Plus de soleil, plus de fleurs

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Photo: mikealger.net

La première cause d’une plante qui ne fleurit pas est un manque de lumière.

Le premier traitement que le jardinier moyen applique pour que les plantes fleurissent mieux consiste à leur donner de l’engrais.

Voyez-vous le conflit?

Si une plante que vous cultivez ne fleurit pas ou, du moins, pas autant que vous le souhaiteriez, la première chose à faire est de supprimer certaines branches en surplomb ou d’éliminer la végétation dense qui l’entoure afin que ses feuilles reçoivent plus de lumière. Mieux encore, déplacez-la dans un endroit plus ensoleillé. La lumière du soleil est l’unique source d’énergie de la majorité des plantes et stimule la floraison.

Qu’en est-il des engrais alors?

S’il y a un manque de minéraux dans le sol, un engrais peut aider à stimuler la floraison… mais seulement si la plante reçoit assez de lumière.

Alors, jardiniers, mettez vos priorités dans le bon ordre! Améliorez d’abord les conditions de luminosité, puis, si vous pensez que la plante pourrait mieux fleurir, essayez d’appliquer un peu d’engrais. Mais commencez par la lumière!

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Confession: je fertilise rarement mes plantes de jardin

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Photo: esemag.com

Dans un monde où les fabricants d’engrais produisent une foule de fertilisants de toutes sortes, pour rosiers, gazons, légumes, conifères, et j’en passe, chacun avec, il paraît, la formulation magique qui stimulera exactement la bonne croissance, et où les vendeurs poussent au maximum l’achat de ces engrais, je suis un mauvais joueur. Je ne fertilise pas les plantes de mes plates-bandes, ou du moins, seulement très rarement. 

À la place, je laisse mère Nature s’occuper du travail. 

À l’automne, je laisse les feuilles des plantes de jardin se décomposer sur place. Après tout, n’est-ce pas que le meilleur engrais pour toute plante est son propre feuillage?

Les feuilles déchiquetées sont mon «engrais» préféré. Photo: http://www.gardenworld.co.uk

De plus, je ramasse et déchiquette les feuilles tombes à l’automne des arbres environnants pour les utiliser comme paillis. Évidemment, il y a plusieurs raisons pour utiliser du paillis (garder le sol plus également humide, prévenir l’effet nuisible des gels et dégels répétés sur les racines, empêcher la germination des mauvaises herbes, etc.), mais aussi, le paillis enrichit le sol en se décomposant. Avec le double effet de la décomposition des feuilles de mes plantes et de celle du paillis, le sol de mon jardin demeure toujours meuble et riche: exactement la belle terre que bien des jardiniers rêvent d’avoir.

Si je fertilise une plate-bande, c’est généralement au début, quand elle est fraîchement créée et que l’effet de la décomposition des feuilles n’a pas encore commencé à faire son effet. 

Engrais pour les légumes

Oui, je fertilise mes légumes avec un engrais biologique. Photo: http://www.nanalyze.com

Je fertilise toutefois mes légumes. Après tout, même si je fais tout pour maintenir un sol de qualité, incluant l’utilisation d’un épais paillis de feuilles et une application printanière de compost, le fait que je récolte mes légumes fait que je leur «vole» régulièrement une partie de leur richesse. C’est comme un compte de banque: si vous soustrayez régulièrement de l’argent, il faut éventuellement en remettre. Dans un potager, la récolte soustrait des minéraux, donc il faut en rajouter.

Il n’est pas nécessaire d’utiliser un engrais «pour potager», «pour légumes», «pour tomates» ou autres sur un potager. Cela est une idée inventée par les vendeurs d’engrais. Un bon engrais biologique tout usage suffit. Comme le nom «tout usage» le dit, il convient à toutes les plantes. 

Et les plantes en pot?

Le lessivage constant que les plantes en pot subissent fait qu’il faut les fertiliser régulièrement. Photo: http://www.gardeningknowhow.com

Voilà le seul groupe de plantes qui je fertilise assidûment avec un engrais acheté. 

L’environnement particulier de la culture en pot fait que la décomposition du paillis de feuilles mortes se fait moins efficacement qu’en pleine terre. De plus, les minéraux présents en pot sont assez rapidement lessivés par la pluie et par l’arrosage et ne sont alors plus disponibles pour les plantes qui y poussent. J’utilise toujours un engrais tout usage à dégagement lent, appliqué en début de saison, puis je viens compléter avec des arrosages avec un engrais biologique soluble (engrais d’algues, émulsion de poissons, etc.). 

Vous trouverez plus d’explications sur ce sujet dans l’article Les plantes en pot sont gourmandes.


Si vous laissez mère Nature vous aider avec la fertilisation, vous découvrirez qu’il n’est pas nécessaire d’en faire souvent!

Mes trois jardins préférés

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J’ai l’occasion de voyager beaucoup et de visiter des jardins, et cela, un peu partout à travers le monde: en Amérique du Nord, en Europe, en Asie, en Amérique du Sud, en Afrique et même en Australie. Je ne prétends pas avoir visité tous les jardins du monde, mais en plus de 35 ans de visites, j’en ai quand même vu plusieurs parmi les plus réputés.

Lors des conférences et des cours que je donne, ainsi que des voyages organisés que je guide, on me demande souvent quels sont mes jardins préférés. Donc, c’est une information que je partage souvent… mais jamais jusqu’ici avec les lecteurs de ce blogue. Eh bien, il n’est jamais trop tard pour bien faire!

Longwood Gardens

Jardin des nymphéas à Longwood. Photo: Nancy Slade, tclf.org

De loin mon préféré, Longwood a aussi l’avantage d’être assez accessible pour moi: il est à seulement une journée de route de ma résidence à Québec, au Canada, et à environ une heure à l’ouest de Philadelphie, en Pennsylvanie, aux États-Unis. Ainsi, j’y vais presque tous les ans, parfois deux fois par année.

Ce jardin fut conçu par le richissime Américain Pierre S. du Pont (1870-1954), propriétaire et directeur général des industries DuPont. Plutôt que de se construire un grand manoir sur son vaste terrain comme la plupart de ses pairs (il s’est contenté d’agrandir la maison d’origine datant du XVIIIe siècle… en installant une serre en plein milieu!), M. du Pont a investi tous ses efforts dans le jardin. Le résultat est un vaste parc de 20 jardins extérieurs et de 20 jardins intérieurs, ces derniers dans des serres qui couvrent 1,8 ha (l’un des plus vastes complexes serricoles ouverts au public au monde). Les serres comprennent non seulement de belles collections de plantes (et surtout d’orchidées), mais c’est aussi dans les serres que se trouvent la salle de bal et la salle d’orgue!

Le jardin des fontaines de Longwood Gardens. Photo: Daniel Traube, longwoodgardens.org

M. du Pont était fasciné par l’eau. Les fontaines ne manquent donc pas à Longwood: les grandes fontaines, récemment entièrement rénovées pour un montant de 90 millions de dollars US, n’ont pas leur égal dans le monde, mais il y a aussi un jardin italien dominé par des fontaines, un amphithéâtre où des jets d’eau s’élancent de la scène, un gigantesque œil d’eau et beaucoup plus encore. Le jardin de nymphéas est aussi à couper le souffle! 

Longwood est plus visité à Noël qu’à toute autre saison. Photo: http://www.sugarpeel.com

Il y a des plates-bandes à perte de vue, un potager, un verger, des jardins d’essais et aussi des collections de plantes: plus de 11 000 variétés au total. Il faut souligner que le restaurant sur place sert une excellente nourriture largement produite avec des produits du terroir et qu’une boutique exceptionnelle permet de compléter la visite. Il y a de nombreux spectacles et concerts tout au long de l’été, mais chez les Américains, Longwood est surtout réputé pour ses présentations à Noël: la forêt et le lac sont alors illuminés et les serres sont décorées spécialement pour l’occasion.

M. du Pont a légué une bonne partie de sa fortune à une fondation dans le but d’ouvrir son jardin au public, fondation qui s’assure que les jardins soient toujours impeccables.

La salle de bal lors de l’exposition des orchidées. Photo: Davis Harold Hank, longwoodgardens.org

Pourquoi j’aime tant ce jardin? C’est en partie parce que je n’ai jamais vu un jardin aussi complet. Il me semble que tout ce que je voudrais voir dans un jardin est là. On le visite comme si on faisait une tournée des jardins du monde. Et les vastes serres offrent amplement de choses à voir quand il fait moins beau. Si je pouvais avoir de vastes jardins moi-même, ils ressembleraient à ceux de Longwood.

Longwood est ouvert 365 jours par année, de 9 h à 18 h, avec des heures prolongées l’été pour profiter des jardins illuminés. Il faut prévoir une bonne journée pour tout voir. Adresse: 1001 Longwood Road, Kennett Square, Pennsylvanie. Information: longwoodgardens.org

Nong Nooch Tropical Botanical Garden 

Stonehenge réalisé sous forme de jardin à Nong Nooch. Photo: http://www.bangkok.com

Voici un jardin très tropical, situé tout près de Pattaya en Thaïlande. C’est un grand jardin de 2,4 km2, ouvert en 1980. On y trouve plusieurs jardins de grand intérêt, sans parler d’une très belle collection de plantes qui nous paraissent très exotiques: bougainvillées, frangipaniers, arbres-bouteilles et beaucoup plus encore.

Version plus colorée du Jardin de Versailles. Photo: http://www.vivutravel.com

Les propriétaires thaïlandais ont essayé de recréer sur place des styles de jardin de partout dans le monde, mais en utilisant des plantes adaptées à leur climat. Ça donne des scènes surprenantes, comme un jardin à la française — soit, essentiellement, une imitation du jardin de Versailles — mais aux haies à feuillage multicolore plutôt que de leur vert sombre habituel. Je suis certain que le Roi-Soleil aurait fait une syncope s’il avait pu le voir! On y a aussi recréé Stonehenge, mais avec toutes les pierres en place… et des jardins d’une symétrie parfaite tout autour. Visiter Nong Nooch, c’est comme voir la culture occidentale à travers les yeux d’un Oriental: tout est là, mais présenté avec des différences surprenantes.

Jardin des orchidées. Photo: http://www.marriedtoplants.com

J’apprécie la colline des papillons, où les plantes qui attirent les papillons sont placées dans un jardin en forme de papillon, le jardin des «roses du désert» (Adenium), avec leurs troncs gonflés et leurs fleurs spectaculaires, le jardin d’orchidées très coloré et aussi l’une des meilleures collections de cycadées au monde. Il y a même un «jardin de pots» où ce sont les contenants qui priment sur les plantes. De plus, chose unique, on peut, moyennant un supplément, visiter le jardin à dos d’éléphant! 

Autre détail: il y a un hôtel sur place. On peut donc coucher dans le jardin et le visiter tôt le matin, avant l’arrivée des foules. Réellement, si vous allez en Thaïlande, c’est un incontournable!

Ouvert à l’année de 9 h à 17 h. Adresse: 34/1 Moo 7, Na Jomtien, Sattahip, Thaïlande. Information: www.nongnoochgardenpattaya.com

East Ruston Old Vicarage Garden

East Ruston Old Vicarage Garden. Photo: http://www.tournorfolk.co.uk

L’Angleterre est réellement le pays des jardins. Il y en a littéralement des centaines à visiter. Comment choisir dans le lot? J’adore Kew Garden (célèbre jardin botanique de Londres), Sissinghurst Castle, le plus anglais des jardins à l’anglaise… Et il y a des dizaines d’autres jardins de classe mondiale, souvent des jardins avec une longue histoire, un peu partout dans le pays, mais ma préférence va à un jardin très récent avec un nom beaucoup trop long à mon goût: East Ruston Old Vicarage Garden (le «jardin du vieux presbytère de East Ruston», si vous traduisez le nom).

Ce jardin se trouve justement dans le village de East Ruston, à environ deux heures et demie au nord-est de Londres. Ce qui surprend le plus ici, c’est que ce jardin spectaculaire est l’œuvre de seulement deux hommes, Alan Gray et son partenaire Graham Robeson, qui ont acheté le presbytère du village et le terrain autour pour le convertir en jardin. Et ça, en seulement 20 ans! 

Dans la Vallée désertique, on se croirait vraiment en Californie! Photo: http://www.gardenvisit.com

Le jardin de 13 ha recèle de nombreuses merveilles qui créent une ambiance souvent très peu « british »: un jardin méditerranéen aux plantes exotiques, un jardin des fougères arborescentes rappelant la Nouvelle-Zélande, une vallée désertique où l’on se croirait en Californie et beaucoup d’autres. Lors de la visite, on passe de pièce en pièce sans pouvoir deviner ce qui suivra. On tourne un coin, on ouvre une porte et c’est toujours la surprise totale.

Paysage emprunté: l’église du village voisin semble intégrée dans le jardin. Photo: http://www.tournorfolk.co.uk

J’aime particulièrement l’utilisation du concept du «paysage emprunté», où l’on crée l’illusion que les objets à l’extérieur du jardin en font partie, comme l’église du village qui semble pousser dans un champ de fleurs ou le phare qui semble être placé au bout d’une tonnelle, mais qui est en fait à presque un kilomètre du jardin.

Le jardin est ouvert du mercredi au dimanche, plus les lundis de congé, du début avril à la fin octobre, de 13 h à 17 h 30. Adresse: East Ruston, Norwich, Norfolk, Royaume-Uni. Pour information: http://www.e-ruston-oldvicaragegardens.co.uk

Et voilà mes trois jardins préférés! Quels sont les vôtres?

Tondez plus haut pour un gazon en meilleure santé

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Si vous voulez un gazon en santé, tondez à 8 cm de hauteur. Photo: http://www.organolawn.com

Autrefois, on recommandait de tondre le gazon à 5 cm (2 pouces) pour créer un effet de vert de golf… sauf que les gazons tondus aussi ras avaient de gros ennuis de santé. Ils avaient tendance à s’assécher en été, les mauvaises herbes y étaient légion et toutes sortes d’insectes les attaquaient. 

La longueur des racines d’une pelouse est plus ou moins proportionnelle à la hauteur des feuilles. Ill.: http://www.milorganite.com

On sait de nos jours qu’une pelouse plus haute crée de l’ombre sur le sol et sur ses propres racines. Ainsi, en période de canicule, les racines ne sont pas brûlées. Aussi, la longueur des racines est plus ou moins proportionnelle à la hauteur des feuilles. Ainsi, un gazon court a des racines courtes qui ne peuvent pas aller chercher un supplément d’eau en période de sécheresse alors qu’un gazon haut a des racines longues qui peuvent trouver de l’eau en profondeur s’il le faut. Les insectes qui pondent leurs œufs dans le sol, comme les vers blancs, préfèrent aussi des gazons coupés courts, car l’accès au sol est plus facile. Enfin, les graines de mauvaises herbes ont beaucoup de difficulté à germer dans une pelouse haute: le soleil, essentiel à leur germination, ne parvient pas jusqu’au sol. 

Donc, pour maintenir un beau gazon avec le moins de soucis possible, réglez la hauteur de votre tondeuse à 8 cm (3 pouces). 

Parfois les meilleures solutions sont si simples!

Des bleuetiers pour votre jardin

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Cultiver des bleuets n’est pas difficile quand on suit quelques règles de base. Photo: http://www.almanac.com

Le bleuet (Vaccinium spp.), appelé parfois myrtille* ou blueberry en Europe, est un fruit d’origine nord-américaine, mais qui est de plus en plus populaire à travers le monde. Grâce à sa longue période de récolte, qui va du début du printemps à la fin de l’été selon le climat local, et aux importations en provenance d’Amérique du Sud et de la Nouvelle-Zélande, on peut maintenant trouver des bleuets frais en supermarché presque tout l’année.

Le muffin aux bleuets est un petit gâteau traditionnel des cafés d’Amérique. Photo: http://www.averiecooks.com

Sinon, vous les trouverez assurément congelés en toute saison… et aussi dans quantité de mets et de produits préparés: yogourts, gâteaux, confitures, chocolats et beaucoup plus encore. Mais si vous vivez dans une région au climat tempéré, vous pouvez aussi en cultiver… et ce n’est pas particulièrement difficile à faire.

*La vraie myrtille (V. myrtillus) est une très proche parente du bleuetier, mais en diffère par ses fruits qui sont pourpre foncé, pas bleus.

En plus d’être délicieux et sucrés, les fruits du bleuetier sont excellents pour la santé. Le bleuet est le fruit septentrional le plus riche en antioxydants grâce aux abondantes anthocyanines qu’il contient. Il est aussi riche en vitamines C et K, sans parler d’une foule d’autres minéraux et vitamines.

Une culture en plate-bande?

Une haie de bleuetiers. Photo: tcpermaculture.blogspot

La plupart des gens ont le réflexe de planter leurs bleuetiers dans le potager. Après tout, c’est bien là qu’on place les petits végétaux comestibles, non? Cela a déjà été vrai, mais de plus en plus, les gens préfèrent créer un «aménagement comestible», où les légumes et les fruits sortent des jardins strictement utilitaires d’autrefois pour intégrer les plates-bandes. 

Bleuetier à l’automne. Photo: garden.org

Et bien, le bleuetier est le candidat idéal pour l’aménagement paysager. Avec son port dense aux feuilles luisantes vert foncé, ses magnifiques petites fleurs blanches en clochettes au printemps, ses beaux fruits bleus au milieu de l’été et ses feuilles rouge flamboyant à l’automne, on a tout intérêt à l’utiliser dans la plate-bande d’ornement. Et il fait aussi une excellente haie. 

Quel bleuetier cultiver?

Les fruits du bleuetier en corymbe sont les plus gros. Photo: http://www.amazon.com

Seul le bleuetier en corymbe (Vaccinium corymbosum) est facile à trouver en pépinière. C’est un arbuste de taille moyenne, atteignant 1,8 m et même plus si on le laisse pousser à sa guise, mais qui fait plutôt de 90 cm à 1,2 m de haut sur 1 m de diamètre en culture, car on le taille habituellement pour obtenir une croissance plus dense. Cet arbuste produit les gros bleuets sucrés qu’on trouve au supermarché. Le bleuetier en corymbe est généralement adapté aux climats modérés, soit aux zones de rusticité 4 à 8.

Le petit bleuetier sauvage de l’est du Canada et des États-Unis, soit le bleuetier à feuilles étroites ou bleuetier nain (V. angustifolium), est plus difficile à trouver en pépinière. N’eût été sa rareté, il aurait été un couvre-sol idéal, car même s’il peut atteindre 60 cm de hauteur, il reste souvent à une taille inférieure à 30 cm. Ses fruits sont petits, mais nombreux. C’est le plus tolérant au froid des bleuetiers: il est solidement rustique dans les zones 2 à 7. 

Le bleuetier semi-nain est un hybride entre les deux espèces, produisant une plante intermédiaire en taille d’environ 75 cm de hauteur. Ses fruits aussi sont de taille intermédiaire. Par contre, on ne le trouve presque jamais en pépinière. Zones 3 à 8.

Le sol: le secret du succès

Le grand secret de la culture du bleuetier est de lui offrir un sol meuble et acide, soit un pH de 4,2 à 5,2. Un pH de jusqu’à 6 est acceptable, mais la production risque d’être réduite. 

Ainsi, la toute première chose que vous devriez faire si vous voulez cultiver des bleuetiers est de faire faire une analyse de sol. Dans plusieurs régions, notamment dans les régions où le climat est pluvieux, les sols sont naturellement acides et aucun traitement spécial n’est nécessaire. Ailleurs, il sera sans doute nécessaire d’ajouter un amendement acidifiant au sol, comme du soufre de jardin ou de la tourbe horticole. 

Si votre sol est alcalin (un pH de plus de 7), il est plus sage d’abandonner vos plans de cultiver des bleuetiers en pleine terre. Il est très difficile de faire baisser le pH d’un sol naturellement alcalin et de le maintenir bas.

Si votre sol est meuble, creusez un trou 3 à 5 cm plus profond que la motte est haute. Photo: http://www.hgtv.com

Si le sol chez vous est sablonneux ou meuble, creusez un trou de plantation (une tranchée si vous faites une haie) 5 à 7 cm plus profond que la hauteur de la motte des racines. En plaçant la motte dans ce trou, vous couvrirez les tiges inférieures de terre, ce qui encouragera la plante à produire des racines sur la partie enterrée. 

Par contre, les bleuetiers tolèrent difficilement les sols glaiseux et lourds. Si telle est la situation chez vous, mieux vaut planter le bleuetier sur une butte surélevée en utilisant une terre rapportée (légère et acide, bien sûr) plutôt que d’enfoncer ses racines fragiles dans un sol très compact. La butte devrait donc mesurer environ 1 m de largeur et 45 cm de hauteur. 

Si vous n’avez pas de jardin ou si votre sol est trop alcalin, sachez qu’il est possible de cultiver des bleuetiers en pot. Si vous le faites, un peu de protection hivernale peut être nécessaire dans les régions froides.

Vous pouvez aussi mélanger un engrais tout usage à dégagement lent au sol lors de la plantation. Évitez les engrais dits «de démarrage» ou «transplanteurs»: ils nuisent grandement à l’enracinement. 

Il n’est pas utile d’ajouter des mycorhizes commerciales au sol à la plantation. Les bleuetiers ne font pas de symbiose avec le type de mycorhizes généralement offert dans les inoculants commerciaux, mais seulement avec des mycorhizes éricoïdes, une catégorie à part. Les bleuetiers que vous achèterez seront probablement déjà naturellement inoculés, mais si vous craignez que ce ne soit pas le cas, ajoutez une pelletée de terre prélevée au pied d’un rhododendron, d’une azalée, d’un bleuetier ou d’une autre éricacée: elle en contiendra sûrement. 

Les autres éléments de la culture

Les bleuetier fleurissent mieux au soleil. Photo: mgnv.org

Même si le bleuetier peut pousser à la mi-ombre, il y produira moins de fleurs et donc moins de fruits. Préférez alors le plein soleil. Dans les régions les plus froides, un emplacement à l’abri du vent, où la neige s’accumule, est aussi préférable. Espacez les plantes d’environ 1 m pour leur donner assez d’espace pour se développer.

Peu de plantes apprécient un bon paillis autant qu’un bleuetier! Photo: parsolfarms.com

Arrosez bien à la plantation et gardez la terre toujours un peu humide par la suite. Couvrez toujours le sol d’environ 5 à 10 cm de paillis. Non seulement ce paillis aidera-t-il à garder le sol un peu humide, comme le bleuetier l’aime, mais sa présence vous rappellera aussi de ne pas sarcler. En effet, le bleuetier ne tolère pas qu’on vienne jouer dans ses racines. Tout paillis conviendra. 

(Que dire de la croyance populaire selon laquelle les aiguilles de pin font un excellent paillis pour les bleuetiers à cause de leur acidité? Eh bien, les aiguilles de pin ne sont pas acides. C’est un vieux mythe qui refuse de mourir! Vous pouvez utiliser des aiguilles de pin comme paillis, mais elles n’acidifieront pas le sol.)

Supprimez toute fleur qui paraît pendant les deux premières années, le temps que votre bleuetier s’enracine adéquatement. Par la suite, laissez la plante fleurir… et commencez à déguster la manne!

Après quelques années, supprimez à la fin de l’hiver les branches les plus hautes, qui seront devenues moins productives, et cela pour laisser la place aux jeunes branches plus fructifères. Fertilisez annuellement avec un engrais acidifiant. 

Choisir les bons cultivars

Le bleuetier ‘Bluecrop’ donne une excellente récolte de gros fruits. Photo: http://www.gardenia.net

La plupart des bleuetiers sont au moins un peu autofertiles, mais produisent beaucoup plus lorsqu’ils reçoivent le pollen d’autres variétés de bleuetiers. Idéalement, vous planterez à proximité deux autres variétés de bleuetiers, ce qui assurera une pollinisation croisée. ‘Patriot’, ‘Northland’ et ‘Bluecrop’ sont des variétés populaires et généralement faciles à trouver. ‘Pink Lemonade’ peut être intéressante pour ses fruits roses plutôt que bleus et ‘Perpetua’ est une variété unique qui produit deux récoltes par année.

Parfois, vous trouverez des pots en pépinière dits «combo» avec trois variétés de bleuetiers cultivées dans le même pot. C’est un bon choix pour ceux qui n’ont de l’espace que pour une seule plante. 

Et voilà! Une fois bien partis, les bleuetiers peuvent facilement produire pendant 20 ans et plus. Bon succès alors avec votre bleuetière familiale!

Pas d’irrigation estivale pour les tulipes

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Les tulipes n’aiment pas les systèmes d’irrigation. Illus.: gallery.yopriceville.com & www.aquarion.com & www.sccpre.cat. Montage: jardinerpareseux.com

Saviez-vous que les systèmes d’irrigation et les bulbes à floraison printanière (tulipes, jacinthes, crocus, etc.) ne font pas toujours bon ménage? Durant l’été, quand ces bulbes sont en dormance, ils n’ont pas besoin d’eau et peuvent pourrir s’ils en reçoivent trop. Et même s’ils survivent aux étés bien arrosés, leur capacité de refleurir s’en trouve diminué. Ainsi, on trouve les plus belles tulipes dans les plates-bandes qu’on arrose peu.

Les feuilles étroites, épaisses et grisâtres de la tulipe botanique Tulipa humilis sont caractéristiques des bulbes de climat aride et indiquent que cette espèce ne tolérera pas bien les étés bien arrosés. Photo: Softenpoche, Wikimedia Commons.

Certaines tulipes botaniques, comme T. hageri, T. humilis et T. pulchella (T. humilis pulchella), ont des besoins encore plus extrêmes et préfèrent des conditions presque désertiques: des étés torrides presque sans pluie. Et pourtant, elles aiment les hivers froids et neigeux. Été torride et sec, hiver froid et neigeux? C’est une combinaison rare! C’est pour cette raison que ces tulipes se comportent essentiellement comme des annuelles dans les jardins de beaucoup de régions. 

Quand vous entendez dire que les tulipes botaniques sont plus pérennes que les autres tulipes, ce qui est généralement vrai, il faut extraire T. hageri, T. humilis et T. pulchella du lot!

Contrairement aux tulipes, les narcisses ne sont pas dérangés par l’irrigation. Photo: http://www.saga.co.uk

Si vous utilisez un système d’irrigation pour arroser vos plates-bandes, il ne faut pas abandonner tout espoir de pouvoir cultiver des bulbes en permanence, car il y a des exceptions. Parmi les bulbes plus tolérants aux arrosages estivaux que la majorité et qui peuvent non seulement pousser, mais proliférer dans une plate-bande irriguée, il y a les narcisses, les alliums, les camassias, les chionodoxas, les muscaris, les nivéoles, les perce-neiges et les scilles. Ce sont les meilleurs choix pour vos conditions.