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Prévenir le rhume des foins, ça commence en juin!

La rhinite saisonnière, ou rhume des foins, est une réaction allergique provoquée par l’exposition aux pollens. Au Québec, une personne sur cinq en souffre, principalement en raison du pollen de l’herbe à poux. Il est crucial de parler de l’herbe à poux dès juin pour prendre des mesures préventives efficaces avant que la plante ne produise du pollen allergène en août. En juin, les plants peuvent être arrachés et les zones infestées tondues pour empêcher la floraison et la dispersion du pollen. L’Association pulmonaire du Québec organise d’ailleurs chaque année une Campagne provinciale d’arrachage de l’herbe à poux.

Photo: AdventurePicture

Nourriture des dieux

L’herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia) est une plante annuelle de la famille des Astéracées, originaire d’Amérique du Nord. Elle tire son nom du mot grec ambrosia qui signifie «nourriture des dieux» (non, ce n’est pas une farce!). On la reconnaît par ses feuilles profondément découpées qui ressemblent à celles de la carotte ou du céleri. Les tiges de la plante sont dressées et souvent ramifiées, atteignant jusqu’à 1,5 mètre de hauteur. Les fleurs de l’herbe à poux sont petites, vertes ou jaunes, et se regroupent en épis à l’extrémité des tiges, apparaissant de juillet à septembre. Cette plante pousse principalement dans les terrains vagues, les bords de route, les champs abandonnés et les zones perturbées.

Allergies

L’herbe à poux affecte principalement les personnes allergiques au pollen, les asthmatiques, les enfants, les personnes âgées et les travailleurs en extérieur. Les symptômes du rhume des foins incluent des éternuements fréquents, une rhinorrhée, une congestion nasale, des démangeaisons au niveau du nez, de la gorge et des yeux, des larmoiements, de la fatigue due à la perturbation du sommeil, une toux et une aggravation de l’asthme. Ces symptômes affectent fortement la qualité de vie, augmentant les consultations médicales et les absences au travail ou à l’école. Environ 10% de la population canadienne et 15% de la population américaine souffrent d’allergies au pollen d’herbe à poux, justifiant des efforts de gestion proactive pour réduire son impact sur la santé publique.

Herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia). Photo: Rasbak.

Traitement

Pour traiter ou prévenir les allergies à l’herbe à poux, dont le rhume des foins, il est recommandé de limiter l’exposition au pollen en restant à l’intérieur pendant les périodes de forte concentration pollinique, généralement de juillet à septembre. Utilisez des filtres HEPA pour purifier l’air intérieur et fermez les fenêtres pour empêcher le pollen d’entrer. Prenez une douche et changez de vêtements pour éliminer le pollen après être allé à l’extérieur. Les traitements médicaux incluent les antihistaminiques, les décongestionnants et les corticostéroïdes nasaux. L’immunothérapie, ou désensibilisation, peut également être efficace à long terme. Pour des conseils personnalisés, consultez un allergologue.

Aire de répartition

L’herbe à poux est largement répandue en Amérique du Nord, notamment dans le Midwest et le nord-est des États-Unis, ainsi qu’au Québec et en Ontario au Canada. Elle a été introduite accidentellement en Europe, en Asie et en Australie, devenant problématique dans plusieurs régions. En Europe, elle est particulièrement présente en France, en Italie, en Hongrie et en Suisse, où elle cause des allergies saisonnières similaires à celles observées en Amérique du Nord. Pour ce qui est de l’Asie, elle est présente en Russie et dans certaines parties de la Chine, et commence à se répandre dans ces régions. En Australie, bien que moins répandues, des populations d’herbe à poux ont été identifiées, souvent dans des zones perturbées similaires à celles colonisées en Amérique du Nord et en Europe.

L’herbe à poux prospère dans les sols perturbés et bien drainés. Elle est souvent trouvée dans les terrains vagues, les bords de route, les champs abandonnés, les zones de construction et les jardins mal entretenus. Cette plante envahissante pose des défis significatifs en matière de santé publique en raison de son pollen hautement allergène, qui cause des allergies saisonnières chez de nombreuses personnes. Son expansion mondiale nécessite des efforts de gestion coordonnés pour réduire son impact sur la santé publique et l’environnement.

Confusion avec la verge d’or

Verge d’or (Solidago spp.). Photo: Diane Hill

La confusion entre l’herbe à poux et la verge d’or (Solidago spp.) est courante en raison de leur apparence similaire à distance et de leurs périodes de floraison coïncidentes en fin d’été et début d’automne. L’herbe à poux, responsable des allergies saisonnières, a des feuilles profondément découpées et produit un pollen léger transporté par le vent. En revanche, la verge d’or, qui a des fleurs jaunes en panicules et des feuilles étroites, est souvent accusée à tort de provoquer des allergies respiratoires alors que son pollen est trop lourd pour être transporté par le vent et dépend des insectes pour la pollinisation. Une bonne identification est essentielle pour une gestion efficace des allergies.

Propagation

L’herbe à poux se propage principalement par ses graines légères et son pollen, permettant une colonisation rapide de nouveaux territoires et perturbant les écosystèmes locaux. Les graines sont dispersées par le vent sur de longues distances, par l’eau lors des inondations ou des pluies abondantes, et par les activités humaines telles que le déplacement de sol, la construction, et le transport de matériel contaminé. Les machines agricoles, les véhicules et les vêtements peuvent également transporter les graines, facilitant ainsi leur propagation dans diverses régions.

Contrôle de l’herbe à poux

Diverses méthodes peuvent être utilisées pour gérer cette plante envahissante, allant des techniques mécaniques aux interventions chimiques et biologiques, ainsi que des stratégies de gestion intégrée.

Arrachage manuel

Efficace pour les petites infestations, il est important de retirer les plants avant la floraison pour empêcher la dispersion du pollen et la formation des graines. Utiliser des gants et des outils adéquats pour éviter le contact direct avec la plante est crucial. Cette méthode permet de s’assurer que les racines sont également enlevées, évitant ainsi la repousse.

Tonte et fauchage

Photo: sezer66 

La tonte régulière des zones infestées, comme les terrains vagues, les bords de routes et les espaces verts, empêche l’herbe à poux de fleurir et de produire des graines. Cette méthode est particulièrement efficace lorsqu’elle est réalisée plusieurs fois par saison, notamment avant la période de floraison. Elle aide à contrôler la propagation de la plante en limitant sa capacité à se reproduire.

Plantation de végétaux compétitifs

Planter des espèces végétales compétitives, comme des graminées ou des plantes couvre-sol, peut réduire l’espace disponible pour l’herbe à poux. Ces plantes occupent le même espace et utilisent les mêmes ressources, empêchant ainsi l’herbe à poux de s’établir. Cette méthode écologique aide à maintenir la biodiversité locale tout en contrôlant l’herbe à poux.

Gestion des sols perturbés

Réduire les perturbations du sol peut limiter la propagation de l’herbe à poux. Les zones perturbées doivent être rapidement stabilisées avec des plantations appropriées pour prévenir l’invasion de l’herbe à poux. Les pratiques de conservation du sol, comme le paillage et la couverture végétale, sont également efficaces pour gérer cette plante envahissante.

Utilisation d’herbicides

Photo: uncle_daeng

L’application d’herbicides peut être nécessaire pour gérer des infestations importantes. Les herbicides doivent être appliqués avant la floraison pour être efficaces. Contactez vos instances municipales en cas d’infestation majeure et utilisez les services d’un professionnel pour évaluer la nécessité d’utiliser des herbicides. C’est une solution de dernier recours.

Contrôle biologique

Des recherches sont en cours sur l’utilisation d’agents de contrôle biologique, tels que des insectes ou des pathogènes spécifiques, pour gérer les populations d’herbe à poux. Bien que cette méthode soit prometteuse, elle nécessite des études approfondies pour évaluer son efficacité et ses impacts écologiques. Le contrôle biologique pourrait offrir une solution durable et écologique à long terme.

Plante indigène ou nuisible

Bien que l’herbe à poux soit une plante indigène d’Amérique du Nord, son élimination est souvent justifiée en raison de ses impacts significatifs sur la santé publique et l’environnement. En tant que plante envahissante, elle colonise rapidement les sols, perturbant les écosystèmes existants et concurrençant d’autres espèces indigènes pour les ressources, ce qui peut réduire la biodiversité et affecter les habitats naturels. Sa capacité à coloniser de nouveaux territoires en fait une menace pour les écosystèmes locaux, justifiant des mesures de contrôle strictes. Cependant, certains arguments s’opposent à son élimination complète, car elle fait partie intégrante de certains écosystèmes et contribue aux services écosystémiques tels que la stabilisation des sols et la filtration de l’eau. Ainsi, une gestion intégrée combinant diverses méthodes de contrôle pourrait être plus durable et écologiquement responsable.

Plants en fleur d’herbe à poux. Photo: Gilles Ayotte.

Compostage

Il est généralement préférable d’éviter de composter l’herbe à poux, surtout si elle est en floraison ou porte des graines, car le pollen allergène peut se libérer et les graines peuvent rester viables. Si le compost ne peut atteindre des températures suffisamment élevées (au moins 55 °C) pour tuer les graines, il est plus sûr d’éliminer l’herbe à poux avec les ordures ménagères, en la plaçant dans des sacs en plastique hermétiques.

Plus d’information


commentaire sur "Prévenir le rhume des foins, ça commence en juin!"

  1. Monique dit :

    L’homéopathie peut-être intéressante pour traiter divers symptômes

  2. Pierre-Yves Martinie dit :

    Je voudrais signaler qu’il existe un remède homéopathique qui, pour moi, a été d’une efficacité miraculeuse. Je souffrais terriblement du rhume des foins dans une de ses formes aggravées tout le printemps et ensuite en septembre jusqu’à ce que je découvre ce remède. Il s’agit de “Pollens” (“Pollantinum”, s’il est prescrit sous son nom latin), en granules ; on peut en prendre une “dose” entière (“granules” plus petits) ou dix “granules” d’un tube de granules normal, à sucer (qu’on peut conserver pour les années suivantes). La dilution est de 15 CH (15 centièmes hahnemanniens). A mon expérience, l’efficacité absolue n’est obtenue que si la dose ou les 10 granules sont pris avant la saison des pollens (en France, janvier ou février) ; une prise par an est suffisante mais il est impératif qu’elle intervienne à ce moment-là pour “vacciner” l’organisme ; faute de cela, dès l’apparition de l’un des pollens allergènes, le corps déclenche la réaction de défense (éternuements spasmodiques, démangeaisons des yeux, etc.) et on ne peut plus espérer l’efficacité absolue avant l’année suivante. En France, la délivrance se fait sans ordonnance et, à ma connaissance, il n’y a aucune contre-indication.
    Je peux attester cette efficacité depuis plus de trente ans, vivant à la campagne et dans un endroit où les pollens se diffusent en toute liberté.

  3. Nathalie dit :

    Bonjour, j’aimerais modifier mon adresse courriel svp. Merci

  4. Diane dit :

    Je ne vois pas de différence entre les plants représentés sur les deux photos qui semblent être tous les deux de la « verge d’or »?!?!

  5. Renée-Johanne Campeau dit :

    Bonjour, je crois qu’il y a eu une erreur d’identification pour les photos. La première est bien de l’herbe à poux, mais toutes les autres c’est de la verge d’or. L’herbe à poux ne fait pas un bouquet floral jaune.

  6. Anonyme dit :

    Erreur. Seule la première photo représente l’herbe à poux

  7. Lalou dit :

    Vos photos portent à confusion et inviteront malheureusement certaines personnes à arracher la verge d’or, qui n’a jamais fait de tort à personne. Aussi, svp, moins de photos inutiles, comme le garcon qui éternue, et l’homme qui arrose….

  8. Maheu dit :

    Moi je voudrais savoir pourquoi “herbe à poux” ?

  9. Nicole Fortier dit :

    Comme d’autres l’ont mentionné, seul la première photo est de l’herbe à poux. À maturité, le haut de la plante porte des tiges qui sont remplies de petites boules (ou capsules) qui sont les fleurs mâles et les fleurs femelles sont aux aisselles des feuilles, plus bas sur les tiges. Comme vous l’avez mentionné, le feuillage est découpé et ressemble un peu à la carotte. Les graines peuvent être viables dans le sol jusqu’à 40 ans. On a pas fini d’éternuer!

  10. Anonyme dit :

    Mes fraises se font grignoter dans le potager dès qu’elles commencent à mûrir. Que pensez-vous qui les grignotent, est-ce les fourmis? il y en a pas mal dans le coin? merci.
    Georges Sirois, Deschambault, Québec

  11. Sylvie dit :

    Bravo Mathieu et merci pour cet article très complet et des plus intéressants, j’espère qu’il contribuera à sensibiliser les personnes non allergiques à ce problème.

  12. Georges Sirois dit :

    Mes fraises se font grignoter dans le potager, qui peut bien faire ces dégats, les fourmis, les écureuils ou? Je suis frustré, ils les mangent à mesure qu’elles mûrissent.
    Merci

    • Mathieu Hodgson dit :

      Les fraises dans votre potager peuvent être grignotées par plusieurs types d’animaux et d’insectes, tels que les fourmis, les écureuils, les oiseaux, les limaces, les escargots et les rongeurs. Les fourmis sont souvent attirées par les fraises endommagées, mais les écureuils et les oiseaux sont de grands amateurs de fruits mûrs, causant des dégâts visibles en les mangeant directement sur les plants. Les limaces et escargots, actifs la nuit ou par temps humide, laissent des traces de bave et des trous dans les fraises, tandis que les rongeurs peuvent également grignoter les fruits. Pour protéger vos fraises, vous pouvez utiliser des filets anti-insectes ou des cages pour empêcher les oiseaux et écureuils d’y accéder, installer des barrières physiques comme du fil de cuivre ou utiliser de la terre diatomée pour dissuader les limaces, ou utiliser des répulsifs naturels pour éloigner les rongeurs et fourmis.

  13. Nicole Fortier dit :

    Ah je vois que vous avez changer les photos, c’est bien! Donc mon premier commentaire ne tient plus. Bravo pour votre travail d’information qui est si précieux pour nous, jardiniers amateurs ou plus avancés!

  14. Francine dit :

    Ça m’intrigue les pissenlits à maturité avec ses boules qui s’envolent au vent et vont partout. Est-ce du pollen? Irritant pour les personnes sensibles (rhume des foins)?

    • Mathieu Hodgson dit :

      Les boules qui s’envolent sont des semences de pissenlits, pas du pollen. D’ailleurs, le pollen de pissenlit est très lourd et ne se propage pas au vent. Il n’est pas une cause de rhinite saisonnière.

  15. Sylvie dit :

    Pourquoi ne déploie-t-on pas la même énergie pour contrer l’herbe à puces??? Toutes les allergies peuvent être traitées par homéopathie!

  16. patricia dit :

    bonjour, mon ail se couche sur le sol avant que la fleur d’ail ne pousse. Est-ce nomal? Faut-il l’arracher déjà? Ça me semble un peu tôt dans l’année.

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