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Fleurir son potager: bon pour la biodiversité et pour le moral

Depuis longtemps, les fleurs sont utilisées au potager pour diverses raisons. Les fameux tagètes que nos grands-mères utilisaient pour éloigner les insectes indésirables, la camomille qui fait de délicieuses tisanes relaxantes et les multiples autres fleurs comestibles intéressantes à cultiver. Dans la conception des projets réalisés par l’équipe des Urbainculteurs, les fleurs sont utilisées afin de favoriser les pollinisateurs en milieu urbain, en plus d’apporter un côté esthétique aux aménagements. Personnellement, j’aime jouer avec les couleurs et les textures du feuillage, en ajoutant des cosmos sulfureux d’un bel orange vif aux côtés d’un kale mauve, ou en laissant l’aneth fleurir pour admirer ses magnifiques ombelles jaunes flotter au vent.

L’aneth en fleur est très joli. Photo: AlexeyKonovalenko

Puis j’ai fait une belle découverte: plusieurs petites fermes florales à échelle humaine qui sont apparues dans les dernières années et qui m’ont beaucoup inspirée. Et du même coup, pourquoi ne pas en faire aussi une bonne raison pour prendre soin de soi? L’idée d’intégrer des fleurs en plus grande quantité dans mon potager m’a ainsi permis de vivre une belle expérience que je souhaitais partager avec vous. Et qui sait, peut-être même vous donner envie, vous aussi, de cultiver vos propres fleurs à cueillir tout au long de la saison!

Les effets positifs

Comme mentionné plus haut, les fleurs sont des alliées importantes pour attirer et nourrir les pollinisateurs, en plus de favoriser la production de vos fruits et légumes. Elles ont aussi l’avantage de servir d’abris aux insectes auxiliaires, ces insectes qui sont des prédateurs naturels pour vous aider à contrôler les insectes ravageurs présents dans votre jardin.

Je cultive une partie de mon potager en serre depuis plusieurs années. J’ai donc, au fil du temps, eu recours à l’achat de certains insectes auxiliaires pour m’aider contre des infestations de pucerons, par exemple. L’un de ces insectes est la chrysope verte (Chrysoperla carnea), un insecte indigène qui, avec le temps, est apparu de façon tout à fait naturelle, grâce à la roquette et à l’aneth que j’ai laissées monter en fleurs! J’ai donc été en mesure de créer un habitat pour cet allié important. L’adulte se nourrit de pollen et de miellat, les larves sont de vrais petits soldats dévoreurs de pucerons, cochenilles et acariens indésirables.

La chrysope verte (Chrysoperla carnea). Photo: Ines Carrara

Bien sûr, il ne faut pas oublier l’un des effets positifs qui, pour moi, a été une vraie révélation: le plaisir de contempler de magnifiques fleurs tout au long de la saison, en allant récolter vos légumes et cueillir de beaux bouquets qui embelliront votre maison, ou celle de votre voisin, pourquoi pas? Que du bonheur coloré pour se gâter au quotidien!

Quelques fleurs coupées faciles à cultiver

Voici trois fleurs intéressantes et faciles à cultiver pour débuter dans le monde de la fleur coupée. Ces trois choix font partie de mes premiers tests l’an dernier et ce fut un succès.

Le Cosmos (Cosmos bipinnatus

Le cosmos est une fleur annuelle au feuillage très découpé et aux fleurs délicates qui apporte une légèreté aux bouquets. Vous pouvez le cultiver facilement dans un sol ordinaire, voire même pauvre. Un sol trop riche, quant à lui, stimulera le feuillage et retardera la floraison. Pour une floraison abondante de juillet jusqu’au premier gel, pincez le feuillage lorsque la plante fera 15 cm et taillez régulièrement les fleurs fanées. Le cosmos se décline en différentes teintes de rose, de rouge et de blanc, et peut avoir les pétales simples ou doubles selon les variétés. Vous en trouverez même dans les teintes de jaune orangé (Cosmos sulphureus), reconnu comme étant une plante nectarifère très appréciée des pollinisateurs. Semez-les à l’intérieur au début du mois de mai, ou directement au jardin lorsque les risques de gel seront passés.

Le Zinnia (Zinnia elegans) 

Il existe un large éventail de variétés pour cette fleur annuelle incroyable. Très facile à cultiver, le zinnia a une grande longévité en bouquet, en plus d’attirer bon nombre d’insectes, dont les papillons qui l’adorent. Pour débuter, je vous suggère les zinnias géants de Californie en mélange, ils voleront la vedette de votre potager! Les plants peuvent atteindre jusqu’à 1,20 m et font de grandes fleurs doubles de 10 à 15 cm dans les teintes de jaune, rose, rouge, fuchsia et orange. Tout comme le cosmos, vous pouvez les semer à l’intérieur dès le début du mois de mai ou directement au jardin lorsque les risques de gel seront passés.

L’immortelle à bractée (Helichrysum bracteatum)

L’immortelle est une annuelle robuste qui a comme particularité de posséder des fleurs presque éternelles. Les fleurs, qui ont elles aussi des teintes de rouge, jaune, blanc, rose et orange, ne fanent pas, d’où son nom. Elles sont parfaites pour faire des bouquets de fleurs séchées ou d’autres décorations qui embelliront votre maison en hiver! Les plants tolèrent très bien la sécheresse et fleurissent de juillet à octobre, en plus de pouvoir survivre à un gel léger. Vous pouvez les semer à l’intérieur 6 semaines avant le dernier gel printanier.

Intégrer les comestibles aux bouquets

En plus des magnifiques fleurs et des effets positifs qu’elles apportent, vous pouvez facilement compléter vos arrangements floraux avec des éléments déjà présents dans votre potager. Pensez à intégrer certaines fines herbes à vos bouquets, comme le basilic pourpre, le persil, les fleurs de ciboulette et même les feuilles. Vous pourriez même utiliser une ou deux feuilles de chou kale frisé et les feuilles de la bette à carde. Laissez aller votre imagination afin de créer des combinaisons qui seront magnifiques et surprenantes!

Bouquet de Zinnias et de Cosmos. Photo: Redheadedhornet

Pour ma part, mon expérience m’a complètement charmée et je récidive encore cet été avec plusieurs nouveautés pour colorer davantage mon potager. Je crois que le plus simple en débutant est d’y aller avec des choix faciles qui nous permettent d’apprendre et de prendre de l’assurance. Pour ceux et celles qui préfèrent profiter de toutes ces belles beautés sans nécessairement les cultiver, vous pouvez encourager une ferme florale près de chez vous. Cette passion est tellement contagieuse que ma collègue Vicki (chargée de projets des Jardins du bassin Louise) a décidé d’en faire un beau projet cette année. Ainsi, dans certains bacs de la ferme urbaine pousseront de magnifiques fleurs afin d’offrir des bouquets solidaires, une autre belle façon de s’offrir du bonheur tout en encourageant notre organisme.

En espérant que tout cela vous inspire à intégrer quelques fleurs dans votre potager!

Si vous désirez en apprendre encore plus sur les fleurs, particulièrement les fleurs comestibles et médicinales, un tout nouveau module de la Formation en ligne des Urbainculteurs est maintenant disponible!


commentaire sur "Fleurir son potager: bon pour la biodiversité et pour le moral"

  1. MICHEL GUILLEMETTE dit :

    Il y a plus de 30 ans en visitant le magnifique jardin de Yves Gagnon Les Jardins du Grand Portage j’ai découvert les bienfaits des fleurs dans un potager. J’ajouterais la calendula et la bourrache dans votre liste qui se ressème naturellement.

  2. Dave dit :

    rafraichissant comme article 🙂

  3. Mario StNic dit :

    Pour ma part, j’ajouterais que c’est très facile de récolter des graines de cosmos à la fin de la saison (il suffit de laisser aller quelques fleurs) et même, pour pousser un peu plus loin l’expérience, jouer un peu avec la génétique en triant les graines en fonction des plants. Par exemple, pour le cosmos oranger, du même sachet de semence initial avec lequel j’avais obtenu des plants qui sont demeurés petits et d’autres devenus très gros, j’ai conservé séparément les graines séparément. L’année suivante, quand je les ai utilisées pour démarrer de nouveaux plants, j’ai réellement obtenu des caissettes de petits cosmos et des caissettes de gros cosmos, tous orange.

  4. Anne dit :

    Tellement !
    Les fleurs autour, entre, capucines rouges au pied, pois de senteurs avec concombre,…
    Plaisir des couleurs jusqu’en automne 🙂
    Merci

  5. Isabelle D dit :

    Bonjour, il est qq fois question des plantes exotiques qui deviennent invasives et destructrices dans nos climats. Je viens de lire cet article dans The Guardian https://www.theguardian.com/environment/article/2024/jun/11/big-british-bamboo-crisis-invaded-my-beautiful-home à propos de certains types de bambou. Ici aussi il y a eu une mode du bambou (et elle perdure encore) utilisé comme pare-vent ou ‘pare-voisin’, etc. Qu’en est-il au Québec ? Merci

    • Mathieu Hodgson dit :

      Au Québec, il n’y a pas de bambou véritablement rustique. Il y a en qui sont semi-rustique et qui survivront à l’hiver s’il y a un bon couvert de neige. Plusieurs de nos lecteurs confirment en avoir chez eux. Cependant, ils ne sont pas considérés comme des espèces exotiques envahissantes et je n’ai aucune information sur leur naturalisation ici. Ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas répandent pas agressivement! Si vous voulez en faire pousser, il est mieux de le faire à l’intérieur d’une barrière quelconque.

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