Des conifères qui poussent à l’ombre

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Haies d’ifs (Taxus x cuspidata Hicksii’) créant un coin d’intimité à l’ombre. Source: www.instanthedge.com

On croit à tort que les conifères ne peuvent pas pousser à l’ombre, mais en fait il existe quelques espèces qui conviennent aux coins mi-ombragés et même ombragés. En voici quelques exemples :

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Taxus cuspidata ‘Emerald Spreader’. Source: http://www.truffaut.com

L’if (Taxus spp.) est sans doute le conifère le mieux adapté à l’ombre. Il y a une vaste gamme de cultivars, grands ou petits, et au port dressé, évasé ou rampant, même à feuillage panaché, et c’est un des rares conifères qu’on peut tailler facilement. La rusticité peut toutefois être faible : pour les régions très froides, essayez l’if du Canada (Taxus canadensis, zone 2), l’if du Japon (T. cuspidata, zone 4) ou l’if hybride (Taxus x media, zone 5), en les plantant à l’abri du vent. Mais la patience est de mise: la croissance des ifs est souvent très lente.

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Cephalotaxus harringtonia. Source: Fernando Lopez Anido, Wikipedia Commons

Dans les régions plus tempérées (zones 7 à 9), les céphalotaxes (Cephalotaxus spp.) sont de bons choix pour l’ombre ou la mi-ombre. Ils ressemblent beaucoup aux ifs, mais leur croissance est plus rapide.

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Tsuga canadensis ‘Bennett’, une populaire variété naine. Source : http://www.richsfoxwillowpines.com

Les tsugas ou pruches (Tsuga spp.) poussent tout naturellement dans la forêt et tolèrent très bien la mi-ombre et l’ombre. Le plus couramment offert est le tsuga du Canada ou pruche du Canada (T. canadensis, zone 4). Il vient dans une vaste gamme de formes (dressé, rampant, pleureur, etc.) et de tailles (de miniature à arborescent) et certaines variétés sont panachées: vertes avec des pointes blanches.

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Microbiota decussata, un excellent couvre-sol pour l’ombre. Source : vancouverislandgrows.wordpress.com

Le cyprès de Russie (Microbiota decussata, zone 3), au port nettement rampant, peut facilement remplacer les genévriers rampants (auxquels il ressemble) dans les secteurs mi-ombragés ou ombragés de votre terrain.

À la mi-ombre

À la mi-ombre, le choix s’améliore nettement et vous pouvez oser essayer des épinettes ou épicéas (Picea spp.), des faux-cyprès (Chamaecyparis spp.), des thuyas (Thuja spp.), des sapins (Abies spp.) et plusieurs autres, mais sachez que leur croissance est souvent moins dense qu’elle ne l’aurait été au plein soleil.


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L’effet hivernal des conifères est magique. Source: bernadettemarykennedy.ie

Utilisez les conifères adaptés aux endroits ombragés là où vous voulez de la verdure 12 mois par année, car le grand avantage des conifères est, bien sûr, de rester beaux à l’année!

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Comment arroser les paniers suspendus?

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Les paniers suspendus viennent avec des soucoupes incroyablement petites: elles sont tellement mal conçues que vous ne pouvez tout simplement pas arroser vos plantes convenablement en les utilisant! Source: beldenplastics.com

S’il y a bien une catégorie de plantes d’intérieur que nous maltraitons, ce sont les plantes cultivées en panier suspendu. Elles ont presque toujours l’air d’être sur le point de mourir… et en fait, c’est vrai que souvent elles s’accrochent à peine à la vie. Le problème est assez simple: elles souffrent constamment de stress hydrique (manque d’eau). Alors que les autres plantes reçoivent un arrosage approfondi à chaque fois que vous les humidifiez, suffisamment pour imbiber toute la motte de racines (et pour les garder heureuses!), les plantes suspendues ne reçoivent qu’un arrosage superficiel… et insuffisant.

Pourquoi? Eh bien, il est vrai que les plantes suspendues au plafond, plus exposées aux courants d’air, ont tendance à se dessécher plus rapidement que les plantes cultivées dans des pots posés sur un rebord de fenêtre, sur le plancher ou sur une table, mais ce n’est pas là le vrai problème. Mettez plutôt le blâme sur la conception du pot.

Les designers de pots n’ont de toute évidence jamais essayé de faire pousser des plantes dans les paniers suspendus qu’ils produisent. Ils sont inévitablement vendus avec une toute petite soucoupe incorporée qui peut avoir l’air très bien intégrée, mais qui n’accomplit pas le travail à faire. Son diamètre est nettement inférieur à celui du pot (alors que, pour être fonctionnel, il devrait être plus large!) et sa profondeur est minimale. Pourtant, théoriquement son rôle est de capter l’eau en excès pour qu’elle ne coule pas sur le plancher.

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Deux phalangères (plantes-araignées) très stressées par la sécheresse: une situation typique quand on les cultive en panier suspendu. Source: jamesmissier.blogspot.com.

Mais, comme la soucoupe est petite et peu profonde et qu’elle ne retient presque pas d’eau, cela vous laisse, en tant qu’arroseur, dans de beaux draps. Si vous ajoutez suffisamment d’eau pour satisfaire la plante — car on sait que, souvent, l’eau traverse le terreau sans vraiment l’humidifier au début — l’eau tombera en cascade sur le plancher. Pour éviter ce dégât, nous avons alors tendance à ne donner qu’une petite quantité d’eau, insuffisamment pour humidifier toute la motte, et à passer à la plante suivante, dans l’espoir que cela suffise. Et ainsi, la pauvre plante suspendue est dans un état de sécheresse constant!

Plongez et laissez tremper

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Pour garder vos plantes suspendues en bon état, faites-les tremper! Source: jardinierparesseux.com

La seule façon logique d’arroser ces pots ridiculement conçus est de les porter à l’évier (ou à la baignoire) et de les y faire tremper. Oui, laissez-les assis dans l’eau jusqu’à la mi-hauteur pendant 10, 20, 30 minutes ou plus afin que la plante et le terreau absorbent toute l’eau dont ils ont réellement besoin. Ensuite, levez le pot, tournez-le à un angle de 45 degrés et laissez tout excès d’eau s’écouler de la soucoupe. Ce n’est qu’alors que vous pourrez suspendre la plante à son emplacement habituel, sachant qu’elle dispose réellement de l’eau dont elle a besoin, mais sans craindre que le surplus ne s’écoule sur le plancher.

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Vous pensiez que vos asperges d’intérieur poussaient dans du terreau? Dépotez-en une et vous découvrirez que le pot est presque entièrement rempli de ses racines tubéreuses! Source: http://www.plantsrescue.com

Certaines plantes suspendues remplissent tellement leur pot de racines qu’un bon trempage est vraiment la seule façon de les arroser convenablement. Je pense notamment à la phalangère ou plante-araignée (Chlorophytum comosum) et aux différentes asperges d’intérieur (Asparagus densiflorus, A. setaceus, etc.), car elles produisent des racines tubéreuses qui compriment le terreau au maximum, le rendant incapable de retenir l’eau. Quand on arrose ces pots remplis de racines, l’eau coule tout droit vers les trous de drainage et les plantes n’en profitent pas vraiment… à moins que vous ne les fassiez tremper. Si vos phalangères et vos asperges ne sont pas aussi belles que vous le voudriez, essayez de les faire tremper à chaque fois que vous arrosez. En moins de deux mois, leur apparence se sera tellement améliorée que vous ne les reconnaîtrez plus!

Quand vous avez plusieurs pots suspendus

Si vous n’avez qu’une seule plante suspendue à arroser, vous avez désormais la bonne méthode pour l’arroser, mais que faire si vous en avez des dizaines? Les apporter une à une dans l’évier à chaque fois que vous arrosez peut devenir très fastidieux! Pourtant, si vous ne le faites pas, elles ne seront pas heureuses. Il faut donc une autre solution… et j’en ai une à vous proposer.

Des plateaux pour paniers suspendus

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Ce plateau en plastique transparent est conçu pour s’accrocher à un panier suspendu. Source: cwplastics.com

Il y a une dizaine d’années, j’ai découvert un produit très pratique pour arroser les paniers suspendus: le plateau d’arrosage pour paniers suspendus («drip pan» en anglais).

Celui que je vois le plus souvent est fabriqué par la compagnie américaine Curtis Wagner Plastics et s’adapte aux paniers suspendus ronds. Il s’y attache à l’aide de 4 crochets intégrés qu’il suffit de fixer sur le rebord du panier. Le plateau est transparent et vient dans des tailles adaptées aux paniers classiques de 20, 25 et 30 cm. Il suffit d’enlever la petite soucoupe inefficace et d’y fixer le plateau à sa place. J’en mets maintenant sur tous mes paniers suspendus, du moins, pour la culture à l’intérieur.

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Une fois le plateau installé, il devient facile d’offrir de bons arrosages efficaces. Source: Amazon.com

Maintenant, quand j’arrose mes paniers suspendus, je verse l’eau abondamment afin qu’un surplus s’écoule dans le plateau, puis laisse les plantes tremper. J’ai découvert que si je laisse environ 2,5 à 4 cm d’eau dans le fond, la plante l’absorbera rapidement, laissant un plateau bien vide seulement une heure plus tard.

D’accord, le plateau est transparent, mais j’admets que l’effet lorsque le plateau est placé sur le panier suspendu n’est pas toujours des plus esthétiques. Aussi, après un certain nombre d’années (je dirais 5 ou 6), le panier finit par jaunir. Par contre, les miens demeurent fonctionnels, même après 10 ans. Mais l’apparence est de moindre importance pour moi. Ce qui compte est que mes plantes suspendues soient heureuses et maintenant, grâce à ces plateaux spéciaux, elles le sont!

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Les plateaux sont généralement vendus en paquets de 5 ou 10. Source: Amzaon.com

Si jamais votre jardinerie locale n’en vend pas, demandez-lui d’en commander, car le produit est facilement disponible auprès des grossistes en produits de jardinage, du moins en Amérique du Nord (je ne sais pas pour l’Europe). Sinon, vous pouvez facilement les trouver sur Amazon ou eBay.


Pour que vos plantes en suspension soient heureuses, il faut bien les arroser… et désormais vous savez comment faire!

Le faux zamier : une plante d’intérieur presque increvable

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Même si le faux zamier est une introduction relativement récente, il est déjà considéré comme une «plante d’intérieur classique». Source: fleurenville.com

Le faux zamier, aussi appelé zamiocolocase ou plante ZZ (Zamioculcas zamiifolia), est une plante d’intérieur populaire, mais cela n’a pas toujours été le cas. Bien que découvert au début du 19e siècle (il a été décrit botaniquement pour la première fois en 1829) en Afrique de l’Est, il a fallu plus de 150 ans avant que nous ne nous rendions compte de son potentiel en tant que plante d’intérieur. D’accord, on le voyait parfois dans les serres des grands jardins botaniques pendant toutes ces années, mais autrement, le faux zamier n’était pas connu des amateurs de plantes d’intérieur. 

Ce sont des horticulteurs néerlandais qui, le voyant utilisé comme plante ornementale dans les jardins asiatiques tropicaux, l’ont essayé à l’intérieur pour la première fois… et le reste appartient à l’histoire! Introduit en 1996, il est essentiellement disponible dans le monde entier depuis 2000. Aujourd’hui, il n’y a presque pas de jardinerie digne de ce nom qui ne l’offre pas, du moins à l’occasion.

Qu’est-ce que c’est?

Le faux zamier est une aracée aberrante : il ne ressemble à aucune autre.

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Voici quelques aracées typiques : aucune ne ressemble au faux zamier. Source: http://www.fairchildgarden.org

Les jardiniers connaissent mieux la famille des Aracées (famille du philodendron) pour ses plantes tropicales grimpantes, dont non seulement le très populaire philodendron grimpant (Philodendron hederaceum, anciennement P. scandens, P. cordatum et P. oxycardium), mais aussi le pothos (Epipremnum aureum), le monstera (Monstera deliciosa) et le syngonium (Syngonium podophyllum). Bien entendu, la vaste famille contient beaucoup d’autres plantes, y compris des plantes tropicales tubéreuses comme le caladium, aussi appelé oreille d’éléphant (Caladium hortulanum), la colocase, également appelée oreille d’éléphant (Calocasia esculentum) et presque toute autre plante communément appelée oreille d’éléphant, des plantes d’intérieur de table comme le lis de la paix (Spathiphyllum spp.), l’anthurium (Anthurium spp.) et l’aglaonéma (Aglaonema spp.) et même quelques plantes rustiques, comme le petit prêcheur (Arisaema triphyllum), les arums ou gouets (Arum spp.) et le chou puant (Symplocarpus foetidus).

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Zamioculcas zamiifolia à gauche; Zamia furfuracea, à droite. Ils se ressemblent certainement beaucoup, bien qu’ils ne soient nullement apparentés. Source: http://www.plantsrescue.com et http://www.gumtree.com

Cependant, le faux zamier ne ressemble à aucune autre aracée.  En raison de ses touffes de feuilles pennées se courbant vers l’extérieur, vous aurez plus de chance de le prendre pour un palmier ou une fougère que pour un philodendron. Mais avant tout, il ressemble beaucoup à un genre de cycadale appelé zamier (Zamia spp.). Cela se reflète d’ailleurs dans son nom botanique, Zamioculcas zamiifolia, qui veut dire «le zamier-colocase à feuilles de zamier», alors qu’il porte les mêmes feuilles pennées à pétiole épais qui s’arquent vers l’extérieur et des folioles elliptiques et charnues similaires. Il faut presque voir les deux côte à côte pour comprendre que le vrai zamier a une texture matte, une couleur vert plus pâle et un début de tronc alors que le faux zamier a des folioles vert foncé luisants et pas de tronc du tout.

Le faux zamier est tellement aberrant dans sa famille qu’il n’a pas de parents véritablement proches. Il est en fait monotypique, la seule plante du genre Zamioculcas et de la sous-famille des Zamioculcaoïdées. 

Une description

Même s’il ressemble extérieurement à un zamier, le faux zamier en est en fait très différent dans sa structure.

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Les rhizomes tubéreux en forme de pomme de terre sont souterrains et donc généralement cachés. Source: Mokkie, Wikimedia Commons

C’est une plante tubéreuse poussant à partir d’un rhizome souterrain ressemblant à une pomme de terre. Le faux zamier n’a pas de tronc. Les pétioles succulents extrêmement épais portent environ 6 à 8 paires de folioles vert très foncé, presque aussi brillantes qu’un miroir. Les feuilles sont pennées, composées de folioles disposées de part et d’autre d’un axe médian, à la manière des barbes d’une plume, une forme, tel que mentionné plus haut, plus typique des palmiers, des cycadales et des fougères, mais autrement rare chez les Aracées. 

La plante atteint généralement une hauteur et un diamètre d’environ 60 à 90 cm à maturité.

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Si la plante ne ressemble pas à une Aracée par sa forme générale, c’est tout le contraire pour son inflorescence qui ne pourrait pas être plus typique d’une Aracée. Source: Mokkie, Wikimedia Commons

De petites inflorescences typiques des Aracées se forment au printemps ou à l’été et sont composées d’une spathe (bractée en forme de feuille) verdâtre à marron d’où émerge un spadice (épi floral) de couleur crème devenant brun. Les «fleurs» apparaissent sur de très courtes tiges à la base de la plante, souvent si bien cachées qu’on ne les voit pas. Elles contribuent peu à la beauté de la plante.

Un dur à cuire

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Vous pouvez installer un faux zamier presque n’importe où à l’intérieur, même dans un coin sombre, et il survivra pendant de très nombreux mois, peut-être même des années. Source: Eveline Mallmann, pinterest.ca

Le faux zamier est extrêmement tolérant aux conditions intérieures. (C’est aussi une plante d’ombre facile à cultiver en plein air dans les régions tropicales, mais ça, c’est une autre histoire!) Il pousse à peu près n’importe où dans nos intérieurs, du plein soleil à l’ombre profonde, et semble prospérer malgré la négligence de ses propriétaires. Cela dit, vous obtiendrez de meilleurs résultats si vous le traitez gentiment en lui offrant un éclairage au moins moyen avec un peu de soleil direct chaque jour. Aussi, évitez les emplacements au plein soleil qui deviennent très chauds l’été. Et, bien sûr, dans les emplacements vraiment sombres, il finira éventuellement par mourir, même si cela peut prendre plus d’un an: toute plante verte a besoin de lumière, quand même!

Le faux zamier est une plante succulente (encore une fois, une situation aberrante chez les Aracées, dont la plupart des espèces préfèrent un sol humide en tout temps) qui emmagasine l’eau dans ses rhizomes, ses pétioles et ses folioles et qui préfère, par la suite, que son terreau s’assèche passablement. Ainsi, il tolère une négligence considérable. Malgré tout, il est préférable de l’arroser régulièrement, dès que le terreau est sec au toucher. Et quand vous arrosez, faites-le abondamment, en humidifiant complètement la motte de racines.

Un arrosage excessif peut entraîner la pourriture, surtout s’il est répété, alors, assurez-vous que le terreau dans lequel il pousse soit presque sec avant d’arroser de nouveau. Enfoncez votre index dans le substrat jusqu’au deuxième joint: si le terreau est encore humide, il n’est pas encore temps d’arroser!

Il y a une rumeur qui court qui prétend que le faux zamier n’ait jamais besoin d’être arrosé! C’est absurde, bien sûr: toutes les plantes d’intérieur vivantes ont besoin d’arrosage! Mais il est vrai qu’il tolérera tellement de négligence que si vous ne l’arrosez pas du tout pendant 2 ou 3 mois, il paraîtra toujours en assez bon état. Cela provoquera, par contre, une dormance profonde et, éventuellement, la chute des feuilles. Il sortira de la dormance dans laquelle la négligence l’a plongé lorsque vous recommencerez à l’arroser, mais il pourrait prendre 6 mois et même plus avant de récupérer.

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Le faux zamier pousse dans presque tout environnement… mais il ne tolère pas les températures froides. Source: http://www.bakker.com

Sa réputation bien méritée de plante de culture très facile ne s’applique que si vous le maintenez au chaud. Il est parfaitement heureux à des températures comprises entre 18 et 26 °C, typiques de nos demeures, mais n’aime pas les températures froides et peut mourir s’il est exposé à des températures inférieures à 15 °C pendant une période prolongée. Si vous placez le vôtre à l’extérieur pour l’été, assurez-vous de le rentrer à l’intérieur dès le tout début de l’automne.

Le faux zamier n’est pas très gourmand et réussira probablement très bien même si vous ne le fertilisez jamais, mais pour maintenir une bonne croissance, un régime régulier de fertilisation à ⅛ à ¼ du taux recommandé sur l’étiquette, appliqué pendant sa saison de croissance, soit du printemps jusqu’au début de l’automne, est recommandé. Vous pouvez utiliser à cette fin l’engrais de votre choix.

Enfin, rempotez votre faux zamier au bout de quelques années, ou encore, lorsque la plante devient trop grande pour son pot.

Multiplication

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Un faux zamier tranché en deux et prêt à être planté. Source: http://www.jackwallington.com

Il est possible de multiplier les plantes matures en les divisant, bien qu’elles puissent prendre 5 ans ou plus pour atteindre ce stade de vie. Regardez votre plante et si vous pouvez voir qu’elle est composée de deux ou trois touffes distinctes, vous pouvez facilement la couper en sections avec un couteau tranchant et rempoter individuellement chaque division pour créer de nouvelles plantes.

La plupart du temps, cependant, c’est par boutures de feuilles ou, pour être plus précis, de folioles (les petites feuilles qui forment une feuille composée) qu’on multiplie le faux zamier.

Les folioles du faux zamier sont en fait assez fragiles et faciles à détacher de la feuille par accident. Quand cela arrive, profitez-en pour faire un peu de multiplication! Ou encore, arrachez deux ou trois folioles fraîches. 

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Folioles mises à enraciner. Source: aaraceum.abrimaal.pro-e

La technique est des plus faciles. Il suffit d’insérer l’extrémité inférieure de la foliole dans un pot de terreau humide et de garder le terreau toujours un peu humide par la suite.

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Boutures de folioles à différents stades de développement. Source: edis.ifas.ufl.edu

La première étape dans la multiplication se passe hors de vue, car un tubercule se formera à la base de la foliole, sous le terreau. Après plusieurs mois, des racines aussi seront générées et enfin, une première feuille sortira. 

Ne perdez pas espoir si la foliole commence à jaunir ou même s’assèche complètement avant que vous ne voyiez le moindre signe de croissance aérienne. Si un tubercule s’est formé à la base de la foliole mourante, une nouvelle plante se développera, même si cela peut prendre un an ou même deux… et non, je n’exagère pas! Le bouturage du faux zamier est parfois trèèèèèèès lent! 

Vous pouvez également utiliser une feuille composée entière comme bouture, donc enfonçant le pétiole dans un pot de terreau humide, mais vous n’obtiendrez toujours qu’une seule plante.

Problèmes

Comme mentionné, quand un faux zamier meurt, c’est presque toujours à cause de la pourriture… et la pourriture s’installe généralement lorsque la plante trempe dans l’eau pendant de longues semaines. Rappelez-vous que, avec cette plante, il faut uniquement arroser lorsque le terreau est vraiment sec au toucher. Oui, il faut bien arroser, humidifiant toute la motte, mais pas au point que le terreau trempe dans l’eau.

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Cochenilles à carapace et leur sève collante sur un faux zamier. Source: ask.extension.org

Les cochenilles farineuses et les cochenilles à carapace adorent le faux zamier et sont difficiles à déloger. Des deux, les cochenilles à carapace sont les plus discrètes et donc les plus difficiles à contrôler. Mieux vaut vous assurer que la plante n’est jamais en contact avec des plantes souffrant de ces insectes!

Si vous découvrez que votre plante est infestée, essayez d’enlever les insectes visibles avec un chiffon doux savonneux, puis vaporisez de l’alcool isopropylique (alcool à friction) sur les feuilles, autant sur le dessous que sur le dessus, ce qui, si tout va bien, éliminera les nymphes, si petites qu’elles sont souvent invisibles. Répétez hebdomadairement pendant au moins un mois. 

Si cela ne fonctionne pas, mettez la plante à la poubelle et réutilisez le pot contaminé uniquement après un nettoyage minutieux.

Toxique ou pas?

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Le faux zamier n’est pas comestible, mais n’est apparemment pas aussi toxique qu’on le pensait. Source: clipartxtras.com

Le faux zamier appartient aux Aracées, réputées toxiques à cause de l’oxalate de calcium qu’elles contiennent, car ce produit peut provoquer des irritations douloureuses aux muqueuses et à la langue en cas d’ingestion. Pendant des années, le faux zamier a donc été jugé «coupable par association» et même classé par de nombreuses sources comme hautement toxique.

Cependant, des études récentes suggèrent que le faux zamier est considérablement moins toxique que la plupart des autres aracées et, en fait, n’est peut-être même pas toxique du tout.

En attendant des études plus approfondies, il est toujours sage de garder cette plante hors de portée des enfants et des animaux domestiques.

Cultivars

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Le faux zamier panaché : magnifique, mais coûteux. Source: MonsteraCo.

Récemment, quelques cultivars de faux zamier sont apparus sur le marché. Aucun n’est toutefois largement disponible dans le commerce pour le moment.

‘Raven’ a un feuillage pourpre foncé presque noir sur une plante plus compacte (75 cm de hauteur).

‘Zamicro’ est une version naine (40 cm x 30 cm), idéale pour les espaces restreints.

Il existe également une variété panachée (à feuillage irrégulièrement marbré jaune et vert), mais elle demeure incroyablement chère.


Le faux zamier: original et facile au point d’être presque impossible à tuer. Offrez-le en cadeau à un ami au pouce brun qui a désespérément besoin d’un peu de confiance en ses capacités de jardinier!

Laissez les muscaris guider vos plantations!

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Un cercle de muscaris indiquera où les autres bulbes sont plantés. Source: www.dobies.co.uk

Vous voilà dehors à l’automne avec votre pelle et vos bulbes d’automne, prêt à rajouter encore plus de couleur à votre plate-bande. Il y a juste un hic. Vous avez planté des bulbes les années précédentes (tulipes, narcisses, jacinthes, etc.) et savez qu’ils dorment sous le sol de votre plate-bande… mais où exactement? Au printemps, c’est évident : leurs feuilles et leurs fleurs sont bien visibles! Mais à l’automne, on ne voit strictement rien : les bulbes sont complètement cachés sous le sol. Et vous ne voulez pas déterrer les «vieux» bulbes par accident en allant planter les nouveaux!

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Plantez des bulbes de muscari autour de vos autres bulbes et, au cours des années à venir, ils vous indiqueront que cet espace est occupé. Source: www.cliparthut.com, http://www.turpinlandscapedesign, melbournechapter.net & clipartxtras.com, montage: jardinierparesseux.com

Voici un vieux truc à essayer : quand vous plantez des bulbes, entourez-les d’un cercle de bulbes de muscari, aussi appelé jacinthe à grappe (Muscaria armeniacum), un petit bulbe bon marché.

Il se trouve que les muscaris, contrairement aux autres bulbes plantés à l’automne et dont le feuillage ne sort qu’au printemps, produisent des feuilles à l’automne (des feuilles étroites qui résisteront par la suite aux neiges d’hiver) même si leur floraison ne survient qu’au printemps.

Ainsi, dans les années à venir, quand vous verrez un cercle de feuilles de muscari à l’automne, vous saurez qu’il y a d’autres bulbes plantés au centre et pourrez alors planter de nouveaux bulbes ailleurs.

Convertir une clôture en haie

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Cette «haie» d’ipomées (gloires du matin) est ultra-mince, mais fait oublier la présence de la clôture. Source: Kelly Crocker, pinterest.ca

Une clôture en grillage métallique («clôture Frost») est solide, durable… et d’une beauté très douteuse, doublement quand elle commence à rouiller. Souvent, le propriétaire plante une haie devant la clôture pour la cacher, mais quel gaspillage d’espace au sol! En plus, la présence du grillage métallique complique la taille de la haie. Et l’achat de plants à haie est coûteux. Pourtant, il est possible de convertir une clôture grillagée en haie très rapidement et à faible coût : faites-y grimper tout simplement des plantes grimpantes annuelles, comme le haricot d’Espagne (Phaseolus coccineus) ou l’ipomée ou gloire du matin (Ipomoea nil), ou des plantes grimpantes vivaces, comme la vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia, zone 3) ou la vigne à raisin (Vitis spp., zones 3 à 7, selon l’espèce).

Vous n’avez qu’à les semer (annuelles) ou les planter (vivaces) à la base de la clôture et elles y monteront toutes seules. Vous obtiendrez une haie aussi haute que la clôture (les plantes arrêteront tout simplement de grimper quand elles atteindront la tête de la clôture, ne trouvant plus d’appui), mais très étroite… et qui n’a même pas besoin de taille pour garder sa forme!

Préparez vos plantes d’intérieur pour l’hiver

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L’hiver est difficile pour les plantes d’intérieur: il faut les traiter aux petits oignons. Source: www.mygardenlife.com

Il y a tant de raisons d’avoir de belles plantes d’intérieur dans nos maisons : elles embellissent nos décors, filtrent l’air des polluants, ajoutent une humidité bienfaisante à l’air, réduisent la fréquence et la durée des rhumes et des grippes, augmentent le taux d’oxygène dans nos demeures, etc. Mais encore faut-il les garder en vie… et la saison hivernale est la plus difficile de l’année pour ces végétaux, du moins, à l’extérieur de la zone tropicale.

En effet, l’automne et l’hiver font la vie dure aux plantes d’intérieur. Les jours de plus en plus courts et de plus en plus gris réduisent sérieusement leur capacité de croître et l’air sec de nos demeures peut endommager ou même faire chuter leur feuillage. Comment alors préparer nos plantes d’intérieur aux dures conditions qui arrivent?

Un éclairage maximal

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Approchez vos plantes des fenêtres pendant l’hiver. Source: gardenmagz.com.

Pour aider à compenser les journées courtes et grises de l’hiver, placez vos plantes plus près des fenêtres. Vous pouvez même les changer de pièce pour les mettre dans un emplacement plus éclairé. Pensez aussi que les grandes fenêtres laissent entrer davantage de lumière que les petites. Ouvrez les stores et les rideaux le jour et nettoyez les vitres (la poussière et les saletés réduisent de beaucoup la pénétration de la lumière). Si vous pouvez enlever les moustiquaires pour l’hiver, cela aidera aussi. À partir de la fin octobre, le soleil dans les régions septentrionales n’est plus assez fort pour brûler les plantes, même si vous les placez directement devant une fenêtre face au sud.

Il est aussi possible d’utiliser un éclairage artificiel, des lampes fluorescentes notamment, pour augmenter la durée du jour. Une simple lampe fluorescente à deux tubes (combinez un tube Cool White et un tube Warm White pour assurer une excellente qualité de lumière) munie d’une minuterie réglée à 14 heures ou à 16 heures par jour et suspendue à 30 cm au-dessus des plantes peut même stimuler les plantes d’intérieur à croître pendant tout l’hiver comme si c’était l’été. Il existe aussi des lampes DEL qui offrent un éclairage similaire.

Augmentez l’humidité

Saviez-vous que l’humidité relative d’une maison chauffée par temps très froid peut être de 15 % ou moins? Ainsi, l’air est plus sec que dans le désert du Sahara (25 %)! Et que la plupart des végétaux ont besoin d’une humidité relative d’au moins 50 % pour bien pousser? Pour corriger le problème, faites fonctionner un humidificateur dans la pièce où elles croissent. Ou regroupez les plantes en plaçant les végétaux aux feuilles les plus minces (plus sensibles à la sécheresse que les feuilles épaisses) au centre et les autres autour. Comme chaque plante dégage de l’humidité à cause de la transpiration, les plantes les plus fragiles au centre recevront une humidité plus forte.

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Plateau humidifiant. Source: http://www.sargentsnursery.com

Ou encore, fabriquez un plateau humidifiant. À cette fin, remplissez un plateau imperméable de pierres ou de gravier et placez vos plantes dessus, sans soucoupe (le plateau attrapera tout surplus d’arrosage). Maintenant, quand vous arrosez, versez un surplus d’eau dans le plateau. Le but n’est pas de couvrir les pierres d’eau (vous ne voudriez pas que le fond des pots trempe dans l’eau), mais tout simplement que la base des pierres trempe dans un fond d’eau. L’eau montera alors sur les pierres par capillarité et s’évaporera, offrant à vos plantes une humidité bénéfique.

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Vaporiser le feuillage est une pure perte de temps. Source: http://www.bobsmarket.com

Par contre, vaporiser les plantes manuellement avec de l’eau, une pratique pourtant fréquemment recommandée, est une perte de temps : l’effet ne dure que quelques minutes, insuffisamment de temps pour que les plantes puissent en profiter. Pour aider la plante, l’humidité doit rester élevée en tout temps.

Moins d’engrais

Il n’est pas très sage d’essayer de stimuler la croissance des plantes quand l’éclairage est faible : cela stimule l’étiolement (la croissance en orgueil), où les plantes semblent s’étirer avec des tiges anormalement longues et des feuilles vert pâle, une croissance qui n’est pas saine. Ainsi, arrêtez de fertiliser vos plantes en octobre pour ne reprendre qu’en mars.

Si vous utilisez un éclairage artificiel, par contre, les plantes pousseront très bien même l’hiver et vous pourrez continuer votre programme de fertilisation régulier.

Arrosages… selon les besoins

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Continuez d’arroser vos plantes d’intérieur quand le terreau est sec au toucher. Source: hihort.blogspot.com

Parfois, on voit le conseil d’arroser les plantes d’intérieur moins souvent l’hiver que l’été. Cela paraît logique, car n’est-ce pas que leur croissance est au ralenti à cette saison? D’accord, mais le gros de l’eau que les plantes absorbent est perdu à la transpiration… et les plantes transpirent davantage quand l’air est sec, donc l’hiver. Selon vos conditions (et notamment si vous avez ou non augmenté l’humidité), la plante peut avoir besoin de plus d’arrosages l’hiver que l’été!

Il n’y a qu’une seule façon de le savoir: vérifiez chaque plante une fois tous les quatre ou cinq jours en enfonçant l’index dans le sol jusqu’à la deuxième jointure. Si le sol est sec, arrosez abondamment, sinon, attendez la semaine suivante.

La question de la température

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Habituellement, les températures de nos demeures conviennent bien aux plantes d’intérieur, même en hiver. Source: Maker Crate, pinterest.ca

La plupart des plantes tropicales préfèrent des températures assez chaudes à l’année, du moins pendant la journée. La nuit, par contre, elles apprécient une bonne baisse, à 15 °C ou même moins. Et une baisse nocturne de la température est bonne pour les humains aussi. Donc, réglez le thermostat pour assurer une baisse nocturne ou encore, ouvrez la fenêtre un peu le soir.

Quelques plantes d’intérieur préfèrent une température basse jour et nuit : cactées (mais pas les autres succulentes), cyclamens, azalées, chrysanthèmes, romarin, pin de Norfolk, etc. Si vous pouvez leur trouver un emplacement frais (environ 15 °C le jour et 5 °C la nuit), ils l’apprécieraient.

Ne placez pas vos plantes si près d’une fenêtre que leur feuillage touche à la vitre, sinon il peut geler. Et évitez les coups de vent, notamment près des portes qui s’ouvrent et qui se ferment l’hiver.

Retardez les rempotages et bouturages

En octobre, il est encore loisible de rempoter et de bouturer les plantes d’intérieur, mais entre novembre et février (dans l’hémisphère Nord), mieux vaut s’en abstenir. Leur croissance étant au ralenti ou même complètement arrêtée, les plantes récupèrent moins bien de dérangements au niveau de leurs racines et les boutures tendent plus à pourrir qu’à s’enraciner.


Voilà! Avec quelques bons soins, vos plantes d’intérieur passeront l’hiver en parfait état et seront plus belles que jamais au printemps.

Entretien hivernal de votre tuyau d’arrosage

Par défaut

Il faut rentrer les tuyaux d’arrosage à l’abri avant l’hiver. Source: Claire Tourigny, tiré du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

Un tuyau d’arrosage* est typiquement garanti entre 3 et 20 ans, selon le modèle, mais si vous tenez à le détruire auparavant en plus d’invalider la garantie, laissez-le à l’extérieur durant l’hiver.

Ce n’est pas tant que sa paroi soit fragile aux manipulations lorsque gelée, bien que cela puisse être un problème avec les tuyaux bas de gamme, mais plutôt que l’eau restée dans le tuyau gèlera. Or, comme on le sait, l’eau gelée prend de l’expansion et peut alors briser ou fêler le tuyau.

Rentrez plutôt votre tuyau à la chaleur, dans la maison ou dans un garage chauffé, durant l’hiver.

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Contrairement au tuyau d’arrosage, vous pouvez laisser un tuyau suintant en place tout l’hiver. Source: andiesway.blogspot.com

Il n’est pas nécessaire, par contre, de rentrer les tuyaux suintants : grâce à leurs nombreuses perforations, ils se vident de leur eau après chaque utilisation et résistent alors parfaitement au gel.

*Au Québec et ailleurs au Canada, on dit couramment «boyau d’arrosage» plutôt que tuyau d’arrosage, mais ce terme est considéré comme vieilli ailleurs dans la francophonie.