Depuis le début de juillet, je vous parle de récolter vos légumes au bon moment, et disons que jusqu’ici, je vous ai surtout donné des raisons d’être un brin nerveux. Les courgettes qu’on oublie deux jours de trop et qui se transforment en massues pleines de graines, les fraises et leur fenêtre de perfection tellement courte qu’on dirait qu’elles le font exprès… Alors, pour ce troisième volet de ma petite série sur la maturation des fruits au potager, j’ai une bonne nouvelle: je vous parle d’un légume (fruit!) très permissif sur sa date de récolte. Ou du moins, sur son stade de maturation. Elle est pas mal plus relaxe que ses copines, et je vous dirais même qu’avec elle, récolter un peu d’avance peut carrément vous rendre service. J’ai nommé… La tomate! Après l’épatante patate, l’étonnante tomate! Vous souvenez-vous, la semaine dernière, quand je vous expliquais que les fraises étaient des fruits non climactériques? Un mot compliqué pour dire qu’une... Lire la suite >
Mon fruit préféré: la fraise. Sucrée, juteuse, elle se glisse partout: dans une salade, sur un gâteau, dans un bol de céréales du matin… On a l’impression de se payer une gâterie chaque fois qu’on en mange, alors que dans le fond, c’est juste un fruit. Un des plus honnêtes qui soit, en fait, comme vous allez le voir. Sauf que voilà: il y a fraise et fraise. Et je ne parle pas ici de variétés, mais bien de la différence entre la belle grosse fraise rouge vif de juillet cueillie chez vous ou chez le producteur du coin, et celle, un peu pâlotte et un peu fade, qu’on retrouve à l’épicerie en plein mois de février. Non, ce n’est pas votre imagination, et vous connaissez probablement déjà l’explication qu’on vous a toujours donnée: elle vient d’ailleurs. Sauf que c’est un peu simpliste comme explication. Ce n’est pas parce qu’une fraise vient d’un autre pays qu’elle est moins bonne: une... Lire la suite >
Il y a des vérités universelles dans la vie de jardinier: l’outil qui est dans notre main VA disparaître quelques instants quand vous l’aurez lâché, le nouvel insecte que vous venez de repérer EST un ravageur, et vous allez trouver au moins un concombre qui deviendra ÉNORME. C’est mathématique: la fatalité des jardiniers! Je ne peux rien faire pour vos outils ou votre première invasion de teigne, mais je peux certainement vous aider avec vos courges! Voilà le problème: vous inspectez votre plant de courgettes (ou zucchini) le dimanche, et vous voyez de petits fruits charmants, pas plus gros que vos doigts. Vous vous dites qu’on va attendre encore quelques jours, que ce serait dommage de les récolter si petits. Mercredi, vous remettez la visite au jardin, car il pleut. Samedi, une courgette digne d’un bâton de baseball vous regarde d’un air menaçant. Deux livres. Des graines qui ressemblent presque à des pépins de citrouille. Et votre plant qui semble... Lire la suite >
Hier, c’était la fête du déménagement. Pendant que la moitié du Québec jonglait avec des boîtes et des camions de location, moi, j’étais plutôt occupée à fixer ma table de jardin avec une attention un peu trop soutenue, en train de regarder une des plus petites maisons mobiles que j’aie jamais vues. Une découverte curieuse J’avais repéré ce qui ressemblait à une «schmoutte». Je fais une pause ici. Amis d’Europe, mais qu’est-ce donc qu’une schmoutte? Bonne question! Personne ne le sait vraiment, d’où l’usage du terme ici. C’est un petit débris d’origine inconnue se trouvant à un endroit inédit. Ainsi, une schmoutte peut désigner un insecte dans un verre de vin, une mousse blanche sur un vêtement noir, ou une miette de croissant dans la barbe de monsieur. Généralement, au moment où la schmoutte est repérée, sa nature est mystérieuse: elle n’est identifiée qu’après avoir été retirée et observée… ou reste une schmoutte non identifiée à jamais! Dans mon cas,... Lire la suite >
C’est la Semaine des pollinisateurs, et vous le savez, je ne fais jamais les choses tout à fait comme les autres. Il y a des articles magnifiques cette semaine sur les abeilles solitaires, les papillons, les colibris… Moi, j’ai envie de vous emmener dans les coulisses. Parce que la pollinisation, ce n’est pas juste un insecte en promenade qui passe d’une fleur à l’autre en transportant du pollen au passage! Non, non. Les plantes font des pieds et des mains pour être dignes de l’attention des insectes! Aujourd’hui, je vous présente trois mécanismes d’attraction surprenants: le magnétisme, les odeurs et les vibrations… (Peu importe comment je formule cette phrase, ça sonne comme le synopsis d’une œuvre de romance, mais après tout, la pollinisation, c’est d’abord une histoire de séduction!) Les fleurs envoient des signaux électriques (et les insectes les captent) Commençons par ma préférée, parce que franchement, si on me l’avait racontée sans preuve scientifique, je n’y aurais pas cru.... Lire la suite >
Je visitais ma serre un matin quand je l’ai vu. Juste là, impossible à manquer, une masse jaune vif et spongieuse étalée dans la boîte de jardin près de la porte d’entrée. Mon réflexe: m’accroupir, regarder de très près, et me dire que ce truc avait clairement besoin d’une explication. Bonne nouvelle: j’ai réussi à l’identifier toute seule! Encore une meilleure nouvelle: les algorithmes Facebook et Instagram ont décidé de montrer ma découverte au MONDE ENTIER et je suis passée de 300 abonnés à 1 000 en une semaine! Mauvaise nouvelle: tout le monde n’écoute pas une biologiste qui a fait des recherches avant de commenter, et il y a une centaine de commentaires disant que c’est un blob… Alors j’ai décidé de mettre les points sur les i: ce truc jaune dégueu que vous avez peut-être déjà croisé dans votre boîte de jardin est, de loin, l’un des organismes les plus fascinants de votre cour, et ce n’est PAS... Lire la suite >
Fin avril, je sème ma laitue et mes épinards avec l’enthousiasme habituel du printemps. Vous connaissez ce sentiment, ce petit frisson d’été en enfonçant les graines dans le sol à moitié gelé? Fin mai, j’attends encore. Pas de belles feuilles tendres prêtes à récolter: juste quelques cotylédons minuscules, trois ou quatre millimètres à peine, qui me regardent d’un air désolé. J’aurais été tentée de les consoler, mais je pense que c’est moi qui ai besoin de réconfort… Ben oui: ma laitue montait en graine il y a quelques années, et là, elle me boude! Mes bacs ont pourtant tout pour plaire: plein soleil, sol vivant que je cultive depuis des années, bonne humidité. Alors pourquoi cette croissance aussi lente qu’un bureaucrate un vendredi après-midi? La faim cachée sous l’abondance Chaque automne, je laisse mes feuilles mortes, mes tiges et mes résidus végétaux se décomposer dans mes bacs. C’est la philosophie du jardin naturel: laisser la matière organique faire son travail,... Lire la suite >
Oui, je sais. C’est un sujet usé et beaucoup l’ont déjà abordé… Mais laissez-moi m’expliquer avant de partir! Larry a déjà écrit, avec son honnêteté habituelle, qu’après une décennie à suivre les préceptes du compagnonnage végétal, il n’y croyait plus. Les résultats étaient trop mitigés, les explications trop vagues, et les fameux tableaux de compagnonnage? Une vraie belle façon de passer des heures à planifier son potager pour finalement planter à peu près n’importe quoi. Alors pourquoi est-ce que je remets ça sur la table? Parce que la conversation s’est toujours arrêtée au même endroit: «ça marche» ou «ça ne marche pas». Ce que personne n’explique vraiment, c’est le pourquoi. Pourquoi certaines associations fonctionnent-elles vraiment (ou pourraient fonctionner), et d’autres pas du tout? Et pourquoi des croyances sans fondement finissent-elles par s’imprimer dans nos têtes de jardiniers aussi solidement que dans le sol? J’ai fouillé dans la littérature scientifique pour savoir d’où ça venait, ces histoires, et si quelqu’un avait... Lire la suite >
L’année passée, j’avais prévu recevoir et servir une bonne salade en entrée. Elle était belle, vigoureuse, et jamais je ne me serais doutée qu’en une semaine elle pouvait me faire faux bond! Au lieu des belles feuilles tendres que j’espérais récolter, je me retrouvais devant une espèce de Tour Eiffel végétale de 60 centimètres. Ma laitue avait monté en graines. Trahison totale. Tant pis pour les invités. Si vous jardinez au Québec depuis quelques années, vous connaissez ce moment dramatique: épinard, roquette, coriandre, laitue… Des légumes qui semblaient si bien partis, qui décident du jour au lendemain de pousser en hauteur, de se couvrir de fleurs et de devenir amers comme l’amertume elle-même (Je n’ai rien trouvé d’assez amer pour conclure ma phrase, c’est dire la face que j’ai faite en goûtant quand même ma salade montée!). Et vous, vous demandez ce que vous avez bien pu faire de mal. La bonne nouvelle? Vous n’avez probablement rien fait de mal.... Lire la suite >
Pardonnez-moi, mais je vais encore parler de mon voyage en Espagne. C’est la troisième semaine d’affilée, je sais. Mais ce voyage m’a vraiment inspirée (et coûté assez cher, alors je vais en tirer le maximum de contenu, héhé!). Et puis, entre vous et moi, en faire trois articles, c’est très jardinier paresseux comme approche! Donc. En Espagne, j’ai visité le jardin botanique de Malaga, je vous en ai déjà parlé dans un article précédent. Mais une chose m’a vraiment intriguée pendant la visite: il y avait une promenade bordée de 80 espèces d’arbres venus des quatre coins du monde. D’Asie, d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’Australie, d’Europe… Mais d’Amérique du Nord? Rien. Aucun érable, aucune épinette, aucun bouleau. Sur le coup, je me suis dit: bah, on n’a pas des tonnes d’espèces différentes chez nous, c’est vrai. Si on se compare à l’Amazonie, notre forêt boréale est d’une sobriété certaine. Mais quand même… un bel érable à sucre mature, ça a... Lire la suite >