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Créer des espaces fonctionnels au jardin : bureau, détente et partage

Suite de mon expérience de réaménagement avec les conseils du Jardinier paresseux.

Dans cet article, je partage comment j’ai fait pour attirer mon amoureux à passer plus de temps au jardin et comment j’ai optimisé mon bureau au jardin.

Impliquer mon conjoint dans le projet jardin

Mon homme, mon partenaire de vie, m’apporte beaucoup de soutien, mais ce n’est pas un réflexe naturel pour lui de venir au jardin. Or, moi, j’aime tellement jardiner à ses côtés que j’essaie de multiplier les tentations pour faire sortir naturellement le «Michel de jardin».

Stratégie 1: Les cueillettes gourmandes

Ce qui attire le plus mon conjoint, c’est la cueillette de denrées qu’il aime manger: petits fruits, tomates, haricots, concombres…

Mon plan: j’enlève une haie de chèvrefeuille (qui ne produit que de la biomasse pour mon paillis) et la remplace par une haie de petits fruits variés: camerise, sureau, cassis, groseille champagne, groseille à maquereau, amélanchier nain, ronce et kiwi arctique.

Pour l’instant, les plants sont encore petits et on perd un peu d’intimité, mais on s’entend vraiment bien avec nos voisins et, franchement, cela agrandit l’horizon, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Malgré tout, pour conserver la bonne entente, avant de procéder à l’arrachage et au remplacement de la haie, j’ai discuté avec nos voisins pour avoir leur approbation. Je crois que la perspective de récolter tous les petits fruits de leur côté leur plaît vraiment; en tout cas, j’ai reçu un oui chaleureux à ma proposition.

La haie, avant. Je n’ai pas de photo récente, car je ne la photographiais jamais, preuve qu’elle n’était pas si importante à mes yeux.
Haie de petits fruits encore toute jeune (et pourtant, plus de 13 kg de petits fruits seront récoltés cette année). De quoi faire sortir mon Michel de jardin presque un jour sur deux.

Stratégie 2: Stimuler le «ministre du beau»

Ah oui! Il est important de savoir que mon homme a aussi le chapeau de Ministre du beau. Alors que moi, j’aime bien l’aspect chasse au trésor des fouillis végétaux, Michel, lui, est sensible à l’aspect global, non seulement d’une plate-bande, mais de la cohésion entre les plates-bandes. Côté esthétique, Michel a été beaucoup marqué par un jardin, Les herbes du Cap, où chaque plate-bande était une grosse touffe d’une plante médicinale.

Le jardin des herbes du Cap

Chez moi, c’est un peu difficile à reproduire exactement, puisque je n’ai que 29 planches et plus de 200 espèces (oui oui! j’ai réduit depuis le début de l’aventure), mais je peux m’inspirer du style et utiliser les principes d’aménagement de Mathieu, tout en donnant plus de poids à ceux qui convergent vers les préférences personnelles de Michel (qui n’a pas toujours les mots pour expliquer ce qui ne va pas dans la plate-bande actuelle).

Mes 29 plates-bandes actuelles.

Parmi les multiples stratégies expliquées par Mathieu, voici les conseils que j’ai appliqués chez nous:

  • Regarder la proportion des hauteurs (la règle du tiers)
  • La proportion des taches (groupement des fleurs par espèces, textures, couleurs)
  • L’utilisation de la répétition pour créer l’harmonie
  • L’utilisation des contrastes pour attirer l’œil
  • L’importance de la finition des bordures
  • Placer en premier les plantes structurantes
  • Faire des lignes de finition pour les plates-bandes

Ici, j’aurais vraiment aimé avoir les conseils de Mathieu avant de tracer les sentiers de mes plates-bandes. Voulant optimiser ma surface de culture j’ai choisi des sentiers les plus étroits possibles pour l’ensemble de mon jardin. Mathieu prône plutôt de distinguer les usages, et la fréquence de passage, pour définir les différentes largeurs de sentiers. Moi, avec mes sentiers de 45 cm, je n’ai aucune marge de manœuvre; chaque plante qui déborde un tant soit peu devient un obstacle au libre passage. Ce qui embête mon ministre du beau et m’impose des tâches supplémentaires de taille et de tuteurs.

Comme mes plates-bandes ont rarement plus de 1,2 m (afin d’atteindre toutes les parties depuis le sentier sans compresser ma terre plutôt glaiseuse), agrandir mes sentiers à 90 cm pour permettre le passage de 2 personnes en parallèle exigerait de refaire complètement le design des plates-bandes… C’est pour moi un gros non-non.

Je me suis amusée à essayer la roue de médecine avec des sentiers plus larges et je me rends compte qu’il faudrait repenser le design au complet, car les proportions ne fonctionnent plus.

Voici donc des stratégies pour discipliner mes plates-bandes:

  • Avoir des bordures claires afin d’éviter que les visiteurs pilent sur mes plates-bandes, mais aussi pour un aspect beaucoup plus propre
  • Éviter les plantes problématiques qui ont tendance à retomber dans les sentiers lorsqu’il pleut ou simplement pour avoir un meilleur accès à la lumière.
  • Limiter l’usage des plantes hautes pour le milieu des plates-bandes, là où elles ne risquent pas de pencher dans les sentiers.
  • Utiliser des supports pour contraindre les plantes à rester sur la plate-bande (pas très Jardinier paresseux, mais parfois, quand on tient à une plante, on est prêt à faire des compromis).
  • Utiliser la politique de couper ce qui déborde.
La roue de médecine à ses débuts, sans rebord pour tracer les plates-bandes.
L’ajout de bordures bien définies apporte de la clarté pour distinguer le sentier de la plate-bande. Ce type de bordure me permet de surélever mes plates-bandes et ainsi d’améliorer le drainage.
La même roue avec quelques plantes en moins: ce n’est pas la perfection, mais on voit le progrès. C’est encourageant… et puis, cet automne, je récolte quelques racines de plantes trop grandes.
Malgré un bon ménage, certains coins demeurent un peu exubérants, comme je les aime.

Aménager un coin bureau au jardin

Mis à part observer, cultiver et récolter mes chères plantes, j’aimerais utiliser le terrain pour pouvoir y effectuer mon travail à l’ordinateur et pour me détendre. Je veux cet endroit adapté ergonomiquement, mais surtout, avoir le plus beau décor possible.

Les impératifs techniques

Pour mon bureau extérieur, j’ai impérativement besoin de:

  • Ombre pour bien voir mon écran
  • Courant électrique pour alimenter mon ordinateur
  • Mobilier ergonomique adapté à un usage prolongé d’un ordinateur portable

Ma solution concrète

Le mobilier

J’avais déjà une chaise Adirondack existante (que j’adore et nomme affectueusement mon trône). Par contre, l’ergonomie n’était pas adaptée à l’usage intensif d’un ordinateur. L’an dernier, j’avais tellement mal que j’ai développé une formule anti-inflammatoire juste à cause de mon trône!

Il était donc impératif de soigner l’ergonomie. Ici, un simple couvercle de boîte fait parfaitement l’affaire. Quand je ne l’utilise pas, je le glisse à côté du trône (j’ai donc pensé au rangement), elle résiste parfaitement à la pluie et est facile à nettoyer (l’entretien et la durabilité sont super). L’esthétique n’est peut-être pas optimale, mais c’est tout à fait acceptable pour moi!

L’ombre

J’aurais préféré créer mon ombre par la proximité d’un arbre. Les arbres rafraîchissent plus la température que les parasols, mais aucun ne convenait… J’ai donc dû me rabattre sur un parasol. Avant, j’utilisais un vieux parasol retrouvé dans le cabanon. Comme je l’utilise beaucoup, j’ai investi dans un bon parasol :  ventilé et vraiment opaque.

Le sol

Par le passé, le trône était simplement déposé sur du paillis de cèdre. Mais cette solution s’est avérée peu durable par rapport à l’intensité du piétinement. J’ai finalement opté pour de grosses pierres plates qui sont agréables pour mes pieds nus et m’offrent une sensation de mise à la terre dont je raffole, surtout au printemps quand les pierres ont été réchauffées au soleil.

Créer le décor parfait

Comme mon trône est l’endroit où je passe le plus de temps au jardin, c’est important de soigner la vue que j’ai depuis celui-ci.

Ici, pour diriger le regard et créer un élément focal, j’ai opté non pas pour une plante, mais pour un très animé bain d’oiseaux qui contient une petite fontaine solaire. Pour offrir aux oiseaux un semblant d’intimité, il y a entre eux et moi un beau pimbina dont les branches inférieures ont été élaguées pour encadrer la vue sur le bain d’oiseau. En plus de me rendre plus discrète dans mon observation, le pimbina m’offre:

  • Des baies pour des gelées (et pour les oiseaux)
  • De l’écorce très appréciée pour les crampes menstruelles

Toujours dans l’optique d’inviter les oiseaux à se sentir à l’aise, j’ai installé un très haut tuteur à tomates qui sert de perchoir pour les oiseaux plus peureux. Cela leur permet d’inspecter les environs, de s’assurer qu’il n’y a pas de chats tapis à proximité et que la baignade est sécuritaire.

Version améliorée de mon trône!

Procéder par étapes

L’implantation sur un terrain déjà bien rempli, où chaque plante est une amie que l’on veut protéger, est définitivement plus demandant que sur un terrain vierge.

Ce que j’ai appris, c’est qu’un jardin n’a pas besoin d’être parfait pour être apaisant. Même si, en ce moment, vous n’êtes pas satisfait de votre aménagement, souvent quelques petits changements donnent de grands résultats. N’hésitez pas à télécharger le guide de Mathieu «5 choix simples pour un jardin beau… sans y passer vos week-ends».

Prendre soin de soi, c’est aussi respecter son rythme

Tous les jardiniers savent qu’on ne peut pas tirer sur une plante pour qu’elle grandissent et que donner trop d’eau, loin d’accélérer le processus, pourrait bien tuer votre plante.

Pourtant, nous sommes nombreux à nous mettre une pression folle pour tout finir en temps record… Si on ne s’épuise pas ou ne se blesse pas… on est tellement fatigué qu’on a plus de plaisir à profiter de l’extérieur.

  • Respectez votre rythme. Prenez le temps de réfléchir à vos changements. Refaire un plan avec des sentiers élargis ne prend que quelques minutes. Refaire les plates-bandes et les sentiers une fois implantés est un travail de titan.
  • Planifiez l’implantation dans le temps (calculez du temps pour la mauvaise température, les imprévus, le plaisir). Mieux vaut célébrer l’avance que stresser sur le retard! 
  • Procédez par touche et par secteur. Terminez un secteur et célébrez l’amélioration.

Créer du temps pour implanter les changements en réduisant l’entretien

Conseils pratiques pour réduire l’entretien

  • Nourrir la terre et la biodiversité plutôt que la plante
  • Utiliser du paillis végétal et décomposable
  • Éviter les plantes génétiquement faibles ou mal adaptées
  • Privilégier les vivaces aux annuelles
  • Installer un système de goutte-à-goutte programmable

FAQ: Espaces fonctionnels au jardin

Q: Est-ce possible d’utiliser son jardin comme lieu de travail ou de repos?

R: Oh que oui! J’ai aménagé un coin bureau ergonomique en extérieur (chaise, tablette, électricité, ombre), ainsi qu’un espace de détente avec fontaine. Les mots clés sont: confort, beauté et calme.

Q: Comment réduire l’entretien sans perdre sa richesse végétale?

R: En général, nourrir la terre et la biodiversité plutôt que la plante donne un écosystème plus résilient. Utilisez du paillis végétal, évitez les plantes génétiquement faibles et privilégiez les vivaces.

Q: Comment faire pour que son jardin plaise aussi à son conjoint?

R: Incluez-le dans le processus! Très souvent, les gens qui n’ont pas l’habitude d’aller au jardin ne savent pas ce qui les attirerait. Posez des questions précises avec 2 ou 3 choix concrets.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est GUIDE-5-CHOIX-SIMPLES-horizontal.png.

Un jardin c’est la vie et la vie c’est le changement! N’hésitez pas à télécharger le guide de Mathieu: «5 choix simples pour un jardin beau… sans y passer vos week-ends».


  1. J’ai adoré votre article. Très inspirant. Merci!

  2. Merci de nous inspirer et de nous rappeler qu’on est pas obligé de dépenser beaucoup d’argent pour avoir un aménagement attirant et apaisant. Mais surtout de se rappeler de savourer nos aménagements au fur et à mesure.

  3. Bonjour Lorraine,

    Votre commentaire me fait tellement plaisir ?. Effectivement, il existe une multitude de possibilités pour améliorer son aménagement tout en prenant soin de son portefeuille. Parfois, cela demande un peu plus de temps, mais la nature est généreuse ?. Avec quelques amis jardiniers ouverts au partage, un brin de créativité et une dose de patience, on peut accomplir énormément, même avec un budget très modeste ??.

  4. Plaisir de te lire
    Plaisir de découvrir un jardin où tout n’est pas parfaitement coordonné et où impro, essais et corrections ou austements font partis du plaisir d

    • Bonjour Anne,

      Oui, mon expérience est qu’il faut aussi laisser un peu d’espace à la nature pour s’exprimer. Souvent, ses créations sont pleines de charme, durables et sans entretien. De plus, quand on la laisse s’exprimer, on lui donne aussi la chance de nous «?éduquer?»?: nous montrer comment elle fonctionne et ce dont elle a besoin. Tout l’art du jardinier réside dans la capacité à offrir cette liberté, tout en sachant quand reprendre la main pour s’inclure dans ses créations.

  5. Très intéressant! Où se situe le jardin des herbes du Cap dont vous parlez au début de l’article? Est-il possible de le visiter?

  6. Bonjour,
    Vraiment très joli votre aménagement.
    Pourrais-je svp connaître le nom du petit arbre situé à l’arrière de la roue de médecine. Je cherche un petit arbre qui supporterait le plein soleil pour mon petit terrain. Merci.

    • Bonjour André,

      L’arbre derrière la roue de médecine est un mûrier. Il a été planté avant mon arrivée et, malheureusement, il s’agit d’une variété stérile, généralement vendue pour éviter de tacher le pavé uni. Si le choix était à refaire, je prendrais un mûrier noir (Morus nigra), car nous préférons le goût acidulé à celui, plus sucré, des M. alba.

      Pour les visites, j’en organise généralement au mois de juillet, mais qui sait… je ferai peut-être une activité de récolte et de nettoyage de racines médicinales à la fin octobre.

  7. Très sympathique et inspirant cheminement dans l’aménagement de votre jardin et l’apprivoisement de votre conjoint. J’ai bien aimé. Merci.

    • J’aime bien ce mot «?apprivoisement de mon conjoint?»?; c’est en effet beaucoup plus positif que «?manipulation?». Et comme c’est vraiment fait dans l’amour et le respect, je ne veux pas lui mettre de pression, juste l’inviter, le tenter et raviver des élans un peu oubliés… Je vais me souvenir de cette tournure. Merci?!

  8. Félicitations. Ça s’appelle de l’art ce que vous avez créer. C’est inspirant

  9. Merci?! C’est un vrai bonheur de voir son environnement évoluer, saison après saison, par petites touches inspirées ?. Et quel plaisir de le faire avec Mathieu comme coach?! Sa chaleureuse confiance, ses conseils et sa passion rendent chaque étape encore plus motivante et créative.

  10. « …tel Cléopâtre trônant au milieu de sa cour… » Mais ou sont les courtisans et les papyrus ?

  11. Merci , de nous aider à regarder davantage nos aménagements.
    Vous nous aidez à démarrer une belle journée ..
    Vous êtes ma lecture du matin , je l’apprécie grandement.. Louise