À l’assaut des légumes racines… sur un balcon
Oui, c’est bien satisfaisant de cultiver des tomates et du basilic sur un balcon en ville. Mais il arrive un moment dans la vie où on est prêt à pousser son projet d’agriculture urbaine une petite coche plus loin. Et c’est là que notre regard se tourne vers les radis, les betteraves, les carottes, les navets, rutabagas et rabioles. Tiens, peut-être du panais aussi?

D’instinct, ce ne sont pas les légumes racines qui nous viennent à l’esprit quand on pense potager urbain. Pourtant, ils sont très faciles à faire pousser en contenant. Le terreau, avec ses propriétés d’être léger et meuble, permet aux racines de grossir sans contraintes. Seul le panais peut représenter un petit défi supplémentaire. Les racines des panais sont très gourmandes en matière organique et s’enfoncent profondément dans le sol. La problématique à surveiller quand on cultive des légumes racines vient surtout de la chaleur et du manque d’eau qui sont plus fréquents pour les plantes en pots. Toutefois, on contourne cette embûche en choisissant des légumes plus courts ou plus petits. On choisit aussi des légumes qui arrivent à maturité un peu plus tôt que ce qui serait recommandé en pleine terre.
Quels légumes cultiver?
Car du choix il y en a. La plupart des légumes racines sont partis directement par semis à l’extérieur. On peut bien choisir ses variétés et commander des semences d’à peu près partout dans la province. Le semis s’effectue une ou deux semaines avant la fin de la période de gel. Cela oscille autour du 10 mai, pour la région de Montréal.
Les semis à l’intérieur ne permettent pas de prolonger la saison de croissance, puisqu’on endommage souvent la racine lors de la transplantation et que les semis directement dans les pots ont vite fait de rattraper leurs rivaux. Dans le cas des carottes et des panais, les arrosages ne doivent pas être abondants, mais très constants pour permettre aux graines de germer. Ces semis peuvent prendre deux à trois semaines avant de donner signe de vie. Ce qui n’est pas le cas de nos amis les radis, qui germent en quatre jours et qui sont prêts à être récoltés quatre semaines plus tard. Les betteraves prennent 5 à 10 jours. Le navet et ses proches cousins, 5 à 7 jours.

Le radis, grand favori
De tous les légumes racines, le radis est sans conteste le plus facile à réussir en pot. D’abord parce qu’on peut le semer vraiment très tôt. Sa tolérance au froid est aussi intéressante pour un semis tardif en automne. Ensuite, pour sa rapidité de croissance, ce qui fait qu’on a moins besoin de s’en occuper longtemps pour obtenir des résultats. Comme mentionné précédemment, des arrosages réguliers sont importants. Des carences en eau trop fréquentes donnent des légumes fibreux et moins sucrés. Oh, le plein soleil est requis pour une bonne croissance. Les plus petits légumes y arrivent à la mi-ombre.
La plupart des légumes racines peuvent être cultivés dans n’importe quel type de contenants. Mais pour les carottes, les panais et les radis daïkon, il est essentiel de les cultiver dans un contenant qui a une profondeur minimale de 30 cm. Cela dit, les carottes naines réussissent très bien dans une simple boîte à fleurs rectangulaire en plastique. Pour ces légumes qui aiment être ensevelis, on se garde une ou deux poignées de terreau de côté afin d’en ajouter si les «épaules» des légumes venaient à se dégarnir.

Prêt à manger?
Ce n’est pas en regardant le feuillage d’un légume racine qu’on devine s’il est prêt à être récolté. Il faut délicatement déterrer à la base des feuilles pour avoir une idée du diamètre de légume convoité.
oncernant plus spécifiquement les carottes, on peut les laisser dans les pots jusqu’à très tard en automne. En fait, elles sont même meilleures au goût lorsqu’on les récolte après les premiers gels. Mais il ne faut pas attendre trop longtemps non plus, car le sol gelé durcit vite dans un contenant. D’ailleurs, si on vise une récolte très tardive, mieux vaut cultiver les carottes dans des pots de toile feutrée noire, des pots en tissus ou des contenants en plastique. Les pots de terre cuite risquent d’éclater sous l’effet du gel et on doit d’ailleurs procéder à leur entreposage au début d’octobre. Ajoutons à cela un petit semis de radis dans la première semaine de septembre et on peut affirmer que les légumes racines sont un excellent moyen de prolonger la saison d’agriculture urbaine à son maximum.
Puis tant qu’à cultiver des légumes à partir de semences, pourquoi ne pas faire preuve d’originalité en cultivant des carottes multicolores, des betteraves jaunes et des radis blancs? Beau sur le balcon, beau dans l’assiette, bon dans la bouche!


Vraiment précis et clair. Merci beaucoup, ça tombe à point!
Merci pour vos bons conseils.. Ça sera nouveau pour moi cette année pour la culture des légumes racines.. Très intéressant
Très inspirant, tout ça! Il ne me reste plus qu’à choisir entre radis ronds et radis «français»… Beau dilemme… 🙂 Merci pour votre article!
Merci Julie. Très intéressant et motivant avec ces bons conseils. Je vais assurément en faire l’expérience.
Merci beaucoup pour votre article! Je vais assurément en cultiver quelques-uns en pot.
Merci Julie,
Je ne t’écris pas souvent mais je lis toutes tes chroniques.
Bravo!
Après 3 essais infructueux , radis, carottes , betteraves, j’ai abandonné .Pourtant je réussis bien les tomates , concombres et autres en pots. Les légumes racines, c’est un échec, il n’y pousse que du feuillage. Pas de racines . Ça me désole autant que cela m ‘intrigue !
Vous n’êtes pas la seule… Je me suis résignée à cultiver ce qui fonctionne très bien en contenants (tomates, piments, laitues, pois mange-tout, haricots) et j’encourage les producteurs locaux en achetant mes légumes racines auprès d’eux en haute saison!
Un très gros merci pour cet article! Je ne semais plus de carottes depuis quelques années car une (ou plusieurs?) marmotte mangeait les queues à mesure qu’elles poussaient, ce qui empêchait la croissance des carottes. Maintenant que je sais que les carottes peuvent être cultivées sur ma galerie, je pourrai recommencer à en semer! Merci encore!
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