La curieuse histoire du ginkgo
Seriez-vous surpris si je vous disais qu’un arbre que vous pouvez cultiver dans votre cour était un fossile vivant, qu’il existe essentiellement inchangé depuis 270 millions d’années, soit depuis avant l’époque des dinosaures? C’est pourtant le cas du ginkgo ou arbre à quarante écus (Ginkgo biloba).
Autrefois, il y avait des ginkgos un peu partout à travers le monde, d’ailleurs jusqu’à dans l’Arctique canadienne, car on y trouve encore des fossiles. Mais les scientifiques européens les crurent disparus depuis des millions d’années… jusqu’à ce qu’un botaniste allemand, Engelbert Kaempfer (1651–1716), redécouvre cet arbre curieux dans des jardins de temple en Asie en 1692. L’arbre provoqua un tel émoi quand il fut importé en France qu’il s’est vendu pour quarante écus d’or, un prix inestimable à l’époque. D’ailleurs, le premier arbre importé en France, à Montpellier, existe toujours. Il y a des spécimens en Asie qui ont plus de 2 500 ans!
Un arbre des plus curieux
Le ginkgo est curieux sur toute la ligne. Sa méthode de multiplication, par exemple, est très primitive. L’embryon est exposé à l’air libre, sans recouvrement, ce qui place l’arbre dans la grande famille des gymnospermes, avec les conifères. Mais les conifères sont des arbres beaucoup plus modernes. L’arbre femelle forme de gros fruits jaunes, de la taille d’une prune, mais qui n’ont pas encore été pollinisés au moment de leur formation. Ainsi, s’il n’y a pas d’arbre mâle dans le secteur, le fruit se formera sans embryon fertile, comme un œuf de poule sans poussin à l’intérieur. Les Orientaux adorent les fruits et les consomment crus et cuits. En Occident, on ne les tolère pas, car ils puent quand ils commencent à pourrir. On préfère cultiver des ginkgos mâles.
Le feuillage du ginkgo est unique: en queue de poisson, à deux lobes. On ne peut le confondre avec aucune autre plante. Les feuilles tombent à l’automne, un autre détail surprenant pour un proche parent des conifères.
Jusqu’à tout récemment (et encore dans presque tous les livres), on racontait que le ginkgo était inconnu à l’état sauvage, qu’il aurait été sauvé de l’extinction par des moines bouddhistes il y a très longtemps. Cependant, les observations botaniques réalisées dès le milieu du 20e siècle et les analyses génétiques plus récentes ont confirmé que des populations de ginkgo réellement sauvages existent dans deux petites forêts de Chine, et que leur diversité génétique est bien plus grande que celle des ginkgos en culture, indiquant que ce sont véritablement des populations naturelles et non pas des arbres échappés de la culture.
Une culture facile, mais lente
Les jardiniers québécois peuvent cultiver ce fossile vivant chez eux, car il est de zone 4. C’est d’ailleurs un arbre de culture très facile, s’adaptant au plein soleil et aux sols bien drainés divers. Même s’il peut atteindre 20 m de hauteur, la croissance est très lente: surtout dans la jeunesse, après quoi elle peut atteindre quelques dizaines de centimètres par année. Achetez un arbre de bonne taille si vous voulez créer un effet intéressant de votre vivant! Les arbres vendus au Québec sont produits par greffage ou bouturage et sont tous des mâles… pour ne pas nous embêter avec leurs fruits.
Vous n’aurez presque pas de traitements antiparasitaires à faire avec un ginkgo: il est remarquablement résistant, bien que quelques insectes ou maladies mineures puissent occasionnellement s’y attaquer. Il est même indifférent aux radiations, comme le prouve la survie de ginkgos au centre d’Hiroshima en 1945.
J’ai une suggestion à vous faire: le ginkgo est l’arbre idéal à planter à la naissance d’un enfant. Ainsi, à son centième anniversaire, il aura une belle histoire à raconter à ses arrière-petits-enfants!
Larry Hodgson a publié des milliers d’articles et 65 livres au cours de sa carrière, en français et en anglais. Son fils, Mathieu, s’est donné pour mission de rendre les écrits de son père accessibles au public. Ce texte a été publié à l’origine dans le journal Le Soleil le 1er janvier 2008.





Merci beaucoup pour toutes ces informations… J’ai un ginkgo chez moi qui était déjà là quand j’ai acheté la maison ; j’ai appris autre chose de plus ce matin avec votre article
Bonne année 2026!
Je suis au QUÉBEC ET JE possède cette arbre il grandit lentement merci pour le partage
J’ai deux ginkgos chez moi
Un que j’ai acheté de la ville déjà d’une bonne hauteur mais il ne pousse pas vraiment vite
L’autre que j’ai acheté au domaine Joly de Lotbinière en 2001 ,ils avaient fait des semis ,c’est l’arbre de mon petit fils Jayson
Cet arbre pousse plus vite
Est ce qu’il pourrait être un arbre femelle ?
Car il provient d’un semis
Mes deux arbres sont loin de distance
J’ai deux ginkgos chez moi
Un que j’ai acheté de la ville déjà d’une bonne hauteur mais il ne pousse pas vraiment vite
L’autre que j’ai acheté au domaine Joly de Lotbinière en 2001 ,ils avaient fait des semis ,c’est l’arbre de mon petit fils Jayson
Cet arbre pousse plus vite
Est ce qu’il pourrait être un arbre femelle ?
Car il provient d’un semis
Mes deux arbres sont loin de distance
Bonjour, lors de ma formation pour devenir guide au Jardin botanique de Montréal on nous avait dit que les petites sphères vertes, qui tournent au jaune, puis brunissent ne sont pas des fruits mais des ovules. Je viens de vérifier et c’est vraiment le cas. D’habitude Larry était une source fiable , mais dans ce cas, il s’est trompé. Je lui pardonne! Il nous a appris tellement de choses! Mais s’il vous plaît M. Mathieu, veuillez corriger cette erreur.
Lorsque l’on parle d’un fruit, ça ne veut pas dire que c’est un fruit comestible. On utilise plusieurs termes en horticulture. Donc c’est le fruit ou si vous préférez, la semence ou l’ovule.
Nous avons acheté un ginkgo il y a plusieurs années chez un pépiniériste reconnu et on nous avait dit que c’était un arbre mâle
Pendant plusieurs années aucun fruit mais depuis 3 ans nous avons des fruits!! Surprise totale savez vous pourquoi?
Je viens de voir le commentaire de Louise
Peut-être que ce sont des ovules finalement? Comment faire la différence?
Merci Louise
Un fruit contient des graines(pépins) ou un noyau, qui sont sa semence . Si il n’y a rien à l’intérieur ou a l’extérieur: fraise, ce doit être une ovule non fécondée.
2 arbres ont été plantés, pour nos 2 enfants, il y a 30 ans. Un des 2 était une femelle et a commencé à produire des fruits abondamment il y a 5-6 ans. L’odeur est extrêmement désagréable (vômi?), et les fruits mûrs tombant sur le trottoir représentent un risque pour les passants quand ils tombent de haut. Mais c’est aussi une fierté d’avoir un mâle et une femelle gingko, quand le voisin a un tulipier. 3 beaux arbres à voir…quand on regarde où on marche!
J’ai un petit bosquet de bonsais en pot depuis 30 ans. Il n’a jamais été malade et hiverne comme toujours dans la cour. Je déterre le pot au printemps. J’ai lu quelque part que sa feuille, composée d’aiguilles collées en rangs serrés les unes aux autres – c’est visible à l’oeil nu – témoignerait de la mutation d’un conifère devenu feuillu, il y a des millions d’années.
J’ai un gingko dans ma cour acheter a la pépinière Jasmin voilà 25 ans Eh bien c’est une femelle et je peux vous dire que ça produit beaucoup d’ovules ou de fruits et que ça pu ,ça sent le vomis.
De plus dans le quartier Ahuntsic la ville a planté beaucoup de Gingko femelle y a des rues ou c’est pénible a l’automne comme dans ma cour.
Nous recherchons une solution pour améliorer cette cohabitation car il est magnifique et ne voulons pas le couper.
C’est énormément de travail a l’automne pour ramasser et de plus très nauséabond.
Merci
J’adore les Ginkos. C’est l’arbre que je vais mettre en terre sur mon terrain avant au printemps.