Peut-on réutiliser le terreau des jardinières?

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Le terreau des bacs de jardinage est-il récupérable? Photo: Gary Pilarchik

Question: Je suis à ramasser mes jardinières à l’extérieur et je me demande ce que je dois faire avec la terre qu’elles contiennent. Dois-je la conserver ou l’envoyer au centre de récupération? Puis-je la réutiliser pour refaire mes jardinières au printemps prochain? Sinon, est-ce que je pourrais l’utiliser sur ma pelouse au printemps?

Marc-André

Réponse: J’ai déjà entendu une employée de jardinerie expliquer à un client qu’il fallait jeter la terre de jardinière à la fin de la saison et acheter un terreau frais chaque printemps. J’ai été horrifié: quel gaspillage! Car en fait ce terreau peut servir encore et encore, même pendant des décennies. Évidemment, il est plus payant pour la jardinerie si vous achetez du terreau frais tous les ans, donc on peut deviner que ce conseil est plus pécuniaire que pratique. Mais cela explique pourquoi cette fausse information circule parmi les jardiniers.

Donc, oui, vous pouvez réutiliser cette terre. Il est toutefois certain qu’un terreau de jardinière deviendra plus compact et dense avec le temps, car une partie de son contenu (tourbe, fibres de coco, résidus de bois, etc.) est organique et se décomposera. Ainsi, il faudra rajouter occasionnellement de la matière organique — compost, fumier, terreau frais, etc. — quand le niveau du terreau baissera. 

Si vous ne voulez pas réutiliser terreau en jardinière, il est parfaitement loisible de l’employer presque à toute fin de jardinage: pour réparer une pelouse, pour ajouter au potager ou à une plate-bande, etc. Mais ne l’utilisez qu’en plein air: ne rentrez jamais une terre d’extérieur dans la maison (pour les semis, pour empoter les plantes d’intérieur, etc.), car il peut contenir des microbes, des maladies ou des insectes qui n’ont pas leur place dans nos demeures.

Terreau des plantes d’intérieur

La situation du terreau des plantes d’intérieur est un peu différente, surtout un terreau vieux de 4 ans et plus. 

Pot avec cerne blanche indiquant une accumulation de sels minéraux.
Quand vous voyez une croûte blanche sur le bord du pot et même sur la tige de la plante, c’est que le terreau est contaminé aux sels minéraux. Photo: bettyongardening

Dans la maison, où l’eau est appliquée en circuit fermé (le surplus se draine dans une soucoupe pour être réabsorbée par la suite), des sels minéraux — provenant de l’eau d’arrosage et des engrais appliqués — s’accumulent peu à peu, au point où le terreau devient toxique et commence à endommager les racines. Cela n’arrive pas aux terreaux de jardinière en plein air, car ils sont régulièrement lessivés par la pluie et les arrosages et le surplus d’eau se draine hors du pot, dans la nature. Donc les minéraux ne s’y concentrent pas.

La place logique pour le terreau usé des plantes d’intérieur serait dans le composteur. Comme il sera très riche en minéraux, son ajout stimulera les microbes dans le composteur à travailler encore plus assidument, aboutissant en un compostage plus rapide. 

Vous pourriez aussi le mélanger à la terre du potager ou de la plate-bande dans une proportion de pas plus qu’une partie de terreau «contaminé» par quatre parties de terre à jardin.

Ou le terreau de plantes d’intérieur peut aller au centre de récupération écologique (écocentre), bien sûr.

Centipèdes dans le terreau d’une plante d’intérieur

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Le centipède n’est pas une chenille. Photo: Palica, Wikiedia Commons

Question: J’aurais besoin de votre aide. Le terreau de mon palmier majesté est plein de chenilles. Pourriez-vous me dire pourquoi et d’où elles proviennent?

Renée Bolduc

Réponse: La photo jointe à votre question montre qu’il ne s’agit pas de chenilles, qui sont des larves de papillons, mais de centipèdes, aussi appelés chilopodes. D’ailleurs, ils ne devaient avoir beaucoup, car ce sont des créatures plutôt solitaires. 

Les centipèdes ne sont pas nuisibles aux plantes, mais se nourrissent d’insectes et d’autres petites bestioles dans le sol. Donc, si vous ne tenez pas à traiter la motte de racines pour les contrôler, vous pouvez continuer les laisser de vivre.

Distinguer entre un centipède et un mille-pattes

Les centipèdes et les mille-pattes sont de lointains parents et sont souvent confondus par les jardiniers. Ils ne sont pas des insectes, mais des arthropodes d’un groupe appelé myriapodes (animaux à nombreuses pattes). 

Mille-pattes comparé à un centipède
Mille-pattes ou centipède: la différence est quand même facile à faire. Photo: guidancecorner.co

Les centipèdes sont généralement carnivores, ont une paire de pattes longues par segment qui s’étend vers l’extérieur, ont des antennes longues et bougent rapidement.

Les mille-pattes sont détritivores (mangent les détritus: feuilles et racines mortes, champignons, etc.) ou, plus rarement, végétariens et peuvent parfois s’attaquer aux racines des plantes. Ils ont généralement 2 pattes par segment (sauf sur les premiers segments) et elles sont placées sous leur corps. Leurs antennes sont courtes. Ils bougent lentement et n’essaient pas habituellement de se sauver en se déplaçant, mais plutôt s’enroulent quand ils se sentent menacés. Il y a des milliers d’espèces des deux.

Notez que, malgré leur nom, les centipèdes (le terme veut dire «100 pattes») n’ont jamais exactement 100 pattes, mais un nombre variable de ces appendices, selon leur espèce et leur maturité. Les petites espèces trouvées dans nos plantes ont habituellement au maximum une trentaine de pattes. Et les mille-pattes en ont généralement beaucoup plus, mais jamais mille!

Les deux sont nocturnes et fuient la lumière, d’où leur présence occasionnelle dans les pots des plantes où ils se cachent du soleil.

D’où viennent les centipèdes? 

Palmier majesté sur une terrasse estivale.
Le palmier majesté (Ravenea rivularis) passe habituellement son été sur la terrasse et différentes bestioles d’extérieur peuvent alors facilement investir son pot. Photo: Martin Viette Nurseries

Si votre palmier majesté (Ravenea rivularis) a séjourné en plein air, ce qui est habituellement le cas, car il est vendu pour décorer les terrasses pendant l’été, les centipèdes sont probablement entrés dans le pot à l’extérieur, car ils aiment les endroits frais et sombres, et ont été apportés dans la maison quand vous avez rentré votre palmier. Ou encore, ils étaient déjà présents dans la motte de racines à l’achat de la plante et ont alors passé tout l’été dans la motte de racines. 

Par contre, on trouve aussi des centipèdes dans nos maisons, notamment dans les sous-sols et les salles de bain, car ils ont besoin d’un milieu humide pour survivre, et il est possible que certains de ceux-ci aient migré dans un pot. 

Comment rentrer des plantes sans centipèdes

Pot plongé dans de l'eau savonneuse
En faisant tremper le pot des plantes dans de l’eau savonneuse, on les débarrasse des petites créatures qui peuvent y vivre. Ill.: Claire Tourigny, tiré du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

La technique habituelle pour contrôler les insectes vivant dans la terre de nos plantes d’intérieur ayant séjourné à l’extérieur l’été fonctionne aussi pour les centipèdes et les mille-pattes cachés dans le terreau. Remplissez un seau d’eau savonneuse et y plongez le pot (et donc la motte de racines). Laissez-le complètement immerger pendant 15 à 30 minutes, puis sortez-le de l’eau et laissez-le drainer. 

Vous pouvez faire la même chose dans la maison après la rentrée de la plante.

Le traitement fonctionne de deux façons: les centipèdes (et mille-pattes) ne sont pas aquatiques (du moins, pas les espèces trouvées dans des pots) et se noient sous l’eau. Mais le savon aussi les étouffe bouchant les pores par lesquels ils respirent.

Ce traitement est de trop courte durée pour nuire aux racines des plantes, mais, bien sûr, il ne faut pas les laisser immergées pendant plusieurs jours, ce qui les privera d’oxygène et pourrait mener à la pourriture.

Comme vous voyez, la suppression des centipèdes présents dans les pots des plantes d’intérieur n’est pas compliqué, mais il est plus logique de l’appliquer quand la plante est encore à l’extérieur, en préparation pour la rentrée, qu’après, quand elle est dans la maison.

Ou encore, laissez les centipèdes vivre, car ils sont les amis du jardinier. 

Déconfinement des boutures enracinées

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Quand on démarre des boutures en culture à l’étouffée, il faut les acclimater par la suite. Photo: rainbowgardens.biz

Question: J’ai tenté dernièrement quelques boutures à l’étouffée (de vigne vierge, glycine et chèvrefeuille). Elles ont pris, mais quand j’ai retiré le sac, elles ont séché illico! Elles étaient pourtant à l’ombre et bien arrosées. J’espère ne pas les avoir perdues! Qu’ai-je mal fait? Y a-t-il une procédure de «déconfinement» progressif à appliquer? C’est vrai que les pauvres bêtes étaient habituées à une atmosphère très humide.

Estellanara

Réponse: Vous avez tout compris! Les boutures (et aussi les semis) produites par culture à l’étouffée (couvertes par une «mini-serre», soit un dôme de plastique transparent ou dans un sac de plastique transparent) s’enracinent plus facilement que les boutures faites à l’air libre, car la forte humidité à l’intérieur de la mini-serre (elle est près de 100%) élimine la perte d’eau par la transpiration. Ainsi, la bouture, n’ayant pas le stress supplémentaire de constamment chercher à remplacer l’eau perdue par ses feuilles, peut concentrer ses efforts sur la formation de racines. 

Boutures qui produisent de nouvelles feuilles.
Quand de nouvelles apparaissent, les boutures sont enracinées et on peut commencer l’acclimation. Photo: earth.com

Par contre, quand la bouture est enracinée et commence à produire de nouvelles feuilles (d’ailleurs, le signe qu’elle est enracinée est justement l’apparition de nouvelles feuilles), ces feuilles seront acclimatées à une très forte humidité et flétriront rapidement si l’on enlève la mini-serre sur-le-champ. Vous l’avez enlevée trop rapidement, provoquant l’assèchement des nouvelles feuilles. 

Les boutures (on devrait plutôt parler de jeunes plants, puisqu’ils sont désormais enracinés) ne sont pas perdues et produiront de nouvelles feuilles à l’air libre, mais cela leur a donné un choc inutile qui ralentira leur reprise.

Main qui ouvre un sac transparent contentant une bouture.
Quand la bouture est enracinée, ouvrez la mini-serre un peu… et davantage de jour en jour. Photo: missouribotanicalgarden

Donc, le secret de réussir ce «déconfinement» est de le faire tôt et — surtout! — graduellement. Dès que vous voyez de nouvelles feuilles, ouvrez un peu le sac ou levez un peu le dôme (on peut l’appuyer sur une cale quelconque) pour laisser entrer un peu d’air extérieur et faire baisser l’humidité.

On peut lever le dôme sur une cale. Photo: forum.wordreference.com & amazon.ca

Le lendemain, ouvrez un peu plus et le surlendemain, encore davantage. Après 5 à 7 jours de ce déconfinement graduel, vos boutures seront complètement acclimatées et prêtes à affronter la vie à l’extérieur de leur mini-serre, et ce, sans perdre une feuille.

Les orchidées ont-elles besoin de nuits fraîches pour fleurir?

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Le besoin de nuits fraîches pour assurer la floraison des orchidées est souvent un peu exagéré. Ill.: jaycwolfe.com & bellefioriflorist.com

Un semi-mythe que l’on entend sur la culture des orchidées est qu’elles ont besoin d’une température nocturne nettement fraîche pour fleurir. Si ce n’est qu’un semi-mythe, c’est qu’il existe en effet des orchidées (même, beaucoup d’orchidées) qui ont besoin de températures nocturnes vraiment fraîches: pensez aux orchidées rustiques de nos forêts comme les cypripèdes (Cypripedium spp.) qui subissent du gel l’hiver ou aux dendrobiums, dont plusieurs espèces (Dendrobium nobile entre autres) ont réellement besoin de nuits froides pour y parvenir. Cependant, 99% des orchidées vendues aujourd’hui sont des phalaenopsis ou orchidées papillon (Phalaenopsis cvs) et leur besoin de températures nocturnes nettement fraîches est… discutable.

Les choses ont changé

La recommandation officielle que j’ai reçue lorsque j’ai commencé à cultiver des orchidées phalaenopsis dans les années 1980 était qu’elles avaient besoin de jours de 21 à 27 °C et de nuits de 13 à 18 °C, et ce, à partir de l’automne, afin d’amorcer la floraison. (Les baisses de température nocturnes au printemps et en été ont toujours été considérées comme moins vitales pour la floraison.)

La première partie a été assez simple. 21–27 °C: voilà des températures intérieures assez ordinaires. Mais 13–18 °C la nuit? Bon sang! Je jardinais à l’époque dans un appartement sans contrôle de température véritable. J’avais le choix entre «chaud» et «très chaud». Je ne pouvais pas leur donner des nuits aussi fraîches que celles qui étaient recommandées. Alors, je leur ai juste donné les meilleurs soins que je pouvais dans les circonstances en espérant le meilleur. Et deviner quoi? Ils ont fleuri!

La raison en est en partie parce que des plages de températures aussi strictes n’étaient vraiment pas nécessaires pour commencer. (Les premiers orchidophiles étaient probablement un peu trop zélés dans leurs conseils!), mais aussi parce que les phalaenopsis se sont, au fil du temps, adaptés aux «conditions normales d’une maison moderne».

Palaenopsis equistris, une espèce
Certains phalaenopsis sauvages ont vraiment besoin de nuits fraîches, mais pas toutes. Ce mini-phalaenopsis est Palaenopsis equistris, une espèce qui n’a pas besoin de fraîcheur pour fleurir. Photo: Kroton, Wikimedia Commons

Certains phalaenopsis sauvages, prélevés directement dans la nature, peuvent en effet avoir eu des préférences très claires pour une température nocturne basse. Pas toutes les espèces, mais certaines. Cependant, à mesure que les variétés hybrides ont commencé à remplacer les espèces sur le marché, cela devenait de moins en moins vrai. 

En hybridation, on croise deux variétés ou espèces et l’on sème les graines qui en résultent. Parmi les plantes qui se développent, on choisit les meilleurs et on fait d’autres croisements. Évidemment, l’hybrideur recherche plusieurs attraits: fleurs plus grosses, couleurs nouvelles, etc., mais aussi, une plus grande facilité de culture. Donc, les phalaenopsis hybrides qui fleurissaient le mieux ont été conservés et ont servi à d’autres hybridations. Celles dont la floraison n’était pas si satisfaisante furent vite éliminées des programmes. Et c’est ainsi que, progressivement, les phalaenopsis «plus faciles à cultiver» ont commencé à s’approprier le marché. Et l’un des facteurs qui faisaient que ces les orchidées étaient plus faciles à cultiver était une meilleure adaptation aux températures plutôt stables de la vie moderne.

D’ailleurs, cette «acclimatation par sélection» est en fait courante chez les plantes cultivées. En choisissant les sujets les plus accommodants à partir d’une plante même «difficile», puis en utilisant ces plantes plus flexibles pour les croisements futurs, et ce, de génération en génération, les plantes originalement sauvages sont devenues des plantes domestiquées très adaptables: les légumes, les fruitiers et les céréales que nous cultivons. Et il en va de même pour les orchidées.

Même dans les années 1980, la distribution de phalaenopsis plus performants était déjà en cours, car les premiers hybrides de phalaenopsis datent de 1875: il y avait déjà eu 100 ans pour trouver des phalaenopsis mieux acclimatés aux conditions de maison. D’où mon succès avec les phalaenopsis hybrides malgré l’absence de contrôle de la température. C’est encore plus vrai aujourd’hui, 40 ans plus tard. Il est d’ailleurs difficile de trouver à l’époque actuelle un phalaenopsis hybride qui a vraiment besoin d’une température nocturne de 13 °C pour fleurir!

Mais une petite baisse demeure utile…

Phalaenopsis avec thermomètre
Il peut quand même être utile de placer vos phalaenopsis là où ils profitent d’une légère baisse de température la nuit. Photo: poppiesplantofjoy.com & pngplay.com

Cela dit, une petite baisse de température la nuit demeure bénéfique. Quand il fait plus frais la nuit que le jour, cela aide les phalaenopsis à emmagasiner davantage d’énergie en vue de la floraison à venir. Mais il est peu probable qu’ils aient besoin d’une baisse notable. Même une petite 2 ou 3 °C de moins par rapport à la température diurne (quelle qu’elle soit) suffit généralement de nos jours, et de plus, elle est généralement facile à donner.

Pourquoi? Premièrement, pendant la journée, la lumière du soleil touchant aux feuilles les réchauffe, puis, le soir venu et le soleil disparu, elles refroidissent encore. Et cela arrive tout naturellement si la plante est près d’une fenêtre! De plus, quand les nuits sont froides à l’extérieur en automne et en hiver, cela refroidit l’air juste à l’intérieur de la fenêtre, de sorte que les plantes situées sur un rebord de fenêtre bénéficient généralement aussi d’une légère baisse de température, même par une journée grise. Même les plantes qui poussent sous des lampes de culture dans un sous-sol loin de toute lumière naturelle profitent habituellement d’une baisse de température lorsque les lumières sont éteintes la nuit.

C’est pourquoi la plupart des phalaenopsis bénéficient tout naturellement de nuits un peu plus fraîches et que vous n’avez pas à lever le petit doigt pour les leur donner… Et cette baisse est généralement suffisante pour stimuler la floraison.

Cela dit, si votre phalaenopsis pousse vigoureusement, mais ne parvient toujours pas à fleurir, il peut valoir la peine d’essayer de lui trouver un emplacement profitant d’une baisse de température nocturne de 5 °C la nuit. Après tout, votre phalaenopsis est peut-être un petit récalcitrant moins adapté aux conditions modernes!

If souffrant d’une crise d’identité sexuelle

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Taxus × media ‘Densiformis’ est-il mâle ou femelle? Photo: springmeadownursery

Question : Sauriez-vous me dire si l’if hybride Taxus × media ‘Densiformis’ produit des arilles (baies)? En cherchant sur Internet, je ne trouve que peu de renseignements et beaucoup sont contradictoires. Certains disent que l’if ‘Densiformis’ est un cultivar femelle, mais aucun ne spécifie s’il requiert alors un plant mâle pour la pollinisation. D’autres sites disent que ce cultivar ne produit pas de fruits, mais d’autres encore suggèrent qu’il en produit beaucoup! Si vous étiez en mesure de clarifier tout cela, j’en serais très heureuse!

Alexandra Paré

Réponse : Il n’y a rien qui ressemble autant à un if (Taxus spp.) qu’un autre if. Leur identification est donc très difficile et le résultat est qu’il arrive des confusions. 

Le «vrai» if hybride ‘Densiformis’ est un if au port dense et étalé et à aiguilles vert foncé. Il s’agit effectivement d’un cultivar femelle et oui, il produit une bonne quantité d’arilles rouge vif très attrayants, mais seulement en présence d’un if mâle. 

If hybride avec grilles rouges.
Arilles de Taxus × media ‘Densiformis’. Photo: American Conifer Society

Comme le pollen est transporté par le vent, le mâle peut quand même être à une certaine distance. Par contre, plus il est éloigné, moins fidèle est la production de fruits. Donc, les ifs femelles étant plus populaires que les mâles à cause de l’attrait de leurs fruits, il se peut très bien que l’if hybride ‘Densiformis’ reste sans fruits faute d’un mâle pour le polliniser ou, du moins, qu’il en produise rarement (il arrive à l’occasion qu’un if femelle produise un arille ou deux sans pollinisation).

Taxus × media ‘Densiformis’ sans fruits.
Vendu sous le nom de Taxus × media ‘Densiformis’, le manque de baies de cet if pourrait signifier qu’elle est un imposteur… ou simplement qu’il n’y a pas de pollinisateur à proximité. Photo: springmeadownursery.com

Mais de plus, il y a une confusion sur le marché et certains ifs mâles sont vendus sous le nom de ‘Densiformis’. Il est presque impossible de savoir quelle pépinière vend «la bonne variété» (femelle) et laquelle vend l’imposteur. 

Idéalement, si vous voulez le vrai if ‘Densiformis’, donc femelle, vous chercherez un spécimen portant déjà, au moment de l’achat, au moins un arille. Et assurez-vous de planter, pas trop loin, un if mâle, comme T. × media ‘Hillii’, pour servir de pollinisateur afin assurer une bonne fructification.

Mythe horticole: aspirine comme hormone d’enracinement

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Photo: consommerdurable.com & pngtree.com

Question: Est-ce que l’aspirine peut jouer un rôle d’hormone enracinement?

Zofia Walnik

Réponse: Non, ou du moins, elle ne nuira probablement pas, mais n’aidera pas non plus. 

On voit deux méthodes à son sujet sur le Web: 

  1. On ajoute une aspirine à concentration régulière à un verre d’eau et l’on fait enraciner la bouture dedans.
  2. On ajoute une aspirine à concentration régulière à un verre d’eau et l’on y fait tremper la bouture pendant 1 heure avant de le repiquer dans du terreau.

Ni l’une ni l’autre des deux méthodes ne donnent des effets valables. Évidemment, la deuxième méthode connaîtra plus de succès que la première, car les boutures prennent mieux racine dans du terreau que dans l’eau. (Lisez Pas de boutures dans l’eau! pour mieux comprendre pourquoi.)

Boîtes d'aspirine en pharmacie.
Aspirine ou ASA: c’est la même chose. Photo: Daniel Case, Wikimedia Commons

L’aspirine, c’est de l’acide acétylsalicylique (ASA), très proche de l’acide salicylique que les plantes elles-mêmes produisent quand elles sont stressées. Utilisé à très faible dose (il est toxique à forte dose), l’ASA a toutes sortes d’effets bénéfiques sur les humains, mais sur les plantes, très peu. 

Dans différentes études, l’ASA avait plus tendance à nuire à l’enracinement que de le stimuler, mais dans certains cas, c’est vrai qu’on a remarqué un très léger effet bénéfique. Toutefois, son effet, positif ou négatif, est si faible qu’il ne vaut presque pas la peine d’en parler. Dans le jargon professionnel, «les résultats ne sont pas scientifiquement valables.» Autrement dit, l’effet de l’aspirine sur les boutures n’est pas digne de mention et il est inutile d’en appliquer.

Mais justement, puisqu’elle est sans effet, les gens qui l’utilisent crient victoire quand leurs boutures prennent racine et répandent la bonne nouvelle sur Facebook, Twitter, etc., sans penser que, s’ils n’avaient pas utilisé l’aspirine, le résultat aurait été aussi bon, même très légèrement supérieur dans certains cas. 

Bouture avec hormone d'enracinement en poudre.
Pour les plantes plus difficiles à faire enraciner, on peut appliquer une hormone d’enracinement. Photo: hgic.clemson.edu

La plupart des boutures à tige molle produisent leurs propres hormones d’enracinement et n’ont pas besoin d’aide extérieure. Pour les boutures à tiges semi-ligneuses et ligneuses, plus réticentes à s’enraciner, il existe des hormones d’enracinement commerciales qui aident beaucoup. Mais l’aspirine? Non.

Pour en savoir plus sur le bouturage, lisez Le bouturage étape par étape.

Des urinoirs-jardinières sauveront peut-être des vies à Amsterdam

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L’un des urinoirs-jardinières d’Amsterdam. Photo: theceomagazine.com

12 nouveaux urinoirs-jardinières ont été installés à Amsterdam pour réduire le «pipi sauvage»… et ils pourraient aussi aider à sauver des vies.

Les urinoirs-jardinières, appelés GreenPee, produits par la société néerlandaise Urban Senses, ressemblent à des jardinières traditionnelles et sont coiffés de plantes vivantes. Mais il y a aussi une ouverture pour l’urination sur le côté. Le but est de réduire l’urination publique, un problème séculaire à Amsterdam et qui endommage les bâtiments, produit des odeurs indésirables et peut créer un problème de santé.

Urinoir-jardinière le long d'un canal.
Il me semble que ce GreenPee est un peu trop proche du canal! Photo: GreenPee

Et des vies peuvent aussi en être sauvées. Selon le guide d’information touristique DutchAmsterdam, jusqu’à 15 hommes en état d’ébriété se noient chaque année à Amsterdam après avoir perdu l’équilibre en faisant pipi dans un canal. Alors, les gars, faites preuve de prudence et faites pipi dans le pot, pas dans le canal!

4 GreenPee ont été placés autour de la place Rembrandtplein dans un projet pilote en 2018 et ont abouti à une réduction de 49% du pipi sauvage. Aucune estimation n’a été faite au sujet de vies sauvées, mais alors, la Rembrandtplein est l’un des rares endroits à Amsterdam qui n’est pas situé sur un canal. 

Comment fonctionnent-ils

Homme utilisant un Urinoir-jardinière
Aucune difficulté pour trouver des hommes prêts à démontrer le fonticionnement du GreenPee. Photo: S. Boztas, DutchNews.nl

Les urinoirs-jardinières GreenPee sont installés dans les lieux publics, notamment à proximité de bars où de grandes quantités de bière sont consommées. Un côté de la jardinière (ou deux côtés, si vous préférez faire pipi avec un ami) dispose d’une ouverture pour la miction. À l’intérieur, il y a un bac contenant des fibres de chanvre pour recevoir l’urine et en absorber les odeurs. L’urinoir est entièrement autonome et n’a pas besoin d’être connecté au réseau municipal. Quand le bac est plein, on le vidange. Le mélange de fibres et d’urine qui est prélevé est alors composté et devient un engrais biologique riche en phosphore qui peut servir pour fertiliser les espaces verts de la ville.

Une large gamme de plantes (annuelles, vivaces, arbustes, etc.) peut être cultivée dans la jardinière qui est munie d’un réservoir d’eau et d’un système de mèches pour réduire les besoins en arrosage. 

L’histoire ne dit pas si l’on a déjà essayé des plantes aux noms évocateurs comme le pisonia ou le pissenlit.

L’urine ne sert pas aux plantes

Quand j’ai entendu parler des urinoirs-jardinières GreenPee pour la première fois, j’ai présumé que l’urine était utilisée pour arroser les plantes, ce qui me semblait être une idée merveilleuse, mais apparemment, ce serait abuser d’une bonne chose. Certains collectent plus de 75 pipis par jour à Amsterdam: les pauvres plantes seraient vite inondées! Au lieu de cela, le bac capteur, qui peut gérer jusqu’à 300 pipis, doit être vidé régulièrement. Un lecteur intelligent peut être inclus dans l’urinoir pour avertir l’opérateur lorsqu’il est temps de procéder au vidange.

Il s’agit actuellement encore d’un appareil strictement masculin, mais des recherches sont en cours sur le développement d’un LadyGreenPee.

Expériences en France

Collage d'Uritrottoirs rouges avec végétation.
L’Uritrottoir est un peu moins discret que Green Pee. Photo: uritrottoir.com

La France a aussi ses urinoirs/jardinières: les Uritrottoirs®, fabriqués à Nantes et utilisés à Nantes, à Paris et dans quelques autres villes depuis 2018. La différence principale entre ce modèle et celui des Néerlandais est que bac capteur est rempli de paille plutôt de fibres de chanvre. 

La réaction à Paris à ses urinoirs-jardinières semble avoir été très divisée, certains louant ses côtés pratiques et environnementaux, d’autres offusqués par la couleur rouge flamboyant choisie pour le rendre plus visible aux messieurs pressés. Aussi, certains semblent avoir mal fonctionné, déversant de l’urine dans la rue, et ont dû être déplacés. Autre défaut noté: l’entreprise parisienne qui s’occupe de vidanger le dispositif trouve nombre de seringues, de canettes et de détritus qui nuisent à son fonctionnement et suggère qu’un travail de sensibilisation sera nécessaire. Paraît-il qu’il faudrait remontrer aux messieurs comment pisser convenablement… et certaines dames diraient certainement qu’il est grand temps!

Cultiver des légumes à l’intérieur l’hiver: tout un défi!

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La culture des légumes à l’intérieur l’hiver n’est pas facile. Photo: Buntysmum, needpix.com

Peut-on cultiver des légumes à l’intérieur l’hiver? Pas que des semis qu’on repiquera en pleine terre plus tard, mais des légumes qui mûriront dans nos maisons, et cela, pendant la saison froide? Tomates, poivrons, laitues, etc., comme dans un potager extérieur?

Très honnêtement, j’ai envie de dire «non». La plupart des gens qui tentent de cultiver des légumes à l’intérieur l’hiver échouent lamentablement. 

La culture des légumes à l’intérieur est compliquée et coûteuse, le taux d’échec est énorme, les insectes et les maladies, qui adorent les plantes en détresse, y prolifèrent et les pauvres plantes souffrent terriblement… En somme, c’est une très mauvaise idée.

Ce n’est pas pour rien que des générations de jardiniers — depuis quelque 2 500 ans! — cultivent strictement leurs légumes en plein air. C’est là où ils poussent mieux et sont les plus prolifiques. Et pourquoi ne pas donner aux légumes ce qu’ils veulent plutôt que d’essayer de les forcer à faire quelque chose que les répugnent? Si la culture des légumes était facile dans une hutte ou une chaumière, ça fait longtemps qu’on le pratiquerait couramment. Mais non, nos ancêtres jardinaient dehors… et le jardinier moderne sage aussi.

Serre de production de poivrons
La culture en serre pendant l’hiver est complexe et nécessite des connaissances approfondies. Photo: Aqua4D

Mais, me dites-vous, on voit des productions commerciales de légumes en serre en plein hiver. D’accord, mais avez-vous une idée des efforts énormes qui doivent mettre les serriculteurs pour créer un environnement sous abri qui ressemble aux conditions que ces légumes requièrent? Il n’est pas évident de convertir votre salon ou votre sous-sol en potager viable! 

La lumière manque

Semis qui manquent de lumière
Les légumes qui manquent de lumière ne donnent pas de bons résultats. Photo: gardenbettycom

Le facteur limitant dans la maison est la lumière. Offrir une température adéquate est facile (les légumes aiment environ la même température que les humains). L’arrosage est simple à organiser, on peut augmenter l’humidité ambiante (mais il faut y mettre un certain effort) et il existe un vaste choix de terreaux, d’engrais et de pots convenables. Mais où obtenir l’éclairage intense dont les légumes sont friands? L’été, devant une grande fenêtre faisant face au sud, on y parvient, mais l’automne et l’hiver, avec les jours courts et gris et la très faible intensité du soleil… pas autant.

Pour jardiniers travaillants seulement

Le jardinier paresseux qui s’assume limitera sa culture de légumes au potager estival en plein air (deux exceptions: les germes et les pousses; plus à leur sujet plus loin). Donner aux plantes ce qu’elles veulent est toujours un excellent principe pour jardiner sans trop d’efforts!

Mais pour les jardiniers plus travaillants, voici quelques possibilités, par ordre de facilité.

1. Les germes

Illustration d'un pot Mason avec une couverture en moustiquaire avec des graines germés à l'intérieur. Le pot est penché et l'eau s'en draine.
Il ne faut qu’un pot et un morceau de moustiquaire pour produire des germes. Photo: Claire Tourigny, tiré du livre Les idées du jardinier paresseux: Potager

Il est très facile de faire germer les graines de nombreux légumes et céréales à l’intérieur. En fait, tout ce qu’il vous faut est un pot Mason et un morceau de moustiquaire! Et vous aurez des «légumes» à manger très rapidement, en environ une semaine, sans lumière aucune si vous préférez, ou encore, avec seulement un éclairage normal d’intérieur. J’explique la technique dans l’article Les germes: des légumes frais en toute saison.

Pourquoi les germes sont-ils si faciles à réussir? Parce que vous allez récolter les plants très jeunes, quand ils sont encore en traine de germer et qu’ils vivent des réserves présentes dans la graine, avant que le manque de lumière ne leur nuise.

2. Les pousses (micro-pousses)

Trois petits plateaux de pousses.
Les pousses sont presque aussi faciles que les germes. Photo: maisonjacynthe.ca

C’est presque la même chose que les germes, mais vous semez les graines dans du terreau cette fois-ci… et vous les récoltez quelques jours plus tard que les germes, dans 2 semaines environ, quand les cotylédons (les premières feuilles) sont pleinement développés. Et là, un éclairage plus intense est nécessaire: un bord de fenêtre ensoleillée ou une place sous une lampe fluorescente ou DEL, par exemple.

Vous pouvez récolter vos pousses aux ciseaux ou encore, les arracher du terreau en rinçant bien pour les consommer avec leurs racines: au choix. Après, vous en sèmerez d’autres.

Voici y a un article plus approfondi sur la culture des pousses: Légumes à l’intérieur: essayez les pousses!

3. Des salades sous éclairage artificiel

Salade cultivée sous une lampe fluorescente
On peut cultiver des légumes-feuilles relativement facilement sous un éclairage artificiel. Photo: Unemployed Redneck Hillbilly Creations

Les légumes-feuilles demandent moins de lumière que les légumes-fruits et mûrissent aussi plus rapidement. Il est alors possible de les cultiver sans trop de complications… mais pas devant une fenêtre à l’automne ou l’hiver: l’éclairage y est insuffisant. Par contre, avec une lampe DEL ou fluorescente suspendue au-dessus d’une table ou d’une tablette, vous pouvez cultiver vos salades n’importe où: au sous-sol, dans le grenier, sous un escalier, dans une garde-robe, etc.

À ce système, ajoutez une minuterie bon marché. Une durée de jour de 14 heures suffira.

La technique à suivre est des plus faciles. C’est essentiellement comme cultiver des pousses, mais en encourageant les légumes de grossir davantage. 

Remplissez des pots ou des plateaux de terreau humide (j’aime bien les terreaux qui contiennent déjà des mycorhizes) et semez les graines à environ 1 à 2 cm d’espacement, les couvrant à peine de terreau. Réglez la hauteur de la lampe pour qu’elle soit à environ 15 cm des pots. À mesure que les plantes croissent (et elles pousseront très vite!), surélevez la lampe pour qu’il soit toujours à environ 15 cm du sommet des plantes.

Arrosez au besoin quand le terreau est sec au toucher, ajoutant un peu d’engrais d’algues à l’eau d’arrosage.

Comment vous entretenez vos plants par la suite relève de vous.

Salade cultivée sous une lampe fluorescente
Ajustez la hauteur des lampes à mesure que les légumes poussent. Photo: mxtrianz.me

Certains jardiniers aiment bien des légumes bien formés, avec une belle rosette individuelle. Si oui, repiquez les plants dans des pots individuels de 10 à 15 cm quand ils commencent à être tassés. La plupart des laitues formeront une belle rosette prête à récolter dans 40 à 60 jours.

Je préfère récolter mes salades jeunes, sans les repiquer, quand elles ont 15 cm de hauteur, soit dans environ 20 à 30 jours. Je les coupe à environ 1 cm du sol… et les laisse repousser. Normalement, j’en obtiens une deuxième récolte et parfois même une troisième.

Faites des semis successifs à partir de l’automne et ainsi vous aurez des salades fraîches à récolter jusqu’au printemps.

Jeunes pousses de mesclun.
Mesclun. Photo: hgtv.com

Quels légumes utiliser? Je suggère du mesclun (un mélange de légumes-feuilles): il vous donnera un bouquet de saveurs en peu d’espace. Ou semer les «verdures» individuellement: laitue (la laitue en feuilles est la plus rapide), épinards, roquette, betterave (pour ses feuilles), mâche, etc. On peut aussi cultiver certaines fines herbes de cette façon: basilic, coriandre (cilantro), persil, etc.

Quant aux légumes-racines, le plus facile est le petit radis rond, qui se cultive facilement selon la méthode expliquée. Pour les autres, je suggère environ la même technique, mais prenez des pots plus profonds, espacez davantage les plants… et limitez-vous aux légumes-racines petit format: bébés carottes, bébés betteraves, etc. Il est difficile d’obtenir de grosses racines ou de longues racines dans un pot.

Jardin rotatif éclairé avec légume à l'intérieur.
Si payer vos salades 4 fois le prix du marché ne vous dérange pas, un jardin rotatif éclairé par une lampe très puissante au centre pourrait vous intéresser. Photo: dudeiwantthat.com

De plus, il existe, pour les jardiniers riches prêts à payer une fortune pour des légumes maison, toutes sortes de systèmes d’éclairage encore plus perfectionnés, allant jusqu’à des jardins rotatifs qui impressionneront tous vos amis… mais je laisse cela aux fanatiques, et aux fanatiques riches, de surcroît! Pour découvrir la vaste gamme des possibilités, visiter un magasin d’hydroponie: on trouve ces magasins un peu partout.

4. Les légumes-fruits sous lampe fluorescente ou DEL

Attention: à partir de ce point, on ne parle plus de jardinage paresseux, mais du jardinage acharné.

Semis de tomate qui manquent de lumière
Semis de tomate qui manquent de lumière. Photo: source inconnue

Je demeure peu convaincu de l’avantage de cultiver les légumes-fruits à l’intérieur l’hiver. Je ne parle pas de les semer à l’intérieur au printemps en vue de les repiquer au jardin d’été (ça, c’est facile), mais d’essayer de cultiver des tomates, concombres, aubergines, etc. dans la maison à l’automne en vue d’une récolte hivernale.

Les coûts commencent à augmenter passablement quand vous essayez de cultiver de si gros plants si avides de plein soleil dans la maison. Et ils prennent des mois à mûrir plutôt que quelques semaines comme les légumes-feuilles. Plus la récolte est éloignée, plus il y a du temps pour les erreurs. Mais si vous y tenez…

Semis sous une lampe fluorescente près d'une fenêtre
En combinant des lampes à un éclairage hivernal naturel, on arrive à obtenir une belle croissance.Photo: backroadjournal.wordpress.com

Une possibilité à prix quand même modique est d’essayer de combiner soleil naturel et éclairage artificiel. Ainsi vous pourriez suspendre des lampes DEL ou fluorescentes (de préférence à 4 tubes pour une plus grande intensité) au-dessus de pots de semis placés devant une fenêtre, faisant monter la lampe à mesure que les plants grandissent (gardez-les à 15 cm du sommet des plants).

Je suggère d’utiliser des légumes de petite taille (tomates et concombres conçus pour la culture en pot, haricots nains, etc.), car il est très difficile d’éclairer adéquatement des plantes hautes sous une lampe fluorescente ou DEL: il faut constamment monter la lampe et ainsi les feuilles inférieures, trop éloignées de la source de lumière, n’ont plus leur part d’éclairage.

5. Les légumes-fruits en salle de culture

Ou convertissez une pièce de votre demeure en salle de culture.

Salle culture entourée de papier d'aluminium; grosse lampe horticole.
Salle de culture: dure pour les yeux, mais les plantes y réussissent bien. Photo: Kang Starr

Il s’agit essentiellement d’utiliser la même technologie qu’on emploie couramment pour la culture de la marijuana, soit des lampes de culture de 400 à 1000 watts installées au plafond. Cela impliquera aussi des modifications majeures à votre demeure: une boîte électrique supplémentaire, un système de climatisation, un générateur de CO2, etc.: des frais considérables juste pour l’installation… et une bonne facture d’électricité à payer tous les mois. On peut ainsi cultiver des légumes en pot, avec du terreau, ou encore en hydroculture: à vous de choisir. Par contre, ils vous coûteront plus cher que ceux achetés au supermarché.

En conclusion

Des légumes dans la maison, même en hiver? Oui, c’est possible, mais il faut bien l’admettre: ce n’est pas aussi «naturel» que de les cultiver en pleine terre l’été!

Adapté d’un billet originalement publié le 5 novembre 2015

Le plomb peut encore poser problème dans les sols urbains

Par défaut

La peinture au plomb continue d’empoisonner les sols des décennies plus tard! Ill.: subpng.com, uokpl.rs & onlygfx.co

J’ai vécu un choc horrible au milieu des années 1980. Un reportage a été publié sur des enfants de mon quartier qui avaient été empoisonnés en mangeant de la peinture au plomb. De plus, le rapport suggérait que les légumes cultivés près de vieux murs peints pourraient être contaminés par du plomb.

Bien sûr, où cultivais-je mes légumes, sinon au pied d’un très vieux mur, datant des années 1850, bien couvert de peinture ancienne qui s’écaillait? 

Je pense que j’ai rendu mon conseiller municipal à moitié fou avec mes appels insistants pour que mon fils, qui avait 4 ans à l’époque (l’empoisonnement au plomb affecte surtout les enfants) et le sol du potager soient testés tout de suite! Heureusement que les résultats du test de mon fils indiquaient un niveau de plomb tout à fait normal, peut-être parce que nous venions d’emménager dans l’appartement et avaient à peine commencé à consommer les légumes de ce nouveau potager. Et il faut croire qu’il n’avait pas la lubie de manger des écailles de peinture. 

Le sol, par contre, était effectivement contaminé. Presque 4 000 ppm de plomb, si je me souviens bien, ce qui est… énorme! On m’a conseillé de ne plus y cultiver de légumes-racines, que les légumes-feuilles devaient être soigneusement nettoyés et rincés avant consommation, mais qu’il n’avait pas de risque de consommer les légumes-fruits. Du moins, c’était l’information qu’on nous donnait à l’époque.

Mais il n’était pas question que je prenne le risque de cultiver quoi que ce soit de comestible dans ce sol contaminé au plomb! Avant même d’avoir reçu l’avis, j’avais déjà vidé de potager de tous ses légumes que j’ai jetés directement à la poubelle. Pas même dans le bac à compost! Et j’ai commencé un nouveau potager dans un jardin communautaire, loin de toute peinture, le printemps suivant.

L’ancien potager au pied du mur est devenu un parterre de vivaces pendant quelques années, puis nous avons emménagé en banlieue dans une maison bien à nous. En raison de son âge moindre, la nouvelle maison n’était pas aussi susceptible d’avoir été contaminée par de la peinture à base de plomb, mais, malgré ce détail, j’ai fait très attention de placer le potager loin de tout mur qui aurait pu être peint.

Cet incident est arrivé il y a environ 35 ans. La peinture au plomb et l’essence au plomb ont été interdites dans la plupart des pays développés entre le milieu des années 70 et le milieu des années 80, mais on sait que le plomb persiste longtemps dans le sol. Quelle alors serait la situation aujourd’hui?

L’article suivant a été écrit par Anna Wade de l’Université Duke pour le site Web Soils Matter, Get the Scoop! de la Soil Science Society of America, une source incontournable d’informations précieuses et honnêtes sur les sols que nous cultivons. Il a été traduit de l’anglais.

La contamination des sols par le plomb est-elle terminée?

L’utilisation du plomb est peut-être terminée, mais les séquelles de son utilisation nous hantent toujours, en particulier dans les zones urbaines.

La première extraction du plomb de mines est très ancienne, datant d’environ 7000 ans avant notre ère. Depuis des millénaires, les Égyptiens l’ont utilisé dans les cosmétiques, les Romains dans leurs tuyaux, les Européens dans leurs munitions et maintenant toutes les sociétés dans les batteries au plomb.

Et, si le plomb n’était pas si toxique pour l’homme, son utilisation serait sûrement encore très répandue dans notre vie quotidienne.

Le plomb est un «métal lourd», c’est-à-dire un élément dense. Le plomb est également mou, malléable, résistant à la corrosion et se distingue par un point de fusion bas. C’est ce qui lui donne ses caractéristiques utiles.

Mur dont la peinture s'écaille.
Le plomb était utilisé dans les peintures domestiques courantes jusqu’aux années 1970. Si vous vivez dans une maison ou un appartement plus ancien, faites tester la peinture, car la peinture qui s’écaille peut demeurer dangereuse. Photo: Rachel Leege

Pourtant, le plomb est un métal hautement toxique. Sa présence perturbe presque tous les organes du corps en cas d’inhalation ou d’ingestion. Le plomb déplace d’autres métaux dans le corps, comme le calcium et le fer, perturbant les réactions chimiques. Les effets les plus problématiques concernent les enfants. En imitant le calcium, le plomb peut pénétrer dans le cerveau en développement d’un enfant et perturber le fonctionnement des mitochondries.

À l’heure actuelle, il n’y a pas de niveau de plomb dans le sang qui est considéré comme «sûr» chez les enfants. Depuis 1960, le niveau consultatif du Centre de contrôle des maladies américain pour la plombémie (intoxication au plomb) est passé de 60 microgrammes par décilitre à 5 microgrammes par décilitre.

Aux États-Unis, le risque d’exposition au plomb appartient de plus en plus au passé. Dans les années 1970, la peinture à base de plomb était courante, car elle augmentait la durabilité des peintures et accélérait le séchage. Il était également utilisé dans l’essence au plomb, ce qui permettait aux moteurs de voiture de cette génération (et des précédentes) de fonctionner plus sans encombre.

Vieille auto.
Les moteurs des voitures anciennes fonctionnaient mieux avec une essence au plomb, mais cette utilisation a été interdite pour des raisons environnementales dans les années 1970. Photo: Tom Rumble, Unsplash

Malheureusement, le plomb de l’essence était également envoyé dans l’atmosphère par les gaz d’échappement des voitures. Il a atterri dans les sols un peu partout. Plus la concentration de voitures est élevée — comme dans les villes et sur les autoroutes —, plus il risque d’avoir une forte concentration de plomb dans les sols.

La peinture au plomb représente un risque important pour les enfants. Des études médicales ont montré que l’exposition au plomb affectait les capacités d’apprentissage et causait d’autres problèmes de santé, en particulier chez les enfants. La peinture au plomb qui s’écaille ou qui crée de la poussière pourrait être ingérée ou inhalée. Cela est particulièrement vrai à proximité des extérieurs de maisons anciennes, autour des fenêtres et dans d’autres endroits où la peinture au plomb était utilisée.

Heureusement, les États-Unis ont interdit la fabrication de peinture à base de plomb à la fin des années 1970. L’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) a mandaté une réduction graduelle du plomb dans l’essence, bannissant complètement l’essence au plomb à partir de 1986. Entre 1980 et 1991, la plombémie moyenne des enfants âgés de 1 à 5 ans a chuté de 77% aux États-Unis.

Malgré l’élimination progressive du plomb dans la peinture et l’essence, les sols urbains demeurent l’une des principales sources d’exposition au plomb. Cela remonte également au fait que le plomb est un métal lourd. Ce caractère signifie qu’il a tendance à s’accumuler dans les sols et reste biodisponible pendant de longues périodes.

Une fois que le plomb est déposé dans un sol, il y reste longtemps. Le plomb se lie fortement à l’argile et à la matière organique de la couche arable. Le plomb n’est pas absorbé en quantités substantielles par les plantes et il n’est pas facilement lessivé du sol, ni ne migre-t-il très efficacement vers le bas. Au lieu de cela, ce plomb reste dans le sol urbain et sa poussière demeure susceptible d’être remise en suspension pendant les périodes de sècheresse. Cette remise en suspension est la raison pour laquelle les taux de plombémie chez les enfants urbains culminent pendant l’été et baissent un minimum en hiver.

Il y a quand même quelques bonnes nouvelles. Une étude récente à La Nouvelle-Orléans a signalé une baisse d’environ 45% du plomb dans le sol urbain sur une période de 15 ans.

Bouche d'encendie couverte de peinture qui s'écaille.
Bouche d’incendie à Durham, Caroline du Nord avec peinture à base de plomb qui s’écaille. Photo prise en 2019. Photo: Anna Wade

Actuellement, un groupe d’étudiants et de professeurs de l’Université Duke cartographient les concentrations de plomb dans le sol à Durham, en Caroline du Nord. Nous avons collecté des sols en bordure de rue le long de 40 km d’artères de la ville et nous échantillonnons actuellement plus de 60 maisons dans toute la ville. Les résultats montrent qu’il y a encore une contamination généralisée au plomb datant d’avant l’entrée en vigueur de la réglementation restreignant son utilisation.

Un sol normal non contaminé contiendra quand même tout naturellement du plomb, soit environ 25 parties par million (ppm). Les sols du long des rues à Durham contiennent actuellement en moyenne 245 ppm de plomb. Les sites situés en face d’anciennes stations-service, de bornes d’incendie et de bâtiments plus anciens ont des niveaux de plomb allant jusqu’à 3 000 ppm. Notre seul point de comparaison est une étude de 1976, qui a trouvé 2 850 ppm de plomb dans les sols des rues.

Cela signifie que dans certaines parties de Durham, les niveaux de plomb peuvent avoir chuté de 90% par rapport à leurs valeurs maximales. Nos résultats suggèrent qu’en général le plomb des sols urbains diminue à Durham, mais des points chauds très contaminés persistent.

Alors que les principales sources d’émissions de plomb sont chose du passé — l’essence au plomb et la peinture à base de plomb ont été bannies dans tous les pays développés il y a plus de 40 ans — la contamination par le plomb des sols urbains demeure un problème. En cartographiant les niveaux de plomb des sols urbains, nous avons plus de chances que l’exposition au plomb des enfants devient chose du passé.

Êtes-vous préoccupé par une possible contamination par le plomb dans votre jardin?

Évidemment, le rapport précédent concerne surtout les États-Unis, mais il est fort à craindre que les sols urbains un peu partout demeurent suffisamment contaminés au plomb pour être une menace à la santé des enfants. Si vous craignez que la terre de votre jardin puisse être contaminée, voici quelques actions que vous pouvez prendre:

Légumes dans un panier de fil métallique, rinsés par un tuyau d'arrosage.
Si votre sol est légèrement contaminé au plomb, mieux vaut rincer les légumes en plein air. Photo: Lee Valley Tools
  1. Évitez de placer un potager à côté d’une route très fréquentée ou d’une maison construite avant 1940 avec un extérieur en bois peint.
  2. Les particules de sol contaminées sont plus susceptibles de se coller ou de s’incruster dans les légumes-racines (carotte, navet) et les légumes-feuilles (laitue, épinards) que sur les légumes-fruits comme les tomates et les concombres qui alors sont moins susceptibles de contenir des niveaux élevés de plomb.
  3. Rincez la terre des racines et des feuilles à l’extérieur de la maison, de préférence à l’aide d’un tuyau d’arrosage, pour éviter d’introduire de la terre contaminée dans la maison.
  4. Lavez toujours tous les légumes et épluchez les légumes-racines avant qu’elles ne soient cuites et mangées. Retirez les feuilles extérieures des légumes pommés comme le chou et la laitue.
  5. La quantité de plomb absorbée par les plantes est affectée par le pH du sol, sa teneur en matière organique et en phosphore et le niveau total de plomb dans le sol. Pour réduire l’absorption de plomb par les plantes, ajustez le pH du sol à un niveau de 6,5 à 7,0. Ajoutez de la matière organique comme du compost, du fumier, de la litière forestière ou des rognures de gazon au site de jardinage. Ajoutez du phosphore au sol selon les recommandations d’une analyse de sol.
  6. Ne cultivez pas de légumes ou fruits dans un sol contenant plus de 400 ppm de plomb. Utilisez à la place des bacs remplis de terreau venant d’une source non contaminée ou recouvrez le sol de géotextile et installez un potager surélevé d’environ 30 cm de hauteur par-dessus, utilisant un mélange de terre végétale propre (faible en plomb) et de compost.
  7. Dans les sols fortement contaminés adjacents à une résidence où la culture de légumes n’est pas recommandée, plantez des arbres, des arbustes ou des vivaces et paillez le secteur pour garder le sol couvert. Si le niveau de plomb dans le sol est supérieur à 5000 ppm de plomb, il serait plus sage d’envisager d’enlever et de remplacer le sol contaminé.
  8. Nettoyez régulièrement les planchers avec une vadrouille humide ou un aspirateur muni d’un filtre HEPA (à haute efficacité).
  9. Retirez vos chaussures à l’entrée de votre maison.
  10. Demandez à votre gouvernement local comment faire tester un sol pour le plomb.

Mythe horticole: On peut stériliser les outils de jardinage avec du vinaigre

Par défaut

Le vinaigre n’est pas le bon produit pour stériliser les outils de jardinage. Photo thespectrum.com & Choix du Président

Question: On m’a dit d’essuyer mes sécateurs avec du vinaigre blanc pour les stériliser entre deux coupes. Il paraît que c’est plus écologique que d’utiliser de l’eau de Javel.

Réponse: Plus écologique, sans doute, mais est-ce que le vinaigre tue les microbes? Après tout, l’idée de stériliser les outils avant de les réutiliser consiste à tuer tous les microbes qui pourraient être transportés d’une plante à l’autre ou d’une partie infectée de la plante à une partie saine. Et non, le vinaigre ne tue pas tous les microbes. Il peut être mortel pour certains, mais est sans danger pour d’autres.

Donc, non, n’utilisez pas de vinaigre blanc (ni aucun type de vinaigre) pour essuyer vos outils de jardinage entre deux coupes.

Bouteille d'eau de Javel avec un X superposé

Mais alors, vous ne devriez pas utiliser d’eau de Javel non plus! Il y a plus de détails dans l’article Ne stérilisez pas vos outils à l’eau de Javel, mais en un mot, alors que l’eau de Javel stérilisera effectivement les outils de taille, elle les fera corroder également. De plus, l’eau de Javel est difficile et dangereuse à manipuler (elle est irritante pour la peau et dangereuse pour les yeux), tâche et endommage les vêtements et abîme les gants de jardinage. De plus, elle est extrêmement toxique pour les plantes et peut endommager les tissus lors de la prochaine coupe.

Donc, l’eau de Javel n’est certainement pas quelque chose que vous devriez utiliser pour stériliser les outils de taille non plus!

Bouteille d'alcool isopropylique

Quoi alors utiliser pour stériliser les outils de coupe?

Le produit classique pour la stérilisation des outils de jardin est alcool isopropylique (l’alcool à friction). Il tue les microbes, puis s’évapore rapidement, donc ne nuit pas aux surfaces coupées de la plante. Et il ne corrode pas les outils et aide même à enlever la sève collante. En outre, il n’abîme pas les vêtements ni les gants de jardinage, n’est irritant à la peau que s’il est utilisé à de multiples reprises et peut être facilement transporté dans votre poche jusqu’au lieu de la coupe dans une petite bouteille.

Bouteille de disinfectant pour les mains

Et à l’époque du COVID-19, vous portez peut-être déjà du désinfectant pour les mains sur vous. Eh bien, il est généralement à base d’alcool (souvent, d’ailleurs, il est essentiellement composé d’alcool isopropylique!), donc il peut stériliser efficacement les outils, bien qu’il sois sage de laisser le produit s’évaporer de l’outil (les gels surtout ont tendance à être plus lents à évaporer que l’alcool à friction liquide) avant de faire la coupe suivante, sinon il pourrait endommager les tissus végétaux.

Vous trouverez d’autres liquides qui peuvent être utiles pour stériliser les outils parmi les nettoyants ménagers, comme le Lysol ou le Pine-Sol, ou même les rince-bouches antiseptiques comme la Listerine. Comme pour le désinfectant pour les mains, laissez-les s’évaporer avant de faire la coupe suivante.

Mais surtout, quand il s’agit de nettoyer et stériliser vos outils, dites non au vinaigre et à l’eau de Javel!