Les annuelles de grand-maman

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Si vous pouviez remonter au temps de votre grand-mère ou de votre arrière-grand-mère, vous seriez probablement surpris de ce qu’elle cultivait dans sa plate-bande.

Les plantes annuelles étaient les plantes les plus populaires dans les jardins domestiques pendant plus de 100 ans, des années 1830 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, mais vous n’auriez pas vu les impatiens ou les bégonias que nous connaissons aujourd’hui dans ses plates-bandes. Oui, grand-maman cultivait l’impatiens (Impatiens walleriana), qu’elle appelait impatiens du sultan ou balsamine, mais plutôt comme plante d’intérieur: elle n’aurait pas osé planter en plein air cette plante réputée si frileuse. Quant au bégonia des plates-bandes (Begoniasempervirens-cultorum), introduit en 1878, il était populaire dans les parcs publics de l’époque, mais peu de maisons avaient la serre chauffée nécessaire pour cultiver cette plante qu’il fallait démarrer à l’intérieur en plein hiver à partir de semences. 

D’ailleurs, grand-maman devait cultiver toutes ses annuelles à partir de semences ou de plantes qu’elle rentrait l’hiver, car les jardineries n’existaient pas à l’époque et personne n’avait encore pensé de vendre de jeunes annuelles en caissette en pépinière.

Les grands mufliers parfumés (Antirrhinum majus) étaient un classique des plates-bandes d’avant la Seconde Guerre mondiale. Photo: http://www.crocus.co.uk

Par contre, elle cultivait sans doute des mufliers ou gueules de loup (Antirrhinum majus) et des tabacs d’ornement (Nicotiana spp.), mais pas les variétés naines sans odeur que nous trouvons en jardinerie aujourd’hui, mais plutôt des variétés de grande taille au parfum intense. Ses pélargoniums, qu’elle appelait géraniums des jardins (Pelargoniumhortorum), n’étaient pas les plantes de bordure compactes que nous connaissons, mais des arbustes de bonne taille qu’elle hivernait dans sa chambre froide. Et les pensées (Violawittrockiana) qu’elle cultivait portaient de petites fleurs, pas de grandes fleurs comme aujourd’hui.

Cosmos ‘Sensation’ (Cosmos bipinnatus‘Sensation’), encore largement disponible, a remporté un prix Sélections All-America en 1936! Photo: silverfallsseed.com.

Bien sûr, il y a certaines annuelles que nous cultivons aujourd’hui qu’elle reconnaîtrait en un instant. Les cosmos (Cosmos bipinnatus), les capucines (Tropaeolum majus), les zinnias (Zinnia spp.), les œillets d’Inde (Tagetes patula) et les roses d’Inde (T. erecta) de son époque ne fleurissaient peut-être pas avec autant d’abondance ni aussi longtemps que les variétés d’aujourd’hui, mais leur apparence n’a pas vraiment changé beaucoup. Et les pétunias (Petuniaatkinsiana) de toutes tailles et formes étaient déjà largement disponibles à partir du début des années 1900. Elle les nommait saint-josephs, car on les semait à la Saint Joseph (19 mars). 

Le parfum comptait pour beaucoup

Si les efforts d’hybridation des annuelles après la Deuxième Guerre mondiale se sont concentrés sur des fleurs plus grandes et des plantes plus courtes, à l’époque de grand-maman, le parfum de fleurs était encore roi.

Les pois de senteur à l’ancienne (Lathyrus odoratus) étaient des grimpantes aux fleurs intensément parfumées. Photo: http://www.beansandherbs.co.uk

Nous avons presque tous oublié que le pois de senteur (Lathyrus odoratus) tire son nom de son parfum délicieux, car la plupart des pois de senteur modernes n’ont aucune fragrance. Du temps de grand-maman, cependant, son parfum exquis était considéré comme son attrait principal et toutes les variétés offertes étaient très odorantes. Leurs fleurs étaient plus petites que celles d’aujourd’hui, mais la gamme de couleurs était presque aussi vaste: rouge, rose, blanc, violet et bien plus encore. À l’époque, il n’y avait pas encore de pois de senteur nains, tous étaient des plantes grimpantes, utilisant des vrilles pour monter sur un treillis.

Et grand-mère cultivait les pois de senteur différemment de ce que nous faisons de nos jours. Le conseil général à l’époque était de les semer en pleine terre à l’automne pour une floraison précoce au printemps, puis de les rabattre sévèrement après leur première floraison afin de stimuler une seconde floraison à la fin de l’été.

Avec l’héliotrope (Heliotropium arborescens), plus la couleur est insipide, plus le parfum est intense! Photo: Stan Shebs, Wikimedia Commons

L’héliotrope (Heliotropium arborescens) était très populaire à l’époque de grand-maman. Son parfum était connu de tous et reste encore aujourd’hui l’odeur qu’on donne à la poudre pour bébé. Certes, l’héliotrope n’était pas la plus jolie des annuelles, avec ses grappes de fleurs bleu lavande insipides, mais quel parfum! Comme il était difficile à démarrer à partir de semences, grand-mère hivernait une ou deux plantes dans une pièce à peine chauffée, puis prenait des boutures au printemps pour parfumer son jardin d’été. Les cultivars modernes sont plus compacts et présentent de jolies fleurs pourpre foncé, mais n’ont pratiquement aucune odeur, même si la description qui les accompagne prétend le contraire! 

La mignonnette (Reseda odorata) non plus n’offre quasiment aucun impact visuel, mais quel parfum puissant… si vous pouvez trouver un clone à l’ancienne! Photo: http://www.impecta.se

La mignonnette (Reseda odorata) avait des fleurs verdâtres ou rosâtres insignifiantes, mais était incroyablement parfumée: une plante ou deux suffisait pour parfumer tout le parterre! Malheureusement, la plupart des cultivars modernes, aux couleurs nettement plus intenses, n’ont que peu ou pas de parfum. 

Des noms qui font sourire

Le monte-au-ciel (Persicaria orientale) est un géant du jardin des annuelles. Photo: http://www.frozenseeds.com

Grand-maman ne connaissait sûrement pas les noms botaniques de ses fleurs, mais des noms communs des plus farfelus étaient chose courante. Qui aujourd’hui connaît le monte-au-ciel, aussi appelé bâton de Saint Jean. En anglais, on l’appelait « kiss me over the garden gate » (embrasse-moi par-dessus la porte du jardin!)! Aujourd’hui, on l’appelle tout simplement renouée orientale (Persicaria orientale, anc. Polygonum orientale), un nom nettement plus terre à terre qui colle au nom botanique. Nous sommes peut-être devenus trop pratiques! Cette annuelle géante, de 1,5 à 3 m de haut, porte des épis retombants de fleurs rose vif. On le sème en pleine terre à l’automne pour une floraison l’été suivant (les graines nécessitent un hiver froid pour bien germer). Mais encore faut-il pouvoir trouver des graines de cette plante malheureusement passée de mode.

Le feuillage léger de la nigelle de Damas (Nigella damascena) crée un effet de mousse verte autour de ses fleurs. Photo: Wildfeuer, Wikimedia Commons

On connaît encore la nigelle de Damas (Nigella damascea) comme plante annuelle à croissance rapide, mais son nom commun est — soyons honnêtes! – un peu ordinaire. Grand-maman l’appelait cheveux de Vénus, un nom bien plus évocateur! Elle présente des fleurs bleues, roses ou blanches dans un «brouillard» de fines feuilles filiformes, comme des cheveux verts. Après sa floraison, elle produit une capsule de graines gonflée qui peut être incluse dans les arrangements séchés.

Les longs cordons de fleurs rouge violacé de l’amarante queue-de-renard (Amaranthus caudatus) retombent parfois jusqu’au sol. Photo: Tubifex, Wikimedia Commons

La queue-de-renard ou amarante queue-de-renard (Amaranthus caudatus) est une grande annuelle d’apparence arbustive qui produit de longues cordes de fleurs rouge violacé qui pendent pratiquement jusqu’au sol. Grand-maman connaissait bien le secret de sa culture: démarrez-la à l’intérieur 3 à 4 semaines avant la plantation seulement. Cela donne un jeune plant prêt à pousser en toute vitesse une fois qu’il est planté dans la plate-bande.

Les fleurs du quatre heures (Jalapa mirabilis) s’ouvrent seulement en fin d’après-midi. Photo: C T Johansson, Wikimedia Commons

Le quatre heures (Mirabilis jalapa) tire son premier nom commun de ses fleurs qui s’ouvrent assez rapidement vers 16 heures (17 heures en heure avancée) et son deuxième, belle-de-nuit, du fait qu’elles restent épanouies toute la nuit, se fermant avant midi le lendemain matin. Les fleurs en forme de trompette, blanches, rouge-magenta ou jaunes, souvent éclaboussées d’une couleur secondaire, sont très parfumées. 

On sent que quelqu’un se sentait un peu frustré avec la durée de la floraison d’Hibiscus trionum. Sinon, pourquoi lui avoir affligé avec le sobriquet «fleur d’une heure»? Photo: plants-animals-northeast-colorado.com

La fleur d’une heure (Hibiscus trionum), autre belle d’autrefois, est un hibiscus annuel aux fleurs peu durables, mais qui persistent quand même toute une journée, pas seulement une heure! Les fleurs très voyantes sont blanches à jaune pâle avec un cœur pourpre. Et une fois la floraison amorcée, il y a des fleurs tous les jours pendant une bonne partie de l’été.

Le souci (Calendula officinalis) est à la fois ornemental et comestible. Photo: theherbarium.wordpress.com

Le souci ou souci des jardins (Calendula officinalis) n’est pas ainsi appelé parce qu’il vous causera des soucis. Au contraire, c’est une plante très facile à réussir. Le nom dérive du latin solsequia (qui suit le soleil), car les fleurs ouvrent quand le soleil est présent et ferment quand il ne l’est plus.

Grand-mère cultivait cette plante pour deux raisons. Pour ses fleurs ornementales, bien sûr, mais aussi parce qu’elle pouvait ajouter les pétales (rayons) aux soupes et autres recettes pour remplacer le safran. C’est une annuelle qui pousse très rapidement à partir de graines semées en pleine terre.

Une fleur narcotique!

Pavot somnifère (Papaver somniferum) produit de belles fleurs, des graines comestibles et des capsules attrayantes. Photo: worldoffloweringplants.com

Je suis sûr que grand-maman ne savait pas que les gros pavots annuels qu’elle aimait faire pousser étaient la source de l’opium, du laudanum, de l’héroïne et tant d’autres drogues. De plus, elle adorait saupoudrer les gâteaux et les biscuits des graines du magnifique «pavot des jardins», comme elle l’appelait, ou pavot somnifère (Papaver somniferum) et, ma foi, on se sentait si bien, détendu et somnolent après les avoir mangés!

Mais ce pavot est aussi le pavot à opium. Évidemment, il faut de vastes champs de cette plante pour produire la moindre drogue, donc la production d’opium et de ses dérivés n’est pas à la portée des gens comme vous et moi. 

Pavots somnifères doubles (Papaver somniferum). Photo: http://www.amazon.ca

C’est une très jolie plante, avec de grosses fleurs simples ou doubles dans une vaste gamme de couleurs. Les formes doubles sont souvent vendues sous le nom de P. paeoniflorum; celles à fleurs découpées sous le nom de P. laciniatum, mais ce ne sont que des variantes du pavot somnifère (P. somniferum).

Semez ce pavot en pleine terre (il n’aime pas le repiquage). En général, il ressème et alors revient année après année à partir de semences tombées au sol. Sa capsule de graines est parfaite pour les arrangements séchés aussi.

Et beaucoup d’autres encore

La centaurée bleuet (Centaurea cyanus) est très facile à cultiver. Il suffit de râteler légèrement le sol, de lancer les graines par terre et d’arroser une seule fois: dame Nature fera le reste! Photo: silverfallsseed.com

Bien sûr, il y a beaucoup d’autres annuelles à l’ancienne, y compris la balsamine des jardins (Impatiens balsamina), le chrysanthème tricolore (Chrysanthemum carinatum, maintenant Ismelia carinata), l’amarante tricolore (Amaranthus tricolor), l’œillet des poètes (Dianthus barbatus), la centaurée bleuet ou bleuet (Centaurea cyanus), la fleur-araignée (Cleome hassleriana), la scabieuse pourpre (Scabiosa atropurpurea) et la centaurée musquée (Centaurea moschata, maintenant Amberboa moschata). Bien qu’il soit rare de voir ces fleurs en jardinerie de notre ère, elles sont toutes disponibles par commande postale auprès des divers semenciers… et d’ailleurs, c’est de cette façon que grand-mère les commandait à son époque! (Ce qui montre bien que certaines choses ne changent pas!)

Pourquoi ne pas faire un petit retour dans le temps cet été et cultiver quelques annuelles à l’ancienne? Grand-maman en aurait été ravie!

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Terreautez pour avoir un beau gazon

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Pour un beau gazon comme dans les revues d’aménagement paysager, terreautez annuellement avec une couche de 2 cm de compost. Profitez-en pour remplir les dépressions avec un peu plus d’amendement pour que sa surface soit bien égale. Puis, sursemez avec des semences à gazon de qualité contenant des endophytes. Il s’agit de champignons bénéfiques vivants à l’intérieur du gazon et qui le rendent toxique aux insectes mangeurs de feuilles.

Vous pouvez terreauter et sursemer au printemps, mais les résultats sont encore meilleurs quand vous le faites au début de l’automne.

Avec une terre enrichie et ameublie par le compost et un gazon renouvelé par l’arrivée de jeunes graminées fringantes et en répétant cette restauration tous les ans, votre gazon n’aura jamais été aussi beau!

Comment obtenons-nous des fruits sans pépins?

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Par Christine Bradish, Ashland Inc.

Il est fort possible que vous ayez déjà vu une publicité pour «23 and Me» faisant la promotion d’un test ADN pour déterminer l’origine de vos ancêtres. Le «23» représente l’ADN chez l’être humain, contenu dans 23 chromosomes. En fait, cependant, les humains ont 2 paires de chromosomes, l’une de leur mère et l’autre de leur père, donc 46 chromosomes. À quelques exceptions près, les animaux aussi possèdent 2 paires de chromosomes. Nous disons qu’ils sont diploïdes (di = deux, ploïde = paires de chromosomes). La taille de l’animal n’est pas un facteur important: par rapport à l’homme (46 chromosomes), les souris en ont 40, les éléphants 56 et les chiens 78.

Les plantes sont un peu différentes. Oui, la plupart sont diploïdes (ont 2 paires de chromosomes), mais elles peuvent aussi avoir de multiples paires de chromosomes, un état appelé polyploïdie. Beaucoup de nos fruits et légumes préférés sont des polyploïdes. La polyploïdie peut se produire naturellement, où des espèces sauvages «additionnent» leur ADN plutôt que de le combiner. Le blé et les fraises en sont deux bons exemples. Le blé (Triticum aestivum) est un hexaploïde, ce qui signifie qu’il possède 6 paires de chromosomes, alors que le fraisier (Fragariaananassa) est un octoploïde avec — vous l’avez deviné — 8 paires!

Les hybrideurs de végétaux développent intentionnellement des polyploïdes présentant des caractéristiques souhaitables, par exemple les pastèques sans pépins. 

Le cas de la pastèque

Normalement, les pastèques ou melons d’eau (Citrullus lanatus) sont diploïdes et produisent des pépins fertiles… beaucoup de pépins fertiles. En utilisant des composés chimiques tels que la colchicine, dérivée d’une plante commune de nos jardins, le colchique (Colchicum spp.), les hybrideurs peuvent réussir à doubler le nombre de chromosomes dans une plante, donnant dans ce cas une pastèque tétraploïde (ayant 4 paires de chromosomes) qui est fertile et produit des pépins. Mais quand on croise la pastèque tétraploïde (4 paires de chromosomes) avec une pastèque diploïde standard (2 paires de chromosomes), cela donne des graines de pastèque triploïdes (3 paires de chromosomes).

Ces graines de pastèque triploïdes sont stériles, car vous avez besoin de paires de chromosomes pour former des graines fertiles. C’est pourquoi les animaux et les plantes ont normalement des multiples de 2 chromosomes. 

Si vous voulez cultiver vos propres pastèques sans pépins, vous devez planter aussi au moins une pastèque standard (à pépins) dans votre potager pour servir de source de pollen. Curieusement, ce pollen stimule la production de fruits même s’il ne contribue pas à la génétique des fruits produits. 

Les semences de pastèque sans pépins sont plus chères, car maintenir des lignées tétraploïdes et produire de pépins triploïdes, un acte qu’il faut répéter annuellement, coûtent très cher.

Les bananes aussi sont des polyploïdes

La banane est un fruit triploïde, comportant trois paires de chromosomes. Les minuscules graines dans son intérieur sont stériles. Source: Morguefile

Mais la pastèque sans pépins n’est pas la plus connue des plantes triploïdes stériles. Cet honneur appartient à la banane (Musa x). 

Dans la nuit des temps, bien avant que les humains connaissent quoi que ce soit de la génétique, quelqu’un dans la jungle sud-asiatique a trouvé un bananier sauvage sans graines et l’a reproduit par division. Ce fruitier a fini par gagner le monde tropical tout entier! 

Comme vous l’aurez deviné, le bananier sans graines était triploïde, le résultat d’un croisement fortuit entre un bananier sauvage diploïde et un autre qui était tétraploïde.

La prochaine fois que vous mangerez une banane, cherchez les petits points noirs au milieu du fruit: ce sont les graines stériles, tout ce qui reste des grosses graines que les bananes sauvages produisent normalement. Les agriculteurs ne sont pas obligés d’acheter de nouvelles graines de bananier chaque année, car les bananes poussent à partir d’une herbe pérenne géante, presque comme un arbre, qui produit des rejets à son pied, rejets qu’on peut utiliser pour le multiplier la plante.

La polyploïde dans l’hybridation

La polyploïdie est un outil supplémentaire que les scientifiques peuvent utiliser pour se renseigner sur la génétique des plantes cultivées. Les hybrideurs utilisent des méthodes de sélection traditionnelles de végétaux (non, les plantes polyploïdes ne sont pas de OGMs!) pour modifier la polyploïdie afin de produire des cultures améliorées plus rapidement et plus efficacement. C’est une technique très complexe, car la polyploïdie implique qu’il y a beaucoup de chromosomes à gérer, mais c’est un «outil» parmi tant d’autres que les hybrideurs utilisent pour développer des végétaux plus forts, plus résistants et meilleurs au goût!

Ce blogue a écrit pour le compte de l’American Society of Agronomy et de la Crop Science Society of America et traduit et adapté de l’américain par laidbackgardener.blog

Un béluga dans mon jardin

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En fait, l’objet blanc sale dans la partie inférieure la photo n’est pas un béluga, bien que je pense qu’il ressemble à un béluga, mais un amas de neige. Et le petit amorcellement plus haut pourrait être un bébé béluga à moitié submergé. Oui, alors que la majeure partie de l’hémisphère Nord vit un printemps bien avancé, ici à Québec, le 12 mai 2019, il peine à s’afficher. De la neige à la fête des Mères! Qui aurait pensé! 

Mais je ne vous écrirai plus au sujet de l’état de «la neige qui ne veut pas partir» cette année. :Le peu de neige qui reste sera disparu dans deux ou trois jours. Et ma vie de jardinier continue. 

Par contre, la prochaine fois que vous trouvez que l’hiver est interminable dans votre patelin, pensez à moi!

Photo: jardinierparesseux.com

Une fougère qui lévite, mais est-elle vivante?

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La «plante de Neptune» ou «fougère aérienne» est une célèbre escroquerie qui a fait fureur sur quatre continents dans les années 1970s et qui est d’ailleurs encore en vente en Europe. On disait de cette «plante» qu’elle prospérait dans les conditions typiques de nos maisons, mais ne nécessitait jamais de l’eau ni de l’engrais ni de la lumière, qu’elle filtrait l’air de ses impuretés et même qu’elle repoussait les moustiques! 

C’était bien sûr faux sur toute la ligne, mais cela n’a pas empêché des centaines de milliers de personnes d’en acheter à des prix souvent assez faramineux, assurant une bonne prospérité aux arnaqueurs. 

Après quelque temps, toutefois, les petits rameaux deviennent tellement pleins de poussière que la fausse plante perd ses charmes et finit aux rebuts.

La nouvelle mouture

Eh bien, la fougère aérienne s’est recyclée en plante volante! Oui, grâce aux aimants et à l’électronique, son pot plane au-dessus d’une base spéciale, lévitant et tournant lentement 24 heures par jour (tant que la base reste bien branchée, évidemment).

Les sociétés qui la vendent affirment qu’elle n’a pas besoin de terre ni d’eau, mais reste luxuriante et belle, puisant son humidité de l’air. On prétend même «qu’elle se nourrit de soleil et de pensées heureuses!»

Derrière une fausse fougère

Hydraire queue d’écureuil dans son milieu naturel, au fond de l’océan. Photo:www.inaturalist.org

La plante de Neptune n’est pas une plante du tout et n’est certainement pas vivante. Il s’agit d’un animal marin appelé hydraire queue d’écureuil ou plume de mer (Sertularia argentea), proche parent des coraux et des méduses, qu’on a tué, séché et teint vert. Il ne prospère pas du tout, bien sûr: les animaux morts le font si rarement!

Comme la plante de Neptune est morte, vous pouvez bien sûr la placer au soleil ou à l’ombre, dans une atmosphère sèche ou humide et à la température de votre choix. L’affirmation selon laquelle «elle tire suffisamment d’humidité de l’air pour lui donner une apparence luxuriante et belle toute l’année» est tout simplement ridicule. On pourrait la mettre sous vide, sans air ni humidité, et elle resterait verte.

Et surtout, ne l’arrosez pas: cela enlèverait son colorant vert.

La fougère aérienne en lévitation est simplement un bibelot coûteux, peut-être utile comme cadeau pour quelqu’un qui est fasciné par les bizarreries. Elle est, après tout, assez mignonne et une fausse plante qui fait de la lévitation pourrait certainement impressionner les invités, mais… je préfère mes plantes réelles et vivantes! Et elles n’ont pas besoin de tourner comme une toupie pour me rendre heureux.

Des pivoines bien parfumées

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Question: Voilà maintenant cinq ans que je cherche des pivoines parfumées. Chaque année, je me rends en pépinière, je sens les fleurs, mais il n’y a jamais d’odeur. Sur Internet, on décrit différentes variétés, mais on ne parle pas de leur parfum. Je me vois mal commander leurs pivoines, n’ayant pas l’information sur leur parfum! 

L’année passée, en pépinière, je suis tombée sur de nouvelles variétés canadiennes. Elles étaient très belles, avec des tiges solides, mais leur effluve était carrément déplaisant!

Avez-vous des variétés parfumées à me conseiller? Et où les trouver? Leur parfum est mon principal critère, même si, idéalement, elles auraient des tiges solides qui ne nécessite pas de tuteur. Par contre, j’aimerais mieux une fleur tuteurée qui sent bon qu’une fleur sans tuteur au parfum insipide. 

Je trouve dommage que de nos jours les hybrideurs accordent si peu d’intérêt aux parfums.

Lee Langevin

Le parfum de beaucoup de pivoines est éphémère ou faible, mais d’autres ont parfum intense et durable. Photo: http://www.medicalnewstoday.com

Réponse: Le parfum des fleurs, que ce soit des pivoines ou d’autres plantes, est souvent difficile à classifier adéquatement. Il dépend non pas seulement de la génétique de la plante, mais aussi de la température, du moment dans la journée où on les sent (la plupart fleurs de pivoine sont plus parfumées tôt le matin qu’au milieu ou à la fin de la journée), du vent ou de l’absence de vent et d’autres facteurs encore. De plus, chaque personne a ses préférences: certaines trouvent telle variété délicieusement parfumée, d’autres la détestent et d’autres remarquent peu son odeur!

D’ailleurs, le choix de pivoines vendues dans beaucoup de jardineries est souvent des plus décevants: on y vend généralement des variétés importées de la Chine, faciles à multiplier rapidement, d’accord, mais rarement très satisfaisantes quant à leur comportement au jardin. Pour trouver des pivoines de réel intérêt, il faut généralement aller dans une pépinière spécialisée. Le choix y est meilleur… et les employés connaissent bien les pivoines qu’ils vendent et peuvent vous aider à choisir. 

Les plus parfumées

Souvent les pivoines doubles de couleur pâle (ici Duchesse de Nemours’) sont les plus parfumées. Photo: oaktree-nurseries.myshopify.com

En général, les pivoines les plus parfumées sont les variétés blanches ou roses. Les rouges ont rarement beaucoup de parfum. Aussi, les variétés doubles ont généralement un parfum plus intense que les variétés à fleurs simples. Mais il y a bien sûr beaucoup d’exceptions.

Et vous avez raison de noter que le parfum des fleurs est fréquemment négligé par les hybrideurs. Souvent, ils recherchent des fleurs de belle apparence et de couleur et de forme saisissantes plutôt qu’un parfum intense et séduisant. Combien d’hybrides de pivoine, de rosier, etc. sont peu ou pas parfumés alors que la plante sauvage derrière ces hybrides complexes était réputée pour son parfum?

Pivoines parfumées

Voici quelques variétés réputées pour leur parfum, toutes aux tiges robustes (je ne tiens pas à présenter des pivoines nécessitant un tuteurage dans ce blogue: ces plantes sont de faible intérêt pour les jardiniers paresseux!). Mais vous seule pouvez décider si leur fragrance est attrayante ou désagréable. 

Alors, je vous suggère d’aller chez un spécialiste de pivoines ou dans un jardin public à la fin du printemps et début d’été quand les pivoines s’épanouissent et de sentir les pivoines lors de leur floraison afin de faire votre sélection. Prenez note des noms, mais ne les achetez qu’à l’automne, la meilleure période pour les planter.

 Paeonia lactiflora ‘Angel Cheeks’: grosses fleurs roses très doubles, parfois avec quelques striures rouges. 80 à 90 cm x 90 cm.

Pivoine Itoh ‘Bartzella’. Photo: blog.longfield-gardens.com

P. Itoh ‘Bartzella’: la plus populaire des pivoines Itoh et quand même très parfumée. Énormes fleurs jaunes semi-doubles à doubles avec des touches de rouge au centre. 90-120 cm x 90-120 cm.

P. lactiflora ‘Bowl of Beauty’: pivoine japonaise aux pétales rose fuchsia et au centre composé de pétaloïdes étroits blanc crème. Floraison: juin. 90 cm x 90 cm.

P. lactiflora ‘Catharina Fontjin’: Fleurs doubles roses devenant rose doux. Excellente fleur coupée. 100 cm x 90 cm. 

P. lactiflora ‘Cora Stubbs’: pivoine japonaise à pétales extérieurs roses et au centre bombé blanc. Parfum intense. 80 à 85 cm x 90 cm. 

P. lactiflora Duchesse de Nemours’: L’une des rares pivoines largement offertes dans le commerce dont les tiges sont robustes. Abondance de fleurs doubles blanc crème. 60-90 cm x 90 cm.

Pivoine ‘Eden’s Perfume’.Photo: http://www.cottagefarmsdirect.com

P. lactiflora ‘Eden’s Perfume’: Grosse fleur très double, presque triple, rose clair nuancé de rose plus foncé avec une auréole de pétales frangés blanc crème. Parfum de rose intense. 90 cm x 90 cm. 

P. Itoh ‘Garden Treasure’: Fleurs semi-doubles jaune doux avec des taches rouges près du centre. Longue floraison. Parfum un peu citronné. Beaucoup de fleurs secondaires, ce qui assure une floraison prolongée. 90 cm x 90 cm.

P. lactiflora ‘Hermione’: Énorme fleur rose très double à marge frangée. 60-90 cm. 

P. lactiflora ‘Honey Gold’: pivoine japonaise blanc crème avec un peu de jaune au centre. Floraison prolongée à cause des nombreux boutons secondaires. 90 cm x 90 cm.

P. lactiflora ‘Madame de Verneville’: Fleurs blanches tachetées de rouge. Elles sont plutôt petites, mais fortement parfumées, sentant la rose. 60 à 90 cm x 90 cm.

Pivoine ‘Moon River’. Photo: purepeonies.com

P. lactiflora ‘Moon River’: grosse fleur double blanc rosé en forme de coupe. Plant compact. 65 cm x 60 cm.

P. lactiflora ‘Petite Elegance’: fleur semi-double un peu plus petite que la normale, mais de couleur originale: rose foncé devenant blanc crémeux avec des marques rouges. 55 cm x 90 cm.

P. lactiflora ‘Petite Porcelaine’: magnifique fleur semi-double blanche aux pétales joliment ondulés. 55 cm x 90 cm. 

P. lactiflora ‘Philippe Rivoire’: belle petite fleur rouge très double avec un excellent parfum. 60 à 90 cm x 90 cm. 

Pivoine ‘Philomele’. Photo: http://www.thetreefarm.com

P. lactiflora ‘Philomele’: fleur de type anémone, avec une rangée de pétales rose lavande autour d’une boule de pétaloïdes jaune pâle. 60-90 cm x 90 cm. 

P. lactiflora ‘Spiffy’: pivoine japonaise rouge rosé à l’extérieur et rose foncé marqué de crème au centre. 70-75 cm x 90 cm. 

P. lactiflora ‘Sea Shell’: superbe variété rose clair à fleurs simples au centre très jaune. Floraison prolongée. 100 cm x 90 cm.

Catalogues

Contrairement à votre expérience, je trouve que les catalogues de pivoines sur Internet mentionnent souvent le parfum des différentes variétés… en temps et lieu. En effet, s’ils n’y font pas référence, c’est le parfum n’est pas digne de mention. Souvent aussi ils soulignent la capacité de leurs tiges de ne pas plier sous le poids des fleurs. 

Voici quelques catalogues offrant des pivoines parfumées aux tiges solides.

Canada

Europe

Un truc simple pour éviter le doryphore

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Voici un truc simple, mais efficace! 

Pour éviter le doryphore de la pomme de terre, aussi appelé bibitte à patate au Québec (Leptinotarsa decemlineata), un insecte qui dévore le feuillage des plants de pomme de terre (Solanum tuberosum), plantez vos pommes de terre non pas dans le potager, en monoculture, mais dans la plate-bande, dispersées çà et là à travers les fleurs. 

Plusieurs variétés de pomme de terre fleurissent facilement et cadrent alors très bien avec une plate-bande fleurie. Photo: Keith Weller, Wikimedia Commons

Les doryphores adultes sont attirés par l’odeur distinctive du feuillage des pommes de terre et trouvent plus facilement leur hôte quand la pomme de terre est regroupée en rangs, comme dans un potager. Mais quand les plants de pomme de terre sont éparpillés à travers d’autres végétaux, le problème disparaît. 

Parfois, un ou deux doryphores de la deuxième génération réussissent à trouver les plants vers la fin de l’été, mais pas assez pour même devoir traiter: il en faut des dizaines pour nuire à production des pommes de terre. 

L’année suivante, répétez… en changeant les pommes de terre de place (il faut toujours faire une rotation avec les légumes).

Facile, n’est-ce pas?