Comment bouturer une feuille d’aloès?

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Il est facile de trouver des photos de boutures de feuilles d’aloès… même si la technique ne fonctionne pas! Source: gerbeaud.com

Question: Comment faire pour bouturer une feuille d’aloès? Ça fait deux fois que j’essaie, mais dans chaque cas, la feuille finit par pourrir et il n’y a jamais de bébé.

Louise L.

Réponse: Si vos tentatives restent vaines, c’est tout simplement parce qu’il est impossible de bouturer des feuilles d’aloès.

La feuille de l’aloès médicinal, aussi appelé aloès vrai (Aloe vera) — je présume que vous parlez de cette plante — ne porte pas de bourgeon adventif (bourgeon capable de donner naissance à une plantule). À ce que je sache, on ne peut multiplier aucune espèce d’aloès (et il y a plus de 500 espèces d’Aloe!) à partir de boutures de feuilles non plus, vu l’absence de bourgeon adventif sur les feuilles.

Mais je l’ai vu sur Internet!

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Il y a beaucoup de sites qui prétendent montrer comment bouturer une feuille d’aloès, mais l’information qu’on y trouve est tout simplement erronnée. Source: i.ytimg.com

Ce qui est curieux est de constater qu’il y a bon nombre de sites Web qui prétendent le contraire. Même des sites très sérieux!

Ces sites offrent des recommandations souvent très divergentes. Par exemple, qu’il faut: faire une coupe nette, écraser la blessure, laisser la feuille intacte, la couper en sections, laisser cicatriser la blessure, insérer la bouture dans du terreau sans tarder, appliquer une hormone d’enracinement, ne pas appliquer d’hormone d’enracinement, etc. Souvent, il y a même des photos montrant le processus recommandé étape par étape… sauf que la dernière photo, celle qui montrerait la bouture réussie, n’est jamais incluse.

Par contre, si vous cherchez sur Internet de l’information sur le bouturage des feuilles d’haworthia (Haworthia spp.) ou de gasteria (Gasteria spp.), deux plantes proches parentes des aloès (les trois appartiennent à la sous-famille Asphodeloidées de la famille des Xanthorrhoeacées) qui ont la réputation de se multiplier facilement par boutures de feuilles, vous n’aurez pas de difficulté à trouver des photos montrant justement de jeunes plants poussant à partir de boutures de feuilles.

Division

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Jeune maman aloès avec déjà deux rejets que vous pourriez facilement séparer et replanter. Source: 2.bp.blogspot.com

On peut toutefois facilement multiplier l’aloès médicinal par division.

En général, il produit une bonne quantité de rejets (bébés), ce qui fait que cette méthode est particulièrement populaire. Il s’agit de les séparer de la plante mère, de préférence en conservant des racines. Vous pouvez le faire en creusant à leur base pour les libérer en douceur ou en défaisant toute la motte pour les séparer. Ensuite, il suffit de les empoter individuellement, tout simplement, arrosant peu au début, mais davantage quand les «bébés» commencent à pousser. Notez que les rejets portant au moins trois feuilles sont plus faciles à réussir que les divisions moins matures.

Boutures de tige et de rhizome

À première vue, l’aloès médicinal ne paraît pas être apte aux boutures de tige. Après tout, cette espèce est acaule (elle produit une rosette appuyée sur le sol, sans tige visible), du moins si l’éclairage est adéquat, et ne semble pas offrir la tige nécessaire pour cette sorte de multiplication. Mais il y a bien une tige; c’est juste qu’elle est cachée sous les feuilles. Habituellement, alors, on limite le bouturage de tige aux situations où la plante mère est en train de mourir, peut-être de pourriture des racines.

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Si vous dégagez une partie de tige de toute feuille, vous pouvez bouturer la tête de la plante. Source: www.desibucket.com

Dans ce cas, il suffit de couper la tête de la plante, de dégager une section de tige de 2,5 à 5 cm en enlevant quelques rangées de feuilles dans la partie inférieure de la rosette, puis d’insérer la section de tige libérée dans un terreau plutôt sec, augmentant les arrosages lorsque des racines commencent à se former. En 3 mois, la plante devrait avoir complètement repris.

(Notez qu’il existe beaucoup d’espèces d’aloès arborescentes ou rampantes qui poussent non pas sous forme de rosette acaule, mais avec de multiples tiges ramifiées portant des feuilles bien espacées. Ces variétés se multiplient plus facilement par boutures de tige.)

On peut aussi faire des boutures de rhizome. En vieillissant, la plante développe, sous le sol, une tige épaisse (rhizome) qu’on peut sectionner et planter et qui produira assez rapidement de jeunes plantes.

Fausses boutures de feuilles

Vous pouvez même faire des (fausses) boutures de feuilles d’aloès, à condition d’inclure au moins une petite section de tige… mais les situations où cela serait le moindrement utile sont très rares, car il faudrait couper la plante mère en petits morceaux pour y parvenir. Et d’ailleurs, cela demeure officiellement une bouture de tige, puisque le plant qui pousse relève d’un bourgeon adventif trouvé sur la tige, pas sur la feuille.

Par semences

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Capsules de graines d’aloès. Source: Forest Starr & Kim Starr, Wikimedia Commons

Vous pouvez également multiplier l’aloès par semences si cela vous tente. Parfois, après une floraison, les aloès matures cultivés en plein air produisent des semences (cela arrive rarement dans le cas des aloès d’intérieur à défaut de pollinisateurs) et, si oui, vous pouvez les récolter et les semer. Sinon, les semences de différents aloès sont faciles à trouver sur Internet. Il suffit de les semer à l’intérieur comme n’importe quelle autre plante. La germination est un peu lente, mais très facile à obtenir.

Évidemment, la culture in vitro (à partir de méristèmes) donnera une autre façon de multiplier l’aloès… en laboratoire.

Mais nous voilà rendus à la limite des possibilités, car vous ne pouvez pas multiplier un aloès par boutures de feuilles. C’est tout simplement impossible!20171114A gerbeaud.com

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Mésaventures dans le jardinage: un appel aux urgences?

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Attrapé par une plante… mais faut-il appeler les urgences?

Je suppose que chaque jardinier a déjà eu sa part de mésaventures. Les choses qui ne se sont pas bien déroulées ou qui ont même terriblement mal tourné. Élaguer une branche vivante au lieu de la morte, planter une «plante mystère» pour découvrir par la suite que c’était une mauvaise herbe pernicieuse, échapper accidentellement l’échelle au sol pendant que vous êtes sur le toit à nettoyer les gouttières, etc. J’ai fait tout cela et plus encore.

Cependant, il n’y a qu’une seule fois où j’ai sérieusement envisagé d’appeler aux urgences pour aider à me sortir d’une situation de jardinage, et cela remonte à plusieurs années, lorsque j’ai décidé de tailler mon puya turquoise (Puya berteroniana).

Une plante pour les plus-que-centenaires

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Les fleurs turquoise sont certainement uniques, mais quand on cultive le puya turquoise, habituellement on n’obtient qu’une rosette de feuilles très piquantes. Source: worldoffloweringplants.com et agloriousgarden.blogspot.ca

Je me demande encore pourquoi je cultivais cette plante. D’accord, sa floraison turquoise — quelle couleur unique! — est remarquable, mais on dit qu’il lui faut jusqu’à 100 ans avant d’arriver à la floraison. J’ai beau être de nature optimiste, il était peu probable que je ne la voie jamais. Sans doute que j’ai trouvé des semences en vente quelque part et que je n’ai pas pu m’empêcher de les semer. (Même aujourd’hui, je suis à peu près incapable de ne pas semer la moindre graine que je trouve.) Finalement, toutefois, le puya s’est avéré être une plante très facile à cultiver à partir de semences et faisait une excellente plante d’intérieur pour le rebord d’une fenêtre ensoleillée.

Il s’agit d’une broméliacée terrestre. Pensez à une plante d’ananas, avec le même port en rosette, mais avec des feuilles plus étroites et plus nombreuses… toutes bordées d’épines terriblement crochues. Une plante d’apparence à la fois belle… et terriblement menaçante.

Des feuilles à enlever

Au fil du temps, mon puya avait accumulé un certain nombre de feuilles mortes et jaunissantes et j’ai pensé faire un peu de ménage. Donc, je me suis installé dans la cuisine (mon lieu de jardinage intérieur de l’époque) pour enlever les feuilles endommagées. Avec des sécateurs dans une main, j’y allais d’un pas décidé.

Je surveillais les épines, bien sûr, mais avec une plante aussi accrochante, il est inévitable de se faire égratigner de temps en temps. Mais soudainement, j’ai découvert que ma main était vraiment prisonnière des épines; impossible de l’extraire. J’ai essayé de me libérer… pour voir à ce moment le poignet de la même main aussi saisi par la plante. J’étais réellement mal pris! J’ai commencé à utiliser mon autre main pour libérer la première, mais bientôt elle était prise aussi. En fait, plus je me débattais, plus les épines s’enfonçaient. Il y avait désormais du sang qui coulait de diverses petites perforations.

J’ai pensé essayer d’insérer mon pied entre le pot et ma poitrine pour donner une poussée, quitte à perdre quelques centimètres de peau, mais j’étais pieds nus… et je n’avais vraiment pas envie que mon pied aussi se fasse prendre. (Il y a une limite à faire l’idiot!) Mais que faire alors?

Devais-je appeler les services d’urgences?

J’aurais pu appeler les services d’urgence et d’ailleurs j’y ai pensé très sérieusement. Nous avions un téléphone à boutons-poussoirs dont j’aurais pu faire tomber le récepteur (c’était dans les années 1980: il n’y avait pas encore de téléphones portables!) et j’aurais certainement pu composer le numéro d’urgence avec mes orteils ou mon coude. De plus, la porte d’entrée était déverrouillée, donc pas de porte à défoncer. Mais… comment allais-je expliquer que j’avais besoin d’aide parce que mes mains étaient coincées dans une plante? Pire, mon beau-père était le chef pompier du secteur à cette époque et serait certainement venu. Avais-je vraiment envie de baisser encore dans son estime?

Donc, je me suis tout bonnement assis à la table de la cuisine, le puya en pot reposant devant moi, en attendant que ma femme rentre du travail environ deux heures plus tard. Elle a simplement coupé les feuilles avec le sécateur, comme on taille un mouton. Pas de finesse là: elle ne prêtait aucunement attention à l’état de santé futur de la plante… et à juste titre. Après deux heures de réflexion, il était désormais clair que je pourrais facilement vivre sans un Puya bertoensis dans ma collection.

Après que la plante eut été enfin libre et sagement déposée dans la poubelle, nous avons tous deux travaillé à enlever les feuilles fixées à mes mains et avant-bras. Au moins, les épines n’étaient pas du type à rompre et à rester dans la peau. Après une séance de peinture à l’iode et de pose de pansements, j’étais presque comme neuf.

Embarrassant, mais pas mortel

L’attaque du puya était une situation plus embarrassante que sérieuse… mais je ne prends plus de chance à tailler des plantes épineuses sans porter des gants à manches longues résistants aux coupures… et je ne le fais pas non plus quand personne d’autre n’est à la maison, au cas où!20171114A Fran

Rosiers miniatures: meilleur succès en pleine terre

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Les rosiers miniatures sont mignons comme tout… mais cela n’en fait pas de bonnes plantes d’intérieur! Source: bakker.com

On trouve facilement en jardinerie et dans les boutiques de fleuristes de jolis rosiers miniatures. Autrefois, on les voyait surtout au printemps et à l’été, mais maintenant, ils sont offerts à l’année. Ils sont surtout destinés à une utilisation comme cadeaux fleuris: cadeaux d’hôtesse, cadeaux d’anniversaire et, de plus en plus, cadeaux à offrir aux invités lors des mariages.

C’est la nature d’un rosier miniature d’être «mignon». Il doit ressembler à un rosier classique, mais en beaucoup plus petit. Alors, les feuilles et les fleurs doivent être proportionnelles avec la taille réduite de la plante. Tout est alors minuscule. Pour une fois, les grandes fleurs sont considérées comme indésirables.

D’après la définition des rosiéristes, un rosier de jusqu’à 90 cm de hauteur peut être considéré comme un rosier miniature si ses tiges sont minces et que ses fleurs et feuilles sont petites, mais une plante aussi grande ne passera pas la rampe auprès des jardiniers. On préfère de très petits rosiers. Ainsi, ceux qu’on voit sur le marché mesurent rarement plus de 20 à 30 cm de hauteur et de diamètre.

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Il y a une vaste gamme de variétés de rosiers miniatures. Source: Star Nursery

La gamme de couleurs et de formes est aussi vaste que chez les rosiers standards: toutes les couleurs de l’arc-en-ciel sont possibles, sauf le bleu (on peut toutefois trouver des variétés à fleurs lavande), et les fleurs peuvent être simples, semi-doubles ou doubles, parfumées ou non. Il y a même des rosiers grimpants miniatures, des rosiers mousseux miniatures et plus encore, mais… ce sont les variétés très doubles au port buissonnant — celles qui rappellent en miniature les rosiers hybrides de thé — qui ont la cote et c’est ce qu’on voit le plus souvent dans les boutiques de fleuristes et les jardineries, voire dans les supermarchés.

Rosiers miniatures comme décoration temporaire

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Placez les rosiers miniatures pour créer un bel effet… au début. Après deux ou trois semaines, cependant, il faudra leur offrir des conditions plus spécifiques. Source: bakker.com

Normalement, ces rosiers ne sont pas vendus avec l’idée qu’ils pousseront et fleuriront pendant des années. Le producteur les voit comme une denrée périssable qui doit pouvoir tenir dans une maison typique pendant deux ou peut-être trois semaines. Après, la plante est censée dépérir pour finir sans doute sa vie au compost. Mais, est-ce possible de cultiver un rosier miniature toute l’année à l’intérieur?

La réponse est: oui, mais…

Rosiers miniatures comme plantes d’intérieur

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Les rosiers miniatures peuvent pousser sur le rebord d’une fenêtre pendant l’été, mais il faudra un éclairage plus intense si vous voulez les maintenir pendant l’hiver. Source: polkio.com

J’ai cultivé une petite collection de rosiers miniatures comme plantes d’intérieur pendant plusieurs années et je peux vous assurer que leur culture est non seulement possible, mais qu’il est même possible de les faire fleurir toute l’année… mais aussi, que cette culture est assez compliquée.

D’abord, il faut un éclairage maximal. Pendant l’été, un emplacement près d’une fenêtre ensoleillée peut suffire, mais l’automne et l’hiver, quand les jours sont courts et que l’intensité du soleil est faible, il faut un éclairage beaucoup plus intense. À l’époque, j’utilisais une lampe fluorescente standard (T12) à 4 tubes d’octobre à avril, plaçant les plantes tout près de la source de lumière (à environ 10 à 15 cm des tubes). Aujourd’hui, vous pourriez utiliser des tubes fluorescents T8 ou T5 (plus intenses que les T12) ou encore des lampes DEL horticoles très intenses (si votre budget le permet: ces lampes sont encore très coûteuses). Évitez de placer des rosiers miniatures d’intérieur en plein air l’été, même pendant de courtes périodes, de peur de les exposer aux insectes indésirables et aux maladies que vous rentreriez dans la maison par la suite.

Une fois le problème d’éclairage réglé, il y a la température à considérer.

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Les rosiers miniatures ne craignent pas un hiver au frais. Source: abc.net.au

En effet, les rosiers miniatures ne sont pas des plantes tropicales et doivent normalement vivre au minimum un court «hiver» une fois par année, soit au moins un mois de dormance au froid (1 à 4˚ C ou même sous zéro) tard chaque automne pour simuler la dormance qu’ils auraient normalement subie à l’extérieur. Après un mois de froid (et d’obscurité aussi, si vous le souhaitez: aucun éclairage n’est nécessaire lorsque la plante est en dormance), replacez-les à la lumière et à des températures intérieures normales et elles seront bientôt de nouveau en fleurs.

Cela dit, à cette époque (ma période «collection de rosiers miniatures» date des années 1980!), je n’avais aucun moyen logique de leur donner une dormance froide, car je vivais en appartement avec un seul thermostat: si j’avais fait baisser la température pour plaire aux rosiers, c’est ma famille qui en aurait souffert! Alors, je les ai simplement gardés en croissance toute l’année et finalement, l’absence de période de dormance hivernale ne semblait pas trop les déranger. Toutefois, je voyais bien que la floraison était moins abondante qu’elle aurait pu l’être si je leur avais donné une période de dormance en bonne et due forme.

Pour réduire la température du terreau un peu (les rosiers détestent un sol chaud!), j’ai toujours placé les pots de mes rosiers miniatures dans des cache-pots, ce qui a un effet isolant indéniable.

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Plateau humidifiant. Source: Walmart

Et ce n’est pas tout. Il faut une forte humidité en tout temps: au moins 50%. C’était facile à faire l’été, mais je devais les cultiver au-dessus d’un plateau humidifiant pour obtenir l’humidité nécessaire pendant l’hiver. Et une fertilisation régulière, mais sans exagération, avec un engrais tout usage pendant toute la période de croissance était aussi une nécessité. Plus un ménage régulier, supprimant les feuilles mortes et jaunies et les fleurs fanées, taillant les tiges qui s’allongeaient trop, etc.

J’ai quand même obtenu des résultats fort intéressants — des fleurs 12 mois par année, c’est quand même très bien! – et j’étais très fier de ma collection de rosiers miniatures, mais il reste un élément dont je ne vous ai pas encore parlé… les araignées rouges.

Des araignées rouges par centaines!

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La bête noire des rosiers miniatures cultivés à l’intérieur est l’araignée rouge. Source: rosesinc.com

C’est peut-être parce que je gardais mes rosiers miniatures à l’intérieur toute l’année, évitant alors tout contact avec les rosiers de jardin, mais je n’ai jamais eu de sérieux problèmes avec la tache noire, le blanc, la moisissure grise ou les (nombreuses) autres maladies des rosiers, pas plus qu’avec les insectes indésirables. Mais les araignées rouges (aussi appelées tétranyques à deux points, Tetranychus urticae), c’est une autre situation complètement.

Tout d’abord, les araignées rouges (qui ne sont pas de véritables araignées, mais plutôt des acariens) sont si petites et si légères qu’elles sont emportées par le moindre courant d’air. L’été, chaque fois que vous ouvrez une porte ou une fenêtre, elles pénètrent dans la maison… et ne pensez pas qu’un moustiquaire va les arrêter! Ainsi, elles trouvent inévitablement le chemin jusqu’aux rosiers cultivés à l’intérieur.

Deuxièmement, elles adorent les rosiers d’intérieur et y prolifèrent à une vitesse remarquable, faisant jaunir et tomber les feuilles, asséchant les boutons et fleurs et recouvrant les minuscules plantes de leurs toiles argentées. Je pouvais littéralement les voir, des centaines à la fois, comme de petites taches de poussière qui se promenaient sur les fils.

Les araignées rouges prolifèrent sur les plantes stressées et sont particulièrement heureuses quand l’air est sec et que les températures sont excessivement chaudes, surtout quand les plantes sont surfertilisées (un autre facteur de stress). Dans une maison moyenne, les conditions automnales et hivernales sont presque nécessairement trop sèches et trop chaudes pour les rosiers (qui aimeraient mieux être à l’extérieur à ces saisons, en pleine dormance), ainsi les araignées rouges ont libre cours.

Au cours de ma vie de jardinier amateur, j’ai souvent eu des problèmes d’araignées rouges dans les plantes d’intérieur (en plein air, la pluie empêche habituellement les araignées rouges de proliférer), mais jamais aussi sévères ni aussi dévastateurs que chez les rosiers miniatures. Vous n’auriez jamais vu des bestioles proliférer aussi rapidement!

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Contrôler les araignées rouges est facile: il suffit de rincer les tiges et les feuilles hebdomadairement. Source: faucetsdeal.com

Par contre, ce n’est pas que contrôler les acariens est si difficile. Je n’avais qu’à apporter mes plantes à l’évier chaque semaine et à les rincer avec un jet d’eau tiède. Il n’en fallait pas plus pour réduire temporairement la population d’araignées rouges afin que mes rosiers puissent prospérer de nouveau. Mais la semaine suivante, les petits monstres étaient de retour et il fallait recommencer le même traitement. Rincer, rincer, puis rincer encore. Il n’y avait pas de fin en vue.

À partir de la troisième année, j’ai commencé à faire preuve de négligence. Ma détermination à rincer mes plantes chaque semaine s’est affaiblie et j’ai commencé à perdre des plantes. (Il ne faut pas longtemps aux araignées rouges pour tuer un rosier miniature!) Finalement, il ne restait que trois ou quatre variétés de rosiers miniatures dans ma «collection», sans doute celles qui étaient peut-être un peu plus résistantes aux acariens que les autres.

En pleine terre

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Les rosiers miniatures ne sont vraiment heureux que lorsqu’on les cultive en pleine terre. Source: sarose.org.au

J’ai résolu le problème lorsque nous sommes déménagés dans notre maison actuelle, tout simplement en plantant mes rosiers miniatures en pleine terre dans une plate-bande. Ils font d’excellentes plantes de bordure dans un endroit ensoleillé au sol riche.

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On peut cultiver les rosiers miniatures en pot en plein air aussi, mais il faut alors bien isoler le pot pendant l’hiver. Source: tuinadvies.be

Vous pouvez aussi les cultiver en pot en plein air, à condition de les arroser fidèlement et de les protéger pour l’hiver.

Ils sont rustiques en zone 5, donc plus rustiques que les rosiers buissons classiques (hybrides de thé, grandifloras et floribundas, par exemple), et réussissent aussi très bien dans les zones 3 et 4 tant quand vous les couvrez de paillis l’hiver. Ainsi traités, ils fleurissent du début de l’été à la fin de l’automne. Et j’ai découvert que cela me suffisait: je ne ressens plus le besoin de les obliger à fleurir tout l’hiver à l’intérieur.

En apprenant à être un jardinier paresseux, j’ai dû parfois accepter de laisser les plantes faire ce qu’elles voulaient plutôt que ce que j’aurais aimé qu’elles fassent. Eh bien, si aller en dormance en hiver rend les rosiers miniatures heureux, ainsi soit-il!

Si vous recevez un rosier miniature en cadeau

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Un rosier miniature en pot fait une excellente décoration temporaire. Source: target.scene7.com

Si vous héritez d’un joli petit rosier miniature en pot, je vous suggère de l’utiliser temporairement comme plante ornementale, le plaçant bien en vue, sans trop vous occuper des conditions (sauf pour assurer des arrosages au besoin, dès que le terreau commence à s’assécher), car il sera capable de tolérer quelques semaines de négligence, mais après deux à trois semaines, il sera temps de sérieusement songer à le planter en pleine terre: c’est la seule façon logique de le réussir à moyen et à long terme.

Voilà qui est facile à faire si l’on vous offre le rosier quand la température extérieure permet la plantation, mais que faire si vous le recevez tard à l’automne ou l’hiver, quand le sol est gelé? Eh bien, éclairez, arrosez, humidifiez, fertilisez, utilisez un cache-pot, etc. (voir ci-dessus) pour aider à maintenir la floraison. Et n’oubliez pas de rincer le feuillage encore et encore, hebdomadairement, tout l’hiver durant. Quand le sol dégèle au printemps, plantez-le enfin en pleine terre.


Parfois, il est possible d’étirer l’utilisation d’une plante «périssable» presque à l’infini si l’on sait quoi faire… et le rosier miniature appartient bien à ce groupe.20171113A 'Dora' Parade® bakker.com

Eau d’aquarium pour arroser vos plantes

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L’eau d’aquarium peut servir pour arroser les plantes. Source: Livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux. 

Quand vous videz votre aquarium, pourquoi jeter l’eau? Elle est riche en éléments nutritifs provenant des déchets des poissons et peut servir à arroser vos plantes de maison ou de jardin, leur donnant un petit coup de fertilisant biologique bienfaisant.

Le vrai nom d’une plante gagnante

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Senecio niveoaureus Bello Grigio. Source: Les Exceptionnelles, Claude Vallée

Un lecteur, Matt D. Reed, vient de m’aviser que la très jolie épiaire Bello Grigio® (Stachys Bello Grigio), mon coup de cœur chez les annuelles en 2016 (lisez Une fontaine d’argent dans la platebande) et gagnante d’un prix Les Exceptionnelles 2017, est mal identifiée. Il ne s’agirait pas d’une épiaire (Stachys), mais plutôt d’un seneçon (Senecio), plus spécifiquement un Senecio niveoaureus. Le genre Senecio, de distribution mondiale et de la famille des Astéracées, comprend plus de 1200 espèces et est de ce fait l’un des plus vastes genres de plantes à fleurs.

Les autorités botaniques les plus sérieuses se sont toutes rangées à ce changement. D’ailleurs, personnellement, j’ai toujours trouvé que cette plante, bien qu’elle partage le feuillage blanc poilu commun à plusieurs épiaires (Stachys), ne poussait pas comme un épiaire typique, avec sa tige qui rampe à la base plutôt que de se diriger tout droit vers le haut comme une chandelle à la manière d’un épiaire classique. De toute façon, le genre Senecio est aussi riche en espèces couvertes de poils blancs que le genre Stachys et, d’ailleurs, obtient son nom (Senecio veut dire «vieil homme» en latin) de ce fait.

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Les inflorescences de Senecio niveoaureus Bello Grigio sont bien celles d’un séneçon et non pas celles d’un épiaire. Source: latin-wife.com

Certains Bello Grigio cultivés en serre froide l’hiver dernier se sont mis à fleurir, ce qui a fait découvrir le pot aux roses. Les belles inflorescences jaunes sont tout à fait typiques des fleurs de séneçon, ayant la forme de petits tournesols. On voit toutefois qu’il n’y a aucun lien — mais vraiment aucun! – avec les fleurs bilabiées des Stachys (famille des Lamiacées).

Cette découverte aidera aussi à mieux comprendre la culture de la plante, car on sait que le séneçon «neigeux à fleurs jaunes» (le sens de l’épithète niveoaureus) vient du paramo de la Colombie et de l’Équateur, une plaine de haute altitude (entre 3100 et 4600 m) où il fait de frais à froid à l’année. Si la plante se couvre complètement de poils blancs, c’est en partie pour se protéger du froid, mais aussi pour filtrer les rayons solaires, car elle pousse généralement au-dessus des nuages, pleinement exposée aux néfastes rayons ultraviolets.

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Senecio niveoaureus dans le paramo colombien. Source: Mauricio Diazgranados

Juste en expérimentant avec cette plante, plusieurs jardiniers ont appris qu’on peut en fait conserver cette «annuelle» dans la maison près d’une fenêtre ensoleillée l’hiver et ainsi obtenir plusieurs divisions, car la plante se divise au pied, pour la plate-bande de l’année suivante; mais plusieurs personnes, dont moi, se sont efforcées de garder la plante à la température de la pièce en présumant qu’elle avait une origine tropicale. Sachant qu’elle est de haute altitude, on peut désormais conclure qu’il ne faudrait alors pas se gêner pour laisser Bello Grigio subir des températures près du gel. Sans doute qu’un long automne en plein air lui conviendrait mieux qu’une rentrée subite en septembre comme celle que j’ai donnée à mes plantes cet automne.

Peut-être que, en plaçant la plante dans un emplacement frais à froid et très ensoleillé l’hiver (une serre alpine, par exemple), il serait possible de la voir fleurir chez nous et pas seulement en montagne?

Je suis très heureux de cultiver cette belle plante uniquement pour son feuillage si doux et argenté, mais si elle peut fleurir aussi, tant mieux!

L’autre avantage de connaître le vrai nom de la plante est qu’il est désormais possible d’acheter des semences de S. niveoaureus (offertes chez quelques rares fournisseurs, dont Sunshine Seeds) et d’obtenir ainsi des plants à moindres frais.

Reste qu’il est regrettable que les producteurs continuent de lancer des végétaux sur le marché sans faire une vérification au sujet de leur identité. Il me semble que la moindre des choses dont une nouvelle plante aurait besoin serait une étiquette portant le bon nom!20171111A Claude Vallée, Les Exceptionnelles

Plantes: montrez-nous vos racines!

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Si possible, vérifiez l’état des racines des plantes avant d’en faire l’achat.

Quand vous cherchez une plante en jardinerie, voici une étape de sélection qui est souvent négligée, mais que vous devriez considérer comme obligatoire: une bonne vérification des racines.

Demandez la permission de sortir la plante de son pot, ou encore, demandez à un préposé de le faire pour vous.

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Cette plante est dans le même pot depuis si longtemps que les racines couvrent complètement la motte de terre! Source: Keith Williamson, Wikimedai Commons

  • Vous ne voulez pas d’une plante qui pousse dans son pot depuis si longtemps que les racines sortent du fond du pot ou font plusieurs fois le tour du pot.
  • Vous ne voulez pas non plus d’une plante avec peu de racines visibles et un terreau si meuble qu’il tombe. C’est signe qu’elle est fraîchement empotée et n’est pas encore prête à être vendue. Il arrive même que vous découvriez que la plante n’est qu’une bouture et n’a pas de racines du tout!
  • Remarquez aussi la présence de nodules ou de tubercules. C’est normal pour certaines plantes (dahlias, asclépiade tubéreuse, autres plantes à bulbes), mais peut indiquer une maladie, des insectes ou des nématodes chez d’autres.
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Cochenilles des racines. Source: mrec.ifas.ufl.edu/lso

  • Vérifiez la présence d’insectes et d’autres intrus. Non, quelques arthropodes du sol normaux — ceux que vous voyez quand vous creusez dans votre jardin — ne sont pas un problème (cloportes, centipèdes, etc.), mais vous ne voulez surtout pas voir des pucerons (petits insectes dodus jaune pâle à blancs) ou des cochenilles des racines (petites boules d’ouate sur les racines).
  • Sentez le terreau. S’il sent la «forêt après une pluie», tout est beau, mais s’il sent la «pomme de terre pourrie», il y a présence de pourriture.

Ce que vous cherchez est une motte de racines qui se tient, avec des racines réparties assez également, et aucune présence de maladie ou d’indésirable. Remettez cette plante dans son pot et passez à la caisse!20171110A

Les grimpantes savent trouver le soleil!

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Tant qu’il y a au moins une petite percée de soleil, les grimpantes vont s’y rendre.

On vous dit que la plante grimpante que vous lorgnez préfère le soleil alors que vous n’avez que de l’ombre? Il ne faut pas trop vous en inquiéter.

Presque toutes les grimpantes peuvent tolérer l’ombre dans leur phase juvénile; c’est à l’âge adulte que le soleil est nécessaire. Pourvu que le support que vous leur offrez pour grimper (treillis, pergola, mur, arbre, etc.) s’élève au-dessus des végétaux et des autres obstacles environnants, les grimpantes s’y hisseront éventuellement pour atteindre le soleil qu’elles recherchent.

Il suffit d’avoir un peu de patience.