Plante grasse ou plante succulente?

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Les feuilles épaisses de cette succulente sont pleines de sève, pas de graisse. Photo: http://www.chhajedgarden.com

Vous entendrez souvent les termes «plante grasse» et «plante succulente» pour décrire les plantes aux tiges ou feuilles épaisses et enflées, mais seulement le deuxième est correct. «Plante grasse» n’est plus considéré comme un terme approprié.

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La sève des succulentes est souvent visqueuse. Photo: Raul654, Wikimedia Commons

Le terme «plante grasse» suggère que la plante contient de la graisse, ce qui n’est pas le cas. Ainsi, le terme «plante succulente» (ou tout simplement «succulente») est préférable, car il signifie que la plante est «pleine de suc», ce qui est vrai, car «suc» est un autre terme pour «sève» et les tiges et feuilles des succulentes sont effectivement gorgées de sève, d’ailleurs souvent une sève épaisse et visqueuse. C’est que les succulentes s’enflent d’eau pendant la saison des pluies, conservant des réserves d’humidité dans leurs feuilles ou leurs tiges pour mieux passer la sècheresse qui suit presque inévitablement dans leur habitat aride d’origine.

Je dois admettre que je dis encore «plante grasse» à l’occasion, mais j’essaie de me corriger!

Bonnes à manger?

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Les succulentes ne sont pas «succulentes» dans le sens de «délicieuses.» Illustr.: clipart-library.com, montage: jardinierparesseux.com

Mais est-ce que les plantes succulentes sont bonnes à manger? Car le mot «succulent» a un deuxième sens: «au goût agréable et délicieux». Ce sens ne s’applique pas aux plantes succulentes qui, pour la plupart, ont un goût amer et qui peuvent même, dans certains cas, être toxiques. Seulement le sens «gorgé de suc» s’applique dans leur cas.

Succulente ou cactus?

Tant qu’à discuter de la terminologie des succulentes, voici une autre utilisation qui peut porter à confusion.

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Voici trois «vrais cactus» qui sont, bien sûr, aussi des succulentes: on les distingue des autres succulentes par leur aréole, la petite pointe de croissance poilue d’où partent les épines et les fleurs. Photo: pulpkaktus.com

On dit souvent «cactus et succulentes» comme si c’étaient deux groupes complètement différents, mais en fait le terme est redondant. Il est vrai que les cactus sont membres d’une famille de plantes succulentes (les Cactacées) et sont donc tous* des succulentes, mais il y a des succulentes dans beaucoup d’autres familles : les Crassulacées, les Euphorbiacées, les Agavacées, les Portulacacées et plus de 50 autres. Donc, on peut dire que tous les cactus sont des succulentes, mais pas que toutes les succulentes sont des cactus. Ainsi, les termes «succulentes» ou «plantes succulentes» suffisent : il n’est pas nécessaire de dire cactus et succulentes.

*En fait, il existe quelques espèces de cactus, notamment dans le genre Pereskia, qui sont à peine succulentes, mais ce sont des exceptions à la règle.

Cela dit, j’utilise souvent le terme cactus et plantes succulentes dans mes articles, surtout au début quand je veux être bien compris, car il y a encore beaucoup de gens qui pensent que les cactus et les succulentes appartiennent à deux «familles» différentes.

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L’arrosage des plantes d’intérieur l’hiver: pas si simple!

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Parfois, il faut arroser les plantes d’intérieur plus souvent pendant l’hiver, pas moins. Source: clker.com, pluspng.com & hugohd.com, montage: jardinierparesseux.com

Je trouve toujours compliquées les questions relatives à l’arrosage des plantes d’intérieur. Tout le monde semble vouloir que je simplifie les choses en recommandant un arrosage une fois par semaine ou une fois toutes les deux semaines, mais cela ne fonctionne tout simplement pas. Les plantes ont besoin d’eau quand elles ont besoin d’eau, point final. La même plante peut avoir besoin d’un arrosage après dix ou douze jours suite à une longue période de journées grises, mais seulement après 5 ou 6 jours quand le soleil brille constamment. De plus, la taille du pot est un facteur non négligeable. Une plante placée dans un pot trop petit utilise de l’eau à une vitesse accélérée et peut même avoir besoin d’arrosage aussi souvent que tous les deux ou trois jours.

Il n’est tout simplement pas possible de choisir une fréquence d’arrosage spécifique et d’obliger toutes vos plantes à la suivre. Faites cela et vous perdrez plusieurs végétaux!

Aussi, les différences saisonnières ont un effet sur l’arrosage… mais pas nécessairement celui auquel vous auriez pensé.

Faut-il arroser plus en hiver?

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Quand la température baisse, souvent les besoins en arrosage augmentent. C’est le contraire de ce qu’on pense souvent! Source: http://www.vanbeeks.com

Prenez l’arrosage en hiver. Logiquement, vous penseriez que les plantes auraient besoin d’arrosages moins fréquents en hiver, car elles poussent alors moins rapidement (en fait, plusieurs ne poussent pas du tout). Et il est vrai que cela peut être le cas, mais pas toujours, car l’air sec vient compliquer la situation.

En effet, pendant l’hiver, les plantes perdent souvent davantage d’eau en raison de l’évapotranspiration, car l’air de nos maisons peut être très sec. Quand les plantes ouvrent grand leurs stomates pour respirer, l’eau qui remonte des racines s’évapore: c’est l’évapotranspiration. Et il faut compenser cette eau perdue par des arrosages. Ainsi, même une plante qui ne pousse pas l’hiver peut quand même avoir besoin de plus d’eau l’hiver que l’été.

Chez moi, par exemple, j’essaie de maintenir une humidité relative d’au moins 50% toute l’année, ce qui est parfait pour les humains, bien qu’à peine acceptable pour de nombreuses plantes (la plupart préféreraient 70% ou même plus). Malgré cet effort, j’échoue souvent.

Au moment où j’écris ce texte, par exemple, il fait -20 °C à l’extérieur. L’humidité relative est de 47% au rez-de-chaussée, là où j’ai le plus de plantes (car les plantes s’aident elles-mêmes à humidifier l’air grâce à leur évapotranspiration), et je calcule que cela est raisonnable. Mais au sous-sol, où se trouve mon bureau, l’humidité relative est de seulement 25%, l’équivalent de l’humidité relative du Sahara! Les températures basses à l’extérieur sont reliées à l’air plus sec à l’intérieur, car l’air perd de l’humidité lorsqu’il est chauffé (c’est pourquoi on parle d’humidité relative: l’humidité est relative à la quantité d’eau que l’air peut contenir à un moment donné). Plus on chauffe, plus l’air est sec… et souvent, plus il faut arroser!

Cela paraîtra la prochaine fois que j’irai arroser mes plantes: bon nombre de mes plantes au rez-de-chaussée n’auront pas besoin d’être arrosées, car elles poussent peu l’hiver et l’humidité est raisonnable, mais je sais que la plupart des végétaux dans mon sous-sol auront besoin d’arrosage, l’air sec ayant volé leur humidité. Pourtant, j’ai fait une tournée d’arrosage il y a seulement quatre jours.

Succulentes versus autres plantes d’intérieur

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La plupart des cactus (mais pas les autres succulentes) préfèrent une température hivernale près du point de congélation. Source: http://www.teepublic.com, http://www.clker.com & clipart-library.com, montage: jardinierparesseux.com

En ce qui concerne l’arrosage et l’humidité pendant l’hiver, les cactus de climat aride et les autres plantes succulentes sont d’une moindre préoccupation.

Souvent couvertes de cire ou de poils et avec moins de stomates (pores de respiration) que les autres végétaux, les succulentes perdent moins d’eau à l’évapotranspiration. De plus, ayant évolué pour tolérer la sécheresse, elles ne craignent pas le dessèchement de leur sol, surtout lorsque la lumière est basse et la température fraîche. Si je pouvais maintenir une température d’air d’environ 5 °C pendant l’hiver chez moi (impossible toutefois, sinon je devrais écrire en portant des sous-vêtements longs, un parka, une tuque, des bottes et des gants!), je n’aurais pas besoin d’arroser certains cactus, et peut-être même certaines autres succulentes, pendant tout l’hiver. Mais comme je chauffe davantage les pièces (je vise un minimum de 18 °C la nuit, sinon mon épouse se plaint), je dois arroser plus souvent, soit lorsque leur mélange de rempotage est «vraiment sec» au toucher, ce qui peut vouloir dire aux deux ou trois semaines.

Mes autres plantes d’intérieur n’aiment pas que leur sol s’assèche complètement et il me faut alors les arroser beaucoup plus souvent. Je vérifie toujours aux trois ou quatre jours et arrose uniquement les plantes dont le sol est sec au toucher*. Et quand j’arrose, j’arrose en profondeur, versant peu à peu l’eau jusqu’à ce que la motte de racines en soit complètement imbibée.

*Il existe un petit groupe d’exceptions: les plantes de milieu humide comme le papyrus d’intérieur (Cyperus alternifolius) et les larmes de bébé (Soleirolia soleirolii) que je garde toujours dans une soucoupe remplie d’eau.

Sachez alors qu’il est souvent nécessaire d’arroser certaines plantes d’intérieur non succulentes plus souvent en hiver qu’en été, mais que cela dépend de vos conditions de culture.

Euphorbe rouge qui devient verte

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L’euphorbe trigone rouge (Euphorbia trigona ‘Rubra’) a besoin de soleil direct pour garder sa coloration rouge. Source: absolutely_fuzz, reddit.com

Question : J’ai acheté une euphorbe trigone. Je l’ai choisie parce qu’elle était de couleur rouge foncé, mais maintenant les nouvelles pousses sont vertes et elle perd sa coloration rouge. Manque-t-elle de soleil? Et pour l’arrosage, comment procéder?

Nicole

Réponse : Il s’agit d’Euphorbia trigona ‘Rubra’ (aussi appelé E. trigona rubra ou E. trigona ‘Royal Red’), une mutation de la forme normale, qui elle a des tiges triangulaires vertes marbrées de blanc et de petites feuilles vertes. Exposée au soleil intense, ‘Rubra’ produit une tige rehaussée de bourgogne et des feuilles rouges. Cette coloration tend à disparaître l’hiver ou même l’été quand la plante est trop à l’ombre. Si on la replace de nouveau au soleil, la coloration rougeâtre revient.

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La plante jade (Crassula ovata) aussi rougit un peu l’été quand elle reçoit un éclairage adéquat. Source: http://www.bonsaiempire.nl

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 Echeveria ‘Black Prince’: rouge en été quand on le cultive au plein soleil, mais vert avec seulement une marge pourprée à l’ombre et pendant l’hiver. Source: http://www.provenwinners.com & http://www.tissuecultureaustralia.com

Cette euphorbe n’est pas la seule plante qui réagit ainsi. Plusieurs autres végétaux, surtout des succulentes (aloès, crassulas, rhipsalis, etc.), rougissent au plein soleil, car la pigmentation rouge provenant d’anthocyanines agit comme un genre d’écran solaire, protégeant les tiges et les feuilles contre les méfaits du soleil et notamment contre les rayons ultraviolets. Quand le soleil est moins intense, la plante n’a plus besoin d’écran solaire et la pigmentation rouge disparaît.

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Pieris japonica ‘Mountain Fire’: ses nouvelles feuilles sont rouge vif, mais elles deviennent vertes à maturité. Source: mikesgardentop5plants.wordpress.com

Chez plusieurs plantes non succulentes, notamment des arbustes et des arbres, les nouvelles feuilles sont rouges au début, ce qui protège leurs cellules encore fragiles contre les rayons ultraviolets, mais reprennent une coloration verte normale à mesure qu’elles mûrissent et s’endurcissent.

Que faire?

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Ici, on voit une euphorbe trigone rouge qui passe de rouge à vert et qui rougit de nouveau une fois qu’on l’expose à un éclairage intense. Source: absolutely_fuzz, reddit.com

Il est clair que votre euphorbe ne reçoit plus assez de soleil pour maintenir sa coloration rougeâtre. Elle a probablement été produite en serre, où il était facile d’offrir un ensoleillement intense, mais à la maison, il faudrait vraiment la placer près d’une fenêtre ensoleillée en tout temps, et notamment l’hiver, quand le soleil est beaucoup moins intense, pour que sa coloration rouge se maintienne. Et pour une coloration encore plus intense, cultivez-la à l’extérieur l’été dans un emplacement au plein soleil.

Quant à l’arrosage, l’euphorbe trigone, comme beaucoup d’euphorbes, est très tolérante des écarts. Arrosez abondamment, mais laissez ensuite son terreau s’assécher passablement avant d’arroser de nouveau. La fréquence d’arrosage variera selon les conditions et les saisons.

Mettons un nom sur une plante mystère

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C’est ainsi qu’on présente la sansevière à bâtons (Sansevieria bacularis) en magasin, soit une potée de boutures enracinées. Source: http://www.florastore.com

Si vous aimez les plantes succulentes, vous avez certainement vu cette plante. En fait, elle semble être dans toutes les jardineries ces jours-ci. Ce que vous verrez est un pot de feuilles courtes, tubulaires, pointues et vert foncé avec des bandes transversales plus claires et une rainure peu profonde au milieu. Elles ne mesurent habituellement qu’environ 15 à 20 cm (6 à 8 pouces) de hauteur et ne grandissent jamais. Les feuilles sont généralement regroupées de manière dense, formant une touffe symétrique, bien que parfois elles soient placées de manière à former un éventail. Et le pot n’est pas toujours étiqueté… et même quand un nom y paraît, il n’est presque jamais le bon.

Des boutures de feuilles

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Voici l’apparence d’une sansevière à bâtons (Sansevieria bacularis) à maturité. Source: Ha Keat Lim, http://www.llifle.com

Ce que vous voyez, ce sont de petites boutures de feuilles d’une grande sansevière appelée Sansevieria bacularis, une proche parente de la sansevière cylindrique (S. cylindrica) quoique cette dernière porte des feuilles beaucoup plus épaisses. Étant donné que l’épithète bacularis vient du mot latin baculum pour désigner un bâtonnet ou bâton, on pourrait logiquement l’appeler sansevière à bâtons.

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Une jeune sansevière cylindrique (Sansevieria cylindrica). Notez sa coloration plutôt jaune-vert et les nombreuses rainures longitudinales dans les feuilles, absentes chez Sansevieria bacularis. Source: plantzy.com

S. bacularis est vendue sous les noms commerciaux suivants: S. Mikado, S. Mikado Fernwood*, S. Fernwood Mikado*, S. Musica (ou S. Musika) et même S. Spaghetti. Et elle est souvent proposée comme appartenant à l’une ou l’autre de deux espèces différentes de SansevieriaS. cylindrica et S. sulcata (maintenant S. caniculata). Cependant, j’ai pu trouver des sources fiables qui confirment une identité différente. Il s’agirait en fait de S. bacularis. Oui, a priori, il y a possibilité de confusion, mais si vous placez S. cylindrica et S. bacularis côte à côte, vous verrez facilement les différences.

En un coup d’œil

La «plante» que je vois habituellement en jardinerie est en fait simplement un pot de boutures de feuilles enracinées, mais elle finira un jour par produire des rejets qui donneront une plante d’aspect très différent, notamment avec des feuilles beaucoup plus hautes. En effet, S. bacularis peut atteindre 1,2 à 1,8 m de hauteur… après quelques années. (Sa croissance est toujours très lente.)

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Des spécimens en transition: de jeunes plantes commencent à pousser à travers les feuilles bouturées. Notez la gaine pourprée sur les nouvelles feuilles, typique de S. bacularis. Source: jardinierparesseux.com

Dans de nombreux magasins, vous trouverez des potées qui n’ont pas été vendues et qui passent alors de l’état de boutures à celui de véritables plantes. Vous pouvez vérifier que ces plantes sont véritablement S. bacularis en observant la gaine pourprée qui entoure la base de la feuille, chose que vous ne voyez pas sur les autres sansevières.

Les rejets de S. bacularis ne portent qu’une ou (rarement) deux feuilles très dressées entourées de cinq à six courtes gaines basales violacées. À maturité, la plante fleurira, avec une tige de fleurs blanches à lignes pourpres plus courte que les feuilles, mais seulement si l’éclairage est suffisamment intense.

S. bacularis est une introduction récente. Ce natif d’Afrique centrale n’a été décrit officiellement qu’en 2010, mais semble avoir gagné en popularité très rapidement et est maintenant abondamment disponible à travers le monde.

Nomenclature confuse

J’ai essayé de savoir si les noms de cultivar Mikado ou Musica étaient légitimes (c’est-à-dire, s’il s’agit de sélections uniques de S. bacularis, donc méritant un nom de cultivar), ou s’il ne s’agit que des noms commerciaux pour l’espèce ordinaire, mais sans succès. Si quelqu’un en sait davantage sur cette plante et ses multiples noms, n’hésitez pas à me le faire savoir. Je me ferai un plaisir de mettre à jour cet article en incluant les informations pertinentes.

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Sansevieria ‘Fernwood’ : notez que les feuilles sont arquées, plus courtes que celles de S. bacularis et qu’elles poussent en touffe. S. bacularis ne produit qu’une feuille (rarement deux) par plante. Source: jardinierparesseux.com

*Vient ensuite la confusion supplémentaire au sujet des plantes étiquetées Fernwood, car il existe un véritable Sansevieria ‘Fernwood’ (S. parva x S. suffruticosa), développé par feu l’hybrideur Rogers Weld de Fernwood Nursery en Californie, mais il s’agit d’une plante très différente, aux feuilles étroites et assez cylindriques, d’accord, mais qui se cambrent plutôt que de rester dressées et qui sont aplaties à la base plutôt que cylindriques sur toute leur longueur. De plus, chaque plante de ‘Fernwood’ produit plusieurs feuilles, pas seulement une ou deux par plante comme S. bacularis. Vous pourriez confondre une potée de boutures de feuilles de S. ‘Fernwood’ avec S. bacularis, mais certainement pas une plante établie.

Comment cultiver la sansevière à bâtons?

Il n’y a rien de plus facile! Évitez le gel et arrosez-la de temps en temps et elle réussira parfaitement!

D’accord, c’était un peu simple, mais quand même assez exact. Voici plus de détails:

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Il faut beaucoup de lumière pour qu’une sansevière à bâtons (Sansevieria bacularis) soit vraiment à l’aise. Source: http://www.gardentags

N’écoutez pas trop les conseillers qui vous diront que la sansevière à bâtons est une plante d’ombre. S’il est vrai qu’elle peut «survivre» à l’ombre, elle n’y prospérera certainement pas. Elle préfère une lumière vive avec au moins un peu de soleil quotidien. D’ailleurs, dans les hautes latitudes, le plein soleil toute l’année lui convient parfaitement. Sous un éclairage faible, les feuilles des spécimens matures se plieront et nécessiteront un tuteurage, ce qui n’est pas du tout élégant.

S. bacularis est très résistante à la sécheresse. Arrosez bien, puis laissez le terreau s’assécher passablement avant d’arroser de nouveau. Si vous devez partir pendant quelques mois, arrosez-la bien avant de vous en aller et partez l’âme en paix. Elle sera asséchée — mais vivante — à votre retour et elle récupérera bientôt avec un arrosage judicieux.

Elle tolère à la fois l’air sec et humide et toute température au-dessus de 7 °C (elle supportera jusqu’à 1 °C si son sol est bien sec). Plantez-la dans n’importe quel terreau bien drainé (vous voudrez peut-être ajouter une portion de gravier pour perruche ou de pierre ponce à votre mélange habituel pour y donner plus de poids). Un pot lourd sera probablement nécessaire pour empêcher les spécimens matures de basculer.

En pleine terre, cette plante ne poussera que dans les climats tropicaux, de préférence arides, mais les spécimens cultivés comme plantes d’intérieur seront très à l’aise en plein air l’été dans un emplacement protégé du soleil le plus intense.

Vous pouvez fertiliser cette sansevière ou non: l’absence de minéraux ne semble lui causer aucun tort.

Et vous pouvez la multiplier par division ou par boutures de feuilles. Dans ce dernier cas, il suffit de couper le dessus d’une feuille et de l’insérer dans un pot de terreau, en arrosant très occasionnellement. Elle s’y enracinera et finira par produire une nouvelle plante, bien que cela puisse parfois prendre un an ou plus.

La sansevière à bâtons (Sansevieria bacularis) : vous l’avez vue et peut-être même que vous la cultivez déjà, mais maintenant vous pouvez enfin mettre un nom dessus!

Sources d’information: www.llifle.com/Encyclopedia/SUCCULENTS/Family/Dracaenaceae/32497/Sansevieria_bacularis

www.sanseverix.com/bacularis

Le cactus qui a fait le tour du globe!

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Le cactus-gui (Rhipsalis baccifera) est le cactus le plus répandu au monde… mais il ne ressemble pas trop à l’image qu’on se fait d’un cactus! Source: http://www.gardentags.com

Tout article le moindrement sérieux écrit sur les cactus mentionne qu’ils sont strictement endémiques du Nouveau Monde, à une exception près: le cactus-gui (Rhipsalis baccifera, syn. R. cassutha).

Mais vous êtes-vous déjà demandé comment cette espèce a réussi à voyager du Nouveau Monde (elle est largement répandue en Amérique centrale et du Sud, dans les îles des Caraïbes et même en Floride) jusqu’au Vieux Monde, où on la trouve notamment à Madagascar, au Sri Lanka, très localement en Inde et dans la plupart des pays d’Afrique tropicale? Je vais vous l’expliquer dans cet article, mais d’abord, jetons un coup d’œil à la plante elle-même.

Du spaghetti vert

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Dans la nature, le cactus-gui pousse dans les arbres. Source: Reinaldo Aguilar, tropical.theferns.inf

Oui, le cactus-gui ressemble vraiment à du spaghetti vert à l’état sauvage: de longues tiges tubulaires vertes retombant en pluie des arbres (c’est une plante épiphyte). Parfois, il pousse aussi sur les falaises. On le trouve à diverses altitudes, du niveau de la mer jusqu’à la forêt de nuages. Et seriez-vous surpris d’apprendre que les Américains l’appellent parfois spaghetti cactus?

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Le gui (Viscum album) produit des baies blanches presque identiques à celles du cactus-gui et a aussi des tiges vertes, mais produit aussi des feuilles, ce que le cactus-gui ne fait pas. Source: H. Zell, Wikimedia Commons

Et comme le nom commun le suggère, il ressemble aussi au gui (Viscum album), qui est également un épiphyte aux tiges pendantes. La ressemblance est surtout évidente quand le cactus est orné de baies blanches rondes quelque peu translucides très semblables à celles que le gui produit. La différence est que le cactus-gui n’a pas de feuilles (autres que ses cotylédons, présents très temporairement à la germination), alors que le vrai gui en a toujours. Les deux espèces se propagent même de la même manière, d’arbre en arbre: les oiseaux mangent les baies des deux et excrètent les graines. Quand leurs fientes tombent sur d’autres branches, les graines germent!

Bien sûr, les deux plantes ne sont pas du tout apparentées. Le gui est une plante parasite de la famille des Santalacées, tandis que le cactus-gui est un véritable cactus, portant alors des aréoles (petits coussins duveteux), une caractéristique unique aux cactus. Dans le cas du cactus-gui, cependant, les poils sont petits, doux et tombent souvent avec le temps.

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Baies de cactus-gui. Notez aussi les poils sur les jeunes tiges qui tombent lorsque les tiges sont matures, les laissant lisses. Source: http://www.taylorgreenhouses.com

Le cactus-gui produit de petites fleurs blanches en forme d’étoile, souvent en hiver. Elles sont assez jolies, mais trop petites pour être frappantes. Elles sont remplacées par des baies sans qu’aucune pollinisation soit nécessaire. Ces dernières passent du vert au blanc translucide (ou au rose ou rouge dans le cas de certaines sous-espèces) au fur et à mesure qu’elles mûrissent. Elles persistent plusieurs mois sur la plante.

Comment le cactus-gui a-t-il fait le tour du monde?

Il existe quatre théories sur la manière dont le cactus-gui a réussi à se propager aux quatre coins du globe tropical. Les voici :

Théorie 1

La plante serait une introduction récente dans le Vieux Monde, ayant été importée en Afrique par des marins au XVIsiècle avant de se répandre dans la nature. La raison pour laquelle les marins auraient transporté un cactus-gui d’un continent à un autre n’est pas claire: la plante n’est pas particulièrement utile, car les baies sont comestibles, mais pas très bonnes au goût et offrent peu d’utilisations médicinales. Peut-être voulaient-ils s’embrasser sous le gui au jour de l’An?

C’est une théorie à laquelle peu de botanistes modernes croient, pour deux raisons.

Premièrement, si le cactus-gui avait été introduit récemment (le 16siècle équivaut à quelque chose comme une nanoseconde sur l’échelle de l’évolution!), il aurait une distribution limitée et se trouverait probablement principalement autour des ports africains. Or, il est largement répandu et surtout commun au centre du continent africain.

Deuxièmement, les sous-espèces présentes en Afrique ne sont pas les mêmes que celles présentes dans le Nouveau Monde. Prenons R. baccifera horrida, trouvé à Madagascar, comme exemple.

Cette variété est très différente de l’espèce type, avec des tiges plus courtes et plus épaisses, des fleurs plus grosses et une bonne couverture de poils sur les tiges matures alors que celles des cactus-gui du Nouveau Monde sont plutôt lisses. Aussi, elle croît sur des rochers plutôt qu’en épiphyte, au plein soleil tropical plutôt que dans la jungle et tolère bien la sécheresse. Même le nombre de chromosomes diffère. Tant de divergences de l’espèce type suggèrent que cette plante a subi des centaines de milliers, voire des millions d’années d’évolution indépendante, pas seulement 500 ans (du 16siècle à aujourd’hui).

Pour ces raisons, la théorie du transport par bateau ne plaît pas trop à la communauté scientifique.

Théorie 2

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Dérive des continents. Source: http://www.clipartmax.com

Cette théorie suggère que R. baccifera serait une espèce très ancienne et qu’elle aurait déjà été présente sur le supercontinent Gondwana avant la dérive des continents, il y a environ 130 millions d’années, quand l’Afrique et l’Amérique du Sud se sont séparées. Donc, notre petit cactus n’aurait pas eu à voyager, il aurait simplement suivi le mouvement des continents au cours des millénaires.

Il serait difficile de prouver ou de réfuter cette théorie en se basant sur l’évidence physique, car les cactus ne laissent tout simplement pas de fossiles. Cependant, aujourd’hui, des estimations de l’antiquité d’une espèce peuvent être faites sur la base d’études moléculaires. Et les estimations les plus récentes tendent à suggérer que, contrairement à l’idée que les cactus soient des plantes anciennes originaires du Gondwana, la famille serait plutôt assez moderne et aurait évolué dans le Nouveau Monde il y a 35 à 30 millions d’années, bien après la dérive des continents. Et d’ailleurs, l’espèce R. baccifera serait d’évolution plus récente encore, apparue probablement il y a moins de 25 millions d’années.

Encore une fois, bien que l’état des connaissances scientifiques ne permette pas de le confirmer, la tendance actuelle est de considérer les cactus comme une famille végétale très jeune, originaire du Nouveau Monde… et de calculer alors que la dérive des continents n’a pas été un facteur dans la dispersion de Rhipsalis baccifera.

Théorie 3

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Distribution actuelle du cactus-gui (Rhipsalis baccifera). Est-ce qu’un oiseau aurait pu le transporter vers l’Ancien Monde? Source: IUCN Red List, Google Maps, montage: jardinierparesseux.com

La troisième théorie suggère que ce sont des oiseaux migrateurs qui auraient traversé l’océan Atlantique ou l’océan Pacifique avec les graines de R. baccifera dans leur intestin et les auraient alors déposées avec leurs fientes en Afrique, établissant ainsi une nouvelle population dans l’Ancien Monde.

Le défaut de cette théorie est que les oiseaux frugivores ne survolent généralement pas de telles étendues d’eau… encore moins sans déféquer pendant le voyage! (Peut-être que l’oiseau transporteur était constipé?) Cela impliquerait probablement que le pauvre volatile y aurait été transporté de force par une forte tempête. Ou peut-être qu’il y a plusieurs millions d’années, il existait des oiseaux frugivores migrateurs qui traversaient régulièrement l’océan, espèces qui n’existeraient plus.

Bien sûr, il faut dire que l’océan Atlantique Sud était beaucoup plus étroit à l’époque où les premiers Rhipsalis ont probablement évolué, rendant le voyage dans cette direction un peu plus plausible. (Le Pacifique aurait au contraire été beaucoup plus large qu’aujourd’hui, rendant un déplacement dans cette direction moins probable.)

Et il aurait également pu y avoir un transfert progressif, d’île en île. D’ailleurs, le cactus-gui s’est montré bien capable de s’étendre à des îles assez distantes. Cela explique pourquoi on trouve des cactus-gui sur des îles éloignées des côtes de l’Afrique comme l’île Maurice et les Seychelles. D’ailleurs, comment expliquer autrement l’existence d’une population de Rhipsalis baccifera sur la côte est de l’Inde et sur l’île de Sri Lanka, à quelque 5 000 km du continent africain, sinon par des sauts d’île en île à travers l’océan Indien?

La théorie du transport des graines de Rhipsalis par des oiseaux demeure la préférée des scientifiques.

Théorie 4

Cette dernière théorie est de mon cru. Des extraterrestres anciens auraient déplacé, il y a des millions d’années, des plantes de cactus-gui d’Amérique du Sud en Afrique tout simplement dans le but d’emmerder les scientifiques qui essayeraient de comprendre comment R. baccifera s’est déplacé d’un continent à l’autre.

Quoi? Vous ne l’acceptez pas? Permettez-moi de me sentir un peu offusqué!

Cultivez votre propre cactus-gui

Voici quelques détails sur l’entretien de R. baccifera pour ceux d’entre vous qui voudraient tenter l’expérience de le cultiver.

Soins de base

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Le cactus-gui est souvent cultivé en suspension. Source: Robin Clark, http://www.pinterest.ca

En raison de sa nature nettement retombante (les tiges peuvent mesurer jusqu’à 1,8 m de long), le cactus-gui est bien évidemment un excellent choix pour la culture en panier suspendu ou peut-être en jardinière murale.

C’est une plante très facile à cultiver, bien adaptée aux conditions typiques de nos demeures. Mais ne traitez pas le cactus-gui comme un «cactus», même s’il en est un. Il vient de forêts tropicales humides (jungles) et n’appréciera pas les conditions sèches que préfèrent les cactus de climat aride qu’on connaît si bien. Ses soins ressembleraient davantage à ceux donnés au cactus de Noël (Schlumbergera russelliana et S. x buckleyi) et au cactus d’automne (S. truncata).

Plantez-le dans un terreau pour plantes d’intérieur tout à fait ordinaire (vous pouvez aussi utiliser un mélange pour orchidées, mais ce n’est pas nécessaire) et maintenez le terreau un peu humide en arrosant abondamment dès que le sol est sec au toucher. Une lumière vive, y compris quelques heures de soleil matinal, est préférable, mais vous devrez peut-être le retirer des fenêtres chaudes qui font face au sud pendant les mois d’été. Fertilisez-le légèrement au printemps et au début de l’été. Les températures intérieures lui conviennent toute l’année, mais il peut aussi facilement tolérer des températures plus basses, soit de 15 °C ou même moins.

Logiquement, étant donné qu’il provient d’un environnement humide (la jungle), une humidité atmosphérique élevée semblerait vitale, mais il est en fait assez indifférent à l’air sec.

Le cactus-gui aime passer l’été en plein air. Je suspends tout simplement le mien à une branche d’arbre à cette saison, là où la lumière du soleil est filtrée à travers les feuilles, comme dans la nature.

Notre cactus est facile à multiplier par boutures de tige (parfois, il produit des racines aériennes et s’installe tout seul dans les pots environnants!) et est étonnamment facile à faire pousser à partir des petites graines noires qu’on prélève dans ses baies.

Dans l’ensemble, le cactus-gui est parmi les plantes d’intérieur les plus faciles à cultiver!

D’autres variétés

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Quelques exemples de rhipsalis divers. Source: worldofsucculents.com

Il existe actuellement quelque 35 espèces de Rhipsalis, toutes de culture facile à assez facile. Certains rhipsalis ont des tiges arrondies, d’autres aplaties, d’autres presque carrées, vertes ou rougeâtres, poilues ou lisses. Les rhipsalis peuvent être dressés, arqués ou retombants, avoir des fleurs blanches ou roses, des fruits verts, blancs, roses ou rouges. Cela dit, il existe une grande confusion quant à l’identification des divers rhipsalis sur le marché et les plantes en jardinerie sont souvent mal étiquetées… ou ne portent aucune étiquette d’identification du tout.

Vous trouverez des producteurs spécialisés sur Internet, du moins en Europe et aux États-Unis. (En France, par exemple, Kuentz offre un certain choix.) Au Canada, vous devriez pouvoir en trouver dans votre jardinerie locale. Sinon, visitez un spécialiste des plantes succulentes comme Le Cactus Fleuri.

Quand un chat a frôlé un cactus, qui s’y frotte s’y pique!

Par défaut

Source: http://www.missioncats.net, weedecor.com & http://www.kisspng.com, montage: jardinierparesseux.com

Il y a de nombreuses années maintenant, ma femme et moi avions commencé à souffrir d’une forme de dermatite bénigne, mais néanmoins irritante: rougeurs et démangeaisons sur les mains, les bras et les mollets. C’était vraiment très mystérieux: nous ne pouvions trouver aucune cause probable.

Puis, un jour, j’ai remarqué que notre chat, Nounouche, se faufilait le long du rebord d’une fenêtre, frôlant les plantes comme le font les chats. Et parmi les plantes contre lesquelles il se frottait se trouvait un joli petit cactus à raquettes, Opuntia microdasys, parfois appelé oreilles de Mickey. Eurêka! J’ai instantanément su où se trouvait le problème!

Glochides irritants

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En plus des épines longues et très visibles (qui sont généralement peu nombreuses), les opuntias portent de courts aiguillons dont il faut se méfier: les glochides. Source: Sheldon Navie, lucidcentral.org

Les oponces ou opuntias (Opuntia spp.) sont inhabituels parmi les cactus en ce qu’ils produisent deux types d’épines.

Celles qui sont longues, acérées et qui pénètrent dans la peau, faisant crier la victime et couler le sang, sont très visibles. Cependant, sur l’aréole coussinée à la base des épines féroces, il y en a d’autres, de minuscules aiguillons appelés glochides qui ressemblent à d’inoffensifs petits poils. Tandis que les longues épines méchantes restent fixées sur la plante quand on les touche par inadvertance, les glochides se détachent facilement et pénètrent dans la peau, provoquant des démangeaisons et une irritation pouvant, chez les individus sensibles, durer des jours, des semaines, voire des mois. Les glochides semblent tellement inoffensifs que vous les remarquerez rarement si vous passez près d’eux, mais si jamais vous en avez eu sur la peau, vous vous en souviendrez!

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Les «petites touffes de poils» apparemment inoffensives de l’opuntia Mickey (Opuntia microdasys) sont en fait de méchantes épines. Source: jinjian liang, flickr.com

Il se trouve que mon petit opuntia, O. microdasys, est parmi les opuntias qui sont dépourvus de longues épines douloureuses et qu’il a donc l’air totalement inoffensif, comme l’indique le surnom «oreilles de Mickey». Il ne porte que les glochides rouges, jaunes ou blanches, selon la variété : comme de petites touffes de poils. On a presque envie de les flatter, tellement ils ont l’air doux, mais ce n’est pas une bonne idée. Quand vous êtes collectionneur de cactus, vous apprenez rapidement à ne jamais toucher à O. microdasys sans porter des gants!

Un intermédiaire félin

Ce que Nounouche était en train de faire était de ramasser des glochides quand il se frottait contre le cactus, puis de nous les transférer lorsque nous le caressions ou qu’il nous frôlait.

Le problème était donc facile à résoudre: le cactus incriminé a été déplacé derrière d’autres végétaux de façon à ce que Nounouche ne puisse pas le toucher et nous n’avons plus jamais eu de dermatites inexpliquées par la suite.

Honnêtement, je ne pense pas avoir jamais expliqué la cause à ma désormais ex-épouse. Déjà, elle n’aimait pas trop que je remplisse toutes les fenêtres de l’appartement de plantes : pourquoi encourager son dédain pour la vie végétale?

Les glochides : pas touche!

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Glochides. Source: DaveC, Shroomery.org

Idéalement, vous porteriez des gants épais à manches longues ou utiliseriez une pince à biberon pour manipuler un opuntia, mais si jamais vous touchez aux glochides par accident, retirez-les assez rapidement, avant qu’ils ne pénètrent dans votre peau.

À cette fin, utilisez du ruban adhésif: le ruban à conduits ou «duct tape» est parfait. Placez-le sur la peau affectée, appuyez doucement, puis retirez-le en tirant dessus, comme on le fait avec la cire à épiler : les glochides y resteront collés. Les pinces à sourcils permettront d’enlever tout glochide qui résiste au ruban, mais vous aurez peut-être besoin d’une loupe pour voir ce que vous faites : les glochides sont très petits!

Cependant, une fois que les glochides ont pénétré dans votre peau, il est trop tard pour les enlever. Vous devrez attendre que votre corps réagisse, ce qui provoquera une dermatite suivie de boutons, puis, éventuellement, l’expulsion.

Poil à gratter

Selon la rumeur, les glochides d’opuntia ont déjà été utilisés comme poil à gratter. J’ai entendu cette information plusieurs fois, mais je n’ai jamais pu en trouver la preuve. Le poil à gratter moderne semble être composé de plusieurs produits différents, mais apparemment jamais de glochides d’opuntia… et tant mieux : vous ne voudriez certainement pas risquer que les glochides arrivent dans les yeux de quelqu’un par accident, ce qui provoquerait l’aveuglement, juste pour faire une farce!

Comestible… sans aiguilles

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Figues de Barbarie: remarquez les aréoles couvertes de glochides! Source: John Tann, Wikimedia Commons

Le fruit de certaines espèces d’opuntia (surtout celui d’O. ficus-indica), appelé figue de Barbarie ou poire cactus, est vendu dans le commerce. Normalement, ces fruits auront été traités au préalable pour éliminer les glochides; sinon, prenez-les avec une pince ou un gant épais et frottez-les avec une brosse sous l’eau courante pour enlever les glochides. On peut aussi passer rapidement un chalumeau de cuisine sur les fruits pour les nettoyer de leurs glochides.

Les jeunes raquettes d’opuntia, appelées nopals, sont également comestibles… après un traitement semblable à celui donné aux fruits d’opuntia. Ou encore, on peut tout simplement les peler.

Attention aussi : les soi-disant opuntias sans épines, comme O. ficus-indica ‘Burbank Spineless’, n’ont peut-être pas de longues épines agressives, mais ils portent quand même des glochides. Manipulez-les alors avec précaution.


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Le petit opuntia est aussi mignon que le chaton… mais mieux vaut placer le cactus là où Minet ne peut pas le toucher! Source: Dane Larsen, flickr.com

En fait, manipulez toujours tout opuntia avec précaution. Même si certains ont l’air mignons comme tout, ils ne sont jamais aussi inoffensifs qu’ils le paraissent!

Comment récupérer un aloès dégarni?

Par défaut

Aloès dégarni et en sérieux besoin de rempotage! Source: indseec, http://www.helpfulgardener.com

Question: J’aimerais savoir comment récupérer un aloès vraiment trop étiolé, genre dégarni du bas de 30 cm.

Jacques Belle-Isle

Réponse: On voit ce genre de problème surtout sur de très vieux aloès (Aloe vera) ou sur ceux qui manquent sérieusement de lumière. Heureusement, on peut facilement régler le problème en bouturant la tête de la plante.

Coupez la tige à environ 5 cm des feuilles inférieures et enlevez quelques feuilles à la base de la rosette en les arrachant complètement, avec leur gaine, afin de dégager une section de tige fraîche. Vous remarquerez qu’il y a de petites bosses sur cette partie de la tige : ce sont de petites racines.

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Enlevez quelques feuilles inférieures avant d’insérer la bouture dans un pot de terreau. Source: Lmb1122, garden.org

Maintenant, remplissez un pot de terreau. Pratiquez un trou dans le centre du terreau et insérez-y la tige coupée, l’enfonçant de façon à ce que les feuilles inférieures s’appuient sur les rebords du pot, ce qui aidera à stabiliser cette bouture lourde autrement difficile à fixer solidement. Il n’est pas nécessaire d’arroser tout de suite: laissez la bouture quelques semaines au sec pour que la blessure se cautérise.

Placez la bouture dans un emplacement bien éclairé, de préférence profitant de quelques heures d’ensoleillement quotidien. N’arrosez que quelques semaines plus tard, quand, en tirant doucement sur la tige, vous sentez une certaine résistance, signe que des racines se forment.

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Dans 4 ou 5 mois, l’aloès sera complètement rétabli. Source: www.ikea.com

La plante s’enracinera peu à peu, probablement sur plusieurs mois, et bientôt votre aloès aura repris une belle forme. Vous pourrez alors le traiter comme un aloès adulte, avec des arrosages plus fréquents et un éclairage plus intense.

À l’avenir, donnez davantage de lumière à votre aloès pour éviter l’étiolement. C’est une plante qui préfère le soleil, pas les coins sombres!