Recettes gratuites pour de superbes jardinières!

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Arrangement pour panier suspendu appelé On My Mind. Photo: Proved Winners

Êtes-vous parfois renversé par la beauté des jardinières mixtes que vous voyez sur le Web? Des couleurs incroyables, des plantes originales et une harmonie à couper le souffle? Lorsque vous essayez de préparer vos propres jardinières, jamais elles ne semblent égaler celles-ci!

Eh bien, il existe un site Web qui propose des «recettes» de jardins en pot que vous n’avez qu’à suivre, comme vous le feriez avec une recette de cuisine. Trois spécimens de la plante X, deux de la plante Y, une pincée de plante Z; disposez-les de la façon indiquée et placez le tout dans telles conditions et hop! Vous voilà avec un arrangement gagnant qui fera baver tous vos voisins!

La page est créée par le groupe Proven Winners et s’appelle Container Garden Recipe Search.

Rendez-vous simplement sur le site et commencez soit à regarder au hasard (il y a 12 recettes par page et, dans la version 2020, 86 pages, pour un total de 1029 recettes!), soit à entrer des critères qui sont importants pour vous dans le filtre. Puis-je vous suggérer de saisir au moins l’exposition (les critères sont Full Shade [ombre], Part Shade to Shade [mi-ombre à ombre], Part Sun to Sun [ensoleillement partiel à soleil], Sun [soleil] et Sun or Shade [soleil ou ombre]) et éventuellement le «Pot Style» ou style de pot (Any [tout], Hanging Basket [panier suspendu], Upright Container [pot dressé], Wall Sconce [pot mural], Window Box [balconnière])?

Essayez-le et vous verrez. Vous trouverez peut-être exactement l’arrangement dont vous avez toujours rêvé!

2020: année du lantana

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Lantana Bloomifymc Red

Chaque année, le National Garden Bureau, un organisme à but non lucratif qui fait la promotion des plaisirs du jardinage, sélectionne une annuelle, un bulbe, une plante comestible, un arbuste et une vivace à mettre en vedette dans son programme L’année de. C’est une excellente façon de découvrir une plante que vous ne connaissez pas ou d’en apprendre un peu plus sur une plante que vous cultivez déjà.

Regardons alors l’annuelle gagnante pour 2020: le lantana.

Année du lantana

Lantana Bandanamc Peach

Le lantana a une riche histoire d’utilisation comme plante ornementale pour ses fleurs colorées de longue durée, son excellente tolérance à la chaleur et sa capacité d’attirer les papillons, les abeilles et les colibris. Avec ses nombreux bouquets de fleurons de couleurs vives, unis ou multicolores, le lantana peut servir en bac, en plate-bande et en panier suspendu.

Au XVIIIe siècle, le lantana était une plante de serre populaire en Europe et les efforts de sélection étaient considérables, alors que des centaines de cultivars étaient lancés.

Il existe environ 150 espèces de lantana dans la famille de la verveine (les Verbénacées), mais l’espèce la plus cultivée comme plante ornementale est le lantana commun ou lantanier (Lantana camara) et ses hybrides. Cet arbuste des tropiques du Nouveau Monde tolère une touche de gel, mais sa culture en tant que plante permanente se limite habituellement aux régions où le gel est rare (zones de rusticité 9 et plus). Il est toutefois couramment utilisé comme annuelle estivale dans les régions plus froides.

Le lantana tire son nom des grappes de petites baies bleu foncé qui suivent la floraison et qui ressemblent étroitement à celles de la viorne lantane (Viburnum lantana).

Un aimant pour les papillons

Cherchez-vous à attirer des papillons dans votre jardin? Vous ne pouvez pas vous tromper avec le lantana!

Le lantana est un incontournable pour créer un paradis pour les pollinisateurs. Ses fleurs sont tout spécialement attrayantes pour les papillons et les colibris (ces derniers sont présents dans le Nouveau Monde uniquement) ainsi que pour les abeilles et les syrphes, et ce, pour plusieurs raisons: un nectar sucré et abondant, un parfum attrayant, des couleurs vives et une inflorescence conçue comme… une piste d’atterrissage!

En effet, les fleurons tubulaires sont regroupés en ombelle plutôt aplatie, la forme préférée des papillons, car ils aiment se poser sur les ombelles et siroter le nectar des fleurs une par une avec leur longue trompe.

Les fleurs (ici le cultivar Bloomifymc Mango) changent de teinte de jour en jour, ainsi les fleurons plus jeunes au centre de l’ombelle ne sont pas de la même couleur que ceux tout autour.

Les fleurs de lantana peuvent être de couleur unie ou de plusieurs couleurs. Les variétés multicolores changent de couleur à mesure qu’elles mûrissent. Les fleurons fraîchement épanouis, au centre de l’ombelle, sont d’une couleur, mais les fleurons tout autour, plus vieux, sont d’une autre teinte et ceux de l’extérieur de l’ombelle, encore plus âgés, sont souvent d’une troisième teinte. Ainsi, l’ombelle est multicolore.

Les fleurs viennent principalement dans les tons de rouge, orange, jaune, blanc, rose, violet ou lavande et ont souvent un léger parfum.

Et ce parfum?

La plupart des gens apprécient le parfum des fleurs du lantana, le décrivant comme combinant une odeur de sauge et d’agrumes ou rappelant celle du fruit de la passion, mais il ne nous paraît pas très intense. Les papillons, toutefois, le sentent de loin.

Avec le feuillage, c’est une autre paire de manches. Non pas que vous remarquerez son odeur si vous gardez vos distances, mais si vous frôlez les feuilles, vous découvrirez qu’elles dégagent une odeur souvent très forte. Elle peut être citronnée ou camphrée, attrayante ou désagréable, et chaque plante a son propre parfum. Certains lantanas sentent vraiment mauvais, mais encore, seulement si vous les frottez ou les frôlez. Il peut être utile de frotter la feuille d’une variété intéressante avant de l’acheter, juste pour être sûr que son effluve vous convienne.

Autre désagrément potentiel, les tiges angulaires de certaines variétés ont des épines qui peuvent être petites et inoffensives ou plus développées et assez acérées, mais ce trait est largement limité aux variétés sauvages et est rarement trouvé dans les variétés cultivées.

Une plante faite pour la chaleur et la sécheresse!

Lantana Banditomc Rose

Cherchez-vous une plante qui continue de fleurir tout l’été malgré une chaleur torride et des conditions sèches? Si c’est le cas, le lantana est la plante parfaite pour vos plates-bandes et jardinières!

Le lantana aime la chaleur et préfère un sol plus sec qu’humide. Il réussit mieux en plein soleil et dans un sol bien drainé; il déteste être trop arrosé.

Les hybrideurs ont récemment introduit des lantanas stériles, ou presque stériles, ce qui signifie que la plante ne produira jamais de semences. Or, quand une plante commence à produire des semences, habituellement la floraison s’estompe. Par conséquent, les variétés stériles fleurissent sans arrêt jusqu’à tard à l’automne.

Parmi les nouvelles variétés stériles, il y a ‘Gold Mound’, Hot Bloodedmc, ‘New Gold’, ‘Alba’ et les séries Patriotmc, Sunburstmc et Bloomifymc.

Notez que même les lantanas stériles produisent quand même du nectar et du pollen et donc continuent d’attirer les pollinisateurs.

Compacts ou rampants

Les lantanas modernes se présentent généralement sous deux formes: compacte ou rampante. Des plantes compactes formant un monticule dense et arrondi sont facilement disponibles et sont parfaites pour les petits espaces et les jardinières. Les formes rampantes, qui peuvent s’étendre jusqu’à 90 cm de diamètre, sont idéales pour remplir économiquement de fleurs les grands espaces et les paniers suspendus. Lors de l’achat de votre lantana, tenez toujours compte de la taille finale de la plante, car certaines variétés peuvent devenir assez volumineuses.

Lantana sur tige. Photo: Plant Care Today

Si vous êtes patient, vous pouvez même tailler un lantana au port dressé afin d’en faire un petit arbre. Cette technique prendra de 18 à 24 mois. Voici trouverez comment réussir cet exploit ici: Comment créer un coléus sur tige.

Conseils d’entretien

• Sa floraison sans arrêt et son entretien facile font du lantana une plante idéale pour les novices en jardinage.
• Le lantana pousse mieux avec au moins 8 heures de plein soleil par jour et s’adapte à une variété de sols bien drainés. Il tolère même les sols salins. Évitez d’arroser excessivement ou de le placer dans un emplacement mal drainé.
• Au printemps, vous trouverez des plants de lantana en pépinière et en jardinerie. Certaines compagnies vendent aussi de jeunes plants de lantana par catalogue. 
• Dans les climats tempérés, attendez que la menace de gel soit passée et que le sol et l’air se soient réchauffés avant de planter des lantanas en plein air.
• Les lantanas sont rarement touchés par la maladie. Le blanc (oïdium) peut devenir un problème occasionnel, en particulier pendant les étés frais et pluvieux et dans les situations où la circulation d’air est faible. La pourriture des racines peut également être un problème quand le sol est trop humide.
• Peu d’insectes s’intéressent aux lantanas, les aleurodes (mouches blanches) et les pucerons étant les exceptions majeures. On peut les contrôler avec des vaporisations répétées de savon insecticide.
• La fertilisation excessive peut entraîner une croissance exagérée des tiges et des feuilles au détriment de la production de fleurs.
• Les variétés à fleurs fertiles peuvent arrêter de s’épanouir si vous ne supprimez pas régulièrement les fleurs fanées pour prévenir la montée en graine. Cette tâche n’est pas nécessaire avec les variétés stériles. 
• Si votre plante se développe excessivement, taillez-la sévèrement pour lui redonner une forme plus compacte.
• Les cerfs et lapins évitent généralement le lantana, trouvant l’odeur des feuilles désagréable.

Variétés stériles: le choix pour les climats chauds

Le lantana est devenu une mauvaise herbe dans plusieurs pays tropicaux. Photo: http://www.thehindu.com

Le lantana a souvent pris la clé des champs dans les pays chauds et est désormais une mauvaise herbe redoutée dans le sud des États-Unis, en Australie, en Asie du Sud et en Afrique australe. Heureusement que les variétés stériles ne peuvent pas s’échapper de la culture: elles sont donc le choix idéal pour ces régions. 

Il n’y a, bien sûr, aucun risque que les lantanas, même les lantanas fertiles, deviennent envahissants dans les climats aux hivers froids.

La toxicité des lantanas

Les lantanas (ici Bandoleromc Red) sont légèrement toxiques.

Les lantanas sont légèrement toxiques, mais ne sont pas considérés comme très dangereux pour les humains, car il faut en consommer beaucoup pour se rendre malade. Une étude californienne conclut que le risque d’empoisonnement pour les humains est si minimal qu’ils peuvent même être considérés comme sûrs pour les tout-petits. (Lisez l’article Lantana Plant Safe for Toddlers pour plus de détails.)

La situation est similaire pour les chats et les chiens: la toxicité de la plante étant faible, il y a peu de risque que ces animaux essentiellement carnivores en consomment assez pour se rendre malades. 

Le principal danger est pour les animaux herbivores qui pourraient en consommer de grandes quantités comme, chez les animaux domestiques, les lapins et les cobayes, et, chez les animaux de la ferme, les bovins, les moutons, les chèvres et les chevaux. Mieux vaut éviter cette plante si ces animaux fréquentent votre terrain.

Les fruits mûrs seraient comestibles, les fruits verts toxiques… mais est-ce vrai? Photo: Ken Fern, tropical.theferns

Mais les fruits sont-ils comestibles? Les oiseaux frugivores mangent les petites baies mûres bleu-noir brillant en toute impunité et d’ailleurs, ce sont les oiseaux qui dispersent les graines dans la nature, les déposant çà et là dans leurs fientes à de bonnes distances de la plante d’origine. La croyance populaire veut que les fruits mûrs soient comestibles pour les humains, mais que les fruits immatures (encore verts) soient toxiques. D’ailleurs, dans certains pays, les gens les mangent régulièrement et on les trouve même dans les marchés. Par contre, l’opinion des toxicologues varie, car l’innocuité du fruit mûr n’a jamais été étudiée sérieusement. 

Il est donc probablement plus sage de laisser les baies matures aux oiseaux… si vos plantes en produisent, bien sûr, car, comme mentionné ci-dessus, les variétés stériles ne fructifient pas.

Comment conserver un lantana l’hiver

Dans les climats libres de gel, le lantana hivernant ne nécessite aucun soin particulier pour survivre jusqu’au printemps. Et là où il n’y a que des gels légers, il suffit de couvrir la plante d’une épaisse couche de paillis. Si certaines branches sont endommagées par le gel, vous pourrez les rabattre au printemps et la plante se régénérera à partir de la base.

La plupart des jardiniers des régions froides considèrent le lantana comme une annuelle et laissent le gel le tuer. Cependant, vous pouvez facilement rentrer une plante ou deux à l’intérieur pour l’hiver, ou encore, quelques boutures. Traitez soigneusement le feuillage des plantes que vous rentrez au préalable pour éliminer tout parasite qui pourrait s’y cacher. Pour faire enraciner les boutures, appliquez un peu d’hormone d’enracinement à l’extrémité coupée et insérez la bouture dans un pot de terreau humide. Cultivez alors les boutures à l’étouffée dans un endroit chaud et éclairé jusqu’à ce que les plants soient enracinés.

Les lantanas (ici Banderomc White) peuvent faire d’excellentes plantes d’intérieur.

Les lantanas cultivés à l’intérieur auront besoin d’une forte luminosité, donc d’un emplacement devant une fenêtre ensoleillée ou sous des lampes horticoles. Une température normale d’intérieur suffira; arrosez-les selon la règle d’or de l’arrosage. Ils fleuriront sûrement à l’intérieur, mais probablement pas aussi abondamment qu’à l’extérieur en été.

Quelques variétés de choix

Le lantana ‘Samantha’, aussi vendu sous le nom Lemon Swirlmc, offre des feuilles panachées qui sentent le citron. Photo: premiergrowersinc.com

Certaines des séries de lantana les plus populaires sont répertoriées ci-dessous. Il existe aussi quelques variétés à feuillage panaché à considérer, comme ‘Manuel Red’ (Cosmic Firestormmc) et ‘Samantha’ (Lemon Swirlmc).

Séries populaires de lantana 

Lantana Bloomifymc Rose est une variété stérile, non envahissante.

En cliquant sur le nom, vous pouvez voir la gamme des cultivars et de courtes descriptions en anglais.

  • Bandanamc — port compact et bombé, floraison supérieure;
  • Banditomc — variétés naines aux fleurs de couleur intense;
  • Bandoleromc — grandes plantes spécialement adaptées aux régions aux étés frais;
  • Bloomifymc — première série «certifiée stérile»;
  • Havanamc — série naturellement compacte, semences peu viables;
  • Landmarkmc — excellente tolérance à la chaleur, à l’humidité et à la sécheresse, lignée performante;
  • Little Luckymc — port dense et compact, floraison abondante;
  • Luckymc — floraison précoce, plus compacte;
  • Lusciousmc — excellent en paniers et en jardinières mixtes.

Le lantana: une superbe plante souvent peu connue des jardiniers. Pourquoi ne pas l’essayer en cette Année du lantana?

Sauf mention contraire, les photos sont du National Garden Bureau.

Livre «Les semis» de retour en librairie

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Je suis très heureux de vous annoncer que mon livre Les semis, maintenant intitulé Les semis du jardinier paresseux, est de retour en librairie après deux années d’absence. La première édition de ce livre, lancée en 2009, fut un grand succès de librairie au Québec et demeure le livre sur les semis le plus complet jamais publié dans cette province. Il vous livre tous les secrets pour réussir les semis et cela, tout autant pour les légumes et les herbes aromatiques que pour les annuelles et les vivaces, voire même pour les fougères! En plus, il comprend 350 fiches sur les plantes les plus souvent cultivées à partir de semences: légumes, fines herbes, annuelles, vivaces et bisannuelles.

La nouvelle édition, maintenant avec une couverture rigide, sera offerte en librairie à partir du 29 janvier 2020 au prix de 24,95 $.

Pour plus d’information, contactez l’éditeur à www.broquet.qc.ca

Hodgson, Larry, Les semis du jardinier paresseux, Saint-Constant: Broquet, 2020, 224 p. ISBN: 978-2-89654-650-3. 

Papillons de nuit: les pollinisateurs oubliés

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Les papillons de nuit pollinisent souvent les mêmes fleurs que les abeilles, mais le font la nuit. Photo: Aditidutttyagi10, Wikimedia Commons

Un côté de la famille des lépidoptères est composé de papillons de jour joliment colorés et délicats qui volètent de fleur en fleur dans nos jardins quand nous sommes présents pour les admirer et qui sont universellement appréciés. L’autre est composé de papillons de nuit, généralement aux ailes de couleur terne — brun, gris ou blanchâtre —, qui sortent au crépuscule ou à la nuit quand nous ne sommes pas là pour les apprécier et qu’on a plus tendance à vouloir écraser avec une tapette à mouches qu’à honorer. Et, en général, les humains n’ont aucun respect pour ces voltigeurs nocturnes, les voyant davantage comme dérangeants que bénéfiques. Mais — surprise! — les papillons de nuit se révèlent en fait être d’importants pollinisateurs, d’ailleurs beaucoup plus efficaces que nos chouchous, les papillons de jour.

Une étude conjointe des universités de York, Newcastle et Hull a révélé que les papillons de nuit ont un rôle écologique important, mais souvent négligé: lorsque les abeilles, les syrphes et les papillons diurnes se couchent la nuit, les papillons de nuit prennent le relais en tant que pollinisateurs. À la noirceur, et donc généralement inobservés, ils pollinisent souvent les mêmes fleurs, mais transportent plus de pollen et sur de plus longues distances.

Papillon de nuit avec du pollen d’orchidée collé à ses yeux. Photo: John Bebbington, phys.org

Le pollen colle mieux au corps velu du papillon de nuit moyen, ce qui fait de ce dernier un pollinisateur plus efficace que le papillon de jour au corps souvent lisse. Et les papillons de nuit voyagent plus loin que les abeilles; même beaucoup plus loin. Les scientifiques derrière l’étude ont testé les papillons de nuit et ont découvert que plus de 35% d’entre eux transportaient du pollen. De plus, plus de la moitié du pollen qu’ils charriaient venait d’espèces végétales qui n’étaient pas connues pour être pollinisées par les papillons de nuit. Cela comprend à la fois les cultures commercialement importantes (pois, haricots, colza, etc.) et de nombreuses plantes ornementales et sauvages. En outre, il existe 10 fois plus d’espèces de papillons de nuit que d’espèces de papillons de jour et le potentiel pour la pollinisation de la plupart n’a même jamais été envisagé, encore moins étudié de manière approfondie.

Bien sûr, tous les papillons ne sont pas utiles. Certains ne se nourrissent pas, et, de ce fait, ne visitent pas de fleurs. D’autres ont des larves qui endommagent nos cultures (tout comme d’ailleurs les larves de certains papillons de jour, comme la piéride du chou). Le ver-gris est une larve de papillon de nuit, par exemple, tout comme le ver de l’épi du maïs. Cependant, la plupart des papillons de nuit s’avèrent plus utiles que nuisibles.

Attirer les papillons de nuit dans votre jardin

Papillon de nuit visitant des fleurs de lantana. Photo: Matfald, Wikimedia Commons

Sachant maintenant que les papillons de nuit sont généralement bénéfiques, vous pouvez faire des efforts pour les faire venir dans votre jardin, tout comme vous l’avez sans doute fait pour attirer les abeilles, les syrphes et les papillons. Entre autres, vous pouvez:

• Cultiver des plantes qui sont parfumées la nuit comme le tabac odorant, le datura et la belle-de-nuit et dont les effluves attirent les papillons de nuit de loin;
• Faire pousser des fleurs blanches ou de couleur pâle (les préférées des papillons de nuit);
• Laisser un plat de fruits trop mûrs (bananes, ananas, raisins, etc.) dans le jardin pendant la nuit;
• Éviter d’appliquer des pesticides toxiques;
• Et surtout, informer vos amis et votre famille de la nature bénéfique des papillons de nuit. Je suis certain qu’ils seront surpris!


Papillons de nuit: parmi les meilleurs amis de votre jardin et pourtant, presque personne ne le sait!

Les pompiers australiens sauvent un arbre de l’extinction

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Pompier examinant un pin de Wollemi. Photo: Sydney Morning Herald

Les horribles feux de brousse qui traversent l’Australie depuis la fin de 2019 sont passés près d’anéantir le dernier peuplement d’un arbre emblématique: le pin de Wollemi (Wollemia nobilis). Cependant, les responsables gouvernementaux australiens ont annoncé le 15 janvier 2020 qu’il avait été sauvé in extremis par une équipe de pompiers forestiers lors d’une mission ultra-secrète.

Il reste moins de 200 arbres de cette espèce, qui est en danger d’extinction à l’état sauvage, et ils se situent tous dans une seule gorge étroite dans une section isolée du Parc national Wollemi, en Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, à quelque 150 km au nord-ouest de Sydney.

L’arbre est protégé par le gouvernement australien depuis peu de temps après sa découverte en 1994 par une équipe dirigée par David Noble (le nom botanique Wollemia nobilis rend hommage au parc où il se trouve et à son découvreur). Considéré comme un fossile vivant, le wollemia remonte à environ 200 millions d’années quand des espèces similaires étaient abondantes dans toute l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Antarctique. Le genre a cependant décliné au cours des 40 derniers millions d’années jusqu’à ce qu’il ne reste que cette dernière espèce dans ce dernier peuplement.

Pin de Wollemi (Wollemi nobilis). Photo: gardenbreizh.org

Le pin de Wollemi n’est pas un vrai pin (Pinus spp., de la famille des Pinacées), mais appartient à une autre famille de conifères: les Araucariacées. Il est donc plus étroitement apparenté à la plante d’intérieur populaire que nous connaissons sous le nom de sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla) qu’à un pin. Avec ses longues aiguilles plates disposées en deux à quatre rangées, il ne ressemble vraiment à aucune plante qu’on connaît. C’est un arbre à troncs multiples, atteignant de 25 à 40 m de hauteur, qui se ramifie abondamment à partir de bourgeons dormants sur son tronc très rugueux et noueux.

Sauver une espèce relique

Le mégafeu de Gospers Mountain a détruit 5 120 ha de forêt, ce qui en fait l’incendie le plus dévastateur de l’histoire en Australie. Photo: news.com.au

Pour protéger l’arbre à l’état sauvage, son emplacement a été gardé secret et seule une poignée de personnes ont été autorisées à visiter le site, toujours en portant des vêtements de protection afin de ne pas introduire accidentellement des insectes ou des microbes nuisibles. (Ceci, après un incident en 2005 quand un agent pathogène, Phytopthora cinnamomi, apparemment apporté sur les souliers de visiteurs non autorisés, a causé des dommages à la population indigène.) Cependant, lorsque les responsables gouvernementaux ont réalisé que le mégafeu de Gospers Mountain se dirigeait tout droit vers la gorge juste après Noël en 2019, ils sont tout de suite entrés en action.

Sauvegarde du pin de Wollemi. Vidéo: Associated Press

Des avions ont appliqué un produit ignifuge à la forêt environnante. Puis, des hélicoptères ont déposé des pompiers forestiers dans la gorge où ils ont installé un système d’irrigation pour augmenter la teneur en humidité du sol. Tous les participants ont dû jurer le secret absolu quant à l’emplacement exact. Ensuite, l’équipe a dû quitter les lieux pour sa propre sécurité.

Pendant quatre jours, il y a eu tellement de fumée que personne ne savait si les arbres avaient survécu. Cependant, lorsque la fumée s’est enfin dissipée, il était clair que le peuplement était en assez bon état, même si la plupart des 5 000 autres km2 du parc national de Wollemi n’étaient plus que cendres et troncs brûlés. Deux arbres sont apparemment morts, certains ont subi des blessures mineures, mais la plupart sont parfaitement intacts.

Maintenant cultivé dans le monde entier

Même si le feu avait détruit le dernier bosquet de pins de Wollemi, cela n’aurait pas été la fin de l’arbre, car des arbres de rechange sont maintenant disponibles. 

Des jeunes spécimens du pin de Wollemi. Photo: John Dalton, Wikimedia Commons

En effet, même s’il est rare à l’état sauvage, le pin de Wollemi semble assez facile à cultiver, que ce soit à partir de boutures ou de semences. Ainsi, des plants ont été partagés avec des jardins botaniques du monde entier. D’ailleurs, certaines pépinières offrent maintenant des semences ou des jeunes spécimens aux jardiniers amateurs, bien que l’arbre soit encore très rare et coûte assez cher. 

Le pin de Wollemi réussit bien au plein soleil ou, de préférence, à l’ombre partielle dans un sol humide et acide. Il préfère un climat tempéré doux à tropical (zones de rusticité 9 à 11) et ne tolère que des gels très légers. Dans les régions froides, il peut être cultivé en serre.

Le paysage du Parc nationale Wollemi n’est plus le même. Photo: Sky News

Le parc national de Wollemi fait maintenant face à des décennies de lente récupération. Des millions d’arbres et des millions d’animaux sont morts dans l’incendie. Les forêts australiennes sont généralement adaptées au feu, qui fait partie de leur cycle naturel dans la plupart des régions, mais la profonde et durable sécheresse qui frappe actuellement l’Australie, c’est du jamais vu. Elle serait causée par le changement climatique planétaire et menacerait la capacité de récupération des forêts brûlées. Espérons que l’Australie pourra compter sur quelques années de bonnes pluies pour laisser mère Nature faire son travail et permettre à la forêt de revivre!

Avis aux jardiniers: prenez cet incident comme une preuve que le changement climatique est réel et que nous devons tous changer nos habitudes si nous voulons laisser une planète viable à nos petits-enfants.

Le stévia: les jardiniers aiment le vrai

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Le stévia: si facile à cultiver. http://www.Splenda.com

J’ai récemment vu une publicité très amusante au sujet du stévia à la télévision américaine. L’annonce se moquait gentiment des jardiniers amateurs et de leur enthousiasme naïf à tout vouloir cultiver eux-mêmes. N’est-il pas plus facile, suggèrait l’annonce, d’ouvrir un sachet d’édulcorant sans calories Splenda Stevia et d’avoir des résultats instantanément plutôt que de devoir cultiver la plante vous-même? 

Vidéo: http://www.splenda.com

Je vous suggère de la regarder, en espérant que vous comprenez l’anglais.

Je me suis vu tout le long dans cette annonce. Mon zèle pour la moindre chose qui pousse, ma conviction que tous mes projets horticoles vont réussir, mes rêves de produire ceci et cela et d’impressionner tout le monde, c’est tellement moi! Il y a seulement la section sur l’ado attardé — le Tanguy — qui dit «Je vais en cultiver dans ma garde-robe et il n’y a rien que vous — ni même ma maman! — pouvez faire pour m’en empêcher!» qui ne me colle pas à la peau. Cela ne me ressemble pas du tout, mais plutôt à mon fils!

La prémisse de l’annonce est que vous pourriez bien sûr cultiver du stévia vous-même, de façon illicite, comme une culture de marijuana, mais pourquoi le faire, puisque le stévia concentré de leur marque, en poudre, est déjà disponible et si facile à utiliser. Mais c’est mal connaître les jardiniers. Nous sommes probablement les gens les moins intéressés au monde par les produits tout prêts. Nous aimons le défi de cultiver des plantes nous-mêmes. Des tomates maison qui goûtent vraiment la tomate plutôt que les tomates de supermarché au goût de carton, etc. Donc, plutôt que de me donner envie d’acheter du Splenda Stevia, cette annonce a plutôt renouvelé mon d’intérêt pour la plante… d’où cet article!

Et de toute façon, je cultive déjà du stévia depuis une décennie, et ce, à l’année. Alors, aller chercher quelques feuilles pour agrémenter une boisson ou un repas me paraît moins compliqué que de devoir me déplacer au supermarché à la recherche de sachets de stévia en poudre.

Qu’est-ce que le stévia?

Le stévia (Stevia rebaudiana). Photo: goodwitcheshomestead.com

Le stévia est peut-être désormais un édulcorant commercial, mais c’était à l’origine une plante: Stevia rebaudiana, de la famille des Astéracées. Son nom honore Pedro Jaime Esteve (1500–1556), un médecin et botaniste espagnol, tandis que l’épithète rebaudiana honore Dr Ovid Rebaudi, le chimiste paraguayen du XIXe siècle qui fut le premier à extraire des composants au goût sucré de la plante.

Le stévia est originaire d’Amérique du Sud où il est utilisé depuis environ 1500 ans par les Guarani du Brésil et du Paraguay qui l’appellent «ka’a he’ẽ» («herbe douce»). Ils l’utilisent pour édulcorer les aliments et les médicaments amers et aussi comme collation. Son goût sucré vient des glycosides que ses feuilles contiennent, comme le stévioside et le rébaudioside. Curieusement, ces composés chimiques servaient à l’origine à repousser les insectes qui, eux, n’apprécient pas leur goût. Mais, pour l’humain, le stévia frais goûte 10 fois plus sucré que le sucre. (Le concentré commercial peut être jusqu’à 300 fois plus sucré que le sucre!) Or, si nous apprécions la douceur de la plante, nous ne pouvons pas digérer ces glycosides. C’est pourquoi le stévia est un produit souvent jugé intéressant par les personnes désirant réduire leur consommation de calories. 

La plante forme un sous-arbrisseau d’environ 30 à 80 cm de hauteur portant des feuilles opposées oblongues, vert moyen, légèrement duveteuses avec des nervures proéminentes, une marge dentée et un pétiole très court, parfois absent. Les jeunes tiges sont vertes, mais elles se lignifient et deviennent brunes avec le temps. Les tiges sont dressées au début, mais tendent à plier si on ne les taille pas à l’occasion. 

Fleurs de stévia. Photo: Forest and Kim Starr, Wikimedia Commons

De petits bouquets de minuscules fleurs blanches sont produits à la fin de l’automne, car c’est une plante de jours courts. Les fleurs ne sont pas particulièrement attrayantes et il est probablement préférable de les supprimer.

La culture du stévia

En dépit de son origine subtropicale, le stévia se cultive facilement en plein air dans les climats tempérés, du moins comme plante annuelle. Ou à l’intérieur comme plante d’intérieur comestible. Et il n’est pas plus compliqué à cultiver que toute autre plante courante.

En plein air

Le stévia se cultive facilement au potager. Photo: http://www.westcoastseeds.com

On le repique au jardin au même moment où l’on plante les tomates et les poivrons: quand à la fois le sol et l’air se sont bien réchauffés (évitez les températures inférieures à 10 °C).

Plantez le stévia en plein soleil dans presque dans toute bonne terre de jardin: bien drainée, uniformément humide, avec un pH allant d’acide à alcalin (5 à 8), bien qu’une plage de 6,7 à 7,2 lui convienne mieux. Autrement dit, vous n’avez pas à vous plier à ses caprices: il sera probablement très heureux dans le potager ou la plate-bande que vous avez déjà.

Espacez les plantes d’environ 20 à 25 cm et gardez-les uniformément humides. Un bon paillis peut être utile pour assurer une humidité constante. Vous aurez probablement besoin de les arroser pendant les périodes de sécheresse. Les plantes en pot sèchent plus rapidement que les plantes de jardin, alors il faut les garder à l’œil.

Quel que soit le fertilisant ou le compost que vous appliquez à vos autres plantes de jardin, le stévia s’en accommodera très bien. Il n’est d’ailleurs pas utile de le fertiliser trop abondamment: comme pour la plupart des herbes condimentaires, son goût est plus concentré lorsque la plante est un peu sous-fertilisée.

Le stévia ne tolère pas le gel et il faut alors penser rentrer les plantes ou des boutures à l’automne. Dans les régions au climat modéré, il arrive parfois à survivre: le feuillage sera tué par le moindre gel, mais il peut alors repousser à partir de ses racines. Un gel prolongé, cependant, le tuera.

Dans la maison

Le stévia s’étiole souvent l’hiver, mais est autrement assez facile à cultiver à l’intérieur. Photo: countrylivinginacariboovalley.com

Le stévia pousse bien à l’intérieur à condition de lui offrir un éclairage assez intense. Un rebord de fenêtre ensoleillé ou un emplacement sous des lampes de culture fluorescentes ou DEL lui conviendront à merveille. Comme l’annonce l’infère, il aime les mêmes conditions que la marijuana!

À la lumière naturelle, il s’étiolera probablement un peu pendant les journées courtes et grises de l’hiver, mais vous pourrez alors le rabattre et il repoussera assez prestement. Sa croissance sera plus dense et robuste pendant le printemps et l’été.

Arrosez-le comme presque n’importe quelle plante d’intérieur: lorsque son terreau est sec au toucher, inondez sa motte de racines d’eau tiède. La fréquence d’arrosage dépendra de ses conditions de culture ainsi que de la taille du pot (les plantes dans de petits pots auront besoin d’un arrosage plus fréquent).

Le stévia ne tolère pas les sols secs et flétrit rapidement quand l’eau manque. Heureusement, il récupérera rapidement si vous l’arrosez sans trop tarder. Mais le laisser sécher n’est pas une bonne idée et si vous répétez l’expérience trop souvent, vous finirez par le perdre. 

La température ambiante de nos demeures lui convient parfaitement et il tolère, mais n’apprécie pas, l’air sec, souvent un problème l’hiver. Si vous pouvez augmenter l’humidité au moyen d’un plateau humidifiant ou d’un humidificateur, il l’appréciera. 

Quant à la fertilisation, n’importe quel engrais fera l’affaire. Appliquez-le au printemps et en été.

Rempotez votre stévia annuellement, car la plante produit des rejets et remplira éventuellement son pot. Lorsque vous remarquez qu’il a besoin d’arrosage plus d’une fois par semaine, vous pouvez être sûr que votre plante manque sérieusement d’espace pour ses racines et qu’un rempotage est dû.

Enfin, il semble très résistant aux insectes et aux maladies. Ses «principaux ennemis» quand on le cultive dans la maison sont un éclairage trop faible et un arrosage insuffisant.

La multiplication

Le stévia est une plante de relativement courte vie. Après deux ou trois ans, il sera donc temps d’en démarrer d’autres.

On peut facilement multiplier le stévia par bouturage. Photo: Stephen Nellas

Il est facile à bouturer. Vous pouvez le bouturer à n’importe quelle saison, mais la plupart des jardiniers le feront probablement au début de l’automne dans le but de rentrer un plant ou deux pour l’hiver. Appliquez un peu d’hormone d’enracinement sur la tige coupée et insérez-la dans un pot de terreau légèrement humide. Ensuite, cultivez-la à l’étouffée. Vous pouvez également la faire enraciner dans l’eau, mais le taux de succès est beaucoup plus faible. 

Une autre façon pour multiplier le stévia est de diviser la plante, car la plante mère est toujours entourée de bébés faciles à repiquer.

Quant à sa multiplication par semences, c’est plus compliqué. 

D’abord, sachez que vous ne pourrez probablement pas obtenir des semences viables à partir de votre propre plante de stévia. Elle est autostérile: il faut une pollinisation croisée pour que les fleurs produisent des graines. Or, dans une région donnée, presque toutes les plantes vendues en pépinière sont des clones et, sans deux plants différents, la fécondation n’est pas possible. De plus, dans la plupart des climats, vos plantes seront à l’intérieur au moment de la floraison (elle a généralement lieu en octobre et novembre), de sorte que les insectes pollinisateurs ne pourront pas les atteindre. Donc, il faut chercher des semences viables ailleurs.

Des semences de stévia sont offertes dans certains catalogues, mais le taux de germination est faible. Photo: http://www.exportersindia.com

Quant aux semences produites commercialement, elles sont parfois offertes, mais très compliquées à faire germer. D’ailleurs, le stévia est probablement l’une des herbes les plus difficiles à cultiver à partir de semences. Essayez de semer les graines à la surface d’un terreau à semis stérile légèrement humide, sans les recouvrir de terreau. Couvrez le plateau avec un dôme en plastique transparent pour assurer une culture à l’étouffée. Le terreau doit nécessairement être assez chaud, ainsi un tapis chauffant, offert en jardinerie ou sur Internet, est presque obligatoire. De plus, les semis ont besoin de lumière pour germer.

Même dans les meilleures conditions, le taux de germination dépasse rarement 25%.

Récolte

On peut récolter le stévia en toute saison. Photo: http://www.healthyfoodhouse.com

Vous pouvez récolter et utiliser des feuilles fraîches à tout moment de l’année, mais sachez que le goût est plus concentré à la fin de l’automne, juste avant la floraison. Alors, si vous cultivez du stévia avec l’intention de le faire sécher (ce qui concentre le goût tout en assurant une bonne durée de conservation), l’automne serait la saison la plus logique pour le faire.

La façon la plus simple pour récolter le stévia est de couper quelques tiges à environ 10 cm du sol (pour qu’elles puissent se régénérer), puis d’arracher les feuilles des tiges ainsi cueillies. Sachez que l’extrémité supérieure de la tige, où les tissus sont encore tendres, est aussi parfaitement comestible.

Utilisation du stévia

Le stévia s’emploie de multiples façons en cuisine. Photo: Lilgrandma likes, pinterest.ca

Je suis plus jardinier que cuisinier, ne faisant alors qu’un usage assez limité des feuilles de stévia, et un seul plant me suffit donc. Le plus souvent, je mange les feuilles fraîches comme collation, en passant à côté de la plante. Quand mes petits-enfants me visitent, ils font toujours une razzia des «feuilles sucrées», comme ils l’appellent.

Bien sûr, le stévia a beaucoup d’autres utilisations. Sans doute, on le connaît surtout comme édulcorant pour les boissons: thé, café, limonade, etc. Une feuille de stévia frais équivaut à environ 5 ml de sucre. On peut aussi le saupoudrer sur des céréales chaudes ou froides ou l’ajouter à des smoothies et des yaourts. Il est également utilisé dans la cuisson de toutes sortes: gâteaux, biscuits, etc., mais il faut alors modifier la recette, car s’il ajoute un goût sucré intense, il n’a pas la masse du sucre. Par exemple, 5 ml de feuilles de stévia séchées et broyées ont environ le même pouvoir édulcorant que 250 ml de sucre.

Notez que les feuilles de stévia ont aussi un léger arrière-goût de réglisse, ce qui plaît à certaines personnes et moins à d’autres. Cette saveur a été retirée des concentrés commerciaux, mais est présente dans les feuilles fraîches et séchées. Si ce goût vous dérange, sachez que certains cultivars, comme ‘Sweetie Star’, ont un arrière-goût nettement réduit.


Je remercie Splenda pour son annonce qui m’a bien fait rire, mais je préfère toujours la plante au produit commercial et je recommande à mes lecteurs aussi d’essayer sa culture!

Journée internationale d’échange de semences

Par défaut

Photo: Shuswap Seed Swap

Oui, aujourd’hui, le 25 janvier 2020, est la Journée internationale d’échange de semences… et je viens de le découvrir! Vous penseriez que quelqu’un me l’aurait dit (d’ailleurs, peut-être que quelqu’un l’a fait, mais que je ne l’ai pas remarqué) afin que je partage l’idée avec mes lecteurs. Eh bien, comme on dit, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Donc, je l’annonce aujourd’hui avec plus d’une décennie de retard!

L’idée de la Journée internationale d’échange de semences est de prendre les semences que vous avez en trop et de les partager avec d’autres jardiniers qui ont également des surplus. Il peut s’agir de graines que vous avez achetées, mais dont le sachet contenait plus de graines que vous n’en aviez besoin, ou de graines que vous avez récoltées vous-même de variétés de semences fidèles au type (autrement dit, non hybrides).

Bien sûr, les semences doivent être viables (la plupart des graines entreposées dans des conditions raisonnables sont «bonnes» pour au moins 3 ans, certaines beaucoup plus) et vous devez bien sûr pouvoir les identifier. (Il n’y aura pas beaucoup de jardiniers qui seront intéressés à vos «semences mystères», style «je pense que c’est un légume»!) De plus, il serait apprécié si vous notiez le nom de la semence et peut-être quelques détails à son sujet sur l’enveloppe. Exemple: Tomate ‘Mémé de Beauce’: grosse tomate rouge, indéterminée.

Mais n’avons-nous pas tous des semences excédentaires que nous pourrions partager?

L’échange 2020

Table à un échange de semences. Photo: Washington Gardener Magazine

Cet article arrive au tout dernier moment: désolé pour ça! Donc, cette année, vous devriez peut-être appeler quelques amis jardiniers pour faire vos premiers pas dans un tel échange. Ou peut-être que votre société d’horticulture aimerait organiser quelque chose de similaire l’année prochaine? Ou encore votre jardin communautaire?

Ou peut-être existe-t-il déjà un échange de semences organisé dans votre région? (Même si c’est à une date différente, est-ce que c’est si grave? L’important est de lancer l’idée!)

Et il y a aussi le Réseau des semences communautaires, mis en place justement pour faciliter la sauvegarde et le partage des semences, où vous pouvez «rencontrer» d’autres personnes intéressées par l’échange des semences. La Journée internationale de l’échange de semences serait une excellente journée pour faire la découverte de cette organisation.

Histoire de la journée d’échange

Échange de semences à Washington. Photo: Washington Gardener Magazine

La première Journée d’échange de semences a été organisée le 26 janvier 2006 par une amie et collègue, Kathy Jentz, rédactrice en chef du Washington Gardener Magazine, et l’activité a connu un tel succès qu’elle a été répétée chaque année. C’est elle qui l’a fait reconnaître officiellement comme journée internationale (résidant à Washington, DC, elle était bien placée pour de telles choses).

Alors, profitez de la journée pour échanger quelques semences si vous le pouvez ou, à tout le moins, mettez la Journée internationale d’échange de semences sur votre calendrier électronique de façon à ce que vous ayez un rappel chaque année. Et, d’ici l’an prochain, pensez à comment vous pourriez faire pour mettre en marche une vraie journée d’échange de semences dans votre région!