ou français). Information: jetnobot@prodigy.net.mx

Jardins de Métis

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Jardins de Métis. Photo: jardinierparesseux.com

Il s’agit d’un jardin à l’anglaise de 8 hectares (20 acres), établie entre 1926 et 1958 par Elsie Reford sur le site du camp de pêche familial. On y cultive quelque 3000 espèces, dont le célèbre pavot bleu (Meconopsis betoniciflora), emblème du jardin. C’est aussi le site du Festival international de jardins de Métis, une exposition d’art paysager contemporain. Le jardin est ouvert de juin à octobre.

Adresse:200 Rte 132, Price, Québec. Frais d’entrée. Information: www.jardinsdemetis.com

Jardins publics d’Halifax

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Jardins publics d’Halifax. Photo: Laura LaRose, Flickr

Lancés en 1867, les Jardins sont aujourd’hui le parc public victorien le plus représentatif en Amérique du Nord, car presque rien n’a changé depuis l’ouverture. Il y a des pelouses, des étangs, des ruisseaux, des ponts, un kiosque à musique et beaucoup de plates-bandes fleuries et d’arbres remarquables dans les jardins de 6 hectares (16 acres). Ils sont ouverts d’avril à novembre.

Adresse: 5665 Spring Garden Rd, Halifax, Nouvelle-Écosse. L’entrée est gratuite. Information: www.halifaxpublicgardens.ca

Las Pozas

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Las Pozas. Photo: Rod Waddington, Wikimedia Commons

Créé par l’excentrique poète britannique Edward James entre 1949 et 1984, ce jardin mélange des structures surréalistes et des sculptures gigantesques avec des plantations tropicales, le tout coupé dans une jungle aux nombreuses chutes et ruisseaux. Abandonné pendant 30 ans, le jardin est maintenant presque entièrement restauré.

Adresse: Camino Paseo Las Pozas, Barrio La Conchita, Xilitla, Mexico. Frais d’entrée. Information: www.xilitla.org

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Longue Vue House and Gardens. Photo: Navin Rajagopalan, Flickr

Il s’agit d’un manoir historique entouré de 3 hectares (8 acres) de jardins. Le manoir offert 4 façades différentes, chacune avec son propre jardin dans un style différent. Le jardin le plus célèbre est sans doute la cour espagnole, avec ses fontaines qui rappellent celles de l’Alhambra à Grenade en Espagne. On le considère l’ultime œuvre de l’une des première architectes paysagers féminins, Ellen Biddle Shipman.

Adresse: 7 Bamboo Road, La Nouvelle-Orléans, Louisiane. Frais d’entrée. Information: longuevue.com

San Diego Botanic Garden

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San Diego Botanic Garden. Photo: Bovib, Wikimedia Commons

Ce jardin botanique de 15 hectares (37 acres) fut longtemps connu sous le nom de Quail Botanical Gardens. Il comprend plus de 3000 espèces et variétés de plantes, dont la plus importante collection de bambous aux États-Unis. On y trouve entre autres un jardin de succulentes, une forêt tropicale pluviale, un jardin méditerranéen et un jardin dédié aux plantes indigènes de la Californie. La grande serre présentement en construction doit ouvrir à la fin de l’année 2017.

Adresse: 230 Quail Gardens Drive, Encinitas, Californie. Frais d’entrée. Information: www.sdbgarden.org

Tucson Botanical Garden

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Tucson Botanical Garden. Photo: jardinierparesseux.com

Ce petit jardin botanique de 2 hectares (5,5 acres) comprend 16 petits jardins modèles de taille urbaine reliés par un sentier. Ainsi on passe de découverte en découverte lors de la visite. Il y a un jardin zen, un jardin préhistorique, un jardin de papillons, un jardin d’enfants et surtout, un jardin de cactées et de succulentes conçu pour représenter le désert de Sonora situé tout près.

Adresse: 2150 N Alvernon Way, Tucson, Arizona. Frais d’entrée. Pour information: www.tucsonbotanical.org


Mettez ces jardins sur votre liste des jardins à voir avant de mourir. J’ai visité la plupart de ces jardins et je peux vous assurer qu’ils méritent le déplacement!

 

Semis à faire à l’intérieur à la mi-mars

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20160315Le choix de semis à faire à l’intérieur explose à la mi-mars! C’est vraiment le moment pour débuter les semis de bien des plantes… mais noter que plusieurs variétés sont toujours absentes de la liste. Tomates, œillets d’Inde, concombres, etc. Pourquoi?! C’est encore trop tôt! On se rappelle que, idéalement, les semis seront au stade «jeune et fringant» au moment où on les repique, pas au stade «vieux, fatigué et étiolé». Pour les semis, on peut être un peu en retard (un retard, ça se rattrape), mais trop tôt n’est jamais bon.

Liste des semis à faire à la mi-mars*

Semis

Pour en apprendre davantage sur les semis, consultez le livre Les idées du jardinier paresseux: Semis de Larry Hodgson

  1. Amsonie (Amsonia)
  2. Asclépiade de Curaçao (Asclepias curassavica)
  3. Bacopa (Sutera cordata)
  4. Campanule (Campanula)
  5. Cardon (Cynara cardunculus)
  6. Centaurée vivace (Centaurea)
  7. Chardon bleu (Echinops)
  8. Cloches d’Irlande (Moluccella laevis)
  9. Cobée (Cobaea scandens)
  10. Delphinium ou pied-d’alouette (Delphinium)
  11. Dichondra (Dichondra repens)
  12. Digitale pourpre (Digitalis purpurea)
  13. Ficoïde glaciale (Dorotheanthus bellidiformisMesembryanthemum crystallinum)
  14. Fraisier (Fragaria ananassaF. x rosea)
  15. Grande camomille (Tanacetum parthenium, syn. Matricaria parthenium)
  16. Héliopside (Heliopsis)
  17. Héliotrope (Heliotropium arborescens)
  18. Hypoestes (Hypoestes phyllostachys)
  19. Ibéride (Iberis)
  20. Impatiens de Nouvelle-Guinée (Impatiens hawkeri)
  21. Irésine (Iresine herbstii et autres)
  22. Iris (Iris)
  23. Mélisse (Melissa)
  24. Millet glauque (Pennisetum glaucum)
  25. Monnaie-du-paper (Lunaria annua)
  26. Myosotis ou ne m’oubliez pas (Myosotis sylvatica et autres)
  27. Nierembergie (Nierembergia hippomanica et autres)
  28. Œillet des fleuristes (Dianthus caryophyllus)
  29. Pavot d’Islande (Papaver nudicaule)
  30. Pétunia (Petunia x hybrida et autres)
  31. Poivron et piment (Capsicum annuum et autres)
  32. Pulsatille (Pulsatilla)
  33. Renouée tapissante (Persicaria captitatum, syn. Polygonum capitatum)
  34. Rose trémière ou passerose (Alcea)
  35. Roselle rouge (Hibiscus acetosella)
  36. Rudbeckie brillante (Rudbeckia fulgida)
  37. Saponaire (Saponaria)
  38. Saxifrage (Saxifraga)
  39. Tiarelle (Tiarella)
  40. Trachélie (Trachelium caeruleum)
  41. Vervaine hybride (Verbena hybrida)

*Attention! La liste précédente a été élaborée pour les jardiniers canadiens, donc pour un climat où le repiquage en pleine terre se fera à la fin de mai ou début de juin. Pour les lecteurs qui jardinent dans des régions plus tempérées, je vous suggère de consulter un spécialiste de votre secteur pour savoir quoi semer en mars.

Comment arroser quand il n’y a pas de trou de drainage

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Jolie plante + pot ornemental sans trou de drainage = désastre!

Le monde du jardinage intérieur vit présentement une révolution et personne ne semble en parler. Cette révolution n’est pas un pas en avant, mais plutôt un gigantesque pas en arrière. En effet, de plus en plus de plantes sont maintenant vendues dans des pots ornementaux sans trou de drainage, ce qui pose un problème majeur au jardinier amateur. Comment bien les arroser?

Arrosage traditionnel

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Dans un pot traditionnel, on arrose jusqu’à ce que le surplus d’eau sort des trous de drainage et s’écoule dans la soucoupe, puis on la jette, éliminant le risque de pourriture.

Rappelez-vous que les plantes sont traditionnellement cultivées dans un pot muni d’un trou de drainage. Les pots de terre cuite ont normalement un trou unique, alors que les pots de plastique ont souvent plusieurs trous. Lorsque vous arrosez, donc, attendez que le terreau ait atteint un certain degré de sécheresse (légèrement sec pour la plupart des plantes, très sec pour les succulentes, surtout en hiver), puis utilisez un arrosoir pour verser abondamment de l’eau sur le terreau, assez pour bien humidifier toute la motte de racines. Si vous versez un peu trop d’eau dans le pot, ce n’est pas grave, car l’excès s’écoulera dans la soucoupe en dessous et vous pouvez le jeter facilement.

La méthode alternative – et elle est tout aussi efficace – est de verser de l’eau dans la soucoupe et de laisser la plante «boire» jusqu’à ce qu’elle a eu son dû, puis de revenir après 15 ou 20 minutes pour vider tout surplus trouvé dans la soucoupe. S’il n’y a plus d’eau dans la soucoupe après ce temps, il est possible que la plante n’a pas reçu assez d’eau et alors il faut répéter.

L’avantage des deux méthodes est que vous voyez très bien quand la plante a eu assez d’eau. Ainsi, quand la plante est en pleine croissance ou encore, quand l’air est très sec, elle aura besoin de plus d’eau alors que, quand la plante pousse au ralenti ou que l’air est très humide, elle aura besoin de moins d’eau… et vous pouvez ajuster votre arrosage en conséquence.

Le résultat est une plante bien arrosée et heureuse qui est facile à cultiver… et la pourriture des racines est un phénomène rare.

Arrosage lorsqu’il n’y a pas de trou de drainage

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Ce joli pot sans trou dans le fond fera un superbe porte-crayons… mais un piètre pot pour la culture des plantes.

Si votre plante pousse dans un pot sans trou de drainage, cependant, vous avez un sacré problème. Comment savoir si, d’un côté, vous avez assez arrosé et, de l’autre, que vous ne l’avez pas noyée par un arrosage excessif?

Logiquement, vous devriez attendre jusqu’à ce que le terreau soit sec au toucher avant d’arroser, certes, mais combien d’eau devez-vous alors ajouter? Votre objectif est d’humidifier le terreau de haut en bas, mais sans laisser le moindre surplus. Si vous n’arrosez pas assez, la plante sera constamment dans un état de stress hydrique et dépérira peu à peu, alors que si vous ajoutez trop d’eau, les racines de la plante tremperont dans l’eau pendant de longues périodes, ce qui mènera à leur asphyxie et à la pourriture suivie de la mort de plante.

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Il vaut mieux arroser une plante cultivée dans un pot sans trou de drainage avec un compte-goutte ou une cuiller.

Il est préférable d’éviter l’arrosoir comme outil pour arroser les plantes qui poussent dans un tel pot, car il tend à libérer trop d’eau à la fois. À la place, utilisez une cuillère ou un compte-gouttes. Ajouter l’équivalent d’une cuillerée ou deux d’eau et vérifiez quelques heures plus tard. Si le sol est encore sec au toucher, essayez un peu plus d’eau. Si elle vous semble toujours sec 2 ou 3 heures plus tard, essayez de nouveau.

Il est très difficile de donner juste la bonne quantité quand le pot n’a pas de trou de drainage, mais il vous faut faire de votre mieux pour y arriver, car il n’y a pas de place pour l’erreur. Si vous n’arrosez pas assez, la plante sera dans un état de stress hydrique constant et ses racines s’assécheront à partir de l’extrémité, l’affaiblissant et, éventuellement, menant à sa perte. Si vous ajoutez trop d’eau, par contre, c’est la pourriture que s’installera.

Si le sol est humide au toucher lorsque vous vérifiez quelques heures après un arrosage, cela ne signifie pas toutefois que tout va nécessairement bien. Il pourrait y avoir trop d’eau! Pour vous en assurer, tournez la plante à l’envers au-dessus d’un bassin ou d’un évier et maintenez-le dans cette position pendant quelques minutes pour laisser tout excédent d’eau s’écouler. Cela prend beaucoup de temps et peut causer des dégâts (souvent, une partie du terreau tombe du pot quand vous inversez la plante), mais au moins vous serez en mesure de garder votre plante en vie!

Le meilleur conseil

La plupart des plantes cultivées dans des récipients sans trou de drainage ne vivent pas très longtemps. Quelques mois dans le cas des plantes vertes, peut-être un an pour les succulentes (car elles font tout lentement, même mourir!). C’est souvent la pourriture qui les achève: elle s’y installe presque inévitablement. En fait, beaucoup sont déjà en train de pourrir en jardinerie quand vous les achetez (même les horticulteurs professionnels peinent à correctement arroser des plantes quand aucun drainage n’est possible!).

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Idéalement, vous rempoterez sans trop tarder la plante dans un pot muni d’un trou de drainage.

Si vous achetez une plante dans un pot sans trou de drainage et que vous voulez la garder longtemps, pas seulement quelques mois, l’idéal est de la rempoter dans un pot plus convenable sans trop tarder; un pot avec au moins un trou de drainage, bien sûr. C’est simplement le meilleur conseil que je peux vous donner au sujet de ces pauvres plantes mal cultivées!

Un petit trou, ça fait du bien!

Une autre possibilité, par contre, est de la laissez dans son pot d’origine, mais d’y percer un trou.

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On peut percer un trou dans le pot pour faciliter l’arrosage.

Mettez alors des lunettes de sécurité et des gants de travail et insérez une mèche conçue pour la céramique ou le verre dans votre perceuse. Maintenant tourner le pot sur le côté et commencez à percer. (Si vous avez un étau, utilisez-le pour tenir le pot, sinon, faites de votre mieux pour tenir le pot d’une main pendant que vous percez avec l’autre.) Une fois qu’il y a un trou dans la base du pot, vous pouvez placer le pot sur une soucoupe et commencer à arroser la plante normalement. Ouf! La vie est soudainement beaucoup plus facile!

La soi-disant couche de drainage

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La couche de drainage: totalement inutile!

Certains vendeurs disent aux clients qu’il n’y a aucun problème si le pot n’est pas muni d’un trou de drainage puisqu’il y a une couche de drainage dans le fond du pot et que tout excès d’eau s’y coulera.

En fait, il n’y en a probablement pas. J’ai «sauvé de la mort» plusieurs plantes vendues dans un pot sans trou de drainage et n’en ai pas encore trouvé un ait une couche de drainage. Au contraire, le pot était rempli du même terreau de haut en bas. Je serais très surpris s’il y avait de «couche de drainage» dans une potée produite commercialement.

D’ailleurs, même s’il y devait y avoir une couche de drainage, cela ne change rien. La couche de drainage est un concept démodé qui ne fonctionne tout simplement pas. Même s’il y a une couche de gravier ou de billes dans le fond d’un pot sans issu, l’eau appliquée en trop n’y restera pas: la capillarité assurera qu’elle remontera aux racines et alors qu’elles tremperont constamment dans l’eau, assurant leur asphyxie.

Un empotage double

Avant de rempoter ou de percer un trou dans le pot, cependant, examinez la situation plus attentivement.

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Beaucoup d’orchidées sont cultivées dans des pots de culture qui sont placés dans un cache-pot. Reste à savoir comment les arroser.

Certaines plantes (surtout les orchidées) qui semblent pousser dans pot ornemental sans trou de drainage sont en fait cultivées dans un pot de culture muni de trous de drainage qui, lui, est inséré dans un pot sans trou de drainage. Autrement dit, le conteneur extérieur est en fait un cache-pot. Cela change tout… aussi longtemps que vous savez quoi faire.

Quand une plante est cultivée dans un cache-pot, arrosez-la de façon normale, avec un arrosoir. Versez abondamment de l’eau sur le terreau (oui, même dans le cas des succulentes): l’objectif est de bien humidifier toute la motte de racines. Ensuite, 15 à 20 minutes plus tard (utilisez une minuterie quelconque, vous ne voulez pas oublier et laissez votre plante tremper dans l’eau pendant trop longtemps!), revenez, retirez le pot du cache-pot, laissez-le s’égoutter, puis videz toute eau qui reste dans le cache-pot dans un seau ou un évier. Ainsi la plante aura l’eau qui lui faut, mais pas de surplus. Génial!

Parfois, le pot de culture est transparent, vous permettant de vérifier de visu si vous avez bien arrosé. Quelle idée brillante! Un terreau bien arrosé sera également brun foncé partout, de haut en bas. S’il y a encore quelques sections brun pâle, vous n’avez pas assez arrosé. Recommencez!

Avant l’achat

20170314I.gifAussi, avant d’acheter une plante dans un pot sans trou de drainage, sentez le terreau. Très souvent les plantes ainsi vendues sont déjà dans un état de pourriture avancée et si oui, vous devriez pouvoir sentir l’odeur de pourriture. Si le sol sent la pomme de terre pourrie, n’achetez pas la plante.


Les plantes vendues en pot sans trou de drainage constituent un gigantesque pas en arrière. Évitez-les si possible!

Un mini-jardin à pizza

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Jardin en bac avec tous les ingrédients (ou presque) d’une délicieuse pizza!

Quel enfant n’aime pas la pizza? Pour stimuler leur intérêt pour le jardinage (et les aider à apprendre à manger des légumes sans grimacer!), pourquoi ne pas planifier cet été un petit «jardin à pizza» (jardin où vous cultiverez tous les ingrédients d’une pizza sauf la croûte et le fromage) et impliquer vos enfants ou petits-enfants dans la planification, la plantation, l’entretien et la récolte?

Vous pouvez faire un jardin à pizza dans un potager existant ou en installer un nouveau, dans un coin d’une plate-bande ou dans un pot ou contenant de bonne taille (au moins 115 litres/30 gallons) comme un gros smart pot ou un bac en plastique. Vous pouvez placer un jardin en pot sur un balcon, une terrasse ou n’importe quelle surface plane.

Il faut un emplacement très ensoleillé (au soleil une bonne partie de la journée) et une terre riche (un terreau pour bacs et jardinières  enrichi de compost conviendrait pour un jardin en pot). Et si vous utilisez un bac en plastique, il faut vous assurez qu’il y a des trous de drainage dans le fond. S’il n’y en a pas, percez-en.

Les végétaux

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Les tomates italiennes ont une chaire plus dense convenant mieux à la sauce à pizza. Photo: Goldlocki, Wikimedia Commons

Voici les plantes de base qu’il vous faudra:

  • 1 plant de tomate italienne (‘Roma’ ou ‘San Marzano’ par exemple)
  • 1 plant d’origan
  • 1 plant de basilic
  • 1 plant de persil
  • 1 plant de romarin
  • 5 ou 6 oignonnets (vous utiliserez leurs feuilles comme oignons verts)

Vous pouvez aussi inclure un poivron ou piment, une aubergine, de la ciboulette, du thyme et d’autres légumes ou fines herbes au goût.

Les matériaux

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On peut fabriquer des étiquettes avec toutes sortes de produits. Photo: Wonderfulbreizh, Pinterest

Il vous faudra l’équipement suivant :

  • terreau (si vous jardinerez en pot ou bac);
  • un transplantoir (truelle de jardin);
  • du compost (du vermicompost si possible);
  • un engrais biologique à dégagement lent;
  • du paillis (paillis forestier, feuilles déchiquetées, paille, etc.)
  • un boyau d’arrosage avec pistolet ou un arrosoir;
  • bâtonnets de café ou autre et crayon indélébile pour les étiquettes;
  • cage à tomates.

Quand?

Vous pouvez acheter les matériaux inertes à l’avance – et un beau projet pour une journée pluvieuse du printemps serait de préparer une étiquette pour chaque plante au gré de la fantaisie des enfants! – mais il faut attendre que l’été soit arrivé avant de planter les végétaux, donc qu’il n’y a plus de risque de gel et que les températures nocturnes dépassent fidèlement 10˚C.

Comment le faire, étape par étape20170313D.jpg

  1. Si vous jardinez en pot, remplissez le contenant de terreau jusqu’à 5 cm du bord. Nul besoin d’une couche de drainage.
  2. Rajoutez à la terre 4 ou 5 bonnes poignées de compost et aussi de l’engrais selon le dosage indiqué sur la mode d’emploi du produit. Mélangez bien avec le transplantoir.
  3. Placez les plantes, encore dans leur pot, sur le surface du sol pour tester leur espacement. Allouez 45 cm d’espace pour la tomate, le poivron ou piment et tout autre gros légume, 15 cm pour les autres plantes.20170313F.jpg
  4. Dépotez une première plante, la tournant à l’envers en supportant sa tige avec une main et tapez sur le fond du pot avec la paume de l’autre pour libérer sa motte de racines. Mieux vaut laisser cette étape à un adulte ou un grand enfant.
  5. Avec le transplantoir, creusez un trou assez large et profond pour la motte de racines et placez la plante dedans: la motte de racines doit arriver au même niveau dans le trou que dans le pot d’origine… sauf pour la tomate (enterrez sa motte complètement, jusqu’au niveau des premières feuilles). Vous pourriez le faire creuser un trou de plantation à chaque enfant à tour de rôle.
  6. Comblez le vide autour de chaque plante avec de la terre.
  7. Tassez doucement la terre à la base de chaque plante avec la main.
  8. Dans les espaces entre les plantes, faites un trou de 3 cm de profondeur et plantez dans chacun un oignonnet, le recouvrant de terre.
  9. Couvrez toute la terre de 5 cm de paillis (le paillis aidera à garder la terre plus également humide tout en prévenant la germination de mauvaises herbes).
  10. Insérez la bonne étiquette près de chaque plante pour l’identifier.
  11. Installez la cage à tomate par-dessus la plante de tomate, enfonçant les pieds dans la terre avec la plante au centre.
  12. Arrosez bien.

Entretien

20170313E.jpegArrosez abondamment, aux deux jours pendant les premiers 10 jours, puis par la suite, dès que la terre est sèche au toucher, peut-être aussi souvent qu’une fois aux 7 à 10 jours. C’est la partie la plus importante de l’entretien, car les légumes et fines herbes qui manquent d’eau donneront de piètres résultats.

Désherbez en arrachant les intrus si des mauvaises herbes s’y installent.

Si des branches de la tomate débordent de la cage, repoussez-les à l’intérieur.

Patientez!

Préparez votre pizza!

Quand les tomates sont mûres, environ 2 mois après la plantation de votre jardin à pizza, récoltez vos légumes et fines herbes et préparez votre sauce à pizza, vous rappelant que le plus longtemps la sauce cuit à feu doux, meilleure elle sera!

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Invitez la famille et les amis à goûter à la pizza «que les enfants ont cultivée». Photo: Christopher Auger-Dominguez, Flickr

Bon appétit!20170313A.jpg

Cultivons la cerise de terre

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20170312ALa cerise de terre (Physalis pruinosa) fait encore effet de nouveauté dans nos jardins. Pourtant, elle est probablement plus facile à cultiver que tout autre Solanacée et est très utile en cuisine aussi, non pas uniquement comme garniture comme on nous la présente au restaurant, mais aussi en confiture, en coulis et même dans l’assiette, servie à la manière d’une petite tomate.

Bien sûr, cette plante annuelle à croissance rapide n’est nullement apparentée aux véritables cerises (Prunus spp.) qui poussent sur des arbres et des arbustes de la famille des Rosacées.

Description

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Cerise de terre (Physalis pruinosa)

C’est une belle plante dressée aux feuilles elliptiques ou cordiformes et aux fleurs en clochette jaunes marquées de taches brunes. Ces dernières donnent des capsules papyracées vertes non dénuées d’attrait. D’ailleurs la beauté de la cerise de terre fait qu’elle mérite autant une place dans la plate-bande que dans le potager.

À l’intérieur de la capsule il y a un fruit qui deviendra jaune ou orangé à maturité. Attendez que les capsules deviennent beiges et qu’elles tombent avec le fruit à l’intérieur: c’est signe que le fruit est pleinement mûr. D’ailleurs, c’est le fait que le fruit chute au sol à maturité qui a mérité à la plante le nom de cerise de terre. Pour ne pas que les calices se salissent, vous pouvez placez un linge sur le sol tout autour de la plante au moment de la récolte.

Il existe quelques variétés, comme ‘Aunt Molly’s’, ‘Cossack Pineapple’, ‘Goldie’ et ‘Golden Husk’, mais beaucoup de semenciers vendent des graines sans indiquer le nom de cultivar.

Comment la cultiver

Semez cette plante lente à mûrir dans la maison, 8 à 9 semaines avant le dernier gel. Recouvrez les graines de 0,6 cm de terreau. Éclaircissez ou repiquez les plants quand les deux premières vraies feuilles se sont formées. Comme ils poussent assez rapidement, mieux vaut les repiquer tout de suite dans un pot ou godet de 10 cm.

Transplantez les plants en pleine terre quand il n’y a plus de risque de gel et que la température s’est réchauffée, espaçant les plants d’environ 45 cm. Dans les régions aux étés frais, comme au Saguenay, il peut être nécessaire de la cultiver sous abri au moins une partie de l’été, bien qu’elle soit plus tolérante du froid que sa cousine, la tomate.

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Plante de cerise de terre. Source: Diógenes el Filósofo, Wikimedia Commons

Elle préfère le plein soleil et un sol riche et bien drainé. Arrosez au besoin, car les périodes de sécheresse réduisent la quantité et la qualité des fruits récoltés.

La cerise de terre a peu d’ennemis. Assurez-vous cependant de ramasser tous les fruits tombés, car elle peut se semer spontanément un peu trop abondamment. Les semences sont d’ailleurs faciles à extraire du fruit et à sécher pour l’année suivante et peuvent rester viables pendant jusqu’à 10 ans.

Toxicité

potagerComme presque toutes les Solanacées (tomates, pommes de terre, aubergines, etc.), les feuilles, les tiges, les fleurs et même la capsule qui entoure le fruit de la cerise de terre sont toxiques. Il ne faut pas les ingérer. C’est la même chose pour tous les Physalis.

Pour en savoir plus sur la cerise de terre, consultez mon livre Les idées du jardinier paresseux: Potager.

Trois proches parentes

Groseiller du Cap (P. peruviana)

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Groseillier du Cap (Physalis peruviana)

Le groseillier du Cap est très semblable à la cerise de terre et il y a beaucoup de confusion entre les deux. C’est une plante plus grande (90 cm et parfois même 180 cm) à maturation plus lente qui donne des fruits similaires, mais plus gros. On le cultive de la même manière que la cerise de terre, mais, à cause de sa lenteur à mûrir, il est rarement cultivé dans les régions septentrionales. Bien qu’il soit généralement traité comme annuelle, le groseillier du Cap est pérenne dans les régions aux hivers doux

L’appellation «du Cap» vient du fait qu’il est souvent cultivé en Afrique, bien qu’il vienne de l’Amérique du Sud à l’origine.

Tomatille (P. ixocarpa et P. philadelphica)

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Tomatille (Physalis ixocarpa)

Deux espèces différentes mais très apparentées portent le nom tomatille. P. ixocarpa donne des fruits jaune pâle à maturité; P. philadelphica, des fruits pourpres. Par contre, les distinguer est difficile, car habituellement on récolte les fruits quand ils sont encore verts (c’est l’ingrédient principale de la célèbre «salsa verde» mexicaine), avant donc qu’ils ne changent de couleur, car à maturité les fruits ont un goût insipide et sont pleins de graines.

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Le fruit de la tomatille ressemble vraiment à une tomate verte!

Les deux produisent des fruits nettement plus gros que la cerise de terre, mesurant 2,5 à 5 cm de diamètre, donc, de la taille d’une petite tomate… d’où d’ailleurs le nom tomatille qui veut dire justement petite tomate. Le fruit remplit sa capsule à maturité au point de le faire éclater et c’est à ce moment, et quand la capsule passe de vert à beige, qu’on le récolte.

La tomatille est une grande plante de 90 à 120 cm et ses tiges lâches ont parfois besoin de support (une cage à tomates, par exemple). Elle préfère de longs étés chauds et peut être difficile à rendre à maturité dans les régions septentrionales à moins de la cultiver sous abri.

Il faut toujours cultiver au moins deux plantes de tomatille à proximité, car, contrairement aux autres Physalis décrits ici, qui peuvent tous s’autopollinser, la tomatille exige une pollinisation croisée. Autrement dit, une abeille ou un autre pollinisateur doit apporter du pollen venant d’une autre plante de la même espèce à la fleur pour assurer la fécondation et donc la formation d’un fruit.

Lanterne chinoise (P. alkekengi)

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Lanterne chinoise (Physalis alkekengi)

Cette plante porte plusieurs noms communs, dont amour-en-cage et coqueret. C’est une vivace rustique (zone 3) qui est surtout cultivée pour ses grosses capsules enflées orange qui sèchent très bien et qui servent dans les arrangements floraux. Contrairement aux autres physalis, aux fleurs jaunes tachetées de brun pourprée assez voyantes, ses fleurs crème sont plutôt discrètes.

Malgré la croyance populaire qui veut que les fruits de la lanterne chinoise soient toxiques, ils sont en fait comestibles et peuvent servir aux mêmes fins et de la même façon que les fruits de la cerise de terre. Les fruits sont comestibles à tout stade de leur développement, mais il faut attendre leur pleine maturité (quand le capsule brunit et que le fruit est bien rouge, soit très tard à l’automne) pour profiter du meilleur goût.

C’est une plante très envahissante à cause de ses rhizomes qui courent partout: mieux vaut la planter dans un endroit où sa nature agressive ne causera pas de problème. Attention aux limaces en début de saison: elles l’aiment bien!


Voilà quelques détails sur un légume méconnu. Peut-être fera-il partie de votre répertoire cet été!20170312F

Une tomate pleine de pousses

Par défaut

 

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Tomates avec germes à l’intérieur. Source: Ginette Fontaine

Je voudrais savoir si vous avez déjà vu des tomates où poussent des germes? Moi pas! Ce sont des tomates du Mexique achetées chez Metro.

Ginette Fontaine

C’est un phénomène relativement rare, mais pas inconnu, non seulement chez les tomates achetées, mais aussi chez les tomates qu’on produit soi-même au jardin. D’ailleurs, on le voit chez d’autres fruits aussi: avocats, courges, melons, pamplemousses, poivrons, pommes, etc., malgré que la tomate soit le fruit le plus porté à donner des semis vivipares.

Certaines personnes pensent que leur fruit est plein de vers, mais les minces «vers» sont en fait des germes de tomate. Dans les cas plus extrêmes encore, les semis percent l’épiderme du fruit qui se couvre alors de plantules vertes.

Dans la nature, les fruits semblables peuvent tomber au sol et donner de nouveaux plants de tomate!

Pourquoi

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Un autre exemple de tomate vivipare. Source: mykhal, Wikimedia Commons

On voit surtout ce phénomène sur les tomates trop mûres conservées au chaud… et certaines lignées de tomate sont plus sujettes à cette viviparité que d’autres. Normalement la présence dans le fruit d’une hormone, l’acide abscissique, prévient la germination, mais l’hormone diminue dans un fruit trop mûr. Quand il n’y en a plus assez, la germination peut commencer.

Il est possible de repiquer ces semis dans des pots de terreau et d’en faire des plants de tomate. C’est vrai qu’il est tôt dans la saison pour semer des tomates (Mme Fontaine m’a envoyé la photo au début de mars, un bon mois avant la date de semis habituelle), mais il est quand même possible de récupérer des plants de tomate étiolées suite à une culture à l’intérieur excessivement longue et quand même obtenir une certaine récolte.


La nature est une boîte à surprises: en voilà un bon exemple!