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La ruée vers l’azote! Où est ma laitue!?

Fin avril, je sème ma laitue et mes épinards avec l’enthousiasme habituel du printemps. Vous connaissez ce sentiment, ce petit frisson d’été en enfonçant les graines dans le sol à moitié gelé? Fin mai, j’attends encore. Pas de belles feuilles tendres prêtes à récolter: juste quelques cotylédons minuscules, trois ou quatre millimètres à peine, qui me regardent d’un air désolé. J’aurais été tentée de les consoler, mais je pense que c’est moi qui ai besoin de réconfort… Ben oui: ma laitue montait en graine il y a quelques années, et là, elle me boude! Mes bacs ont pourtant tout pour plaire: plein soleil, sol vivant que je cultive depuis des années, bonne humidité. Alors pourquoi cette croissance aussi lente qu’un bureaucrate un vendredi après-midi? La faim cachée sous l’abondance Chaque automne, je laisse mes feuilles mortes, mes tiges et mes résidus végétaux se décomposer dans mes bacs. C’est la philosophie du jardin naturel: laisser la matière organique faire son travail,... Lire la suite >

Pas encore un autre article sur le compagnonnage! (ou: ce que la science en dit)

Oui, je sais. C’est un sujet usé et beaucoup l’ont déjà abordé… Mais laissez-moi m’expliquer avant de partir! Larry a déjà écrit, avec son honnêteté habituelle, qu’après une décennie à suivre les préceptes du compagnonnage végétal, il n’y croyait plus. Les résultats étaient trop mitigés, les explications trop vagues, et les fameux tableaux de compagnonnage? Une vraie belle façon de passer des heures à planifier son potager pour finalement planter à peu près n’importe quoi. Alors pourquoi est-ce que je remets ça sur la table? Parce que la conversation s’est toujours arrêtée au même endroit: «ça marche» ou «ça ne marche pas». Ce que personne n’explique vraiment, c’est le pourquoi. Pourquoi certaines associations fonctionnent-elles vraiment (ou pourraient fonctionner), et d’autres pas du tout? Et pourquoi des croyances sans fondement finissent-elles par s’imprimer dans nos têtes de jardiniers aussi solidement que dans le sol? J’ai fouillé dans la littérature scientifique pour savoir d’où ça venait, ces histoires, et si quelqu’un avait... Lire la suite >

Ma laitue m’a plantée là: la montée en graines fatale

L’année passée, j’avais prévu recevoir et servir une bonne salade en entrée. Elle était belle, vigoureuse, et jamais je ne me serais doutée qu’en une semaine elle pouvait me faire faux bond! Au lieu des belles feuilles tendres que j’espérais récolter, je me retrouvais devant une espèce de Tour Eiffel végétale de 60 centimètres. Ma laitue avait monté en graines. Trahison totale. Tant pis pour les invités. Si vous jardinez au Québec depuis quelques années, vous connaissez ce moment dramatique: épinard, roquette, coriandre, laitue… Des légumes qui semblaient si bien partis, qui décident du jour au lendemain de pousser en hauteur, de se couvrir de fleurs et de devenir amers comme l’amertume elle-même (Je n’ai rien trouvé d’assez amer pour conclure ma phrase, c’est dire la face que j’ai faite en goûtant quand même ma salade montée!). Et vous, vous demandez ce que vous avez bien pu faire de mal. La bonne nouvelle? Vous n’avez probablement rien fait de mal.... Lire la suite >

Pas de palmier au Québec, pas d’érable dans le sud!

Pardonnez-moi, mais je vais encore parler de mon voyage en Espagne. C’est la troisième semaine d’affilée, je sais. Mais ce voyage m’a vraiment inspirée (et coûté assez cher, alors je vais en tirer le maximum de contenu, héhé!). Et puis, entre vous et moi, en faire trois articles, c’est très jardinier paresseux comme approche! Donc. En Espagne, j’ai visité le jardin botanique de Malaga, je vous en ai déjà parlé dans un article précédent. Mais une chose m’a vraiment intriguée pendant la visite: il y avait une promenade bordée de 80 espèces d’arbres venus des quatre coins du monde. D’Asie, d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’Australie, d’Europe… Mais d’Amérique du Nord? Rien. Aucun érable, aucune épinette, aucun bouleau. Sur le coup, je me suis dit: bah, on n’a pas des tonnes d’espèces différentes chez nous, c’est vrai. Si on se compare à l’Amazonie, notre forêt boréale est d’une sobriété certaine. Mais quand même… un bel érable à sucre mature, ça a... Lire la suite >

L’huile d’olive, comment c’est fait?

Pendant des années, j’ai cuisiné avec ce que je croyais être de l’huile d’olive. Un litre à cinq dollars, la marque maison, celle qu’on attrape sans trop réfléchir dans l’allée des condiments et qui sert de base à toutes les vinaigrettes. Ce que j’ai découvert lors de mon récent voyage en Espagne m’a fait réaliser que je passais à côté de quelque chose… Et maintenant je ne peux plus faire semblant! J’ai visité, en bonne touriste agroalimentaire, une exploitation d’olives familiale fondée en 2003 dans la province de Málaga: Aceites Molisur. Notre guide, Marien, parlait un français impeccable et elle connaissait très bien l’olive sous toutes ses formes (vous vous doutez bien que je lui ai posé 1001 questions!). Je suis repartie avec une bouteille d’huile d’olive dans mes bagages et une compréhension radicalement différente de cet ingrédient clé de la cuisine européenne. Et cette nouvelle compréhension commence par: je ne sais pas ce que j’achète à l’épicerie, mais ce... Lire la suite >

Jardin botanique Histórico La Concepción de Malaga: où les arbres tutoient les montagnes

Mon conjoint et moi avons un problème bien documenté: on ne peut pas faire un voyage sans inclure au moins un jardin ou milieu naturel à l’itinéraire. Notre précédent voyage en Andalousie n’a pas fait exception! Selon les guides et informations touristiques, on devait faire le tour du petit jardin botanique historique La Concepción (à Malaga) en deux heures. Ça nous en a pris cinq. Ça résume assez bien la visite magnifique qu’on a faite! Tel que promis dans mon dernier article: sitôt revenue, je me suis mise à mon clavier pour vous raconter mes découvertes (tout en massant mes mollets endoloris, et en regrettant déjà la «routine sangria» qui s’était imposée!) Un jardin né d’un voyage de noces La Concepción, c’est l’histoire d’un coup de foudre horticole. En 1855, le marquis Jorge Loring et son épouse Amalia Heredia rentrent de leur voyage de noces à travers l’Europe, la tête pleine des jardins extraordinaires qu’ils ont visités. Leur nouveau projet?... Lire la suite >

Tête de violon: le printemps dans une bouchée

Chaque année, quand la neige finit par nous laisser tranquilles, je me retrouve les bottes dans la boue au bord d’un ruisseau, les yeux au sol, à chercher les petites spirales vert tendre qui percent entre les tiges mortes des quenouilles. La cueillette des têtes de violon, c’est un de mes rituels de fin de printemps préférés. Audrey! Cette fougère est une espèce vulnérable au Québec! Tu vas abîmer les populations sauvages! Permettez que je me défende, parce que j’ai réfléchi à la question: est-ce que récolter de manière responsable le tiers des crosses sur des plants matures de matteuccie fougère-à-l’autruche (Matteuccia struthiopteris) qui poussent en énorme quantité à dix minutes de chez moi abîme davantage la nature qu’acheter un brocoli emballé dans le plastique et importé du Mexique? Honnêtement, j’en doute. Mon légume d’avril/mai le plus écologique, c’est bel et bien celui-là. OK, c’est plus écologique, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus du tout et que l’espèce disparaisse!... Lire la suite >

Ces plantes qu’on ne repique pas (et ce n’est pas une question de choc)

La semaine dernière, on a vu que le choc de transplantation est une épreuve que nos tomates, poivrons et aubergines traversent en grognant, mais dont elles se remettent généralement bien. Pour ces plantes-là, le repiquage est une étape obligée – on n’a pas vraiment le choix avec notre courte saison québécoise – et ça se passe plutôt bien. Mais il existe des plantes pour qui le problème est d’une tout autre nature. Ce n’est pas qu’elles souffrent un peu avant de s’en remettre. C’est que leur biologie même rend le repiquage inutile, voire catastrophique. Et si vous avez déjà récolté des carottes qui ressemblaient davantage à un enchevêtrement de tentacules qu’à des légumes, vous allez enfin comprendre pourquoi! La carotte, c’est la racine La carotte est ce qu’on appelle une plante à racine pivotante. Ce terme botanique désigne un système racinaire organisé autour d’une racine principale unique qui s’enfonce verticalement dans le sol, et sur laquelle se greffent des petites... Lire la suite >

Le choc de transplantation : votre tomate va faire sa diva (et c’est normal)

Vous avez passé des semaines à chouchouter vos semis. Lumières bien réglées, arrosages minutieux, températures surveillées. Et là, vous transplantez vos petites tomates dans leurs godets définitifs ou pire, directement en pleine terre (mais pas tout de suite, hein!), et le lendemain matin, au lieu d’être épanouies et reconnaissantes, elles vous font la peur de votre vie. Bienvenue dans le monde du choc de transplantation! Ce moment merveilleux où votre plant vous fait comprendre, sans ménagement, qu’il n’apprécie pas vraiment les déménagements. Bonne nouvelle: ce n’est généralement pas grave du tout. Mauvaise nouvelle: c’est inévitable. Alors, autant comprendre ce qui se passe vraiment, non? Le vrai coupable: les poils absorbants Quand on pense aux racines, on visualise souvent ces grosses structures ramifiées, solides, qui ancrent la plante dans le sol. Mais l’absorption de l’eau et des nutriments, c’est surtout l’affaire des poils absorbants (ou poils racinaires) – de minuscules extensions microscopiques qui se trouvent tout au long des racines. Un... Lire la suite >

5 actions rapides (qu’on oublie souvent!) pour aider vos semis

Vous les regardez pousser avec fierté, vous les arrosez, vous les placez sous vos lumières comme des joyaux hérités de la famille. Vos semis poussent, tout va bien. Mais est-ce que vous leur rendez vraiment tous les services qu’ils méritent? Parce qu’il y a quelques petits gestes – rapides, gratuits, faciles – qu’on oublie souvent et qui font une vraie différence. Voici cinq rappels pour vous, histoire d’avoir les plus beaux, les plus forts, et les plus adaptés au moment de mettre à l’extérieur. 1. Brassez vos semis Ça a l’air bizarre dit comme ça, mais c’est du sérieux: brassez vos semis souvent. Passez votre main doucement dessus, agitez légèrement le plateau, ou installez un petit ventilateur qui souffle doucement. Voici pourquoi: à l’extérieur, le vent force les jeunes plants à se renforcer. Leurs tiges s’épaississent, leurs cellules se consolident, leurs racines s’ancrent solidement. Ce phénomène s’appelle la thigmomorphogenèse (oui, c’est un vrai mot, et non, ce n’est pas une... Lire la suite >

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