La plante de Noël qui aime le froid

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Thé des bois (Gaultheria procumbens ‘Big Berry’). Photo: Manuela Popesc, pinterest.ca

Les plantes qu’on nous vend à Noël ont depuis toujours été des plantes venant de pays chauds, en général des plantes tropicales comme le poinsettia, le cactus de Noël, le kalanchoé de Noël, etc. Depuis quelques années, cependant, on voit une plante venue du Grand Nord utilisée comme plante de Noël: le thé des bois, aussi appelé gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens).

Son comportement en plein air

Dans la nature, le thé des bois est une plante de la grande forêt boréale du Nord, poussant surtout dans l’est du Canada et le nord-est des États-Unis, mais aussi, en montagne dans le Sud jusqu’en Alabama. Son nom honore Jean-François Gaulthier (1708-1756), botaniste et médecin du roi à Québec de 1742 à 1756.

Les fleurs sont produites sur les plantes cultivées en pleine terre. Photo: pinterest.ca

Le petit arbuste couvre-sol de 15 à 20 cm de hauteur forme un tapis de feuilles ovales persistantes et luisantes d’une dizaine de centimètres de haut, vert foncé l’été, un peu pourprées l’hiver. Les feuilles dégagent une odeur agréable quand on les écrase. Au printemps, de petites fleurs en clochettes apparaissent: elles sont blanches, parfois avec une touche de rose, et sont légèrement parfumées.

Fruits du thé des bois. Photo: plantsam.com

Les fruits ronds qui suivent sont rouge très vif. Ils ont un goût très particulier pour un fruit, sucré, oui, mais mentholé aussi, comme la gomme à mâcher Wintergreen. D’ailleurs, à l’origine, l’essence de cette plante (qu’on appelle essence de wintergreen) était utilisée dans la fabrication de cette gomme. Aujourd’hui, toutefois, une essence artificielle l’a remplacée. 

Au Canada, on fabrique aussi un succédané de thé à effet médicinal à partir des tiges et des feuilles fermentées, d’où le nom «thé des bois».

La culture en plein air

Le thé des bois est utilisé comme couvre-sol dans les aménagements en plein air. Photo: Maren Johnson, pinterest.ca

Dans nos jardins, le thé des bois est un couvre-sol ornemental tristement sous-utilisé, car il est réellement très beau et facile à cultiver. De plus, il peut pousser dans les conditions difficiles, comme complètement à l’ombre sous des conifères. Les fruits prennent leur coloration rouge vif à la fin de l’été et persistent généralement tout l’hiver. Souvent donc, au printemps, la plante est à la fois en fleurs et en fruits, un phénomène très rare.

Le thé des bois préfère un sol acide, riche ou pauvre, et tolère bien la sécheresse et la compétition racinaire des grands arbres, du moins, une fois bien enraciné. L’ombre ou la mi-ombre lui conviennent davantage, mais il peut tolérer le soleil si son sol demeure un peu humide. Même s’il drageonne, il le fait lentement et est donc facile à contrôler. Il convient aux zones de rusticité 2 à 6 et aux endroits plus frais des zones 7 et 8.

Mon expérience

Thé des bois vendu comme plante de Noël. Photo: http://www.whiteflowerfarm.com

J’avais de graves doutes sur la réaction du thé des bois aux conditions d’intérieur. Après tout, c’est une plante du Grand Nord, plus habituée à passer ses hivers à -20 °C qu’à +20 °C. Ainsi, quand j’ai vu cette plante vendue comme potée de Noël, je me suis pressé d’en acheter une pour voir. Sûrement que la plante allait crever très rapidement sous les conditions d’intérieur.

À ma grande surprise, c’est tout à fait le contraire qui s’est passé. Mon spécimen de thé des bois est resté en parfait état tout l’hiver, avec des feuilles luisantes et des fruits rouge vif: une superbe petite plante d’intérieur. Ne voulant pas pousser une plante habituée aux conditions d’extérieur à souffrir sous les conditions de culture de maison ad vitam aeternam, je l’ai transplanté en pleine terre, sous un conifère pour répliquer ses conditions d’origine, à la mi-mai. Il est dans mon jardin extérieur depuis maintenant 10 ans et forme un joli petit tapis qui s’élargit peu à peu. Il fleurit et produit des fruits à tous les ans… et oui, les fruits persistent tout l’hiver.

Comment le cultiver

Il existe plusieurs cultivars de thé des bois, dont des variétés à fruits roses ou blancs, comme ‘Peppermint Pearl’. Photo: Amazon.com

Dans votre demeure, offrez au thé des bois presque toute exposition pendant le temps des Fêtes — soleil ou ombre — car la plante est essentiellement au repos pendant cette saison. Quand de nouvelles pousses commencent à paraître vers le printemps, cependant, il faut lui accorder un éclairage au moins moyen. Gardez le terreau légèrement humide en tout temps. Logiquement, il devrait préférer des températures fraîches et peut bien sûr les tolérer, mais il semble très bien se comporter sous des températures d’appartement normales. Si l’humidité ambiante dans votre demeure est très faible, il serait mieux de placer cette plante sur un plateau humidifiant.

Il vaut mieux regarder le thé des bois comme une plante d’intérieur temporaire et le planter en pleine terre au printemps. D’ailleurs, c’est ce qui était recommandé sur l’étiquette qui accompagnait la plante que j’ai achetée. Si vous voulez continuer de le cultiver à l’intérieur toute l’année, il faudrait penser qu’il n’y fleurira ni ne fructifiera probablement plus, mais, une fois que les fruits tomberont, restera une plante verte. 

Aussi, il faut savoir qu’il aime un sol acide, mais que, à force de l’arroser avec l’eau du robinet, habituellement très dure (alcaline), son terreau deviendra alcalin à son tour. Ainsi, il est préférable de l’arroser à l’eau de pluie ou à l’eau distillée si vous pensez le cultiver à l’intérieur pendant plus de six mois.

Où se procurer un plant

Thé des bois panaché (Gaultheria procumbens ‘BaulBril’ Winter Splash). Photo: Briggs Nursery.

Si vous voulez expérimenter avec le thé des bois comme plante de Noël, vous ne devriez pas avoir de la difficulté à trouver un spécimen dans les semaines précédant Noël. J’en vois non seulement dans les jardineries, mais même dans les supermarchés et les grandes surfaces, avec les autres plantes des fêtes. S’il en reste, je vous suggère de l’essayer. Et qui sait? Peut-être que les rennes de Père Noël voudront se ravitailler avec ses baies quand ils passeront chez vous la semaine prochaine?

N.D.L.R. Texte adapté d’un billet originalement publié le 11 novembre 2015

La nouvelle fleur nationale (non officielle) du Canada

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Saviez-vous que le Canada n’a pas de fleur nationale? 

Une soixantaine de pays en ont une. La France en a même trois, la centaurée bleuet, la marguerite et le coquelicot. La Belgique aussi: l’iris des marais pour Bruxelles-Capitale, le coquelicot pour les Flandres et la gaillarde pour la Wallonie. Le Royaume-Uni en compte quatre: la rose (Angleterre), le narcisse (pays de Galles), le lin (Irlande du Nord) et le chardon (Écosse). Aux États-Unis, la rose est la fleur nationale et en Australie, c’est le mimosa doré (Acacia pycnantha). Et la Suisse et l’Autriche partagent l’edelweiss comme emblème floral.

Il y a deux ans, à l’occasion du 150e anniversaire du Canada, une campagne a été organisée à travers le pays pour désigner une fleur nationale et plus de 10 000 personnes ont voté. La vaste majorité (plus des deux tiers) a choisi le quatre-temps (Cornus canadensis), aussi appelé cornouiller du Canada. C’était certainement un choix judicieux, car c’est l’une des rares plantes à fleurs que l’on trouve dans toutes les provinces et tous les territoires du vaste pays (la superficie du Canada est deux fois plus grande que celle de l’Union européenne!). Une pétition a été envoyée au Parlement canadien pour le nommer officiellement, mais il n’a pas été approuvé. Zut!

Au rythme où vont les choses gouvernementales, il faudra sans doute encore un demi-siècle avant que le choix ne soit finalement entériné!

Un emblème non officiel?

Le quatre-temps fait un joli couvre-sol. Photo: newfoundland-labradorflora.ca

En ce 1er juillet 2019, jour du 152e anniversaire du Canada, je propose à mes lecteurs canadiens de tout simplement prendre le quatre-temps comme fleur nationale non officielle! C’est si facile à faire: il suffit de le dire. Si on répète assez souvent «le quatre-temps est l’emblème floral du Canada», cela deviendra une vérité… non officielle!

D’ailleurs, de nombreux pays ont un emblème floral non officiel. Les Pays-Bas n’ont jamais officiellement désigné la tulipe comme étant leur fleur nationale, mais elle est considérée comme telle à la fois par les Néerlandais et par le reste de la planète. Idem pour le cerisier à fleurs, emblème non officiel du Japon, et la pivoine, emblème non officiel de la Chine. Donc, ne me dites pas que c’est impossible!

Curieusement, toutes les provinces et tous les territoires du Canada ont un emblème floral officiel (lisez à cet effet Cultivons les emblèmes floraux du Canada). Pour le Québec, c’est l’iris versicolore (Iris versicolor), pour l’Ontario, le trille blanc (Trillium grandiflorum), pour le Nouveau-Brunswick, la violette cucullée (Viola cucullata), etc.

Description de la fleur nationale (non officielle) du Canada

Le quatre-temps, pourtant un humble couvre-sol, produit les mêmes fleurs que le cornouiller à fleurs (Cornus florida), un petit arbre. Photo: http://www.vdberk.co.uk

Le quatre-temps (Cornus canadensis) ressemble à une version extrêmement naine du cornouiller à fleurs (C. florida), un petit arbre à la floraison extraordinaire. Il a les mêmes fleurs, mais elles s’étalent sur le sol plutôt que de paraître à l’extrémité de branches élevées. En effet, la petite plante vivace mesure rarement plus de 7 à 20 cm de hauteur. À l’état sauvage, il compense sa taille réduite en formant de vastes tapis dans des zones boisées, notamment dans la forêt boréale (forêt de conifères).

La «fleur» du quatre-temps est en fait une inflorescence composée de petites fleurs entourées de quatre bractées blanches. Photo: http://www.adirondackalmanack.com

Chaque plante consiste en une simple tige non ramifiée surmontée d’un verticille de 6 feuilles (4 sur des spécimens plus jeunes). Les feuilles à la marge lisse et distinctement nervurées sont vert foncé brillant au printemps et en été, violettes à rouges en automne et absentes en hiver. À la fin du printemps ou au début de l’été, selon le climat, une grappe dense de petites fleurs jaunâtres apparaît au sommet de la tige, entourée de 4 bractées de couleur blanc crème. La grappe de fleurs avec son «auréole» blanche ressemble tellement à une fleur unique qu’elle est ainsi considérée par la plupart des gens. 

Les bourdons, les abeilles solitaires et les syrphes sont les principaux pollinisateurs des fleurs de quatre-temps.

Le pollen est lancé à une vitesse explosive. Vidéo: Science News

Saviez-vous que le quatre-temps est l’une des plantes les plus rapides du monde? Lorsqu’un insecte touche une fleur mature, l’étamine se soulève à la vitesse de 24 000 mètres par seconde, inondant la créature de pollen. Une caméra capable de filmer 10 000 images par seconde est nécessaire pour en capter l’action!

Quatre-temps en fruit. Photo: http://www.florafinder.org

Les fleurs cèdent la place à une grappe de fruits vert brillant qui virent au rouge vif à l’automne, couleur qui dure souvent jusqu’à l’hiver. Il faut cependant plus d’un clone pour que les fruits soient produits, car les fleurs du quatre-temps sont essentiellement autostériles. Pour cette raison, il est généralement préférable d’acheter vos plantes de deux sources différentes, car les plantes d’une pépinière donnée sont généralement produites par division et seront alors des clones.

Les baies (en fait, il s’agit de drupes) sont consommées par de nombreux oiseaux, notamment les grives et les perdrix, ainsi que par de petits mammifères. Les humains aussi peuvent les manger (je trouve qu’ils goûtent un peu la pomme), mais il n’y a pas beaucoup de chair à manger par fruit, les deux graines occupant le gros de l’espace.

Le quatre-temps pousse lentement mais sûrement dans son milieu naturel, soit les sols frais et humides. Bien qu’il pousse fréquemment dans des sols très acides à l’état sauvage, il tolère presque tous les sols, même ceux qui sont légèrement alcalins. Aussi, il croît aussi bien dans le sable et la glaise que dans un sol riche et meuble. Dans la nature, il pousse souvent dans les sols très pauvres où peu d’autres végétaux réussissent et ainsi il nécessite rarement de l’engrais.

Le feuillage du quatre-temps change de couleur à l’automne. Photo: svseekins.wordpress.com

C’est essentiellement une plante de sous-bois, qui peut même pousser dans les endroits les plus sombres dans la nature, notamment au pied des conifères dont l’ombre persiste toute l’année. Cela dit, en plate-bande, sa croissance est plus rapide à la mi-ombre. Dans le Grand Nord, où il fait assez froid même en été, il pousse même au plein soleil, mais dans nos jardins, il risque de trouver le plein soleil trop chaud (il tolère difficilement des températures de sol de plus de 18 °C).

Il se multiplie par rhizomes souterrains, mais sa croissance est très lente. Si vous voulez créer rapidement un effet de couvre-sol, plantez des spécimens à 15 cm l’un de l’autre.

Le quatre-temps est extrêmement résistant au froid, poussant au-delà de la limite des arbres dans le nord, soit dans la zone de rusticité 2 ou même 1. Par contre, son incapacité à tolérer la chaleur estivale fait qu’il réussit rarement plus au sud que la zone de rusticité 6, même quand on le plante à l’ombre. Ainsi, il poussera presque partout au Canada, où la fraîcheur domine, mais en Europe, au climat nettement plus chaud, il préféra les zones alpines ou les forêts très denses.

Bien qu’il fasse un excellent couvre-sol, le quatre-temps ne tolérera pas la circulation piétonnière. Il souffre rarement de problèmes d’insectes et de maladies, mais ses feuilles sont consommées par les cerfs, les orignaux et les caribous dans la nature. Curieusement, les cerfs et les lapins semblent l’ignorer quand on le cultive en plate-bande… probablement parce qu’il y a des plantes beaucoup plus succulentes tout près, comme vos choux et vos hostas!

La disponibilité du quatre-temps en jardinerie est variable, mais si vous n’en trouvez pas localement, sachez qu’il est largement disponible sur Internet, notamment chez les pépinières spécialisées dans les plantes d’ombre, les couvre-sols ou les plantes très rustiques.


Le quatre-temps: la petite mais très belle fleur nationale non officielle du Canada! Peut-être mériterait-elle une place dans votre jardin?

Pour un tapis de verdure rapide et bon marché

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Le lierre (Hedera helix) peut servir de couvre-sol. Source: whangareiflora.weebly.com

Presque toute plante grimpante fera une excellente plante couvre-sol si on la plante là où il n’y a pas de support élevé (arbre, tonnelle, treillis, etc.) sur lequel elle peut grimper. Et les grimpantes couvrent beaucoup d’espace très rapidement: un seul plant de vigne vierge peut couvrir facilement 10 m2!

Voici quelques suggestions pour cette utilisation:

Régions au climat froid

  1. Akebia (Akebia spp.)
  2. Aristoloche (Aristolochia spp.)
  3. Bignone, jasmin de Virginie (Campsis spp.)
  4. Chèvrefeuille grimpant (Lonicera spp.)
  5. Clématite (Clematis spp.)
  6. Fusain de Fortune (Euonymus fortunei)
  7. Hydrangée grimpante (Hydrangea petiolaris)
  8. Lierre (Hedera helix)
  9. Lierre de Boston (Parthenocissus tricuspidata)
  10. Pois vivace (Lathyrus latifolius)
  11. Rosier grimpant (Rosa spp.)
  12. Vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia)
  13. Vigne à raisin (Vitis spp.)

Régions au climat doux*

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Gloire du matin (Ipomoea tricolor ‘Heavenly Blue’) utilisée comme couvre-sol.  Source: worldoffloweringplants.com

  1. Bougainvillée (Bougainvillea spp.)
  2. Clerodendron (Clerodendrum spp.)
  3. Dolique (Lablab purpureus, anc. Dolichos lablab)
  4. Gloire du matin (Ipomoea spp.)
  5. Haricot d’Espagne (Phaseolus coccineus)
  6. Jasmin (Jasminum spp.)
  7. Jasmin étoilé (Trachelospermum spp.)
  8. Liane corail (Antigonon leptopus)
  9. Mandévilla ou dipladenia (Mandevilla spp.)
  10. Passiflore (Passiflora spp.)
  11. Pois bleu (Clitoria terneata)
  12. Quisqualier (Quisqualis spp.)
  13. Thunbergie à grandes fleurs (Thunbergia grandiflora)
  14. Thunbergie ailée (Thunbergia alata)
*Ces plantes peuvent aussi servir de couvre-sol annuel dans les régions au climat froid.

Des plantes couvre-sol pour le soleil

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Différents thyms utilisés comme couvre-sols.

Vous cherchez une plante tapissante pour un emplacement ensoleillé ou mi-ensoleillé? Peut-être parce que le gazon n’y pousse pas bien ou que l’endroit est difficile à tondre… ou que vous ne tenez pas à tondre? Voici une liste de plantes qui pourraient convenir:

  1. Acéna à petites feuilles (Acaena microphylla), zone 4b, résistance au piétinement: faible
  2. Alchémille molle (Alchemilla mollis), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  3. Armoise de Steller naine (Artemisia stelleriana ‘Boughton Silver’, syn. ‘Silver Brocade’), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  4. Aspérule odorante ou gaillet odorant (Galium odoratum), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  5. Bergenia (Bergenia crassifolia, syn. B. cordifolia), zone 2, résistance au piétinement: nulle20170426WFR.jpg
  6. Brunelle à grandes fleurs (Prunella grandiflora), zone 4, résistance au piétinement: nulle
  7. Bugle rampante (Ajuga reptans), zone 3, résistance au piétinement: moyenne
  8. Céraiste tomenteux (Cerastium tomentosum), zone 2, résistance au piétinement: faible
  9. Chrysogonum (Chrysogonum virginianum), zone 4, résistance au piétinement: faible
  10. Cœur saignant (Dicentra formosa et D. eximia), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  11. Comptonie voyageuse (Comptonia peregrina), zone 2, résistance au piétinement: nulle
  12. Corbeille d’or (Aurinia saxatilis, syn. Alyssum saxtile), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  13. Coronille bigarrée (Coronilla varia), zone 4, résistance au piétinement: nulle
  14. Cotonéastre de Dammer (Cotoneaster dammeri), zone 5b, résistance au piétinement: nulle

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    Le cyprès de Sibérie (Microbiota decussata) fait un couvre-sol tellement dense qu’il étouffe toutes les mauvaises herbes. Photo: Crusier, Wikimedia Commons

  15. Cyprès de Sibérie (Microbiota decussata), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  16. Delosperme de Cooper (Delosperma cooperi), zone 5b, résistance au piétinement: faible
  17. Épimède rouge (Epimedium x rubrum), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  18. Fraisier décoratif (Fragaria x rosea), zone 3, résistance au piétinement: moyenne
  19. Fusain de Fortune (Euonymus fortunei), zone 5b, résistance au piétinement: moyenne
  20. Genêt poilu (Genista pilosa), zone 5, résistance au piétinement: faible
  21. Genévrier horizontal (Juniperus horizontalis), zone 2, résistance au piétinement: faible
  22. Géranium à gros rhizome (Geranium macrorrhizum), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  23. Géranium de Cambridge (Geranium x cantabrigiense), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  24. Géranium Rozanne™ (Geranium ‘Gerwat’), zone 4, résistance au piétinement: nulle

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    Herbe aux écus dorée (Lysimachia nummularia ‘Aurea’)

  25. Herbe aux écus (Lysimachia nummularia), zone 3, résistance au piétinement: moyenne
  26. Herbe-aux-goutteux (Aegopodium podagraria ‘Variegatum’), zone 3, résistance au piétinement: faible
  27. Herniaire glabre (Herniaria glabra), zone 4, résistance au piétinement: bonne
  28. Heuchère (Heuchera cvs), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  29. Hosta (Hosta), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  30. Iris crêté (Iris cristata), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  31. Joubarbe (Sempervivum spp. ), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  32. Lamier maculé (Lamium maculatum), zone 2, résistance au piétinement: nulle
  33. Léptinelle noire (Leptinella squalida ‘Platt’s Black’), zone 4, résistance au piétinement: bonne
  34. Lierre (Hedera helix et autres), zone variable selon l’espèce: 4-9, résistance au piétinement: faible
  35. Liriope (Liriope muscari), zone 6 ou 7, résistance au piétinement: nulle
  36. Lotier corniculé (Lotus corniculatus ‘Pleniflorus’, syn. ‘Plenus’, zone 3, résistance au piétinement: bonne
  37. Millepertuis à grandes fleurs (Hypericum calycinum), zone 6, résistance au piétinement: nulle
  38. Mousse écossaise (Sagina subulata glabrata ‘Aurea’), zone 3, résistance au piétinement: moyenne
  39. Muguet (Convallaria majalis), zone 3, résistance au piétinement: nulle

    Nepeta x faassenii 'Six Hills Giant'

    Népéta hybride (Nepeta faassenii). Photo: Wouter Hagens, Wikimedia Commons

  40. Népéta hybride (Nepeta x faassenii), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  41. Onoclée sensible (Onoclea sensibilis), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  42. Ophiopogon noir (Ophiopogon plansicapus ‘Nigrescens’), zone 7, résistance au piétinement: nulle
  43. Oreilles d’agneau (Stachys byzantina ‘Silver Carpet’), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  44. Origan (Origanum vulgare), zone 4, résistance au piétinement: nulle
  45. Ortie jaune (Lamium galeobdolon), zone 2, résistance au piétinement: nulle
  46. Pachysandre du Japon (Pachysandra terminalis), zone 4, résistance au piétinement: nulle
  47. Petite pervenche (Vinca minor), zone 2b, résistance au piétinement: moyenne
  48. Phlox mousse (Phlox subulata), zone 2, résistance au piétinement: nulle
  49. Raisin d’ours (Arctostaphylos uva-ursi), zone 2, résistance au piétinement: moyenne
  50. Renouée du Népal (Persicaria affinis, syn. Polygonum affine), zone 3, résistance au piétinement: moyenne
  51. Sédum bâtard (Sedum spurium), zone 3, résistance au piétinement: nulle

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    Sédum orangé (Sedum kamtschaticum ‘Weihenstephaner Gold’). Photo: Maja Dumat, Wikimedia Commons

  52. Sédum orangé (Sedum kamtschaticum), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  53. Sédum rupestre ‘Angelina’ (Sedum rupestre ‘Angelina’), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  54. Stéphanandra crispé (Stephanandra incisa ‘Crispa’), zone 3b, résistance au piétinement: nulle
  55. Thym laineux (Thymus pseudolanuginosus), zone 3, résistance au piétinement: moyenne
  56. Thym serpolet (Thymus serpyllum), zone 3, résistance au piétinement: moyenne
  57. Tiarelle cordifoliée (Tiarella cordifolia), zone 3, résistance au piétinement: nulle
  58. Trèfle blanc (Trifolium repens), zone 3, résistance au piétinement: moyenne
  59. Véronique rampante (Veronica repens), zone 2, résistance au piétinement: moyenne
  60. Violette du Labrador (Viola riviniana ‘Purpurea’, syn. V. labradorica), zone 4, résistance au piétinement: nulle
  61. Waldsteinie (Waldsteinia spp.), zone 4, résistance au piétinement: faible

Un peu de contrôle

La plupart des plantes couvre-sol sont un peu à très envahissantes. C’est presque innée chez une plante qui tapisse le sol que ses tiges s’enracinent au contact avec le sol et donc qu’elle peut envahir l’espace des autres végétaux. Il est donc toujours sage de prévoir une barrière quelconque autour d’un secteur où vous planterez des couvre-sols pour limiter leur tendance à vagabonder. Il peut s’agit d’un sentier, de pavés, d’une bordure à gazon, de plantations denses plus hautes, etc.

Couvre-sols pour l’ombre

Si vous cherchez des plantes couvre-sols pour l’ombre, veuillez consulter l’article Des plantes couvre-sols pour l’ombre.

couvre-solEnfin, pour plus de détails sur les couvre-sols, consultez le livre Couvre-sols et grimpantes de Larry Hodgson, disponible dans toute bonne librairie.20170426A

La canneberge ne pousse pas sous l’eau

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Canneberges

’Au Québec, la canneberge (Vaccinium macrocarpon, parfois Oxycoccus macrocarpus), aussi appelée atoca (du nom amérindien du fruit), est traditionnellement servie à Noël et au Jour de l’an avec de la dinde, soit en gelé ou en sauce, et aussi, toute l’année, sous forme de jus. En France, on connaît moins bien ce fruit venu du Nouveau-Monde, mais le jus de canneberge est néanmoins de plus en plus disponible, parfois sous son nom anglais cranberry («jus de cranberry») . La canneberge connaît une popularité grandissante, car elle est réputée être l’un des fruits les plus riches en antioxydants, très bon pour la santé.

Curieusement, bien des jardiniers pensent que la canneberge est une plante aquatique (pousse sous l’eau)  et donc ne considèrent pas sa culture possible sous leurs conditions. Cela vient du fait qu’on voit régulièrement, à la télé, des images de la récolte des canneberges où on les voit flotter à la surface de l’eau.

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La canneberge est une plante bien terrestre.

En fait, cependant, la canneberge est une plante terrestre. Elle pousse normalement dans les tourbières, donc enracinée dans la mousse de sphaigne, mais également dans les sols acides et pauvres. D’accord, elle préfère les sols qui ne s’assèchent jamais tout à fait, mais de là à pousser sous l’eau, il y a une bonne marge.

La fausse idée qu’elle soit aquatique vient d’un détail intéressant: à maturité, le fruit de la canneberge est plus léger que l’eau. Autrement dit, il flotte! Et les cultivateurs de canneberge ont su profiter de ce détail.

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Récolte commerciale de canneberges.

Plutôt que de devoir envoyer des équipes travailler à genoux à récolter les petits fruits rase-sol, ils cultivent les canneberges dans des bassins sablonneux entourés de digues appelés cannebergières. Quand les fruits mûrissent à l’automne, ils inondent le bassin, puis ils font passer des batteuses mécaniques sur les plantes pour détacher les fruits qui montent à la surface. Après, les fruits flottants sont pompés jusqu’à dans un camion et de là, à l’usine de transformation.

En cultiver chez vous

20161226H.jpgVous n’aurez pas à inonder votre potager ou passer une batteuse pour cultiver la canneberge chez vous. D’ailleurs, elle n’est pas du tout difficile à cultiver… sous un climat froid, du moins.

Elle est d’ailleurs très rustique (zone 2) et peut alors pousser presque partout au Canada (elle est indigène dans l’est du Canada et le nord-est des États-Unis). En Europe, sa culture est généralement limitée aux régions nordiques et de haute altitude. Comme il faut un long hiver pour stimuler la floraison, sa culture n’est pas possible dans les régions aux hivers doux ou courts.

C’est une plante rampante à petites feuilles persistantes vert foncé qui rougissent un peu à l’automne. Elle produit deux sortes de tige: des longues tiges rampantes qui s’enracinent pour former un tapis et de courtes tiges dressées (hauteur maximale 30 cm) qui produisent la majorité des fleurs et des fruits. Elle fait un excellent couvre-sol ornemental.

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Fleurs aux pétales réfléchis, très inhabituelles pour une Éricacée.

Les fleurs roses sont petites, avec les pétales recourbés vers l’arrière et des étamines et un stigmate et serrés ensemble qui pointent vers le bas, ce qui rappelle, d’après les anglophones, un bec de grue («cranberry» vient de «crane berry» ou baie de grue). C’est une forme inhabituelle pour une éricacée (plante de la famille des bruyères et des rhododendrons), qui a habituellement des fleurs en forme de clochette.

Les fruits rougissent joliment à l’automne et persistent souvent l’hiver si on ne les récoltent pas. Ils sont gros par rapport à la taille de la plante (d’ailleurs, macrocarpon veut dire à gros fruits). Leur goût est sucré mais aussi acide et surtout astringent. Pour ces raisons, ils sont habituellement mangés cuits… avec du sucre!

La culture de la canneberge

Plantez votre canneberge au soleil (elle tolère la mi-ombre, mais y est moins productive) dans un sol sablonneux et acide. Typiquement on creuse un trou 2 fois plus large que la motte de racines et on y remplace le sol existant avec un mélange 50/50 de tourbe horticole («peat moss») et de sable. Si votre sol est glaiseux, donc, susceptible de retenir trop d’eau, il serait sage de surélever la plante sur une butte pour assurer un bon drainage.

Il faut oublier le concept de plante de marais quand on cultive la canneberge: une humidité normale du sol suffit. Gardez votre envie d’arroser pour les périodes de sècheresse, tout simplement, car c’est vrai que la canneberge ne peut pas tolérer sécher complètement.

Notez que peu d’engrais est nécessaire. D’ailleurs, trop d’engrais, surtout un engrais riche en azote, le premier chiffre, stimulera une croissance latérale au détriment de la production de fruits.

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Fruits mûrs.

Curieusement, plus le climat est froid, moins cette plante a besoin d’attention. Dans les régions aux hivers trop doux, on recommande de la recouvrir d’un paillis d’hiver composé de paille ou de feuilles mortes, ou encore, d’un agrotextile plastifié, afin de maintenir le sol froid le plus longtemps possible et pour la protéger des gels tardifs au printemps. En effet, ce que les cannebergistes craignent le plus est un gel sévère pendant la floraison printanière, ce qui pourrait anéantir la récolte de la saison. Dans les zones 2 à 5, cependant, habituellement les plantes fleurissent après que tout risque de gel est dissipé et alors aucune protection hivernale n’est nécessaire.

Et non, vous n’avez pas à inonder votre jardin pour récolter les fruits! Tant que la culture reste à une échelle réduit, les canneberges se cueillent facilement à la main, de la même manière qu’on récolte des bleuets sauvages. Attendez que les fruits soient bien rouges, habituellement à la fin de septembre ou en octobre, avant de les récolter.

Multiplication

En ce qui concerne la multiplication, la canneberge fait le gros du travail pour vous, se propageant facilement par tiges qui s’enracinent en touchant le sol. Pour commencer une nouvelle plantation ailleurs, il suffit donc de déterrer des rejets déjà enracinés et de les déplacer. Vous pouvez également produire de nouvelles plantes par boutures de tige.

Cultiver cette plante à partir de semences, cependant, est difficile. Mieux vaut laisser ça à un spécialiste!

Autres canneberges

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Avec ses fleurs en forme de cloche, la canneberge du Mont-Ida est une Éricacée typique.

Il existe 3 autres espèces de canneberge, dont seule l’airelle vigne d’Ida ou airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea), à petits fruits rouges, est parfois cultivée, et même là, seulement à petite échelle. C’est une espèce circumboréale, donc, présente dans les régions froides d’Eurasie et d’Amérique du Nord. Elle a besoin des mêmes conditions de culture que sa cousine à gros fruits.


La canneberge: une plante à fruits peu connue dans nos jardins et pourtant pas difficile à cultiver!20161226a

La plante aspirateur

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À la fin de novembre, les feuilles mortes ont déjà presque toutes été aspirées par le pachysandre.

Parfois, je pense que les plantes sont mal nommés. La terriblement envahissante renouée du Japon (Fallopia japonica), qui anéantit tout sur son chemin, devrait par exemple s’appeler plante rouleau compresseur, n’est-ce pas? Et je trouve que le pachysandre du Japon (Pachysandra terminalis) mérite vraiment le nom plante aspirateur.

Il est formidable de voir cette petite plante couvre-sol à l’œuvre. On l’utilise habituellement en sous-bois, au pied des arbres caduques, où il forme de vastes tapis. Puis arrive l’automne et les feuilles commencent à tomber par milliers.

Tout autre plante serait enterrée par cette masse de feuilles brunes, mais pas le pachysandre. Ses tiges sont courtes, mais néanmoins solidement dressées, alors que ses feuilles persistantes se penchent un peu vers le bas sous le poids des feuilles. Ainsi, les feuilles mortes glissent graduellement vers le bas, à travers le feuillage, pour s’accumuler à son pied, puis ses feuilles vertes se redressent et cachent les feuilles mortes des arbres. Comme résultat, son effet de tapis vert est maintenu et toutes ces feuilles mortes disparaissent de vue, comme s’il les avait aspirées. Puis elles se décomposent en toute douceur hors de vue.

C’est formidable pour le jardinier paresseux, car il n’y a aucun ménage à faire, ni à l’automne, ni au printemps, sauf parfois ramasser de grosses branches tombées des arbres au-dessus au cours de l’hiver, car même les petits rameaux tombés sont, eux aussi, «aspirés» par cette plante cache-tout.

Cultiver la plante aspirateur

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La plante aspirateur en fleurs.

Plantez le pachysandre assez densément, soit à environ 15 à 30 cm de d’espacement, car il n’est pas envahissant comme tant d’autres plantes couvre-sol et ne s’étend que lentement par de courts rhizomes souterrains. Même à 30 cm d’espacement, il prendra environ 3 ou 4 ans pour former un tapis complet.

C’est une plante de sous-bois qui préfère l’ombre et la mi-ombre, mais elle peut tolérer le soleil direct aussi dans les régions aux étés frais. Elle tolère presque tout sol, riche ou pauvre, tant qu’il est bien drainé et elle compose parfaitement avec la présence de racines d’arbres. Aucun entretien n’est nécessaire, même pas l’arrosage, du moins une fois qu’elle est bien établie (il serait toutefois sage de l’arroser en période de sècheresse le premier été). Les feuilles tombées des arbres produisent tout l’engrais dont la plante aspirateur pourrait avoir besoin.

Côté rusticité, on peut le cultiver dans les zones 4 et plus chaudes.

On peut la multiplier par division au printemps ou à l’automne.

Son apparence

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Pachysandre vu de près.

Honnêtement, on cultive cette plante comme tapis vert (et il est vert à l’année!) et l’apparence de la plante individuelle importe peu, mais essentiellement, il s’agit d’une petite plante dressée de 20 à 30 cm de hauteur portant des feuilles ovales dentées vert foncé portées en verticille à l’extrémité de la tige. Les fleurs blanches printanière sont relativement insignifiantes: il faut les regarder de près pour pouvoir les apprécier.

Il y quelques cultivars aussi, comme ‘Green Carpet’, plus compact que l’espèce (15 cm), ‘Green Sheen’, aux feuilles plus lustrées et ‘Variegata’ (‘Silver Edge’) aux feuilles ourlées de blanc.


Si ramasser les feuilles à l’automne vous ennuie royalement, sachez que la plante aspirateur est prête à faire le travail pour vous, parole de jardinier paresseux!

Sus à l’herbe aux goutteux

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La variété panachée de l’égopode (Aegopodium podagraria) est la plus souvent cultivée.

L’herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria) ou égopode (le nom que je préfère) est un des couvre-sols les plus souvent utilisés dans nos jardins… et aussi l’une des mauvaises herbes les plus pernicieuses. Une fois établie, elle s’étend dans toutes les directions grâce à ses nombreux rhizomes. C’est une plante très dominante, étouffant les autres végétaux du secteur et prévenant même la germination d’arbres et d’arbustes. De plus, elle quitte facilement les jardins pour envahir nos forêts, causant des dommages environnementaux inestimables. Et elle est terriblement difficile à contrôler!

Une description

D’abord une description. L’égopode vient à l’origine de l’Eurasie. C’est une ombellifère proche parente de la carotte. D’ailleurs, si vous écrasez son feuillage, il dégage une odeur qui rappelle vaguement celle de la carotte.

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La feuille deux fois ternée de l’égopode.

Les feuilles inférieures sont divisées en 3 folioles dentées et pointues alors que les feuilles supérieures sont deux fois ternées (les 3 folioles sont à leur tour divisées en 3 folioles plus petites). L’espèce (A. podagraria) porte des feuilles vertes, mais la forme la plus courante dans nos jardins est A. podagraria ‘Variegata’, à feuillage panaché: les feuilles sont bordées de blanc. Par contre, quand la forme panachée se ressème, elle donne toujours des plantes entièrement vertes. La forme verte étant plus envahissante que la forme panachée, elle finit souvent par dominer.

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Les fleurs de l’égopode rappellent celles de la carotte sauvage.

La plante peut atteindre de 50 à 100 cm de hauteur, coiffée par un dôme (ombelle) de petites fleurs blanches. Ses tiges sont creuses. Ses racines peuvent descendre à plusieurs mètres de profondeur dans le sol.

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Rhizomes d’égopode. La moindre petite section laissée en terre donnera une nouvelle plante.

L’égopode se multiplie surtout par rhizomes poussant à l’horizontale et comme beaucoup de plantes qui ont choisi la multiplication végétative comme moyen principal de reproduction, elle ne se ressème que rarement… une bonne nouvelle pour les jardiniers, car au moins on n’a pas à trop se soucier que des semis égarés surgissent loin de la colonie principale.

Comme l’égopode pousse sous presque toutes les conditions — soleil ou ombre, sol riche ou pauvre, humide ou sec, acide ou alcalin — et n’a aucune ennemie naturelle à l’extérieur de l’Eurasie, une fois qu’il est installé, ce ne sont pas les conditions environnantes qui vont l’arrêter.

Méthodes de contrôle

Très honnêtement, la façon la plus facile pour se débarrasser de l’égopode est de déménager. Ça paraît excessif, mais je vous assure que des gens qui vendent leur terrain parce que la présence d’égopode rend le jardinage complètement impossible, ça existe.

Je ne suis pas un amateur d’herbicides, mais il faut admettre que même les herbicides non sélectifs comme le glysophate (Roundup) ne sont pas très efficaces sur l’égopode et de multiples applications seront nécessaires. De plus, ils empoisonnent tous les autres végétaux du secteur.

L’arrachage est rarement efficace. La plante est d’abord physiquement difficile à extirper: ses racines descendent très loin dans le sol et «ne lâchent pas facilement prise». De plus, le moindre rhizome qui échappe à votre contrôle donnera une nouvelle plante. Donc il repousse très rapidement.

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Sarcler ne réglera pas le problème de l’égopode.

Pire encore est le sarclage. En voulant arracher la plante, inévitablement on sectionne le rhizome en de multiples petits segments trop petits pour être très visibles, chacun capable de produire un nouveau plant. Ainsi, au lieu d’éliminer la plante, le sarclage a tendance à augmenter le nombre de plants.

Passer un motoculteur ou un autre appareil aratoire est sans doute la pire méthode pour essayer d’éliminer l’égopode. En plus de déchiqueter les rhizomes, ce qui augmente le nombre de plantes, il les répandra partout sur son passage!

Il est possible de l’éliminer en vidant le secteur de sa terre sur une profondeur de 60 cm et en le sassant par la suite, utilisant un tamis de 1,25 cm pour enlever tous les rhizomes. D’accord, il peut rester des racines plus profondes que 60 cm, mais la plante ne régénère pas facilement d’une telle profondeur. Vider et sasser la terre, c’est toutefois beaucoup de travail, même si l’on utilise une pelle mécanique pour creuser.

Tondre court, soit à 2,5 cm ou moins, éliminera l’égopode, car on élimine ainsi ses feuilles, coupant tout accès à son unique source d’énergie, la lumière, mais il faut le répéter plusieurs fois pour en venir à but, car la réaction de la plante à une tonte est de produire rapidement de nouvelles feuilles. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’égopode s’aventure rarement très loin dans une pelouse fréquemment tondue.

Les pousses printanières de l’égopode sont, pendant qu’elles sont encore tendres, comestibles et servent de légume dans plusieurs pays. Peut-être que vous pourriez contrôler l’égopode en le mangeant?

Ma technique préférée

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Utilisez une bâche noire pour couper toute lumière à l’égopode et il va nécessairement mourir.

Le bâchage est, à mon avis, le traitement le plus efficace… après le déménagement. Recouvrez, au printemps, tout le secteur envahi, plus une marge de sécurité d’un mètre, d’une bâche (toile) noire. Il ne doit laisser pénétrer aucune lumière. Ainsi plusieurs géotextiles, même noirs, ne seront pas efficaces, car ils sont perforés et la lumière passera. Pour vérifier, tenez la toile devant une source de lumière. Si vous voyez passer des filets de lumière, ce n’est pas le bon produit. Souvent, une simple bâche noire en plastique, facilement disponible en quincaillerie, est la toile la plus efficace.

Laissez la bâche en place pendant 12 mois. Placez des briques ou des pierres dessus pour qu’elle reste en place. Vous pouvez le couvrir de paillis et y poser des pots de fleurs si vous voulez embellir le secteur pendant le traitement.

Quand vous enlevez la bâche au printemps de la deuxième année, l’égopode sera mort, ayant épuisé toutes ses réserves. S’il reste un ou deux pousses pâlottes encore en vie, coupez-les au sol et elles seront si épuisées qu’elles ne repousseront plus.

Vous pouvez aussi tout simplement couvrir l’égopode d’un épais paillis, sans utiliser de bâche. Visez une épaisseur de 30 cm. Fauchez la plante avant de commencer. Encore, il faut au moins 12 mois de traitement, commençant au printemps, pour tuer la plante.

Barrières

Il ne suffit pas d’éliminer l’égopode de votre terrain, il faut empêcher qu’il ne revienne.

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Une bordure de gazon extra profonde peut prévenir le retour de l’égopode.

Souvent, l’égopode pousse les deux côtés de la ligne de propriété. Si oui, et que votre voisin ne souhaite pas essayer de contrôler la plante, il faut installer une barrière verticale dans le sol entre son terrain et le vôtre avant de commencer votre traitement. Les racines de l’égopode descendent loin dans le sol (jusqu’à 9 m!), mais ses rhizomes restent d’habitude dans les 5 premiers cm du sol. Ainsi, une bordure à gazon de 20 cm suffirait. Attention: 15 cm n’est pas toujours assez, car parfois, à la rencontre d’un obstacle, le rhizome plonge vers le bas pour essayer de le contourner.

Doit-on sauver les autres plantes lors du contrôle?

Si vous entreprenez un traitement pour contrôler l’égopode, il est très tentant d’essayer de récupérer les plantes désirables dans le secteur envahi en les déterrant pour les replanter ailleurs. Cependant, vous risquez alors de transporter en même temps des rhizomes d’égopode qui se seront mélangés aux racines de la plante transplantée et ainsi de commencer une nouvelle infestation ailleurs.

Pour éviter cela, prélever plutôt des boutures sans racines: il n’y a alors aucun risque que l’égopode suive.

Ou prenez des divisions plutôt petites (il y a moins de risque avec de petites divisions qu’avec des plantes entières), rincez bien leurs racines pour enlever la terre et supprimez tout rhizome visible. Maintenant, ne plantez pas ces divisions en pleine terre pour l’instant, mais plutôt en pot. Et laissez-les pousser en pot pendant 2 ou 3 mois au moins. Ainsi, si jamais elles sont toujours contaminées de rhizomes d’égopode, vous le saurez assez rapidement. Si oui, à vous de décidez si vous essayez une 2e fois d’éliminer les rhizomes. Si aucun égopode ne paraît dans le pot après 3 mois, vous pouvez replanter la division en pleine terre sans crainte.

Ne faudrait-il pas bannir l’égopode?

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N’est-il pas temps de songer à bannir la vente et distribution de l’égopode?

Malgré la dévastation causée à l’environnement par l’égopode en Amérique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Zélande et plusieurs autres pays où il a été introduit (on peut facilement trouver des forêts au complet où il n’y a plus aucune régénération ni aucune plante indigène au sol, l’égopode ayant pris toute la place), l’égopode, et surtout sa forme panachée (A. podagraria ‘Variegata’), est encore communément vendu dans les pépinières dans toutes ces régions.

Dans certains états américains, toutefois, notamment Connecticut, Massachusetts et Vermont, l’importation et la vente de l’égopode sont désormais illégaux. Ne serait-il pas temps de faire la même chose au Canada?

La chaux qui tue les mousses: un autre mythe horticole!

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20160115A.jpgIl n’y a rien de plus désagréable qu’un mythe horticole qui refuse de mourir et, de plus, qui coûte cher aux jardiniers. Et c’est le cas de la croyance tenace qui prétend qu’on peut éliminer les mousses avec de la chaux. Tristement, même les jardineries répètent cette fausse information et ainsi leurs clients se font avoir. Non, la chaux ne tuera pas la mousse: vous venez de jeter votre argent par la fenêtre!

Ce mythe dérive de la croyance que la présence de mousses indique que le sol est acide. Or, ce n’est que très partiellement vrai. En fait, les mousses se développent quand le sol est de piètre qualité, point à la ligne. Ainsi les autres végétaux poussent mal et les mousses, étant plus adaptables que la plupart des plantes, s’installent pour occuper l’espace laissé vide. Les mousses ne sont pas le problème, elles sont le symptôme.

Quand vous voyez de la mousse dans votre gazon, votre platebande ou votre potager, cinq facteurs peuvent être en cause:

  • Emplacement très ombragé;
  • Sol très pauvre;
  • Sol détrempé;
  • Sol densément compacté;
  • Sol très acide (un pH de moins de 5,5).

D’ailleurs, c’est habituellement une combinaison de ces facteurs qui nuit tellement à la croissance des autres végétaux qu’elle laisse les mousses pénétrer. Peut-être que le sol est compacté et ombragé, ou pauvre, détrempé et acide.

Certains de ces facteurs sont faciles à vérifier. On peut voir à l’œil si l’emplacement est ombragé et si vous pesez sur le sol et que l’eau en ressort, il est détrempé. Essayez d’enfoncer à crayon à mine dans le sol: si vous avez de la difficulté, il est trop compacté.

Pour savoir si le sol est réellement acide ou s’il est pauvre, par contre, il n’y a pas de trucs maison qui vaillent: il faut faire une analyse de sol. N’appliquez surtout jamais de chaux avant de vérifier que le sol souffre vraiment d’une acidité excessive. Ce produit est toxique aux plantes si on ne l’utilise pas correctement!

Comment réellement éliminer la mousse

Le seul véritable secret pour contrôler les mousses est rendre le sol plus convivial aux autres végétaux. L’aérer s’il est trop dense (vous pouvez y mélanger beaucoup de matière organique), le drainer s’il est détrempé (en surélevant la parcelle, peut-être), l’enrichir avec du compost ou un engrais biologique s’il est trop pauvre, éclaircir les arbres surplombants s’il est trop ombragé et bien sûr ajouter de la chaux, modérément, si l’analyse indique que le sol est très acide (et seulement dans ce cas). Ainsi les autres végétaux vont pouvoir prospérer et vont – peu à peu, sur plusieurs années – chasser les mousses.

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Le paillis éliminera la mousse dans un potager ou platebande… mais si vous ne corrigerez pas le sol auparavant, la mousse va graduellement revenir… par-dessus le paillis!

Ça ne va pas assez vite à votre goût? Après avoir fait les changements nécessaires, recouvrez le sol du potager ou de la plate-bande avec du paillis. Le paillis recouvrira la mousse, coupant sa source de lumière. Et sans lumière, la mousse va mourir.

Éliminer la mousse dans un gazon

On ne peut pas appliquer du paillis sur un gazon, par contre, du moins sans vouloir l’éliminer, car le paillis le recouvrira aussi, coupant sa lumière. À la place, essayez la méthode suivante:

20160115B.jpgVaporisez le secteur avec un produit anti-mousse (habituellement un savon biologique comme l’EcoSense Moss B Gon [Canada] ou le Croq’mousse [Europe]), disponible en jardinerie, puis râtelez pour enlever la mousse quand elle est morte. Maintenir, ressemez le secteur avec une semence à gazon appropriée (il existe des mélanges pour la mi-ombre, notamment). Attention, toutefois! Il n’est pas utile de ressemer si vous ne réglez pas la qualité du sol auparavant: même si vous traitez avec un anti-mousse, l’effet ne sera pas durable. La mousse va tout simplement repousser.

Mais faut-il éliminer la mousse?

À mon avis, c’est la vraie question à se poser. Ce n’est pas la mousse qui tue vos plantes, elle n’est qu’un symptôme que quelque chose ne va pas.

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La mousse est si belle: pourquoi vouloir l’éliminer?

À moins que vous ne viviez dans une forêt pluviale où l’humidité extrême fait que la mousse puisse recouvrir certaines plantes basses et ainsi les étouffer, la mousse n’est pas nuisible aux autres plantes de son environnement et est même plutôt bénéfique. Un peu à la manière d’un paillis, un tapis de mousse au sol modère les soubresauts de température au niveau des racines, aide à empêcher le sol de trop s’assécher, contribue à enrichir le sol et réduit la pousse des mauvaises herbes. Elle peut même former de jolis tapis verts qui feraient jaunir d’envie beaucoup de gazons. Et la mousse entre les dalles d’un sentier: quelle beauté!

Quand la mousse pousse sur les structures (toits, murs en bardeaux, etc.), d’accord, il mérite un contrôle, car il réduit leur durée utile, mais dans un jardin ou dans une pelouse… pourquoi ne pas apprendre plutôt à apprécier sa beauté et ses bénéfices?

L’être humain pense généralement qu’il sait mieux faire que dame Nature… mais à mon avis, c’est toujours elle qui a raison!

(Voici comme cultiver la mousse plutôt que l’éliminer.)

 

Résolutions du jardinier paresseux

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En cette veille du Nouvel An, quoi de mieux pour un jardinier paresseux que de vous suggérer des résolutions à prendre dans l’année à venir pour réduire les efforts à mettre dans le jardinage? Après tout, avoir un terrain encore plus beau, mais qui ne nécessite que le quart de l’entretien, n’est-ce pas un but intéressant à viser? En voici 10 qui vous seront utiles.

  1. 20151231A

    Un tel hosta ne mérite pas de vivre! Remplacez-le par un hosta résistant aux limaces.

    Remplacer les plantes qui demandent le plus de travail sur votre terrain par des plantes qui poussent presque tout seul.

    Bye-bye rosiers hybrides de thé avec leur besoin de protection hivernale, le lilas qui envahit tout le secteur avec ses drageons, le phlox toujours attaqué par le blanc et le hosta constamment troué par les limaces. Vous pourriez les remplacer par des rosiers rustiques, par un lilas de Preston (qui ne drageonne jamais), par un phlox qui ne fait pas de blanc ou par un hosta au feuillage épais qui fait fuir les limaces. Et moins on travaille, plus c’est beau!

  2. 20151231B

    Des fleurs dans la pelouse: pourquoi pas?

    Apprendre à tolérer une pelouse moins que parfaite.

    Les premières pelouses étaient tout simplement des surfaces tondues par des moutons ou des vaches; elles contenaient des graminées, d’accord, mais aussi des achillées, des pissenlits, des marguerites, des trèfles et beaucoup d’autres végétaux. Si une telle pelouse convenait aux têtes couronnées d’Europe, pourquoi êtes-vous si exigeant? En récompense d’une plus grande tolérance, vous découvrirez que l’entretien chute de façon radicale. Non seulement n’y a-t-il plus de mauvaises herbes à arracher, mais une «pelouse naturelle» demande une tonte moins fréquente, souffre moins d’insectes et de maladies et n’exige que peu ou pas de fertilisation.

  3. 20151231K.jpg

    Laissez les rognures sur place.

    Faire de l’herbicyclage.

    Vous ne connaissez pas le terme? L’herbicyclage consiste tout simplement à laisser le gazon tondu sur place plutôt que de le ramasser et le mettre le long de la rue. Les rognures de gazon se décomposent rapidement, en une journée ou deux, et nourrissent le gazon, le rendant plus vert et plus résistant à la sécheresse. Vous travaillerez moins et votre gazon sera aussi beau.

  4. 003.K

    Les plantes n’ont pas besoin de votre aide pour se préparer à affronter le froid.

    Éviter de faire le ménage d’automne.

    Les végétaux ont évolué de façon à se protéger contre le froid avec leurs propres feuilles mortes. Et le meilleur engrais pour toute plante est son propre feuillage décomposé. Quand on «fait le ménage» à l’automne, on enlève leur protection hivernale naturelle et aussi leur source principale d’éléments nutritifs. Laissez les feuilles sur place à l’automne et vous verrez que, au printemps, non seulement vos plantes seront-elles en meilleure forme que jamais, mais presque tous les «déchets» se seront décomposés tout seuls.

  5. 20151231D

    Couvre-sols et arbustes: presque aucun entretien!

    Planter plus d’arbustes et de couvre-sols.

    Ils demandent beaucoup moins d’entretien que les autres végétaux de jardin. Une plate-bande d’arbustes poussant dans un tapis végétal ne demande presque aucun soin et peut être absolument superbe.

  6. 20151231E

    Les plantes hors zone sont malheureuses!

    Choisir uniquement des végétaux de votre zone de rusticité ou de toute zone moindre.

    Si vous résidez en zone 5, par exemple, limitez-vous aux plantes des zones 1, 2, 3, 4 et 5 et elles survivront tout naturellement à l’hiver. Vous vivez en zone 3? Ce sont les plantes des zones 1, 2 et 3 qu’il vous faut. Ainsi vous n’aurez pas à les emballer ou à les recouvrir dans ce qui est souvent un vain effort de les protéger du froid, pas plus que vous n’aurez à remplacer au printemps les plantes hors zone qui sont mortes au cours de l’hiver.

  7. 20151231F

    Le paillis aide les plantes à mieux pousser.

    Pailler vos plantations.

    Le paillis fait tellement de bien à presque toutes les plantes. Il aide à maintenir une humidité de sol plus stable, réduit l’invasion des mauvaises herbes et des insectes nuisibles, garde le sol plus meuble, protège les insectes bénéfiques, élimine l’érosion et protège les fragiles racines des plantes des soubresauts de l’hiver.

  8. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

    Herbe aux goutteux.

    Éviter de planter les végétaux envahissants.

    Herbe aux goutteux, renouée du Japon, lysimaques de toutes sortes: il y a beaucoup de végétaux qui poussent vite et rapidement, au point où ils prennent votre terrain d’assaut et deviennent de mauvaises herbes. Ne les plantez pas et, si vous en avez sur votre terrain, éliminez-les. (Suggestion: toute plante exige de la lumière pour survivre, donc si vous couvrez une plante hors de contrôle d’une toile noire, elle finira par mourir sans même que vous ayez à l’arracher.)

  9. 20151231H

    Ne taillez plus pour rien.

    Ne plus tailler pour des raisons strictement esthétiques.

    Supprimer les fleurs fanées d’un lilas ou tailler un arbuste en boule, en carré ou en spirale, voilà de bonnes façons de gaspiller de l’énergie pour rien. Supprimer les fleurs d’un lilas ne vous donne absolument rien (malgré la croyance tenace qui prétend le contraire, vous n’aurez même pas une seule fleur de plus l’année suivante). Et la majorité des arbustes prennent une belle forme tout naturellement: pourquoi les forcer à en prendre une autre?

  10. 20151231I

    Petit arbuste deviendra grand!

    Vérifier les dimensions futures d’une plante avant de la planter.

    La majorité de la taille faite sur les terrains (une tâche bien ingrate dont on pourrait facilement se passer) consiste à réduire la taille des arbustes et des arbres qui deviennent trop gros pour l’espace disponible. Et aussitôt la taille terminée, ils repoussent avec encore plus de vigueur, vous obligeant à les tailler de nouveau. Il est plus facile de vérifier, avant d’acheter une plante ligneuse quelconque (arbre, arbuste ou conifère), quelles sont ses dimensions éventuelles et d’en choisir une qui convient à l’espace disponible.

Et voilà: une belle année de farniente en perspective qui vous laissera amplement de temps de profiter de votre terrain plutôt que de passer votre été à l’entretenir. Vive la paresse dans le jardinage!

La plante de Noël venue du Grand Nord

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Thé des bois ‘Big Berry’

Les plantes qu’on nous vend à Noël ont depuis toujours été des plantes venant d’ailleurs, en général des plantes tropicales comme le poinsettia, le cactus de Noël, le kalanchoé de Noël, etc. Depuis quelques années, cependant, on voit une plante venue du Grand Nord utilisée comme plante de Noël: le thé des bois, aussi appelé gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens).

Son comportement en plein air

Dans la nature, le thé des bois est une plante de la grande forêt boréale du Nord, poussant surtout dans l’Est du Canada et le Nord-est des États-Unis, mais aussi, en montagne dans le Sud jusqu’en Alabama. Son nom honore Jean-François Gaulthier (1708-1756), botaniste et médecin du roi à Québec de 1742 à 1756.

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Thé des bois en fleurs

Le petit arbuste couvre-sol de 15 à 20 cm de hauteur forme un tapis de feuilles ovales persistantes et luisantes d’une dizaine de centimètres de haut, vert foncé l’été, un peu pourprées l’hiver. Les feuilles dégagent une odeur agréable quand on les écrase. Au printemps, de petites fleurs en clochettes apparaissent: elles sont blanches, parfois avec une touche de rose, et sont légèrement parfumées.

Les fruits ronds qui suivent sont rouge très vif. Ils ont un goût un goût très particulier comme étant celui de la gomme à mâcher Wintergreen et sont d’ailleurs la source de l’essence de wintergreen qui fut utilisée autrefois dans la fabrication de cette gomme (aujourd’hui, une essence artificielle l’a remplacée). Nos ancêtres faisaient aussi un succédané de thé à l’effet médicinal avec les tiges et les feuilles fermentées, d’où le nom «thé des bois».

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Thé des bois l’hiver.

Dans nos jardins, le thé des bois est un couvre-sol ornemental tristement sous-utilisé, car il est réellement très beau et facile à cultiver. De plus, il peut pousser dans les conditions difficiles, comme complètement à l’ombre sous des conifères. Les fruits prennent leur coloration rouge vif à la fin de l’été et persistent généralement tout l’hiver. Souvent donc au printemps la plante est à la fois en fleurs et en fruits simultanément, un phénomène très rare.

Le thé des bois préfère un sol acide riche ou pauvre et tolère bien la sécheresse et la compétition racinaire des grands arbres, du moins, une fois bien enracinée. L’ombre ou la mi-ombre lui conviennent davantage, mais il peut tolérer le soleil si son sol demeure un peu humide. Même s’il drageonne, il le fait lentement et est donc facile à contrôler. Il convient aux zones 2 à 6 et aux endroits plus frais des zones 7 et 8.

Mon expérience

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Une jolie plante de Noël

J’avais de graves doutes sur la réaction du thé de bois aux conditions d’intérieur. Après tout, c’est une plante du Grand Nord, plus habituée à passer ses hivers à -20˚C que à +20˚C. Ainsi, quand j’ai vu cette plante vendue comme potée de Noël, je me suis pressé d’en acheter une pour voir. Sûrement que la plante allait crever très rapidement sous les conditions d’intérieur.

À ma grande surprise, c’est tout à fait le contraire qui s’est passé. Mon spécimen du thé de bois est resté en parfait état tout l’hiver, avec des feuilles luisantes et les fruits rouge vif: une superbe petite plante d’intérieur. Ne voulant pas pousser une plante habituée aux conditions d’extérieur à souffrir les conditions de culture de maison ad vitam aeternam, je l’ai transplanté en pleine terre, sous un conifère pour répliquer ses conditions d’origine, à la mi-mai. Il est dans mon jardin extérieur depuis maintenant 7 ans et forme un joli petit tapis qui s’élargit peu à peu. Il fleurit et produit des fruits à tous les ans… et oui, les fruits persistent tout l’hiver.

Comment le cultiver

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Gaultheria procumbens ‘Very Berry’, un cultivar réputé plus productif que l’espèce.

Dans votre demeure, offrez le thé des bois presque toute exposition pendant le temps des Fêtes – soleil ou ombre – car la plante est essentiellement au repos à cette saison. Quand de nouvelles pousses commencent à paraître vers le printemps, cependant, il faudrait lui accorder un éclairage au moins moyen. Gardez le terreau légèrement humide en tout temps. Logiquement, il devrait préférer des températures fraîches et peut bien sûr les tolérer, mais il semble très bien se comporter sous des températures d’appartement normales. Si l’humidité ambiante dans votre demeure est très faible, il serait mieux de placer cette plante sur un plateau humidifiant.

Il vaut mieux regarder le thé des bois comme une plante d’intérieur temporaire et le planter en pleine terre au printemps. Si vous voulez continuer de le cultiver à l’intérieur toute l’année, il faudrait penser qu’il n’y fleurira ni ne fructifiera probablement pas, mais restera une plante verte. Aussi, il faut savoir qu’il aime un sol acide, mais à force de l’arroser avec l’eau du robinet, habituellement très alcaline, son terreau deviendra alcalin à son tour. Ainsi il est préférable de l’arroser à l’eau de pluie ou à l’eau distillée si vous pensez le cultiver à l’intérieur pendant plus de six mois.

Où se procurer un plant

Si vous voulez expérimenter avec le thé des bois comme plante de Noël, vous ne devriez pas avoir de la difficulté à trouver un spécimen. J’en vois non seulement dans les jardineries, mais même dans les supermarchés et les grandes surfaces, avec les autres plantes des fêtes. S’il en reste, je vous suggère de l’essayer. Et qui sait ? Peut-être que les rennes de Père Noël voudront se ravitailler avec ses baies quand ils passeront chez vous le mois prochain?